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Full text of "Bibliothèque orientale, ou Dictionnaire universel contenant tout ce qui fait connoître les peuples de l'Orient"

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BIBLIOTHEQ u JE ,< »'»*'" 

ORIENTALE, 



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DICTIONNAIRE UNIVERSEL 

CONTENANT 

Tout ce qui ^t connoître les Peuples de rOrieiit 

LEURS HISTOIRES et TRADITIONS tant FABULEUSES qoe VÉRITABLES. 

LEURS RELIGIONS ET LEURS SECTES. 

LEURS GOUVERNEMENS , POUTK^UB, LOIX, MOEURS, COUTUMES. 

AT iM REVOLUTIONS db LEURS EMFJRES. 

LES ARTS ET LES SCIENCES, 

La Theologib» Médecine ^ Mythologie > Magie 5 Physique , Morale » 

Mathématiques» Histoire Naturelle, Chronologie, Géographie ^ 

Observations Astronomiques ^ Grammaire et Réthorique, 

LES VIES DE LEURS SAINTS, 

Hiilofophesy Dofbors, Poètes, IfiftorieDS; Capituoes, & de tous ceux qui fe 
font tendus illuftres par leur Vertu » leur Sçavoir ou leurs Aâions. 

DES JUGEMENS CRITIQUES et des EXTRAITS de LEURS LIVRES, 

Écrits en Arabe , Perfah ou Turc fur toutes fortes de Matières 

& de Profelfions. 

PAR 

M^ D' H E R B E L O T. 

T O M E S E C O N D. 

F— M. 



A L A H A T E, 

Aux DEPENS DE J. NEAULME & N. van DAALEN, Libraires. 

MDCCLXXVIL 



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BIBLIOTHEQUE 

ORIENTALE 




F A D H A I L. 

:A D H A IL, les Vertus. Ceft le plurîer de Fadhilah qui fignïfid 

vertu, fur ce qu'il eft dit dans rAlcoxan au chapitre Nahal, 

Que Dieu a étendu les mers fur la terre , £f a lionne Vinvention 

aux hommes de bâtir Jes vaijjeanx pour les tràverfer , afin qu'ils lé 

%sy^ rr- remercient, 

L'Auteur du Kabchf Afrér dît qu'il y a deux fens f enfermez ^atts xes f>âîo- 
1er. Le premier qui eft littéral eft, qu'efFedivement il y a des mers (ur la 
terre, & des vaîfl'eaux fur les mers, & que Dieu prétend que les hcmimes 
lui rendent des aftions de grâces, pour leur avoir procuré les grands avanta- 
ges qu'ils tirent d'un élément fi âer^ & fi dangereux, par le moyen de la 
navigation & de la pefche 

Mais il y a un fens myftique dans ce paffage qui eft beaucoup plus relevé , 
à fçavoir qu'il y a dans l'homme plufieurs mers, qui font celle des foins,. 
& des occupations de la vie , celle àes affligions & des pdneS , celle de la . 
conyoitife & des paiBons, celle de l'îgtiorance & de l'oubli, & éôfin celle de 
la diffipation fur la multiplicité & variété des objets , & Dieu a préparé 
auflî à l'homme des vaifleaur pour voguer fur ces mers qui font fort orageufes. 
' Ces vaifleaux font les cinq vertus dans lefqûeïles confifte toute la vie 
fpirituelle, à fçavoir, Taouvàkkùly Ridha^ Candaty Dhékr^ & Tauhid. 

Celuy qui monte fiir le vaîfleau de la première qui eft fe confiance en la 
Providence , traverfe heureijfement la mer des foins de la vie prefente , & 
fe met en repos. 

Celuy qui s'embarque fur le vaifièau de la féconde , qui eft la conformité 
à la volonté de Dieu , fe fauve de la mer des affliftions , au rivage de la joye. 

Celuy qui prend place dans le vaiffeau de l'abnégation & du retranchement 
qui eft la troifième vertu , pafle la mer de la convoltife , & demeure en 
fureté fur fes bords , dans l'exercice d'ime vie auftere , & pénitente. 

Celuy qui fe fert du vaifleau de la prière , quatrième vertu , quitte bîen- 

TOME II. A tôt 



î F A D H A I L. — T A D H ï L. 

tôt la mer tenebreufe de l'ignorance, & arrive en peu de tems à la terrt 
des lumières. 

Enfin celuy qui s'embarque dans la contemplation de l'unité de Dieu, qui 
eft la cinquième , après avoir vogué long-tems fxir l'océan de la multiplicité 
des êtres , arrive au port de cette union , qui raflembhnt tous les objetg^ 
differens, n'en fait plus qu'un. 

En effet la vérité eft que l'unité ne fe trouve proprement que dans ce 
qui eft neceffaîré & étemel , & que raflemblage, ou compofition de plufieurs 
chofes , ne fe rencontre que dans ce qui eft contingent & paffager. 

De-là vient que ceux qui fe regardent eux-mêmes , & qui vivent encore à 
eux-mêmes , font toujours dans le danger de fe perdre par la multiplicité des 
objets: au lieu que ceux qui fe font entièrement dépouillez d'eux-mêmes, fe 
trouvent dans l'unité qui eft un état d'affeurance. Paffez la plume , & effaeex 
hardiment tout ce qui eft couché fur ïe compte de vôtre être , & de vôtre 
propre fonds : Marche^^ courageufement , & prenez le chemin royal de l'^b- 
négation & de l'aneantiffement : car à force de battre ce chemin dans lequel 
on ne voit encore rien , on arrive enfin à cette retraite lacrée où on ne 
voit plus que Dieu feul, frayez fur cecy Kafdiefi dans fon Commentaire Per- 
ficn, page 488.- 

Il y a dans l'Anvar Sohaili une defcription très^belle de la vertu , où il dit 
qu'il eft vray que la vertu fe trouve entre deux extremitez vicieufes : mai^ 
qu'entre les degrez de vertu qui font dans ce milieu, il y a autant de diffé- 
rence , qu'il en paroît entre le Soleil , & l'étoile appellée Soha , qui eft la 
plus obfcure de la conftellation de la grande Ourfe. 

La fentence la plus approuvée par les Philofophes Moraux, que rien d'ex* 
ceffif n'eft bon , eft ainfi exprimée par les Arabes , Khair al etnr aoufathha. Le 
meilleur d'une chofe eft fon milieu, c'eft-à-dire, la médiocrité. 

Les Orientaux difent auflî communément que l'homme vertueux n^eft étran- 




F AD H AIL Mefr, les excellences, & les prérogatives de TEgypte, Titre 
d'un livre coqipofé par Ebn Amrou Alkendi, que Soiouthi cite dans h pre* 
face de fon hiftoire d'Egypte, 

FADHAIL Schahar Ramadhan , les prérogatives du mois dé Ramadhan> 
Ouvrage compofé par Abou forour Sadiki, où il eft traité d'abord du jeûne 
qui s'obferve par les Mufulmans pendant ce mois , après quoy Ton trouve 
quarante Haditn, c'eft-à-dire, Hiftoîres ou TraditipDs qui concernent le* même 
fujet. Ce livre eft dans la Bibliothèque du Roy, n^ 669, 

FADHEL Ben lahîa, étoit de la famille des Barmecides, & devint puif- 
fant auprès du Khalife Haroun Al Rafchid , auflî-bien aue lahia fon père , & 
tous fes autres frères. Entre plufieurs caufe^ 4e la difgrace de cette famille , 
il eft conftant qu'une des principales fut que Fadhel ayant obligé lahia de la 
Maifon de Haffan , fils d'Ali , qui avoit été acclamé Khalife dans le pay^ de 
Giorgian & de Dilem , de venir à la Cour du Khalife , & de fe fpûmcttre à 

luij 



P A D H E L. g 

lui : Haroun reçut d'abord fort bien lahia ; maïs confiderant qu*il ëtott fon 
compétiteur au Khalifat ^ & que la prétention à cette dignité fubfîftoit toû- 
jours dans la Maifon d'Ali contre le droit des AbbafGdes, il rcfolut de le 
faire mourir j & donna le foin de cette exécution à fon favori Giafar , frère 
de Fadhel. 

Jahia ayant appris la refolution du Khalife , dît un jour à Giafar : Crains 
Dieu 9 & ne fois pas du nombre de ceux qui auront au jour du jugement le 
Prophète pour ennemi , à caufc qu'ils auront trempé leurs mains dans le fang 
innocent de fes defcendans; car tu {çais fort bien que je n'ay rien fait qui 
mérite la mort, & que je fuis venu ici fur la parole du Khalife, & fur celle 
de Fadhel ton frère, 

GiaÊir fut touché de ces paroles , & bien loin de faire mourir Jahîa , il lui 
fit toutes fortes de careffes. L'on dit que Haroun averti de tout ce qui fe 
paffoit , en conçut un lî grand dépit , qu'il dit ces paroles : Dieu puijje nfôter 
la vie^ fi je ne te prive de la tienne. 

Giafar ayant été mis à mort par l'ordre du KhaUfe , Fadhel & fes autres 
frères furent enfermez dans une étroite prifon où ils finirent miferablemcnt 
leurs jours > auffi-bien qu^'Iahia Ben Kh?ded leur père , duquel il fauî voir le titre. 

Ben Schohnah a remarqué que Fadhel étoit frère de lait de Haroun Al 
JRafclud;, car Khaizuran mère de ce Khalife lui avoit donné la matnmelle. 

L'Auteur du Nighiariîlan rapporte que Fadhel étoit également fuperbe & 
libéral. Un de fes amis les plus familiers lui demandant un jour la caufe de 
cette fierté^ dont il accompagnoit toujours fa magnificence, il lui répondit: 
J'ay pris ces deux qualitez d'Amarah Ben Hamzah, lequel les ppfledoit toutes 
deux en un haut degré , je les admh^ , & comme elles firent une forte îm- 
preffion fur mon efprit , je Tay imité , & l'habitude a produit en moy l'effet 
â'une féconde nature. 

Une des principales aftîons d'Amarah 9 pourfuivit Fadhel , & qui m'eft le ' 
plus demeurée dans l'efprit, eft celle-cy: Mon père lahia ayant dans le pre- 
mier état de fa fortune , un gouvernement , le Vizir qui n'étoit pas de fes amis ^ 
voulut qu'il envoyât au trefor Royal les deniers de fa Province , ayant qu^ik 
euffent pu être recueîlhs: mon père ayant fait un effort, & cherché dans h 
bourfe de tous fes amis, ne put jamais faire la fomme que l'on lui deman- 
doit , à beaucoup près. 

Dans cette extrémité où il s'agiffoit de fa fortune , il fongea qu'il n'y avoit 
qu'Amarah qui pût le fecourir; quoyque ni luy, ni moy, nous ne fuifionti 
pas trop avant dans fes bonnes grâces. Cependant la neceiEté obligea mon 
père de m'envoyer lui reprefenter le befoin d'argent dans lequel il fe trouvoit 
dans une occafîon fi preffante. Je me tranfportai donc chez Amarali que je 
trouvai affis fur une efbrade élevée, & appuyé fur qifatre couflîns: je le la- 
lùay d'embas fans qu'il ouvrît la bouche pour me dire un feul mot, & bien 
loin de me faire aucime civilité , il tourna le vifage vers la muraille , & Il 
peine me regarda-t-il. 

Je lui fis cependant les complimens de mon père , & lui reprefentai de ' fi 
part ce qu'il m'avoit ordonné. Il me laîffa debout fort lonç - tems fens ré- 
ponfe, puis me dit feulement: Je verrai. Après cette réponle je me retirai 
fans efperance de rien obtenir , & je n*ofai pas même retourner fi-tôt chez 
mon père, n'ayant qu'une mauvaife réppnfe à lui porter. Cependant ayant 

A 2 quelque 



\ 



4 F A D H Ê L. 

quelque tems après pris le chemin du logis 9 & trouvé des mulets chargez 
à la porte , je fus fort furpris d'apprenore que. c'étoifc Targeat qu^Amarah 
avoit envoyé. 

Pour finir l*hifltoîre y mon père ayant reçu peu après Fargent de Ta Pro- 
vince, le fit porter chez Amarah, & m'envoya pour lui faire de grands re- 
imerciemens de la part ; mais luy ayant appris ce que c'étoit , il me dit comme 
en colère: Siiis-je le banquier de vôtre père? Emportez-moi cet argent hors 
de chez moy, & Dieu vous condliife. 

Mondir Ben Mogheirah raconte qu'étant tombé dans une très-grande mifere ^ 
il quitta Damas fon pays y & vint à Bagdet avec fes enfans , du tems que 
Fadhel le Barmecide étoit en faveur auprès du Khalife Haroun. Lorfqu'il: 
fut arrivé fur la grande place du marché, il mit fes enfans à la porte de la 
grande Mofquée, & fût chercher fortune. Il vit d'abord beaucoup de gen^ 
de qualité qui paroiffoient s'aflembler pour aller à quelque feftin : comme It^ 
faim le preflbit , il prit la refolution de les fuivre , & entra avec eux dan^ 
un Palais magnifique , où d'abord la porte ayant été ouverte ,^ on les fit paflTey 
tous jufques . dans la falîe du fbfiin. 

Chacun , dît-il lui-même , s'étant mis à table , je pris auflr ma place , & ayant 
demandé à celui qui étoit aflîs auprès de moy, le nom du maître du logis > 
il me dit que c'étoit FadheL Quoy qu'à ces paroles je me fifle connoître 
pour étranger , on ne laifla pas de me fouffrfr avec les autres , & de me 
prefenter imê aflîètte d^or comme l'on failbit à tous les conviez, & après le 
repas deux fachets de parfums,, lefquels on emportoit chez, foy avec l'aflîette. 

Enfin la compagnie, fe. feparant, je prenois le chemin de la. porte, lorfqu'un 
yalet de la maîfon m'arrêta: alors Je crus que l'on me vouioit faire rendfe 
ce que j'emportois ; mais il me fût dit feulement que Fadheh me vouioit parler; 
Je me prefentai donc devant lui, & il me dit d'abord qu'ir m!avoit. reconnu 
pour étranger parmi les autres , & que fa curiofité Tavoit porté à apprendre 
de moy quelle avantufe. m'avoit conduit en fa maifon. Je luf fis donc unr 
. détail dé tout ce qui mMtoit arrivé : mais lui. non content de ce récit , voulut 
a'enquerir de toute ma vie palFée ; & l'hiUbire de mes miferes le toucha 
fi fort , qu'il me pria dé demeurer le reflte de la journée en converfatiou. 
avec lui. 

Comme la nuit s'approchoit y je lui demandai congé d'aller apprendre des 
nouvelles, de mes enfans; il me demanda où je les avois laiflez, & lui ayant 
dit qu'ils étoient à la porte de la Mofquéé :, Hé Ken-, dit-il , il a'y a rien â 
craindre pour eux , , ils font en la ^de de Dieu , &. appellant incontinent 
un de fes domefSques auquel il dft tm mot à l'oreille , il continua fbn . dif^ 
cours , & voulut que je demeuraife chez lui jufqu'au lendemain , qu'il me dpn-^ 
na un homme pour me conduire à la Mofquée : mais cet homme ,^ au lieu de 
prendre ce chemin-là^ me mena dans une belle maifon fort proprement meu- 
blée, où je trouvai mes enfiEins qui me dirent y avoir été conduits dès Lç 
jour preçedenL Nighiari/lan , 

. Un Poète célèbre nommé Mohammed Demefchki raconte qu'étant un jour 
en* converfation chez Fadhel dans le tems que l'on lui recitoit plufieurs ver» 
qui avoient été faits fur la naiifance de fon fils , & tous ces Ouvrages ne lui 
p^aif^nt pas^ il xoe demanda û je ne compoferois pas bien quelque chofe fur 



F A D H E L. s 

le même fujet. Je le fis pouf lui obéir, & ma compofition' lui plut de tdle 
forte, qu'il m;e fit donner dix mil écus pour recompenfe. 

Sa difgrace étant arrivée dans la fuite des tems, je me trouvai un jour dans 
le bain , où le maître me donna un garçon affez bien-fait pour me lervir : je 
ne fçdy psr quelle fimtaifîe alors les vers que j'avois faits fur la naiffance da 
fils de Fadhel , me vinrent en l'efprit , & je les chantois, lorique tout d'ua 
coup le garçon qui me fervoit, tomba de ion haut,, puis s'étant relevé , me 
quitta aiSi-t^. 

Je me trouvai fort furprîs de cette avanture, & étant forti du bain, je me 
plaignis au maître de ce qu'il m'avoit donné pour me fervir , im homme qui 
tomboit du haut mal. Le maître me jura qu'il ne s'en étoit jamais apperçu ,. 
& fit venir ce garçon en ma preiènce , lequ^ me demanda d'abord qui étoit 
l'Auteur des vers que j'avois recités. Je luy répondis qu'ils étoient de moy. 
Four qui les avez: vous compofés , me r^liqua-t-il i & moy lui ayant répondu ,. 

f[)UT le fils d6 Fadhel, il me demanda a je (çavois où il étoit alors ce fils de 
adhel? Non^ lui dis-je; & aul&-tôt il me déclara que c'étoit lui-même qui 
me parloit , & que m'ayant ouy redter mes vers y l'état de {a fortune paflTée 
lui étant venu dans l'efprit y & la trifteife lui ayant faiû le cœur , il étoit 
tombé accablé de douleur. 

Après que j'eus entendu des chofes fi furprenantes , touché de compaflioll^ 
pour le fils d'une perfonne à laquelle j'avois l'obligation entière de ma for- 
tune, je lui dis: Vous voyez que je fuis déjà vieil, je n'ay point d'héritiers, 
venez avec moy devant le Cadhî ; car je veux dès maintenant vous pafler 
une donation de tout mon bien après ma mort. Ce jeune homme me répon- 
dit la larme à l'œil: A Dieu ne pkife que je xeprenne ce que mon père vous^ 
a donné , & quelque inftance' que je lui fis , d'a^éer de ma part quelque re- 
GonnoilOance des biens que j'avois reçus de fa Maifoa , il ne fut. jamais ea 
mon pouvoir de lui fahre accepter la moindre chofe. 

FADHEL Bea Rabîa, Vizir du Khalife Amin ,. fur lequel il avoit tout 
pouvoir. Pendant le règne de ce Prince fl avoit fort mécontenté Mamorr 
fon frère qui lui fiicceda dans le Khalifat ; cela fut caufe qu'après la mort de 
fon maître , il fut obligé de fe cacher dans Bagdet , quand Mamon y fit fon 
entrée, parce qu'on le cherchoit pour le faire mourir. Schahek fut chargé 
de cette exécution :. mais il falloit la trouver.. SchaheK cependant fit tant de 
diligences , qu^il l'eut entre fes mains , & le conduifît devant le Khalife Mamon 
qui lui pardonna. Ce Prince étant depuis entré en converfatîon avec luy^ 
voulut fçavoîr comment il s'étoit lî bien caché^y & de quelle manière il avoit 
été découvert. 

Fadhel commençant le récit de fon hîflbire. Fui dit: M'étant- laflH un jour 
de demeurer en un même lieu, je refolus d'en changer, & ayant prîs un far- 
deau fur mes épaules, afin que l'on .me prtt pour un porte -faix*, je rencon- 
tray fur mon chemin deux hommes . l'un à pied , & Tautre à cheval , le piéton 
m'ayant reconnu , en avertit le Cavalier. Auflî-tôt que je me vis découvert y 
fins perdre tems je pris le fardeau dont je m'étois chargé , & le jettai fi à 

fropos à la tête, du cheval 4e ce Cavalier , qu'il en prit l'épouvante , & jetta 
m homme par terre.. Je pris en même tems la fuite de toute ma force, â( 
rencontrant une vieille femme fur le pas de fa porte > je h priay de me 
CSiidb^ dker elle,. ^ 

A 3 La 



ff F A D H E L. 

La vieille m'accorda cette grâce 9 & me mit dans fon gfcnier qui n*ëtoît 
pas beaucoup élevé, où à peine m'étois-je caché, quand un moment après, 
ce même Cavalier qui m'avoit fait prendre la fuite , lui demanda de mes 
nouvelles. Je mourois de peur entendant ce difcours , & un éternuement 
qui me prit alors alloit achever de me perdre , fi la vieille n'eût pris foin 
de moi: car le Cavalier entendant ce bruit, lui demanda qui étoit en haut? 
Elle lui répondît fioidement que c'étoit fon neveu , nouvellement arrivé d'un 
voyage , dans lequel il avoit été détrouffé par des voleurs , & qui n'ofoit 
paroître à caufe de fa nudité. 

Le CaValiér lui dit, en* lui prefentant fon manteau, portez-le lui, & faites- 
le defcendre , afin 'que je le voye. La vieille ne perdit point pour cela con- 
tenance, & lui répliqua auffi-tôt: Il meurt de faim, prenez de grâce cet an- 
neau , & allez au marché lui acheptcr quelque chc^e , afin qu'il puiflb manger , 
& vous entretenir. Le Cavalier prenant la bamie , s*en va au marché , & 
dans cet entre-tems la vieille monte en haut , & me demande fi j'étois celui 
que Ton cherchoit, & lui ayant avoué que j'étois celui-là même , elle me 
confeilla de prendre le tems de me fauver. 

Je fortis de mon grenier tout étourdi , & fort troublé , ne fçachant où 
j'allois , jufqu'à ce qu'étant arrivé à la] porte d'une grande maifon , je m'affis 
à la porte pour y prendre quelque repos; mais je fus bien-tôt reveillé par 
le bruit des chevaux , & un moment après je vis arriver Schahek , celuy-Ià 
juftement qui avoît ordre de me chercher de la part du Khalife y Se c'étoit 
fa maifon dans laquelle je me trouvois fans y penfer. 

Auffi-tAt que Schahek eût jette les yeux fur moy, faifi d'un grand étonne- 
ment, m'aborda avec ce Diftique Perfien: Je cherche par tùut un ami ou décou- 
yèrty ou caché , en quelque lieu des deux mandes qu'il fe trouve^ Et me dit : O Fadhel^ 
que faites- vous icy? Je lui répondis que je venois implorer fa proteftion , & 
me mettre fous fa fauvegarde. : , 

Schahek entendant ces paroles , me fit beaucoup de civilitez , me mena dans 
fon appartement , où il m'interrogea fur tous mes accidens paflez , & me fit 
préparer à manger. Quand l'on fut prefl: de fe mettre à table , je lui dis : 
Avec quelle efperance, 6 Schahek, puis-je manger avec vous? Il me répon* 
dît : Avec toute la confiance que Fadhel doit prendre en la generofîté de 
Schahek: en effet il me tint trois jours chez lui, pendant lefquels je reçus 
de lui mille honêtetez. Après ce tems-là , il me dit en me congédiant : Il eft 
en vôtre choix d'aller où il vous plaira fans aucune crainte. 

Je fortis donc de fa maifon , pour me retirer chez un Marchand qui m'avoît 
beaucoup d'oblîgâtiohs , à caufe des fervices que je lui avois rendus pendaiit 
que j'étois en fortune: il m'accueillit fort bien en- apparence, mais il alla 
donner auffi-tôt avis à la Cour que j'étois chez luy , où Schahek étant venu 
de vôtre part. Seigneur, il m'a conduit en vôtre prefence. Almamon ayant 
ouy cette hifl:oire envoya une fomme confiderab'le d'argent à la vieille & après 
avoir fait une grande réprimande au Marchand, le bannit hors de la ville. 
Mirkhond* 

« 

FADHEL Ben Sahal, Vizir & premier Miniftre du Khalife Almamon fep. 
tième des Abbaffides, qui lui avoit donné le titre & le furaom de 'Dhûlriafla- 
-iedin , c'eft-à-dire , de poiTefiTeur des deux commandemens^ à caufe qu'il lui 

«voit 



F A t) H E L. j 

tvoît conféré dans une feiile charge toute Tautoritë attachée à Tépëe , & à 

la robe. 

Ce fut lui qui confeilla à fon Maître de choifîr un fuccefleur dans la Mai- 
fon d' AU 5 à caufe que ceux de cette race levoient la tête de tous cotez , fe 
faifoient fuivre par les peuples , & que Ton ne pouvoit mieux les appaifer 
qu'en mettant le Khalifat dans leur Maifon, & leur Atant ainfi Tunique fujet 
de leur révolte. Ce confeil qui fut fuivi par Mamon coûta la vie à fon au- 
teur : car les AbbafEdes ne pouvant foufFrir cette tranflation du Khalifat , de 
leur Maifon, dans une autre, entreprirent de le faire affaffiner. 

Fadhel qui étoit grand Aftrologue avoit appris par fon horofcopë qu'un cer-, 
tain jour lui étoit fatal, & qu'il devoit mourir entre le feu & Teau; il avoit 
pris toutes fes précautions pour éviter ce funefte fort, & il étoit chez lui dans 
le bain, lorfque quatre perfonnes apportées entrèrent chez lui, & le tuèrent 
' dans le même Ueu , ce qui vérifia fa prediftîon Aftrologique. Ce funeftç acci- 
dent lui arriva Fan de THegire 202, & l'Imam Riza qu'il avoit fait élire fuc- 
cefleur du Khalife, moiurut l'année fuivante. Kkondemir. 
. Ce Vizir avoit donné au Khalife Almamon plufieurs témoignages non feulc-r 
ment de fa fidélité , mais encore de fon habileté dans la fcience Aftronomique , 
& dans la Geomance; & le Khalife taconta lui-même l'hiftoire fuivante à foa 
Médecin , nommé Gabriel Bachtifouah , Chrétien de Religion , qui la rapporte. 

Lorfque j'étois encore , dit le Khalife , dans le pays de KhoraflTan , je me 
trouvai obligé d'envoyer Thaher pour combattre IfFa Ben Ali , Général d'armée 
de mon frerc Amin qui pofledoit alors le Khalifat , je vuidai entièrement mes 
coffres pour payer mon armée. Les troupes qui étoient reliées auprès de moy , 
me preflerent auffi de leur côté pour le payement de leur folde ; mais comme 
je me trouvais épuifé d'argent, & dans l'impoflibilité de les fatisfaire, elles fe 
mutinèrent & vinrent alEeger mon Palais dans la ville de Merou, où je fai^ 
foia pour lors mon fejour. 

Fadhel mon Vizh: qui étoit grand Aftrologue , me voyant dans cette per- 
perplexité , me dit qu'il étoit d'avis que je montafl^è au plus haut de mon Pa- 
lais, & que je miife la tête à un balcon qui regardoit la campagne: Je lui 
demandai fi cela appaiferoit la mutinerie de mes troupes, & fi faifant ce qu'il 
me difoit, j'aurois de quoy les payer. Il me répliqua: Je croy que fi vous 
y montez, vous n'en defcendrez point qu'avec la qualité de Khalife. 

Te pris ce qu'il me difoit pour une raillerie, & néanmoins pour lui com- 
plaire, je ne laiflai pas d'y monter: cependant mes foldats devenoieht toujours 
plus féditieux , & je voulus plufieurs fois defcendre pour tâcher en me mêlant 
parmi eux , de les appaifer par mes paroles : mais Fadhel s'y oppofoît toujours , 
& obfervoit pendant ce tems-là avec fes inftrumens fort exactement tous les 
points & tous les momens du cours des aftres. 

Enfin l'infolence de mes troupes croiflTant de plus en pîœ , arriva jufqu'à 
menacer qu'ils mettroient le feu au Palais , fi on ne les contentoit ; & j'étois 
refolu de defcendre , lorfque Fadhel m'aflfi[ira avec ferment qu'il ne fe pafleroit 
pas plus d'une heure avant que je fuffe déclaré Khalife, Sur cette afiTurance 
je demeuray encore une heure dans ce même lieu, & à peine fut-elle écou- 
tée -, que Fadhel me demanda , fi je ne voyois point dans la campagne uo 
homme qui couroit à toute bride. 

Je fis alors re^der par un de mes efclaves ^ qui me dit feulement voir quel- 
que 



8 FAÛHEL. FADHJELI. 

(fae chofe de noîr que Ton ne pouvoit pas aflez diftinguer , à câufe de rëloi* 
gnement ; mais peu après il s*apperçut que c*étoit efFeftivement un Courrier 
qui venoït en grande diligence v monté fur un de ces animaux que les Arabes 
appellent Giammazeh (c'eft un Dromadaire). Cette nouvelle ne fut pas plutôt 
fçuë, qu'une partie des foldats mutinez partit pour aller au-devant du Courrier , 
& pour apprendre ce quMl portait. 

Ce Courrier étoit celui que Thaher avoit dépêché pour me faire içavoîr 
la viftoire complète qu'il venoit de remporter fur le Général du Khalife *Amin 
mon frère, & cette nouvelle changea tellement; la face de mes affaires, que 
la mutinerie de mes foldats fe tournant tout d'un coup en rejouiffances , ils 
me proclamèrent auflî-tôt Khalife. Toute la Province du Khoraffan fuivit leur 
exemple, & refufa entièrement fon obeilFance à mon frère. Ainfi la prédic- 
tion de Fadhel fe trouva vérifiée de point en point par cet événement mer- 
•veîUeûx, Tarikh al Abbas. 

Le KhaUfa Almamon ayant appris la mort de Fadhel , que quelques^ns^ 
cependant difent lui (avoir été donnée par fês ordres , fit dire à la mère , que 
s'il y avoit quelque chofe parmi les papiers de fon fils qui regardât fa per- 
ibnne , ou fes affaires , elle le lui envoyât. Cette Dame ayant trouvé une 
layette fermée, & cachettée par deffus^ la porta à Mamon, qui la fit ouvrir 
incontinent : mais on n'y trouva autre chofe qu'un papier de foye , fur lequel 
étoient écrits ces mots : Voici ce que Fadhel a jugé par l'in^étion des aftres 
hii devoir arriver. Il vivra quarante-huit ans, puis fera tué entre le feu & 
Feau. En effet' il arriva , comme nous avons déjà vu , qu'en Tan 20z , qu'il 
craignoit le plus , il entra dai» le bain^ en la ville de Serkés , pour éviter 
la direétion fetale de ce jour auquel tous les hommes font trompez; car Çi 
c'eft le deftin , ou l'arreft du ciel, il n'arrivera jamais d'autre manière que 
de celle qui eft prefcrite : mais les affaffins qui le cherchoient , le furprircnt 
dans le même lieu où il croyoit trouver fa (ûreté entre le feu & l'eau du 
bain. Chacun pour lors plaignit fon malheur, & admira fa fdence. Nighiarijian. 

Nous avons un livte d'Aftrologie Judiciaire compofé par le Vizir Fadhel Bea 
Sahal , auquel il a donné le titre d'Ekhtiarat , c'eft^4ire , des £leââôns & des 
jugemsns qui fe forment fur^Thorofeope. 

Zr'on peut voir dans le titre de Thaher l'horofcope que Fadhel dreffa pour ce 
grand Capitaine, & ce qu'il prédit fur la durée de la dynaflie des Thaberiens. 

FADHEL Ben Ibrahim, fumommé Al Moaferi, étoit Imam & Khathib, 
c'eft-à-dire , Chef fpirituel & Prédicateur de la Mofquée de Grenade en E^agne* 
Voyez le titre de Moaferi. 

FADHEL Ben Zacarîa. Ceft Mohammed Al Cazuini, Auteur des vies des 
hommes illuftres en pieté, l^i^yez Cazuini. • 

FADHEL Esfarainî. ^oyez Aboulabbas. 

FADHEL Schah Hoffain, Auteur d'ujj commentaire fur le Livre intitulé 
Adab al SamarcandU Voyez ce titre^ 

FADHEL I, Poëtc Pcrfien, lequel étant fort laid de vifage, donna lieu 
à Souzeni, duquel il cenfuroit les vers, de lui faire une réponfe ingenieufe 
& piquante /oyez Souzeni. 

FADHL 



P A D H L, — FAIS. f 

F A DHL Al Khoddâm, Livre compofé à la lotiange des Efclaves Eunuques » 
par Aboulabbas Ahmed Al Tanoukhi Al Cothri. 

FADHLALLAH, fiimonuné Bafchtini, pare .d'Abdalra2zdk > premier Prin- 
ce> & Fondateur de la DynalUe des Sarbedariens. 

FAEL Ifluf Rabban, nom d'un grand Philofophe, & Médecin qui vivoit 
du tems de Giamfchid , Roy de la première dynaftie de Perfe , qui eft le pre- 
mier Efcahder, fumommé Dhulcamein des Arabes, 

* 
« 

FAGFOUR, Titre & fumom des Roys <ie la Chine, que les Hîftoriens 
de Perfe difent avoir été donné par Feridoun , Roy de la première dyiiîùftie de 
Perfe, à fon fils nommé Tour, lorfqu'il lui abandonna le gouvenjement des 
pays du Turkeftan & de la Chine. 

C'eft de ce nom que les Porcelaines de la Chine , font appellées Fagfouri 

dans tout le Levant , & fouvent par corruption Farfouri. 

* 

FAGIOULI, fik de Toumenah Khan, frère de CoublaKhan, & de Kil-> 

khan , Empereurs des anciens Mogols. Il fut auilî oncle de Bortan Bahadur ou 

Behadir , duquel il commanda Tes armées , & laiifa un fils nommé Jardumgi 

Perlas qui lui fucceda dans la même charge: 

- Bortan Bahadur fut Tayeul de Genhizkhan, & d'Iardumgî eft ifluë la Tribu 
des Mogols nommée de (on nom , Pçrlas , de laquelle étoit Tamerlan. l^oyez 
Coubla Khan , & Toumenah Khan. 

F AH AD. Hafe^ Ben Fahad, Auteur d'un Livre intitulé Dorrar alformiah 
u gioùvaher al bahiah ^ qui eft un traité des loix du Mahometifme compofé 
Tan 855 de THegîre. Il eft dans la Bibliothèque du Roy n^ 671. 

' FAHFAH, Nom d'un des fleuves que les Mufuhnans mettent dans leur 
Paradis. 



\ • • 



FAHOVATU Alnaderdt, les chofes curieufes & rares. Ouvrage du célè- 
bre Dôâeur Afmâi ^ cité par TAuteur des Rakaik alholal. 

• FAID, Nom d'un lieu en la Province d'Arabie, que l'on nomme Neged 
& Hegiâz. On palFe par ce lieu-là, quand on Va de Coufah à la Mecque. 

FAIEZ Benafrillah, fils de Dhafer, Khalife d'Egypte ^ qui fucceda à fon 
père à l'âge de cinq ans, l'an de l'Hegire 549, de J. C. 1154. Le Vizir le 
porta fur fes épaules, & le plaça fur le trône. 

FAIK Fi logat al hadith. Livre de Zamakhfchari fur les traditions Mu- 
fulmanes. 

- TAIOUM. Foyez Fioum, ville d'Egypte. 

FAIS ouFAIAS. Ebn Fais AI MocadefS eft Auteur du Livre intitulé 
jtn/M Al Mohadethm, Les Généalogies des Auteurs des Traditions. 

. Tome IL B FAISSALj 



to F A I s s A L. F A K H R. 

" FA ISS AL, Livre de Généalogies, compofé par Aboulaiagd Ifinaët Betr 
Hebatallah Al MouiTali. U eft fouveat cit^ dans les Ânfilb ou Géoéalosioi 

d'AbuIfeda. 

FAKARL Foyez le titre JAbou Dher. 

F AKEH AT Al Kholafa u Mofakehat al dhorafa. Titre d'un Livre d'Apo- 
logues , & de fables , divifé en dix chapitres 9 & con^K>ré par Ahmed fien Arab» 
fchàh. Il efl dans la fiibllQtheque du Koy n'', 1221. 

FAKEHI, Surnom de Tageddin Omar Ben Ali, mort Tan 731 de FHe^ 
rire , qui a compofé un Ouvrage de grammaire Arabique intitulé ÉfcharM^ 
fil nahm. 

FAKHERL l^oyez U titre d'Abcàr al 



FA KH OR ou Nakhor, Nom du père de faînte- Anne , mère de la fîinte 
Vierge Marie: nous l'appelions ordinairement faint-Joachim. 

FAKHR Al daoulat , ou Fakhr eddoulat , Sultan de la race ou dynaftie^ 
des Bouidès , étoit le troifième fils de Rokneddoulat , fils de Bouiah.. Il fut 
chafTé de fes Etats de Rei, & de Hamadan par fes deuT aînez nommez Muiad* 
eddoulat, & Adhad-eddoulat , & fpt obligé de fe retirer auprès de Cabous, fik^ 
de Vafcluneghir Roy du Tabareihn, & du Oiorgjan^, Provinces qui compren- 
nent TîtfKienne Hyrcanie : mais il ne »*y taxniva pas len fureté , car Muiad- 
eddoulat entrant dans le Giorgian avec une puillànte armée, ces deux Princes 
avec toutes leurs forces jointes enfemble , ne. pouvant £e mettre en état de^ 
lui refifter , furent contraints de s*enfuir à Nifchabour, ville du Khoraflan,. 
où Timurtafche, qui gouvemoit cette Province au nom de Nouh^ Sultan dç 
la dynaffîe des Sàmanides , leiH* donna un azyle affeuré. 

FaUir^eddoulat étoit encore à Ni(chabour, lors qu'il apprit la mort de foii> 
frère Mouiad: mais cette mort ne Tauroit jamais fait rentrer dans fes Etats,, 
fi Saheb Kaft, dit communément Ebn Ebàd, qui a voit été Vîzir de Mouiad,. 
ne Teût fait rappeller. Ce Vizir, fort célèbre dans Thiftoire pour fon gçand' 
mérite , ayant aflemblé lé confeil auffi-tôt aprè^ la mort de fon makre » il y 
fût propofé quel des Princes de ]a Maifon des Boulas il étoit plus à propos 
d'jappeller k la fucceffiôn dé la Couronne de Mouiad, & qui paroiûbit &re le 
plus dii?ne de la porter. 

Le Vîzir dont l'autorité étoit grande, fut d*avis qu'il fallôit jetter lès yeux 
•fur Fakhr-eddoiAit , Prince eftimé pour lors le plus capable de toute cette 
famille; & fon fentiment ayant été approuvé de tous, Ton dépdclm auffi-tÂt: 
un Courrier, pour lui en porter la nouvelle. Fakhredoidat ne Teut pas ^ût^ 
reçue, qu^il fe tranfporta en diligence à Ifpahan , où il prit pofleffioa du Ro^ 
yaume de Pérfe. Il confirma d'abord Sâheb, fîls d*Ebâd j dans la chargç qu'il 
avoit polfcdée avec tant de réputation fous le règne précédent, &.en Tan 377, 
de J, C. 987, il 1 envoya en Thabareftan pour y régler les affaires de ce ik>u- 
vel Etat: Sahcb^ y en trouva de fort épincufes ; car il fallut chafler plufieur«- 
petits Seigneurs des châteaux qu'ils avdient accupez en ces quartiers-lài 

Dans cette même année, Fàkhr-eddouiat entreprit: de chaffer de Bagdet le 
Suitau fiaha-eddoulat qui y commandok^ fous le nom du Khalife TaîliUah« Ba- 

faa*- 



F A K H R«" £1 

iLi^itdkloulat) <fii étoit fils d'Adh^d-ed^oulaty & par confôquent neveu de Fakhr- 
eddcMriat 9 nW pas plutôt appris que fon oncle venoît à main armée contre 
luy , qu'a prit la réfblution de Taller recevoir : les deux armées fe trouvèrent 
xampéea dans k proviace d'Ahovàz, qui appartient à la Chaldée , où il arrivji 
qu'w» nuit lo- Tigre débordant înfejifiblemcnt , gagna jufqu'au camp de Fakhr- 
çddoulat Les foldats épouvante! par cet accident , crurent que leurs ennemis 
avoientu par quelque ftratageme, fait remonter la rivière jufqu*à leur camp pjur 
ls& furprôndre , & fins feire d'autre réflexion, prirent honteufement la fuite, 
& abandoonereofi leur Prince* Ce malheur fit manquer à Fakhr-eddoulat fon en- 
treprife > & fobl^ea de faire fa retraite du côté des villes de Rei & de Ha- 
madaiL 

L*aji 385 de l'Hégire y le Vizir Saheb Ben Ebâd tomba malade de fa derniè- 
re maladie , le Sultan Talla vifiter en perfonne , & voulut recevoir de fa bou< 
che les derniers avis, qu'il kd donna avant fa mort Ce fage Miniftre dit à fon 
Prince : Seigneur, vous voyez quel bon ordre j'ay mis. Dieu mercy, dans vô- 
tre Etat; la juftice y efl rendue exaftement, à vos finances font bien réglées: 
fi vous vouler remporter toute la gloire de cette conduite , il faut que vous fal^ 
ûtz obferver le même ordre après ma mort ; Câr 11 vous le négligez , & que le 
deibrcke s'y gliffe , j'en auray moy feul toute la gloire , & vos peuples ne man- 
queront pas de dire , que Ton me doit tout ce qui s'efl fait de bon penchnt 
mon nûiùftère. 

Ces paroles firent d*abord quelque impreflîon fur l'efprit de ce Prince : mais 
peu de t^ns après la mort de Saheb , il . fe laiila tellement gouverner par fes 
domeftiques & par iès favoris, que tout TEtat changea bien-tôt de face; l'in- 
juftice & la violence prirent le defllis, & les finances fe dilHpperent bien -tôt; 
en forte que les peuples ne manquèrent pas de regretter le Vizir , & de loUer 
de plus en plus la prudence. 

L'^m 387 y Fakhr-eddoulat étant dans le château de Tabarek , fut faifî d'un 
très-grand nml d'eftomac qui lui furvint, après avoir mangé du bœuf rôti & du 
Taifîn avec excez. L'indigeftion lui caufa une fièvre violente , qui l'emporta en- 
peu de jours, après un règne d'environ quatorze œs, pendant lequel il amaf- 
&, dit-on, de grands tréfbrs pour fon fuccelTeur* Khondemir. f^oyez Saheb Bea 

Ebdd. 

Le Nighiariftan rapporte, qu'après la mort de Saheb Ben Ebàd, Seidat, fem- 
me de Fakhr-eddoulat , prit un fi grand empire fur Tefprit du Sultan fon mari , 
qu'elle s'empara de tous fes tréfors , & en difpofa abfplument , ou plutôt elle 
n'en difpofoit point du tout; car fon avarice étoit extrême , & arriva jufqu'au 
point de refufer les cbofes nécefiTaires pour enfevelir le Sultan, qu'il fallut em* 
prunter du Reâeur de la Mofquée de Tabarek, où ce Prince étoit décédé. 

Cependant on dit , qu'il avoit laiifé dans fa garde -robe trois mil paires d'hft^ 
bits, faits pour fa perfonne, & plus de quatre-vingt-dix millions d'argent mon 
B^ dans fes coffres. Ce& ce qui fait dire à l'Auteur du Nighiariflan contre 
les avares: Riches du monde, inftroifez-vous, par cet exemple, on ne peut 
vous le dire alTez. 

Ce Prince à donné un des plus grands exemples de génerofîté & de récon- 
noiflance que l'on li(e dans Thidoire ; car au rapport du Tergimeh Al Jemini , 
ayant été bien reçu dans fa di%race par HufiTàm-eddoulat Tafche ou Timurta- 
fche, Gouverneur du Khorallan, comme nous avons vu cy-defiTus, celuy-ci ne 

B t put 



K F A K H R. FAKIR. 

• • • 

put jamais être porté à le livrer à Tes frères y quelque offre qu'ils lui fiflènt 
pour l'avoir entre leurs mains , & le défraia entièrement jufquà ce qu'il fixt * 
rentré dans fes Etats. 

Il arriva, par fuccei&on de tems, queTafche ayant été difgradé par fon mât* 
* tre Nouh , Sultan de la dynaftie des Samanides , eut recoui*s à Fa&r-eddoulat, 
qui pour lors réfidoit à Afterabad, ville capitale du Giorgian. Ce Prince le re<. 
çut à Ton tour fi magnifiquement , qu'il lui céda fon Palais & même la ville» 
qu'il quitta pour aUer demeurer à Rei. Il lui aifigna de plus tout le revenu 
de cette province pour fon entretien . lui fit de très-rîches préfens , & entr'au* 
très , un de cent cheVaux de main j dont les harnois étoient d'or. 

Saheb Ben Ebàd, fon Vizir , fut étonné de cette largefi^ ^ qui fembloit paf- 
fer les jufles bornes de la réconnoiflance ; mais ce Prince lui . raconta fi parti* 
culièrement & fi pathétiquement tous les bons traitemens qu'il avoit reçus de 
Taïche pendant fon exil , qu'il lui fit avouer , que fa réconnoiilince étoit enco- 
re beaucoup au-defi[bus des bienfaits de fon ancien hôte. 

Tafche au milieu de tous les avantages que fon ami lui avoit procurés danç 
le plus fort de fa difgrace, & fe trouvant en un état lequel furpaflbit de beau- 
coup celui de fa première fortune , mourut d'un accident de pefte , laquel- 
le ravagea en ce tems-là le Giorgian , & défola entièrement la ville d'Âfte- 
rabad. 

L'on trouve dans un Poète Perfiien la defcription de cette pefte en ces termes* 

La pejie femblable à un feu vengeur ^ ruina tout -à -coup cette belle ville , dont le 

terroir refpire une odeur qui pajje celle des plus excellents parfums. 
Il ne refla de tous fes habitans ni jeune , ni vieillard : 
Ce fut un foudre qui tombant fur une forés , y confumâ le bois verd avec le fec. 

FAKHR Al Eflâm, la gloire du Mufulmanîfme , titre d'honneur qui a été^ 
donné au Scheikh , ou Dofteur Bezdaovi. ^çyez ce titre. 

FAKHREDDIN, Fils de Schamfeddîn, troifième Prince de la dynaftie des 
Molouk Kurt. i^oyez le titre de cette dynafik. 

' FAKHREDDIN, Titre & furnom d'Abôul fadhl Mohammed Ben Omar 
Al Razi y fameux Théologien parmi les Mufulmans. l^oyez Razi. 

FAKIH Al OflTouIl, Titre d'honneur > qui fignifie le Jurifconfulte Fondamen- 
tal, donné à Ebn Athir. f^oyez fon titre. 

FAKIR, les Perfans & tes Turcs appellent Dervifche, un Pauvre en gène* 
ràl , tant celuy qui l'eft par néceffité , que celui qui l'eft par éleââùn & par pro- 
feffion : Les Arabes ont le mot de Fakîr , qui fignifie la môme chofe ; c'eft 

g:>urquoy il y a des pays dans le Mufûlmanifme , où les Religieux font nommez 
erviches, & d^autres où on les nomme Fakirs , comme l'on fait particulière-» 
ment. dans les Etats du Mogol. 
' Voici des vers Turcs à la louange de la pauvreté en général. 

Souffre patiemment ta pauvreté y 6 m$n ame y fi tu prétends obtenir de Dieu wiâ 

riampenfe fans fin. 

Démette 






F A K r IL . f0 

Demeuré incejffamment à la porte du bon pUàfir dé Dieu ^ & tu yerras f^à la fin 

on f ouvrira celle de fes plus riches tréfors. 
Pour^tioy déplores^tu (f méprifes-tu fi fort ta condition , laquelle e/f, fi tu le fiais 

conrûdtrey plus élevée que le ciel mime, 
fuifque la Providence fa deftiné de toute éternité le bien dont tu dois jouir en ce 

monde ^ & Fa tellement fixé que tu ne peux jamais y rien ajouter^ 
.Quitte tous Us fiiins inutiles & indignes que tu prens pour en acquérir. Voyez. 

le titre de la Providence dans Caîir & Tacdir^ 

Dans TAIcoran , au chapitre Râad ou du Tonnere , on trouve ces paroles: 
Salam dlaikom bema fiibartom. Bien vous fi)it de ce que vous avez fiiuffert patiem- 
ment vos maux. Ceft le falut que les Anges donnent à ceux qui entrent en 
Paradis. L'Auteur du Coût AI coloub dit fur ce paflage : La qualité que Diett 
aime le plus dans fes créatures, eft la pauvreté : & Mahomet, félon une tradi- 
tion, dit un jour à Belâl : Faites de telle manière que vous arriviez pauvre ^ 
Sl non riche auprès de Dieu; car les pauvres tiennent les premières places dans 
fa Mcdfon. 

Belal étoit efclave de Mahomet & devint (on Muezin , c'eft-à-dfre , celui qui 
avertit & qui convoque les Mufulmans aux tems marquez pour la prière publi- 
que, &c il avoit acquis beaucoup de crédit auprès de û>n mattre. 

Pour ce qui regarde la pauvreté religieufe, de laquelle les Mufulmans font 
beaucoup d'état, elle demande,, félon eux, une grande perfedion. Il tf y a qu'à 
lire le chapitre fécond du Guliflan de Saâdi , où vous trouverez qu'il ne faut 
pas ôter la pauvreté aux Religieux , parce que làns elle ils ne font plus Reli- 
gieux , que leurs biens font les biens de tous les pauvres généralement , que les 
Rel^eux ne prennent point d'argent , & que ceux qui en reçoivent ne font pas 
Religieux: fur quoy il y a une hifloire agréable de celui qui a'avoit point trou- 
vé dd Religieux, pour leur en diftribuer,. 

Lamai fait le conte fuivant , dans lequel il a înferé des maximes fort fevè- 
res pour les Religieux. Un Derviche qui avoit perdu un œil 9 & qui avoit la 
cervelle un peu démontée, demeuroit jour & nuit dans une grotte, où il fouf- 
froit beaucoup à cau(c de fa nudité ; il s'adreffa un jour à Dieu & lui dit : O 
Créateur des hommes , je n'ay point honte d'être borgne , & je ne me plains 
point de ce qu'il vous a plu me faire tel: mais je fouffire beaucoup à càufe du 
froid , & j'ay abfolument befoin d'un habit : je fçais bien qu'il ne . m'appartient 
pas de vous faire cette inftance ; mais enfin ,. où eft vôtre libéralité , & qu'eft^ 
devenue cette prafufion de grâces que vous répandez fur tous les hommes , fi 
vous m'abandonnez au befoin ? 

II n'eut pas plutôt dit ces paroles, qu'un de fes camarades qui étoit caché > 
lui fit entendre ces mots : Si vous avez trop* froid dans vôtre grotte , fortez-en , 
& rechaufez vous à mon Soleil. Le Derviche crut , que cette voix venoît du 
ciel & repartit auffi-tôt : Quoy donc , Seigneur , n'avez - vous point d'autrV ha- 
bit à me donner que le Soleil? En vérité ,, la libéralité n'eft pas trop grande. 
La même voix répliqua auffi-tôt : Borgne infolent , attends encore huit jours,. 
& tu auras ud habit qui ïie te coûtera rien. 

. En efl^et, au bout de la femaîhe, le Derviche vît un vieillard qui lui préfen- 
ta uneKhircah ou robe de Derviche, fi. vieille, fi ufée & fi rapetaifée, que iorf- 

B 3 ' quil, 



j:fi FAKIR. 

qa'il Vaat Um toa&ééréti it 8*dcri« : Seîgiieur > qd goavwMB toufee^ Im dio. 
fes de ce monde, eitce là toutTouvrage qp» vous avez pu fam en huit jours ? 
Vous ne vous êtes pas ennuyé de la garder, & vous ne Tavez pas laiflë ibrtir 
de vos mains, tint quil y a eu un feul lambeau ender. Il ajouta encore plu- 
Heurs autres difcours dignes d'un extravagant , fur leiquels FAuteur de cette 
hiftoîre fait les réflexions fuivantes, 

Ceft icy Ttàttoite d'un fol : mais Û vous ta eonfldérez avec attention , voUf 
tMUverez que c*eft la peinture naïfve de Tétat des hommes : car fl vous en- 
tendez parler les gens du monde , pour un qui rend grâces à Dieu , il y en a 
mil qui lui font des reproches. L un (è plamt de la pauvreté, qui comme une 
fièvre lente le mine & le confume : L'autre dit , quil a tant de charges k ad* 
miniftrer, & tant de biens i gouverner, que Toccupation continuelle où il eft» 
Fempêche entièrement de pei2er à Dieu & de vacquer à ion ùàvL 




plaintive 

préfente ,- eft plus prétieufe que tous les plus riches brocards d'or 4 de Ibye : 
car quel eft le propre habit de Thomme , finon la robe de la piété & de Thu- 
milité. 

Prenez donc ce vêtement d'honneur , qui vous eft préfenté de la part de 
Dieu 9 comme a fait Lamai , & n'ayez jamais honte de porter les livrées de la 
pauvreté. 

Pentends par la pauvreté Religieufe , dit ce même Auteur , la privation de 
toutes chofes , & cet abandon glorieux , dont Dieu favorife les plus parfaits : 
le corps mal vêtu, les mains vuides d'argent, & le ventre afiâmé : voilà l'état 
de ceux que Dieu honore particulièrement de (on amitié. 

Les riches ne trouvent point de chemin ouvert , ni de route aiTûrée qui con- 
duife au Palais du Très-Haut. Il faut être dépouillé de biens , & anéanti d'ef- 
prit % pour parvenir à celui qui eft lifi ibul , & qui poflede lui feul toutes 
choies. 

Combien de gens, dit- il encore, font venus à cette Cour, croyans y être bien 
reçus en qualité d'amis & même de favoris, lefquels cependant en ont été chaC- 
fez & bannis comme des miférables? Et combien de miférables s'en font-ils ap* 
prochez avec humilité, qui y ont trouvé de la faveur & reçu des careflès. Con- 
fidere donc , mon ame , que ce monde n'eft qu'ime école d'apprentiifage & 
d*exemple, & que le dénouement de la pièce, qui fe joue fur cette ftène, fur- 
prendra & étonnera bien des gens. 

Un de ces Religieux , véritablement pauvres , étant Interrogé par un grand 
Prince, s'il ne penfoit jamais à lui dans fes néceiStez, il lui répondit: J'y peu* 
fe quelquefois ; mais c'eft lors que j'oublie de penfer à Dieu. 

L'on peut ajouter icy le mot de Dhoualnoun , célèbre pour la fpiritualité 
dans l'Orient La cratfnte de la pauvreté eft une marque de la colère de Dieu 
fur celui qui en eft faifi. Et cet autre : Le vray pauvre ne poilede rien^ & 
n'eft poffedé de rien, ce qui fait connottre que k pauvreté volontaire rend un 
homme maître du monde. 

L'exemple de Saladin eft admirable ; car ce grand Prince aimolt la pauvreté 
au milieu des richefles & de l'abondance de toutes chofes , comme vous pou- 
vez voir dans fon titre : il ne pouvoit pas garder chez lui plus d'im babity ni 

plus 



rALAftfAT. — FALASTItlN. is 

rfus d*un dieval dans fon écurie. Foyez Texemple de la pauvreté Vobïitairè 
œs premiers Khalifes. 

Doulet abadi a fait un traité 9 qui a pour titre jisbdb al fakr u d gkina 9 des 
taufes de la pauvreté & des richefTes , où il difcoure probtematiquemeût fur cet*- 
te matière. 

FALAHAT, rAwiculture: Faiahat Nabathéat, rAgrîcùIturc dés Nabatheens, 
Ouvrage d'Ebn Aovâm Al Cothai. £bn Vahafchiah a auili travaillé fur le mêi- 

fiqet. Les Turcs difent, que cet Art eft le vray fouffre rouge ^ c'efl-à- 

9 la Pierre Pbllofophale» 



FALANBEKI, fumom de Ehalil Al Roumi) qui a écrit fur le livre inti* 
«lié Efcharàt t^Al Nadhair. 

FAL AJOITAN Al Hamaoui, furnom d'AUah Bcfa Athiah, \%\ a compofé un^ 
commentaire fur le Poème intitulé Tàiah de Safadi. 

FALASTHIN^ & FaleiHiin; les Mufulmans appellent ainfi la Pôleftlne, qu'ils 
qtolifient auflr comme nous du nom de Terre - fainte. Ils dtfent 9 que les deut 
villes capitales de ce pays-là font Elia & Ariha, c'efl-à-dire, Jerufelem & Jé- 
richo; qu'il y avoit dans cette province mille fiourgades ^ qui avoieiit phacane 
de très -beaux jardins ; que cinq hommes pouvoient à peine porter une feule 
grape de leurs raifins y âc que cinq perfonnes pouvaient demeurer dtfEfe l'écorce 
d'une feule grenade de ce pays-là. 

Les Géants qu'ils nomment Giabbaràn ou Giababerah) qui étoiçnt de race' 
JSmalecite , occupbient cette terre : les plus petits d'entr'eux étoîent hauts de 
neuf coudées. Og 9 qu'ils appellent Abug , fils d'Anak , les furpaffoît tous en ' 
grandeur , à a prolongé fa vie jufqu'à l'âge de trois mille ans. Il defcendoît 
lui & fon peuple de k poftérité cfAd : c'eft pourquoy ces Géants font aufli ap« 
peliez. Adiàn ou Adites. 

Moyfe ayant reçu ordre de Dieu dé fiàire entrer les enfans d'Ilraël dans ce&> 
^terte^ M envoya douce hommes choiGs des douze tribus, lefquels, après 
avok reconnu le pays , en rapportèrent la vérité à Moyie & à Aaron ; mais 
9b convinrent enfenÀle de n'en rien dire au peuple 5 de crainte de l'effrayer, 
& de lut faire prendre la réfoludcm de retourner en Egypte. Mais dé ces dou- 
se hommes, il. y en eut dix, qui ne 'purent garder le fecret, & qui racon- 
tèrent naïvement tout ce qu'ils avoicnt vu.. 

Ce rapport excita une très-grande fédition y lé peuplé le (bûleva contre fes con« 
duâeurs : mais Jofué & Caleb, qui étoient les deux autres Envoyez, qui a voient 
gardé le fecret, s'employèrent à les appaifer, & leur repré&nterent que ces 
Oéans de dévoient pomt caufer de la terreur à des gens qui étoîent aifûrez de 
là protaâioQ de Dieu, puifqu'il leur avoit pcooM à^ les «mettre en polfeflion 
dé cette terre dont il leur avoit fait le don«^ 

Une ptflk de trette hiftoite eit éomprife dans le chapitre de l'Alcoran , inti- 
Culé MâiiMt Où de la Table ^ mais en p^K>les condfes & obfcunes, qua les Inter* 
prêtes développent & expliquent, comme elle eft icy couchée. 

Le pays d'Arden, c'eft-à-dire, du Jourdain, eft fouvent employé dans les liè- 
vres Orientaux pour exprimer la Terre - fain te. Terra Jùrdanis dans TEcrituré, 
; ^ 9ffe6Uvement comptife : mais elle a été diftinguée de la Judée, auiE-bien^ 

que- 



tS TALOUDHL FARABEKL 

que la Paleftine , fi nous entendoos feulement par ce mot le pays qui comprend 
les cinq fatrapies des Philiflins. 

Ahmed Al Faffi dit , que tous les anciens Rois de la Paleftine portoient le 
titre de Gialout j ' qui eft le Goliath de rEcrfture (àinte : de même que ceux 
d'Egypte , celui de Pharaenah , ou Pharaons ; & ceux de Perfb Akaf&rah ou 
Khofroës. 

L'hifloire de la Paleftine eft écrite fort au long dans le livre intitulé : Uns 
al KhaliL Voyez ce titre. 

Falafthi^ un Philiftin ou Chananeen , c'eft-à-dire , un des anciens hahitans de 
la Terre-fainte ou Paleftine. Lés Arabes écrivent , que ce peuple fut chaiTé de 
l'on pays & relégué en Afrique, premièrement par Jofué, puis par David, après 
la défaite de Goliath. faut entendre , par la première tranimigration , celle 
des Chananeens, &, par la féconde, ceÛe des Pluliftios. 

FALOUDHI, fumom de Ptolomée FAftronome, tiré de fon pays: car ce 
mot eft le même que Pelufiotm^ c'eft-à-dire, natif de Damiette. 

FA M I A H ; les Syriens & les Arabes appellent ainfî la ville que les Grecs & 
les Latins notçment Apamaa. Ceft Apamée , ^ville de la féconde Syrie , fitués 
fur le fleuve Orontes^ qui eft maintenant ruinée. 

FAN A RI, furnom de Schamfeddin Mohammed Ben Hamzah, mort Tan 834 
de THegire , qui eft Auteur d'un fupplément fur les Efthelâat Al Sofiah. Ceft 
un ouvrage qui traité des Uz & coutumes des Sofis. Voytz le titre de Sofi. 

. FANQUN, Ville Royale du tems fabuleux, que les Arabes appellent Antc- 
Adamite : Cétoit le liège des anciens Solimans ou Salomons , qui regnoient fur 
une efpèce de créatures , différente de celle des hommes. Foyez le titre de So- 
liman. 

' FARAB, Fariab & Fargiab. Ceft une ville du pays de de- là le fleuve Gi- 
hon , fur les confins du Turqueflan à TOccident : elle a une journée entière de 
longueur & auiiarit de largeur, & fes habitans font Mufulmans de la Seâe Scha- 
feienne. Gieuhari, Auteur du Sihat allogat, qui eft un Diâionnaire Arabe très- 
ample, en étoit natif, aufli-bien qu'Ai farabius , &c. 

. Cette ville eft plus Septentrionale que Schafche, & fa rivière, que Ton nom- 
me de Farâb, eft une des deux qui paffent à Schafche. 

- Farâb femble être plutôt un pays entier qu'une ville : car il y a des bois &, 
de fort grandes terres labourables dans fon enceinte. On l'appelle aujourd'huy 
Otràr , & on la CQmpte entre les villes du Turqueftan , qui font au de - là de 
Schache & plust proches de Balalgoun. 

Le mot de Fargiab , qui eft en ufage dans ces pays -là , fignîfie une terre ar- 
roufée par les eaux des rivières & des canaux, au contraire de Dim, qui, dans 
la même langue > lignifie celle qui n'eft arroufée que des eaux du cieL M 
Bergendi. 

Ebn Haucal donne à la ville de Farâb ou Otrâr 98 degrez de longitude, & 
Birouni ne lui en donne que 88 : mais tous les Géographes conviennent à lui 
en donner 44 de latitude. 

FARABEKI, Auteur d'un livre fort eftimé, qui a pour titre Bahagiat ul 
gialesy la récréation de ceux qui converfent enfemble. 

FARABER, 



FARABER. FARABL * 17 

FARABER5 petite ville, fituée fort près du fleuve Gihon. H y a un gué 
où Ton traverfe ce fleuve pour venir de la Tranfoxane en Khoraflan ; & quoy 
qu'elle foit des dépendances de la ville de Bokharah , Abulfeda Ta inférée dans 
la table du Khuarezm. Sa longitude varie 9 félon les Auteurs , de 87 à 89 de- 
grez: mais Gl latitude efl: fixée unanimement à 38 degrez. 

FARABI & Fariabî, furnom d'Abou Naflàr Mohammed Tarkhani , que les 
Arabes appellent ordinairement par excellence Al Fariâbi y le Farabien , & nous 
autres Al Farabius j parce qu'il étoit natif de la ville nommée Farab , qui efl; 
la même qu'Otrar. 

Ce Dofteur étoit rebuté le Phénix de fon fîécle , le Corîphée des Philofor 
phes de fon tems, & (urnommé Maallem Tfani, le fécond Maître , duquel en- 
fin Avicenne confeflê avoir puifé toute fa fcience. 

L'an de l'Hegire 343 qu'il mourut, il avoit fait le pèlerinage de la Mecque, 
& paflà à^ fon retour par la Syrie, où regnoit alors Seifeddoulat , Sultan de Ja 
Maîfon de Hamadan , fous le Khalifat de Mouthi , vingt - troifième Khalife des 
Abtâflides. II vint d'abord à la Cour de ce Prince, chez lequel il y avoit tou- 
jours un grand concours de gens de lettres , & il fe trouva préfent & inconnu 
à une célèbre difpute qui fe faifoit devant luy. 

Fariibi étant entré dans cette aflêmblée , il fe tint debout , jufqu'à ce que 
Seifeddoulat lui fit fîgne de s'aflêoir : Alors il lui demanda , où il lui plaifoit 
qu'il prît fil place. Le Prince lui répondit : Là où vous vous trouverez le plus 
commodément. Fariabî , fans faire autre cérémonie , alla s'aflêoir fur un coing 
du SofiEi ou Eflxade, où étoit affis le Sultan. Ce Prince furpris de la hardieflTe 
de cet étranger, dit, en la langue maternelle, à un de fes Officiers: Puifque ce 
Turc eft fi indifcret , allez lui faire ime reprimende , & faites lui en même 
tems quitter la place qu'il a prife. 

Faridbi ayant entendu ce commandement , dit au Sultan : Tout beau , Seigneur, 
celuy qui commande fi légèrement eft fujet à fe repentir. Le Prince furpris 
d'entendre ces paroles, lui dit: Entendez- vous ma langue? Fariâbi lui repartit: 
Te l'entends & plufieurs autres , & entrant tout d'un tems en difpute avec les 
Doâeurs aflemblez, il leur impofa bien-tôt filence; il les reduifit à l'écouter & 
à apprendre de lui beaucoup de chofes qu'ils ne fçavoient point. 

Ùl difpute étant finie , Seifeddoulat rendit beaucoup d'honneur à Fariâbi , & 
le retint auprès de lui pendant que les Muficiens , qu il avoit fait venir , chan- 
tèrent : Fariâbi fe mêla avec eux & les accompagnant avec un luth qu'il prit en 
main , il fe fit admirer du Prince , qui lui demanda s'il n'avoit point quelque 
pièce de fa compofition. 

n tira fur. le champ de fa poche une pièce, avec toutes Ces parties , qu'il 
diftribua aux Muficiens & continuant à foûtenir leurs voix de fon ludi , il mit 
toute l'afTèmblée en fi belle humeur , qu'ils fe mirent tous à rire à gorge dé- 
ployée; après quoy faifant chanter une autre de Ces pièces, il les fit tous pleu- 
rer; & en dernier lieu changeant de regifixe, il endormit agréablement tous les 
affiftans. 

Seifeddoulat fut fi charmé de la mbfîque & de la doârine de Fariâbi , qu'il 
Teût voulu toujours avoir en fa compagnie : mais ce grand Philofophe , qui 
étoit entièrement détaché des chofes du monde j voulut quitter cette Cour , & 
fe mit en chemin pour retourner en fon pays. Il prit la route de Syrie, dans 

Tome IL C laquel- 



ti PAlftACLITriA. 

laquelle ayant trouvé des voleurs qui Tattaquerent , comme il fçavoît très-Weti 
jfe fervîr de Tare , il fe mit en défenfe ; mais une flèche des aflàflîns l'ayant 
bleffe, il tomba roide mort. 

On rapporte encore de ce grand homme , qu'étant un jour en compagnie 
avec Saheb Ben Êbàd , il prit le luth des mains d'un des Mulîciens ; & ayant 
joiié de ces trois manières dont nous avons parlé, lorfque la troifième eut en- 
dormi les affîflans , il écrivit fur le manche du luth^ dont il s'étoit fervi y ces 
paroles : Fariab eft venu & Us chagrins font dijjîpez. Saheb ayant lu un jour , 
par hazard, ces paroles , fut tout le refte de la vie dans un grand déplaifir de 
ne l'avoir pa« connu :. car il s'étoit retiré ùlus rien dire > & fans fe &ire con- 

ùoître. 

Alfarabius eft qualifié*, par £bn Khàlecàn , Acbar FilalTefah ^ moflemin , le 
plus grand Philofophe des Mufulmans^ & Azhed alnas fi dunia , le plus détaché , 
du monde parmi les hommes. Abulteda foufcrit k ce fentiment,, & cependant 
plufieurs Dofteurs Mufulmans > du nombre defquels eft Fakhreddin Razr , l'ont, 
accufé d'impiété, & Gazali. le range, avec Avicenne fon difciple, parmi les Phi- 
lofophes qui ont cru l'éternité du monde, quoy qu'ils adtaiffent un premier tnow 
teut, ce qui paffë chez les Mahometans pour un pur Athéifme. 

L'on attribue ordinairement à Alfarabius la traduâion deâ Analytiques d'Aria ^ 
ftote, fous le nom d'Anolouthica. 

U y a un autre Fariabî, qui mourut l'an 619, de l'Regîre, qui eft Auteur 
d'un livre inûtxdé JJ/oulab alUmedh. Son propre nom étoit Émadeddin Maha- 
moud. 

D y a âlUE- dts Auteurs qui ma/quent la mort d*Alfarabius Tm 539 de THe- 
gîre, & mettent dans celle de 350, celle d'ïshâk Ben Ibrahini ^ . Auteur du livre . 
intitulé Adad al Catéb , qui eft iuflî furnommé FariabL 

Ahmed Ben. Mohammed, qui a compofé le livre intitulé Idhah al Honafa , 
ou l'hîftoine des Dôébeurs Hânéfités , tirée de la Chronique dô Ben Aiis , porte . 
auifî le mèïaé fui^nodi de Fariabi 

FARACLITHA% lé Pifiraclet Les Mùflilfhans diftingoént entrfi Rouh al- 
oods, qui fignifie le faint-Éfprit & le Kiraclet. 

Ils difent, que le faint-Efprit fe peut entendre de Jésus-Christ, lequel- 
eft devenu tel par un foufle de Dieu, de mêfne que la terre devint Adam par ' 
le même foiifle:.mais qu'il faut entendre ordinairement par ce mot, l'Ange Ga- 
briel, le dépofitaire & le Mîniftfè de tous les myftères divins révélez aux hom- 
mes , lequel eft encore appelle Rouh Amin , l'Élprit fidèle. 

Pour ce qui regarde le nom de Faraclitha^ que les Arabes- àm pris des Sy- 
riens , &: ceux-cy du Grec Paracletos ou ^ Paraclitos , le fentiment commiln des 
Mufulmans modernes eft qu'il faut l'eiitendre de Mahomet , qu'ils difent aveb: 
beaucoup d'impudence & d'ignofaiice, aVoir été promis patr Jesus-Christ à. 
fes difciples, pour leur expliquer 1« Véritable fens de l'Evahgile, en quoy ik 
font d'une Opinion fort oppofée à celle des anciens Mufulmans , qui tf ont ja- - 
mais penfé à une telle fîélion , de laquelle ils n'ont aucune preuve dans l'Ai- 
Goran.. 

Ben. Cateb oti ïfegi Khalfà écrit, fuf le tStre de (ïefr u Ôiâttiê, queperibil- 
lie ne pourra jamais connoîtt-e le fens des myftères coqchez dans ce livre , où 
oft compriCe la fuite de tous les.g^nda évenemens, qui doivent fucceder les ums 



fARADHI. — — FARAH. 19 

9UX autres > jufqu'à la confommation des fiécles y à la feule exception du Me- 
hedi' o^ douzième Imam , auquel cette comioifTsmce eft refervée , & que c'eft 
lui duquel Tssus-Christ parle dans fan £vangile en ces termes (forgez à 
plaiûr. ) Nous ai^es Prophètes ^ envoyez de Dieu » nous vous appO{:tons les 
livres que nous avons râ^us de lui : mais pour ce qui concerne leur explication 9 
ce fera le Faraclitha qui vous l'apportera après naoy. 

Voici donc un nouveau Paraclet , à fçavoir le Mehedi , que les Schiites ou 
Hérétiques Perfî^os ont inventé j à rimitation de Manés , lequel avoit ufutpé 
ce titre dans la Perfè, long-tems avant le Mahometifine. 

Les Mahometans cependant» qui ont eu quelque connoiflance plus particuliè- 
re du Chriftianifîne paîr la communication des Syriens & des Grecs , difent , que 
k fiùfit-Efprit eft appelle Mehaia» Vivifiant , & Menahemia Confblateur, qui eft 
la vérits^le fignification du mot Faraclitha, quoique quelques-uns d'entr'eux ayent 
voulu que ce dernier mot foit formé du mot Grec Periclytos y & qu'il faut pro- 
Boncer Feridita, pour fignifier lUuftre & Récommandable , & le faire ainfi qua- 
drer* avec le mot Ànbe Mohammed, qui fîgnifîe la même chofe. 

FARÂDHI Al Schehereftani^ furnom d'Âbou Abdallah Mohammed Ben Al 
Fadhl, Auteur du livre intitulé Arhdin dfchariàt. Voyez le titre /i'Ocberi. 

FÂRAQE , fils de Barcok , fécond Roy d'Egypte de la race des Mamiucs 
Cîrcaffiens. U fut le troifième Prince de cette dynaftie, & commença à régner 
Tan %o% de FHeçire, de J. C. 1399. 

Une fédition s étant émue au Caire Tan 808 , il crut que Ton en vouloit à 
& perfbnne, & prit la réfolution de fe cadier; puis s'énnuyant de demeurer dans 
£1 retraite, il parut de ixouveau & dépoffeda Ahdelaziz fon frère, qui avoit été 
mis à & place & régna encore près de fept ans. 

Les troupes de Tamerlan , qui avoient conquis une grande partie de la Syrie , 
rayant défait en plufîeurs rencontres , il fut obligé de s'accommoder avec ce 
conquérant, &' d'abandonner les intérêts d'Ahmed Ëen Avis Ilekhani & de Ga- 
ra Jofef le Turcoman. Il fut enfin tué par les fiens dans la ville de Damas 
qu'il poflëdoit, & jette fur un fumier Tan de.FHegire 815 > de J. C. 1412. 
Kamtdfyit almenadkir. 

FAR AGE Bâad al fcheddat , Confolation des affligez, livre compofé par 
Abou Ali Haflan Al Tanoukhi , qui fe trouve dans h Bibliothèque du Roy , 
n^. 1228. 

FARAH. Pbn Farah & Ebn Alfarah Al Afchbili. Ceû le furnom d'Ahmed 
Ben Mohammed Aboulabbas Schehabeddin , natif de Seville en Efpagne , qui mou« 
rut Tan 699 de THegire. Il eft Auteur d'une Caffidah & d'une Mandhoumah 
fil hadi^ , c'eft^à-dire , d'un Poëme Arabique fur les Traditions. La première a 
été commentée par Schamfeddin Ben Giumâah & par Caflem Ben Gothluboga , 
{k la féconde par lahia Al Farakhi ou Carafî. Ces deux ouvrages font dans la 
Bibliothei)ue du Roy, n^. 1127 & 1148. 

Nous avons deux autres ouvrages de cet Auteur, dont le premier eft îrtfitu- 
lé Ebtlml altaovU fil ojfoul , de l'inutilité qui fè rencontre dans l'explication des 
points fondamentaux du Muûilmaniime. Le fécond eft une explication des Ar- 
oaia Mokhrarit^ c'eft-à-dîre, ^es quarante Traditions choses. 

Ci FARAKI, 



%0 



F A R A K L 



FAR ANGE, 



FAR^KI, Surnom de celuy qui e^ natif ou originaire de h ville de Mia* 
farckin en Mefopotamic. Abou Nafr Mohammed Ben A(3ad porte ce ftirnoni. 
Il eft Auteur du Livre qui a pour^ titre 4fbdb al nozoul^ les caufes ou fujets 
qui ont fait defcendre ^du ciel , comme parlent les Mahometans , chaque yerfet 
de J'AJcoran en particulier. Nous avon^ auffi de luy Efiharat fil coran qui traite 
à peu près de la même ^natiere. I^oyez plus bas Farekî. 

FARAMORZ9 fils de Ruftam, l'Hercule des Perfans. n étoit né après 
Seheràb Ton frère aîné^ lequel avoit été tué malheureiifement par foo propre 
père 9 qui ne le connoiffoit pas. 5a mère étoit fille d'un Roy dés Indes > & avoit 
apporté à Ruftam une très-riche dot , de forte que Faramorx fon unique héri- 
tier devoit devenir un jour très-puiflant : c'eft ce qui donna de la jaloufie à 
Bahaman>9 fils d'Asfendiar, Roy de Perfe^ lequel d'ailleurs haïflbit Ruflam , & ce 
qui le porta à le faire aÔkffîner» 

Il y a un Auteur cité fous le nom de Mohammed Ben Faramorz qui eft 
qualifié Schehid, c'eft-à-dire, Martyr. 

FAR AN, Nom d'une montagne des Madianites en Arabie qui fut réduite 
en poudre ). à la vûë de la Malefté de Dieu. yoy,ez les titres de Moufla £f dû 
Colzoum. 

FAR ANGE, & Afrange, les Francs,, les François, les Européens, & les 
Latins en général. Ben Schonah raconte en l'année 591 de l'Hegire , de 
J. C. 1097 , que les Francs prirent de force Antioche après un fiege de fept 
mois , qu'ils défirent les Mufulmans qui venoient au fecours de la ville , & qu'ila 
les pourfuivirent jufqu'à Mâarah où ils en tuèrent plus de cent mil, qu'enfuite 
ils fe rendirent maîtres d'EmelFe, & allèrent affieger Hierufalem. 

Ce fiege dura plus de fix femaines; mais enfin les Francs la prirent l'an 492 ^ 
& y firent un butin ineftimable. Il y eut dans cette prife plus de foixante & 
dix mil Mufulmans tuez , quoy qu'ils fe fuffent retirez dans le Temple , , & dans 
les f^lifes demandant quartier. Ceci arriva fous le règne de MoAedaher, vingt* 
huitième Khalife de la Maifon des AbbafCdes àBagdet^ & fous celuy de MofhaIi> 
fîxiëme Khalife des Fathimites en Egypte. 

L'an 495 les Francs aflîegerent Tripoli , & prirent plufieurs places des Muful- 
mans, pendant que ceux-ci, dit le même Auteur, étoient acharnez à fë faire la 
guerre les ims aux autres ^ ce qui fit enfin tomber Tripoli entre leurs mains 
Fan 503 de l'Hegire. 

Le pays à^ Afrange ou des Francs , félon tous les Géographes Orientaux , s'étend 
du côté du Septentrion , depuis le détroit de Conftantinople qui comprend le 
flofphore de Thrace & l'Hellefpont, jufqu-à l'Océan Occidental, que nous appel- 
Tons Atlantique. 

Cependant ils ne comptent point le pays de Roum qur comprend" la Grèce ,. 
non plus que la Natolie, parmi les Provinces occupées par les Francs; ils mar* 
quent toutefois dans leurs Chroniques que les Francs fe rendirent maîtres de 
Conftantinople l'an 600 de l'Hegire, ce qui n'arriva néanmoins que l'an 1224 

dé J. C 

Il y eut l'an 618 de l'Hegire, & de J. C. 1222, une paix folemnelle & gêné- 
mie fdite entre les enfans de Sàladin & les Francs , après que ceux-ci eurent 
gerdu. Damiette^ ïaiQ^ Mufulmans prétendent que^ les Francs furent les infraâears 

de: 



F ARAS. — F A K E D H. ti 

de cette paix. Il eft tnray que les Papes de ces Cems4à ne Ce (oudoient pas 
beaucoup des traitez que les Chrétiens faifoient avec les Infidèles y & ne laKToient 
pas de continuer la publication de leurs croifades en Europe ; c'eft ce qui fit 
perdre enfin aux Francs tout ce qu'ils avoîent conquis fiir les MuTulmans. 

Il y a plufieurs Auteurs Mahometans qui ont écrit l'hiftoire de la Terre fainte , 
& lefquels ont auiC décrit par occafion . les guerres que les Francs y ont faites. 
Les uns ont deguifé ou altéré la plupart des faits qui nous regardent, & les- 
autres plus fînceres ont fait des déclamations fort pathétiques fur la dîvifion des 
Mufulmans qui fut caufe des pertes qu'ils fouffrirent. 

. F ARAS, Un Cheval, Le Maître d'Ecurie, & Médecin des chevaux du Sul- 
tan Kelaoun, Roy d'Egypte , nous a lailTé un Ouvrage ciuîeux intitulé Kamel al 
Sanatein^ dans lequel il enféigne les deux arts de dreOTer, & de guérir les chevaux. 

Il parle de dix races de chevaux, à chacune defqueUes il donne l'épithete 
qui lui convient. Il dit que des trois races qui fe trouvent en Arabie, ceux 
de la Province de Hegiàz font les plus nobles, ceux de Neged les plus furs^ 
& ceux de l'Iemen les plus durs au travail , & les plus patiens. 

Il pafle enfuite dans la Syrie, & prétend que ceux de Damas oîk le plus beaa 
poil , & ceux de Mefopotamie, la plus belle taille, & qu'ils font les mieux tournez. 

En Afrique les chevaux d'Egypte font les pFus léger», ceux de Barcah les plus 
rudes^ , & les plus difficiles et dompter , ceux de JBarbarie- les plus proprcs ^ 
feire race. 

Les Tartares font les plus courageux , & ceux d'Europe , les plus lourds , & 
les- plus lâches. 

D y ia dans là Bibliothèque du Roy n®, 941, un livre de manège en Arabe 
avec les figures; mais il eft fans nom d'Auteur > & fans commencement Abou 
Obeidah Tmmzr a fait un Livre exprès des noms qui appartiennent aux chevaux^ 
lous le titre d^Efma al khail. 

Le Khalife Hefchâm l'Ommiade nourrflfoit quatre iml chevaux dans fes écu^ 
ries; Malekfchah le Sekiucide en entretenoit quarante mil pour fa garde, & pour 
& vénerie, & le Khalife MotaflTem TAbbaffiJe qui ne fefervoit que j de chevaux 
Pies, tigréz, ou truitéz, en entretenoit 130 miL 

II n'y a point de chevaux dans le pays des Zenges , qui eft le Zanguebar;t 
mais ils le fervent de bœufs , qu'ils dreflent^ & qu'ils montent même dans les* 
combatsv 

FAR AT: Ebn Al Faraf Nàflereddîn , eft^ l'Auteur d'une Kiftoire d'Egyptec. 
de laquelle Ebn Haggiar s'eft beaucoup fervi pour compofer la fienne. 

FARAZ.I, SiUTiom de Borhaneddin Ibrahim, duquel nous avons unehiftoire 
dfe Damas fort complète, fous le titre d^EéUm befadhail al fchdm. Cet Auteur* 
ne parle pas feulement dans fon Ouvrage de la ville de Damas; mais il s'étend^ 
auffi fur les autres lieux de. la Syrie y dont, il avoit une plus particulière con*^ 
noiflance.- 

FAREDH. A"bou HafS Scharfeddin Omar Bèn Al Afaâd, Ben Al MorfchedV 
Ben Ahmed Al AfUadi, eft plus connu fous le nom d'EbnFaredh. II étoit ori-- 
ginaire de Hamah en Syrie;, mais il naquit au Caire r«an 577 de THegire, .& y 
mourut fan 63^. C'eft un des plus illuftres Poètes Aral>es que les Mufulmans^ 

Q %. ayene 



2^2. 



F A R E K I. — r F A R G A N*A H. 



I 



ayent eu. On z recueilli un Divan de Tes poëiîes» lequel a été commenté par 
plufipurs Auteurs auflî bien que fon Poëme intitulé Taiah qu'il compofa en fa-- 
yeur des Sofîs, ou Religieux Mufubnans. f^oyez dans la Bibliothèque du Hoy ks 
n\ 859 •& II 53. On dit que la famille de cet Auteur dejTcendpit de Halimah 
Çâadiah» nourrice de Mahomet. 

F A R E K I , Natif ou originaire de la ville de Miaferekîn en Mefbpotamie. 
Tel étoit ce fameux Prédicateur ou Homiliafte des Miifulmans, connu ordinaire- 
ment fous le nom d'Ebn NobsUah. Ebn AfaâJ, & Ebn Azrak étoient auffi du 
même pays. Foyez plus haut Faraki. 

F ARES ou Fars. Ebn Fares efl; le même qu'Aboul Hoflaîn Ahmed Al La- 
* gaoui , ou le Grammairien qui mourut Tan de THegire 395. Il eft l'Auteur 
du Livre intitulé £fma al Nabi^ des noms du Prophète, c'eft-à-dire, des diffe- 
rens noms q^e les Mufulmans donnent à Mahomet leur faux Prophète. 

Il a auflî compofé un traité fur les difFerens fentimens des Grammairiens Ara- 
bes, auquel il a donné le nom d'Ekhtelàf al Nahât. 

Nous avons auffi de lui le Mogimel allogat qui eft un Diftionnaîre Arabe 
aflez ample & corre6L 

FARESCOURI, Surnom du Dofteur Mohammed Ben Mohammed AI Ha- 
i^cû , Imâm de la Mofquée nommée La Gauride , au grand Caire , qui vi voit 
Tan 964 de FHegire. Il eft Auteur du Livre intitulé Jlbanat fi mdrefat al Àmap 
nat, EclairciQement fur la matière des dépôts félon le Droit civil des Mufulmans. 

FARES SI, Surnom d'Aboul Faovares Ibrahim, Auteur d'un Livre Perfien 
intitulé Bqfian al madrefaty lé Jai'din de la fcience. 

FARGANAH, Nom d'une des contrées de la Tranfoxane , dont la ville 
capitale porte le même nom. Le nom d' Andoghiin & d' Andugian lui eft auffi 
commun, quoyqoe ce foit proprement une de fes dépencknces, auffi bien que 
les villes de Coba & de Nefla. 

Ce pays s'ét^d le long du fleuve Sihon ou Jaxartes, quoy qu'il ne foit qu'à 
92 degrez de longitude, & à 42 degrez 20 minutes de latitude Septentrionale, 
félon les Tables d'Abulfeda dans le cinquième Climat, quoyqu'Alfragan le place 
4ans la fin du quatrième. 

Quelfflues-uns ont cru que la ville d'Akhficat ou Akhliket eft la même que 
F^rgansà ; Ulug Beg luy donne Tépithetc de Cafbat Farganah , & la met à 42d 
25m. de latitude, f^oyez fur îecy ks notes de Golius fur Alfragan. 

Al Bergendi qui place cette ville dans le cinquième climat, écrit qu'elle eft 
voifine de celle de Schafche (quoy qu'elle en foit cependant éloignée de cinq 
journées de caravanne) *& que la ville de Caba , d'où font fortis plufieurs grands 
perfonnages, eft de fes dépendances; cependant quelques-uns veulent qu'elle app^- 
tienne à celle de Schafche. 

On trouve dans les montagnes de Farganah des Turquoifes , & du charbon 
de pierre dont les cendres font de très-grand ufage; il y a auffi des mines d'or^ 
d'argent, de cuivre, de fec & de plomb, & des fources de Naphte. 

Quelques Géographes mettent auffi ks villes de Khovakend, de Khogiend, & 
de Marghinan dans le pays de Farganah , & fixent en cet endroit les limites 
4u Muful]})anifm& 

FARGANL 



k 
\ 



F A R 6 A N L F, A R O U C. aj 

FARÔANL Ahmed ou Mohammed Ebn Cothair Al Farganî, eà le ftom 
d'un célèbre Agronome que nous connoifîbns- fous le nom d'Alfra^an , auquel 
Aboulfarage donne pour contemporains Habafch , Al Haflèb Al Merouzl , & Ebn 
Naoubakht, avec lefquels il travailla aux obfervations Aftronomiques fous le Kha- 
lifat d*Al Mamon environ Tan 184 de l'Hegire, ou 800 dé J. C. Fîfyez Golius 
fur Alfragân, 

D y a un autre Auteur nomme Abufâid Mohammed Ben Alfargani qui mou- 
'rut l an 700 de Tttegire y duquel nous avons un commentaire fur la Taiiah 
(TEbn Faredh. 

FARGI AB, Terre arroufée par des canaux tirer des rivières. Voyez Fatâb. 
FARIAB & Fariabi Foyez cy^deffus Farâb. 

FARIRI, Auteur d*un de ces Ouvrages que les Arabes appellent Amalî^ 
c'eft-à-dire , Cahiers diftez par un ProfeiRui* à fes Ecoliers. 

m 

I 

F ARMA. ' Abou Navds dans la defcription d'un voyage.de Syrie en Egypte > 
quH entreprit pour vifiter Abdal Hamid , Auteur du Divan intitulé Khoza^ qui 
eft fort effimé , dit qu-il pallà par les villes de Gaza de Hafchem , qui -eft Gaza 
en Syrie y & par Farma de Hagiar. 

Ben Khaiecan dans la vie dlbrahim Algazi', dit que là ville de Farma étoit 
là capitale d'Egypte, & le fiege Royal des Pharaons qui y regnoient au tems 
d'Abraham ; que Hàgîar mère dlfmaël en étoit native , ou de quelque Bourgade 
d*alentoujr, &. que cette mère des Arabes eft reconnue par ces peuples pour 
être originaire de leur pays. Cette Vilfe fût tellement ruinée dans la fuite des 
tems , qu'il n'y reftoit qu une colline aflez élevée que Ton voyoit à main gau- 
che, lorfqu'en venant du. Cake en Syrie ^ on palFoit par le milieu des fablons 
du CoÛîr. 

Cette ville ayant été réteblie par les Fâthimites , fût pîUéé & brûlée par Bar- 
douil qui eft Baudouin Roy de Jerufalem*. Voyez G^za, 6f ^ ^« qu'en dit le même 
AboU Nàovés. 

FAROUC, Epithete, ou Titre d'honneur qui fut donné par Mahomet à 
Omar. Ufa Mufulman opiniâtre ayant procez avec un Juif, Taffaife ftit portée - 
au tribunal de Mahomet qui la décida en faveur du Juif. 

Le Mufulman ne fe tenant pas bien condamné, dit au Juif qu'il appelloitde* 
cette fentence , & qu'il prétendoit que fon procez fût revu par Oinaf qui n'étoit 
pour lors que particulier.. Etant donc convenus tous deux for ce point, ils 
allèrent trouver Omar, lequel après s'être informé de toutes les procédures <te 
l^affaîre, & ayant appris que le Mufulman avôît refufé d'acquiefcer à' la fentence 
de Mahomet, leur dit: Attendez-ilioy à la porte jufqu'à ' mon retoiir , & paroif--- 
fant peu après devant eux le fabre à la main, il en déchargea uû fi grand coup 
fiir le Mufulman i qu'il lui abbattit la tête à fes pieds, & dit tout haut: Voilà' 
ce que méritent tous ceux* qui n'acquiefcent pas àtf jugement que le Cadhi a - 
pronoiicé. . ^ 

" Mahomet ayant fçu cette aAîon , l'approuva , & donna en môme tems à Omfir ' 
fe fortiom de Fatouc qui fignifie celuy qui fepare, voulant faire entendre qu'O- • 
mar fçavoit auffi-bien diftinguer le vray d'avec le faux, & le jufte d'avec l'in*- 
JûftevquUl avôit fca.feparer la tête du .corps de cet opiniâtre. 

farrakh;- 



t4 FARRAKH. FARS. 

• 

FARRAKH, Nom d'un perfoîinage, qui pafle «n Perfe pour le modèle 
achevé de la juftice, & de la magnanimité, auffi-bien que Feridoun. Affadi Poëte 
Perfien dit: Feridoun & Farrakh n'étoient pas des Anges; leurs corps n'étoient ^ 
pas compofez ni d'ambre , ni de mufc: c'eft la juftice & la libéralité qui. leur 
.ont acquis cette grande réputation qui les fait refpefter dans l'hiftoire. Prati- 
quez ces deux vertus, & vous deviendrez un Farrakh, & un Feridoun. 

T A R S , les Arabes difent que Fars étoit fils d'Azaz ou d' Arphaxad fils de 
Sem , fils de Noé. Quelques-uns le font néanmoins defcendre de'japhet , & 
tous conviennent qu'ira donné fon nom à la Perfe, que l'on appelle le pays 
de Fars, & d'Agem en gênerai. 

Cependant les Perfans prétendent tirer leur origine de Kaiumarath qui eft 
parmi eux , ce qu'eft Adam parmi nous , & difent qu'ils ont toujours eu dès 
Roys de leur nation , dont la fucceflîon n'a été interrompue que pendant un 
efpace de tems qui n'eft pas confiderable. 

Les Dilemites , les Curdes , & même les Turcs Orientaux , félon quelques Au- 
teurs, defcendent des Perfans. Les Dilemites habitent le long des rivages de 
la -mer Cafpienne, que les Orientaux nomment la mer de ïhailefan, laquelle 
porte aufE le nom de Dilem à caufe du voifinage de cette nation. 

Pour les Curdes qui font répandus vers Scheherezur dans l'Affyric, à laquelle 
fls ont donné le nom de Curdiftan , plufîeurs veulent qu'ils foient Arabes d'ori- 
gine, & qu'étant venus établir leurs demeures dans les marais des Nabatheens^ 
aux emboucheures dé l'Euphrate , & du Tîçre , on les a appeliez Arabes Agem , 
c'eft-à-dîre, Arabes Barbares, nom qui eft demeuré depuis aux Perfans. 

Les Turqs fe font retirez au delà du Gihon , ç'eft4t.dire , du fleuve Amou ou 
Oxus , dans le pays qui a été appelle à caufe d'eux le Turkeftan. 

Mais pour revenir aux Perfans, c'eft une naÉiondont la Monarchie & la Re- 
ligion font fort anciennes ; car ils reconnoiffent pour fondateur de l'une & de 
l'autre, leur premier Père & leur premier Roy; c'eft pourquoy ils appellent 
teur Religion Kaiumarathienne. 

Les principes de leur Religion font qu'il y a- un Dieu éternel qu'ils appellent 
en leur langue Jezdân, & Oromazde qui eft le vray Dieu, appelle parles Ara- 
bes Allah) auteur de tout bien ; & un autre créé des ténèbres, auquel ils don- 
nent le nom d'Ahermea , qui eft proprement l'Eblis ou le Diable des Arabes, 
principe de tout mal. 

Ils ont en très-grande vénération la lumière, & ont une extrême horreur des 
ténèbres, ce qui les porte jufqu'à la fuperftition d'adorer le feu. , 

Cette Religion n'a pas fait grand bruit jufqu'à Zerdacht ou Zeradafcht (c'eft 
Zoroaftre) qui voulut paffer pour Prophète parmi eux, & leur enfeigna que le 
Créateur de toutes çhofes qui ne connoît rien de femblabïe à luy , a produit 
la lumière & les ténèbres ; & que du mélange de ces deux chofes , le bien & I0 
mal, la génération, &; la corruption; & enfin la eompofition de toutes les par- 
ties du monde s'eft faite , & fubfiftera toujours , jufqu'à ce que la lumière fc 
retirant à part d'un côté, & les ténèbres de l'autre, cauferont fa deftruftion. 

Cette doftrine de Zoroaftre eft celle des Parfis appeliez auffi Moçàn, & Ma- 

fious, ou Mages, comme auffi Ghebres , lefquels fe tournent toujours vers le 
oleil levant, quand ils prient 

Sen Sçhohnah , Auteur fort eftimé , parle ainfi des Perfans dans fon Raoudhat 

aime* 



F A s. -a^ 

almenadhir^ )fic leuf attribue Tinilitution d'une rëjouiflance que les Arabei appel- 
lent la fête des Mages ; mais il n'en fait point la defcription , comme il fait de 
celle qu'ils appellent Rokoub al Kaoufage , célébrée au commencement du prin- 
tems en la manière fuivante. Un homme fans barbe & fans dents, monté fur 
un afne, tient d'une main un corbeau qui bat des aîles, & qui l'éventé, & de 
l'autre une baguette; cet homme court ainfj par toute la ville, & frappe tous 
ceux qu'il rencontre fur fon chemin, c'eft luy> difent-ils, qui chaffe l'hyver. 

Cette fête eft aifez femblable à quelques mafcarades qui fê font parmi les 
Chrétiens, dans la même faifon. Les jours que les Arabes appellent al agiouz 
de la vieille , y ont auifi du rapport , & il femble que Ségar la vecchia , fcier 
la vieille > qui fe dit en Italie au milieu du carefme, ait pris de-là fon origine. 

La fête appellée Sedéh ou Sedouk , dans laquelle les Perfans allument de grands. 
feux pendant la nuit , autour defquels ils font des f eftins & des dahfès , eft des 
plus folemnelles parmi eux; les Arabes l'appellent Leilatal voucoud. P'iyyez Us 
titres de Neurouz, de Mihirgian, de Tirghian, rf'Abrizghiân, &c. 

Le mot de Fars pris plus fpecialement , eft la Perfe proprement dite. Cette 
Province eft bornée à l'Orient par celle de Kerman, à l'Occident par le Khu- 
ziftan, au Midy par le Golpbe Perfique, & au Septentrion, par un grand defert 
qui la fepare du KhoraiFan. 

Elle a i6o parafantes d'étendue le long de la mer Oceane, ce qui revient 
à 300 lieues Françoifes. Jezd eft la ville la plus Orientale de cette Province , 
& celle de Hamadan en eft la plus Occidentale , Gireft ou Sireft la plus Meri« 
dionale, & Rei la plus Septentrionale. 

Le grand de&rt dont on a parlé, s'appelle Naubendighian , & il appartient en 
partie au KhoraflTàn par où il fe joint au pays de Fars, vers les villes de Co- 
rnus, de Com, de Cafchian, & de Rei, & en partie au Segeftan .& au Kerman. 
Toute cette grande Province eft divifée en deux parties , celle qui eft plus 
unie s'appelle Nerm, qui fignifîe douce & traitable, celle qui eft plus raboteufe > 
fe nomme Kouheflar, ou Gebàl. 

l^oyez ces titres (f ceux J'Ëft:ekhar, de Schiraz, ^Esfahan , de Cazuin , & de 
Taùris, qui font les prindpales villes de Perfe. 

U y a dans la Perfe auprès de Hendekan un puits qui exhale continuellement 
une grolle fumée , dont la vapeur eft fi maligne , que perfonne n'ofe en appro- 
cher, & les oyfeaux qui paflTent par deffus, y tombent morts infidlliblement, 
comme au lac d'Averne dans le Royaume de Naples. Mefahet al ardh. 

F AS & Fes, Ville de la Province que les Arabes appellent Magreb al Acfe, 
le dernier Occident. Elle eft fituée à 18 degrez de longitude, & à 32 & 3 mi- 
nutes de latitude Septentrionale félon les Tables Arabiques , & cenfée être des 
dépendances de la ville de Tangiah qui eft Tanger. 

Le Géographe Perfien écrit dans fon troifième cMmat que la ville de Fes ou 
Fez eft divifée en deux parties, qu'elle a douze portes, & une rivière qui coule 
le long de fes murailles , laquelle fait moudre foixante moulins. 

On y voit trois, grandes Mofquées principales accompagnées dç Collèges & 
dHôpitaux, & plufieiirs belles rues garnies de boutiques remplies de toutes for- 
tes de marchandifes , qui la rendent la plus belle & la plus agréable ville du 
monde, félon ce même Auteur. 

Elle a été long-tems le fîege des Princes & Sultans de la Mauritanie; mais 

ToMS IL D elle 



4<î t A S C H O U S C H. F A T H. 

«lie eft aujôur<rhuy Ibjette au Roy de Maroc. Il faut voir fw ce fujet l'hiftoîit 
intitulée Carthas, compofée par Ebn Zorâ l'an 7215 de l'Hegire. 

L'on appelle ordinairement en Turquie Fas, ou Faffi ce que nous nommon» 
ordinairement un bonnet de Fez, qui eft de couleur rouge, & d'une laine fort 
fine , fabriquée dam la ville de Fez. , . , ^ , ^ , 

Il eft forti de cette ville un grand nombre de IçavafiB qui preiment tous le 
furnom de Faffi; l'on en peut voir quelques-uns plus bas» 

FASCHOUSCH fi ajhkain Cara coufch, les Ihnplidtez de Caracoufch. Cù 
perfonnage étoit Vizir du Caire en Egypte fous le règne de Saladin. Soiouthi 
compoià l'an de l'Hegire 899 , cet Ouvrage qui eft plein de rencontres agret* 
blés & divertiflàntes. un le trouve dans la BiWiotheque du Roy, n». 1512. 

FASSA, Ville de Perfe, que les Naturels dU pays appellent Baflà & BelB; 
ceux qui y ont pris naiflànce ou leur origine, font furnommez FaflàovL 

FASSI, Surnom de Fakieddin Mohammed Ebn Ahmed Ali Al Hoflàini» 
natif de Fez, & habitant de la ville de la Mecque où il. fut CadW. U a com- 
pofé une hiftoire fort ample de la Mecque en plufieurs volumes, qui ont chacun 
d'eux un titre particulier. Ces titres font Toh/tu alkerim, Scitafa al garam, Aci 
al thamin, Ogialât alkera, ^c. Cet Auteur mourut l'an de l'Hegire 833. 

Faffi , eft auffi le furnom de Schehabeddin Al Mocri , Auteur du Ketab AL 
Giamman. Viyez ce titre, & celui d'Ebn Catthân» 

FASSIH, Livre qui eafeîgne l'élégance de la langue Arabique > compofépar 
Aboul Abbas Ahmed Ben I^a Al Scheibani. 

FATAO VA, Decifions des points de DroH;, faites par les Muftis ouCadhis. 
îl y en a un recueil fait par le Cadhi Zakaria, dans la Bibliothèque du Roy 
n«. /od, qui porte auffi le titre d'Eêldm u Ehtemdm. Un Fetua ou Fetfii ai 
Gonftantinople eft une de ces decifions du Mufti ; ce nom tire fou origine du. 
mot Arabe Fata, qui fignifie décider en matière de droit. 

F AT H AI Mouffali-, Ceft un Saint des Mufulmans, dont Jafei a écrit, la vie 
dans la 78 feélion de fon Ouvrage.. 

FAT H Al abouâb u Hakikat al adâb. Titre du fîxième volume que^ Seufi 
Gemali a écrit tant en profe qu'en vers fur les prérogatives de Mahomet* Cet 
Ouvrage eft écrit en langue Perlîenne.. 

a f 

FATH Al Coffi fi fath al Codfij Hîftoiredê la conquête que fit Saladin de b 
ville de Jèrufajem Fan de THegire 583, de J, C. jiSj^ écrite par Mohammed 
Ebn Ahmed fiirnommé Emâd Àl Cateb- Al Esfahanî, lequel a^té comparé pour 
réloquence à CofT, les Arabes ayant parmi eux Ja coôtume de dire d'un excel- 
lent Orateur: U eft plus éloquent que Cofll Ce livre, eft dans la Bibliothèque 
du Roy. 

FATH Al Schâm , Hiftoîre de la conquête que les Mufiilmans ont faite en* 
divers tems de la ville de Damas & de la Syrie 9 écrite par Abou Abdallah fien^ 
Omar M Vakedi* Il eft. dans la Bibliothèque da Roy.. 



FATH. •-•-*•? A THE MI AH. »7 

"PATH Al Ottgioud u Scharh al doud, Etogje divifé en 24 chapitres, & ter- 
miné par un Poëme Aeroftiche fur Mahmoud Pafcha Gouverneur d'Egypte. Il 
eft dans la Bibliodaeque du Roy, 

FATH Al raouf al cader, &€• Commentaire fait fur le Livre intitulé Etmi 
al redha , qui tfeft qu'un autre commentaire fur les Adàb al çadha , livre dans 
lequel on trouve les règles qu'un Cadhi doit fuivre dans fes jugemens félon les 
principes des Schafeîens. Il eft dans la Bîbliodieque du Roy n*'. 605. 

FATH Al Rahoiàn be Cafchf ma îolbas fil Coran , Explication des pailàges 
les plus (Ëfficites » & les plus enveloppez de l'Alcoran y compofée par Zakaria 
Ben Mohammed Al Anlâri qui a emprunté de Fakhreddin AI Kazî ce qu'il a mis 
de meilleur dans fbn livre* U eft dans la Bibliothèque du Roy, n"". 583. 

FATHAVAT ou Fothovàt Mekkiah, les conquêtes de la Mecque. C'efl 
une hilloire de toutes les guerres qui fe font faites en divers tems au fujet de 
cette Tille. Foyez fiedr, &c. 

FATHEATAl ôloum, les ouvertures, ou les clefs des fcîences , Livre 
d*Abou Hamed Al Gazali^ divifé en fept chapitres. Il ell dans la Bibliothèque 
du Roy n . 902. 

FATHEMAH & FatMmafa , fille de Mahomet , & d'Aifchah , naquit à la 
Mecque, cinq ans avant que fon père voulût pafier pour Prophète, & mourut 
fix mcHs après lui dans la ville de Medine, Bgée feulement de 28 ans. Elle fut 
mariée à Ali, coufin germain de Mahomet, & fut mère de Hafian & de Houfiain. 
Les Mufulnums la font paifer pour une femme fort vertueufe. 

FATHEMAH, Reine ou Princeffe des Arabes en Syrie, laquelle ayant 
appris par fes livres qu'il devoit naître d'Abdallah Coraifchite un très-grand Pro- 
phète, le fit rechercher pour l'époufer ; mais la deftinée de mettre au monde 
Mahomet , étoit refervée à une autre. 

FATHEMIAH. Doulat al Fathemîah: La dynaftie des Fathimites, c*eft. 
à-dire, des Princes qui prétendoîent defcendre en ligne direde d'Ali, & de Fa- 
thima fille de Mahomet , fon époufe. 

Cette dynaftie commença en Afrique Fan de l'Hegire 295, de J. C. 908, par 
Abou Mohammed Obeidallah, lequel fe fit fuivre comme un Prophète , chafla 
les Aglebites de la Province proprement dite Afrique , & peu après les Edriilîtes 
de la Barbarie, Numidie, & Mauritanie où ils regnoienc. 

Ce premier fondateur de la puiflànce des Fathimites qui conquirent enfiiite 
FEgypOe , & s'y établirent en qualité de Khalifes , prenoit le titre de Mehedi 
^iii lignifie le Direâeur des Fidèles, quoique ce titre ibit refèrvé au douzième 
& dernier Imam qui ne doit paroître qu'à la fin du monde. 

Piufieun ont conte&é à ces Princes l'origine qu'ils prétendoient tirer d'Ali & 
de Fathima : quelques-uns ont écrit que ce premier Fondateur de la dynaftie 
«'appellaît Sâid Ben Ahmed fils d'Abcblla Al Eadâh , & que ce fumom de Kadah 
lui avoit été donné , à caufe qu'il avoit les yeux fort enfoncez dans la tête ; 
c'eft ce que importe Ben Schonah. Dahebi dit qu'il n'y a que les ignorans qui 
• les appeUeot Fathimites, car tûen loin de defcendre d'Ali & FatUma , l'on avoit 

D a de 






i» FATHEMIA 

de bonnes preuves que le grand père d'Obeidallah étoît Mage ou Juif de Reli- 
gion, & Serrurier de fon métier, exerçant fon art dans Salamiah, ville des dépen- 
dances d'Emefle en Syrie. Cette origine d'Obeidallah eft confirmée par Aboid 
Vahab Al Bafri j & par Aboubecre Al Balanî. 

Soiouthî dans la préface du Tarikh al Kholafa ou Hiftoîre des Khalifes qu'il 
nous a laifTée, dît qu Aziz fils de Moêz le Fathimîte, Khalife d'Egypte, ayant 
écrit à celuy d'Efpagne qui étoit Ommiade de race , & fe mocquant du titre 
de Khalife qu'il prenoit , vu fon origine , celui-cL lui récrivit : Vous vous moc- 
quez de moy , parce que vous me connoiflez ; fi je vous connoifibis auiB , je 
pourrois vous répondre. L'on dit qu'Aziz fe fentit piqué jufqu'au vif par ces 
quatre mots qui font Araftana hegi ou-tdna laou arafnak Agibnàk. 

Thabatheba ayant demandé un jour à Moêz de quelle branche des Alides il 
étoit, ce Khalife tira fon épée du fourreau , & lui dit ces deux mots : HadJut 
nesbi : voici ma généalogie: puis jettant Tor à pleines mains à fes foldata, il 
ajouta: Hadha ginfi^ voici ma race. 

Cader billah Khalife de 1$ race des Abbaflides à Bagdet, Voyant que Tes Fa-^ 
tbimites ufurpoient le titre fi vénérable parmi les Mufulmans , de Khalife , fit 
faire un manifefte contre eux dans lequel il prétendoit prouver qu'ils n'apparte* 
noient en aucune manière à la Maifon d'Ali; mais qu'ils étoient Kiaregiens oa 
"Seéiaires de la faftion d'Ebn DiflTan. 

Cette dynaftie des Fathimites eff auffi fouvent nommée par les Auteurs Al 
Khilafat al dlouîat , le Khalifat des Alides ou Aliades , c'efl-ik-dire , des defcen-^ 
dans d'Ali j & contient la fucceffion de quatorze Princes ou Khalifes fuivant cet 
ordre : Obeidallah ou Mahadi. Caiem. Manfor. Moêz. Aziz. Hakem. Dhaher.. 
Moftanfer. Moftaâli. Amer. Hafedh. Dhafer. Faiez & Adhed. 

Il eft bon de remarquer que Ton doit ajouter à tous cesi noms.Ledinillah, qui 
Ggnifie dans la foy ou dans la Religion de Dieu, comme à ceux des Khalifes 
Abbaflides-, les mots de Billah, Lillah, ou Bemr illah, qui fignifient en Dieu, à 
Dieu, & par le commandement de Dieu, ce qui a aflTez de rapport à nôtre, Par. 
la grâce de Dieu. 

La durée de cette dynaftie depuis que Mahadi fe fit connoître k Segelmafla 
en l'année 296 de l'Hegire, jufqu'à la. mort d' Adhed qui arriva l'an s6j eft de: 
172 années Arabiques &: lunaires. 

Il eft vray, félon. te témoignage de plu fieurs Auteurs, qu'en sS^ de l'Hegire > 
deux ans aprè& latmort d' Adhed, les Egyptiens voulurent rétablir le Khalifat dans 
la Maifon des. Alides, & avoient déjà jette les yeux fur Amarah fils d'Ali leme- 
ni: mais ce fut fans fuccezj car le Khalife de Bagdet y fut reconnu., ce qui 
dura jufqu'en Tan- 656, que les Tartares abolirent entièrement le IQialifat, ce 
qui n'empêcha pas cependant que la Maifon des Abbaffides n!ait encore poflTedé" 
en Egypte, au- moins en^ apparence , cette dignité fous les Sultans Mamlucs^ 
jufqu'à la conquête que Sultan Selim, premier du nom, fit de ce Royaume. 

Pour fçavoir les caufes de la. décadence, & enfin de la chute entière de cette 
dynaftie, il faut voir les f«raxd Adhed, (f de Saladin.. Je me 'contenteray dln- 
ferer icy l'hiftcrire d'un fonge.que fit Adhed, félon qu'eUe eft rapportée par- 
Ben Schohnah. 

Adhed dernier Khalife de la dynaftie des Fathimites, un peu avant qu'il fut^ 
dépoflfedé , vit en fonge un Scorpion forti de la-Mofc^uée qui. le vint piquen • 

Ceux 



FATHIRAH. FËHEREST. tp: 

Ceux qui lui expliquèrent (ba fonge , lui dirent , qu'a pouvoit fignîfier qu'un 
homme de cette Mofquée lui ôteroit ùl dignité, ou entreprendroit fur fa vie. / 

Le Khalife fur cela fît venir en fa préîence l'Intendant de la Mofquée , & 
voulut fçavoir de lui qui y demeuroit; l'Intendant lui dit, que c'étoit un vieil- 
lard qui faifoit profeffion de la vie Religieufe des Sofis , nommé- Nagemeddin- 
Al Gioufchani. Cet homme ayant été mené devant le Khalife, lui avoiiâ, qu'il 
étoit venu -là exprès pour fe dépofition^ Adhed confidérant cet homme , le 
trouva fi foible & fi miférable , qu'il ne le crut pas capable d'une telle entre-^ 
wife r c'eft pourquoy il lui donna l'aumône, & le congédia en lui difiint: Priez 
Dieu pour moi« 

Il arriva cependant quelque tems après que Saladin voulant fe rendre le maî- 
tre abfolu de l'Egypte, prit la réfolution de fupprimer le Khalifat des Alides,« 
& de faire reconnoître celui des Abbaffides. Il fit pour cet efl^et une affemblée 
générale des principaux Chefs & Doâeurs de la loy , où cette affaire importan- 
te devoit être décidée. Le vieillard , dont nous avons parlé , ne manqua pas 
de s'y trouver, & il parla fi fortement contre les vices & les erreurs des Ali- 
des, qu'ils furent déclarez infidèles par ce Synode, & leur Khalifat aboli. 

Quoy que l'on compte quatorze Princes dans cette famille, il n'y en a pour- 
tant qu'onze qui ayent régné en Egypte ; car les trois premiers établirent le 
fiége de leur Khalifat à^ Segelmefle , à Cairoan , & à Mahadie dans l'Afrique ^ 
& ce fut le quatrième, nommé Moêz, qui le transfera en Egypte dans la vil- 
le du Caire, qu'il avoit fait bâtir, où il a fubfiflé pendant le cours de 208 an- 
nées^ Arabiques.. 

Ce fut l'an 362 de l'Hcgire^ de. }• G. 972., que Moêz ledinillah entra eii 
Egypte, & que l'on cefla d'y reconnoître le Khalife de Bagdet, qui étoit pour^ 
lors Mothi lillah ; mais fes prédecefleurs- , outre l'Afrique qu'ils poflédoient , 
avoient conquis laSardaigne & la Sicile, dès l'an 920 de Nôtre Seigpeur, qui 
répond au 308 de THegire.. 

FATHIRAH. L'Oblation ou Sacrifice de la M'efle , que les Mufulmans 
mettent au nombre des cinq points capitaux de la fby des Chrétiens, mot Ara- 
be , qui fignifie proprement la fête de Pâque , à caufe du pain azime qui y eft 
confacré. 

FATHIRI,>furnom de Mahmoud Al Cafchi, Auteur d'un commentaire fur 
fe Poëme d'Ebn Faredh , intitulé' Taiiah , qui mourut l'an 785 de l'Hegire. 

FAZARI, fumbm d'Abou Ishak., que les Mufulmans révèrent pour faint ; 
Jafei a écrit fa vie dans la feâion 150 de fon hiftbire. 

FAZINI, furnom d'un Mohammed Ben Mohammed, difdple de Gaiathed- 
ëin Manfour. Il a travaillé, fur les Elemens d'Euclide , & a intitulé fon ouvra- 
ge Takadhib al OJfotd, 

FEGANI & Fîganî, les Perfans le prononcent Fîgonu C'eft le nom d^ln 
Poète , qui a compofé en Perfien un Iskender Nameh , c'eft-à-dire , une hiftoire 
d'Alexandre le Grand en vers. Cet ouvrage a été traduit en vers Turcs. 

FËHEREST & Fihirift. Feherefl Ebn Nedim^, Catalogye de Uvres Arabes 
recaeilli par Ebn Nedim, 

D î - - EEHIM^, 



yr FEHIM. FELEK. 

FEHIM, furaom de Tageddîn Ali Ben Mohammed AI Monl&U, Auteur d*un 
livre intitulé Jthdr al rabedt. 

FEK & Fekehat, Tétude & la fcience de la Loy, la Turifpradence ; Fakîh, 
un Doâeur de la loy , ou , fi vous vouiez , un Jurifcontulte. Ceft d'où vient 
le mot Efpagnol Alfaqui. 

II faut remarquer, que l'AIcoran étoit chez les Mahometans le feul livre de 
leur loi;, il renferme, par conféquent, tout leur Droit civil & canonique, pour 
parler felon nous, & comme il comprend auifî toutes les véritez qu'ils doivent 
croire, il s'enfuit qu'un Dôfteur en cette loy, eft auffi Doâeur en Théologie 
à leur mode, & que les deux profeiHons, de Théologie & de Droit, font chez 
eux inféparables. 

Cette loy, fur laquelle eft fondée toute la Théologie & toute la Jurifpruden. 
ce des Mufubnans , eft donc comprife dans l'Alceran , de même que celle des 
Juifs Teft dans les dnq livres de Moyfe; c'eft pourquoy ils appellent par excel- 
lence l'étude qu'ils en font , Ders , c'eft-à-dire , méditation , mot qu'ils ont em- 
prunté de l'Hébreu Derafch, qui fignifie recherche & éclaircifiement de la loy,. 
d'où fe forme celuy de Darfchan , qui eft chez les Juifs un Prédicateur & un 
Interprète de la loy. 

On trouve dans le livre intitulé Uns jtlmoncathein ^ une îbntence ou tradition 
de Mahomet en ces termes : La chofe la plus excellente de la' Religion eft h 
fcience de la loy , & la chofe la plus excellente de la loy eft l'obfervance des 
commandemens de la loy , Dieu ne pouvant être plus honoré que par Tétude 
& par l'accompliflement de fa loy. Il ajoute enfuîte , qu'un homme bien verfé 
dans la loy, eft plus fort contre le Démon que mil perfonnes dévotes & pîeu- 
fes; & il en rend cette raifon, qui eft que chaque chofe étant appuyée fur fon 
fondement , & l'étude de la loy étant le fondement & la colonne de k Reli- 
gion, celui qui s'y applique, demeure toujours ferme & inébranlable. 

Moavie fut autrefois qualifié du titre de Calil alhadith , c'eft-à-dire , d'homme 
^ui s'attachoit peu aux traditions prétendues de Mahomet & de fes premiers 
compagnons; & il difoit fouvent : Appliqucz-vous , Mufulmans , à bien étudier 
la loy, parce que j'ay ouy dire au iProphete , que Dieu rend celui qu'il aime^ 
fçavant dans fa loi. 

Il eft aifé de voir, que tous ces fentimens font pris des Pfeaumcs de David,. 
& particulièrement du cent-dix- huitième. 

FEK EH AT AHogat, l'intelligence de la langue Arabique, Ouvrage qui con» 
tient les mots les plus propres & les plus recherchez de la langue Arabique , 
rangez (bus divers titres , à la manière d'un Onomafticon , tel qu'eft celui de 
Pollux en Grec, & le 3^anm linguarum en Latin. Il eft, in folio, dans la Bi- 
bliothèque du Cabinet du Grand-Duc. Ceft Thaalebi qui en eft TAuteur. 

FEKHERI. Voyez le titre d'Afchgi Zadeh. 

FELE K, le Ciel Ce mot Arabe, auflî-bien que le Perfien Kerdoun, fe prend 
ordinairement chez les Poëtes Orientaux , pour le deftin & pour la fortune , i 
4»ufe de fes révolutions continuelles. Dunia & Deher, Gehan & Rouzghiar, qui 
fignifient en Arabe & en Perfien le monde , le fiècle & le tems , fe prennent 

auffi 



FELEKI. • tr 

»iffi dans le même fens. Van peut vw as titres , pour fçavQir ce (pit difent 
les Orientaux fur la viciffîtude des chofès humaines. 

FELEKI, furnom d*un Poëte Perfien, natif de la province de Schîrvan ou 
Mediè des anciens, dont le nom propre eft Aboul Nazâm Mohammed. On le 
qualitie ordinairement du titre de Schems al Schoâra , Soleil des Poëtes , & de 
Melikal fodhala , Roy des fçavans ; & Ton préfère fa poëfie à celle de Khaka- 
xii , & à celle de Zebir. 

Le Sultan Sâid Ulugh Begh Mh-za dit, qu'après les Poèmes d'Envarî , il n'y 
a point de poëfie qui ait plus de force que la fienne , & Hamdallah Moftaoufi 
croit qu'il a été le maître de Khakani ; mais TAuteur du Tezkereh Afchoâra 
réfute cette opinion, p» le témoignage . du Scheikh Azéri dans fon poëme, in- 
titulé Giayabir al afrdr^ où il afiûre, que Feleki & Khacani ont été tous deu2C 
d^fciples d'Aboulôla, le plus illuftre des Poètes Arabes.^ 

La ville où ce Poëte prit naiffance eft Schumakhi, ou, comme nous l'appel- 
ions , Schamachie , proche le rivage dé la mer Cafpienne , dans la province de 
Schirvan, dont le Prince qu'il a entrepris particulièrement de louer , étoit pour 
Iots Manugeher Schah, auprès duquel il avoit grand crédita 

L'on donne le furnom de Felelu k nôtre Poète, à caufe , dit -on , du com« 
merce qu'il eut au fujet de fes amours , dans la maifon d'un Aftrologue , qui 
lui fit naître le defîr d^apprendre l'Aftrologie, que les Arabes appellent Elm al 
felek, la fciehce du cieh 11 fit de fi grands progrez dans cette fcience , qu'il 
compoia même un traité intitulé Àhcdm Nogioum , des jugemens Aftrologiques , 
ouvrage fort eftimé par les gens de cette profeffion. 

. L'on dit , que fes amours le portèrent à un fi grand excez de mélancholie , 
qu'il relblut de rompre tout conmierce avec les hommies , & de fe retirer dan^ 
le coin d'une maifon écartée , qui étoit à l'esctrêmité de la rue où logeoit fai 
maîtreflTe. Il y compoià d'abord ce quatrain qu'il lui envoya , où il s'adrefle' 
au vent qui pafibit. devant fa porte , avant que d'arriver au logis de fa Dame^* 
& il lui dit :. 

La rançon ^ le prix de ma rie fera ta rècompenfey fi dans le nunnent que tu pasi^- 
feras devant le logis de ma maitrejfe^ tu lui dis ces paroles: 

J'ay yu en paffant au coin de cette rué un amant éperdu^ qui preffé de t extrême' 
defir de vous voir eft fur le point de rendre Pâme* 

Un jour ayant appris que la perfonne qu'il aimoit, étoit dans fon voîfînagei 
k qu'elle lui donnoit part de fon arrivée, il eflliya fes larmes ;& paffant tout 
d^un coup à une extrême joye^ il chanta ces vers : 

Le plaifir que fai fenti entendant feulement le bruit de vos pas: 

yous^ qui ajfajjinez fur les grands chemins le bon fens de tous vo^ amants r 

Ëaffionné que je fuis de voir Punique objet de tous mes fouhaits^ après mil moj^ 

mens langùijfants d'une foible efpérarue. 
.. Ce plaifir^ dis-je^ a laijfé enfin échapper mon cœur fur les prunelles de mes yeux^^. 

6? a fait courir toute mon ame à la porte de mon oreille. ' 

torfqu'îl. eut le bordieur de la voir, il s'écria :- Ne croyez pas que je pmflfe': 

jamaisJ 



i% FELEKI. PERAIDH. 

jamais avoir de la patience à vôtre égard , ou que je puiiTe demeorer un mo- 
ment éloigné de vous : Mais » que dis-je > & que fais- je , (i je n*ay pas de pa- 
tience ? puis que la fortune des vrais amants eft de fouffrir toujours. 
Il fdlut pourtant enfin fe féparer, & la Dame en partant chanta ces vers. 

Jufqu^à ce que yms foyez enHèrement perdu , quelque playe que vous fajje ramour , 
vous ne demanderez jamais au Médecin quHl vous guérijfe. 

Ne craignez donc y ni mal^ ni perte dans la voye de F amour; car fi vous ne tejfez 
entièrement d'être ^ vous ne ferez jamais un parfait amant. 

* 

Quoy que Feleki fe fût rendu excellent dans les Mathématiques 9 il les quitta 
cependant y pour fe donner entièrement à la Poëfîe. Il nous a laiiTé plufieurs 
de fes ouvrages, dans leiquels on compte plus de quatorze mil vers, qui Font 
rendu illuftfe dans toute la Perle. D mourut l'an de THegire 577, & fut en- 
terré dans la ville royale 5chamachie. Cet abrégé de fa vie eil mis en guife 
de préface , à la tôte de fes ouvrages , en langue Perfienne. 

FELEKI, furnom d'Aboulfadhl , qui a travaillé fur les Efina. Foyez ce titre. 

FELVARIS Ai. Ceft ainfî que les Turcs appellent le mois de Février du 
Calendrier Julien; ils difent, qu'il correfpond au mois, nommé dans le Qlen- 
drier Syrien, SchuMt,'& le comptent pour le dernier mois de Fhyver. Ils fe 
fervent b^ucoup dans leurs Ephémerides , aufli - bien que les autres Orientaux , 
du Calendrier Julien. 




par une autre divifion plus particulière, ils partagent nos vingt - quatre Jieures 
en dix mil parties, dont chacune eft nommée Fenk. 

Ces mêmes Aftronomes ne mefurent pas cet efpace de 24 heures d'un midjr 
à Tautre, comme font tous les autres Mathématiciens de TOrient & de FOcd- 

dent ; mais d'un minuit à Tautre , ce qui leur eft particulier. 

« 

. FER AID H, les commandemens & les obligations de la Religion Mufulma- 
ne. Seragiah , Auteur célèbre , en a fait un livre fort eftimé des gens de £l 
feéle, qui fe trouve dans la Bibliothèque du Roy, n^. 714* 

Cet Auteur , avant que d'entrer en matière > difcoure de toutes 1^ qualité» 
qui tombent fur les di:Ùrérentes chofes qui font commandées ou défendues par 
la loi. Cette diftinélion eft.curieufe^ 

Il dit premièrement , que tout ce qui eft clairement déclaré dans la parole 
de Dieu , laquelle félon lui eft l' Akoran , s'appelle Fardh , & que quiconque ne 
le reçoit pas , eft infidèle. 

. Vageb s'appelle tout ce qui eft clair par la raifon : celui qui ne Tobferve pas 
eft un ignorant & un miférable, mais il n'eft pas infidèle. 

Sunnah ou Tradition. Il y a du mérite à l'obferver, & celui qui ne Tobfer- 
ve pas eft digne de réprimende, mais non pas de punition. 

Mofteheb eft ce qui mérite d'être obfervé j & ce qui ne Tétant pas , tf obli- 
ge ni à punition^ ni à repréhenûon. 

Mobab 



F E R A O U N. 3i 

- Mobah eft tout ce qui peut être obfervé , ou obmîs également & fins dif- 
^tinâion. 

Macrouh eft une chofe pour laquelle 6n ne loue point celuy qui s'en abftient, 
& on ne blâme point celui qui en ufe, 

Harâm eft ce qui mérite repréhehfion & punition, en un mot, ce qui eft dé- 
fendu expreffément par la loy ; & le contraire de Halâl, qui fignifie tout ce qui 
eft permis par la même loy. 

Adab tdmbe fur tout ce que le Prophète , c'eft-à-dire, Mahomet, a pratiqué 
une ou deux fois. 

FERAOUN & Fîraoun; les Mufulmans appellent Feràoun celui que les He- 
breux nomment Perô , & nous autres Pharaon , & ils difent , que ce mot eft un 
titre que prenoiént les anciens Roys d'Egypte , de même que les fuccefleurs 
d'Alexandre ont pris celui de Ptolomée. Ainfi le nom de Kefcra ou Khofroes 
étoit commun à tous les Roys de Perfe de la quatrième dynaftie , que Ton nom- 
me auffi des Saflanides , celui de Caiflar aux Empereurs Grecs & Romains , ce- 
lui de Khac^n aux Tartares , de Fagfour aux Chinois y & de Tobâ aux Roys 
de riemen ou Arabie Heureufe, 

Le Pharaon , qui regnoît en Egypte lorfque Jacob y vint avec fes enfans , 
s'appelloit félon les Arabes Riàn, celui qui lui fucceda MaflSab^ & celui auquel 
Moyfe s'adrefla Cabous ou Valid, 

Le premier éleva Jofeph à ce point de grandeur que les faintes Ecritures 
marquent, le fécond continua à bien traiter les Juifs, en confidération des grands 
fervices que Jofeph avoit rendus» à fon père : mais le troifième ayant oublié Jo- 
feph, s'oublia fî fort lui-même, que de vouloir pafler pour une divinité , di- 
fent à fes peuples Jna Rabcorriy je fuis vôtre fouverain Maître > c'eft-à-dire, 
vôtre ' Dieu, 

Il maltraita fort les Ifraëlites, à caufe qu'ils réfufoient de le reconnoître pour 
tel , & il leur dit : Jofeph étoit un efclave , acheté à prix d'argent par un de 
mes prédecefleurs , & par conféquent vous êtes tous mes efclaves ; & fur ce 
fondement, il les reduifit en iervitude jufqu'au tems que Moyfe les délivra de 
fes mains. 

Ceft ainfi que parlent les Interprètes de TAlcoran fur le chapitre Aaraf. 

Le Tarikh Montekheb veut , que les Pharaons appeliez par les Arabes Faraô- 
nah , foient de la race d'Ad , Père de la Tribu des Adites , & que Valid ou 
Velid, qui fut fubmergé dans la mer rouge, vêquit du tems de Manugeher, 
Roy de Perfe de la première dynaftie. 

Les Alides , qui ne pouvoient foufFrir que le fi[halifat fût hors de leur Maî- 
fon, appelloient les Ommiades Faraenah Béni Ommiah, les Pharaons de la Mai- 
fon d'Ommie , - & les Arabes appellent auffi généralement du nom . de Pharaon 
toutes les tribus ou familles des impies & des infidèles. 

Dans le chapitre de TAlcoran , intitulé Nazéat , Ton trouve , que Pharaon vint 
jufqu'à cet excez d'orgueil & d'impiété, qu'il- prononça ces paroles: Je fuis vrf- 
îre fouverain Seigneur , (^ le plus grand de tous vos Dieux : mais Dieu punit fa té- 
mérité en ce monde-cy & en Vautre. Il fut en effet fubmergé dans les eaux de la 
mer rouge , & fut condamné au feu éternel de Tenfer , cfifent les interprètes. 

Cafchiri dit , dans fon Livre intitulé Lathaif , que le Démon ayant entendu 
ces paroles de Pharaon, fe plaignit de ce que pour avoir feulement tenté Adam 

TOMB II. E du 



34 F E R A O U N. 

du defir d'une fcîence égale à celle de Dieu, il fe trou voit en un état fi mî- 
férable, & que Pharaon, qui avoit voulu pafler pour Dieu même , n'étoit pas 
plus puni que lui. 

Quelques-uns veulent, que ces deu¥ peines auxquelles Pharaon a été condam- 
né, regardent les deux paroles impies qu'il profera, la première qui eft rappor* 
tée cy-deflus , & la féconde qui fe trouve couchée ailleurs. Jz ne crois pas qu*il 
y ait pour vous d'autre Dieu que moi: Et plufieurs avancent, que cet impie de» 
meura pendant Tefpace de quarante ans dans ce fentiment. 

Le Scheik Ala-eddoulat rapporte , qu'étant allé vifiter Houflâin , fils de Mm* 
for, furnommé Hallage, il le trouva ravi en extafe, ce qu'ayant vu, il lui vint 
dans Tefprit cette penfée: Pourquoy Pharaon pour avoir dit , ^e fuis vôtre Dieu^ 
eft-il condamné aux fiâmes éternelles ; & que HoufFain qui dit : Je fuis Dieu y 
çfl-il élevé au plus haut degré de la contemplation , & jouit-il en ce monde des. 
délices du' paradis? 

Dans le tems que je faifois cette réflexion , dit le Scheik , une voix fe fît en- 
tendre,- en ces termes: Pharaon difant ces paroles, ne regardoit que lui-même, 
& m'avoit entièrement oublié , & HoufFain en les proférant ne penfe qu'à moy> 
& s'eft oublié lui-même. Pharaon blafphemoit Se m'abandonnoît, Houflain s'u- 
nit à moi & m adore. Ce , je fuis , dans la perfonnc de Pharaon , étoit une 
malédiftion pour luy : ce , je fuis , dans celle de Houflain , eft un effet de ma 
miféricorde. Enfin, ce Tyran étoit l'ennemi déclaré de la fouveraine Vérité, 
& celui-cy^ en eft un amant pafGonné , & tranlporté. Foyez le titre de cet Houf- 
lain. 

L'hiftoh-e de Pharaon eft rapportée par lambeaux en plufieurs endroits de TAl- 
coran. Dans le chapitre de Jonas , Mahomet fait dire à Dieu les paroles fui- 
vantes : Nous avons fait paffer la mer aux enfans d'Ifraël , Pharaon les pourfuivit 
fivec fon armée pour les perdre , jufqu'à ce quHl fe noya ; lorfqu'il fe vît à l'extrê- 
mité de fa vie , il dit : ^^ croy qu'il n'y a point d'autre Dieu que celui des IfraélU 
teSj c'eft en lui qu'ils croyent^ (f je protejîe^ que je fuis auffi du nombre des Fidh-^ 
les. On lui dit alors : ^ous avez été rebelle jufqu^icy ^ ^ n'avez employé votr^ vie 
qu'à offenfcr Dieu , vous augmenterez maintenant le nombre de ceux qui font perdut 
fans reffource. Dieu lui dit encore : Je retirerai aujourd'hui vôtre corps mort du 
milieu des eaux , afin qu'il ferve de figne & de monument de vitre rébellion y ^ de 
ma puijfànce à ceux qui viendront après vous» 

Les Interprètes Mufuimans ont charge ^ félon leur coutume, cette hiftoire de 
plufieurs contes fabuleux; il ne fera- pas inutile d'en rapporter quelques - uns^ 
Es difcnt premièrement , qu'il faut voir dans le chapitre Schoara de quelle ma- 
nière Moyfe fendit les eaux de la mer rouge, pour ouvrir le palTage aux Ifraë- 
litcs, après quoy voici comme Pharaon. y entra. 

Gabriel , F Ange condufteur de ce peuple , monté fiir une hacquenéè , étant 
demeuré le dernier de tous fur le bord de la mer du côté d'Egypte , Pharaon 
y arriva, & voyant la mer entr'ou verte , qui- hii frayoit un. chemin, il ne vou- 
Toît point y entrer ; mais fon cheval attiré par l'odeur de la hacquenéè de Ga- 
briel , l'emporta , & fit que toutes les troupes qui fuivoient leur Prince , fe 
trouvèrent fans y penfer au. milieu de la mer , laquelle en fe refermant , les 
engloutit tous. 

L'Auteur des Medarek dît , que Pharaon fe voyant dans cette extrémité , fît 
une. déclaration &. profeflion de foi en trois manières difTérentes.,. lorfqu'il n'è- 

tûitL 



i 



• F E' R A O U N. 



35 



toît pluy tems 9 & qu^une feule de ces trois formules lui auroît auti-efois fuffi : 
c'eft pourquoy Cabriëi lui dit : Vous n'êtes plus en état de choilîr , vous en 
avez perdu Toccafiôn.. 

Le même Auteur & celui de Tebîîân écrivent, que ce même Ange s*étoit 
prefenté autrefois devant Pharaon, fous une figure empruntée, & lui avoitpro- 
pofé un cas à décider en cette manière : Un maître avoit un efclave qu'il avoit 
élevé & diftingtié de tous fes compagnons , par une infinité de faveurs dont il 
l'avoit comblé. Cet efclave oubliant (à condition & les grâces qu'il avoit reçues 
de fon maître, devint fi méconnoiflTant , qu'au lieu de demeurer dans Tobéiuan- 
cc , -il entreprit^ de faire le maître , & pafla dans une rébellion ouverte contre 
fon Seigneun 

Pharaon n'eut pas plutôt ouy ce récit , qu'il figna de fa propre main la condam- 
nation de Tefclave, & déclara qu'il méritoit d'être jette & noyé dans la mer. 
L'Ange , qui avoit gardé cette fentence de Pharaon par écrit , ne manqua pas 
de la lui préfenter , lorfqu'îl fut fur le point d'être enfeveli dans les eaux de 
la mer , & lui dit pour dernier adieu, ces paroles : Vous vous êtes condam- 
né vous-même , & vous ne fouffrez que ce que vous avez mérité de vôtre pro- 
pre aveu. 

Les Ifraëlites, après avoir paffé la mer , ne furent pas encore délivrez de 
toute forte" de crainte ; car ne fçachans pas que Pharaon fût péri dans les eaux , 
ils appréhendèrent qu'il ne fift préparer des vaîffeaux pour la pafler, & ne les 
pourfuivît jufques dans le defert : c'eft pourquoy , difent les Mufuhnans en con- 
tinuant leurs fables : Dieu fit venir au-deflTus de l'eau à la vue de leur camp » 
le corps de Pharaon qui fut reconnu à la cuirafle de fer qu'il portoit , & ce 
miracle de faire flotter un corps chargé de fer les aflTurant de plus en plus de 
la jproteâîon de Dieu, leur ôta toute forte d'inquiétude. 

Les l^yptiens , qui ne voyoient point revem'r leur Roy , difoîent , qu'il 
étoit allé dans queloue Ifle de la mer , pour y chaflTer aux oyfeaux ou pour y 
pêcher ; mais Dieu nt encore un autre miracle , car les vagues de la mer pouf- 
fèrent le. corps de Pharaon fur un des rivages les plus élevez de cette mer du 
côté de l'Egypte, afin qu'il fût vu de tous fes fujets , & que Ton ne doutât 
point de fa mort. 

Ce fot-là ce figne dont il eft parlé dans ce verfet, & un exemple à fes fùc- 
cefleurs & à tous les plus grands Roys de la terre , afin que celui qui eft par 
nature un dblave, fournis à la domination du fouvei-ain Maître, comme tous les 
autres hommes, ne dife pas comme Pharaon: Je fuis y'ôtre fouverain Seigneur (f 
Maître^ titre qui n'appartient qu'à Dieu feul. 

Un Poète Perfien djt fur ce fujet : Quelle ignorance n'eft-ce pas à un hom- 
me qui eft efclave du fomraeil , du boire & du manger , de fe vanter d'être in- 
dépendant & abfolu; & que celui qui eft fi foible à l'égard de foi-même , fafi[e 
tant dô bruit du pouvoir qu'il a fur les autres? 

Dans le livre intitulé Lathaif^ Lamai rapporte , que Pharaon tenoit fouvent 
çonfeil avec le Démon & qu'il lui avoît fait plufieurs inftances , ^n qu'il le 
fift pafler auprès de fes fujets pour une Divinité. Le Démon lui répondoit 
toujours , qu'il n'étoit pas encore tems , & qu'il ne manqueroit pas de le fatîs- 
faire en tems & lieu. Sur ceci l'Auteur s'écrie : Quelle folie n'eft-ce pas à 
un homme de vouloir pafler pour Dieu, pendant que fouvent la faim & la 
maladie le preiFent : Tu te veux élever^ malheureux, au-defiUs de la condi-' 

£ 2 tibn 



l6 PEèAOUN. 

tien des autres hommes , & tù as befoîn de fubvenir à tes néceflïtez 9 com^ 
me eux. 

Un jour enfin le Démon le vint trouver & lui dît : Le teras eft venu de fai- 
re publier vôtre Divinité. Pharaon lui demanda alors : Pourquoy avez-vous at* 
tendu precifement jufqu'à ce tems-cy pour accomplir vôtre proraeffe. Le Dé- 
mon lui répliqua : C'efl: que vous vous êtes fi mal comporté y & avez fi mal 
gouverné vos Etats jufqu'à ce tems - ci , qu'aucun de vos fujets ne vous peut 
plus fouffrir , de forte que déformais ils fe révolteront tous contre vous , à moins 
que vous ne paffiez dans leurs efprits pour un Dieu : car lorfqu'ils auront cet- 
te croyance, tout ce que vous fefez, & tout ce que vous direz pour extrava- 
gant qu'il puiffe être, fera regardé & écouté avec refpeft. 

La moralité de cette fable eft , qu'il n'y a que les infenfez qui puiflent con- 
cevoir des penfées fi vaines , ce qui fait conclure à Lamaï fbn conte par cet- 
te reflexion infl:ruâive. Quand un homme de peu de valeur feroît élevé juf-. 
ques fur le trône , il ne pallera jamais pour un grand Roy. L'homme dénué de 
mérite ne trouve point d'élévation dans la grandeur même. Vous voyez fou- 
vent une vapeur s'élever de terre jufqu'au ciel & former une nuée éclatante ; 
maïs elle a beau monter, elle n'arrivera jamais jufqu'au Soleil, ni même jufqu'au 
plus bas des planètes. En effet , toutes ces Lunes que l'on employé aux orne^ 
mens des batimens & des habits pourroient - elles jamais attirer l'admiration des 
hommes bien fenfez, comme fait l'Aftre véritable de la nuit. 

Les Magiciens de Pharaon , fuivant le fentiment des Mufulmans , s'étant con- 
vertis à la vue des véritables miracles de Moyfe, par lefquels leurs preftiges & 
leurs impoftures furent entièrement diffipées , ce Prince irrité les* foupçonna être 
d'intelligence avec Moyfe, & les condamna tous à la mort. 

Ces Profelytes , bien loin d'être épouvantez, par la crainte des fupplîces , s'afi. 
fermirent de plus en plu5 dans la foi du vrai Dieu, & témoignèrent une très- 
grande joye de mourir pour fon amour ; c'efl: ce qui leur fit dire à Plwraon : 
jNon feulement nous ne craignons pas la mort ;. mais nous la fouhaîtons plus 
ardemment qu'une perfonne altérée ne deiîre l'eau la plus fraîche. Nôtre mort 
ne fera qu'un retour à Dieu, & qui eft celui qui ne doive pas foupirer après 
ce retour ? . 

Gelaleddin Mohammed Al Balkhi chante fur ce fujet :. Nos âmes (ont enfer-^ 
mées dans des vafes d'argille , qui ne. font que terre & eau. Quand elles font 
une fois dépêtrées de cette boue , avec combien, de joye vont - elles fautant de 
bondiffant dans les airs de la Divinité, Elles paroiflent comme autant de limes 
dans leur plein , auxquelles il ne manque plus rien, de leur éclat. Auflî-tÔt que 
le voile dont elles étoient enveloppées eft levé , combien d'ouvertures ne trou^ 
vent elles pas pour aller voir & poflTeder leur Bien- aimé. C'eft alors qu'elles 
font retentir tout l'empyrée de leurs cantiques , &. qu'elles redifent inceflami 
ment ces paroles : Plût à Dieu, que tous les hommes fçuflent & connuflent. 

Les Chrétiens Orientaux, félon le témoignage d'Ebn Batrik, donnent le.nom. 
d' Amious , au Pharaon de Moyfe. qui fût fubmergé. Il y à auflî des Mufulmans 
qui le nomment Senàh Ben Uluàn. Le nom d'Amious femble avoir quelque rap^ 
port à celui d' Amafis , ancien Roy d'Egypte , fort connu des Grecs. 

11 y a dans la Bibliothèque du Roy, n^. 11 21, un livre, intitulé iTe^A jî imin 
Feraomij où il eft traité, de. laprofelEon de foi ,.&. de la pénitence trop tardîî 
ve de ce Prince. 



F;ÉRARrGE. — FERIDOUN. 3^ 

ir y avoît autrefois , felori^ le Géographe Perfîen , un lieu proche la ville de 
Colzum, qui portoit le nom de Kiolchk Feraoun, c'eft-à-dire ^, le Balcon ouïe 
Portique de Pharaon. Foyez le titre de Moufla ou Moyfe. 

FERARIGE. Mâmal al ferarîge, l'art de faire éclore des pouflîns dans ua 
four , qui n'eft en ufage qu'en Egypte, y oyez le titre de Giavaher Bohour. 

FER CAD 5 Auteur eftimé , également pour fît doélrihe & pour fa piété, 
par les Mufulmans. On cite de lui cette fentence : Faites état que ce monde- 
cy n'eft qu'une nourrice étrangère & empruntée , & que l'autre vie eft vôtre 
V' Titable mère , & confiderez que le Faon , qui tette une autre biche que fa 
mère, ne commence pas plutôt à fe fentir & à fauter, qji'il abandonne fknour- 
rice pour courir vers la mère^ 

FERDOUSI, fumom de HafFan Ben Scharf ou Scharfschah, auquel on a dom 
né le titre de Danifchmend Agem , le Sçavant de Perfe, Ceft le plus célèbre 
Poète que la Perfe nous ait donné , dont le Poëme intitulé Schahnameh , c'eft- 
â-dire , Thiftoire ou les Annales des Roys de Perfe , eft le plus fameux de tout 
l'Orient.. 

Ferdoufi le compofa eu foixante mil vers , dont chacun eft' proprement un dé 
nos Diftiques, à la requifition du Sultan Mahmoud, iîls de Sebecteghîn, qui ne 
l'ayant recompenfé que de foixante mille drachmes d'argent, ce Poète irrité en 
eut tant de dçpit, qu'il quitta la Cour du Sultan, & fit des vers contre lui. II 
mourut à Thous', fi patrie. Tan de THegire 411. On l'appelle ordinaftremehf 
Ferdoufi Thoufh 

Oti parlera ailleurs pliis au long des avantures de ce Poète. Voyez cependant^ 
le titre de Schahnameh. 

FERIDOUN & Afridbun, feptîème Roy de Ferfe de la première race ou 
Jynaftie , étoit fils tf Apiten ou Alkian , Prince qui defcendoit de la lignée de 
Giamfchid. 11 défit en bataille rangée Zohak, ufurpàteur de la couronne dePer- 
fe , il le fit prifonnîer & le tint fous bonne garde dans une grotte de la mon- 
tagne de Damavend. Le jour qu'il gagna cette fameufe bataille, & qui délivra 
la Perfe de la tyrannie de Zohak , fut appelle par les Perfans Mihirgian , & 
tombe juftement au point de TEquiqoxe d'Automne, qui porte ce nom dans 
le Calendrier Perfien. 

Comme le principal Auteur de cette viftoîre fut Gaou ou Gao, fimple For-- 
geron , lequel ayant attaché fon tablier au bout d'une perche aflembla , & ex- 
cita le peuple contre le Tyran Zohak , Feridoun pour eonferver la mémoire 
.de cette' aftîon fi,' hardie & fi heuraife , fit enrichir le tablier de Gao, qui 
avoit fervi d'étendart le jour de la bataille, de pierres prétieufes, que tous les- 
Roys fes fuccefl!curs ont augmentées, jufqu'à ce que fà valeur eft montée à un 
prix, ineftimable. Les Arabes le prirent fur les Pôrfans à la bataille de Cade- 
fie, qu'ils gagnèrent fous le Khalifat dOmar, & l'ayant partagé entr'eux , cha- 
cun fé trouva recompenfé. d'im très-riche butin. 

Quand Feridoun fe fentlt avancé en âge, il refolut de partager fes Etats en- 
tre trois enfans qu'il a voit. Il donna à l'aîné, nommé Salm, la partie Occi- 
dentale de fes Etats, qui s'étendôient jufqu'en Afrique. Le* fécond , nommé 
TJhour , eut pour partage la partie Orientale jufqu'au Gihon^ Et* le troifième,- 

E^; noœ--. 



^ ' FERID un: 

nommé Irage y iut pourvu des Provinces qui en occupoîent le milieu , avec la 
prérogative du trône Royal, & la pofleffion des trefors que fon père avoit 

amafTcz. 
Feridoun , après avoir ainfi difpofé de fes Etats, choifit un lieu de retraite, 

pour y vacquer uniquement au fer vice de Dieu: mais le repos de fk folitude 
fut bien-tôt troublé par fes propres enfans , dont les deux aînez piquez de jaloufle 
contre leur cadet , qu'ils difoient avoir été avantagé par leur père à leur pre- 
judice , lui firent une cruelle guerre. Cette guerre ne finit que par la mort 
d' Irage qui fut vaincu & tué par fes frères : mais ceux-ci non contens de fa 
mort , envoyèrent par une impieté deteftable , fa tête à leur propre père Feri- 
doun, lequel outré de cet attentat, maria la fille d'Irage à un Prince de fa fa- 
mille, & c'eft de luy que Manugeher naquit, lequel étant arrivé à Tâge de por- 
ter les armes , vangea la mort de fon grand-pere par celle de Salm & de ïhour 
fes grands oncles. 

C eft ainfi que TAuteur du Lebtarik raconte Thiftoire de Feridoun , laquelle eft 
rapportée par T Auteur du Tarikh Cozideh avec quelques circonftances diflPeren- 
tes. Cet Auteur dit que Feridoun étoit petit-fils de Giamfchid, & qu'il por- 
toit le furnom de Ferrakh , qui fignifie généreux & libéral ; il le fait pafler 
pour Mufulman , c'eft-à-dire , pour un très-religieux obfervateur de la loy du 

vray Dieu. 

D ajoute qu'il partagea fes enfans en grand Seigneur ; car il donna à Salm fon 
fils aîné le pays nommé Magreb, c'efl-à-dire, toutes les Provinces de l'Occident 
conquifes ou à conquérir, avec le titre de Kaiffar. A fon fécond fils nommé 
Tour, la Turquie Orientale qui comprend les pays des Turcs , Tartares, &Mo. 
;ols, & toute la vafle étendue du pays de Catha & de Tchin , c'efl-à-dîre, le 
athai & la Chine, avec le titre de Fagfour. 
Le C^det qu'il aimoit plus tendrement demeura maître de la Perfe, des deux 



è' 



Iraques , de la Syrie , de l'Arabie & du KhoraiFan , avec leurs dépendances , & 
prit le titre de Schah : Celui-ci fe nommoit Irage , & l'on croit que le grand 
Empire de Perfe qui comprenoit les Provinces laifTées en partage à Irage, prit 
de lui le nom d'Iran, de même que les Provinces qui étoient à l'Orient & au Sep- 
tentrion de la Perfe , prirent le nom de Tourân à caufe de Tour qui en étoit 
le maître. 

Feridoun, félon le même Auteur, fit ce partage après avoir régné 500 ans, 
& fut le premier qui dompta des Elephans, & qui inventa la Theriaque. 
. Khondemir qui s'étend un peu plus que les Hifloriens précédents , dit que 
Feridoun étoit fils d'Atkian, & non d'Apiten; mais il y a peu de différence dans 
les charaâeres Perfiens , de l'un à l'autre de ces deux noms , & qu'après que 
Gao eut par fa valeur , délivré la Perfe de la tyrannie de Zphak , & mis ce 
Prince fur le thrône , il fe fervit du commandement général des armes qu'il 
avoit entre les mains , pour afiujetdr tous les peuples voifins de la Perfe i l'o- 
beïiTance de Feridoun; car ces peuples avoient fecoué le joug, des Perfans fous 
le règne de Zohak. 

Après cette expédition il poufla fes conquêtes bien avant dans TOccident, oîi 
il fubjugua pendant l'efpace de vingt années, tous les peuples qui ne reconnoif- 
foient pas la majeflé & la puiflTance du Monarque de Perfe , lequel faifoit fon 
fejour pour lors dans TAdherbigian, qui efl la Medie. Gao portoit dans toutes 
fes expédition TéÇeûdart dont il fe fervit , lorfqu'il fit fa première entreprife 

contre 



FERIDOUN. 2$ 

contre le Tyran Zohak, & cet étendart n'étoit autre qu'une peau dont il ie 
ceîgnoit pour travailler à la forge qui étoit fon métier .ordinaire ; car il Fatta- 
eha au bout d'une lanoe en forme de guidon , & la faifoit toujours porter à la 
tête de fon année. 

L'on dit que fes foldats regardant feulement ce guidon, fe promettoient tou- 
jours une viftoire complète, & infaillible fur leurs ennemis, & il devint fi fa- 
meux , que les Perfans l'ont toujours confervé depuis , tant que leur Empire a; 
duré, c*eft-à-dire, jufqu'au Mahometifrae.. 

Après que Gao eut fini fes exploits , il retourna à Ispaban fa patrie dont 
Feridûun le fit Seigneur abfolu , auffi bien que de toute l'Iraque Perfienne dont 
cette ville étoit la capitale , en forme néanmoins d'jyppanage reverfîble à fa cou- 
ronne. Gao y commanda l'efpacq de dix ans^ à la an defquels il paiTa en l'autre 
vie , fort regretté de fon Prince , & de tous les Perfans dont il avoit rétabli I9 
réputation, & TEmpire. 

Feridoun, pour immortalifer la mémoire d'un fi grand homme, fe fit appor- 
ter fon guidon que l'on appelloit Dîrfefc Gaviani, Tétendart de Gao, &.le fit 
broder de perles , & de pierres pretieufes pour le conferver dans fon trefor.. 
Les Rois de Perfe fes fucceffeurs Tenrichirent tous à Tenvi l'un de l'autre , 
^ ne le firent jamais* porter à la guerre , que lorfqu'ils marchoient en perfonne , 
& il leur fut toujours le fignal d'une viftoire certaine, jufqu'au tems d'Omar, 
ibcond Khalife des Mufulmans , fous lequel il fut pris , & Tarmée des Perfans 
•entièrement défaite au combat de Cadëfîe, terme fatal de leur Monarchie. 
' Feridoun ayant déjà régné cinquante ans , époulà la fille du Tyran Zohak fou 
predecefleur, de laquelle il eut deux enfans qui furent nommez Xour, àSalm.- 
Ces deux Princes eurent tous les traits du viikge , & tous les mpuvemens de 
famé femblables à ceux de Zohak leur ayeul maternel , ce qui fit que Feridoun* 
«'ayant que peu d'afFeétion pour eux , fe remaria à Mn-Dokht fille d'un Sei- 
gneur. Perfien, de laquelle il eut un troifième fils, qu'il aomma Irage. 

Ce ftince mérita par les dons naturels qu'il pofledoit, & par les vertus, qu'il 
acquit, le droit d'aînefle fur fes frères; car il leur fut en effet préféré par ÎFeri- 
doun, lorfque de fon vivant, & fans quitter fa couronne , il leur partagea fe$^ 
Etats, à condition néanmoins qu'ils le reconnoîtroient toujours pour leur fouve- 
rain Seigneur. 

Nous avons déjà vu plus haut le partage qui échut h un chacun d'eux ; . les deux 
aînez n'en furent pas contens , & refolurent entr'eux de faire la guerre à leur 
père pour l'obliger à un nouveau partage dans lequel Irage, auquel ils portoient 
une extrême envie, ne fut pas avantagé à leur préjudice. 

Ils avoîent déjà fait la jonftion de leurs armées, &c marchoient vers l'Adher- 
bigian quand Irage demanda au Roy fon père la permîffion d'aller trouver fes 
frères dans l'efperance qu'il aVoit de les appaifer,, & de leur faire changer de 
refolution; mais ces fi^eres dénaturez, au lieu: de bien recevoir celui qui venoit à 
eux-poin* leur dt>nner toute forte de fatisfadion , le maflTacrerent impitoyablement 
auffi-tôt qu^l fe fut mis entre leurs mains , &. par un excez d'impiété barbare y 
envoyèrent fa tôte à Feridoun leur père. 

Ce Prince pénétré de douleur à la vue d'un fpeftacle fi aff^reux, après avoir 
pris le deuil avec toute fa Cour, ne fongea plus qu'à la vangeance d*un fi cruel 
affront. D fut cependant obligé de pafler plufieurs années fans en témoigîicr au- 
eun. reflTentiment, jufqu'àce que Manugeher, fils d'Irage &d'Afridmah, ou félon 

quel- 



4<ï: F E s h. 

(^elques Auteurs, neveu feulement de Feridoun, & non pas fon pédt-fils, eut 
atteint l'âge de porter les armes ; car auffi-tôt qu'il eut affez de force . pour les 
manier , il fe mit à la tête d'une groiTe armée , & alla combattre . fes oncles 
qu'il* défit & tua dans la bataille qu'il leur livra. 

Manugeher, après avoir tiré une vangeance fî complète de la mort de fon père, 
retourna viélorîeux & triomphant auprès de fon ayeuL Feridoun le reçut avec 
mille careffes, & le déclara ^ufli-tôt fon fucceffeur, & enfin lui mit le Tage, 
c'eft-à-dîre , la Couronne fur la tête, fe contentant d'avoir- régné cinq cent ans, 

L'Autçur du Lebtarikh cite un beau mot.de Feridoun: Rouzghiàr nameh ker^ 
idr fchumaft : Ber angia Kerdàr niku baied kurmfcht : La vie de l'homme eft un 
papier journal: D ne faut écrire fur ce papier que de bonnes aftions, 

Sâdi rapporte auffi que ce Prince avoit fait graver fur le frontifpice -d'une de 
(es galeries, ces vers. 

SouvimS'toy^ qui que tu fois ^ que le monde manque à un chacun: 
Donne ton cœur au Créateur du monde y il ne te manquera jamais» 
Ne fajfure point fur la puiffance , ni fur les richejfes dî" ici-bas : 
Car le fiecle en a nourri & élevé beaucoup de femblables à toy qu'il a enfin fait périr. 
' ^Quand un homme de bien eft fur le point de paffer en Vautre vie y que lui importe 
de mourir fur un trône y m fur le pavé. 

Ben Schohnah veut que Feridoun ou Afridoun Ibît l'anden Dhoulcamain du* 
<juel il eil parlé dans l' Alcoran , & que plufieurs Mufulmans mettent au . rang 
• des Prophètes, yoyez le titre d'Efcander. 

Gîami parle dans fon Bahariftan de Feridoun , comme d'un Prince qui avoit un 
gr^d fond de clémence , & qui étoit dolié d'une profonde iàgefi!e ; eptre les 
traits d'une rare prudence que les Hiftoriens racontent de lui , ils difent qu'a- 
vant fa mort il laiflà écrit comme par teftament à fes enfans , cet avis impor* 
tant Faites état que tous les jours de vôtre règne font autant de feuillets du 
livre de vôtre vie. Prenez donc garde de ne rien écrire dans ce livre , qui lie 
foit digne d'êtr« tranfinis à la pofterité. C'eft à peu près la même fentence qui 
a été rapportée cy-defllis , laquelle un Poëté Perfien explique en ces termes : 
L'étendue du ciel qui par fon mouvement mefure le tems de nôtre vie , eft 
comme une grande feuille de papier , où toutes les aftions des hommes font 
éçrit'es. Heureux celui qui n'y 4:ouche que celles qui font dignes de louange, 
^ -& de mémoire. 

FESH, & avec la terminaifon du nominatif abfolu , Fesjlon, la Pâque des 
Juifs & des Chrétiens. Ce mot vient auffi-bien que celui de Pafcha , du Pefakh 
des Hébreux. 

Les Chrétiens de l'Orient, & particulièrement les Syriens , foûtiennent que la 

Pâque dans laquelle N. S. Jesus-Christ mourut, fe célébra le treizième du 

mois Adar, le Samedi qui commençoit dès le foir du Vendredy précédent, & 

'que N. S. la prévint d'un jour, & la célébra le Vendredy qui commençoit dès 

Je foir du Jeudi précédent, à caufe qu'il devoit mourir le Vendredi. 

Calvifius met la même Pâque auffi le Samedi , quatrième jour d'Avril , Tan 33 
de l'-^re vulgaire, & la 35 de l'âge de Jesu^-Chjgiist, qui tombe dans l'an- 
jDée*344 d'Alexandre, 



FETHAL.-; — iFlU '411 

' H par oîc que les Orientaux pblênt quatre fêtés de . Pâqiie qui fe font pafliîesr 
pendant la prédication de Jésus-Christ, ce que pluiieurs de nos Auteurs 
• admectent. 

« 

FETH AL; les Arabes ne font point d'accord fur la fignîficatîon de ce mot' 
qui fe trouve dans TAlcoran. Les uns veulent que ce (bit le teins qui s'eft paflTé. 
entre la création du monde » & celle de l'homme > pendant lequel les pierres 
étoient encore molles, & les autres foûtiennent qu^il fignifle cet efpace de tems 
qui s'écoulera depuis que la^ génération des hommes fera ceffée , jufqu'au jour 
du Jugement dernier. . ' 

FIIOUM & Faîioum, Ville de laThebaïde inférieure, pu delà haute Egyp- 
-I», fîtuée fur le Nil dont elle eft entourée avec fon terroir qui.eft fort bas, 
& qui ne fe défend de Tinondation que par des levées fort épaiffés & fort hau- 
tes. Elle eft éloignée du Caire en remontant le Nil d'environ fîx journées, & 
demeura inconnue aux Arabes pendant plus d'un an , après qu^ils eurent con- 
quis l'Egypte. 

Les Auteurs Arabes attribuent au Patriarche Jofeph la fondation , ou ht reftau-» 
ration de cette ville , à, caufe des grands Ouvrages qui s'y voyent , & qui ne 
peuvent avoir été taits , ou tracez que par d'ëxcellens GcQmetres. Il y a ce« 
pendant apparence que c'eft THeracleopolis Supérieure des Anciens, qui porte 
aulE le nom de Herculis magna urbs ^ pour la diftinguer d'une autre ville du 
même nom, qui eft À une des emboucheures du Nil, que Ton appelloit autre- 
fois Ofiium , Heracleoticum. 

Saadias Gaon Juif qui a traduit le Pentateuque Hébreu en Arabe, eft fumons 
mé Al Faiioumi , parce qu'il étoit natif de cette ville. 

V 

FI Kl AH, nom ^e la femme de Jefus fils de Sirah, que les Orientaux difënt 
avoir été Vizir ou Miniftre d'Etat de Salomon. Ceft celui de qui nous avons 
Je Livre de l'Ecriture fainte intitulé V Ecclefiajlique. La vie de fa fainte femme a 
été écrite en Arabe, & fe trouve dans la Bibliothèque du Roy n% 792. 

FIL & Pil, le premier de ces mots eft Arabe , & le fecond eft de Tancien 
Perfien; ils lignifient tous deux un Elefant que les Arabes difent n'avoir été 
connu dans leur pays que depuis qu'Abrahah, Roy de l'Iemen & de Habafche^ 
c'eft-à-<fire , de l'Arabie Heureufe , & des Abiflîns , en eut fait paiTer de l'Etliio- 
pie en Arabie pour affieger la Mecque. 

Caous fil dendàn. Caous aux dents d'Eléphants eft un des anciens Héros de 
h Perfe. Pilten qui fignifie Corps d'Elefaiit eft l'épithete que les Anciens Ro» 
mans de Perfe donnent à leurs plus A^l^ants ^erriei-s. 

: PUpai , Pied d'EIefant , eft le nom du ^ Vizir de Dab(chelim ^ ancien Roy és$ 
}ndes qui compofa le fameux livre de Calilah & i^amnah. 

Ce iut Mahmoud fils de Sebeâeghin , Sultan des Gaznevides , qui împofa le 
premier à , l'Empereur des Indes qu'il avoit fubjugué , un tribut d'Elephans , 
dont il fe fervit dans fes années qui fiàifoient la terreur de la Perfë , & de tout 
Jerefte de rAlie. Il en montoit un blanc qu'il eftjmoit être un gage certain 
de la viâoire» 

Kbonden)ir rapporte dans la vie du Sultan Mahmoud, qu'en Tannée de l'Hé- 
gire 405 , ce Sultan qui faifoit la guerre aux Indes ayant appris qu'il y avoit 
*To:msIL F . uae 



♦* 



FILAMENGH. 



F I L S A F A T. 



une Province entre les mains d'un Prince Idolâtre dans laquelle il fe trouvt^ît 
uoe race d'Elephans que Ton appellojt Mufulinans, c'eft-à-dire, fidèles, cet avî» 
lui fît entreprendre la conquête de ce pays-là 9 doù il rapporta de très-grande$ 
richelFes. Ces Elephans faifoient des efpeces de génuflexions i & de proftrations 
qui firent croire aflez fottement aux Mahometans qui les voyoieot pratiquer des 
chofes femblables à celles qu'ils faifoient dans leurs prières ^ que ces animaux, 
étoient de leur religion. Pline , & quelques autres Auteurs ont écrit que le$^ 
Elefans étoient capables de religion , & qu'ils adoroient le Soleil levant ; mai^^ 
c-eft une -fable. 

Les Indiens ont une tradition encore plus ridicule: car ils croient que la terre 
çft foûtenue. par huit Elefans. U y a cependant apparence que cette tradition 
eft plutôt chez eux une fable tirée de leur mythologie ^ qu^ils allegorifent de 
même que les Mufulmans font celle du Taureau , qu'ils difent tenir fur fes 
deux cornes. 

Nous avons déjà vu que Feridoun a été le premier qui a dompté les Elephans > 
& qui les a rendus domeiliques. Nous avons dans les hiiloires de FOrient deux 
, fameux combats d'hommes avec ces furieux animaux , celui de Baharam Gour> 
& celuy de Bakhtiàr. ^ l^oyez ces deux titres. 

FILAMENGH, & Flanbeki. Les Turcs appellent aînfi les Flamands fous 
le nom defquels les Hollandois font compris. L'on trouve auffi dans leurs livres 
Balandrah Vilaieti pour fignifier la Flandre. 

FI LIE. Abulfarage rcfmarque dans Tan 587 de THegire qui eft de J. C. 1191, 
que Fîlib , c'eft Philippe Augufte , qu'il appelle Malek Alfranfi Roy de France ^ 
.& qu'il qualifie des plus iUuftres en noblefle , entre les Roys Francs ou Latins y 
fut le premier de tous les Princes Croifez qui apporta un renfort confiderable 
aux Chrétiens, lefquels aflîegeoient depuis deux ans' la forte place de S. Jean 
d'Acre ou Ptolemaïde. U fut caufè que cette ville importante fut obligée de 
capituler , après avoir rendu inutiles tous les efforts que Saladin fit pour la 
fecourîr; 

Le nrâme nom de Filib eft auffi donné par les Orientaux à l'Empereur Phi- 
lippe , qu'ils difent avoir été Chrétien , du nombre de ceux qui n'entroient point- 
dans î'Eglife , & qui étoient feulement Catéchumènes. Plufieurs de nos Auteurs 
ont jugé que cet Empereur étoit fort indigne de porter ce nom. 

Il faut remarquer ici que Philippe Roy de Macédoine n'eft jamais nommé par 
les Orientaux Filib; mais toujours Filikous , & qu'Alexandre le Grand fon filî 
QU véritable , ou putatif, eft toujours furnommé Ëbn Filikous , fils de PhUippo 
de Macédoine. 

FILI BAH, la ville de Phîlippopolfe ^en Macédoine, d'où les Turcs ont tiré 
le nom de cette Province , qu'ils appdlent Filibah Vilaieti > le pays de Phî^ 
lîppopolîs. 

FILISTIN. Foyez Falaftin- 

FILSAFAT, mot corrompu du Grec, qui fîgnifîe en Arabe laPhflofbfAiej 
cependant . les Arabes l'appellent plus communément en leur langue Hekmat>. 
mot qui ûgfûÛQ propremeçt la ^ageffe» 



• # 



•« 



FI L S F, — ^ F I R F I R, 43 

r L'Abteur dû Lebtarikh die dans la vie d'Alexandre le Grand qu^Âriftote, mahre 
de* ce Prince, porta la Philofophîe du pays d'Iran, c'eft-à-dire^ de la Perfe, en 
telui de Roum qui eft la Grèce. 

L'on peut voir dans les titres d'Elahîoun , & de Deherioun les fedes différen- 
ces de Phîlofophes que les Arabes connoiffent. * 

Les Indiens les dîvifent en fix feftes , dont les Doâeurs qu'ils appellent Pendets , 
ont une efpece d'Univei-fîté à Banarfi, ville fituée fur le Gange, La fixîème de 

ces feftes eft l'Epicurienne* 

j' • 

FILSOF, ce mot eft corrompu du Grec , & fignifie en général un Philo- 
fophe ; mais en particulier il fe prend pour un Auteur particulier auquel on 
tttrîbué le Live intitulé OJfoul u Dhmabat , les Principes & leurs dépendances, 
l^oyez le jugement qu'il porta d'Abou Temam dans le titre particulier de ce 
perfonnage. 

Khondemir dit fur le fujet des Phîlofophes qu'il appelle Falafafàt, plurierde 
Filfof, que des deux feftes de Philofophes qui reconnoiffent Thaïes, & Anaxa- 

{jore pour leurs Auteurs, celle de Thaïes qui admet l'eau pour principe de tous 
es corps naturels , eft la plus conforme aux fentimens des Juifs , & des Muful- 
mans j & que celle d'Anaxagôre qui pofe le feu pour premier principe , a plus 
de rapport à la Religion des Zoroaftriens qui font les anciens Mages de Perfe. 

FINHAS, Phinees fils d'Eleazar, fils d'Aaron. Les Orientaux difent qu'il 
gouverna les Juifs pendant vingt-cinq années , après la mort de Jofué , & que 
fes Juifs ont une tradition , félon laquelle ils veulent que ce grand Prêtre de la 
Synagogue foit le même que le Prophète Kheder ou Êlie, lequel vécut plufîeurs 
ficelés après , ce qui ne pouvoit être arrivé que par la metempfychofe , que 

Î>lufieurs des anciens Juifs femblent avoir admife fous le nom de Ghilgoul , &; de 
aquelle il y a même quelques veftiges dans le nouveau Teftament. 

FIRASSA T, la Phyfionomie, Les Orientaux prétendent que Philemon qu'ils 
font vivre du tems d'Hippocrate , à été l'inventeur de cet art. 
' Nous en avons mx traité d' Anfari Al Sofî qui eft dans la Bibliothèque dû 
Roy n^. 930. 

. Le livre intitulé AJfds al riajfat fi élm al firajfat , traite auffi fort amplement 
de cette fciencc; de même que celui qui porte le titre de Bahagiat al enfiaty oùk 
il eft aufli traité de la Chiromantie. 

* Outre cette Phyfionomie qui eft naturelle, il y en a une autre que les Mu- 
fiiimans appellent celefte; mais c'eft un don de Dieu que nous appelions le Difcer^ 
nement des £{prits« 

• - ^ • 

FIRFIR, la Pourpre. Ebn Batrik rapporte que fous le règne de Hiram , Roy 
de Tj^*) contemporain de Salomon, le chien d'un Berger ayant inangé un limaçon 
de mer que les Arabes appellent Halzounah , c'eft celui que les Latins nom- 
ment Murex y fon mufeau en fut teint de telle forte, qu'ayant été, frotté avec 
4e la laine, elle en prit la couleur, & fut portée au Roy qui fit faire la pêche 
4e cette forte de coquillage > & en tira la pourpre , dont on lui attribue l'in* 
rentîon. 

' Les Arabes la nomment aoffî Birfir , & donnent pureiUemeitt ce nom à une 

Fi efpece 



44 F I R I S Ç a TE H; F I R U Z. 

efp^e de violette dont la couleur eft fort vive, & beaucoup plus éclatante* 
que la nôtre* 

FIRISCHTEH, c'eft le nom d'un Ange,, en Mangue Periîenne; car Fi- 
rifchten dont ce mot eft le participe, fignifie en cette langue envoyer, aùffi bien 
que le mot Grec duquel celui d'Ange cft dérivé.; Les Hébreux l'appellent Me-. 
làk de la racine Làk , laquelle ne fe trouve point dans la langue Hébraïque , 
inaiâ qui s'oit confervée dans l'Ethiopienne , & fignifie auffi envoyer. Les Ara* 
bes ont tiré leur mot de Malek ou Melik qui fignifie auffi chez eux un Ange » 
du Melàk des Hébreux. 

Ebn Firifchtph pu Ebn Melik eft le furnom d'un Auteur nommé Abdellathif> 
qui a fait un' commentaire fiir le Menàr ou Fanal du célèbre Doâeur NaipdS» 
Foyez le titre de Menân 

FIROUZ. & Pirouz, mot Perfien qui fignifie premièrement le troifième jour 
des cidq que les Grecs ,, & après eux le$ Latins , ont appelle Epagomemt , qui 
s'ajoutent, à la fin de l'année folalre, compoféé de 360 jours, telle qu'étoit l'an- 
née des Egyptiens, & des anciens Perlàns félon le Calendrier Jezdegirdique , & 
félon le Gelaleen. 

Les Perfans appellent ces cinq jours qu'ils ajoutent à la fin du douzième 
mois de leur année , Penge Duzdidé, & les Arabes les nomment Môfteraca, 
comme qui diroit, les jours dérobez, & difènt qu'il faut necefiTairement les ajou- 
ter, fi Ton veut lavoir Je cours entier du Soleil depuis le premier degré du fie- 
lîcrjufqu'au dernier degré desPoîflTons, en quoy ils fe trompent gromerement^ 
parce qu'il ^ y a de fur plus cinq heures, &: 49, minutes. 

Secondement ce mot fignifie bonheur & viûoire; & c'eft'dans cette fignîfica- 
tion qu'il entre dans la compofition de plufieurs noms de lieu^ & de villes. 
Voyez les titres de Firouzabab, Fîrouz Schabour, Krouz Cobad, Fîrouz ghoueh > 
Firouzan, &c. 

. Firouz & Firouzeh ou Pirouzeh fignifie auflî en Perfien une Turqpoife, & c'eft 
de ce mot que les Arabes ont dérivé celui de Firoufage , qui fignifie chez eux^ 
la même pierre, dont la miiie eft dans les montagnes de Farganan félon le rap«\ 
port d'Ebn Haucaî, & dans celles de Gaur. 

V 

FIROUZ Ben Belafche , cinquième Roy de Perfe dé la Dynaftie deij Afch- 
eaniens. Il fucceda à Belafcl^e fon pcre,.& acquit la réputation de Prince très^ 
vaillant. 

La Chronique Giaferienne rapporte que Firouzpmirfiiivantuncerfàlachafife^ 
ft trouva proche d'une caverne où étant entré, & où ayant lu ime infcription 
gravée fur la pierre qui portoit que Feridoùn avoit caché* en ce lieu on de. 
fes trefors, il v fit fouiller, & en tira une fomme très - confiderable d'or & 
âVgent^ qu'il fit diftrîbuer toute entière à fes foldats. 

Le même Hiftorien dit que fous ie règne de Belafche père de Fîrouz, plufieurr 
Juifs qui n'ôbfervoient pas la loy deMoyfe, furent changez en finges, & mou%- 
rurent tous au bout de fept jours. 

Cette même fable eft rapportée par dds Hiftoriens Afabes, qcii attribuent cette» 
metamorphofe des JuiSr^ au .violement -du jour ài Sabath, dont ik furent punis ^ 
en cette vie-cy & en l'aufire. 

Firouz régna dix - neuf ans , & eut poitf fuccefiieur un de fes frères nommé 

. . - Narû 



FIROUZ. , 4S 

Narfi OU Narfes, lequel après quatorze ans de regtre ^ Uiffk Gi couronne k 
Firouz Ben Firouz fon neveu. Celui-cî la poffeda dîx-fcpt ans, & la perdit 
avec la vie par une confpiration qui fut faite contre lur. Les conjurez mi- 
rent fon fils Belafche V fécond du nom, fur le trône de la Perfe > & celui-cJ 
s^y maintint jufiiu^ài fa mort' qui arriva la douzième année de fon règne, 
tàéondemr» 

9 

FIROUZ Ben Jezdegerd Èen Baharam Gour , feizième Roy de Perfe do 
la dynaftie des Saflanides , était fils d'Iezdegerd, & petit-fils de Bàharam Gour. 
11 fucceda à fon frère Hormouz, lequel n'étant que fon cadet, luiavoitété 
cependant préféré, par la difpofîtion d'Iezdegerd- leur père. 

Hbrmouz pouvoit être avec raifon préféré à fon aîné , puifqu'il portoit le 
fumom de Firzaneh , c'eft-à-dire , de Saçe , félon te rapport de TÂuteur du 
livre intitulé Mefatih aloloum^ les clefs des fciences.-- 

Cependant Firouz ayant imploré le fecours de KhofchnaQvaz , Roy des'^Haia* 
thelkes , contre fbri frère Hormouz , le dépolBedà de fes Etats , & le fit pri- 
ibnnier avant que la première année de fon règne fût expirée. 

Ce Prince, après avoir ôté la vie à fon ffere, changea auifî-tôt toute la face 
du gouvernement, & fit régner impunément rinjuftice, exigeant fans neceUîté 
des fommes immenfes de fes fûjets': mais fc ciel le punit de ces excez par 
une fécherefle fi extraordinaire , qu'il- ne refta prefque point d'eau dans les 
grands fleuves du Gihon & dU' Tigre , en forte que la famine qui s 'enfuivit ^ 
mit tous les^ peuples hors d'état de lui payer leur tribut ordinaire. 

Cette famine dura près de fept ans , au bout defquels la colère de Dieu;^ 
étant appaifée, les pluyes firent en peu de tems çeverdir la terre, & rame* 
nerent l'abondance qui eu avoit été bannie : mais Firouz au lieu de profiter 
du châtiment qu*il avoit foufFert,.& de la grâce qu'il recevoit, reprit fon pre» 
mier train de-vie j & après avoir appauvxi fes. fiijets, entreprit de dépoliiller 
fes voifins. 

Fîrour avoit d'extrêmes obligations à Khofchnaovaz , comme* nous avons vu 
€y-deirus; cependant il prit la refolution de l'attaquer avec toutes fes forces. 
C^ Prince ne fe trouvoit pas ' pour ^ lors en état de refifter à l'armée de Fî^ 
J10UZ, s'il ne fe fût fervi d'un ftratagéme que lui fuggera un de fes Officiers. 

Cet Officier qui avoit une main couppée lui propofa que s'il* vofulôit l'en-* 
voyer luifeul au devant de Firouz, il fe faifoit fort de l'arrêter, &'d€ le mettre 
lui & fon' armée entière entre fes mains. La propofition avant été acceptée, 
rOfBcier alla fe pofter en^ un détroit de montagne oii il Içavoit que Firouz 
de voit paffer. Ce Prince l'ayant apperçu, le fit venir devant lui, & Tinter^ 
rogea fur le fijjet qui Parretoit en ce lieu-là.* 

t'Officîçr lui répondit, que- c'étoit le defeipoîr de fe voir redidt en un fi 
miferable état par Khofehnaovaz qui lui avoit fait couper la main, & foufFrir 
phifieurs autres traitemens indignes, pour avoir eu le coiu^ge de lui reprefen* 
ter les injuftîces qu'il faifoit fouffrir à fes fujets*, & le danger auquel il s'en- 
•g^eoit en voulant foûtenir contre le Roy de Perfe, «ne gUerre fi pré}udicia-# 
ble à fess Etats. 

Lrè JRôy touché de ce récit, accorda fa proteâiion . à rOffider ,' & luî de# 
manda l'état de l'armée dC' fon ennemi: Celui-ci ayant déjà gagné créance dans 
l'eiprit duJloy, luiditques'il vouloit.venir à bout aifément de KhofchnaQvaz ^ 

F 3. - il 



^r F I R O U Z. . 

il n'avoit qu*i pi-endre une route qu'il lui montreroit daAS là campagne du 
défert , parce qu^en 4a fuivant , au lieu de celle de la montagne qui étoit la 
plus longue , il tomberoit par derrière fur fon ennemi & Fenveldpperoit in- 
failliblement. 

. Firouz ayant fulvi malheureufement le confeil de cet efpion y tomba jufte- 
ment dans le piège qu'il lui avoit tendu ; car fon armée pérît prefque toute 
entière de faim & de ibif y & il fut obligé , avec peu de gens qui le fuivî- 
tent, dé demander quartier à fon ennemi. 

Khôfchnaovâz le lui accorda, à condition qu'il s'engageroît par un ferment 
folemnel, de ne plus entrer dans fcs Etats à main armée. Firouz ne fit au- 
cune difficulté de prêter ce ferment ; mais auffi-tAt qu'il fut rentré dans fon 
Royaume , fans y avoir aucun égard , il ne fongea qu'à fe vanger de l'affront 
qu'il avoit reçu, & laiflant le gouvernement de fes Etats à Saoukh , Prince » 
i(fu de la race de Manugeher , il marcha incontinent avec une puiffante ar« 
mée contre Khofchnaovâz. 

. Ce Prince extrêmement indigné de la perfidie de Firouz, lui dreffa un fecond 
piège 5 qui lui fut beaucoup plus funefte que le premier ; car ayant fait creufer 
un f offé très-profond , & l'ayant fait enfuite couvrir de paille , il vint camper 
entre ce foffé & l'armée de Firouz. 

Âuffi-tôt que les deux armées furent en préfence , KdTchnaovaz commanda 
aux fiens de faire leur retraite , par un chemin fur qu'il avoit fait laifler au tra» 
yers du foffé ; l'armée des Perfans voyant fuir les ennemis , les pourfuivit avec 
chaleur, & voulant les envelopper de tous cotez, prit à droit & à gauche , & 
^'engagea avec tant de précipitation dans cette fondrière , que Firouz lui - mê- 
me , avec fes principaux Officiers , y demeura , & y perdit la vie. 

Les Haiathelites eurent, après cet événement, bon marché des Perfans; car 
fe fervant du grand avantage que le ilratagême leur avoit procuré , ils tournè- 
rent vifage à l'ennemi y & achevèrent de défaire ce qui reuoit de leurs troupes 
au deJà du foffé. 

Saoukh n'eut pas plutôt reçu la nouvelle de cette déroute , qu'il entreprit de 
la réparer : il fit fes derniers efforts , pour mettre fur pied une nouvelle ^r* 
mée : mais enfin voyant que Kofchnaovaz , nonobflant les avantages qu'il avoit 
remportés , lui pffroit la paix à des conditions honorables , car il lui rendoit fans- 
rançon tous les prifonniers qu'il avoit faits dans la dernière bataille , & tous les 
équipages du Roy qu'il avoit enlevés : il accepta fes offres , & la guerre finit 
entre ces deux Etats. 

• Firouz , auquel l'Hiftorien donne en cet endroit le fumom de Mardaneh , re- 
gna trente ans ou environ , & laiffa pour fucceffeur fielafch , qui eft le troiûè- 
me du nom entre les Roys de Perfe. Il eut auffi un autre fils, nommé Cobad^ 
lequel fucceda à Belafch fon frère , & fut père du grand Noufchirvan , k plus, 
célèbre de tous les Roys de Perfe* KhondemiK 

. Ebn Batrik lui donne vingt-fept ans de règne , & dit , qu'il bâtit deux villes 
de fon nom dans le pays de Caigar en Turqueftan , dont l'une porte le nom 
Âe Douriz Firouz , & l'autre de Ram Firouz ; & qu'il eut de grands démêlez 
avec Khafchnaovar , (c'eflrKhofchnaovàz) Roy des Haiathelites , dans le pays 
àe Balkhe en Khoraffan. 

Aboulferage écrit que Firouz, fils d'Iezdegerd , regnoit au commencement de 
S'Empire 4@ Léon Fremier , fucceffeur de Martiao , qui eft Tan £79 d'Alexan^ 
u ■ d^e^ 



FIROUZ. FIROUZABAD.. ff 

ire « ce qut ne s*accôrde pas avec nos Chronologifles , iblon lesquels , h pre. 
mière année de Léon le Thrace commença dans l'année ^ ($9 d'Alexandre , & 
de J. C. 457. 

FIROUZ, nom d'un Efclave Perfîen, qui tua Omar, troiûème Khalife. Fbi- 
yez le titre iTOnar. 

FIROUZABAD, lieu & demeure de la félicité. Ceft le nom d'une ville 
de la Perfe proprement dite , fîtuée proche celle de Schiraz , qui efl aujourd'hui 
la capitsde d^ cette province > comme étoit autrefois £fl:ekhàr , que les Grecs 
ont appeÛée Perfepolis, 

Cette ville a donné la naifiance à plufîeurs grands porfonnages, dont Ibrahirii 
fils d'Ali y fils (te Jofeph , eft des principaux ; <?efl pourquoy il porte le furnom 
de Schirazî & de Firouzabadî. 

Abou faid Samâni dans fon Hvre intitulé Anfdb^ ou les Généalogies , dit que 
Firouzabab eft la même ville que Ton appelle plus communément Khouz , qui 
donne fon nom à une petite province , nommée le Khouziflan , qui eft Tancien- 
ne Sufiane. Ce pays fait partie de la Province de Perfe , prife dans une plus 
grande étendue. 

Ibrahim , dont nous avons fait mention ci-defliis , étoit un grand Dofteur dans 
la loy Mufulmane, lequel, après avoir étudié dans la ville de Schiraz, fe ti'anf- 
porta à Bagdet , où Nezâm Al molk , premier Vizir de Malek fchah , homme 
fort illuftre , lui donna la direction du fameux Collège qu'il avoit fait bâtir k 
fes dépens , & qui portoit , à caufe de fon fondateur , le nom de MedrafTat AX 
Nezamiat. 

Ce Do6teur ayoit étudié à Schiraz fous un autre célèbre Doéfceur , nommé 
Al Beidhaovi , & pâflà de-là à BafTora , où il écouta les leçons du Doâeur , nbdir 
mé Al Giôudi, après quoy ir vint à. Bagdet , qui étoit la ville Impériale, & le 
fiége des Khalifes , où il prit encore des leçons du fçavant Jurifconfulte Aboul 
Thib Al Thabari. 

Après avoir profité fous ces habiles ma?tres5 fl fît profeilion de la feâe Sch%- 
féienne. U refufa d'abord l'employ que Nezàm al molk lui voulut donner dans 
fon Collège ; & ce fut en efiet Abou NalFer £bn Al Sabbàgh , qui en eut la 
première direftion, pendant laquelle il compta le livre ^ qu'il intitula Schamel ; 
mais enfin Ibrahim ayant accepté cette charge, il s'en acquitta très - dignement 
jufqu'à fa mort, qui arriva Tan de l'Hegire 476, en. la 82 année de fon âge. 

Tous iss difciples portèrent un grand deuil de fa. mort , & Nezàm al molk 
voulut que fon Tcdlege fût fermé une année entière , pour mieux marquer la 
douleur qu'il rellbntoit de la perte d'un fi grand homme. EtMi Sabbàgh , qui- 
avoit été fon prédécefiTeur , fut aufli fon fucceileur» Bin Khakcan 

Ce Dofteur, qui portoit auffi le prénom d'Abou Ishak , eft l'Auteur d'un li- 

-vre fort eftimé parmi les Mahometans > dont le titre eft /il Imbihj T Avertie 

fement en général , où il ûraite des principaux rites & obfervances de la loy 

-Mufafanane. Abulfadhl Ahmed y a. fait un commentaire , intitulé hçharh al 

Tanbih. 

\ Magdeddîn Abou Thaher Mohammed Ben Jacob , eft auffi furnommé Al Fî- 
•^puzabadi & Al Schirazi. Il eft l'Auteur d'un Diétionnaire très-ample, de la laa- 
gue 'Arabique , qu'il compila en 60 volumes v & lui donna le titre de Lamé-^ 
^ - mais- 



\ / 



*» 



r I R O U Z A G E., 



FJODHAIL. 



mais étant lui-même épo^jvanté de la grofleur énorme de fon ouvrage y il ^9 
jetrancha toutes les autoritez 9 . & le reduifit en deux feuls .volumeS fous le nom 
de Camous. l^oyez ce titre. 

Ce même Auteur a compofé auffi Ahafîàn al lathaif , qui eft un recueil de 
facéties & de plaifànteries ^ & un autre ouvrage nommé Ajfadd bel Affàaà dis 
dereg%%t al egtehdà^ le moyen d'acquérir • la félicité autant qu'il fe peut faire, le- 
quel il dédia à Ifmaël Ai Afchraf , Roy de llemen. Magdeddin mourut Tan de 
JH^ire 8179 & compofa fon Dictionnaire après celui de Giaouhari, dont la 
grofleur n'étoit que la foixantième partie du ûen. 

FIROUZAGE, Foyezjlus haut Firouz & Firouzeh , qui lignifie une Tur- 
quoifç, 

FIROUZCOUH, Ville de la province de Tabareftan ou Mazanderan, qui 
a pris fon nom d'une montagne alfez proche , où il y a une mine de Turquoi- 
fes. f^oyez plus haut Firouzeh. Il y a préfentement un Palais des Roys de Per- 
fe> aufli-bien qu^à Ferbabad & à Afchref, qu'Abbas, premier du nom 9 y fit bâ- 
tir, pour y afler goûter les délices que fournit la Mer Cafpienne. 

Quelques Auteui's font auffi Firouzcouh , capitale de la province de Gaur^ 
yoyez le titre de Mahmoud > fils de Gaiatheddin. 

FIRZEND AAz^ nom d'un Poète Perfien , qui porte auffi celui de Safied- 
idin. U ëtoit fort fpirituel & dévot , & a écrit plufieurs chofes fur la prière te 
fur la contemplation , qui font citées par les Auteurs ; mais on ne trouve au* 
<un de fes ouvrages entier. 

FITHAGORES) Pythngore. Le Tarik Montekheb le furnomme Hakim, 
<:'eft-à-dire , le Sage ou le Philofophe , & dit qu'il étoit de nation Jounani , 
c'eft-à-dire, des anciens Grecs, qu'il vivoit feus le règne de Giamfchjd, cin* 
quième Roy de Perfe de la race des Pifchdadiens , du tems du Patriarche Noé^ 
& que l'on lui doit Tinvention de là muilque , & de pluGeurs fortes d'initru- 
ciens mufîcaux. 

Le Lebtarikh auffi-bien que JChondemir difent plus probablement , qu'il vî voit 
•fous le règne de Cai-Khofrou, troifième Roy de Perfe de la race des Caianidcsi 
& qu'il avoit été difçiple de Locman, contemporain de David. 

-Ben Cafchem écrit . que ce Philofophe étoit natif de la ville de Tyr en Phe* 
nîcie; qu'il voyagea long-tems en Grèce & en Egypte, & compofa 280 livres; 
-que fes envieux le voulurent faire mourir , & qu'il fe fauva avec 40 de fes diu 
ciples dans un temple., où il fe fortifia de telle forte , qu'on ne put jamais le 
forcer pendant quarante jours ; mais qu'enfin fes ennemis y mirent le feu & le " 
firent périr. Il ajoute, que ce Philofophe jeûnoit & prioit beaucoup, que Too 
ne TavoiC jamais vu xite , ni pl^eurer , ^ que fa de vife étoit Khair ta iedaum , 
fcherr la iedountj^ ni le bien , ni le mal n'ont pas une longue durée. II paroit 
ique ce Philofophe a J^ré plufieurs de fes maximes de Zoroaflre. 

Abulfarage fait vivre Pythagore fous Darius, fils de Hiilâipe, .& dit qti'il po- 
jjfoit les nombres pour premiers principes* de toutes chofes. 

PODHÀÎL, furnom d'Abou Ali Ben Aiadh Ben Maflbûd Al Temhni AI 
^oraflàoi» 9[ui 4toit natif des environs de la ville de Merou en Kboraflàn. Sa 

première 



FÔDHOULL FÔMM. .4^ 

première profeffiari fut d'être voleur de grands chemins. On dit de lui, qu'a- 
yant entrepris pendant la nuit d'efcalader une maifon pour y jouir d'une pcr- 
fonne qu'il aimoit, & y ayant entendu lire un-verfet de l'Alcoran, il fut tou- 
ché de Dieu & fe convertit 

Ce perCbnnage n'eft pas feulement eftimé des Mufulmans pour fa doftrine ; 
mais il paflê encore chez eux pour un de leurs plus grands Sairits, & l'on trou* ' ' 
ve fa vie écrite dans fhiftoire d'Iafei, feftion trente-deuxième. 

Il vivoit fous le Khalifat de Haroun Al Rafchid 5 & Ton rapporte , que ce 
Khalife lui ayant demandé un jour s'il connoiflbit quelqu'un qui fît profeffion 
d'un plus grand détachement que le fien, il lui répojidit: C'eft vous-même , Sei- 
cneur 9 que je croy être encore beaucoup pUis détaché que moy ; car pour moy 
je n'ay quitté que les chofes. de ce monde qui font fort méprifables , & il me 
paroi t, que vous avez abandonné entièrement celles de l'autre vie, qui font d'un 
prix îneftimable. 

Il avoit accoutumé de dire au fqjet de la Cour des Princes , que le pire d'en- 
tre les gens de robe & de lettres , e(t cdui qui fréquente les Grands , & que 
le meilleur d'entre les Grands , eft celui qui fréquente ceux - ci. Que la meil- 
leure marque qu'un fidèle pulfle avoir d'être chéri de Dieu , eft de fe voir 
chargé d'affliâions, & que celui qui eu efl; abandonné , vit ordinairement dans 
les plaifirs Se dans la joye. 

On dit aulfi. de lui, qu^on ne Favoit jamais vu rire, fînon à la mort d'un fils 
quHl aimoit beaucoup , ce qui fit dire . à Mobarek , lorfqu'il eut appris la mort 
de Fodhail , que la trifteiTe avoit quitté le monde. 

Sur ce que les Arabes^ difent , le monde eft un cadavre , & ceux qui le dé- 
firent & qui s'y arrêtent, font des chiens. Zamahfchvi dans fon Rabi al abrar, 
le Printems des juftes , cite cette fentence de Fodhail : Quand l'on m'offriroit 
le monde entier avec toutes fes pompes, & toutes fes richefi[es pour le poflë- 
der & pour en jotîir juftement, je le refuferois dans la vûë de la vie éter- 
nelle; & je me garderois de fes impuretez, comme fait celui qui paife par-def- 
îus une charogne , & qui relevé ^vec grand foin fa robe , de peur qu'elle . ne 
contraâe quelque ibiiilleure. 

Fodhail difoit encore : Je fers Dieu' par amour ; car je ne puis pas m'émpê- 
cher de le fervir ; & étant interrogé quel étoit celui qu'il eftimoit être le plus 
trompé en matière de Religion, il répoiidit: Celui qui ne fert pas Dieu au-def- 
ius de toute crainte & de toute efpérance. Quelqu'un lui dit enfuite : Et vous , 
comment le (êrvez-vous? Il luy fit cette réponfe: De l'amour d'un ami; car 
c'eft l'amour de bien-veillance qu'il me porte , qui m'a conduit à fon fervice , 
& qui m'y retienL 

FODHOUIrl, fumom de Mohammed Ben Soliman Al Bagdad!, qui eft 
l!Âuteur d'un poème Perfîen , intitulé Jinis akalb , l'Ami du cœur , & d'un au- 
tre ouvrage en Tufc, qui porte le nom de Benk u Badehy fur le fiengh & fur 
le vin. yoyez U tit^e de Benk. 

FOMM Al Salah, nom d'une ville de la province d'Eràk ou Chaldée, fituée 
fer les bords du Tîgre entre Vafeth & Coufah ; c'eft en ce lieu-là que cet hom- 
me fi puiflant, nommé Haflan Ben Sohal , faiïbit fii demeure, f^oyez U titrt de 
-$€ perfmnëge^ ^ 

Tous IL C FONGE 



yo rONGE. ^ FOR FOUR lOS. 

FONGE & Foagîah, Peuples qui habitent entre la Nubie & T-ffithiopie» 
des deux cotez du Nil. On appelle ordinairement leur pays Bagiah & Beggiat : 
ils ne font conpus que par les courfès.& les larcins qu'ils font fur leurs voir 
Uns ; car ils manquent prefque de toutes chofes chez eux. Le Bâcha ou Bey 
de Girge, dans là haute Egy^e, efl obligé de leur donner la chafle pour met- 
tre fes frontières à couvert de leurs brigandages* 

FONOIJN Al adab, les Maicimes de la Morale. Ceft un ouvrage de Nou^ 
veiri. Fayez le titre de cet Auteur. 

FORAT, rEuphrate. Ce fleuve de J'Aûe, qui ei! fi célèbre, & dai^s YZ^ 
criture fainte & dans les Auteurs profanes y eft divifé , par les Arabes > ea: 
grand & en petit» 

Le grand Euphrate efl celui qtii prenant fà fource dans lès monts Gordiens^, 
fe déchargé dans le Tigre près cf Anbar & de Felougiah v le petit , dont le ca- 
nal eit fouvent plus gros que celuy du grand , prend fon cours vers la Ch^ilrr 
dée , paûè par Coufah & va fe décharger auiC de fes eaux dans le Tigre ^ 
r après en avoir laiiFé néanmoins une grande partie dans les marais des iHabn- 
meens) entre Vaflèth & Naharvan, j&n un lieu nommé aupurd'huy Caroa, par-- 
ce qu'il efl la corne , c'efl-à-dire , le Confiant* de ces deux fleuves. 

creufer 

que les ^ 

sUIér afHéeer la ville de Ctefiphon ilir lé 'Jpigre* 

Les Hiicoiiens de Ferfb difent que Manugeher, un àez Rbys dô leur premièf 
re dynaflie , fut celui qui fît travailler le premier à partager les deux fleuves du 
Tigre & de TEuphrate en plufîeurs jbranches^ pour empêcher leurs inondations. 
Les Roys de Perfe» fes fucxrefloirs iSc les Khalifes mêmes, y ont fait auffi tra* 
vailler à plufjeuns repri(bs , ans que tous les grands ouvrages qu'ils, y ont fait 
£aire , ayent pu empêcher que les terroirs de Coufah > de Vaflèth^ &*de plub* 
fleurs autres villes de la Chaldée , ne foient inondez tous les ans à peu - prèsi 
comme l'Egypte», yoyez les titres de Nahar al melik , de Naharvan âT de Nil 
Faidh. 

Ce fleuve efl fouvent appelle par les Arabes , auffi-bien que par les Hebreuj^ 
Nahar ou Neher, c'efl-à-dire 9 le Fleuve par excellence; de même que les Per». 
fans appellent le Gihon ou Oxus > Roud y qui fignifîe la même cbofè que Na* 
I^ar. I^oyez les titres de Roud & de Maavaralnahàr. 

L'Euphrate eft fouvent auQi appelle par les Arabes Nahar Cou&h y le fleuve 
de Coufa. 

F OR AT j nous avons une hîflôîre d'Egypte , qui porte le nom dé Tarikh 
Ben Forât. Ce Ban Forit efl le même que Naflèreddip Mohapuned Jen Ab- 
dalrahim Al Mefri, qui mourut l'an 807 de THegire. . 

FOIIFQURÎO.S Al Sq^ri , .Porphyre fe Tyrien y PMofop^ PJâtopideq > 
difciple de. Longin , de Plojtin & d'ÀpèSus , cjuî vivoit ifous lés Empereurs C^-^. 
rus , Carinus , Numerianus & Diocletien. D compofa fon Ifagogé , que les Ara- 
bes appellent AI Medkhal > & Iflàgogi du mot Grec , pour fervir dé préambule 



rcyè s ù t) h. — j^ fù&§' 6 ^ Si il 

on' ift'éface aWoeihrrèî d'Ariftôte, i fer réquififdoû dé* Ghryf»jHas fôn amî, qui 
âvoît peine Jrentfehdte ce Pliflofophe. 

Abulfaragé met au nombre des ouvragés de Porphyre, un livre des fyllogît 
rtes' Topiques , deux livres^ à Libanioi , une réponfo à Pammachîus , Jtl dcl u al 
mdcmly de rintelleék & de l'intelligible, & une hiftoire des Philofophes. 

Le même Auteur dit, que ces deux derniers ouvrpges fe trouvent traduits en 
Syriaque , & rie Ait aucune mention de$ quinze livres qu'il a écrits contre la 
Religion Ghrêcîèhné ,- que l'Empereur Théodofè fit bi^ûler. On ne trouve en 
Arabe qiie fon- Iflagogî, dont on petit- voir le titre. 

« 

FOSSOUL Bocrath, Aphorîfmes de Hipppcrate, Us ont été traduits en 
Arabe par Honaiii Ben ïshàk, avec lô cotnmëntaire de Galien. Us font dans la 
Bibliothèque du Roy, n^. 865. 

H y a dsinsr Ja mfêiîte' Bibliothèque j n^ 947 & 948 , les Aphorifmes de Hîp- 
pocrate. , divifez en fept livres , cçmmentez par Abulcaffem Abdalrahman Ben 
Ali i Beri Abifadik , natîf de la ville de Nîfchaboftr en Khorallan , qui a com- 
poifé- plufieurs aucreé ouvrages de médecine, lefquels fe trouvent dans la Biblîa: 
theqùe du Grànd-'Dûc, n^. i^o. 

FOSSOUL Al Ahcém fi oflbul , les Préceptes du Mufulmanifme , divifez par 
articles , & appuyez ùif les points fondamentaux de la Religioa Ce livre elt 
fims ndm rf Auteur. 

., FOSSOUL Al Mehemàt n mâtefat îrt Aimât, &c. les vies des douze Imams. 
Ouvrage d'Ali Bén MpHanimèd £bn Al Sabb^h , qui fe trouve dans la BibUo^ 
aeque du Roy , h^. 8^47. 

FOSSOUL Al mehem^t fi maovarith al ommit , Livre qui traite de^ foc- 
cèlïîons qui viéûhent du cô'té' maternel , compofé par Aboulabbas Schehabednin 
Ahmed' Beri Haiem ^ & commenté par Schamfeddin Mohammed , furnommé 
Sebth^Al Mârdlnî. D eft dahs la Bibliothèque du Roy, n\ 711. 

FOSSOUL Fi hagîar al mokarrem , Livre qui traite de la Pierre Philofo- 
^h^e, compofé par Athai Afchar. Il eft dans la Bibliothèque du Roy, n*. 967. 

FOSSpUS 
que, recueillies 
nié AbouîéafTeiiî 
que du- Roy, n-'. 1133.- 

FOSSOUSÀl Hekàm, Livre de Théologie Myftique , félon les principes 
do Mûfiilmaiâfihè*. Oti dit , pour àécr&lrter davantage cet ouvrage , qu'il fut , 
ou difté ,• ou infjMré , ou- envoyé par le feux Prophète à Ebn Al Arabi , Doc- 
teur, de Damas , Tan 627 de l'Hegire., 

Ce livre contient 27 Hekâm ou Inftruftions , chacune defquell^ eft attribuée 
3t. un des antieh^ Patriarches ou Prophètes, à la referve de la dernière, qui eft 
de-MMiômtet^ & s'intitùlé //eitma^ Ferdiat Mohammediat. Les Dofteurs Muful- 
màm font fort partagez fur le mérite de cet ouvragé ; car les uns le louent ^ 
êb les autres lé rejettent ahfolunjent , comme étant plein de fupérftitions & de 
jnenfoûges. Il eft dans la Bibliothèque du Roy% n^« 625* 

G% FOSTHATH, 




si FOSTHATH. ^FOUREK. 

FOSTHATH, VUte bâtie par Amrou Ben As, auprès de raDcienne Baby* 
lone d'Egypte , au même lieu où ce Capitaine avoit fait dreflfer fa tente , lor& 
qu'il en forma le fiége. Fofthath en Arabe lignifie Tente & Pavillon. 

C'eft la ville qui s'appçlle aujourd'huy le .vieil Caire , fur quoy il faut voif 
les titres de Mefr, de Caherah 6c de Bablioun. 

FOTIA Selàh al âmel le entidhâr al agel , la Néceflîté des bonnes - œuvrer 
dans Tattente du terme fatal, c'eft-à-dire, de la mort. C'éft un ouvrage fpiri- 
tuel, compofé pour les Sofis ou Religieux, par le Dofteur Fakhreddin Al He* 
rali. U eft dans la Bibliothèque du Roy, n^. -6x6. 

F O T O U H Medinat Bahanah u maoulad Ifla , &ç. Les diverfes conquêtes 
qui ont été faites de la ville de Bahana, depuis le tems du Patriarche Jofeph^ 
jufqu'à celuy de Mahomet & de fes compagnoins , qui font les quatre premiers. 
Khalifes. 

Ceft une hifloiré febuleufe , dam laquelle font décrites les merwilles d'une 
ville d'Egypte , qui n'a jamais fubfillé que dans l'imagination d'un Auteur in- 
connu, qui nous a débité fes rêveries. Ily efl parlé de la naiffance d'Iffa, & 
de tous les Grinces qui y ont régné fucceffivement devant & après cette naif- 
fonce. Ce livre eft dans la Bibliothèque du Roy, n. 835. 

■ 

FOTOUH Mefr u akhbarha u acalimha , les conquêtes, qui ont été faitesr 
de FEgypte en divers tems, avec une defcription hiftorique & géographique du 
pays; Ouvrage compofé par^ Abdalrahman Ben Abdallah Ben Abdalhokm Al 
Coraifchi, fur les relations d'Abulcaf&m Ben Khalaf Al Vakedi. Il eft dans la. 
Bibliothèque du Roy, n\ 834. 

FOTOUH Mefr Tharabolos Afrikiahv Ei-âk, lès conquêtes faites par lès Mu- 
fulmans de TEgypte , de la Tripolitaine , de l'Afrique proprement dite , & de 
riraque Arabique. Livre qui a pour Auteur Aboiû Rabiâ Soliman. Ebn Salem. 
Al Kolài, & qui fè trouve dans la Bibliothèque du Jloy. . 

f 

FOTOUH AT Al fchàm , les Conquêtes de Damas & de la Syrie, faites, 
fous le Khalifat d'Omar, Livre compofé par Jofef Ben Abdallah AI Mehelî Al 
Vakedi. Il eft dans la Bibliothèque Royale. 

Il y a un autre ouvrage , qui porte le même titre , . & qui contient les con*. 
quêtes qui ont été faites de la Syrie , par plufieurs Princes en divers tems. 
Ce n'eft qu'Un abrégé fait par Abou Ifmael Mohammed Ben Abdallah Al Azdl. 
Al Bafri. 

FOULI AI Schumifchathi, Paul de Samofàte, Evêque d'Antioche Herefîar^ 
que, & chef de la Seéle des. Fouliciens ou Pauiianiftes. Foyez Boulos. 

FOUREK. Abubecr Mohammed- Ben Haflah Bon Fourek , appelle- ordinale 
rement Ebn Fourek , étoit Doéteur de la fcfte Schafeienne & Afchârienne >. 
Grand Métaphyfîcien & ScholaftFque : c'eft pourquoy on lui donne le titre de 
Motekellcm. Il avoit pris naiffance à Ifpahan :' mais il quitta fon pays natal » 
pour s'établir dans la vil'e de Nifchabour ea Khoraflan ,. où il. mourut, l'an de 
fHegire 406. 

FOURI, 



F O U R I. FRANK. 53 

. FOURI, nom d'un Interprète Arabe d'Ariftote, duquel nou5 avons un com- 
mentaire fur le livre que cePIîilofophe a intitulé De Interpretatme y & que le» 
Arabes nomment d'un nom qui eft corrompu. 

' FOURON; les Arabes appellent ainfi le Philofôphe Pyrrhon , chef de la fefte 
des Sceptiques^ Il femble qu^Abulfarage le confonde avec Epicure ; car il dir, 
que les difciples de Pyrrhon furent appeliez Asbàb alledhat, les feéteteurs de la 
volupté, & qu'ils ne croypient pas que Famé fubfuftât fans le coips. 

Il eft vray, que- ces deux Philofbphes vfvoierit dans le même fiécle, le pre- 
mier fous Ptolomée , fils de Lagus Roy d'Egypte , & le fécond fous Ptolomé^ 
Philadelphe, fon fuccefleur; mais ce qu'Abulfarage dit dé Pythagôre & de Tha- 
ïes, qu'ils ont été difciples de Pyrrhon , eft entièrement infoûtçnable , puifque 
ces deux Philofophes Tont précédé d^environ 300 ans. 

FOUROUMENTIOUS , c'eft le premier Evêque des Abiflîns , que l'E- 
glife des Cophtes en Egypte croît avoir été envoyé le premier par Saint-Atha- 
nafe, en ^Ethiopie, pour prêcher la foy de Jésus -Christ à cas peuples. 
Foyez le titre de SaJamah. 

- FOUSCHTANGE , Ville de la province de Khoraflan', afliegée & prife 
par Gaiatheddin, troifième Sultan.de la dynailîe des Gauridcs, 

Aboulhaifan Foufchangi , homme célèbre pour fa doftrine & pour fa piété , 
en étoit natif. Nous avons de lui cette maxime de fpiritualité: LTiomme vé- 
ritablement dévot ne doit point aimer Dieu , Ezberai goret ta évez ^ ni pour 
aucune fin particulière ^ ni en vue. de là récompenfe , ce qu'un Poète Perfien . 
a paraphrafé en V ces termes: Un amant qui fe plaint de la féparation de fon 
ami , & qui veut demeurer toujours dans un état d'union & de jouiflance y 
ne mérite pas aflurément le nom d'amant^ puiiqu'il deûre quelque autre cho^ 
le que la volonté de fon bien-aimé.- 

FRANK &. Frenfc, un Franc^ c'eft^-dire, un François, & par extenfion 
ou par une plus ample fignification , un Européen , ou plutôt un Latin, à 
caufe que la nation Françoife s'eft fait connoître & diftinguer entre toutes 
les autres , qui ont porté les armes dans TOrient , au tems des Croîfèdes. 

Frankpani , le Seigneur Franc ou Latin. Ceft le nom d'un Gentilhomme 
Rjomain, qui vînt au fervîce des Roys de Hongrie pendant les prçnrières çuer- 
res que ces Princes avoîent avec les Turcs. Il s'établît en Œoatie 9 & futr 
le. chef de la Maiibn des Frangipam*; de cette Maifon étoit îfliijean, fils de 
Bernardin', lequel , après la mort de Mathias Gorvin ,'. Roy de Hongrie , fe' 
révolta contre Ladiflas & contre le Duc Jean , Baftard de M^ias. Ce Duc, 
gui étoit Ban de Croatie , ailîégea Fi^ngipani dans la ville de Brevîa , & le 
pjrefla fi fort y qu'il le reduifit à fe jetter entre les bras dés Turcs , & ce 
futr P^ ^^^^ occafion, que Bajazedv fécond fe rendit traître dé la Croatie^ 
Van 899 de THegire, de J. C. 1493. 

: Quoy que le mot Pani , qui fignifiè Seignein- , fdit Efclàvon , lés Turcs ne 
Itdiient pas de s*en fervir, quand ils parlent des gens- & des pay^ dé la lan- 
gue Efclavone. Il' y a une branche de ces Frangipani encore aujourd'huy 
dans Rome , & c'eft d'eux que la- manière de parfumer les gants à la Fran- 
gipane, a pris fon origine. Foyez Farange fi^ Afrange. 

G a FRANKIS' 



54 FRANKIS. .FUR SI. 

FRANKIS &.Franghiz, Nom de li fille d'Afrafîab, Roy du Ttfrhtrél&n, 
mariée à Siavefch , fils de Caîcaus , Roy de Perfe de la féconde dyhaftie. Fo^ 
yez 'les titres de Siavefch , de Caicâus 6? de Caikhofrou. 

« 

. FULFUL, le Poivre. Les* Arabes appellent BeUd al fulfui, le pays dit 
poivre, ce que nous appelions la côte de Malab&r oui Indes Orientales* Fû* 
yez le titre de Kaoulem. 

FULIKHRIAH, c'eft l'Impératrice Pulcheria , fœur de théodoîe. Les 
Jacobites , comme Aboulfarage & autres , difent qu'elle étoit Religieufe , & 
qu^elIe ne laiiTa pas de fe marier à Martîan 9 avec lequel elle étoit foupçon» 
née d'avoir eu auparavant quelque commerce fecret. Ils difent encore , que 
quelques Evêqùes hypocrites approuvèrent ce mariage. Il ne faut point dou- 
ter , que ces Evêques ne fuflfent ceux-là même qui avôient tenu , bu qui tin- 
rent le Concile de Chalcedoine qui condamna les Jacobltes , & que cette con- 
damnation fit, que ces Hérétiques décrièrent TEmpereUlr & l'Impératrice fous 
l'autorité defquels ce Concile avoit été tenu. 

FUROUDEH, fils de Siavefch, fils de Càîcaus, Roy de Perfe de la fe- 
conde dynaftie. Siavefch avoit eu ce fils de la fille de Piran Veiflfeh , avant qu'il 
époufôt Frankis, fille d'Afrafiab. Foyez le titre de Caikhofi-ou. 

FURSÏ, furnom de Mohammed Ben Abî Zalcari^a , qui eft l'Auteur du li- 
Vf e intitulé Dùrar u gorar. h^ Perles & les Pierres prétieufes* Foyez le ti- 
tre de Dorar* 



»»)S»««!»ft»<»^ *«4^R5{ »9SH9l)S f «S!0 â(«;^^ 



GADHA. GADHAMIS. 



*<8^*%*ADHA & Gadhat, cfpèce . d'arbre aflez femblable au Tamarîx , le- 

CV^ % quel croît dans les fables des déferts. Les Chameaux font fort friande 
^ jF de fes feuilles , qui leur donnent néanmoins des tranchées. Le bois 
♦^fiw** de Cfes arbres eft fort propre à faire du charbon, qui conferve long- 
tems le feu ; c'eft pourquoy on le tranfpôrte dans les villes où il eft de grand 
débit. 

Los loups fe retirent ordinairement parmi ces arbres , ce qui a donné lien 
à la façon de parler des Arabes, qui difent à leurs chameaux , pour les em*^ 
pêcher d'en manger les feuilles , Dhib Gadhan , le loup eft auprès du Gadha. 

GADHAMIS, le Géopaphe Perfien met cette ville d'Afrique dans foM 
troifième climat, & dit, qu elle a été bâtie par une colonie de peuples de la' 
Barbarie ,' qui s'y font établis dans les derniers tems. Cette ville eft fort mar- 
chande & peuplée de Mahometans^ qui n'ont point cependant d'autre eau qufe 
celle qu'ils tirent [de leurs puits. 

GADHANFER, 



a 



GADHANFER. - — GÀIATHEDDIN* sS 

GADHANFER, nom propre d'Al Malek Al Modhaffer, dix-huidème 
Sultan des Mamlucs Turcs en Egypte. Il étoit fils de Malek Al Nafler , "fils 
de Calaoun , & fut le fixième de huit frères qui fe fuccederent les uns aux 
autres dans le Royaume -d'Egypte. Celui -cy fucceda immédiatement à Malek 
Al Kâmel y & ne rogna qu'un an & trois mois , au bout defquels les Mam* 
iucs mirent en là plfice fon frère Al Malek Al Nafler , Fan de THegire 748, 
de J. C 1347. 

GA DHANFER, nom d'un Poète Perfien^ furnommé Al C^ar Al Sch^^ 
Auteur d'une Milliade ou Poëms en mille ver5 Perûens, intitulé Pir ve Givan^ 
c'dl-à-dire , le vieillard & le jeune, homme ^ t^ns lequel les avantages de la 
TÎeillefle & de la jeunefle font balancez. 

GADI Kioi ou Cadhi Kioi, en Turc, c'eA le village du Cadhi. Ce nom 
_ été donné à un lieu où l'on voit les ruines de l'ancienne ville de Chalce-r 
doioe, que J'Oracle appella autrefois la ville des Aveugles. Ce lieu n'eftpas 
beaucoup éloigné de la ville d'Ifcodar ou Scutaret , qui èft bâtie en Ane | 
vis-à-vis de Conftantinople , & c'eft ce qui a donné .lieu de croire ^ . que Scu^ 
taret eft la même que rancienne ville de Chalcedoine. 

' .. •. • 

GADI AT. Ahel Gadiat , Auteur de Géomance , qui eft mis au nombre 

de ceux qui ont écrit fur cette fcience fuperftitieufe j dans le livre intitulé 

M<igmoû al Reinl. 

GAIALIGH4 nom d'un pays dé la Turquie Orientale , qui avoit un Prince 
particulier y tributaire de Genghizkhan , auffî - bien que ceux d'Almaligh & de 
^fi:hbaligb V qui fo;it aulfi des contrées particulières du Turqueftan. 

GAI AT Al Abcim ^ Livre des préceptes de la loy Mufubnwe, compofî 
jper Mohibeddin Ahme4 Al Tiiabari Al Mekki. . 

GAI AT Al maàreb fil ipcnaih u al Khabaia u al methaleb, Livre qui en* 
•feigne les lieux où font cachez les tréfors de l'Egypte , & le moyen cte'les 
trouver par les prières qu'il faut réciter , & par les fuffumigations & autres 
cérémonies fuperftîtieufes , qu'il faut pratiquer pour parvenir à l'ouverture 
des talifmans ^ui les renferment. Ce livre eft 4ans la Bibliothèque duRoy^ 
n\ 1031. 

GAÏATHEDDIN Caikhofrou, fils d'Alaeddîn ou Aladin , Sultan de la 
djmaAie des Selgiucides , qui regnoient dans ie pays de Roum 9 c'eft - à - dire ^ 
dans la Natolie & pays circonvoifins. 

L*an de l'Hegire 640, de J. C. 1242, ce Prince entreprit malheureufement 
de faire la guerre aux Mogols ou Tartares., qui n'étant pas éloignez de fes 
frontières , ne laiffoîent pas néanmoins de vivre en paix avec lui , comme 
ils avoient fait avec Aladin fon père. Il leva pour ce fujet une très-grof- 
fe îHnnée , compofée de Grecs , de Francs , de Géorgiens , d'Arméniens & d' A* 
rabds. 

Il marcha jufqu'auprès d'Arzengian y vîHe d'Arménie ; miis à peine fut-il en 
présence des ennemis , que tous les Muiulmans & tous les Chrétiens de. fon 
MnfkéQ toxLmev&ût en arrière y ce qui l'obligea lui-même à prendre la fuite > 

& 



1 



• 



se G AI ATHEDDIN. 

&^ à prendre ùs femmes & fes enfans qu'il avoit laifTés à Cefarée de Cappa- 
doce, pour les mettre en fûretd dans Ancyre, ville de Galatie. 

Les Mogols furpris de cette fuite , appréhendant que le Sultan ne leur eût 
dreffé quelque embûche, ne le pourfuîvirent pas auffi vivement qu'ils cuflent 
pu faire; ils ne laiflerent pas cependant de prendre' les villes de Sivas ou Se- 
baile & de Cefarée , après quoy ils fe retirèrent chez eux , & forcèrent en paf- 
fant la ville d'Arzengîan. 

Gaiatheddin connut enfin à fes dépens , que fes forces étoîent trop inéga- 
les, pour les <mefurer avec celles des Mogols; il envoya des Ambafladeurs à 
Oâai Caan, leur Empereur, & obtint de lui la paix, à condition de lui pa- 
yer annuellement un gros tribut de chevaux, de munitions & d'étoffes. 

Ce fut dans cette même ^nnée qu'Abulfarage marque être la 1554 d'Alexan- 
dre, ou de l'Ere commune des Seleucides , que mourut à Éagdet le Khalife 
Abbailide Moflanfer billah ^ père de Moftaaflem , qui fut le dernier de tous 
les Khalifes légitimes du Mufulmanifme. 

Le même Auteur remarque , que Gaiatheddin avoit êpoulë la fille du Roy 
de Géorgie , de laquelle il étoit fi amoureux , qu'il fit mettre fon image fur 
la monnoye, JJon trouve auffi des médailles de ce Prince dans lefquelles il 
y a pour revers un lion avec le foleîl au - delfus de fa tête : car fes Aftrolo- 
gues lui avoient dit , .que s'il y faifoit"' graver les figures qui repréfentoient 
K)n horofcope, il viendroit à bout de tous fes deûTeins. 

Ce Sultan mourut Tan 642 de l'Hegire , & laiffa trois enfans mâles , à fça- 
voir Ezzeddin , Rokneddin & Alaeddin , dont il déclara l'ainé pour fon fuc- 
cefleur, fous la tutele de Cortai, qui éxoit un homme (rès-eftîmé pour fa pro- 
bité. Khondemr^ 

GAIATHEÏ)DIN, troifîème Sultan delà race ou dynaftîe des Gaurî- 
des, étoJt neveu de Gihafifouz, & couHn - germain de Seifeddîn fon prédecef- 
feur. Il fut qualifié du titre & fumom d'Aboulfetah , q?:i fignifie le vlfto- 
rieux & le conquérant, à caufe de îos grands esfploits. 
' H vangea d'abord la mort de fon prédeceffeur , en faifant mourir Aboulab- 
bas 'Gauri , qui l'avoit tué , & diffipa par cette exécution toute la faftion des * 
rebelles, qui s'étoient foûlevez dans le pays de Gaur & qui réfufoient de lui 
payer le tribut ordinaire 

il aflbcia enfuîte à l'Empire fon frère Schehabeddin , qui fut fon fuccefleur, 
après avoir été fon compagnon inféparable dans toutes fes éntreprifes militai- 
res. Après avoir foûmis les peuples de Gaur , il fe rendit maître des pays 
de Raver & de Kermeffir , qui ïépaftnt Ja province de Gaur de l'Indofbm , 
& qui, félon quelques-uns, font une pardç de celle-cy. 

L'an de l'Hegire 571 , de J. C. 1175 , il reprit fur les Selgîucides la ville 
de Badghis , & peu après celle >de Herat , qui étoit pour lors la capitule du 
Khoraflan. En 573 , il força la ville de Foufchange dans la même provins 
ce-, & en syj ^ il marcha avec fes troupes jufqu'aux portes de Schacfcagh, af- 
fez près de Nifchabour , où Alifchah , nls de Takafch Khan . Roy de Khova- 
rezme , s'étoit jette pour la défendre avec plufieuis Princes ae fit famille* 

Gaiatheddin étant campé fous une des tours de cette ville ; & confidérant 
Tefpace de la courtine qui s'étendoit d'une tour à l'autre , dit aux fiens , qu'il 
biy fembloit que l'on pourroit battre on ruine avec des xaachines le mur qui' 

étoit 



J 



.'î X I K: I (i A I A T H ir^l5 e î N. '^ ■ • S9 

4toît efttfè <féj ''deux -tours , & il -n'^ut' pas plutôt achevé ces paroles, que tou- 
te cette étendue de mui-aijie, laquelle apparemment étoit très - mauvaife , tom- 
ta d^elle-mômc ;^ ce qui fut remarqué comme lin èÉFet du bpnhcur ëxtraordinai- 
je de ce Sultjui: car,, par la chute de cp mur^ il fe rendit maître de la' ville > 
& fit prtfpnmersîjtous îes; Princes qui s'y étoient enfermez. 
. UaïUiée: ââvante,' le inême Sultan 'affîégea & prit dWaut la ville de Merou 
daiié le même pays, -& ayant ainfi achevé par la pii^ife dé cette importante pla- 
ce 9 la conquête^ de tout le Khondiah y â fe retim en la ville de Gaznah , 0(1 
plein de gloire &.de bonheur il finit fes jours, Tan de THegire 599, de J. C. 
I20Z, âge de 6% ans , après 43 de règne. 

Ce Sultan ayoit bâtija grande & fameufe Mofquée de la Ville de Herat, & 
il voulut y ^tr?. eriterré ;^& par'e .qu'il faifoit profefjîon de la fefte Schafcienî 
ne , qiiî eft une des quatre ft<^œ^ Orthodoxes du Mahometifine , iL en avoit 
atwché k . préfeéiure ou Intendance • à un Doâeur ou Imam de cette feue , fang 
qu'aucun autre qui fît* pfioffiflîpn dune fefte différente, y pût prétendra Khon* 
dmir^ Mirkkond & l'jSnteur\du Nighiariftaiu 

ÛAuteur du Lebt^ar ikh' dit ^ que ce Sultan, .après W'oir donné à fon frère Sche- 
hab-eddin qu'il avoit aflbcié au gouvernement de fes Etats , la ville Royale de 
Herat, -Capitale idn.'Khoraflan, pour fa demeure , choifit pour ià rcfidence ordi- 
naire , celle de Gaznah ou Chaznin , capitale du Zableftan , qui étoit autrefois 
le fiége royal des Çultans , nommez les Gaznevides. , 

- • Ce même Auteur ne lui donne qiie quarante ans de règne , -& dit qu'il mou- 
rut Tan de l'Hegire 598. ^ 

Pour ce qui regarde la fuperbe Mofquée qu'il fit bâtir dans la ville de He- 
rat, il remarque que le Sultan Ali-fchir , de la Maifon & poftérité de Tamer- 
lan, la fit reparer l'an de THegire 904^, <iui eft le 1498 de J. C.,,par laquel- 
le Epoque on cohnoît évideinment , que cet Auteur du Lebtarikh eft afiTes 
moderne. • . ' ■ ■ 

L'Auteur du Nîghiariftan rapporte une aftion fort généreufe de ce Sultan. 
H dit que fon oncle Fakhreddin , qui avoit le gouvernement de Baàilàn , s'é- 
tant révolté contre luy, s'étoit fecretement lié avec les Gouvemçmï de Balkhe 
•& de Herat , villes * principales de la grande province du Khoraifan , & tous en- 
femble dévoient faire une grande irruption dans le pays de Gaur: mais il arri- 
va,. que le Gouverneur de Balkhe n'ayant pas bîea pris (es mefores, fut trop, 
diligent à fe mettre en campagne , de forte qu'il fe trouva feul 4m les confiné 
de Gaur. Gaiatheddin & fon frère ayant appris ce mouvement y & fait mar- 
cher promptement lelirs troupes de Ce côté-là, eurent bon marché de ce Gou- 
verneur ; car il fut d^abord envelopjpé , & conduit prifonnièr devant les Prin- 
ces-, qai lui firent en même tenîs<:ouper latête , qu'ils envoyèrent à leur oncle. 

Ce Prince commençoit déjà à fe repentir de fon entreprife téméraire ; mais 
il n'étoit plus tems : car l'armée dès Princes fes neveux avançoit toujours , & 
il fe trouva au milieu» de leurs troupes, avant qu^il pût fe fauver par la fuite. 

Un Poè'te. décrivant cette aftiôn, dit : Si le pays de Gaur eft fi grand qu'il 
femble nlavoir^poiht.de Jbornes, l'armée des Sultans étoit fi grofïe qu'elle pa- 
roiflToit être innombrable. 

-Gaiatheddin voyant fon oncle dans une fi grande perplexité , pouflk droit i 
lui ; & defcendant de cheval , alla lui embraffer la cuifle & baifer Tétrier , après 
^uoy, il le conduifit:.dan$ fon camp , le logea dans fa propre tente ^ &-le fit 

To'MB IL H affeoir 



/ 

« 



^ \ 



^8 GAIAJHÇPiDIN. -y^iJAIDHAB. 

affçoû? fyr gaB ta?ône> d^mçurant <Jel>pitf eifc 6, p«é&ac^ . cûmjnp . iBi df lb 

FakhredcUn iie voyant traité ainfi par fcm nereu, & (aroyamt: que ce. n'ëtoifc 
qu'une xni>cq0erie ptcq«zante 9 & un mépris coaviert d'une ^tuSb appareim d%oa. 
neur;que Ton lui faiioit>'. 13^ put s'empêcher d'en tékooigEer du cha^rhi, & & 
laifla échapper mêoie qii&lcpu^ paroles affez rudes : mois Gadiatbectdia n&> s^etv of- 

lioondts»^ 



plufieurs préfens coDfidérables > il le renvoya en pleine libecbé à ion gouverne^ 
ment de fiamiàn qu'il lui lai£&. 

'^ Cette a6lion héroïque fat fort applaudie de tout lô monde , & fe même 
Poëte qui a été déjà dté, dit fur ce fujet: Celui-là enlevé infaBlibl^nent avec 
ion mail ^ 1^ boule de la bofuie fortune , qui fçait gagn^' lés hommes par la 
géûérofité de fon ame; & nous voyons par expérience que le bonheur fiiit or^ 
dioairement celui q<^i.a la reptation d'Itre honnôte-hcnnmë. 

Cette allégorie eft prife du jeu de mail à cheval , qui- eft- un exercice^ ordi- 
■idie des gens de qualité en Perfe. 

GAIATHEDDIN, fik dç Schamfeddin^ eft le quatrième Prince de la dy-- 
ç^ie dçs Mâlelç Kurt^ f^oy^z ce titre. 



QAIAJHE^DIN dit Pir AJi, fils, de Moêzzeiddin, eft te Viti^*» Pr«^ - 
ce de la même dynaftie. _ f^oyez aujjt Abou Saîd Ben Âl^apta , ofi vpuf^ vçf *r 
rez , quç Qai^theddijn fe joignit s^a Schçik Hooflaîn poyr ch^[|êi7 J^^Tur^ du 
Khoraflkn. ' . 

G'MATHEDpfN Mohammed Eljn- R«fèhid , Vizir d'Abuiaid, fîb d?AIr- 
giaptou & d^Arbah' Khan. II ëtoit homme de lettres. Foy'ez les titres de ces 
deux. J^rihces., 

GAfATïIE'DDIN Ebn Heradmeddm. CeftKhondèmir l'Hiftorien qui eft' 
fi fouvent cité dans cet ouvrage. 

. GAIATPEm>IN, fîls de HoufTain, Suitan de Herat, <iue Tâmorlan A»ar- 
gna pendant la vite du Sultan ÎQXk. père ; mais qui fut dépottiUé par le aiéBie 
JFameriao,. aprèS: fi. mort. 

GAIpHAB & Aidbâb, ViUe fituée fur, 1^ boirckt dé 1» mer rojBge on Got- 
phe Arabique, que quelques-uns mettent au nombre des villes d'EgypCCi & que 
«Tautres rangent parmi celles d'iEthiopie. Elle. * un port aÛfeî iWqiiertié , où:. 
8. embarquent le pli^ fouvent les Caravanes des Pèlerins qui vont par mer d*E- 
Çypte à la Mecque. Elle n'cft éloi^iée <^e. SpiiaqiKn en Ethiopie que d& fept 
journées; c eft pourquçy ceux;. qui, paOentuuard^Egypte dans la prownoe d'ie-, 
men ox Aa-abie, po^^, y Çiireleur çom^ercç^ vont par .mer de cette . viUe on 

ij,- , .^®^f^V*l^'9-^^ ^;à ttenfê.'ffliUes.de,. la terre; £eme deJiemen.- 
Mdelmoal dans le fécond Climat. 

. Il ne, faut, pas confondre (^tte .vilîe awOîCdOle â» Gcriir , o^ eA ràadenoe 
Bérénice, qui . a pareilJemcpt un port fut. la. mer rouge, où l'on" s'embarque 
pour pafler d^ la TJxçb^(;Jç <îf..4e. Tes. pdn<iif«Ifi&. >diles ,. qui .• ipnt Afna & Aib. 

, vaa. 



.IG^AtDfH:AIW-«-44.'GJlXUB^ ^ 



route de Medihe ou de la Mecque. t 

GiAICHAR) fils d'AaroD^ prediier Gtoftad Pontife dei HArèu^ ' II ùilaXU- 
f»p]jÛGôt Aidbéfi CttT '(feft en Hébreu Ekizat. . j 

G AIL AN, les Arabes appellent ainfî ce q\te bous nommons un Satyre. Us 
«fënt cepa>iBtaii,.''qu^:c'«D^ sf^ffitùsè edp^&dë Déœâh îles fbrét» '.qui. Aie. les. 
hommes & les bétes. .,".'• 

Ce mot «ft^yenu. jumelé nom propre- dç iquel^jues periÎMjnage» wî ont paC 
« .^Kîuf êtsfé -fôWJÏiehë's & cruels , & les Arabes appellent auffi Oiff ^ajfàh , la 
ïûêlfe àeS Satyres "Où des Djémons ï'ôreftierç, l'àrbrè cui porte le nom de Spi- 
na JEsyftiay que noC^ CbnhôilOroos Qii'elii foi£ celui' û'^cacià âc de 'Gagie: ' 

GAÏÏ;*. Âii $6b AVGaîis Al McfcdeJîî , eftf Auteur du livre miqUé Éog^ 
tua al MoHi^ /' ^aïte lequel il traîlte' des tendmens que * les Renégats ont qiïanà 
Ik àbâtldôtlnéht , & après qu'ils oflt abàiidomé , leur Religion. Cet Autéul' mou- 
rut Tan 1035 de THegire. 

6 AIUK taiân , troifièine Roy du Turkeftan. Il ètoît. fils de Dib Bakovi 
Ëhan, & dèfcendoit en droite ligne de Tui-k, fDs de JafeÀ ou Japhet, fils dé 
Noë, felon Mirkhond dans la généaloa[ié de ôênghizkhan: Ce Prince é toit fort 
Wxf^ icrôttmt .h Ikoane: d||œ:; mais il'QilieuTS* ^ Ta violence &' ib înjùilîces 
firent regretter la perte que Ton avoit faite de fon prédéceflèur» Il laiffîl un filèr^ 
i^t^nmé.Âlinge Khan^.qui lui fucceda dans les £tats du TurqueiUa. ^ ■ , 

GAIUK Khah^ fite d'Oftii Caati & petit-fils de Genghizkhah ^ coi*hteii^ai 
régner T-an 639 de THègirei & de J. È. 124!, fous la tutele de fa mère bdm- 
mée Tourakinah KlôtouA , la<îU€ite moUrut Tan de THegire 643. C^tte ftitti 
cefle femble avoir été Chrétienne; car Mirkbo^ éerit> que les ChrêtieH$ «voient 
beaucoup de crédit à la Cour de Gaîuk knâh. 

Apii9 iarmort'deTodiiddnah^ il fe tifitt une aflemblée géod^e^ qûélei.Mo- 
gois apf^ellene Curiicai, dans laquelle l'Empire £buve!i:3în des Mogols fut dotiné 
«1 ooQ&mé à Gaiuk Khatt, qui n'en jouit qu'un' an entier ; car il mourut en 
^44 de l'Hegire^ dans l'anloée -du ^ycie dés Mogols hoftom&e It U^ c'eO^i^te^ 
Tannée du chien. Khondemir. - t 

Ce Frinèe eut poto ftKrceffelUr ' Mahgu Caân ibh côufin-rtfmaîh y ffls de Tulî- 
ftan, Ôte de, OétagfiiiAMn j qw ne fut pourtaiit dédâré Embelreur des Mogoli 
Gehgli&lthartîeôs qàç lix ans i^rès îà mort- de GaîUk , ou plffltôt ^ptès celle dé 
TouttMntft , eto' ^4% de l'Heglrt , qui feft- l^ktinëe du cytle des Mogols nojiiméé 
I>6ngDû2 Ily rfartnéé du Pôutceau. 

Abtilfefaè^, qui ÈMrt là itiort de ce Ffiiice en Tantiéé 647 de rHègîre , dan» 

a lieu du Turkeftan à dnti journées de Bifch BaUgh , dit , quMl avoit denx 
rè», di>tA'Tuù portait lé ndm de Kubati & Tatitre de Siramotm, & qu'il 
leur da^bua^ & tex auti« NovaStf on i^rîncès' dé 'fon fang, tcmtes tes ptovin*. 
\ ces de rAfle.- ^ 

! GgulgattAufth ,. véwhe de Gflît**, goti^^nïa paï intérim , fùîvant tes Wdrës déf 

Jbtfou fils de Giou^,* fils afflë de Qénghi^ktiûn', Icis Etats qUe pc^édttit fon iai- 
^9 jufqu'au prochain Kuriltsii qui étoit la Diète généndfr dte Mùg^ls, laquelle 

H 2 s'étant 



/ 



66 GA LATH. — rii-OAN AH, 

:$' étant tennè l!aq ^50: de THeg^e^Batou: dédara lui-même Mangù pourfacoef* 
feur de Gaiuk. ... ; .; j 

•^ G AL AT H AI .dhdâfa men al fokaha, tes erreurs des Jurifconfultés AluTol- 
mans , Livre d' Abou Mohammed Abdallah Ben Berri AI Mocdeffl, U eft datis 
la Bibliothèque du Roy, n^. 1099, 

\ GÀLEB. Htmàtn Ben Giâfar^Ben Gakb AL Mocri^ eflrPAuteur xle IM^ 
toire qui porte le titre de Tarikh Ben Galeb. i i . 

GALIKIA. Gallicia, c'èft la Valachie nommée autrement Ulak éc Iflak; 
car Ton trouve dans les anciens titres des Rbys de Hongrie y qu'ils, fe^ dîfoieiït 

auflî Roys de laGallicie ,ou Valachie, & de la Moldavie- ' * 

> 

ÇALIP.OLLou Galiboli,.Calliopolis, ville de Grèce fitué© fur THelleipônt^. 
que les Turcs appellent Gâlîboli Denghizî , la iner dé GàlipoU , & lés Italiens^ 
Il mar di San Georgio. Cette ville eft le fiége du Bâcha de là mer, qui s*ap- 
pelle en Turc Càpoudan Bacha^ " ' ' 

G A LOVA H) Ville de Nubie y. fituëe fur le Nil au^efFous de celle de. Dan. 
galah, d'où elte eft éloignée de cinq journées ; mais il y en' à dix pour arriver 
de Gâlouah à Ilék dans le défert , en tirant vers TOccident. 



G A M B I A> âeuy Ë des Nègres , qur fe. décharge , dans TOcean Atlantique pro.- 

^e du Gap.verd. frayez UliL. .. - - ^ . 

GAMDAN, nom d*uhe colline, où le Palais dés Tôbaisi Rois dé llcmen,. 
(ficelé plus fameux Temple du pays font bâtis dans la ville de Sat;4^. 

Ce temple, que l'on prétend avoir été. bâti par émulation de celui ^ la Mec- 
quç, eft fouvent. appelle du mâmç nom de Gamdto .&;, d'Aip^^ 

' GAMMAZ: Voyzz Manfôr Ben Gammdz^' ' * ' '" ' ' * 

• ' » .. j » . . 

6AMRI &'GkMrrti, (umom de Mohammed, qui- eft Auteur d*an lîvue ffitiU 
tolé Ahzàm alneffa^.des Préceptes de la loy Mufulmane, qui obligent les ftemmes. * 

Les Juifs difent ^ que les femmes ne font point obligées à robfervation des 
préceptes affifmatifs'. de la loy, mais feulemejît aux négatif. . 



GANAH, Ville. capitale .d)4 pays.des.,Soudan,,c'eft-Ârdire, 'des Nègres," fituëe 
entre fe premier climat &>k ligne, équiûoàjalq^ fur un^ rivièire fentbjable au 
Nil d'Egypte.-, qui la leparé. en , deux, parties preiqu*égàles : la partie Séptentria% 
nale ,e{t habitée par des ilp,hometàns : . ipiais la partie. Méridionale n*eft peuplée 
que de Caffes & dlrifidôles. Il y a aux environs de cette ville plufieurs mines 
d'or, eftimé plu^ pup & plu^fia que cduy^qui fe. rencontre dans les autres mi« 
nés; rti^s ccluy des rivières le furpafle encore en bonté. 




})ar »un Pxincc do.k'MaUba»4e Saleb, fi^ d*AW^ qu'iî'fûtde 

a race dlAli & de Huirain-, ne l^iîlbit pas pourtant -de jeconnoître le Khalife 
de la Malien des Abbaflitles qui refidoit. daj}s IJag^det.!' / ; 



Eùtre' 



(ÎÀ.T^AR AH:— ^(1A)0- :6t 

- Entre le ^^ajs 'de GahaK, flcla Barbarie q»!' eft fin: fo'icdte:rdMlfrkl«çvn n'y 
a:qti'tm fort grand' defert homaié Sahara ou Sabr^> an .btiut, duquel vous trou- 
vez la ville de GoMahv après uh jmois & demi/dech^n. • o: 

Cette ville- qui èlt la plus opulente de toutes Cbllés de laNigrîtie, eft, placée 
par Abou Rihan Al Birouni au de-là.de la^^ligne équinoâiale. Le G^ogrwh^ 
'JBerfiénî appelle la ville de Gougah^ du nom ,de Cougou > & ce pouvwt être 
ceHe que: noius'tykpellons Congo. -^ • . ,,, ; 

• GANARAKV Ville forte St peuplée;, fîhiée Air le Nîl des' Nègres , qm 
eft des dépendances de Gariah, & qui obéît â fon Rojr. - - . ^^ * 

G ANGI AT tr, que Ton trouveauffi nommé Caîâ^i'&Ciîàitii, iétoit fils 
d'Abaka Khan , & fuçoeda à Argoun.Khan dans FEmpire des Mogols de^ la 
race de Genghizkhan. Il ne régna qùe^ quatre ans^aii bout deîqûels il fut 
tàé par ffiadu Khan fon Hicçeflfeur Tan ^94 de-rHegifej.déJ. C iaf94- ^^« 
Baidu Khan. !^ • ' V \ 

• Khondemir r^atqùe qiie le véritable nom de ce Prince étôit Aicatu , on 
Gaicatu qui fignifie en langue Mogolienne, merveilleufement beau , & écla? 
tiant Det:dgieb Abddt. r ' .. : . •• ' ' ' : . 

Il ajoute que Gangiatu • nonobftant fes- débauches 9 fut de plus libéral de. toi6 
les defcendans de Holi^^ & qu'il fit fi bien adminiftrer la juftice: à fes fujets, 
que fous Ion règne ^ Fùn ne fit mourir aucun innoceftt; 

Baki Bok^ ou Bafchi Bcg 9 fut Generaliffimt des armées de ce Prince fous le 
titre d'Ejnir al Omara, &'Khovageh Sadreddin Khaled Zengtani fut fon pre>- . 
mier Vizir. . . . 

Plufietirs Seigneurs de fa Cour, dont il avoit enlevé les filles pour les met- 
tre dans fon Serrail ^ conjurèrent contré luy : il en fit ^ priibbnfers quelqu'uns ; 
mais les autre»^ envoyèrent fecretement ;foUicicer Baidu Ogid fils de Targai, .& 
petit-fils de Holagu^ lequel étoit pour Ions Gouverneur de Bagdet,- de faire 
diligence , s'il vouloit fe rendre âiaître de rjEmpire. Baidu ayant ramaflë le 
|)]us de trottes qu'if put > s'avança vSrs Mogàn où Gaûgiatu Tattendoit avec 
fon armée ;. mais ce Prince ayant été trahi, •& abandonné par fes Généraux*, 
il fe &uva dans une grotte où ceux qu'il avoit emprifonnés, & qui avoient 
été délivrez par les conjurez , le mafiacf erent. 

GANIMI, Surnonj de Schehabeddfn Mohammed ou Ahmed Al Anfarî, Au- 
teur d'un Ouvrage intïEuIé^ Erfchdd al Ekhudn dla al fark bein al cadm bel dhat 
u al cadm belzamdn ,. Inftruétion donnée aux Auteurs nommer £khu4n alfafà, 
fur la dî3Serence qu'il y a entre la priorité de nature, & la priorité de teips. 

Il efl: aulirr Auteur de Bahâgiât; qui efl un commentaire fur le Uvre qui a 
pour titre '^miiat ai iorhdn fildcaidy Demonibation évidente dé tous lés articles 
de la foy des Mufùbnans. 

GAO, lïoitid^un célèbre Forgeron nktif de la vîllé d'Ifpahan. II fé fit 
chef d'un gros partyde conjurez qui fe fouleverent contre la Tyran -Zohafe, 
& marcha à leur tête ^ élevant au bout d'une pique fon tablier de cuir , en 
-guîfè d'étendart:. . ! ' , , 

• fl fe trouva en peu 'dé téirfs mâftré d'tifle grtmde aftnéè laquelle il fit 'marcher 
auiG-tôt , & défit en bataille rangée le Tyran ; après quoy il donna la CouronilG 
dé P^rfe, donfr'it étoit le- maître, à Ferîdoun, iÎFu de la race des anciens R-oys. 

H 3. Feii- 



Fèrictotti dbibii ènfiiite à (ho yiour Roompânflb de fnîettiûarlA 4Blle:)d1^ 
hm â:v66 (btt Mf rittrife ^ fc vooliic que ibn CaUiftr •qin at>oit fer¥i de- final 
aux conjurez, fut ét-lk m tvunt retendait Royale ^ pour ainfi dite, IXM- 
jââmttie de la CôoriHuit de ferlb , qui a toûjouis porté le nom de Ottftfch 
Gaviaai^ c'eft-à-dtre^ TËteddart de Gao. 

Ce Fùrmroû fiaerita pu» fes gnmdas aâkms deValbur ik de gteeirafité^ iq/tk 
FEmpireie Perfe paiQt dans fk famille; car Cobad^ pete de KhefiroeS) ^unon- 
m^ ]Sk)uichô'van 9 Hoy de la x]uatrième ^iynaftie 4^ Ferre> defibendoit 4e, luf ra 
ligne direâe. frayez Us titres ds Zohak» d$ Feridouxi> lâf de Dirfeiçh. 

GÂR Mobavimed, Grotte de Mahomet Faye» 1$ Mscque^ 

-GARHAVAH> le Sepulchre d'Eve. Vtfytz Hivah. • 

tjARNATHAHt Grenade en Èfpague^ une des premières: villes qne loi 
Arabes y prirent après celle de Cordoue, leur capitale. Elle fut wSà la deot- 
HJher^ que los Elps^ols recouvrerra(: & fon hiftoire eft aifirs comâué pat noa 
•biftoires modernd^ 

Ahmed fien Caflem Al Andaloufi écrit qu'en Tan ioo8 de l!Hegire ^ de 
!« C $5999 Tôli trouva proche de Grenade dhos on lieu nommé ^andak al- 
gennar^ fetee lamc$ de cuivre & de plomb de la grandeur de la main^ aue 
roh prétendoit avoir été enterrées par fiaint Cœcilhis ^ Archevêque de Grdnade»» 
^ la prédication de la to^ Chrétionne étoit décrite en langue Arabique, mêlée 
4e ^plufieurs cont$$ iabuleux* Ces lames furent portéçs à. Rom^., & ont âaé 
condamnées à Rome depuis peu d'années. . Voyez dans la Bibliothepu du Msy 
-» ; 1043; ^ - • 

Ben: Schohnah écrit qu'en l'an 481 de l'Heure 9 dç J. C. 1089 , Jofejih fiis 
de Tailèfin ou Baflcdhin, commença à regaet dans la ville de Grenade 9 & que 
la dynaftie des Sanahegiàt finit dans Ce m^e tems y depuis lequel la ville & la 
l^rovince de Grenade ont pm le titre de Royautne, 

' Cet Etat a été le demieir de toute l'Efpagne^ où les Arabes que nous appel- 
Ions ordinairement les Mores , ont régné; & c'eft aufli de-là , que les Mores 
^balFez d'Efpagne-qui fe font réfugiez en ikrbarie, foqt appeliez encore aujour- 
d'huy Grenadins, & Tagarins. 

Ce fut fous le règne de Caiem , vingt-Ceptièmé Khalife des AbbaiCdes', & de 
jkloftanfer, cinquième Khalife d'Egypte de la race des Fatbimites, que lé Royau- 
;i»e de Grenarfe^ fut établi, 

' , Il y a.^une hi^oîre fbrt ample du Royaume de Grenade , qui a pour Auteur 
'Mohammed Ben Abdallah furnommé Al Khathjib AÏCorthobi. Ce livre a pour 
titre Ihathah fi tarikh Garnathah. 

Nous avons un abrégé de medidne intitulé Igiaz filt héb cMipofé par lôfef 
Ben Al Garnathi qui mourut Tan 753 de THegire,* & un Ahcdnt Atcùrdn qui 
a pour Autew Abd al monaém Ben M^bdflinied Ben A^ M GamatU qui 
joaourut Tan 770 d^ THegire. 

G A S S A N , nom d'une ancienne ville de Syrie dont le terroir étoit abon- 
dant en fontaines & en ruifFeaux 9 où les Arabes furoommez dans la fuite Gaf- 
ianides, établirent une colonie, l^oy^z plus bas, 

GaÛTani eijb le fur^om d'Abpujifa^ Abd aj monaêia Ben Omar jpea Haiiin^, 

lequel 



& d'Al Gâfittmî.^ U tdrait.Jbii lutidne^ de ces AnAes/Gflflsmiè»; dont «ûri^bfR 
it parler 9 & il Bom a Isdffië tia Dkran compoiè 4e cBjr- Ouvrages^ ^ime k 
premier eft en vêts Acr<»ftiques'9 & Figiisezy furvles louanges de Salaénk . Ce 
Kvre fe trouve dans la Bibliothèque du Roy n®. 1072. 

Al Gaflàni Al Azraki eft ua autre Auteuc qui a cpmpofé une M^ire fort 
ample de la Mecque, dont Atfkrani a ftiit un abbregé. ..-.,/ 



t , 



G A S S AN TA lî, les ' G^flànides. Lçs AriS^ obi eu unç djwi'aftw de îtoy$ 

qui ont porté ce nom plus de 400 ana^ aRrant la.'aaiîlancc Je Mahomet. Ils 

étX)ient dé la famille d'Azad, & de là pofieritè de'^heUh. fils de Saba,.fiji 

é^Iafchhab, fîk dlârab,^ fils de Cahtan, qfil eft. J[Qâaa f^ du» IPa^ri^^che Èbet 

'ou Heber. "\^ .' j -^ u , • \> ' •; • 

Ils quittèrent TArable après Tinondation, ou le *défeiîge d^jtreav, &, ^inrent^ 
en Syrie auprès d'un l^u. abondant en eau nommé . ôallkn ^qit s^ânt trouvé 
d'autres Arabes nommez Dhagâemah qui s^y étoient déjà établi^, ikle^.eq 
ohaflerent • ' i 

Le premier de leurs Roys portait le nom de Giafa^li fils. d*AmtQij,; Fils. d^ 
Tbaâlebah qui tîroit fon origine d'un Roy de Hîrah , furnommé IVteiah , à 
caufe qu^ déchiroit toijs les jours l'habit qu'il portoit , pourlê. donfipr à queh 
qiu'ua. Le dernier r de ces Roys fut Giabalah ffls d'Aihem, Içqujel fe fit^Mi^fiiU 
mon du tems d'Omar, fçconid Khalife après Mahomet, & œAijtp Qîrê.tiei},rmiàs> 
pat dépit, y^tzfon tilr^ particulier. \ \: *• , i' j '. 

L3L plupart des Rois de Gaflan portoient le nom^ de Kàvetir , d'où vient 
celui d'Aretas que les Grecs & les Latins ont formé. Ces Rôys Arabes ont 
été fouvent déclarez par" les Empereurs, Chefs de leurs anhes eh Syrie. 11 y 
en ayoit un qui commaiHloit dans Damas du* tèms de {àintJ'aiil , çoànm^ h 
parott parla féconde Epître de cet ApÔteé aux Corinthien^»: 

GAUH & GOURj ce nfor qui lignifie proprement une Plaine, & up'p5ys: 
plus bas que les autres , fe donne à pluûeuiR Provinces de l'Afie» 

Celle deXabaniah en Arabie porte fouvent ce nom, à caufe qu'elle eft plus 
lâffe que touties les autres contrées de ce grand pays. H y en a pourtant qui 
veulent que Gaur foit entre l'Iemen & Tahamah. 

En Syrie le pays, que fes anciens nommoient l'Auranitide, où Hyrcan le Grand 
Pontife des Juifs fut : fait prîfonnier , & où Antipatèr père d'Herode fut tué , 
eft nommé Gaur par les Hiftoriens Arabes. Ce pourvoit être la Pluènicie ,. ou - 
là Cœlefyrie; car ce mot flgnifie Ta Syrie Creufe. 

Mais h plus grande de toutes lés Provinces qui portent ce nom, eft celle ' 
q[ui s'étend entre, le Khoraffan du côté, de la ville dé Herat , & le pays de - 
GïQSiab. Cette Province de Gaur n'eft feparée des Indes que par le pays de 
Raver, & eHé eft fort célèbre par la montagne des Turquoifes que les Ter- 
fans appellent Firouz goueh , où il y a une fortereflb qui porte le même ' 
-Gçna, & que Ton tient être la meilleure de toute TAfîe. Fbyez le titre fiéivant 
Jê<3auri, 6f ceux de Gaznab, & de Zibleftan. 

Ce fût dans, les montagnes de Gaur -que la pôfterîté de Zôhak le Tyran de ' 
Përfe fe refugra, & y établit une principauté. Sam Ebn Souri , Chef & Fonda- 
teur de la dynaftie des Gaurides, prétendoit tirer fou origine de cette race. 

GAURANI^ 



^4 O AU R A N L G A U R I A N. 

O AURA NI, Surnom de Vîiûim Abulcaflem AI Mérotm, qui eft le mime 
qa'Abdal rahman Ebn Mohammed, Grand Doâeur de la Seâe Schafêienne qui 
nUQuruC l'an de THegire 461. H nous a hiSé deux Ouvrages de Jurifpruden- 
ce Mufulmane, dont Tun eft intitulé Jffrdr ai fek^b, ft Tautre Aèanat fi 
fekehfchaféù 

* » * 

G A URL Foyez ItMtrt fût fuit ^ cfe Gaurîàn. •. . . ' : . • 

GAURIAN., les Gaurides, qui font appeliez ordinairement par, les Hiflo- 
fiens Selathin Gaur, les. Sultans de la dynafHe des Gâurides. îls comihencerent 
à régner 1-an de THegîre 545, de J. C. 1150, & finirent Pan 609, de forte 
que cette- dynâftie n'a dtiré que 54 ans, fous cinq Roys ou Sultans. 

Le premier a été Alaleddin Haifan fils d'Hufiâin , fils de Sam Souri , & il 
fut fur nommé Gihanfouz., qui fignifie en Perfien, celui qui a mis le monde en 
feu. Ce iPrince a régné fix ans. 

Le fécond' eft' Seifeddin Mohammed , fils de Âla ôâdin^ Gihanfouz , qui a 
régné fept ans. 

.Le troifième Gaiath-eddin Aboulfetah., fils de Sam fils de Huflàin , dont le 
règne a été de quarante ans. 

Le quatrième , Sçhehdb-eddin Aboulmozafïer , fils de Sam fils de Huflàin, 
frère de G^çth-^Jdin fon prédéceffeur , qui Ja régné feul quatre ans. 

Lé cinquième nommé Mahmoud, fils de Gâiatheddîn Aboulfetah troifième 
Sultan de cette dynaflie, régna fept ans. Khondendr. Lebtarikh. Nighiarifldn. 

Cette dynafl^ie qui s'éleva fur les ruines de celle des Gaznevides, palTa en- 
fuite dans celle des Khovarezmîens. // faut voir le titre de Sam Souri, & ceux 
de w <inq JSuUans pour apprendre, Forigine , le prqgrez , fif la décadence de cette 
iynaftie. 

Après que le *grand Empire de la famille de Sim, Souri que Ton homme la 
dynaftie des Gaurides , fut fifti en la perfonne dé IVÎahmoud , fils de G^ath- 
cddin , cinquième & dernier Sultan de cette • race , l'an de THegire /6op , de 
J, C. 1212 ,' une branché de cette maifon s'établit dans Bamiàn, ville & Pro-. 
vince .particulière du Khoraflan , au de-là de la ville dé Balkhe , en tirant vers * 
Kabul , Province Septentrionale des Indes , comme auflî dans le . Tokliareftm • 
qui eft la partie la plus Orientale de la Province de Khoraflan. 

Le premier de cette féconde branche des Gaurides fut le Sultan Fakreddin , 
oncle de Gaiath-eddin Aboulfetah , troifième Sultan de la première dynaflie. 
Voyez ce: qiA M' arriva avec fon neveu dans le tttre de Gaiath-eddin jî/x de Sam. 

Le fécond fut fon fils Schamf-ëddin , 'lequel ajouta aux^^Êtats de fon père, ' 
une partie du Badakhfchian ou Balakfchian , pays d'où viennent les rubis ba- 
lays , & la Province de ïcliagauiân. 

Le troifième ftit Bàha-eddin, fils de Ôchamf-eddîn , renommé pour fa jioftice^ 
fa doôrine, & pour Tafieftion qu'il portoit aux gens de lettres; car c'éft à çt 
Prince que Flmâm Fakhreddîn Razi dédia un de Çt% Ouvrages. 

Le quatrième fut GelaUeddin, auquel on donne fept annéçs de règne,- les* 
Hîftorîens ne remarquant pas les années de fes prédécefleurs : mais xe fut fous \ 
ce Prince ou après, ià mort que TEtat de BMniàn & deTokhareftan paflTa entre 
les mains des Sultans de Khovarezme, qui avoient déjà dé'pouillé la première 
branche de la Maifon des Gaurides dès Tannée (îop de THegire^ comme nous ' 
venons de vpir. Khondemir. 

Voa 



QiA U T H A H. -r— G A Z A L. 55 

t*on pwirroît compter pour une troifiême dynallie dds Gaurides, la fuîttf de plu- 
fieurs Efclaves & Affranchis Turcs élevez par les Sultans de cette Maifon, & 
fur tout par Schehàb-eddin qui en fut le quatrième Sultan , lefquels régnèrent 
après fa mort dans le Kerman ou la Caramanie Perûque, dans le Souran, dans 
le Multan, & dans Delli^ Royaumes des Indes« l^oyez les titres de Schehab-eddin , 
6f de G<^amàn Selatfain Gaur« 

GAUTHAH. Gauthat Demefchk, la .plaine de Damas. Ceft un pays fi 
délicieux 9 qu'il paffe pour un des quatre, lieux qui font vantez pour être les 
Paradis 9 ou les Jardins les plus beaux de toute la terre habitable. Les trois 
autres font OboUah en Chsddée où il y a une rivière du même nom, Scheb 
Baovin en Perfe, & la Sogdiane que les Orientaux appellent aujourd'huy Sogd 
Samarcand, la plaine ou la vallée de Samarcand, , \ 

GAZ, dixième fils tle Japhet fils de Noé , qui établit fa demeure fur le fleuve 
nommé Bulgar, après que fes autres frères le furent emparez des meilleurs pays 
4e la fiïcceflîon de leur père. Il fit la guerre à fon frère aîné nomme Turk » 
pendant plufieurs années. 

La race de Turcs , ou Turcomans appellée aujourd'huy Gazieh & Gazan , & 
qui efi; la plus vile , & la plus méprifée de toutes , tire fon origine de Gaz. 
On lui domie auffi le nom de Tchefchmgaz, lequel 4'on prononce auffi Tamgaz, 
de ces deux noms fignifient Borgnes. Voyez * Mirkhond dans la Généalogie de 
Gènghiz-Khan 9 Jk le titre de Turcomans. 

Gaz eut deux enfans dont Tun nommé Bulâr & Bulgàr demeura dans le pays 
que fon père avoit choifi pour fa demeure au de-là -du Volga , d'où les Bulga- 
Tes qui vinrent depuis s^établir dans la Mœfie , font defcendus. 

Le fécond nommé Berthas ou Perthas, fut le chef d'une nation Turque ou 
Turcomane qui vint s'établir dans TAfie. Ils ravagèrent la grande Province 
du Khoraffan l'an 426 de l'Hegire , de J. C. 1034, mais ils furent défaits par 
"Mahmoud le Gaznevide qui les chalTa hors de fes Etats. 

L'an 435 de l'Hegire, de J. C. 1043, les Gazes Turcomans entrèrent dans 
la Mcfopotamie , & fe rendirent m-îîtres de la ville de Moful : mais le Khalife 
Caiem fiemrillah reprit fur eux cette importante ville , & les obligea de fe 
retirer dans l'Adherbigian , c'eft-à-dire , dans les montagnes de la Medie. 

Gaz efl; auffi Je furnom de Mohibeddin Seid HufFain Al Bagaovi, mort l'an 526 
de l'Hegire, qui nous a laiffé un livre fous le titre d'Erfchdd. 

r r 

GAZ AL, nom d'un animal que les Grecs & les Latins ont appelle Dorx:as. 
Nous avons retenu le nom Arabe; car nous l'appelions Gazelle. Scherif Al 
Edriffi dit dans le premier climat de fa Géographie, qu'il y a beaucoup de ces 
animaux dans le pays des Nègres. Les Maronites ont expliqué dans la Geogra^ 
phie Nubienne le mot de Gazai par le mot de Cerfs qui ne fe trouvent ^oint 
-dans toute 1 Afrique; mais Virgile avant eux étoit tombé dans la même faute. 

Ce mot fignifie auffi des vers amom'eux , qui ne doivent pas excéder le nom- 
ire de dix-fept ou dix-huit Beits que nous appellerions Diftiques ; mais dont 
chacun n'eft qu'un vers Arabique. Lorfqu'ils pafltnt ce nombre , le poëme 
.^'appelle Caffidah qui répqpd à nôtre Elégie. Le Gazai ne peut être auffi moîn^ 
are que de fept Beits , on tout au moins de cinq; car quand il n'y a que 

Tome IL I quatre 



^ Ô A Z A n A N. 6 A Z A L IP 

qnatre Beits, c'<éft un Rabeât ou quaeraiii. Les deus premicit BèKs <rttn Oê^ 

s^appellent Methlâ, & les deux derniers Mecdii. 

GAZALAN;on appelle aiiifi les deux Gaielles d'or .dont un jloy de Perfe 
fit prefent au temple de la Mecque» Elles furent lœigrtems cachées au fond du 
puits nommé Zemzem y d'où ayant été tirées y Ahouloheb y ennemi dédaré dç 
Mahomet, les vendit à des Marchands, & en convertît le prix à fon ufage. 

Ce même mot fignîfie en langue Perfienne ceux d?entre les Poëtes qui le 
font appliquez à la compofidon de vers lafbifs & amoureux y que les Arabes 
appellent Gazai. 

GAZALI, furnom d'Abou Hamed Mohammed Zein eddin Al Thoufi. Ce 
Doéleur qui efl des plus célèbres entée les Mufulmans , porte les titres magn^ 
fiques d'Imam alâlem, le fçavant Imam^j ou l'Imam du monde, Amel al ôlamah^ 
telui qui mettoit en pratique ce qu'il enfeignoit. Al Varâ Al Zàhed, qui crai- 
gnoit le plus d'ofFenfer Dieu, & qui s'abUenoit entièrement des plaifirs de la 
vie, Scbeikh d thancat, le Do6teur de la vie fpirituelle , Hoggiat al iÛàm, le 
plus grand témoin du Mufulmanifme. 

11 naquit à Thous , ville du Khoraflan ,. l'an 450 de J'tfegîrc. Nezâm almulk 
l'avoit fait Profeffeur de fon collège nommé Al Nczajniat , qu'il avoit fondé 




fait le pèlerinage de la Mecque , il retourna en ion pays y cù i mourut 1 aft 
de l'Hegire 504 félon Ben Schoûàh, & 505 félon les autres. 

Le plus fameux Ouvrage de ce Docteur eft celuy qu'il intitula jihia Slêum 
eddin. les différentes clafles des fciences qui concernent la Rel^n. Ce livrç 
fut abbregé par Ahmed Ben Mouifa Al Arbeli fous le titre de Rwb oL Ahia j 
c'eft-à-dire , l'Efprit du livre intitulé jUm. 

Il y a un volume dans la Bibliothèque du Roy, qui contient cinq opufcules 
de Gazali, dont te premier efl: intitulé Addaref al àkliah , des connoiflTances in- 
telkftucUes. Le fécond Moncad mm al dbalaly ce qui nous délivre de l'erreur. 
Le troifième Al Madhnouriy (fc. ce qui doit être qaché aux indignes. Le qua- 
trième Mefchcat clanoydry le lieu où la lumière efl: cachée. Le cinquième Men* 
régi al Salskimy les Elévations d'efprit^des perfonnes pieufes vers Dieu. 

Ce Dofteur étant interrogé de quelle méthode il s'étoit fervi pour «river à 
ce haut point de fcience qu'il avoit acquife , répondit qu'il n'avôit jamais eu 
honte de demander ce qu'il ne fçavoit pas. ^ 

Il y à des livres fort fuperftitieux & dangereux qui font attribuez faufie- 
ment à ce Dotteun L'un eft le Khatem y ou Anneau Magique qui efl: dans la 
Bibliothèque du Roy n^. loio. Le fécond efl: Hall al romouz fi mefatih al 
conouz , explication de trois Alphabets renverfez pour la découverte des treforç. 
Ce îivre fe trouve auffi dans la même Bibliothèque n^. 1030.' 

Nous avons encore dans la Bibliothèque du Roy n^. 902, le Livre de For 
uhat al éhumy h clef des fciences, qui eft un commentaire du Ahia al ôloum 

de Gazali. 

Le livre intitulé Jnîs fil ovàhedat , TAmi ou le Compagnon de la folitude e^^ 
attribué à un Abou Hamed Al Gazali , qui mourut l'an 705 de l'Hegire. Il y a 
peut-ctre erreur dans cette datte, '& cet Ouvrage p<3urroit être du mêmeGazaJi 
dont nous parlons. 

/ 



' fi fî'én cfft pas de mtme du GazaK qui portoît te nom d*Ali Ben Coflkibah, 
ic qui moiOTit Tan 878, de THegire, duquel nous avons le Livre intitulé* £/^: 
hkhdth M tnerahemy des moyens qui fervent à attirer fur nous les mifericordes 
de Dieu. 

Le Tarikh Montekheb, livre Turc, cite dans ITiiftoîre de Caîumarath un livre 
du premier ^azali intitulé Nafihat al molouk^ Confeils donnez aus Roys & aux 
Princes. 

L*Emîr Mofthafa Al fchâer a traduit en Turc un opufcule fpirituel de Gazati, 
dont le titre n'eft autre que le commencement du livre, Eiuha al veled^ c'eft-à- 
<lire, Mon fils. 

GAZ AN Khbï. Ceft Mahmiid, fils d'Argiin Khan, qui fucceda à Baidu dans 
les Etats que les fuccefleur» de Genghizkhan poiTedoient en Perfe , l'an de THe-. 
gire 6949 de J. C. 1294, Baidu ayant été tué par TËmir Nevfdz d^ins la viUe. 
de Na^dbxvaâ en Arménie. 

Ce Prince ayant appris dès le commencement de Ton règne que quelques*utts' 
4e fès païens avoieht paflë le Gihon pour lui venir difputer la couronne , envoya 
l'Emir Nevniz en Khoraflan avec une puiflante armée pour s'oppofer à lemt 
deffeins. Ce Général s'acquitta fort bien de fk commiflîon ; car il obligea cea. 
Princes à reteumer fiir leurs pas, & laiiTer Ga2an leur parent jouir en pais dW . 
Royaume qu'il gouvemoit avec .beaucoup de ÙLgsfk & d'équitlé. 

En effet 3 tenoît fouvent en perfonne (a Omr de jufijçe où tous fes^ fiijeta 
étoient reçu» à porter leurs {Maintes contre les plus; grands Seigneurs , & 1er 
premiers Officiers de fa Maifbn , & il leur donnoit à tous une tàxisb^on propor^ 
tionnée aux torts qu'ib avaient f^ufferts. 

L'Emir Nevrdz qui avoit rendu à fon maître de fi bons fervîces dans le Kho- 
raf&a, y fut envoyé derechef en qualité de Gouverneur: mais îl n'y fut pas 
plutôt arrivé, que plufijurs Seigneurs^ du pays qui briguoient œGouvern^nent, . 
& qui lui portoient envie, le rendirent fufpeft à la Cour, & en(^oyerent à Sad-^ 
reddin Khàled , Prefîdènt du Divan , une lettre de Nevniz , qa'ils prétmdoîent 
avoir interceptée , par laquelle il paroiflbît s'entendre avec le Roy d'Egypte pour 
faire la guerre d'un commun accord à Gazan, 

Le Sultan n'eut pas été plutôt informé de ce complot , que fans examiner 
'plus avant la chofe^ il fit affembler fes troupes, l^anôod^ de THegire, de les fit 
marcher vers le Khoraflan, & Cutluc fchah qui en eut ia conduite, reçut? Torchée 
de ne point retourner à Ja Cour , qu'fl n'eût puni Nevniz de f^ rebellioni 

Gazan étoit pendant ce tems-là dans la viUe de Hamidan où il faifoit fou 
lèjour ordinaire, quoy qu'il eût été couronné dans Tauris ville capitale de fon 
Empire , à caufe que lès affaires au'il avoit en Syrie avec le Roy d'Egypte , - 
rbbligeoient à ne pas perdre de vue cette Province. Cuducfchah ne fut pas 
idûtôt entré dans, le Khoraflan, qu'A contraignit l'Emir Nevriiz d'abandonner^ 
fon gouvernement), & de fe refiigier auprès de Fakhreddin Malek Kart qui étdt 
fon gendre àcfz creature: mais ce Prince infidèle oubliwt fes^ obligations, âctonaj 
les &voi£s de TaUiance & de l'hofpitalité, le chargea de fers , .cc.le mit eptre 
les mains de Cuducfchah qui le fit auÉ^tAt mourir, & envoya -& tête a G^xL 
, L'an 597 de rEîegire-Gazîn 3enna Je gouvernement du Khoraflan au Sultan ^ 
iLlgi^tt ibn ff ère , qui fut depuis fumommé Mohammed Kbodabendé« Ce Prinee 

la eut 



(J8 GA^ARIAH. 

çut beaucoup de démêlez avec Malek Kurt, à caufe du voifioage de^Jeurs Etats:* 
mais enfin T accord fut fait entr'eux par les foins du Mofti Schehabeddin Giamu 

L'an 699 9 Gazan fit faire le procez à (on Vizir Sadreddin Rengiani auquel on 
donnoit le furnom de Sadr Gehan , fur la mauvaife adminiftration des Finances i, 
mais en effet pour le dépoiiiller des grands biens qu'il poflTedoit. Ce Miniftre 
aj^ant. été exécuté , fa charge fut partagée entre Rafchid eddin Thabîb , & Khuagd 
Sahedcddiii. 

Dans 1^ même année 699 5 Gazan entra dans la Syrie , & donna bataille à' 
Nafler fils de Calaoun, Rjoy d'Egypte, auprès de la ville d'EmeflTe. Naffer y fut 
vaincu , & ne put fe fauver qu'avec fept Cavaliers feulement. Cutluk fchah. 
Général de l'armée des Mogols prit à compofition la ville de Damas, & tout 
le refte de la Syrie fût fubjugué: mais peu de tems après que -Gazan eut repaffé- 
PEuphrate pour retourner à Hamadan, les Syriens égorgèrent tous. les. Mogolsi 
qui y étoient demeurez en gamifon. 

L'an 702 de THegire Gazan repaffa en Syrie, & vint à Alep où ayant pafl[& 
quelque tems à fe divertir, il laiilà à Cutlukfchah, & à fes autres Capitaines la 
conduite de fes armées , & le foin de recouvrer le refte de la Syrie : Mais Nafler 
qui avoit appris le retour de Gazan en Syrie étoit venu l'attendre auprès de. 
Damas avec une puiffante armée». Ce- fut dans cette même année que Gazàn. 
établit : Caicobad fils de Feramof z , dernier Sultan des Selgiucides de la dynaftie , 
appellée de Roum ou de NatoKe. 

: Gazàn) cependant avoit repafiTé l'Eûphrate ; & fes Capitaines tromper par les' 
efpions , ne fçachant pas la venue de Nafler ^ s'approchèrent de Damas qu'ite. 
croyoient furprendre, lorfque tout à coup leur avan^arde ayant découvert l'ar* 
mée de Naffer, elle fut obligée d'engager la bataille. Le. combat fut l(Mig &. 
cruel; l'Emir Giubàn y fit des chofes furprenfotes, & qui approchoient.de ces. 
faits d'armçs de Roftam&d'Asfendiâr,.anciei;is Héros de'la;Per(e:.mais il ne fut, 
jp,as bien fécondé par les Officiers Mogols qui tournèrent le dos à l'ennemi , , & , 
lui iaifferent une pleine viélpire.. 

L'an 703, Cutlukfchah ayant été ainfî vaincu, repaffa avec fes Mogols, dont, 
il avoit perdu, dix . mil , de la Syrie en Perfe. Il rejoignit Gazan auprès de . 
Cazuin, où le Sultan qui s'y étpit arrêté, recompenfa les fervices &.la valeur, 
de l'Emir Giuban, fit châtier, fuivant la difcipline des Mogols, avec le corrah 
qui eft une efpece de fouet ,, tous ceux. qui n'avoient pas fait leur devoir, &, 
peu de tems après s'étant allité, ilmouruè fort regretté de tous fesfujets, dans: 
un lieu nommé Scham Gazan , le Damas de Gazan* Khmdemir. . 

'Gazàn s'étant. fait Mahometan de la manière que Doulet Schah raconte dans 
la, vie du Poëte Auhedi, prit, le nom de Sultan Mahmoud. Il fit bâtir dés villes, 
aufquelles il donna le nom du Caire,. de Damas ,&. d' Alep , & une fuperbe. 
Mofquée à Scham Gazan où il fut enterré. Mirkhond dit que c'efi le fêul monu- . 
ment des MogoJs qui reftoit de fbn tems, en Afie. 

Abulfeda Prince de Hamah, le plu$ fameux Géographe de. l'Orient, fe trouva . 
daiks le camp -de Naffer,; à la bataille . où les Mogols furent défaits. 

GA'Z A RI AH ; on. ap|)elle aujdur-d'huî " de ce ftom le Beu qui eft appelle \ 
dans l'Ecriture , JBethanîe. 

Gazàri eft le furjoiom dlbrahim Ben Habib, kquel s'eft fervi le premier de. 



G A Z'V-^^GÂ g ^ il V- 1. . (^ 

rAftroIa1)e"cifté lés ! Orientaux: difent avoit. été' Inventé W nweniéè; ^' ^^^ 



Afthadao. 



■r 



GAZI, G)iK}ueraftt. Ge mot devient -le tifre, & *te furnonà de plufieurj» 
Princes tant parmi tes Aîrabes, que parmi les Turcs, qui ont fait la guerre aujc* 
ii^deles, & qui ont étendu les limites du Mufulmani(faic. ' 

GazzL Un homme natif de la ville de Gaza en Paleftîne , tel qtf étoît l^IràaM^ 
Schâfêî , Radbî éddîn Beiï Mohammed , Auteur d'une Argiouzat fil D'hât, '& 
Scharfeddin Ben Afedalcàâ^r Bên- Baraeât qui a commenta le Livre intitulé A/cA»:.) 
rat u al Ndihair. , -\ ' - ^ v 

Gazî Al Ameri qui eft peut-être le même que Radhieddin Ben Mohammed, a^ 
feit un Livre intitulé Effah^ des Elégances de la langue Arabique. On le trouve 
dans la Bibliothèque du Roi îi^^ 11-27;- Vù^îz^ Tahrir.^v . . / ^ ; 

GAZIEH, nom d'une; nation du Turkeftan que Ton nomm^ auffiGàz-de k- 
(juélle les Turcomans tirent leur origine, y oyez h titre de Sin. ,Ebn Alvardi 
dit que cette nation habitoit entré les Khozares, &les Kajmaks ou Calmuques,^ 
comme nous les appelions, d'un côté; & les Bulgares & Khezelgiens de l'autre. ^ 
Tous ces peuples font au deflus de la mer Cafpienne , ^ font paffez enfuitê dans^ 
le Dilem entre les villes & les Provinces de .Giorgiàn,. & de Maràb. Foyez l^^ 
titre deOûz» . ! 

GAZNAH.' fehra al Gaznah , 1er defert de Gâzdah dans.Iaf "Tranfoxâné, 
entre lequel, & la montagne d'Ofî-ooichnah , la ville de Zamin eft fituée. 

GAZNAH & Gaznin, Ville capitale de la Province dèZableftan à laquelle^ 
Naflîreddin, & Ulugh Beg donnent 104 degtez & 20 minutés de longitude, 
33 degrez, & 35 minUtêS de latitude. Ces Aatents là placent dans le troifième 
cUmat aufii-hien qa'/iJ)delmoal dans fà Géographie Perfienne^ qui dit neantnoilbs 
que quelques-uns la mettent dans l'Indoftan , &qtt'ellé n'èft éloignée que ào 
huit journées de la ville de fiamian. 

Gaznah eft une ville, dit le même Auteur, qui'tfa ni arbres, ni jardins, & 
qurn'éft recommandâble que par la grande dynaftie des Princes qui s'y eft éta- 
blie. Lo Sultan Mahmoud fils de Sèbeâeghin qui la fonda , prit le fu^nom de 
Gaznevi, & Fa laiflë à. toute ik pofterîté. Il eft pourtant vray que le même 
Mahmoud fut auflî furnommé Zabeli , à caufe que cette ville eft de la Provinëe 
de Zableftan", d'où étoit fortîe' fà mere^ fille d'un Prince du pays. 

Cette même vJUe devint ^uffi: la capitale des Sultans de la dynaftie des Gauri- 
des qui dépouillèrent les Gazne vides de leurs Etats, & fut pâée &- brûlée par' 
Gihâilibuz. f^uyez Hailàn Bed HulTain. . 

GAZNAVI, &.Gaznevî, Sixrnom de Mahmoud 'fils de Sebeéleghin. Voyez 
plus bas Gazîiaviah* ... 

Cëft aiiflî'le fumom de Hàflan, Poe te Perfien, qui a excellé dans le Panegy- . 
rique qu^U fit de Baharamfchah Sultan de la dynaftie ,des Gaznevides. 

. Othman Bèn Mohaçuned fut auflïfumonMné Gaznevi. B eft Auteur d'un: 
livre Perfiea intitulé Jbudb al Sdadet fi mejfail alfdavet^ les portes^ de la félicité - 
fur les demandes que l'qn fait à Dieu dans la prière. 

I3. GAZNAVIAtt^ 



^ .' G AZNA VI AH. 

. G-AZNAVIÂH en Arabe^ & Gaznevîan en Ferfien» les. GaznarUâS. Ceft' 
une dyn^ie, ôu^race de Princes /de Roys, & de ç-ands Monarques qui ont 
régné dans le Khoraflân , dans la Perfe , & dans les Imes : ils ont tiré leur nom 
de la ville de .Gaznâh 9 fitoée fur les confins du Khoraflàn , du Zableftan , & de 
YJaàe de deçà le Gange ^ à eaufè que ce fut dans cette ville que commença 
la gi^ndeur de Sebefteghin^ père de Mahmoud, qui éleva cette Maifon au,plU0 
l^t degré de la fojxverainecé. 

Cette dynaftie i:amprend quatorze Princes qui ont régné cent doquante 4 
dnq ans dans la Perfe; & dans les Indes, depuis Tan de J'Hegire 384 ou 387, 
jufqu'en 539 ou 542, c'eft-à-dîre , depuis Tan de J. C. 994 ou 95^ , jufqu'eo 
Tan 1144 ou 1147. Lebtarikh, 

[ Ben Schonah dit qu'en Tan de FHegîre 547, de J. C. 1152, la' dy naftie des 
Gaznevides prit fin , & .voicy commme il .eu parle dans fon fidoudhat al- 
menadhir. 

• Cette MàJfbn ôti Dyfaaftie a régné 213 ans dans h Perfe, & dans une partie 
des Indes. Le -.'dernier de fes Princes fut Khofrou fchah, fait prifonnier avec 
fon fils , par Gaiathèddîn Mohammed Ben Sama , ou plûtoft Sam. Ce Prince 
infortuné avoit fuccedé à fon père Baharâm (chah fils de MaflÔud , fils d'Ibra- 
him , fils de :Mahmoud , fils de Sebckteghin , fondateur de cette dynaftie. Tous 
ces Princes- ont été fort eftimez , & louez pour leur bravoure , & pour leuf 
générofité. Ce fut la dynaftie des Gaurîdçs qui leur fucceda Tan de THegire 547. 

Mirkhond^ Khondemîr, le Lebtarikh, Sç autres Ififtoriens Arabes & Petfieos 
cbrivienncnt tous qu'il y a eu quatorze Princes de cette Dynaftie qui ont. régné 
dans le Khoraflàn , dans la Perfe & dans les Indes ^ félon l'ordre qui fuit, pen- 
dant reQ)ace de 155 ans^ 

Magmoud fils de Sebefteghin a régné 31 ans. 

Mall&ud premier du nom, fils de Mahmoud, treize ans. 

Mohapiaed fils de Mahmoud , & frère de Maflfôud , cinq. ans. 

iMaudoud fils de M^fldud premier, fept ans. 

MafISud feconà fils de Maudoud , un mois feulement 

: Ali fils de Mafffîud premier , deux* ans; 

Abdalrafchid fils du Sultan Mahmoud premier Roy de cette dynaftie , un an«. 

Ibrahim fils de Maffôud Second, & petit-fils de Msdimoud, quarante-deux ans* 

Maflôud, troifième du nom, fils d'Ibrahim, dix-huit ans. 

. Schirzàd fils , de Mafloud troifième;, un an. 

Arflan-Schah fils de Mail&ud troifième, & frère de Schirzàd, trois ans. 

/Baharàm-fchah troifième fils de Mafi&ud troifième, & frère des deux précedens 
Roys, trentp-cfcux ans. 

Khofrou Schah fils de Baharimfchah , depôOftlé de &s Etats par Huflain Garni 
quî fonda la Dynaftie des Gaurides ûu- la ruine de celle des Gaznevides, fut Je 
dernier. Ce Sultan régna peu de tems, garda la prifon dix ans, & mourut 
i'an 550 de THegire félon JKhondemir, &. félon le JLebtarik 560. Fbyez Khot 
rou-fchah. 

Pour faire le compté de 155 ans de la durée de cette dynaftie, il faudroit fixer* 
lé commencement du regiie de Mahmoud en 495 de THegîre, quoy qu'il ait 
régné quelques années -auparavant ; mais peut-être n'étoit-il pas abfolu , & U 
faudroit que Khofrou fchah- eût petdu te titre de Sultan avec & liberté en Tan- 

née 



GKZZÂ. :^-:L2.(S>t BAL. fl 

ilëè '550, «r -il'^îiè niouràt qifèn 5«i5é", <rpft pourq^y Iç cttteul de' 55étt Scnoh: 
figàh <îtji donne irs ans 4^ durée à feéttô Monarchie, me parèît pins jiifte. '^ 

GAZZA & GAZZAT^ Ville dé la Paleftine bâtie fur 1« mer Médiierrap^ 
afllez proche d'Afcalon, par où Ton commence d'entrer en Syrie, quand on vient 

^Egypte. . ' : \ : : 

Les Mufulmans prétendent , que cette ville eft un des deux giftes. marqua 
daos TAlcoraiXj quand il eft pjirlé de Ifi demeure qh ft^tion d'hyyer^ ^,de cel- 
le d'été; car tls'cBfént,' que la première- éft ceHè de lîenipn pu Arabip Heureu- 
fe, & que la fécondé eft ceHe œ la Syrîè, à çiufe que le$ Anibê$<?oraiïchites'/ 
du nombre defiiuels étoît Mahomet , trafiquoîent pendant 1 été en Syrie , où îb 
jouiflbient de h fraîcheur de Taîr , & alloient l'hyver en lèmen , où il n'eft 
pus pcffible d'entrer pendant l!été , à cauCe de la chaleur qui y eft exceffive. 

Abddmalek, fils de Hdëhim, dit- fur ces.p2(rolé& de ï'AlcocànV iLst ctémeure 
â'*été eft la vJUe de -Gfaza «en Syrie, dû Hafchem, gnmd^re deMoâiamet^ mou^ 
rut, lorfqu'il y trafiquoit, & l'on y voit encore aujourd'huy fon fépulcre, fe*- 
lori ce vers de Khorzâi. 

Le fipulcre de Hafchem ejl, battu des vents , au milieu 4u cimetH^re de Gàfa. 

Le nom de Gaza eft mis dans ce vers au plurier 3 comme qui dîroît , au tm? " 
Ifeu des terres où la viHe de Gaza eft fituée. 

La ville de Gaza eft fouvent appellée pour ce fujet Gaza de Haïcheînî quoy ' 
qtfil y ait lieu de doijter ïi Hafchem y eft enterré ; car les habitans ù'en ont 
wcune tradition. 

Cependant Khorzfi n'eft pas le feul qui le dilè: Aboli Nàovas dans lepoëmeoà 
il décrit lé voyage qu'il a fait dé Syrie en Egypte, dit: fay fait un voyage 
long & pénible paffant par Gaza de Hafchem & par Farmà de Hagtor. f^eyet 
le titre de Farma, ville d'Egypte où Agar eft enterrée. i 

Ben Khalecin, dans la vie d'Ibîahim Gazi, Foëte Arabe natif de. Gaza,' dit» 
qu'il mourut en Khoralfan Tan 524 de THegire, & qu'il dit ces paroles en mou- 
rant : J'espère bien de la mîféricorde de Dieu pour trois raifOns, la première , 
parce qlie je fuis de la ville de Gaza , pays natal de l'Imam Schafeî ; la féconde^ 
.parce que je fuis fort vieil, il étoit âçé de 93 ans; la troifième > çarce que je - 
meurs hors de mon pays, dans Tétât de pèlerin & de voyageur. 

GAZZAL, Vendeur de fil; Vaflel Ben Athaa eu cefurnom, pris du mê^ 
tier qu'il ^xerçoit. f^oyez fm titre. . . 

GEBAL & Gebel, Montagne. Balad bu Beled al gebdl, le pays des mon^ 
tagnes. C'eft ^nfi que les Arabes appellent la partie la plus montueufe de la 
Perfe, qui porte aum le nom d'Irak Agemi, c'eft -à -dire, Tlraqué Perfienne. 
i^oyez Eriik. 

• Le Gebal, que les Perfans appellent auffl en leur langue Kouhéftan ou Gou- 
)\eftan, pays de montagne, correfpond à une partie de Ta. Medie, & de la Par- 
-the des anciens. Ce pays confine du côté de l'Orient au défert de* Naoubendi- 
-gidn, qui eft entre les provinces de Fars & de KhorafTan: du côté de rOccî- 
-dent à l'Adherbfgîan : Elle a au Mîdy le KhuzKhn & une partie de Tlraque 
Arabique , & au Septentrion une partie de l'Adberbigian, du Dilem & du Im- 
zanperaq. 

Le 



7» ..: G E B A L. 

La ville de Hanutdan ^fi ficuée dans fon milieu ^ & les villes d'Aber^oiieh^ 
de Deinour, de £Lêi, de Cafchaii & de Cpm lui appartiennent: mais celle d^If^ 
pahan en eft la capitale , & eft aujourd'huy le fiége Royal des Sultans de Per« 
fe de la race d'Ifmaël Sofî. 

GEB AL Ahermen , Montagne fabuleufe dans le pays des Fées. Voyez 
Ahermcn. 

r 

GËBAL Camoron, la Montagne ou le Cap de Camorïn ou Comorïn. Ab« 
dalmoal dit dans ùl 'Géographie Perfienne , que cette montagne eft entre le pay« 
de Hend & celui de Tcnin , c'efl-à-dire , entre les Indes &, la Qiine. 

Il faut entendre par ce mot de Tchin , les provinces Chinoifes , dans lefgueL 
les,j félon ]es , Géographes Orientaux y tout ce qui eft au de-là du Golphe de 
Bengale eft compris , & tout ce qui eft au de-çà de ce Golphe & le Kerman , 
c'efi>à-dire^ là Caramanie Perfienne^ felon les mômes Auteurs , appartient aux 
Indos. . 

G E B A L Al camar , les montagnes de la Lune en -^Ethiopie , qui ont plu- 
fieurs -croupes & plufieurs branches. Foyez Camar. 

Une de ces croupes s'appelle Gebal al haical al molTaovar , la montagne du 
Temple ou de l'Eglife peinte , à caufe d'un Monaftère célèbre qui y eft bâti 
Ceitte mont^[Qe s'étend du Levant au G)uchant. 

Il ^y a aufli Gebal al dhehëb , la Montagne tle Tor , où 41 y a plufieurs mi- 
nes; maïs la Montagne des ferpens, qui en eft fort proche & qui s'appelle Ge--, 
èal alhiât, en rend Taccez difficile. La tradition peut-*être fabuleufe du pays eft 
^ue ces ferpens font (i pleins de venin, qu'ils tuent les hommes par leur feule 
^ame 9 &ç, qu'il y a même des fcorpions noirs auffi gros que des moineaux , qrn 
tuent auffi-tôt qu'ils ont piqué. 

; GEBAL Al Koflân & al CofTous , le Mont des Moines. C'eft le Mont 
Athos , que les Turcs appellent aufli Kefchifch Daghi & Ainoros ., qui fignifie 

Monte fanâo^ comme les Italiens le nomment, yoyez le titre d^ Ainoros. 

« 

GEBAL Al Lobnan, le Mont Liban, dans lequel on trouva, fous le Kha- 
lifat d'Omar premier ^ le tombeau de Sennàcherib. Voyez le titre de Senna-. 
icheriva* 

GEBÀL Elia, Montagne d'Elie. Voyez le titre de Zerib Bar Elia. Les Orien- 
Jfemx croyeot -qu'Elie vit dans cette montagne. - 

GEBAL Al j[ioyd,"]a Montagne de Gioud, Les Orientaux appellent àînfi 
les Monts Gordiens en Arménie, & une autre Montagne du Zableflin dans le 
.|)ays de Gaur. y4iyez Schehabeddin. 

GEBAL Al mandeh. Ceft la montagne ou le cap d'Arabie, qui s'avance à 
l'entrée dé la mer' rouge, & qui fait avec la côte d'Ethiopie le détroit qui por- 
te le nom de Bab al mandeb, & que nous appelions vulgairement le détroit de 
JSobelmandel. Voyez ce titre. 

GEBAL 



. G E B A L. -— G E B R A I L 7j 

GESAL Al nathroun, la montagne du Nitre, autrement dite par les Chré- 
tiens d'Egypte Ovadi Habib é^ Hobaib. C*eft ce que nos Auteurs appellent le 
Défert de Nitrîe en Egypte, f^oyez le livre intitulé Arbdin Khahar , qui con- 
tient les vÏQS de quarante Pères du défert, dans la Bibliothèque du Roy, n°. 797. 

GEBAL OUaki. Foyez le titre i'OUaki , c'eft une montagne du pays des 
Nègr^, où Ton trouve beaucoup d*or. 

GEBAL Sous, la Montagne de Sous. Ceft le Mont Atlas, auquel les Ara- 
bes ont donné ce nom , à caufe de la ville de Sous Al Acfa , qui eft fituée 
fur rOcean Atlantique au pied de ce mont. Fayez le titre de Sous Al Acfa. 

GEBAL Tharek ou Gezîrat Tharek. Le Mont ou Flfle de Tharek. Ceft 
Gibraltar, nom qui a été corrompu du mot Arabe. Voyez le titre de Tharek, 
qui fit^là fa première defcente. Abdalmoumen y fit bâtir une ville qu'il nom- 
ma Gebal al feth, c'eft-à-dire, la Montagne de la Vidoire ou de la Conquête; 
mais le nom de Tharek lui oft demeuré. Les Turcs appellent le détroit de 
Gibraltar Sebtab Bogazi , & les Arabes Bab al Zocàk. Voyez le titre de Sebtah , 
qui eft la ville de \:euta en Afrique. 

GEBAL Thour , la Montagne de Tor ou le Mont Sinaî , que les Turcs ap- 
pellent Thour Daghi. Ce même nom s'applique aux montagnes qui font aux 
environs de Mouffal ou Moful; c'eft le Mont Taurus des anciens, 

GEBER. Voyez Giaber. 

GEBR, c'eft de ce mot joint avec Tarticle que nous avons fait Algèbre, 
qui eft Arabe tout pur , & qui fîgnîfie proprement la reduftion des nombres 
rompus, à un nombre entier^. 

Cependant les Arabes ne fe fervent jamais de ce mot feul pour fîgnifier ce 
que nous entendons par TAlgebre : mais ils y joignent toujours celuy de Moca- 
belah , qui fignifie oppofîtion & comparaifon. Ainfi Algebr u almocahelah , que 
les Arabes rangent daps les règles d'Elm al heflab , c'eft-à-dire , de TArithmeti- 
que, eft proprement chez eux ce que nous appelions TAlgebre. 

D ne faut donc pas croire , que cette fcience tire fon nom du Philofophé & 
Mathématicien nommé Geber , que les Arabes appellent Giaber , duquel il fera 
parlé : ni moins encore confondre le mot de Gebr avec celui de Gefr , que Ton 
trouvera ici un peu plus bas. 

Argîouzah fil gebr u al mocabelah , Poème compofë d'Hemîftîques for l'Algè- 
bre, par Ebn Jaflîn ou Jafmin. 

Bedî fil gebr u al mocabelah. Les merveilles de TAlgebré , livre compofé par 
Fakhireddin Al âdhir. 

Eftedaf 
plus grand 
Al Khovarezmi, 



Algèbre, 



Oflbul Al gebr u al mocabelah , les f ondemens & les principes de TAlgebre 9 
pBX Anbari. Voyez aufft le iitre ^]m Heflâb. 

GEBRAIL & Gebrain, & Ghebrail, f Archange Gabriel, fur nommé par les 

Mahp'metans Rouh al Amin, TElprit fidèle, & que quelques-uns d^entr'eux cro- 

Tome IL K yent 



3 



74 " d É B R A ï Li- 

yent ^tre le même que le Ronh alcods, qui eft le fainÉ-Erprit^ dent il eft'paf. 
lé dans TAlcoran ; ils croyent cependant comme noiïs ^ que cet Ange annonça 
à' la fainte - Vierge qu'elle devoît enfanter Jésus -Christ; Les Pcrfans ap- 
pellent par métaphore Gabriel ,' ïhaous 'bâgh behifcht^ le Paon du Ciel ou éa^ 
Paradis, 

Dans le fécond dhapitre de PAlcôran , nous lifons ces paroles: Quiconque ejl 
ennemi de Gabriel y fera confondu. Huffain Vaéz dit fur ce verfet: Gabriel eft lé 
grfixTieft des tréfors céleftes, ceïl^l-dîre> des révélations ; Ici ]mfs fe fcût tou- 
jours plaints de Gabriel , & ont imploré le ifecours <fc Micbel contre lui ; car 
Michel leur a été toûjolM^ favoraWe,. & ils diibiént même: Si Mahomet s'étoit 
fervi de Michel & non pas de Gabriel /nous laurions tous fuivi. Ceft donc * 
Gabriel^ pourfUit cet Auteur, qui a «pporté à Mahomjet les révélations céleftes^ 
alnfi qu'il les a jpubliées, &xce fut lui qui te conduifit, lorfaue monté for l'Ai 
Borak, il fit ce voyage noâurne au dél, que l'on liômme Mêrag, fur lequel 
<in a fait des livres entiers. ' 

Au refte , Gabriel eft l'ami des Mufulmans , ^arce qu'it a fervi lé Meffie , 
qu'ils révèrent , & Ttrinenri dos Juifs , qui ont rqetté ce même Meffie , à leur.^ 
confufion. ^ 

Mikail & Gebrail font de a genre d'efprits céleftes ^ que les Mufulmans ap- - 
pellent Mocarreboun, c'efl-à-dire, qui approchent de plus près le trône de Dieu. 

Il eft rapporté dans le chapitre Houd du même Alcoran , que Dieu voulut 
punir le peuple de Themud ou les Themudites , ancienne tribu des Arabes d'en-r> 
tre celles qui font éteintes , pour avoir refufé de prêter rdWfjDè dût prédioa- 
tions- du Prophète Saleh qu'il leur avoit envoyé.. 

Ce Prophète leur ayant donc annoncé , de la part de Dieu , quMl« 'dévoient 
tous périr dans trois jours, les Thcmudîtes . appréhendant l'elïet de fes ména-- 
c€s , travaillèrent pendant ces trois jours, à creufer dès fofles ou des càves dans 
Içurs maifons y pour s'y mettre à couvert de l'orage qu*ils crtiignoient , & ils - 
n'en fortirent point que le quatrièrhe jour , auquel ils crurent que le tems ite 
leur punition, étoît paffé , voyant le foleil fe lever Se les éclaireV à foft ordjnai- 
re. S-'étaht donc encouragez les uns les autres , il^ quittèrent leurs maifons & . 
vinrent au-^ehors de leurs habitations» 

Dans ce même tems , l'Ange Gabriel leur apparut dans fa véritable forme , & . 
void comme l'Auteur du ZdJ al Melîîr Fa décrite exaftement. Cet Ange avoit 
fes pieds pofez fur terre & fa tête élevée jufqu'au ciel; il étendoit fes aîlcs de- - 
puis l'Orient jufqu'à l'Occident ; fes pieds étoient de couleur d'aurore & fes aî- 
les vertes: fes dents étoient blanches & luifantes, fon front poli, fes yeux bHl-- 
lants^ fes joues enflammées-, & .les cheveux de fa tête rouges comme k corail^ , 
dcfquels il couvrit tout l'horizon. 

Les Themudites épouvantez par la vue d'un objet fi terrible , fe retirèrent . 
fort vîte dans leurs maifons, & allèrent fe cacher dans les foffes qu*ils avoient : 
creufccs ; Gabriel cria pour lors d'une voix épouvantable : Mourez tous ; car * 
vous êtes 'faaûdits de Dieu , qui vous a çondanmez. C« cry . de. Gabriel fut fi : 
fort , qifil caufa en même tems un tremblement de terre j lequel ayant renver- 
fé toutes les maifons du pays , les Themudites demeurèrent tous enfevelis fous ' 
leurs ruines... 

GEBRAIL,. 



j6:E9ltAf^, Nom à» çs P^Jmf^^ i'M^xafiàpc^ auguel QaiiiJiioiia, Efjpjc. 
■reyr d^ A'b^t^ > envoya k vie 4e Tf||t?Qiçiin^nqutb , Père & Fondateur' dès 
Moioe^ (^'J^tjhippj^, Cet^ vie iè (xouve écrite en Arabe, dans la Bibliotl^eq^e 
'^ Roy, a^i fs^. 

JÇE3RAIL Ben Gergi5 AJBaKh^fouâ, nom d'yn excellent Médecin Chré- 
tien , natif de Syrie , qui vivoit fous le Khgilîfat dp Harçun Rafchid. Ployez 
Bakhtiibvâ & Manghe. Âboulfarage raconte plulleurs de fes cures. 

GE BRA IL Al Cahhâl , Gabriel POculifte. Ce Médecin étpît auffi Chrétien , 
& cependant îl étoit entré fort avant dans les bonnes grâces' du Khalife Al Mâ- 
moun ; mais il pefdit entièrement la faveur de ce Prince , pour avoir dit un 
Jour à quejgue^ Sei^^ ^e Ql Cour qu'il dQrjOioiL 

CEP AL;, c'en ce que les Mufulmans';ippellent autrement Gehâd fi ^ebjl 
AlWh, la guerre dans la voye de Dieu, c'eft-à-dire, contre les Infidèles, ^oyèz 
le titre de Warb, où vous verrez les différentes guerres qu'il faut faire aux uos 
& aux autres de ces Infidèles > félon la loy Mahometane. 

GEDHAMl, fumom d'Ahmed Ben Daoud , originaire d'une des anciennes 
familles ou tribus des Arabes , appellée Giadhim. Ce perfonnage eft Auteur 
d'un Con)iQe9taire fur le livre intîtujé ^(hb 4I çafeb. Voyee ce titre. 

GJEJ5 J , un Chevreau^ Le figne du Capricorne porte ce nom chez les Ara- 
•bes ; mais le même mot fignifie auflî chez eux une étoile Septèhfripnale , & fe 
prend même pour le Pôle', ou pour l'étoile polaire. 

Le Capricorne étoit le figne afcendant ou Horofcope dans le thème ou figm» 
inetl- ' *" "^ ' ' ""^ •-^---^-- .....,._.__ ._^ , 

:oit i 

.'pîiqiia ; L'on m^a dit autrefois que j'étois né fous le chevreau; mais ayant ,viejp[- 
.li depuis ce tems-là, je croy que le chevreai^ fera maintenant devenu bouc. 

GEDOVAL ; ce mot qui fignifie proprement un ruiflieau pu un canal, ie 
prend métaphoriquement pour une table Aftronomîque & pour une Ephemeride. 

Gedoval fadhl al dair, Table de la longueur des jours & des nuits , calculée 
Ji la hauteur de 33 degrçz » 30 minutes , qui eft eelle de la ville de Damas., par 
.JKbalilL Ce livre eft dans la Bibliothèque du Roy, ji^- 888.; 

Toutes les Ephemerides , que nous appelions vulgairement Almariachs ,, écri- 
âtes en Arabe , en Perfien & en Turc , portent le UQm de Gedoval; Il y en a 
pluûeurs dans les Bibliothèques du Roy , du Grand-Duc & ailleurs. 

GEFR u Giamê, nom d'une Membrane ou, parchemin , fait de la peau non 

iTun chevreau , ( ce que Gefr fignifie proprement en Arabe ) mais de celle d'un 

chameguLi , fur laquelle Ali & Giâfar Sadek écrivirent en caraftères myftiques la 

.defidnée du Mufulmanîfme , & les grands évenemens qui dévoient arriver dans 

le monde, jufqu'à la confommation des fîécles. 

Cette membrane eft divilBe en deux Bab ou chapitres , dont le premier , qui 
porte le nom de Grande ùnïi l'ordre de l'alphabet Arabique , appelle Teheggi* 

K % qui 



r6 GEGKÎL. G E H A R 

qui contient vîngt-huit lettres, & le fécond appelle le Pètît, fiiît Tordre de 
22 lettres Arabiques , rangées félon l'Alphabet Hébraïque & Chaldaïque ; c'vift 
ce que les Arabes appellent Abged : mais l'explication de tous ces myftères eft 
refervée au Mehedi qur doit venir à: la fin du monde, félonies réverie».des Ma- 
hometans*. 

Il y a cependant dans là Bibliothèque du Roy, n^. 1017^ une interprétation 
de Cette membrane , attribuée à l'Imam Giafar Al Sadek &. le livre intitulé 
Erkha al fotour , en fait mention. 

L'on peut voir aufli à la fin de la patente, que le Khalife Al MamoH don- 
na à Ali Al Ridha, lorfqu'ii le. déclara fon fucceifeur, quelque chofe qui regsir- 
de la Gefre». 

GEGHIL ou Tchighil, nom ^fune Bourgade dû Turqueffan , fituée proche* 
de la ville de Tharâz , laquelle s'eft rendue feulement célèbre par la. nailfance 
d'Abou Mohammed Abdalrahman Ben lahia, qui porte le titre d'Al Khathib.Al^ 
Samarcandi , c'eft-à-dire ,.le Prédicateur ,. ou plutôt le.Faifeur de prônes de la. 
ville de Sàmarcande», 

GEHAN âc.Gihan, en Pèrfîen fîgnifié le monde. Ce mot entï?e, dans la i 
compofition de plufieurs noms, tels que font les' fuivans. 

' GEHAN Pehelevani , nom d'une Charge, que les anciens Roys de Perfe 
avoient accoutumé de. donner aux plus vaillants hommes de leurs Etats.. Elle- 
répond à FEmir al Omara des Khalifes, & à celle de Connétable parmi nous. 
. CaicoBad , Fondateur dé la dynaftié des Caianides , donna cette charge à RoC- 
tam, qui étoit le- plus renommé perfonnage en valeur & en puiflance de toute 
la Perfe, & qui paffe encore, aujourd'huy dans TOrient pour le modèle desplus. 
v-aillans guerriers. 

GEHAN-Schah,^ frère d'Emir Eskandér & fils^e Càra Jbfeph lé Tiirco. 
man , fut le troifièfne Prince de la race du Mouton Noir. Il fucceda à fon 
frère, pritle Gurgeftan, c'eft-à^drre, la Géorgie, & fe rendît maître d'une grau- 
de partie de la Perfe & du. Kerman , auffi-tôt après la mort de Mahmoud , fils • 
de Baîfangor lé Tîmuride, qui arriva l'an 8j6 de THegife, de J. C. 1452. 

n fit en S6ï' la guerre en Khoraflan, à Mirza Ibrahim, fils d'Alaeddoulat qu'il 
défit , puis à~^ Abbufaîd , autre Prince dès defcendans de Timur ou Tamêrlan , 
avec lequel il* S'accorda . néanmoins , pour courir à-Tauris , où un de fes enfans 
s'étant révolté, il le rangea à" fon devoir, & le mit.enfuite dans^une étroite 
prifon. 

Pir BUda'k', qui'étoil un autre de fés enfans, s'ét'ant auflî' cantonné dans Bag- 
det, il Taifiégea pendant un an, & s'accorda enfin avec lui environ ran-869. . 

La guerre que Gehanfchah fit .à.Ufuncaflan, qui n'étoit alors que Gouverneur 
de Diarbek, commença en 87.2, mais elle ne lui fut pas heureufe ; . car celui- - 
cy étant à la tête dé cinq mil chevaux feulement, le furprit , lorfqu'il n'en avoît 
que mil avec.lefquek'il rejoignoit fon armée. Il fallut cependant fe. battre, & 
il fut tué lui & fon fils aîné. Le fécond de fes enfans, demeuré prifonnier dii 
vainqueur, fut privé de la vue., &.le. troifième ,. nommé Hàiran Ali, lut fucceda^.. 
Mirkhond.^ 

GEHANGHIR^ 



GEHANGHIR. GEHEL. jj 

GËHANGHIR^ le Conquérant du monde. Noiii que Tamerlan donna à 
fon fils aîné , fur lequel il fondoit de grandes efpérances ; mais il mourut du 
vivant de fon p^e 9 & Iai(]& de Khanzadah fa femme un fils nommé Moham- 
med , lequel Tamerlan deftinoit pour être Tunique héritier de fon grand Em- 
pire; mais la mort le lui ravit aulli fix mois avant fort décès > Tan 8o6de THe- 
gire, dej. C. 1403. 

GEHANGHIR, fils d'Ali Bcgh&. neveu de Hamzah Begh. II fucceda à 
ion oncle dans les Etats de la dynaflie des Turcomans du Mouton . Blanc. D 
mourut Tan de THegire Z-jx^ dé J. C. 1467, prefque entièrement dépouillé par 
fpiï frère Haflan y que nos Hiftoriens appellent Ufuncaflan. Voyez le titre de 
Haffan al Tbaouil. Ce Prince fut Je cinquième Prince Turcomaa de la race des 
Âc Coinlu, ou du Mouton Blanc. 

GEHANGHIR, fils d^Àcbar & petit-fils de Hômaîoun, Emperçur des Mtt- 
gols ou Tartares- de la race de Tamerlan , qui régna dans les Indes. 

Ce Prince fit peu d'état dû Màhometifme qu'il profeffoit néanmoins , non plœ 
qu'Acbar fon père. Il permit aux Chrétiens de bâtir dOs Eglifcs, & dfe faire une 
épreuve de feu entre fes Moulas ou Dofteurs , & un Jéfuite , qui fut furnommé 
depuis le Père Atefch ou^ le Père Feu> fur le fujet des deux Religions Qhrê- 
tienne & Mahometane. Il eft vray, que la compaffion Tempêcha. d'en permet- 
tre Texécution» - , 

Nourgehan^ fa femme lé gouT^ernoic prefqu'abfdument. Le nom: de cette Prin- 
oefle fîgnifie la lumière du monde^ de même que le nom de Nourmahal , au- 
tre Princefle Mogoliennô , fignifie la lumière de la Cour. Gehanghir fut père 
de Schah gehâa, nom qui fignifie Roy du mondé , on lé nomme auflî Sultan 
CôrouîT. 

Ce fut Gehanghir qui fît faire lé chemin Royal" de 150 lieues d'Agra à La- 
hor, avec un plan d'arbres des deux cotez. • 

GEHEL^ rignorancé. Je retnarqo'erai dans * ce titre quelques traits des Au- 
teiirs Arabes , Pèrfans & Turcs , pour faire connoître quel état ils font de la 
(cience, & quel mépris^ ils ont pour les ignorans. 

Tofteri difoit, que Tignorancô eft la fource de tous les péchez qui Te commet- 
tent contre Dieu, & -qu'il y a cependant encore un mal plus dangereux, qui 
eft l'ignorance àa fon ignoiiadce. - Algehel belgehel. 

Un autre Arabfe ti dit^, que l'ignorance eft. une . méchante- monture , qui fait 
fans ceffe broncher • celui qui eft deffus- j & qui rend ridicule & méprifable ce- 
lui qui -1» conduit. - Algehel fnathiiat imn racabha zall u man Sahaihâ dhali. 

N'admirez point, dit un Poëte Arabe, la bravérie & la piafib d'un ignorant; 
car c'eft un mort couvert de tes ornemens funèbres. Et un Perfien dit, que le 
portier d'uix td homme peut fort bieù répondre à xrelui» qui <iemande fon mat- 
tPe : Il n'y a perfonne au logis. 

Fodhail a dît autrefois : -Vou^ cherchez, dans ce monde deux chofes que vous 
n'y trouvez point. La première eft uij homme fçavant qui foit pieux; mais 
mS^tàt que vous avez rencontré de la piété , vous y trouvez de Tignorance. 
ta féconder chofe que vous cherchez dans le monde, eft un ami lincère & 
confiant; appuis que vous ne trouvez point celui-cy ntm plus que l'autre, ne 
vaut-il pas beaucoup- mieux vivre dans la retraite» 

E 3. L'Auv 



I 



G Ë H E L; 



UA«te(ir <fu Haottd d abrar tkpporte , que Mahomet a prâlit cfoté Toa peu- 
ple ou fe rdigiofi périroît par deux chofes , par l'ignorance & par l'avarice. 
Éeterk ni ilm u gtmd al mAL Nous voyons accomplir une partie de - cette pré- 
diftion en ïk)s jours. 

L'on trouve ^Btre les fentences d'Ali , celle-ci* La da aâia men algehd^ il n'y 
a point de maladie plus difficile à guérir que l'ignorance invétérée. Los deux 
Poètes , l'un Perficn & l'autre Turc qui Font paraphrafée , difent » que la fcience 
eft je partage des heureux , & que Ja niifère eft 1 héritage des ignorans. 

Tout le mal des hommes, dit Huflkin Vaêz> vient de leur ignorance volon- 
taire, qui les empêche de faire attention à ce qu'ris cornioiffent , ni ae réflexion 
fur ce qu'ils pratiquent C'eft pourquoy, nous difons, dit-il, dans TAlcoranau 
chapitre intîtiflé 3^onas: La plus grande partie des hommes eft dans Cignorance. • 

Les caufes de ,cette ignorance font expliquées par un Poète Perfien dans les 
vers foivans. 

Ce mondé eft "une grande foire , dans laquelle tout Je pajfe -ordinairement , comme 
dans une fête de village^ oii il n'y a pour tous inftriiLmens de mufique qu'u- 
ne^ cornemufe^ 

Toute tapplication de nos fens rCeft que pmr les chofes les pkts viles & Us plus 
méprifcdiks. 

Il ri y a que fœil de la fcience cf de V intelligence , qui puiffe percer Us voiles pu 
nous cachent les chofes fpirituelles. 

Sans cet oeil éclairé , nous ne pourrons jamais arriver jufqu'à la contemplqtim au 
Royaume célejte & éternel. 

VoifeaUj qui eft tenu prifonnier dans une cage cf qui a perdu Tuf âge defes a(les^ 
-peutM avoir quelque connoifftmce des beautez de la campagne^ 

• 

Lamai, Poëte Turc, dit dans fes "Lathaif: Si un ignorant reconnoît en foy- 
-ni^me unfe feule vertu, il croit en avoir cent, & s'il a d ailleurs mille imper- 
;:feftions , il n'en apperçoit aucune. Lorfqu'il confidere quelque excellent hom- 
me, s'il remarque en lui quelque défaut, il lui femble en voir mil. 

Le même Auteur racontant les plaintes que lui faifoit un ignorant, de ce 
qu'il avoit loigé un homme de -lettres chez lui, duquel il fe tenoit fatigué, s «-» 
crie dans la même langue ; Les rochers témoignent par leurs éohos d'être mu- 
chez des airs d'une voix agréable. Les tulippes & les rofes iè déchirent au ga- 
-zouiUement des oifeaux. Les chameaux mêmes & réjouiifent aux chanfons de 
leur chamelier. Il faut être plus dur qu'une pierre , & plus ravailé qu'une bi^ 
' te , pour demeurer infenfible à la poëfie & à la mufique. 

(^oy que les Orientaux faflent grand état de la fcience , ils difent cependast 
que les plus grands Dofteurs né doivent point avoir honte de confefler leur 
ignorance en beaucoup de chofes , & de dire fbuvent , La ^dri , Je ne Cç^y 
pas cela ; car 'Ali fién lezid Ben Hormouz difoit , qu'un habile Docteur devoit 
laifler à fes difcifdes cette maxime pour héritée. 

Ali ayant fait une pareille réponfe à une queftion qui lui fut faite , un impa*- 
tinent lui dit , qu'il donnoit une marque d'ignorance. Alors Ali kii répliqua : 
Ma réponfe marque que je fçai quelque chofe , & que j'en ignore quelqu'une; 
or il n'y a que Dieu qui fçache tout & qui n'ignore rien. 

Ua 



GEHENNE M, 



W 



Un Doâeur ayant fait la même réponfe qir'Ali > utt <Ie ^ C0lIèg:Bei' H» le- 
procha, qifëçanc le chef d'une école ceJèbre, il ne- devoît p^ avouer ainfi foi» 
ignorance , & que cette façon de parler le furprenoic fort. Ce Doâ:eur lui ré- 
pliqua: Il y auroit lieu.de s'étonner, beaucoup plus d'un homme qui parleroit 
fang Içavoky & qui citeroit & allégueroà (ans autorité. ^ comme Sont pluikur^ 
Dofteurs, 

L'on rapporte d'Ebn Maffi^ud, qu'il avoit accoutumé de' dire > que ie boucjter 
qui met à couvert on Doéleur eft de fçavoir dire ce iBût> Ls Âdriy Je ne fçai 
pas; car lorfqu'il fe trompe en difant ces paroles , il vaut beaucoup mieux* rar, 
yèz le titre d'EXm > qui iignifîe la fdence. 

G È H E N N E M , les Arabes Mufulmans ont appris apparemment des Juifs ki 
des Chrétiens ce mot , qm fignitie chez eux: TEafer , au/H - bien que celui de 
Gehîm. . 

L'origine du mot Hébreu vient de Ghéhennom, nom qui fignifie la vallée dç 
Hénnon , oii les Amor irheens faifoient brûler vîfe leurs enfans qu'ib lacrifioient 
à Molok. Cependant Gehennâm fignifie en Arabe un puits très-profond & Ge*. , 
him im homme dont le yifage éft laid & contrefait 

Ben Gehennem^ im lils de Tenfer, fe prend ordinairement chez les Muful-- 
mans pour un réprouvé-, & néanmoins c'eft auffi le furnom ou plutôt Je fobri- 
quet de Noureddin Kaliami , de la même manière que Ton a donné parmi nous 
à quelqu'un celui d'Ame damnée. ^ 

' Les Mafulmans donaecit aufli généralement aux Réprouvez le nom de Ashàb 
û nar , les compagnons du feu & pkifieurs noms à l'Enfer , comme nous ver- 
rons plus bas. Ils ont auffi une efpèce de mythologie, félon laquelle il y a 
dès rivières & des arbres en enfer ^ auffi -bien qUe dans le Paradis. L'art>r.e 
qu'ils appellent Zacoum , dont les fruits font des têtes de Diables ^ .eft le plia 
tôrrible de tous. 

Thabokh eft le ncMa de l'Ange qui* préfide de la part de Dieu à Fenfa-, Ce 
mot fignifie proprement un Bourreau. 

Dans l'Alcoran au chajMtre de ^? Pierre , il eft dit ^ que l'Enfer a fept por- 
tés, & que chaque porte afon fupplice particulier. 

Quelques Interprètes difent, qu'il faut entendre par ces fept portes, fept éta^ 
ges difFérens , dans lefquels fept différentes fortes de pécheurs feront punis. 

Le premier, qui s'appelle Gehenném, eft deftiné pour les Adorateurs du vrai 
Dieu^ tels que font les Mufulmans, qui auront mérité parleurs crimes id'ytombei> 
. Le fécond, appelle Ladha, eft pour les Chrétiens. • i 

Letroîfième, nommé Hothama, eft pour les /Juifs. . ' 

Le quatrième, nommé Sàir, eft deftiné aux Sabjens, 

Le cinquième, appelle Sacar, eft pour les Mages ou Ghebres. 

Le fixième, nommé Gehim, pour les .Payens & Idolâtres, appeliez Mufchre- 
can , qui admettent la pluralité des Dieux. 

- 'Le fepltième & le plus profond de Tabyfms , qui. porte le nom -de Haoviat , 
eft refervé aux hypocrites, c'eft-à-dire, à-^eux qiy font paroître au dehors qu'ils- 
ont utfc religion, & qui n'en ont aucune dans le cœur, & ce dernier étage eft 
encore appelle Derk AsfaU c'eft-à-dire, le plus profond. 

L'Imam Manfor , dans fon livre intitulé TaonitUy diflribue d'une autre maniè- 
re ces 4iff4érens étag;çjs* < 

II: 



gc^: GEHENNE M. 

Il prétend d'abord, qu'il n'y en a point de particulier pour les MufùImàM, 
parce qu'ils n'y doivent avoir qu'une demeure paflagère , & non pas éternelle 
comme les autres. Il relie donc feulement à y placer les autres. 

Le premier étage eft donc , félon cet Auteur , pour ceux qu'il appelle De- 
heriens , qui croyent l'éternité du monde , & n'admettent ni création , ni Créa- 
teur. 

Le fécond étage eft pour les Thanoviens ou Thenovites, qui admettent deux 
principes comme les Zoroaflriens & les Manichéens , & pour les Arabes Idolâ- 
tres qui étoient du tems de Mahomet. 

Le troiûème eft pour les Barahemâh y qui font les Bramens ou Brachmane^ 
des Indes , qui rejettent les Prophètes & les livres ùuorez , 6c qui ne croyent 
ûi au vieil , ni au nouveau Teftament. 

Le quatrième eft pour les juifs, qui ne reçoivent que Je vieil Teftament ' 

Le cinquième eft pour les Chrétiens , qui reçoivent le vieil & le nouveau 
Teftahient 

Le fixième eft pour les Mages de Perfe , qui ont des li vres^ les uns attribuez 
à Abraham & les autres à Zoroaftre : ces gens font les mêmes que les Ghebres. , 

Le feptième eft du confentement de tous pour les hypocrites, qui font pro- 
feffion d'une religion qu'ils ne croyent pasr C'eft de ceux-ci qu'il eft parlé fi 
fouvent dans TAlcoran : car Mahomet fe doutoit bien, que plufieurs feroient 
^rofelEon de fa Religion fans y ajoûtçr foy ; «c'eft pourquoy toute fa colère & 
toutes fes menaces font contre ces gens-là. 

' L'Auteur du Bahar el Hakaîk <iit plus fpiritoellement , que les fept portes de 
Tenfer font les fept pêthez capitaux , qu'il nomme en cet ordre : La cupidité ou 
Favarice. La gourmandife. La hayne. L'envie; La colère. La luxure & l'orgueilk 
Il conclut , que c'eft par ces fept portes que l'on entre dans l'enfer de l'éloigne- 
ment & de la privation de Dieu. 

Dans le commentaire du livre intitulé Refchef^ Ton trouve qu'il y a fept por- 
tes à l'Enfer, il caufe des principaux membres de l'homme ^jui font les inftru- 
mens du péché, & par conféquent autant d'ouvertures & de descentes aux En- 
fers. Ces fept principaux membres font les yeux , les oreilles , la langue , le 
ventre , les parties naturelles., les pieds & les mains: fur quoy un Poète Perfien 
a dit : Vous avez les fept portes de l'enfer dans vôtre corps ; mais Tame peut 
faire fept ferrures à ces fept portes. La clef de ces ferrures, qui eft vôtre franc 
arbitre, eft entre vos mains , .fervez-vous en pour fermer fi bien ces portes , 
qu'elles ne s'ouvrent plus à vôtre perte. 

Dans le chapitre intitulé Aaraf^ on lit que U% damnez difent aux Bimheureux: 
Répandez fur nous de cette eau , que v&us ayez en abondance pour étancher nôtre foif; 
faites-nous part de ce que Dieu yous a donné fi libéralement pour addoucir nos mauxz 
mais les Bienheureux leur répondent.: Dieu a défendu & interdit ces chofes aux m- 
pies qui ont fait un jeu de la Religion , 6? qui fe font laijfez abîmer par les trom^ 
peries de la vie du monde. 

. Il n'eft pas difficile de s'appercevoir , que ceci eft pris tout-entier de la para- 
bole du mauvais riche, qui eft couchée dans l'Evangile. 

Sur ce qu'il eft dit îcy, que la vie du fiécle préfent, ou du monde, trompe 
les hommes , un Interprète de ce paffage dit : Ce que nous croyons voir dans 
le monde , n'eft que le fantôme d'un ibnge. Les maifons que nous habitons 
ne font que des logis de paûTage , fituez fur la route qui nous mené au terme 

fatal 



G E H'E N N E M. gi 

fatal de nôtr^i vie. Le monde enfin n'eft qu'un fond de mifères, & il faut être 
toujours en garde contre fes fraudes & fes illufions. 

Les Epitiietes du monde chez les Orientaux font Gadddr^ Trompeur ; Mak^ 
har , Drefleur d'embûches ; Bazi Kion j Charlatan ; Piuhzen , une vieille forciè- 
re •. c'eft ce que rapporte icy ce même Interprète. 

Le plus grand de tous les maux des damnez , difent les Mufulmans , eft la fé- 
paration de Dieu , qu'ils appellent Ferâk > en quoy leur doâxîne eft conforme 
à celle des Chrétiens , qui appellent cette féparation la peine du dam. Leurs 
Interprètes veulent , que cette grande peine, Adhdb al adhim, de laquelle il eijb 
parlé dans l'Alcoran , fe doit entendre de cette privation de Dieu , & que par 
les mots d' Adhàb al alim y qui fignifient la peine douloureufe , de laquelle il 
eft fait fouvent mention dans le même livre , on doit entendre la peine du feu. 

La plus grande peine des damnez ^ dit Cafbhiri , eft leur éloignement de la 
préfence de Dieu 5 & le voile épais qui les empêche de jouir de cette lumière 
divine , qui fait la vifion beatifique. Ceft cette lumière que aos Théologiens 
appellent la lumière de la gloire. 

Le même Auteur, qui pafle pour être un des plus éclairez & des plus affec- 
tifs entre les Mufulmans, dit à Dieu: Vous nous menacez, Seigneur,, d'une fé- 
paratien amère ^ qui nous privera pour jamais de vôtre préfence. Ah , Sei- 
gneur, f^es de moy tout ce qu'il vous plaira > pourvu que je ne fois jamais 
léparé de vous. U n'y a aucun poifon plus amer, ni plus mortel que cette fé- 
paration; car que peut faire l'ame féparée de Dieu, finon, d'être dans une in** 
quiétude & dans une agitation continuelle qui la tourmente. Cent mille morts 
les plus cruelles fe peu veut foufFrir; car, après tout, elles n'ont rien de fi ter- 
rible que la privation de vôtre divine face. Tous les malheurs du fiécle , tou- 
tes les maladies les plus aiguës & les plus fâcheufes jointes enfemble , ne me 
font rien & me paroiffent incomparablement plus aifées à fupporter , que cet 
-éloignement Çeft cet éloignement paffager qui rend nos terres ftériles , qui 
tarit & qui infèâe nos eaux,' que fera-ce, s'il eft étemel? Sans lui le feu d'en- 
fer ne brûleroit point , & c'eft par lui qu'il devient fi ardent. En un mot ^ 
c'eft vôtre ffeule préfence qui nous foûtient & qui nous comble de toutes for- 
tes de biens, & vôtre abfence eft celle qui caufe tous nos maux. 

Plufieurs Mahometans font, par une extrême impiété, Dieu auteur du mal& 
du péché ; ils admettent par conféquent la réprobation pofitive, & enfeignent 
que Dieu a créé des hommes pour le feu. -, fondant cette doârine fur plufieurs 
paflages de l'Alcoran. 

Dans le chapitre Aaraf fur ces paroles: Les médians feront punis pmr ce quUls 
auront fait de mal^ HuiTain Al Heraovi dit , que ces méchans-là font ceux qui 
ont été créez pour le feu, de même que les ^redeflinez l'ont été pour la gloi- 
re; car il eft porté dans la fuite du même chapitre : Ceux qui font créez pour 
le Paradis ,' ne manquent point d^étre dirigez félon la vérité , & font juftifiez par 
elle. 

Dans la fuite du texte ^ nous lifons ces autres paroles attribuées à Dieu: y'at- 
tracerai les méchans oii ils ne penfentpas^ ils auront pourtant du tems ; mais lem^ 
bûche que je leur dreffe eft tres-forte ^ c^eft^à^dire , inévitable. Voici la manière 
avec laquelle Dieu fe gouverne à l'égard des reprouvez , félon le fentiment de 
i'Imam Cafèhiri. Chaque fois. que ces malheureux pèchent, Dieu augmente leurs 
èiens, afin qu'ils augmentent leurs péchez. Cette tromperie donc que Dieu fait 

ToM£ IL L aux 



St GEHERPrAZ. G?ELALEDDIN; 

aux reprouvez , confifte à leur faire du bien & à les rendre ingrats , jufqu*à 
ce que le tems de les punir foit venu ; & cette tromperie s'appeUe encore cmi 
bûche, parce que c'eilr une conduite cachée qui paroît au. dehors bonté ;. mais 
qui tfeft effectivement qu'un pur abandon. 

Il y a encore, un peu plus bas dans le même chapitre ,^ un veriêt plus inu- 
pie : Celui que Dieu met dam le mauvais chemin , n'a plus de guide qui le puiffe 
Tedrejfer\ car Dieu laijje les dévoyez dans leur erreur ^ & ils demeurent étourdis fif * 
confus. 

Il y a pourtant quelques Auteurs qui donnent un bon fens à ces paroles > e»- 
ïes entendant de l'abandon que Dieu fait de certains Pécheurs , dont il punit les* 
péchez par d'autres péchez , defquels il n'eft pas l'auteur & qui font les effets^ 
de la pure malice des pécheurs : mais cette explication eft celle des Motazales». 
qui font des feftaires &. non pas celle des Mufuhnans Orthodoxes, qui foûtien- 
nent la prédeftination abfolue & pofîtive, à l'égard des Elus & des R^eprouvez. 

Les plus motièrez entre les Mufulmans s'en tiennent à ce prindpe exprimé 
métaphoriquement par un Poëte Perfien. Si la grâce du fouverain Maître &- 
Gonduâeur ne vient à notre fecours,, perfonne ne trouvera . la bon chemin, iii: 
n'arrivera au gîte.. ^ 

GEHERNAZ ou Tehehemaz, la^dôt dé la beauté. Nom de lafœur de 
Caicaus , fécond Roy de Perfe de la dynaftie des Caianides , . qui fut mariée à ^ 
Sx>ftàm;^. 

GEL AL Allah , là gloire de Dieu. Ce mot fe prend non fei^ment pour - 
ia gloire eflentielle de Dieu inféparable de fa natui^; mais encore pour une 
manifeflation fenfible de la préfence de la Majefté Divine , telle qu'elle fe fS-^ 
foit connoître entre les Chérubins de l'Arche & fur lé Mont Sinaî.^ Les Mu- 
fulmans difent ,, qu'un rayon de cette gloire réduifit en poufliére le mont Pha- 
rtin en Arabie, &. fondit en eau la première fubâance que Dieu créa pour for«*- 
dier le monde. . 

GELALANI & Gélaleîn. Les deux Gelaleddîîi qui ont ' commenté l'Alco- 
ran , dont le premier efl . fumommé Al Mahallî , & le fécond Al Soiouthi ou-; 
Anouthi.. y oyez plus bas le titre, de ces deux perfonnages. ^ 

GELALEDDIN:&.Gelaleddoulàt, c'eft- à -dire, la gloire delà Religion,., 
& la gloire de l'Etat. Ce font des furnoms qui ont été donnez à plufieurs - 
perfonnages , . & fur -tout à de grands Princes , defquels nous^ allons voir les > 
titres. . ^ 

GELALEDDIN Gauri, Sultan de la féconde btanche de la[ dynaftie drâ.^ 
Qaurides, dont \q$ Etats pafférent, après la mort, aux Khovarezmiens. . 

GELALEDDIN .Malekfchah ou MelikCcbah. t^oyea mjioire entière de. cê i 
Sultan des Selgiucides dans le titre de Malekfchah. . 

GELALEDDIN "Mahmoud.' Foyet le titre de Mahmoud. . 

GELAXEDDIN , fumommé Mânkbèmi & ^ovarezme - Schah. Ceft'Ie- 
sa aîné, du Suitaa. MoI]ammed.£bovarezm • Schah > Sultan du. Khovarezme , oa.i 

pour. 



GELALEDDIN. «3 

pouf protiemcer à h Perfiehne Kharézme & Khorezme, lequel , après^ là mort 
4e fon père., fe retira daift la province de Gaznin ou Gaznah , vers les Indes, 
^ppanage que le Sultan fon père lui avoit donné pendant fa vie. Il tomba* d'à- 
î>ord dans une emhufcade que les, Tartares lui avoient dreffée ; mais il s'en tira 
avec une valeur incomparable ,' & arriva heureufement dans cette ville, où il fut 
joint par Seifeddin Aghrdk , qui étoit à la tête de * quarante mil chevaux , & 
par Isram almulk. Prince de Herat, qui lui ammena aufll d'autres troupes fort 
confidérables. 

Xîelaleddin ainfi armé ,'ne craignît point d'attaquer les Mogols , qui Favoient 
toujours pourfuîvi jufqu'à Gaznah , depuis la défaite de Mohammed fon père^ 
& dans lîx ou fept combats qu'il leur livra , il demeura toujours le vainqueur ; 
mais il arriva malheureufement pour lui , que la divifion fe mit entre les Offi- 
ciers-Généraux de fon armée. lemin al mulk ayant; frappé de Ipn fouet Seifed- 
din , & celui-cy en aj^ant porté fa plainte à Gelaleddin , ce Sultan ne crut pas 
qu'il fût tems de lui en faire raifon , pendant qu'il avoit de fi grands ennemis 
fur les bras; de forte que Seifeddin îrrité de ce refus de jullice, partit du camp 
du Sultan dès la même nuit avec fes troupes , &- alla camper fur la jnqntagne 
de Sangiik. "^ 

L'armée du Sultan étant aîofî afFoiblie par la défertion de ce Général , n'étoît 
plus en état de faire tête aux Tartares , c'eft ce qui lui fit prendre la réfolu-, 
tion de paffer aux Indes; & il étoit déjà arrivé fur les bords du fleuve Sînd ou' 
Indus , où il préparoit toutes chofes pour le paffer , lorfqu'il vit les Mogols à 
fi queue ; car Genghizkhan , ayant appris la retraite du Sultan , partit de la pro- 
vince de Thalecan, où il étoit avec le gros de fon armée, & vint par la route 
du Cabul avec une extrême diligence juiqu'à luy. 

Ce Mogol étendit fes troupes au-deîrus.& au-delFous du courant de Tlndus; 
& feifant'de fon armée un arc, dont le fleuve étoit la corde, ainfi que dît un 
Hiftorien, il reflerra fi fort de tous cotez le Sultan, qu'il fembloit lui avoir ôté 
toute efpérance de pouvoir échapper. 

Le Sultan ayant apperçu , au point du jour y cette multitude innombrable de 
troupes, qui le tcnoient affiegé de toutes parts , ne perdit point courage: mais 
râflemblant au contraire tout ce qu'il avoit de vigueur & de forces , il harce- 
la tellement fes ennemis de tous cotez & fît des aftions de valeur fi extraordi- 
naires , que Ton n'en avoit point vu d'exemples depuis le tems d'Asfendiar & 
de Roftam: de forte, dit THillorien, que l'on pourroit dire avec vérité,' que 
fi ces deux grands Héros avoient vécu du tems de ce Sultan , ils auroient fait 
gloire de s'enrôler fous fes étendarts. 

Un Poète Perfien , décrivant cette aétion , dit de lui : Quand fa lance étoit 
levée , les plus braves étoient obligez de baifl^ei- la leur , où fa maflè d'armes 
tomboit, il reftoit une marque ineffaçable de la péfanteur de fon bras. Il bri- 
foit les cafques fur les têtes , comme un autre auroit cafl!b les chofes les plus 
frêles , il mettoit en pièces les cottes de maille avec la même facilité qu'un 
autre auroit déchiré la toile qui les couvre. - / 

Cependant toute fa bravoure ne poUvoit pas l'empêcher de périr , puifqu'il 
avoit à combattre autant de foldats, qu'il y avoit, pour ainfi dire, de grains de 
îable fur le rivage de l'Indus ; & le combat n*auroit pas même duré fi long-tems , fi 
Cenghizkhan , qui le vouloit avoir vif entre fes mains, n'eût défendu à. fes foldats 
4e tirer fur fi perfonne. D voulut pourtant faire un dernier effort avec foixante- 

'L 2 dix 



» - 



«4 G E L A L E D D I N. 

dix che^rauX feulement qui lui reftoîent ; mais comme il étoît fur le point de fe 
jetcer dans la mêicc, Agiafch-Melik ^ fon neveu , mit h main fur la bride de.fon 
cheval, & l'arrêta en lui difant ces vers. 

Ne vous engagez jamais témérairement au milieu de ceux qui vous furpajfmt fi 

fort en nombre *y - - 

Caf m vous accuferoit de folie , de même que Fon fait: eeluy qui frappe avec le 
poing le trenchant d'un rafoir. 

Le Sultan tourna bride à ces paroles, & gagnant un lieu élevé, & de difficile 
accez, après avoir changé de cheval, & pris congé de fes enfans, il fe jetta à 
la nage dans l'Indus avec les plus braves de fes foldats , qui ne le voulurent 
point abandonner. H traversa hardiment ce grand fleuve à la vue de Genghiz- 
khan, & de toute fon armée, qui tira un nombre infini de flèches fur Tui, (ans 
qu'il pût être bleflé. Les Tartares fe mettoient auffi en devoir de paflTer Teaa 
pour le fuivre: mais Genghizkhan les en empêcha. 

Lorfque le Sultan eut traverfé le ^and courant de Teau , il lui fallut aller 
encore aflcz loin pour gagner le gué, les rives de ce fleuve étant prefque par 
tout fort élevées: mais il aborda enfin heureufement au gué de Caitoul, où 
ayant expofé fes habits , & les harnois de fon cheval au Soleil poiir \e& faire, 
fécher,. il vit que les Tartares pilloient fon camp, & particulièrement fon Ifa- 
ram qui eft le quartier des femmes , & que Genghizkhan môrdoit. ks doigts de 
dépit, de ce qu\me fî belle proye lui étoit échappée. 

Ce Conquérant ne laiflTa pas cependant d'admirer le grand courage du Sultan;. 
& fe tournant . vers fes enfans, il leur dit ces paroles v Voilà, un fils digne de. 
fon perc ! Heureux celuy qui a de tels enfans. Un Poëte dit de luy : On n'avoit 
point encore vu un homme de cette trempe dans le monde, & on n'avoit jamais 
ouy dire qu'il y en eût eu un femblable dans les fiecles paflez. Il étoit auffi 
redoutable qu'un Lion dans les campagnes, & il n'étoit pas moins terrible dans 
les eaux ^ qu'un crocodille. 

Cette aftion mémorable de Gelaleddin fe paila Tan- de. THegire 6i8 , de. 
J. C. I22I. Il n'y eut que fept des fîens^qui, fe fauverent avec lui^ tout, le 
reftè ou (è noya , ou fut tué à coups de flèches par les Tartares dans ce fameux 
palfTage; cependant lui feul avec ces fept hommes ramafiTa^peu à peu des trou- 
pes, & remit fur pied en deux ans de tems, une puiflànte armée , avec laquelle, 
il fubjugua, & conquit la plus grande partie des. Indes; & après qu'il eut appris, 
que Gènghîz Khan avoît repafl!e le Gfhon avec fes Mogols, & pris la route (te. 
. Tartarie, il repaflTa auilî Tlndus, & rentra dans la Perfe l'an de l'Hégire 621, 
par les Provinces Méridionales de Kige ou-Kîtfche,.& de Makran.. 

Auflî- tôt qu'il fût de retour, en Perfe , tous les Seigneurs , & Gouverneurs des. 
Provinces dé Kai-s, de l'Iraque Perfique, & de l'Adherbigian ou. Medie , vinrent 
le faluer, & lui rendirent un nouvel hommage. . Les peuples Je reçurent avea 
dbs acclamations extraordinaires, & chantoient par tout ces vers... 

Nous voyons à ia faveur de ce flambeau y prefage certain du bonheur qui retourne 
fur nos terres^ une nouvelle lumière qui reftd au monde ^ plongé dans les tenebrer 
d'une prff^nde nuit , le premier éclat quil avoit perdu. 

Kemal eddin Ifmaël, excellent Poët«, pour célébrer foa.retQur jt & pour témoin 

gner 



GTE LALEDD'LN. Jy 

^er la joye publique, & là fienné en particulier , coinpofîuune trësubelle Ode / 
éont voici quelques vers qui me paroiiTenc fort remarquables. - 

Toutie la terre a été rétablie en fin premier étstj tout a été- rebâti dans les villes 9 

cf cultiré dans les- campagnes y aujjî^tét que les pavillons du Sultan orU été 

drejfezy & oni jette feulement leur onére fur elles. 
Cefi ce. grand Empereur Gelaleddin Aiangberni^' la gloire £f le foûtien de F Etat ^ 

& de la ReligîWj que Dieu a choifi pour gouverner lUniveri^ parce quHl a- 
fait plus d^état des maximes de FAieorany que de celles de la Croix ^ (^ qiCil 

fCa pas permis" que les cloches des Chrétiens retentijjent dans nos Mofquées. 
Cefl fon brar qui a fortifié celui de la loy^ (^ exécuté' ce que le décret Divin avoit 

ordonné touchant la dtflruàion des Barbares y^àf des Infidèles. ^ 

On peut apprendre par ces verp que les Târtares étoient Chrétiens pour la 
plupart, & que Dieu s'étoit fervi d*eux comme. d'un fléau, pour punir l'orgueil^ 
des Mahometans, & vanger les injures que la Religion Crêtienne avoit foufFertès, 
comme il paroîtra par la fia miferable que fit le même Gelaleddin * dont nous 
parlons. 

L'an de THègire 625, le Sultan délivré de la cfaihte des Târtares j entreprit' 
la conquête du Gurgiffen ou George ; le Rôy de ce pays qui s'étoit préparé^ à 
foutenir cette guerre, vint au devant de lui avec une armée beaucoup plus forte 
que la fiénne. GMaleddîïi- pour la mieux recontioître , monta fur une hauteur 
de laquelle il découvroit le camp des ennemis, & s'apperçeut qu'il y avoipikns 
leur avant-garde des troupes de Khozariens, peuples de la grande campagne qui 
s'étend fur la rive- Septentrionale de la mer Caspienne, & que les Perfiens ap- 
pellent Defcht-Kiptchâk. 

Ces gens qui autrefois fous le règne du Sultan Mohammed s'ctoiént révoltez,- 
âc qui pour éviter le châtiment, avoiént eu recours au Prince Gelaleddin fon 
fîls pour obtenir le pardon- dé leur feute^ n'avoient pas encore oublié ce bien- 
fait. Le Sultan voulant profiter de leur reconnoillance <kns cette conjonfture, 
leur envoya du pain & du fel pour, les faire reflTouvenir du bon oSte qu'il leur 
avoit rendu- autre fois,'& de^ l'alliance qu'il avoit contraftée avec eux.- Ce tour 
d'adrefle lui reuflîç fi bien, que les Khozariens aya^t honte de faire la guerre 
à leur bienfaiteur,. abandonnèrent les Géorgiens, & fe retkerent chez eur. 

On peut remarquer en cet endroit que la cérémonie de- prefenter du pain Sc^ 
du fel fe pratique dans FOrient, pour marque d'amitié, d'alliance & d'hofpitalîté. 
Les Arabes en ont encore une particulière , qui eft de prefenter à boire à ceux^ 
qui ont quelque défiance d'eux, pour les affurer. de leur bonne foy.^ f^oyez les-» 
titres de HdrmozsLTi , & deS^A^din. 

Après que ces gens furent partis, le Sultan • envoya^ un-' exprès, au camp. des^ 
Géorgiens pour leur faire entendre qu'il ne vouloit point fe prévaloir de ladé- 
feâion des- Khozariens, &♦ qu'il leur accordoit un jour de trêve , pour <raiter 
d'accommodement. Dans cet intervalle de tems^ les plus braves de l'un & de 
ïautre camp fe prefenterent à la tête des troupes, & fe firent des défis d'honneur. 

Le Sultan voulut prendre part à cette gloire militaire, & il fe déguifa de telle 
forte, que n'ayant pris que l'habit d'un fimple Cavalier, & paflant par un che- 
mio.détourad, ihfe prefenta parmi les autres fans êtrc^onhu.- Ai^ifi-tôt que Ge- - 

L 3^ laleddiQi 



^ 



GEL ALEDDIN- 



laléddin pdnltj un Géorgien bien monté vint à lui: inais le Sultan au premier 
coup de lance , le jetta aufli-tOt par terre , & en trois autres coups il en fît 
autant aux trois fils de celuy qu'il a voit defarçonné. 

Après ce combat, un homme, d'une taille démefurée, & 3'Une force încom- 
parable, qui auroitpû pafler pour un Géant, fe prefenta, & porta fans relâche 
de fi rudes coups au Sultan, que ce Prince les ayant tous foùteniis ou parex. 
avec une force & une ^adrefiTe siçrveilleufe , fon cheval, pour être 4xop vif, fut 
fur le point de tomber avec lui- . 

Cet accident le fit refoudre à defcendre de cheval , & à attendre de pied fer- 
me fon ennemi, & il foûtint fi à propos ce dernier aflaut, qu'il prit fon tems 
de porter un coup de lancé au milieu du front du Géorgien qui tomba mort 
aUiïï-tôt à fes pieds. > 

A cette aftion les troupes des deux armées qui voyoient ce combat, - élevèrent 
des cris d'admiration & de louange ; tous avouèrent que ce vaillant champion 
avoit un bras Pil-Afkun , c'eft-à^dire^ capable de renverfer un Eléphant : mais 
le Sultan ne fe contenta pas des éloges que l'on donnoit à fa valeur, il voulut 
' fe fervir utilement de l'étonnement qu'il avoit jette parmi {es ennemis , & com- 
manda en même tems aux fiens de les charger ; il remporta fur eux une viftoire 
fi pleine & fi entière , qu'elle le rendit jnaître de tout le pays. 

. Le Sultan étant entré dans Teflis, ville capitale de la Geoi^e, apprit, que 
Borâk, Gouverneur de la Province de Kerman, qui avoit été autrefois un des 
Huiffiers de fa porte , accoutumé 'durant la guerre des Tartares , à vivre dans 
l'indépendance , n'obeiffoit pas ponftueliement à fes ordres , il prit la refolutîon , 
avant que la defobeïlFance paflSt à une rébellion ouverte , de partir promptement 
avec trois cent chevaux feulement, pour le prendre au dépourvu. Il fit cette 
expédition en dix-fept jours , & arriva dans le Kerman avant que Boràk eut avis 
de fon départ. 

Cette diligence extraordinaire du Sultan furprit Borak de telle forte qu'elle le 
mit hors d'état de défenfe, en forte qu'il fut réduit à porter lui-même fa, tête 
à fon maître , qui en fit fortir , ^it nôtre Hiftorien , toutes les fumées d'orgueil y 
§: de prefoHlption qui la rempliflbient Kemaleddin Ifmaël parlant de la diligen- 
ce prefque inconcevable que fit ce Prince , lui dit : Quel autre que vous , entre 
tous les Roys du monde , a-t-il jamais fait repaître fes chevaux à Teflis pour 
les aller abbreu ver aux eaux qui coulent dans la mer d'Oman , c'eft-à-dire , aux 
Indes qui s'étendent le long de cette mer. 

Falloit-il que Borak, qui' fçavoit que vôtre courage vous avoit déjà porté des 
Indes jufqu'en Géorgie , vous fît retourner des Provinces du Septentrion juf^u'à 
celles du Midy pour le vaincre ? 

L'an de THegire 624, les armées du Sultan & des Tartares fe rencontrèrent 
auprès d'Ifpahan , mais ce fut fans s'entrechoquer , comme fi elles euflint été 
d'accord ; les Tartarçs fe retirèrent dans le Khoraflàn , &'Gaiatheddin , frère dtf 
Sultan f prenant la fuite fans fçavoir pourquoy , s'en alla du côté du Lariflan , 
abandonnant fon équipage, & le bagage de toute l'armée. Les habitans d'Ifpa- 
han voyant tette déroute coururent aùffi-tôt pour piller: mais le Cadhi Rocnod- 
din Saedi les en empêcha, & les pria d'avoir -un peu de patience, leur promet- 
tant que fi le Sultan ne paroifïbit pas dans un tems afl!ez court qu'il leur mar- 
qua, ils auroient la }S)qt^ de faire ce que bon leur fembleroit. L/q Sultan ne 

man- 



GXL ALE D D ri<^ 87 

manqua pas d'être de retour à point nommé; car il fit unie diligefite incraya- 
Ble pour arriver à Ifpahan , & fauva ainfi fes bagages. Nighiariftan. 

L'an 6z7 de THegire Gelaleddîn prit Khalat ou Akhlat, ville d-Armenie, ou 
de FAdherbigian, par force: mais les Sultans d'Egypte, & de Roum, à fçavoir 
Halek Al Aschraf & Alaeddin Caicobad , ayant jofnt leurs troupes enfemble, 
attaquèrent le Sultan, lequel étant forti d'Akhlat avec quarante mil hommes, 
leur livra une bataille qu'il perdit. Les deux armées cependant étant reftées 
toutes deux dans leurs poftes pendant une nuit, le combat fe renouvella le len- 
demain, dans lequel le Sultan ayant perdu le refle de fon armée , fut obligé de 
s'enfuir à Klartabert , & de-là à Ifpahan, 

L'an 628^ le Sultan ayant appris que Giarmagun , General d'Oftai Caan qui 
avoit îuccedé depuis l'an 624 , à Genghizkhan fon père , ayant paflë le Gihon 
avec une puîflante armée de Mogols , venoit en Perfe , envoya demander des 
fecours au Khalife, à Malek Al Afchraf, & àr- Caicobad: mais tous ces Princes 
les lui ayant refufez , il paffa en Mefopotamie, où. pendant qu'il s*adonnoit à 
toutes fortes de débauches 9 il fut furpris par \e% Mogol* , & contraint de pren- 
dre la fuite , accompagné feulement de deux ou trois de fes dômeftiques ; Ton 
dit que dans cette fuite il fut tué & dépouillé par un Curde qui le trouva 
endormi. 

Quelques-uns cependant veulent qu'il fe cacha fous un habît de Dervîfche, & 
cpiil ne fut plus vu depuis ce temsJà, finon que'plufieurs années après vers 
1^ 652, un homme fut arrêté, & mis à la queilion comme efpion , lequel di« 
ft)it être le Sultan Gelaleddin que l'on a cru pendant long-tems n'être pas mort. 
C'eft dans la perfonne de ce Sultan que finit la dynafiie des Khovarezmiens. 
Khmdemir. 

Ben Schohnah dît dans fa Chronique que Gelaleddîn Mankberni étoit le fils aîné 
dés cnfàns de Mohammed fils dd Tagofche ou Togufch ; qu'il eut en partage le 
Royaume de Gaznah ; mais que dans la fuite il fè rendit auffi puiflant que fon 
père , & en pofleda prefque tous les Etats ; qu'il f iit défait en' bataille rangée 
par Genghizkhan l'an de •l'Hegire 628 , & qu'ayant été fait prîfonnier par les 
TarCares, ï\ échappa de leurs mains ^ & flit tué par des voleurs, du Curdeftan; 
qu'après cette défaite de Gelaleddin , Genghiz-khan devint maître abfolu de la 
Perfe, & que lui & fes Tàrtares y exercèrent des cruatutez encore plus horri- 
bles que toutes celles qu'ails avaient faites jufqu'alors. 

Nous avons remarqué plus haut que Genghizkhan étoit mort l'an 624 , & que 
ce fut Giarmagun qui défit Gelaleddin , & qui fe rendit maître de la Perfe fous 
Oflai Caan fils de Genghizkhan. 

Le même Auteur remarque que ce Sultan étoit fi fier , que lorfquMl écrivoit 
aux Roys d'Egypte , de Syrie , & de TAlie Mineure , dont les deux premiers 
étoient dé la pofterité dé Sàladîn, & le troifième de la race des Selgiucides , il 
ne (e foufcrivoit jamais ni frère, ni ferviteur, & qu'il ne prerioit le titre de fer- 
viteur , que lorfqu'îl écrivoit au Khalife : mais * pour les Pfinces de Moful , de 
ja Mefopotamie, & autres femblables , il ne mettoit que fon fceau fur lequel il 
avoit fait graver ces paroles: La viEloire vipnt de Dieu feuJ.. 

IF fe faîfoit appellèr. le R6y du monde, c'eft en Arabe Malek al âlëm, âç en 
Fertîen Schah gehan , titte qui avoit déjà été pris , fçlon quelques-uns , par • 
fon père. 

Lé Ss^eb al Tarikb^ qui eft-la correâion du Calendrier Arabe & Periien que 

l'on-^ 



«8 GELALEDDIN. GE L AL-E DDOUL AT. 

Ton appelle auffi Tarikh al Neîran, c'eft-à-dire, le calcul du cours du Soleil & 
de la Lune , lui eft attribuée. 

Ce Prince devint fi éperduement amoureux d'une de fes efclaves , qu'il fit gar- 
der long-tems fon corps mprt, auquel il faifoit fervir tous les jours à^ manger^ 
& lui ÎFaifoit demander l'état de fa fanté , & ii elle étoit meilleure que le jour 
précèdent. 

On dit que ce Prince étoit .fi jaloux 9 que lorfqu'il fut pourfuivi jdques fur 
les bords du fleuve Sind ou Indus , par la cavalerie des Tartares , les femmes 
qu'il avoit avec lui , lui ayant demandé qu'il les fift tuer , ou qu'il les fauvât 
des mains des Tartares, il commanda auifi*tôt qu'on les noyât toutes, après 
quoy il pal& avec peu de gens ce grand fleuve à la nage , au grand étonnement 
de fes ennemis. 

Ce paflage fe -fit dans le mois que les Arabes appellent Regeb , & il devint fi 
digne 4e memeire , qu'il efl: refté dans l'Orient .une façon de parler vulgaire. 
yivez jufqiCau mois de Reg^b , & vms verrez des chofes extraordinaires^ 

Il y a un livre dans la Bibliothèque du Roy n^. 845, intitulé Seirat GelàUd- 
din Mankbemi. C'eft 4a vie de ce Sultan qui y efl: qualifié fils d'Aboulfeth 
Mohammed, fik de Tagafche,.fils d'il Arflan, fils d*Atfiz, fils de Mohammed 
<3othlieddin, fils de Noufchteghin. L'Auteur de cette hiftoire eft Mohammed 
Ben Ahmed Al Monfchi Al Naflâovi , lequel dit entr'autres chofes que ce Sultan 
!avoit doqné quatorze batailles en onze .ans. f^oyez les titres de Mohammed^ 
^TA^z , éf de Khoyare:5m-Schah. . • " . 

GELALEDDIN Al Sékri. royez le titre de Mohammed Khovarezm-Schah, 
duquel il étoit le fils aîné. 

I 

GELALEDDIN, nom du dernier Sultan de la féconde branche .des Gau- 
xides, les Etats duguel paflTerent entre les mains .des Khqvarezmiens. Voyez le^ 
titre des Gaurides. * 

GELALEDDIN HaflTan Ben Mohammed; c'eft le fixième Prince delà 
dynaftie des Ifmaëliens de Tlràn , c'eft-à-dire , de xeux gui régnèrent dans la 
Perfe. Voyez le Utre rf^Ifmaeliah Iran. 

GELALEDDIN Mohammed Ben Ahmed Al Mahalli o« Mehelli, Auteur^ 
d'un Commentaire fuccint de l'AIcoran,' fait en forme de Tcholies, que Gelaled-^ 
din Afiouthi acheva l'an 871 de THegire. 

Ces deux Auteurs font citez fous le nom de Gelâlani , c'eft-àfdîre , les dcur 
■Gelaleddin. 

GELALEDDIN Al Afiouthi ou Al SoloutK, Auteur fort celeljre qiii a 
compofé plufieurs ouvrages. Foyez Soiouthi. 

« 

GELALEDDIN furnommé Sultan Al Arefin, le Maître des fpîrituels; a 
naquit au tems que Genghizkhan entra dans le KhoraflTan. La Chronique Otho- 
mane en fait mention xomme d'un Saint. 

GELAL-EDDOULAT, troifième fils de Baha^eddoulat , fils d'Adhad- 
cddoulat, petit-fils de Buiah. L'on compte ce Prince pour le quatorzième SulUn 
de la JMaifon, & Dynaftie des Buides. 

U 



•. • GELAL-EDDOULAT. — GEM. ' 89 

, ' H commanda dans Bagdet en qualité d'Emir al Omara, c'eft-à-dire , de Genera- 
liflime des armées du Khalife V*après la mort de Mefchref-eddoulat, fon frère, de- 
puis Tan 415 de THegire, de J. C 1025, jufqu'enran 435 de la mêmeHegirç, 
dans laquelle il mou]rut. 

• Khondemîr ne lui donne que feize ans & onze mois de ^egne; mais le Leb- 
tarikh, & le Nighiariftan lui en donnent 25. Il fe pafla de grands démêlez entre 
ce Sultan, & les Selgiucides, dont la puiâànce croiflbit de plus en plus dans 
rÊmpîre des Khalifes; & cette puilTance vint à un tel point, qu'elle donna le 
dernier coup à la Maifbn des Buides dans. Tannée 447 , fous le règne d'AlmaIck 
Al Rahim, qui en fut le dernier Sultan. 

Ce Prince eut auflî des affaires avec fon neveu, fils de Sultan-eddoulat fon 
frère ,. lequel pourtant enfin *s-appaifa , & fe contenta de re§)erance de fa 
fucceffion. 

GELAL-EDDOULAT v eddin, furnom ou titre de Malekfchah, & de 
plufieurs autres Princes , Sultans , & même de beaucoup de Dofteurs Muful- 
mans qui fe font rendus cekbres par le zèle qu'ils avoient pour leur Religion. 
Voyez GelâL , . . 

G EL ALI, nom de plufieurs Poëtes Perfiens dont les furnoms font Jezdî, 
Ferahani , Azéri , Roumi. Foyez ces titres particuliers ,* voyez . aujji celuy de 
Souzeni. v ' 

• Gelall ell employé dans ces noms par abbregé , au lieu de Gelaleddin, de 
même que Rafchidi au lieu de Rafchided()i&. 

Ainfi Ton appelle Tarikh Gelali , le Calendrier Gelaleen , la Correâion du 
Calendrier Periien , qui fut faite par Tordre du Sultan . Gelaleddin . Malekfchah 
le Selgiucide , & enfuite^par le Sultan Gelaleddin Mankbérni le Khovarezmien. 

Il y a encore un Gelali, Auteur d'un Ouvrage intitulé Habib al feir , L'ami, 
ou le compagnon du voyage. 

G EL IL & Gelilali , Surnom d'Aboul Vali dont il eft fait mention dans 
Jemeni, Auteur d'un livre intitulé Ehtegiage AlSchaféi^ qui efl: une explication 
de la doéèrine du Docteur Schaféi. 

GEM, c'eft ainfi que les Turcs appellent celuy que les Perïans appellent 
Giam & Giamfchid , qui efl: un des anciens Roys de leur première dynaftie. 
Voyez les titres de Giam, fif de Giamfcliid. - 

GEM Tchelebi, & Sultan Gem., é toit fils de Mahomet fécond. Sultan des 
Turcs , & frère puîné' du Sultan Bajazeth fécond- . 

ftfahomet fécond étant mort Tan 885 de THegir^, de J. C. 1480, après la 
prife d'Otrante., ville maritime du Royaume de Naples , Bajazeth qui étoit dans 
fon gouvernement d'Amafie , vint auifi-tôt à Conftantinople , & prit ppATeflion de 
VErapire; mais il n'y avoit pas encore fait un long fejour, quand il apprit que 
Gem fon frère , fortifié des troupes de Caramanie , s'étoit emparé de la ville de 
Burfe en Natolie , où il prétendoit ' établir le fiege Royal de fes Etats. 

JBaiazeth ne fçut pas plutôt ce mouvement de Gem, qu'il rappella de U 
Pouifle Ahmed fumommé Ghéduc, c'eft^-dire, Breche-dent ,* Général des troupes 
qui écoient en Italie , pour combattre fon frère , avant qu'il fe fortifiât davan- 

ToMJC IL M ' * tage. 



tagé. Cette diligence lui fetvit beaucoup; c4r Ahmed défit ce jtsaoe Sultan ^ 
& Tobligea de fe retirer en Caramanie avec le débris de fes troupes. Tan &S(S 

de l'Hegire- 

Ahmed fut foupçonné de coUufion avec Gem, pour ne l'avoir pas pourfiiivj 
aflfez chaudement; db qui obligea Bajazeth à partir de Conftantinople pour achever 
de ruiner les affaires de fon frère. Il luy donna donc en perfonne une féconde 
bataille, qui l'obligea à une féconde fuite , & le contraignit de paâfer la mer 
pour demander du fecours au Sultan d'Egypte. 

Ce fut dans r«n 8^7 que Bajazeth remporta cette vîftoire fignalée fur fon: 
frère, laquelle le délivra d'une fort grande inquiétude, & coûta la vie à Ah- 
med , que ce Sultan fit <5trangler peu de tems après. 

Gem fît courir le bruit qu'il alloit feire le pèlerinage de la Mecque : mais en- 
effet il n'étoit parti que pour tirer des fecours d'Egypte, avec lefquels il vint, 
encore pour la troifième fois tenter la fortune des armes avec fon frère: il fut 
cependant encore battu, & contraint de fe réfugier à Rhodes auprès du Grand 
Maître Pierre d'Aubùiron qui l'envoya à la commanderie de Bourgneuf en 
'France. 

Bajazeth ayant appris que fon frère étoît entre les mains des Chevaliers de 
Rhodes, ftipula une paix perpétuelle avec eux, & promit de leur payer tous 
tes ans quarante mille écus d'or à condition qu'ils le gardaifent foigneufefùent^ . 
ce qu'il exécuta de très- bonne foy. 

Les mêmes Chevaliers mirent enfiiitse ce Prince entre les^ mains d'Iono* 
cent VIII qui le leur demanda ; après la mort de ce Pape , Gem pafFa en celles 
d*AÎexandreAri qui recevoit tous les ans de Bajazeth deux cent mil écus d'or 
pour le garder. 

Ce Pape obferva de fon côté û fidellement fa parole que locfqu^ fut oblige 

Car force de le donner à Charles VIII qui alloit i la conquête du rovaimie de 
laples, l'on crut, dit THiftorien de la vie de Caefer Borgia , qu'il m donner 
à ce R-ince un poifon lent dont il mourut à Terradne , à caufe que le Roy 
Trè^-Chrêtien vouloit fe fervir de luy pour exciter de nouveaux trouas dans 
TEmp^e Othoman. 

Thomas Càntacuzene dit que Gem n'avoit que 28 ans, lorlqu'il paflà à Rho- 
des, & qu'il avoit laiffé fa femme & fon fils en garde au Sultan 4'£gypte; <\ue 
ce fils fe fauva auflî depuis à Rhodes , où s'étant fait Chrétien, il prit femme. 
& cnieut deux fils & deux filles. 

Le même Auteur dit que Soliman ayant pris Rhodes , ce qui arriva l'an de : 
lUegire 928, de J. C. 1522 , fit chercher ce fils de Gem qui vivoit encore,. 
& que l'ayant trouvé avec fes enfans , il le fit mourir lui & fes deux garçons 
pour n'avoir pas voulu retourner à la Religion de leurs pères , & qu'il emmena . 
avec lui les deux filles àConftantinople. Âinfi la .Maifon Qthomanne.ajdonn^^ 
trois martyrs à l'Eglife. 

GEM Vd, nom. du dix-neuvième jour du. Cycle fexagenaire des Càthaiens^ . 
& Igureens. 

GEM^IEM-, nom du trente -neuvième jour du Cycle fexageajùre des mô«* 
mes peuples^ 

es MA 



: GEM A.— GEMIL- :$r 

GEMA Ut AI^Bâhb fi akhbar al nuigreb u Cairoàn > Hîiteire fort ample de 
TAfrique , & de la Cyrcnaïque , dont Azzeddin fils d'Abdelaziz eft TAuteur. 
Voytz le titre de Molatfemiah de Novairî. 

GEMALEDDIN, c'eft un des noms ou titres de Mol^^mmed Ben Abibekr 
AI Aniâri, qui a abrégé le Giamê ou Hifloire des plantes d'Ebn Beithâr. 

GEMALEDDIN. Othmàn Ben Omar, duquel il eft parlé dans le livre in- 
titidé MaUJd f comme d'un homme fort doâe en plufieurs fortes de (ciences. 

GEMALEDDIN, Auteur d'une hiftoire dédiée à Emîrzad ou Mîrza Isken* 
der, Prioce de la pofterité de Tamerlan, dans laquelle ii e& fort parlé des Tur- 
comans, & de leur origine, 

GEMALI, Surnom de Fadhl Ben Ali, Auteur dii livre intitulé Iddnat al fiu 
redh, où il eofeigne ce que doit (çavoir celui qui veut être intelligent dans les 
ilatuts obligatoires du Murulmaniime4 

GEMALI, Surnom de Jofeph fils de Tangri Virdi. Foyez le titre de Jofef* 

GEMALI, Seidi Gemali, Auteur d'un livre Perfien intitulé Fat h al ahoudk^ 
qui eft rempli d'allégories & de moralitez fur la vie, & fur les aâions du faux 
Prophète ; il eft mêlé de profe , & de vers, frayez auffi Giamali* 

GEMEL & Polta, nom de (teux frère;? Ragias ou Princes dans les Indes, 
-lesquels après avoir fofttenu avec leur mère , un long fiege dans le château de 
.Chitor que l'Empereur Akbar attaquoit , & étant réduits aux dernières extre- 
xnitezT, aimèrent mieux fe faire tuer dans une fortie defefperée qu'ils firent > 
que de fe rendre prifônniers entre les mains du vainqueur. Ce Prince qui avôit 
l'ame grande, fut fi touché de cette belle aftion, qu'il leur fit ériger deux ftatues 
de marbre pofées fur des Elephans à la porte du château de Delli, où la ville 
de Gehân-abad a depuis été bâtie. 

GEML Ebn Gemî. Vêyez Hebatallah. 

GEMIL, & Schanbah. Ceft le nom d'un de ces couples d'Amants, dont 
les Orientaux célèbrent dans leurs hifix)ires, & dans leurs poefies, laconftancçt 
& la fidélité. Les plus fameux font Jofeph & Zoleikhah. Megenoim & Leilah , 
Khofi'ou & Schirin. Gemil & Schanbah defquels nous parlons içy, vi voient fous 
fe r^ie d'Abdalmalek, Khalife de la race des Qmmiades. 

Le Roman Perfien qui décrit leurs amours en vers , dit quMIs étolent Arabes 
<!le nation , & qu' Abdalmalek ayant ouy beaucoup parler d'eux , eut la curiofité 
de voir Schanbah, & que l'ayant trouvée noire & maigre j coame il étoit fort 
bon Poète, il lui dit en vers: 

* Quds traits de beauté Gemil a-t-U découvert en vdus^ qui rayent pu porter à vous 
thoijir entre tant d'autres femmes ^ pour en faire le feul objet de fes amours t 
car ordinairement nous appelions laide wie personne qui 4k k v}fitge auffi maigre f 
& le teint mtjft nm fûe vous. 

AI « Schanbah 



§e G E N — ^ GENdHIZKHAN. 

Schanbàh dont TeTprit étoit fort vif, & qui excelloit auffi dans la PoMe».ft 
. fentant piquée de ce difcours, lui répondit fur le champ : , 

Ouel mérite ont reconnu en vous les peuples de la terre , qui vous ont choifi entrt 

tous , pour commander à tous ? 
Celuylà feul ejl digne de Fe/lime des hommes , qui a Vame belle , ^ femblable à 

un diamant dont Véclat n'eft terni par aucune tache. 

» 

Le Khalife fiirprîs d'une repartie fi libre , & fi fpirituelle , loîîa refprit de 
Schanbah y & Fayant régalée de prefens confiderables , la renvoya à fon amant. 

GEN ou Tthen prononcé' à la Periîenne> nom du cinquième Cycle ou-Gi^ 
des Cathaiens, que les Turcs Orientaux appellent Lôui» & les Arabes Temlàh>^ 
c'eft-à-dire, un Crocodile. 

GENADEL, Montagne qui eft aux confins de l'Egypte, & de là Nubie 
fur le Nil à douze journées au defllis d'Afovane, ou de Siene en Thebaïdé. 
C'efl: Jà qu'efl: la grande catarafte du Nil , & où l'on tranfporte les marchandifes • 
du fond des vaifleaux, fur lé dos des chameaux pour les voiturer de Nubie en- 
Egypte & de cette Province aux autres.. 

GENEK' Vilaeti, les Turcs appellent ainfi la Càppadoce , & le Pôntus qui 
en eft h partie la plus Septentrionale. La ville maritime de Tarabozan , que 
nous appelions Trebizonde 9 & celle d'Amafie où le Sangiak Bey , & quelquefois . 
. le Beghilerbey de la Natolie reûde» font cenfées être de. cette Province, félon 
la Notice de l'Empire Turc. 

. GENGHIZKHAN; c'^eft ainfi que les Arabes prononcent ce nom : mafs 
les Perfans & les Turcs le prononcent comme s'il étoit écrit en François, Tchin- 
ghizkhan, ou en Italien Cinghizkhan. Nos Hiftoriens Latins l'appellent Cangius. 
Ce Sumoniiou titre qui fignîfie en langue Mogolienne Roy des Roys , fut 
donné par Tubi Tangri, Prophète du Turkeftan, à Tamugin, après qu'il eut 
vaincu Avenk ou Unghkhan, & fubjugué la plus grande partie des Princes 
Mogols, Tartarès, & Cathaiens, ou Chinois. 

Tamugin que noua appellerons déformais Genghizkhan étoii^Migol de nation^ 
& non pas Tartare; car il étoit fils d'Iefukai Behadir félon Khondemir, ou de 
Bifukai félon Kovand Schah ou Mirkhond , lequel defcendoit eh ligne à-oite de 
Toumenah Khaji , Roy des Mogols. 

Toumenah Khan , qui defcendoit de Bouzangiar, fils miraculeux de la Pfînceflfe 
Alancavah , dont l'on peut voir le titre, eut deux enfans, Kilkhan trîsayeul de 
Genghîzkhan, & Fagîouli feptième ayeul de Tamerlan. 

Bou2ang;ar étoit iflTu de Kiàrt, fite d'Ilkhan lequel fut défait par Tour- fils de 
Feridoun Roy de Perfe , qui s'étant rendu maiftre d'une grande partie -du Tur* 
keftan, & joint aux Tartarès,. extermina entièrement la natioa des Mogols, 4 
la referve de deux hommes, & dé deux femmes feulement.. 

Kiân qui étoit un des quatre , fe ^retira avec les trois autres dans la montagne 
nommée Erkeneh Koun où trouvant des pâturages excellens, il s'y habitua, & 
peupla par la fucceffion de pluûeurs années qui vont au de-Ià de mil , un grand 

pays 



\ 



G E N G H I Z K H A N. * .5^3 

vpay5 qui avoît été jufqu'albrs inconnu, de forte qu'il fut Je père d'uae nouvelle 
nation de Mogols qui porta le nom de Kiàt. 

Pui(que nous avons .déjà remonté fi haut , nous dirons encore qullkhan , pè- 
re de Khian, étoit le feptième arrière-fib de'Mogout Khan,. frère deTatarkhan, 
Cous deux enfàns d'Uinge Khan, defquclsjes deux nations des Mogols & des Tar- 
tares font defcenduës. ♦:-...) ^ , _, 

Mais pour arriver jufgu'au terme que Ton ne peut outrepafler , j'ajoûteray 
fiir le témoignage de Mirkhond & de Khondémir , qU'IHnge khan: étoit le quar 
trième fils de Turk , fils de Japhet , fils de Noë , duquel le Turkëftan qui 
comprend , fëlon fon ancienne fignification , les pays que les Mogol§ , les Tar- 
tares-, les Cathaiens, les Ruffes, les Bulgares^ los Grecs, les Akins, les Secîa* 
bes ou Chalybes, & les Hyperboreens habitent, a tiré fon nom. .. • i 

Genghizkhan naquit à Diloun Joloun, l'^n 549 de THegife ,.de J. C. US4-^ 
dans le Dongouz-il , c'eft-à-dire, en Tannée du Cycle des Cathaiens, nommé.e 
le Pourceau, fous le figne de la balance, au tems que fon père Jefukai fit une 
«rande irruption fur lés Tartares. Mirkhond appelle le lieu de fa jiailTance Di- 

* Joun Jaldak , & donne à fa mère le nom d'Oloun. Il perdit fon père à l'âge 
de treize ans , & fut obligé , par la révolte & par les divifions des Mogols , à 
fe retirer auprès d'Avenk ou Ungh Khan, Prince Chrétien de la tribu de Ke- • 
rit, qu'Aboulfarage appelle Malek lohanna, le Roy Jean. C'eft celui-Jà même 
que nos Hiftoriens & voyageurs ont appelle le Prêtre Jean.— 

Khondémir dit^ auffi-bien que les autres Hiftoriens de la* vie de (îengliizkan i 
qu'il naquit tenant du iàng caillé- dans fes mains de la groifeur d'un dé , 6c ci- 
te fur ce fujet deux* vers Perfiens^ , qui- portent que fi ce fang étoit un pro- ' 
gnoftique de celui^ de fes ennemis qu'il devoit répandre, «'étoit auffi -Ghir lez^ * 
dàn, c'eft-à-dire , la marque de Texpiation des crimes des hommes que Dieu 
avoit mife entre fes mains, ce'quife rapporte encore au figne de la bafance 
que nous regardons comme un figne de juftice , quoyque les Orientaux le pren- - 
nent pour celui des veiits & des tempêtes. ' 

- Après que Genghizkhan eut demeuré plufiéurs années auprès d'Avenk Khan , 
& qu'il l'eût fervi très-utîlement dans les guerres qu'il avoit avec fes voifins^ 
il époufa :fa fille nommée Oifungin ; ,nonobftant quoy il fut fi fort perfecuté 
par fes envieux , qu'il fut obligé de quittel: la Cour , pour mettre fa vie en ' 
fureté , &î enfuite , de faire la guerre à Avenk khan , lequel conjointement avec 
fon fils Schokoun le - pourfuivofc à outarance. . 

. Genghizkhan les furprit tous deux à fon avantage avec quatre mil chevaux 
feulement; & après les: avoir défaits entièrement,* les contraignit de fe réfugier 
auprès de Tabaaiek ou Ta^nek ^. Roy des Tartares. Ce Prince ufant de trahî- 
fon fit- tuer Avenk khan ; de forte que Schokoun , fon fils ,. fut obligé de fuir 
.promptement jufqu'au pays de Cacfchgar ^ où il ne trouva pas plus de fureté , * 
& y. perdit auffi la vie, ce qui arriva Fan 599 de l'Hegire. • 

•. Depuis l'année fuivapte, qui fut la 6op de l'Hegire jufqu'en la 5o2, que les 
Mogok appellent l'année du Léopard , il fubjugua toutes les tribus des Mogols 

> .& des Tartares', & tint une alFemblée générale de tous les grands ' Seigneurs 

de ces deux- nations. Les Turcs appellent cette efpèce d'États - généraux Kuril- 

taî , où le nom * de Tamugin lui fut changé en celui de Ginghizkhan , par Tu- 

Jbi Tahgri , & il y ordonna qu'une Cornette blanche feroit dorénavant l'éten- 

dart général de fes troupes j .après quoy marchant contre les Caracatliaiens , il 

JVi 3 ; les 



^ • GENGHIZKHAIt 

leg défît fi pldîiemeiit, qu'Ilcan leur Roy réfolut de s'émpôiibnûer lui- mêii», 
pour ne pas voir la défolation entière de fes Etats, 

Etepuîs ce tems-là jufqu'en l'an 615, il fubjugua tôtis.les Princes du Caraca- * 
thai qui réfufoient de lui obéir. Il défit Kufchlek , grand ennemi des Muful- 
mans, lequel fut contraint de s*enfujf* dans les montagnes couvertes de forêts 
d'un pays, qui en a tiré fon^nom de Caracathai, c'eft-à-dîre en Turc, le Ca- 
thai noir. 

L'an 615 de FHegire, Genghîzkhan entra dans la TAtifoxane, pour faire la 
guerre à Mohammed, fumommé Khouarezm-fchah. Le fujet de cette gyerreîe 
peut voir dans le titre de ce Prince. Il envoya d'abord deux de fès*enfans, nom* 
mez Giagatai ou Giogbtai & Oâai, pour ferrer de près les troupes de ce Sul- 
tan , & deux de (es Capitaines pour affiéger les villes de Benaket ou Âsbaniket 
& de Khogend. Il marcha enluite lui-même en perfoniie vers celle de Bokha- 
rah , où les principaux chefs de l'armée du Sultan Mohammed s'étoient enfet- 
tnez pour la défendre. 

L'an '617, qui eft Tannée du ferpent daiis le Cycle des Mogols & des Ca- 
thaiens, Genghizkhan fe préfenta devant fiokfaarah , où, dès la première nuit^ 
(1 enleva la Cavalerie des Khovarezmiens qui faifoient la ronde autour de la . 
place ;. cet accident obligea les habitans d'aller , dès le lendemain , demander 
quartier , & Genghizkhan le leur ayant accordé , fe contenta d'abord (te piller 
la ville: mais ayant appris qu'un grand nombre de foldats s'étoient cachez dans 
la ville , pour faire quelque furprife , après qu'il en eut forcé le château 5 il 
le fit démolir & commanda que l'on fit paifer au fil de Tépée tous les habitans. 

Oktai , fils de Genghizkhan , avoit cependant aiCégé la ville d'Otràr , dont 
' <jaîrkhan ,' principal auteur de cette guerre , étoit Gouverneur , il la prit dans 
Tefp^ce de cinq mois, au bout defquels Gairkhan fut obligé de fè fau ver dans 
le cnâteau, où il ne put tenir que fort peu de tems. Oktai le fit d'abord fon 
prifonnier ; maïs il reçut bientôt après les ordres de fon père, pour le faire ^ 
mourir; de forte que lui & tous les habitans d'Otrir furent juflement punis de 
la perficfie, dont ils avoient autrefois ufée envers les Mogols, comme il eft rap- 
porté dans l'hiftoirè de Mohammed Khovarezm-fchah. 

Giougi Khan prît dans, le même tems la ville de Giound , qu'il fit piller & 
rafer, Alâf khan celle de Khogiehd , qu'il traita de même , & il rie refla des 
habitans de ces villes, q'ue ceux qui purept fe fauver par la fuite. Les Hifto* 
riens rapportent une aftion hardie & heureufe de Timur Melik, Gouverneur de 
Khogîend , lequel fe ftuva par eau à la vûë des Mogols , qui le pourfuivirent 
^en le combattant pendant plufieurs jours fans pouvoir l'atteindre* 

• Auffi-tôt que Gengîzkhan eut achevé le fiége de Bokharah , il vînt înveftir It 
Ville de Samarcand. Les habitans fe trouvèrent partagez fur le party qu'ils "a voietat 
à prendre; car les uns vouloient lui ouvrir leurs portes; mais les autres étoient 
réfolus de garder la fidèUté à leur Sultan & de fe défendfe jufqu'à l'extrémité. 
Dans ces entrefaîtes, le Mufti de la ville , avec les principaux Imams & Doc- 
teurs de la loy Mufiilmane , allèrent au camp des Mogols , pour obtenir une 
1)onne compofitîoh en faveur de leur ville : mais n'ayant pu obtenir bon quar. • 
tier que pour leurs perfbnnes & leurs biens , & pour celles de leûns proches » 
ies Mogols étant etltrez dans la viUe, en firent fortir tous^ les habitans, & après 
l'avoir pillée, en -aflîégerent & prirent le château, où ils paflërent ^ fil dé W- 
pée tous ceux qu'ils y trou verent , fans aucune exception 

Ce 



OENGHI ZJCilAN. 95 

Ce fpt <]ans C6 jn&ae tems-Ià que Genghizkban étant informe du mauvais état 
de Tannée de Mohammed Khovarezmfchahi envoya deux de Tes Généraux d'ar- 
mée, nommez Gebeh Noviàn & Souidai Behadir, avec trente mil chevaux en 
jèboraffan , où ce Sultan étoit campé. Ces deux Capitaines le firent bientôt dé- 
Joger, & ils le pUurfiii virent fi chaudement, qu'il fut oWigé d'abandonner cet- 
.ve pîx)vince & de ftire la retraite dans i'Iraque : mais les Mogols îe fuivant à 
la pâte , pillant & maflàcrant tout ce qu'ils rencontroiçnt fur leur rpute , tra- 
^erferent ces déur provinces , celles de l'Adherbigian & dà Schirv^i , & ga- 
^naot enfuîte la ville de Derbend , pafTerent au Nord de la mer Cafpienne ^ 
•pour rejoindre le camp général de Genghizkhan , qui étoit dans la ïranioxane. * 

Genghizkhan , après ^vpir achevé 1^ conquête de la Tranfqxane , envoya 
crois de (es enfaiiS , nommez Giougi , Giagatl^ai & Oâai , pour f^bji^guer la 
province ^ Khovarezme , qui s'étepd des deux côt^z de TOxus ou (jihon » 
jieuve qui traverfe tout ce pays avant que de décharger fes ça^x dans la mer 
Cafpienne. Ces Princes vinrent d'abord aifiéger la capitale gui po^rt^ le nom de . 
^ovarezme , auflî - bien que la province , où Khan^jteghip conunandolt de la 
part du Sultan Mohammed. Ce fiége dura loQg-çems iàns avancer ^ à caufe de 
là divifîon , qui arriva -entre les deux frèr.es Giougi & Giagathai, au'fuj[et du 
commandement. 

•Auffi-tôt que Genghizkhan eut appris la mefmtelligence de ces deux Princes, 
il envoya fes ordres à Oftai pour commander en chef toute ranïiôe,,& ac*- 
ccxmDKxler les différends de fes d;-ux frères , lui préfcriva^t, en même tems de 
Be rien entreprendre fans leurs avis. La, concorde fut aing en peu de tem» 
rétablie dans cette armée , & le fiége de la vijle de Khovarezme fut bientôt fini. . 
- Les Mogojs s'en étant rendus les maîtres , & réconnoiffimts qu'elle étpît très* 
forte par la fituation , la démolirent entièrement , en firent fortîr tous les ha«- 
bîtanS) & après avoir choifi cent mil des plus jeunes des deux fexes qu'ils réj 
^uijrept en fervitude, ils xliftribuerent tout le refte aux foldats pour être ^gor* 
gez. L'on rapporte que chaque foldat , de plus de cent mil qu'ils étoient -de- 
vant la place , en eut vingt-quatre à tuer pour fa part. 

Pendant que l'armée des Princes défbloit la province, de Khovarezme , le 
père faiîbit d'étranges ravages dans le Khoraflan: car tirant du côté de 3alkhe, 
là plus ancienne capitale de cette province , qui portoit le titre de Cubbat al 
inim, c'eft-à-^ire , là Métropole du Mûfulmaniûne , il trouva la ville de Ter- 
med fur fa route , qu'il prit & ruina en deux jours , exterminant jufqu'au der- 
nier .de fes habitans ; & quoyque les habitans <le Balkhe euffent envoyé au- 
devant de luy des députez pour lui jurer fidélité & fe rendre à fa mercy, il» 
œ purent obtenir de lui aucun quartier, & furent tous paflTez au fil de Tépée. 

Tuli khan , autre fils de Genghizkhan , étant arrivé au camp peu après cette ' 
exécution,* fon.père lui donna awffi-tôt l'ordre de s'avancer plus avant dans le 
pays &. d'y faire le dégât, pendant qu'il feroit lui-même en perfonne le fiége 
de llialôcan , place forte qui avoit un très -bon château. Genghizkhan eut le 
toifir de fe morfiondre devant cette place , qui refifl:a pendant lept mois entiers 
à fa puififance. Son armée étoit déjà beaucoup diminuée : mais le retour que 
Tulikhan fit xle fon expédition du Khoraflàti , dont il avoit fubjujué les villes 
principales, ayant fortifié fon camp , il emporta enfin d'aflfaut cette place, & 
if épargna aucun de tous ceux qu'il y trouva. 

Après la prife de Tlialec^n>Je, .bruit s'étant. répanda dans fon ^amp que Ge- 



9ÎJ GE>NGH IZKH A N. 

laleddin , fils de Mohammed Khovarezthfchah , avoît battuf les Mogols , aupr^ 
d'un lieu nommé Banmr , la colère le faifit de telle manière qu'il tourna aut 
•fi-tftt vers les parties Occidentales de la Perfe, & fit une défolation fi cruelle 
& fi univerfelle par-tout où il pafla , qu'il n'y laifla aucun v^ ftige qui pût mar- 
quer que ces lieux enflent jamais été peuplés , ayant envoyé en même ' tems 
Balai No Vian dans les Royaumes de Lahaver ou Lahor , & de Multan à l'O- 
rient, pour y faire les mêmes ravages. 

•TdiHian alla peu de tems après affiéger les trois autres villes capitales de là 
grande province de Khoraflan : car nous avons déjà parlé de Balkhe qui en eft 
la quatrième. Il commença par celle de Merou , fiirnommée Schaighian , pour 
la diftinguer d\in autre Merou de la même Jjrovince , qui efl: fiirnommée Al 
Roud ; & il eut fort bon marché de cette grande ville , abandonnée par foh 
Gouverneur qui étoit fort hay du peuple , & qui craignit que Ton ne lè mît 
entre les mains des Mogols. Auflî-tAt que Tulikhany fut entré , il en fit ra- 
. fer les murailles, & après avoir fait le choix des jeunes garçons & des jeunes 
filles, qu'il vouloit referver pour en faire des efclaves, il abandonna un million 
& trois cent mille perfonnes à la fureur du foldat. 

La ville de. Nifchabour, autre capitale de la même province, eut le même 
fort : & perdit un million & 747 mil de fes habitans , ce qu'il faut entendre 
auflî-bien que des autres villes, de. tout ce qui étôit compris dans fon territoi- 
re, qui étoit fort étendu & très-peuplé. 

Celle de Herat étoit la plus confidérable de ces trois capitales du Khoraflaa 
qui ' furent aflîégées par Tulikhan ; car elle étoit défendue par Mohammed Gior- 
giani, Gouverneur de la province, qui avoit une armée très - confidérable pour 
là déféndte*. En eïFet, pendant les fept* premiers jours du fiége , le Gouver-' 
neur fit de fi fréquentes & fi vigoureufes forties , que les Mogols virent bien 
qu'ils ne viendroient pas û aîfément à bout de cette entreprîfe , qu'ils avoient 
fait des précédentes : mais il arriva que ce Seigneur , qui étoit également fage 
& graillant, fut malheureufement tué d'un coup de flèche dans le combat. 

Après la mort du Gouverneur , les aflîégez commencèrent à perdre courage > 
& on parloit déjà de- fe rendre , lorfque Tulikhan , qui en fut averti par fes. 
efpions, s'avança- avec deux cent chevaux feulement vers une des portes de la 
ville , pour attirer à une conférence ceux des Bourgeois , qui étoient les plus 
portez à la paix. Là il déclara, que s'ils fe rendoient volontairement à lui qui 
étoit en état de les forcer, ils ne recevroîent aucun dommage ni en leurs per- 
fonnes , ni en leurs biens , & 'qu'il fe contenteroit de recevoir d'eux la moitié 
feulement du tribut qu'ils payoient au Sultan du Khovarezme. 

Après que Tulikhan eut donné fa parole & confirmé , par un ferment folem- 
nel , les conditions de la capitulation qu'il leur accordoit , les Bourgeois de He- 
rat lui ouvrirent auffi-tôt leurs portes, & lui .firent une entrée majgnlfique. Tu- 
likhan obferva exaftement le traité qu'il avoit fait avec eux, & ne fouflfrit pas 
que fes Mogols leur fiflent aucun outrage* Il fe contenta feulement de î'exé- 
cution des- foldats de la garnifon, avec iefquels il n'avoit point capitulé, &leur 
ayant donné Malek Abubecre pour Gouverneur , & Manghtai pour Prévôt & 
Grand Jufticî;?r, il vint trouver fon père au fiége de la ville de Thalecàn, dont 
nous avons déjà parlé. 

Mais la ruine de cette puiflante ville ayant été déjà refoluë dans le décret DL 
vin , dit Khondemir , là perte étoit inévitable, U arriva en eSet que le bruit 

s'étant 



aE.NQ«:iZKi:HAN- sir 

s'étant Tdpanda, que les Mogolç avoient été défaits par Gelaledditt , «après de 
la vûh de Gaznah^.les habitans des villes du Khoraflan, où Tulikhan avoit lait 
fé des Gouverneurs, fe foule verent tous en même tems, & égorgèrent tous les^ 
Mogols qui leur tombèrent entre les mains. Les habitans de Herat fe jetterent 
fur Malet Abubecre & fur Mangbtai, qu'ils maflkcrerent avec .tous leurs gens, 
& mirent à leur tête Mobarez^eddin Sebzvari pour les défendre.. 

Gendîizkhan ayam: appris ces méchantes nouvelles , fît une rude reprimende ' 
à TùlîKhaa fpn fi|s, de ce qu'ayant, par une faufte clémence , donné la vie à fes 
ennemis, U leur avoît auflî laîffé'les moyens de lui jouer un fi mauvais tour ; 
pour reparer cette faute & pour fe vanner d'un û grand affront , il envoya II- 
genkvai Ndvîan avec quatre-vingt mil chevaux devant Herat. Cette ville foû- 
ûnt un fîége de fix mois, entiers, pendant lequel fes habitans qui fe défendoient. 
en 'dere(i)érez firent des efforts' inconcevable^. : mais ayant été enfin forcez , ils^ 
furent tous égojrgez (ans miféricorde , jûfqu'au nombre, d'un million & fix cent' 
mil perforines, à pkjfieurs, reprifes. -, 

Emir Khovand ou Khavend' Schah -dit , que le Dbàeur Scherfeddin Khathib 
refta feul avec quinze autres perfonnes , qui s'étoient cachées dans des grottes 
où les Mogols, qui fpiiilloient par-tout , ne les avoient point trouvées , & qu*ils 
furent joints, quelque tems après, par vingt-quatre -autres qui avoient auffi échap- 

5é à -k fureiiu- des ennemis par une eipèce de miracle^ Ces quarante perfonnes 
emeurerent pendant quinze ans dans nerat; , avant qu'aucun autre fe joignît k 
eux pour y habiter, tant -cette ville, qui portoit le titre de Perdons Nifchàn ou. 
Nifçhin ^ jqui fignifîe le fymbole ou la demeure du Paradis , a voit été détruite. 
Cette défolation générale arriva Tan de l'riegire 619, de J* C, 1222. 

Après* que Genghizkhan eut terminé les guerre? qu'il avoit entreprifes contre 
Mohammed Khuarezm fcHah & Ces enfans , comme nous avot^ vu cy-deffus en 
partie , & conune il en ^eft traité plus particulièrement dans les titres de Mo* 
hammed & de Gelaledàn Khuarezm fchah : ce Prince tint conlcil avec fes en-' 
fans & les plus grands de la Cour, l'an 621 de THesire , dans lequel il fut ar- 
rêté qu'il retourneroit dans fon Orde natal ^ nommée Ordou fia^igh , où étoit 
proprement le fiége Royal de fon Empire. 

A peine y étoitJl arrivé qu'il apprit. que Scheidercon , qui *commandoit dans 
le pays de Tangur & de Cafchin, s'étoit révolté , & qu'il s'avançoit vers lui 
avec une armée de cinq cent mil hommes. Genghizkhan alla au-devant de lui^ 
avec des forces à-peu-près égales. Il fe donna pour lors une des plus ânglan- 
tes batailles dont on ait jamais ouy parler ; car , félon la îupputadon des Mo- 
g;ols,ll fe' trouva trois cent mil hommes des ennemis morts fur la place, fans^ 
que l'on fçache jie nombre de ceux que les Mogols perdirent. 

Cette perte cependant ne fut pas capable de réduire pour lors Scheidercou 
à fe fbùmettre au vainqueur.: mais ayauit été depuis encore vaincu à diverfes. 
reprifes, il demanda quartier & jura fidélité à Genghizkhan. Ce Prince vouloit 
en même tems faire encore la guerre à quelques-uns de fes voifîns, mais il fut 
appaffé par les Ambaffadeurs & par lespréfens, qu'ils lui envoyèrent pour ob- « 
, tetiîr de lui la jpaîx. 

L'an 624 de FHegîre^ de J. C. 1226, Genghizkhan fe trouvant accablé d'in- 
firmitez , caufées par les grandes fatigues qu'il avoit fouffertes dans l'exercice 
continuel des armes jufqu'â Tâge de foîxante & treize ans, réfolut de partager, 
ies Etats entce fes^^ enfans. U en avoit eu quatre , à fçavoir , Gioogi , Giaga- 

Tome IL N : ' tku,* 



t)mi , Oéfcai & 'tuli : nûris Giougi Tatné étoit iaaon âsms la campagne. de;ltip-; 
giafc, au-deflus de ja mer Gafpienne où ii commandoît, fix mois avant le décès 
dé fon père , & avoit laîflë plufieurs cnfam , dont Batou étoit Uaioé. 

Genghizkhan déchra pour fucceffeiir dans fon Orde Impériale & dans tous le^ 
pays des Mogob , Cathaiens & autres^, tirant vers TOrient , Oftai , ^iil fut fur- 
nommé Caan, & qui eut pour fucceflfeur Gaiok Shan fon fib. 
' Gîagathai eut pour là part la Tranfoxane , que les Arabes nomment Maava% 
ralnahar , & que nous appelions encore aujpurd huy du nom de ce ÏWnce , le 
Zagathai ou Pays dçs Uzbeks, & c'eft proprement le Tûrkeftan, Son pière lui. 
donna pour confeil & pour Général de fes armées Carariâr No^iàn. 

Le Khorai&n , la Pêne & les Incfcs ftirent donnez à ïhuHkhan , Kjui en avoit 
conquis en perfimne une grande partie , & dont tes enfens Mangoca , Cpblai. 
à'Holagu fe font rendus célèbres- dans rhiftdîre-. 

^ Batou, fils aîné de Giougi , fiiccéda à fon père par Tordre de Genghizkhan,. 
&; poiTeda les pays d'Alàn , de Rous & de Btrlgâr , au-deffos de la jner Crf- 
jôenne. Ceft ce petit -j/îls de Gengfaîzkhtm qui traverfant ia Ruffie, vint mf- 
(fx^n Moravie , d'où il ptk lé chemin de la Hongrie , dans le deflfein d'allerr 
afliéger Cbnftantinople : mais fks grands^ projets finirent arec & vio^Ym 6^6 de 
l'Hégire. 

Après cette diftriButioa de prorôîces , GenghftWian mit entre les maîns de 
Giagathai, la tranf9éHon folenmeUe que Kîlkhan Se Fa^ouH, en^ns de Tou-^ 
flôenah kha& >. avoîent palTéë enfemhie ^ par laquelle les noirs > delcetukns de Fa-^ 
giotdi, ne dévoient tien prétsendre k îa fticcdEon de Toumemd) , leur, grand- 
père, tant qu'il y auroit des héritiers, defcendans de KilHian leur onçjte^ Cet 
aîte kvdt été fcdlé du fceau de Toumenah khan , & il étoit de conféquence 
pour les Genghisihaniens qui dcfcendoient de KiJkhan; car H leur pou voit fer- 
vîr, comme il arriva,, contre Içs Timuriens, c'eft-à-dirc , la poftérro de Tamer- 
lan qui tirait fon origine de Fagioult 

La mort de Génghjzkhan arriva le quatrième jour d«t mois Ramadhan , Tan • 
(5ra4 de l'Heg^^, & dans le Dongouzîi*, c*eft-à-dire, dans Tannée du Pourceau- 
feloQ les Igureen^ & les Cathajens , année dans laquelle étoit tombée auÏB fa . 
naiffance & fon élévation à la fouveraîûe d^nité & autorité fur les nations des 
Turcs, des Tartares & des Mpgols, H fut enterré fecretement au. pied d'un àr- 
hre, où Fon dit qu'étant un jour campé, il demanda à fes gens , s'il leur^fera- 
Moît que ce lieu fôt propre à: fa fépulture y & qtie fort peu de tcms après fa 
mort , il crût à fentour du même arbre une efpèce de biiiubn H épais , qu'il renr 
dît le Keu inacceffible. 

Tout ce que J'ai dit jufqu'îci de Genghizkhan eft tiré de Khondemir. Mir- 
khoTid, qui eft le même que TEmir Rfohammed Kovand ou Khavend fchah^ a 
écrit la vie de ce grand Conquérant, le iîeau du . Mufuhnanifme , fort au long, . 
J'ay prêté le Manmcrit de cet Auteur, qui eft fort rare & qui m'eft venu en* 
tre les mains , par la libéralité du Grand -Duc de Tofcane, à un de mes amis, 
qui s'en eft fervi pour nous donner la vie de ce Prince dans toute fon éten- 
due, Ceft un ouvrage qui doit parpître au pjemier jour^ . . 

Abulfarage . dit dans ià dynaftre dixième, :qui eft celle des Mogols, que Geiw - 
rfrizkhan dornia. pendant fa vie à fes quatre erfuns le gouvernement de l'Etat 
diftribué en cette manière. Le premier, quMl nomme Toufchi au lieu de Giou* - 
gi, eut .nittèndance des dliaires ,^ qi^i étoit..la première charge chez i^s .Mogols^ 



•t 



Gî:.K<mr2KH AisrAft: ôïnsrearîKHANrxR 



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9^ 

Xre fécond , nommé Giagathai, eut celle dé b juHiee: Oâaî, kl troifîème, qui 
lui devQît fucceder, le gouvernement pofitiquè,&.Tulî, le quatrième, lecom- 
siafidement militaire. 

La pofterité de Genghizkhan fut tellement refpeâée par les Mogofo & par 
les Tartares, qu'aucun d'entr'eux n*Afe prendre depuis les titres de Khan &de 
SvSxm qw kfl étoieflC referir^z; & Tàmerlan même fe fit on grand honneur de 
porter feulement celeâ de Kurkh»^ c'eft-à^ire, de ledr pareoL II donna mè* 
me, après la mort de Huflaia ^% avoit défait, Je titre dfe Sukan à Soiour- 
fatn^tio', ^ étoit de la même race, ^quoy qu'il fût entièrement dans (a dé- 
pendance. 

Touchant la grande irruption de Gei^hîzkau » ii eft bon de voir encore le 
titre de Thogrul^ fils d'Arflàn. 

GRNQHIZKHANIAH. Taourat Gengîiîz-Kaniat, la loy de Genghiz* 
khan, Ceft un Oftalogue qui' contient tous les préceptes du Décalogue , à la 
referve de celui qui OTdonne la célébration du Sabat Jl eft certain , que la 
Religion des Mogols î^pprochoit fort du Qiriftianifme ; car Genghizkhan & fes 
fucceflfeurs ont été toujours amis des Chrétiens & ennemis des Mahometans , 
jufqu'à Nicoudar Oglan , qfui fe fit Mufulman & prit le nom d'Ahmed. 

La femme de Genghizkhan étoit Chrétienne , & Tamerlan époufa la fille de 
Camaraldin , qui étoit de la Religion Genghizkiianienne aulli-bien que lui. Hu<* 
fleurs Empereurs Mogols ont célébré les fêtes de Pâques & de la Pentecôte 
dvec les Chrétiens ; & \e$ Ambaffades que faint-Louis & les Roys Chrétiens d*Ar- 
menië leur envoyoient , . font foy qu'ils reQjeftoient fort les cérémonies de la 
Religion Chrétienne. 

Abulfarage ranpofte que Genghizkhan , avatnt que de marcher contre fea en- 
nemis , monta fur le haut d'une colline > où il demeura trois jours ft trois 
nuits h tète nue, & à jeucr, implOTant la miféricorde de Dieu âc fon fecours: 
qu'enfuité de cette aâion de piétés il vit en fonge un homme vêtu d'un habîe 
iemblable à celui que les £véques portent en Orient. , qui l'aflilra d'une pleine 
vîâoîre. 11 y a jg-ande apparence , que cette hîftoire a été forgée fur la pro- 
meflfe que lui fît Tubi Tangri , lorlqull lui changea fon nom de T^miugin en 
celui de Genghizkhan. 



GENGHIZKHANIAN, les Mogols defcendus de Genghizkhan^ Us ont 
régné dans tous \» Etat$ que ce Conquérant kifia à fes enfans : mais il n'y a 
que h fuccel&oQ de ceux qui ont régné dans Tlran- ou Perfe, prîfe dans ik plus 
^ivsle fignification, qui foît bien marquée. 

Cette dynaftie , qui comprend quatorze Princes , commença Tan ôq FHegke 
S99^ de J. C. iao2 , & finit l'an 736 de l'Hegire, de J. C. 1335. Ce n'eft 
pas- qu'après ce tems-1à^ c'eft-à-dire, depuis Arbakhan, il n^y ait eu encore des 
R i n c e s de cette maifbn; mais ils n'ont plus été conûdéra par les /Hifioriens » 
e o nm e des fuccei^rs de ce grand Emphre; Ces quatorze Erinces ont régné 
*37 ans. 

I^ premier eil Genghizkhan ^ qiri a régné; 25 ans. 

Xe fécond, Oktaf Caan, fils de Genghizkhan, a régné treize ans. 

■ Gaiuk Khan, fils JOktai, un an. 

' Jkfangu Càan, fils de Tiilî, fils de Genghîzkhai , neuif aais. 

K % Holagtt 



iQo • OENGHIZKItANI AK OENN. . 

f Holagu Khan, fils dcj Tuli, neuf ans. 

Abaca Klian, fils de Hôiagu, dix-fept - ans* . 

Ahmed Khan, dont le nom Mogolien/étoit Nikudar Oglan, fils de Hola^^ 
deux ans & deux mois. 

Argun Khan,, fils d' Abaca khan, fept.ans.. 
' Gangiatu Khan ou CaikhtuKhan, fils d* Abaca Khan, trois ans & fept mois. 

Baidu Khafi, iUs de Targai, fils de Holagu, fept oirhuit mois. 

Gazan Khan , fils d' Argun , huit^ ans , neuf mois. . . 

Mohammed, fils d'Argun, futftommé Khodabendé, & dont le nom^Mogolkii 
eft ' Àlgiaptu , douze ans & neuf mpis. 
Abufaid Khan, fils de Môhànmied Khodabendé, 19 ans; 

Arba Khan , fils de Senghigan , fils de Malec Timur , fils d'Artak Boga , fiK 
de Tuli , fils de, Genghizkao, régna cinq mois. . . 

Les Genghlzkhaniens furent à la fin dépouillez par les Tiinurides , c'feft-à- 
dire, par Tamerlan & fes defcendans Tân 736 de* rHèg|re,.car ils les.chafle- 
rcnt du Turkefl:an & de' là Tranfoxane , & les obligèrent de fe retirer dans 
le. pays des Uzbecs /ou Jouzbeghs, fort avant dans le Nord: 

Ces Timurides régnèrent, dans la Tranfoxane jufqu'en Tannée 9.00 de THe- 
glre, &.de J.. C. 1494 , dans laquelle. Schaîbefc Khan, fils de Boudak, Sultan* 
de? Uzbeks, qui fe difoit être de la race de Gengîzkhan, chaflàlles Tîmurides 
du Turkçftan & du Khoraflan, & les contraignit de s'enfuïr aux Indes, où ils 
fondèrent lia dynaflie des Princes ou Empereurs qui y régnent aujourd'huy >. 
& que nous appelions les grands Mogols , àcaufe qu'ils font de race Mogo.- 
lienne ou Tartare. f'oyez le titre de Schaibek. 

. Marafchi ou Marakfchi a écrit Thifloire de Genghizkhan &.des Mogols dans 
ht troifième partie de fon hiftoire, qui fe trouve dans la Bibliothèque du. 
Roy. . y^oyi» k titre, (k. Marafdiî. Nous avon& encore fa^.vie. ea.vers Per-, 
fiens* 

GENN ou Gînn,^..en Arabe, eff le même que Dîv en Perfién, &Déura en' 
ladien, c'eft-à-dire, un Génie ou -Démon, qui a un coips fait de matière plus, 
fubtile que la nôtre , telle qu'efl; celle de l'élément du feu. 

Ces Géijies , félon la Mythologie des Orientaux , ont été créez & ont gou- - 
verné le monde avant Adanr. l^oyez le titré de Gii^. Cette efpècc: de-créatu- - 
res , félon la même doftrine fabuleufe , comprend les bons & les mauvais An-, 
gds, & même les Géants. qui ont |ait la. guerre aux hommes dans les. premiersL. 
tems. Ils ont été depuis confinez dans un .pays nommé à caufe d':eux Ginnifl-'- 
tan, cVft la Féerie ou Je pays des Fées de nos anciens. Romans, .où. il y a des 
villes admirables, telles que Schadoukiàm^ &c. . 

Les Mages de Perfe donnent à: chaque jour &.à chaque mois <le Tannée ua.; 
de ces Génies qui-^ y préfident ; ils en affi^nent encore un particulier à chaque^v 
Ailr.e^ aux mo^tfiagnesv aux mines, aux eaux, aux arbres, &c. Il»femble que. 
les Mufulraans en attribuent auflî aux hommes. Foyez les titres d^Amr ou Ben* 
Leith, de Motaflem, ds Divy rfe Péri à^autreSi 

Ben Schohnah raconte qu'en Tannée 456 de THegire, de J.* C. J063, fous 
lÉ règne de Caiem , vingt-iixième Khalife de la race des Abbailides , on fema 
<bn3 Bagdet un bruii^ qui & /épandit enfuitè dans toute la province. d'Iraque^ 

'.*'';.:'_ " ' que - 



GENN. GENNAH. lof 

due quelques Turcs étant à la chàfle, virent dans le déTert une fente noire, 
tous laquelle il y avoit beaucoup de gens de l'un àdé l'autre fexe , qui le' 
lîattoient les joues, & pouflbient de grands cris, comme il eft ordinaire de 
faire en Orient , quand quelqu'un eft mort. Parmi ces cris on entendoit ces; 
paroles: Le grand Roy des Ginnes eft mort, malheur à ce pays; & il fortit enfuite' 
une grande troupe de femmes fuivies' de beaucoup d'autre canaille qui allèrent 
à un cimetière voifm, continuant toujours dô fb battre en ligne de deîiil, &* 
de douleur.- ^ 

Le célèbre Hîftbrien Ebn ' Atliir rapporte que le trouvant' l'an 600 de THe- 
gire, de J. C 1203, à Moful fur le Tigre,, il couroit dans tout ce pays-là une: 
maladie épidemique qui s'attachoit à la gorge, & que l'on difoit qu'une femme' 
dé l'efpece des Ginnes i ou dés Fées, nommée Omm Ahkpud, ayant perdu un fils,; 
tous ceux qui rie la confoloient pas fur- cette môrti étoient attaquez de ce mal: 
dé forte que pour en être guéris, les hommes &les femmes s'aflembloient , &/ 
le* battant les joues, mbiént de toutes leurs forces: Ja Omm Ancoui AddJierinay 
Mât Ancoud ou ma DerinUy Omere d'Ahkoud excufez nous*, Ancoud eft mort,' 
& nous n'y fongions pas^^ 

La même chofe, félon le rapport de Ben Schonah^ étoît déjà "arrivée en Egypte' 
fbus le règne du Khalife Dhaltele Fathîmité : un mal de gorgfe régnant dans le 
pays, le remède étoit de faire une efpece de bouillie fort épaiflfô qui" eft eh" 
ufage dans' le pays, &* de la jetter dans le Nil , eii répétant plufieurs fois ces' 
paroles : la Omifi Halcom aadherina , mit Hàlcom ou maderina. O^ mère de Hâl- 
com excufez-nous ; Hâlcom eft mort , & nous n'y penfions paë, 
• La première de 'ces hiftoires eft aflêz femblable à ce que Suétone raconte que ' 
du tems de Tybere on entendit crier dans les forêts : Le grand Pan eft mort. 
Pour les deux autres il fuffit de dire .que ce font des remèdes fuperftitieux pris 
de la fignifieation de Ancoud •& de- Halcom,' qui lîgijifient ea Arabe la gorge otr 
cette forte de mal s'attachoit-- 

» 

GENNAH, le Paradis. Les Maftihnans tiennent qu'il "y a huit Paradis Sc^ 
ftpt Enfers , c'eft-à-dire , huit degrez de béatitude pour les Bienheureux , & fept - 
degrez de peine pour les Damnez. Ils veulent donner à entendre par ce nom- ' 
bre inégal que la mifericorde de Dl^u furpafle, pour aînfî dîr e ,- fa Juftice. 

-Un Poète Turc expliquant le fentimenf d'Ali qui difoit que, quand on lui* 
ôteroit le vôile qui lui cachoit les chofes fpirituelles , il ne^ les croiroit pas avec 
moins' de. certitude, ni fermeté, parle ainfi: Je comiois fi certainement-, &je^ 
croy fl fermement qifil y a huit paradis pour les élus-, & fept enfers pour les' 
reprouvez , & cela par les yeux de mon ame , & par la lumière de la foy v* 
que quand on leveroit tout à coup le voile de ce corps qui me- les cache, la • 
certitude & l'aflUrance que j'ay de ces chofes-là , n'augmenteroit, ni ne diminue-'' 
roit en aucune manière à mon éçard. 

Je mettrai îcy quelques fentimens dès Mûfiilmans touchant lé Paradis i pour 
faire mieu?? connoître l'idée qu'ils s'en forment. 

On lit dans le chapitre de l'Alcoran intitulé Taouiar^ ou dé là PehitenceV * 
ces paroles: Dieu a acheté des fiâelles leurs vies y 6? l^urs biens , leur donnant en ' 
éihange le Paradis. Vaflîth dît que ce verfet fut écrit aU fujet de la converfion: ' 
cte" plnlieurs infidèles, lefquels après avoir fait profcÂîon de la foy Mufulmanne, *• 

N 3. denaan»'- 



\o^ 



GÊNN AH. 



demandèrent à Mahomet à. quoy ils étoient obligez envers Dîeu^ & envers lui ^ 
& qu^fl leur répondit r A ï*égard de Dieu vous rrét^ obligez à autre chofe, finoa 
$ radorer & à le fervir lui feul aux dépens de vos biens, & de vos vies^ dL 
quant à moy , je vous demandé feulement que vxnis m'aimiez autant que vous; 
mtes vos vies & vo^ biens. 

Ces Profely tes > après avoir ouy ce difcours , «^écrièrent tous d'une voix Rlbk 
al bU la. tekil u la neflekil. Voici un marché fort avantageux, contre lequeT 
nous ne reviendrons jamais. Ces mots qui ont paflë comme en proverbe parmi 
les Arabes, font expliquez en, ces termes par un Interprète Perlîen : Cette 
façon de parler , Dieu acheté les âmes & les biens des fidelles , efl: métaphorique^ 
& non pas propre ; elle nous fait voir feulement combien il eft vray que Dieu 
donne fon paradis aux Fidelles qui employent leurs vies , & leurs biens à fôn 
ftrvîce. La preuve que ceci n'eft qu'une métaphore , eft que Pachapt & la 
vente n'ont lieu qu'où il y a différence de poffeffeurs & de poffeifions j or eft-H 

r'il n'y a aucune perfonne , ni aucune chofe dans le monde qui n'appartienne 
Dieu; car l'efclave, & Ion bien appartîÊnnQnt à cehii qui en eft le Maître. 

Ceft 'donc, pourfuit cet Auteur, comme fi^Dieu difoit: il dépçjid de toy, 6 
homme, de me donner ta vie, & ton bien, & il dépend de moy de te donner 
1^ Paradis; la vie eft un fond dé péchez & de miferes , & tes biens font une 
fburce d'orgueil & de rébellion : Vends , & aliène donc pour le fervice de Dieu 
deux chofes méprîfables, pour acheter un bien auffi defirahle qu'eft le Paradis^ 

Gelaleddin Al Balkbi paraphrafe ainfî ces paroles dans fon MeChnevi. Jette 
une pierre pour recevok un joyau, donne une poignée de terre, & reçois ea 
échange de l'or^ Enfin pour une chofe vile, & perifFable^ reçois un bien ex« 
cellent & éternel. y 

* On lit dans le: livre intitulé Kefchdfy,& dans Ain. al mdam l'hiftoire fuivante qui 
^un grand rapport à' ce qui a été dit cy-deffus. Un Arabe du defert paÛknt devrmc 
la porte de la Mofquée de Medine, entendit quelqu'un qui recitoit ces paroles; 
Dieu a acheté les âmes ^ les biens des Fidèles , ÔP leur a donné en échange le para* 
^ U demanda auflî-CÔt de qui étoient ces paroles, & on lu^ répondit qu^elIes 
étoient de Dieti» L'Arabe voulût fçavoir enfuite dans quel tems cet achapt & cette 
vente avedetit été fisdtes , & on lui répliqua que ce contrat avoit été paifé dans 
le commencement des tems, lorfque Dieu fit un paâ avec Adam, & avec toute 
fa pofterité , par ces paroles : Ne fuis-je pas vojlre Seigneur , ^ ne me recmnoiffet^ 
yeus pas pour tel , & le refte , comme Ton peut voir da is le titre d'Adam. 
L'Arabe qui fut éclairé de Dieu dans ce moment, lui dit auffîtôt ces paroles: Je 
trouve ce marché fort, bon, fi vous ne le retracez point, Seigneur^ je n'ay 
garde 4e m'en dédire: car vous ^ achetez de moy une ame chstfgée de péchez^ 
^ quelques bdens palTagers , au prix d'une félicité éternelle. Bien loin ^ ne 
pas accepter ce marché, je vous abandonne dès maintenant & mes biens, & 
jni vie. , 

Azizi dit fut ce iu^et: Celui qui acheté un efclave dont il connoit les déftuft, 
ne peut plus le rendre à celui duquel il l'a acheté, ni en redemanda le prix. 
Ainfi il n'y a point lieu de craindre que Dieu qui nous a achetés, quoy qu'il 
connût nos imperfeétions & nos miferes , nous chaife , & nous renvoyé an 
Démon, nôtre premier maître, ce qui eft exprimé par un Poëte en ces termes i 
} elpcre , Seigneur, que je ne feray point rejette de vous comaae un eiCciave 

[ pleia 



éËNNAM; 163 

pîèîri de' défauts, puff^ue tous avez eu h bontté de m'achêfter après le« avoir 
cônoMs^parfaitement, 

L^Auteur des Nafehât dît auflî : Vou^ m*avez vu & conmij Seigneur^ de, 
toute éternité., & après m'avoir vu & connu avec tous mes défauts, vous n'a^ 
vez pas laillë de m'achetet. Cette connoKTance efl toujours prefente en vous» 
^ k honte quQ j'en ay me couvre d'une confufîon perpétuelle. Ayez pitié,' 
Seigneur , de celuy que vous avez une fois agréé &. accq)té. Voyss^ Huï&in 

. U y a enfuite de ce texte du chapitre Taoubat, le verfet qui fiiit: Rej^aijjes^^ 
vMf donc de atte venu que yeus avez faite^ (s^ de ce prix ûi^eç kqnsl vom SHZ été 
dckeifz i car c'ejl un grand honhsur pour yous. 

U Auteur des Médarek rapporte que YÏMUn <jiafetr Sadik liilbft aux fidelles; 
Vdtaré prix n'eft ^:Qtre que le Ps^adis, gardez- vous bien de vous vendre pour 
une ckofe de moindre valeur.. 

Le Methnèvi Nfkneyi dît auflî très^Iegarnmént en fa langue. LTiomme eft fi 
miferable, qu'il n^ fe comioît point. Tantôt il s'élève trop, &* tantôt' il s'ab- 
baifle & s'avilit trop; il fe donne fouvent pour un prix fi bas, qu'il fait pitié, ' 
femblable à un pauvre fol qui coud des haillons à un habit de brocard y ou qui 
vend ceiui-cy p(^r avoir les autres. 

Quoyque les Mtifulmans ne connoifleht pas clairement la rédemption des hoin*^' 
BBKSg- faite par Jksus-Christ, ils ne laîflent pas d'en avoir quelque lumière , 
comme il parçit par leurs expreflîons âffez femblables aux fentîmens des Ch'rô* 
tiens. Ceft un effet de la force invincible de la vérité, dont la lumière perce 
lès ténèbres les plus ^aîfles de Terreur. 

Au chapitre troîflème de TAlcoran intitulé de la famiDe d'Amr4H , on Ht 
ces paroles. Le retour ^ Dieu eji le meilleur que ron puiffe faire. La verûcii 
Berûenne ^t: II fait bon retourner à Dieu, puifqu'îl n'y a aucun au^e bieA- 
eomparable à luy. 

Ud autre Auteur Përfibn paraphrafe' aiqfi ce vérfbt. Vôtne paflîôn vous 
^t courir par les plaines & par les montagnes ; msâs en&i après toutes œa 
oourfes qur font autant d'égarem^^is, il faut revenir au gite, & il n^ya poteC 
4*autre retour que vers luy. 

On lit enfuite dans le njôme texte.- Ceux qui retournent à Dèeu en h fervtnitj^ 
trouvèrent un paradis oU il y a des jardins fur le courant des riyieresy ^A ils vivront '. 
éferneUemenP avec leurs femmes qui feront très-pures ; maïs outre ces délices , Us joïd^ - 
rûfft du hên plaijtr de Dieu qui les rendra contens. Là paraphrafe Perfiennê pdrte i \ 
Biais outre ces deHces, le bon plaifir de Dieu qui fe complaît en eux, & qui* 
èft content d*éux, furpafle toutes chofes, & leur • tàent Heu de tout; car Dieu 
étant contint d'^ux, il tes rendra pleinement contens, &fatîsfaits <fe lui, par ' 
kiy-^mênae. ^ . 

' H rfcft donc pasr vray, ce que pliifieurs Auteurs qui ont combattu le MàhcWje- 
tifine , ont avancé que les Mufulmans ne reconnoiffent point d'autre béatitude dan^ * 
le cîel, que la joùiHance des plaifirs des fcns. Dans le même chapitre page 85, ♦ 
du texte Arabiqrae nous trouvons encore ce verfet.' Ne penfez pas que ceux qui 
fiint tuez dans ies batailles données pour la caife de Dieu^ fotent morts i car Us viveni 
'irâritioèiement auprès de leur Seigneur qui Us- pourvoir (dmdaminent y'^ tes fait Jouit ' 



IQ4. G E N N A H. 

une un extrême plaifir de tm ce qu'il a dis plus grand, & de plus exceUetU,^ Meo 
Fadhlihi. ' _ 

Huflain Vâez explique aînfî ce terme. La magnificence de Dieu cottfifte en 
ce qu'il' donne k fa créature la béatitude qui n^ft autre que fon bon plaifir, 
c*eft-à-dirè , la complâifance quMl a pour eux, après laquelle, .& auprès delà- 
(pjelle il tf;jr a point d'autre bien gui foit comparable, ni môme concevable. 

L'Auteur du'Tefsir Kebir dit que lorfque les âmes faintes font éclairées dans- 
la béatitude des rayons de la lumière Divine , leurs fublhnces font entièrement 
pénétrées de la fblendeur dç ce qu*ellcs connoiflTcnt, & c'eft le premier d^é de 
Ifi fçlicité cjui eft exprimé par ce mot du. verfct, Jorzecnin^ ils font pourvus 
abondamment. Après cette' pénétration intime de la fource des lumières éter- 
nelles , les âmes des bienheureux entrent danà un grand repos qui' leut caufe 
yne joye inexplicable .qui fait le fécond degré de la béatitude exprimé P9r. le 
mot Farehin,^ Remplies de joye. Ores cette joyeconfifle particulièrement en ce 
qu'ils ne fe voyent pas feulement arrivez auprès de l'objet qu*iis aiment ; maig 
qu'ils s'y trouvent intimement unis , f^oujfoul bitaman vejfdl^ car on ne peut 
p9S concevoir un plus grand plaifir^ ni de pUis grande }oye, que de contem- 
pler , & de goûter intimement la beauté de la face ^lorieufe du Seigneur , Nedhr 
begemil vegeh herim j ce qui a fait dire à un Auteur myftique pour exprimer 
cet état: La fource du plaifir & de la joye eft où l'objtt aimable fe rencontre.. 
Pour moy je ne travaille à autre çhofe qu'à me jetter à corps perdu dans 
cet abîme. . , 

A la fin du même chapitre d*Amran , page pi , du texte Arabique il eft dît 
de ceux qui font fidèles & obeïflans à Dieu : Us auront des jardins autour def^ 
quels couleront des fleuves ^ & Us y demeureront éternellement , recevant continuelle" 
ment de nouveaux prefens de la part de Dieu. . Les Interprètes dîfent que le mot 
Niizùl , qui eft icy employé , fignifie tout ce que l'on prépare dans le logis pour 
bien recevoir un hôte, ^ que comme la grandeur , l'excellence & la multitude 
fies, apprêts que l'on y fait , marquent Teftime que l'on fait de la perfbnne 
qui y eft reçue, le Paradis étant l'apprêt que l'on fait aux hôtes <le la Cité 
de paix, on na^ peut point leur faire de plus grand prefent que celui qui les 
comprend tous , qui eft la vâô de Dieu même , Tamasckai anovar lika , ce qui a 
fait dire à un Auteur fpîrituel & dévot : O vous qui me conviez à jouir des 
délices du Paradis, ce n'eft pas le Paradis que je cherche, mais feulement la 
fac? d^ celuy qui fait le Paradis. 

• JPour arriver à ce bonheur, voici ce qu'il faut faire , fuivant le verfet qui 
finit & termine le chapitre d'Amrdn. -rf vous qui êtes déjà fidèles , il ne reJU 
flus^ finon de.fouffrir^ de perjeverer^ de vous attacher à Dieu, ff de marcher avu 
crainte devant .lui ,* car par ce chemin vous parviendrez au bonheur du Paradis. 
« f Les Interprètes expliquent ainfi ces paroles : Soufixez en combattant vos 
pjiilîons, &f. les afliijciciflant a^ fervice de Dieu. Perïeverez dans l'union de vos 
cœurs avec la volonté de Dieu, vous refignant à lui dans les affliétions de la 
yie, & acquiefçant en tputes çhofes aux ordres de fa Providence. Attachez, 
J^ liez vos efprite à cette feule penfée de vous unir à lui ^ les détachant de 
toutes les imaginations qui voys en peavent (èparer^ Confervez foigneufement» 
jSc avec crainte , les grâces que Dieu vous fera , & gardez- vous de les perdre 
4)ar la communication trop familière avec les hommes. C'eft ainfi que vous 
pai-viendrçz à Ja félicité qui confifte à être développez du voile des créatures, 

pour 



GENNAR 105 

poyr fitte anéantis en Dieu ^ & pour paiTer de- cet aneantiiTement i un être, 
permanent & inaltérable avec lui. 

Un Auteur a dit excellemment fur ce fujet : Si vous voulez fubfifter éter- 
nellement heureux 9 aneantîlTez-vous dans le tems; car la moindre chofe que 
prodtdt cet aneantiffement , c^eft une éternité. 

Nous remarquerons icy que Mahomet, après avoir promis à Tes Arabes des 
Urdins de délices pleins de fources abondantes d'eau dans Tautre vie , il les aiTure 
auffi dans le même chapitre, qu'ils auront des demeures, & des Palais magni- 
fiques dans les jardins d'£den , mot Hébreu qui eft le nom du paradis terrefure , 
dans la Genefe. 

Les Interprètes varient fur l'explication de ce mot; car les uns difent que 
c^eft le nom d'une ville du Paradis, au milieu de laquelle fe trouve la fontaine, 
ou la rivière qu'ils appellent Tafnim, de laquelle tous les bienheureux font 
i^breuvez. 

Les autres veulent que ce mot ne fignifie autre chofe que le degré le plus 
haut de la félicité, & de la gloire que polledent les Bienheureux dans le ciel. 

L'Imàm ïhaâlebi dit qu'Eden eft le nom d'une de ces grandes rivières dont 
les rivages font bordez de jardins délicieux; car les plus rigoureux Mufulmans, 
ou pour mieux dire, les plus fuperftitieux d'entre leurs Dofteurs, foûtiennent 
qu'il faut entendre à la lettre toutes ces expreffions grolEeres qui regardent 



des Chrétiens & des Juifs mêmes. 

Cependant après les promeifes de ces délices corporelles , le faux Prophète 
s'eft trouvé obligé d'ajouter ce que nous avons déjà vu dans le chapitre Taou- 
bat , qu'outre ces délices , il y a encore quelque chofe de plus grand dans le 
Paradis. V Rifuân.men Allah achar: Mais la complaifance que Dieu a dans les 
Bienheureux, pafle iioutes chofes. 

Les Interprètes dîfent que cette complaifance de Dieu eft le principe de 
tout le bonheur , & l'origine de toutes les faveurs.^ Ce qui fait dire à un 
d'entr*eux : L'un vous demandera , Seigneur , la jouîflance du Paradis , & de 
fes délices, & un autre, la déUvrance d'enfer & de fes peines: Pour moy je 
ne vous demande ni l'une, ni l'autre de ces chofes. Mon feul ddir eft que 
vôtre volonté s'accompliflë en moy. Quand vous ferez content de moy en ce 
monde^ry & l'autre , j'ay tout ce que je fouhaite , & j'abandonne tout le refte 

entre vos mains. 

Les Mahometans ont une de ces traditions qu'ils appellent authentiques , qui 
porte que Dieu demandera aux Bienheureux s'ils font contens, & ils lui 
répondront^ comment ne le ferions-nous pas , puifque vous nous avez fait des 
dons que vous n'avez point faits aux autres: & Dieu leur répliquera. Je veux 
vous &i faire encore un plus grand , c'eft que dorénavant je me complairai 
en vous, & que vous ne deviendrez jamais plus l'objet de ma colère. 

Dans le chapitre intitulé Jmas , le faux Prophète , après avoir parlé des jar- 
dins délicieux, & des eaux abondantes du Paradis, voyant bien que cette béa- 
titude qu'il prdmettoit à fes fidelles ne fatisferoit pas les efprits les plus éclai- 
rez , il ajoute ces paroles , dans ces jardins de délices les Bienheureux difent 
£uis cetk : Vous êtes Saint le Seigneur nôtre Dieu , & le bon accueil qu'ils 

Ti)MB II O reçoi- 



io(J CJENNAH. 

reçoivent eft le SaMm , ou felat qm fignîfie : La pâîx folt fur vous , '& étdStt 
la confommation de toutes leurs aftions eft de dire: Louange à Dieu Seigneur" 
de toutes les créatures. Alhamdlellah rahb al dlemîn. 

Les Interprètes de ce verfet dîfent: Lorfque les Fidèles entrent dans le Parai- 
dîs pénétrez qu'ils font de la lumière de gloire qui leur découvre la Majeftô'- 
de Dieu, ils fe portent d'abord à lotier , & à magnifier fa grandeur, & Gf^ 
puiflance fouveraine. Alors les Anges leur fouhaitent la paix , 3îeu iâ leur- 
donne-, & leur confère en même tems pluffeurs grands prefens qui font divers- 
degrez d'élévation , & d'excellence > les uns au demis des autres. Les Kenheu* 
reux, après avoir reçus ces prefens de Dipu, le louent, & le bemflent, finilHmft 
fans jamais finir, leurs^ aftions de grâces par le cantique des attributs glorieux 
du Seigneur , & la joy e qu'ils reflentent en louant & magnifiant ces divtrte attri^ 
buts , eft fi grande , qu'elle fûrpafle tous les autres plaifirs du Paradis; 

Ceft ce qui a fait dire à un Auteur Perfien: Le plaifir & le goût qu\>Qrles 
Bienheureux comme autant d'amans paflionner , à prononce' les noms ou attri--- 
buts glorieux de Dieu , leur eft plus doux que la demeure éternelle dans te 
Paradis même ; car quoy que dans ce lieu de délices il y ait des pteîfirs j&ns 
fin , ils comptent pour rien tout le refte > en comparaifon de l'union Qu'ils ont . 
avec Dieu. 

Le Scheîkh al âlem dît : D' y a un bien dians' le Paradis auprès duàtid* tow 
les autres Mens dû Paradis même font defeftueux , & peu cônlîdenwes;^ Ce - 
bien eft la vûë de Dieu, & il s'écrie, enfixite. Le- Pkradis, Seigneur, ifdl 
fôuhaitaWe, que parce que Y oh vous y voit? car lins l'écla^ dtf votre beauté,, 
il nous feroit ennuyeux, : x 

Cette vue que nous appelions la vifion beatifique , eft nommée dans^ le chspî- - 
ta-e de Hpud Agr acbar,. la grandie recompenfe, Kojp^z Huflain Vaêz p. 403. 

Au même cterpitre: Dieu appelle y 6f invite à h Maijbn àe paix f Çf met^ dm% • 
le bon chemin ceux- qu'il hd ptatî d'entre les bons^ çuHl recompen/e^ ^ enrichit de fi» 
biens. Les Interprètes difent que cette maifon de paix eft le Paradis dei^në " 
pour lès Fidèles, où Dieu les convie, les excitant à Ja pratique des bonnes^> 
œ.uvres qui en donnent l'entrée. 

Le P&radis eft appelle maifon de paix à caufe du falut fie de lapafx que Dîeir» 
& fes Anges donnent à ceux qui y entrent, comme l'on a vu cy-deflus; ou 
bien à caufe du falut de paix, & de conjoUlflance que les Bienheureux fè don- - 
nent les uns aux autres , ou bien encore, à caufe que ce mot Salàm eft uri 
àes noms ou attributs de Dieu qui eft nôtre paix, fie nôtre falut; de forte que 
c'eft par excellence que le Paradis eft appelle la demeure de Dieu , ou de 
h paix. 

L'Auteur dès Foflbul ou Articles dit fur ce paflà^ que Dîeu appelle les fidel- 
Ifes dune maifon, dont les larmes fëiit Fentréè , la mifere le fejour , fit -la cor- - 
raption, la fin, à une autre maifon,, dont l'entrée eft un don très-pr^edeux 
qui eft celui de la predeftînation , le milieu , où h demeure eft la jouîflirtce y 
de tout bien, fie la confommation fans fin en eft la claire vifion de Tefifente 
Divine , Men ddr aoualho beka aouftho dncr akherha fena dla dar màiiahù dtha 
doufthho ridha montehahe lica." Cette voix dé Dieu qui appelle les- fidelles ,. eft 
celle quî appelle I^ captifs à la liberté; ces captift engagez' dans les liens du 
monde , fie de la vie, a-oyent n'être -là que* pour mourir. U eft vray que les 
Roys de la terre tirent ordînaîremcnt ks coupables de là' prifon ppBr,fes en- 



:. GÈ.NNAT, . 167 

v^jfCf 9[U ^ib^ r leais vous , Seigneur , vous l^ tiret des bafles^foiTes ^ & des 
Oichots lie CQ ntoQdc» pour les placer dans vôtre Palais qui eft )e Paradis. 

Le Schélkh d Slam dit que Dieu appelle tous les hommes au Paradis, ^ la 

reftarve de ceux' qui fe rendent indignes d'une telle fkveur; mais Afchâri étant 

Interrogé i qui eft celui qui' eft appelle au Paradis , répondit: Celui que l'ami 

veut, êc pour qui il a de la predUeétion , ce qui fignifie les iëals predeflinez 

\& élus. 

Oo^ Ik dans k chapitre Na(& ces paroles; N<ius ptacerons: ks fiJelles dans une 
^mbfe' fliOtl^' j ôf petmnmte. La plupart des Interprètes a voilent franchement 
que Mahomet a mis de l'ombre dans le Paradis ^ à caufe que les Arabes qui 
font^ beaucoup incommodez delà chaleur du Soleil, regardent Tombre comme 
k principale <:au(b du repos/ & de la coimnodité de Ig vie : cependant ils fe 
font cette objeftîbn: Conmient poucra-t-il y avoir de Tombre, puifqu*U n'y 
aura ni Soleil, ni aucun autre Aftre qui la puiffe caufer. . 

LesL plus ipirîtuels dîfent que par cette ombre continuelle ,.& non paflagere, 
il faut entendre la protefition favôrabladU Roy de gloîfe, qui couvrira perpe^ 
tuellement les têtes des BienheUreujf, &' cette ombre ne paÎTera point; ce qui 
leur fait dire: Totitea* les ombres, c'eft-à-dire, toutes les faveurs de ce monde, 
il la &i fe diifip6ii£; Fu^ea àhrombre di^> cekii- qui ne pefie jamais. 

Soiouthi a fait un livre ex|)rès couchant Témbre du Paradis, qu'il a intitulé 
BozMgk dl' hêldl y och iï fait la defcri|t;ion da trône de Dieu- qiie les Arabes 
appellent Ai^O; f^oyez^e titre; 

Le mêi^ Autetir en a> aû(B compôfé un fu^ la traditiOi) vulgaire des Mahome- 
teBSi, laqaeUë a eu grand crédit panni nous, à fçavoir que les femmes n'entre- 
ront point? en PâraiSs. Ce livre a pour titre A/Mb al kejfa fi bal al neffa. Off 
attribue auffi à Giaouhari un Ouvrage fur le même fujet. 

On fbnde cet^e tradition fabuleufe fur une plaifantérie gue fit Mahomet à une 
vîeîlte fùinme qui fe plaîgnoit à lui'' de fon wvt fur le fujet du Paradis, car il 
lui dit que les vieilles n^ entreroient point, & fur ce qu'il la voyoît inconfb- 
fable,* il la raflura & la réjouit en même tems en lut dîfant que toutes les 
vieiltes feroîent rajeunies avant que d'y entrer. Lamdi dans fes Lathaif. 

Quoy qu'il en foit du Paradis des Mahometans , il eft certain qu'il J été 
formé fur le plan de celui dfe Oerinthus. Cet ancien Herefiarqae qui vivoit 
dès le tems de l'Apôtre feint -Jean, foûtenoit que l'on mangeroit, que Ton 
beuveroit, & <^e Ton exerceroit les fondions du mariage dans le Paradis. II 
y a pluiieurs auffî de nos contemplatif qui ont cru que le corps ayant eu 
part aux foiifFrances de cette vie, auroit fe part à la béatitude, & au'au moins 
les fens de la vue , de l'puye , & quelque autre joiîiroient des plaiurs qui leur 
font propres. 

Le fiux Pacadis de St^hed^d qjui eil: nommé par les Arabes Irim ^ eft rejette 
par. les^ Mufiilmam f q^oy. qu'ih. Tadmettent e& phifieun che&. l^^et Sche^ 
Jk&djy & Iraïq. .... 



OEN-NAT Adn ou Eden> le Jarcfîn d'Eden, 0» le Paradis terreftre. Les 
l^diziukmns qui joignent brutalement les^ délices de la terre avec celles du 
cîel^ confondent ce Paradis avec celui de la gloire > avili bien que celui d'Iram 
9ue Scbedàd avoit planté dans l'Anibie. 

O t Quoy 



168 GE N N L — ^GE RBI. 

Quoy que la plupart des Mahometans, înftruits par le livre de la Genefe'^ 
mettent ce Paradis dans la terre ferme de T Afie , c'eft' à fçavoir vers ' Damas 
en Syrie , vers OboUah en Iraque ou Chaldée , ou en Perfe vers le defert de 
Naoubendigian eh un lieu, nommé Scheb Baovan, arroufé par le Nildb: cepen* 
dant la, plu$ ancienne & la plus générale traditian.de TOrient efi.que ce Jardin 
ou Paradis n'eft autre que Tlfle de Serandib que nous appelions aujourd'huy 
Zeilan ou Geilan, où Ton prétend qu'Adam fut enterré, après qu'il fut rentré 
en grâce auprès de Dieu , enfuite d'une pénitence de cent trente ans* Les Por- ^ 
tuguaiç fuivant la tradition du pays ont. nommé la montagne où eft. la grotte, & 
le fepulcre d'Adam, Pico de Adam. 

Les Orientaux comptent quatre Paradis dans PAfîe , à fçavoir les trois dont 
nous venons de parler en Syrie , en Chaldée , *& en Perfe &. le quatrième à^ 
Samarcand, . 

GENNL Aboulberekat Mobarek Ôthman Ben Gënni, Auteur, du livre in- 
titulé Serr al Sandat^ le fecrêt de l'art. Ce n'eft qu'une Grammaire Arabique^ 
qui fe trouve dans la Bibliothèque du Roy, n^ iioo. 

GENOU A H, la ville de GenneSi Genovizlar , c'eft' ainfi que les Turcs: 
appellent les Gennois , que Ton accufe à tort d'avoir fourni des vaiileaux à^ 
Amurath fécond du nom, Sultan des Turcs, quand il pafla d!Afié à GaOipoli en 
Europe, pour donner bataille à^Ladiflas Roy. de Hongrie; car lorfqii'il défit ce 
Prince dans les marais de Varna vers les emboudieures du Danube (Ur le Pont; 
Euxin j Tan de l'Hegire 848 ou 849 , qui répond à l'année de J. C. 1444 , l'ar- 
mée navale des Chrétiens étoit poftée à Gallipoli dans l'Hellefpont, .& lui en» 
ferma le pafFage; de fortç qu'il fut. obligé de paffer au.Bofp]ioœ de Thrace* 
qui eft le canal de la mer Noire. 

. Il eft vray que vingt. ans environ auparavant , à fçavoir Tan 827 delUegire» 
lé même Sultan pourfuivant le faux Muftafa ,qui. fe difoit fib d(u Sultan Bajazethv 
l^remier, paffa d'Afie àGaUipoIi fur des vaiiTeaux. Marchands de Gonnes : mais, 
cela ne convient pas non plus auf premier trajeft que Jes. Turcs firent en Eu-, 
rope Tan de l'Hegire 758, de J. C. 1356. Car alors Sobman , fils d'Orkhan, 
&-PQtit-fils d'Othman, premier Sultan des Turcs, qui mourut du vivant de fon 
père , paffa de TAfie eil Europe fur des radeaux , & enfuite fur des vaiifeausL 
qu'il fit enlever fur les côtes de la Grèce. , 

GERA HE M, Montagne diftante environ "trois mille de la'vîUé de laMèc-- 
rc. Les Mufulmans difent ' que l'on ' voit dans cette montagne une grotte où . 
\vQ fe-retiroit; lï^sîs que le véritable lieu de fa fepulture eft à Gidda, ville* 
fituée fur la mer rouge qui fert de port à* la Mecque. • 

GÊRBI &r tjrérbia. C'éft une ifîe de la mer de Barbarie, que^ hs Anciens 
ont oppellé MeninX) MênMgà^^ ^ Lotephagcrum Infula, ^ Lesc Italiens l'appellent r 
aujourd'huy le Gerbe; elle eft proche de la petite Syrte dans une égale ndiftance^.- 
de Tunis & de Tripo^"/. , ^ - - . , 

• Biragut fameux Pyrate",' &^G&éral dér forces Maritirires dé Soliman- Sultaa . 
des Turcs, après s'être rendu mattre'd^ Tripoli l'an deTHegire 957 v & avoir- 
défait le Roy de Cairoan , s'empara de cette- ifle par une iupercjherie qu'il fit- 
au Scheikh Soliman , Priuce Arabe qui y commandoit,- • - - 



GERÇAS. GERMA. 109. 

Les^ Maltoîs ^ fur lesquels TripoU avoit été pris , obtinrent quelques années 
après , une flotte & des troupes de Philippe Second , Roy •d'Efpagne , pour re- 
couvrer cette ville; mais Tentreprife ayant manqué, les Efpagnols commandez^ 
par le Duc de Mcdîna Caeli fe jetterent Ibr Tifle de. Gerbe & la prirent, obli- 
geant le Scheikh , oui y commandoit, de leur payer tribut & de leur livrer le 
château , dont ils nrent une place cotffidérable qu'ils nommèrent Philippalcaf- 
fkr, où ils laiflerent garnifbn. ^ ^ 

t'an 966 de l'Hegire, de J. C. 1558, Soliman envoya Pir Ali & Cafa Mo-* 
ftafa avec une puilFante flotte, qui battit le Duc de Mediria & André Doria, 
lefquels, après avoii" perdu dix- huit mil hommes,, vingt -fept galères , & qua- 
torze vaifleaux,.s'enfuyrent à Malte, & laiflerent cette ifle au pouvoir deSo-* 
Uman. 

GERÇAI & G'ERKES. f^oyîz Kerkes 6f Tcherkes. 

r 

GERGIS, George & en particulier faint-George, Martyr, fort connu dani 
TOrient & même par les Mahometans , qui le mettent au nombre des Prophè- 
tes & le confondent avec Elie ; car ils lui donnent le nom ou fumom dé 
Khedherles & de Khizir Elia, qui efl: celuy du Prophète Elie. 

Gergis, Moyne célèbre du mont Liban dans le Monaftère de fàint-Simeon 
en Syrie,. a compofé un ouvrage, intitulé Mohaveràh Gedaliah^ qui efl; une dit 
pute ou conférence qu'il eut avec trois Mufulmans pour défendre le Chriftia- 
nifine, dans laquelle à' réfute, aVec beaucoup de liberté- & d'érudition, le Mu* 
fulmanifiné. Foyez le titre de Mohaveràh al gedaliah. 

Gergis' Ben Bàkhtifôva , Médecin Chrétien , natif de Giundiîchabour , qui , 
■ après avoir fervi quelque tems le Khalife Almanfor & en avoir reçu beaucoup 
dé bienfaits, aima mieux mourir auprès des fiens en çonfervant la Religion de 
fes pères , que d'accepter les grandes offres que ce Prince lui faifoit pour l'o- 
bliger* à embfalFer le Muflilmanifine. Abulfarage rapporte aixflî de lui un exem- 
ple infigne de chaflëté. • 

Gergis Ben Amid. Ceft TAùteur du Tarikh Al Moflemin, c'eft-à-dire, d'un 
Abrégé de la Chronique Giafarienne, qu'Érpenius nous a donné fous le, nom 
d'Hiftoirè Saracenique d'Elmacin. Cette Hïftoire commence à Mahomet le faux. 
Prophète, & finit Tan 512 de THfegire, de J. C. 11 18, 'fous le Khalifat de 
Moiledhaher & au commencement de la dynaftie des Atabecs. • 

GERID & Geridah, une branche de palmier dépoiiilléç de fes feuilles. La 
Numidie eft nommée par "les Arabes Beléd al gerid , & par nos Auteurs mo- 
dernes le Biledulgerid , à caufe qu*elle eft abondante en palmiers qui fe dé- 
pouillent de leurs feuilles, à caufe de la féchereffe exceffive du pays. 

Le jeu des cannes, que les- Turcs appellent Girid Oini , fe fait aveç'^e ces 
fortes de branches taillées en traits , que les Cavaliers fe lancent les uns aux 
antres dans TÀtmeidan , ou Place Royale de Conftantinople & ailleurs , pour- 
s*entretenir dans les exercices* de' la lance , de la pique & du javelot. 

Geridat al aflàr & G^ridafal caflàr, font deux ouvrages compofez par Onfed 
Al Cateb. I^oyez le titre de cet Jouteur. 

GERMAI Germî^ ViUe Royale & capitale de TEthiôpie , félon FAuteui^ 
du Meflâet alardb , fituée au-delFus du premier climat. 

O 3 . Fôyez 



11^ G.ETHAH. GEZERÏ. 

V^ye^ktitt^M^ Hojtofçhajiy 4ui efl: le pays de; AbifflOB. ^ 

GETHAH & Gethé., Les Getes ou Scythes Orientaux, qui habitent au de- 
là du mont Imaus & du fleuve GihoQ , que les Anciens ont appelle Jaxartes. 

Tamerlan fit bâtir un château daps Afchbarâh , ville des Getes , & fonda en- 
fuite la ville de Schajrokhiah fur la rivière de Gihon y pour contenir ces peUr 
pies dans leurs limites. Ce fleuve féparoit les Getes & les Cathaiens d'avec la 
/ province de Tranfoxane , de même que le Gihon féparoit jçellç-cy de la Perfe. 
Foyez les titres de Scharokhiah £f de Gihon. 

GEZAIR, Plurier de Gezirah, qui lignifie en Arabe Ifle & Pre(qu7flei 

Gezair aloniam , c'eft ainfi <|ue les Arabes appellent ce que le Texte facré de 

la Genèfe nomme lié hagoim , les Ifles des nations , ce qui fignifie non feule- 

, ment les Ifles, mais aufli les Preiqu'ifles de la Grèce, de Tltalie, de FË^HigAe» 

des Gaules , &c. qui font à l'Occident , & au Septentrion de la terre fainte. 

Koyez le titre de Gezirah; 

Gezair Al Khaledàt, les Ifles Fortunées. Ce font les Canaries & les Açores, 
où la plupart d^ Géographes Orientaux auiE-bien que les Grecs fixent le pre- 
mier Méridien. 

GEZAIR ou KefiTah". Alger. Ce nom Arabe ne vient pas de Gezn^ com- 
jne le précédent ; mais il a été corrompu du Latin Cafarea ; car la ville d'Al- 
ger n^fl: autre que yulia Cafarea^ autrefois capitale de cette partie de la Mau- 
ritanie que les Romains appelloient Cœfarienfisy pour la diftînguer de deux au- 
tres provinces du même nom , que Ton diftinguoit par les furnoms de Tingy 
tana & de Sitifenfis. 

Cette ville efl: devenue par la fuite des tems le fiége d'un Roy Arabe ^ le- 
quel s'étoit rendu puiflànt Ilir la côte que nous appelions aujourdTiuy de Bar- 
barie. Khaireddin, fameux Pyrate, natif de MeteKn, ou plutôt fon ftère atné, 
nommé Oroufch, s%n rendit maître fous Selim, premier' du nom, Sultan des 
Turcs , fous prétexte de fqcourii; le Roy de ce pays -là contre un voifm qui 
lui faifoît la guerre. Depuis ce tems-là 9 le Sultan de Conftantinople a toujours 
envoyé un Bâcha en Alger ,, qui y commande la milice , quoyque le Divan ou 
Confçil de cette ville ait toujours confervé le pouvoir d'éîire une efpèce de 
Roy 5 qu'ils appellent Dal. • 

Ce même Pyrate fut fait par Soliman 9 fils de Selîm 9 Bâcha de la mer 9 re- 
prit la Morée fur les Vénitiens , & conquit le Royaume . de Tupis l'an de THe- 
gîre 940 9 de J. C. 1533. ^^^ Italiens Tappelloient Barbaroflra9 & le fiége de 
Nice en Provence nous Ta fait connoître lous le nom' de Barberoufle. I^^yez 
}e titre de Khaireddin. 

GEZAM., fumQm de Mohammed Ebn Said, Auteur du livre intitulé Abkcof. 
bI Mfbw, qui eft proprement un commentaire fur les Poêûes de Cairoani Al 
Schaêr. Cit Auteur mourut l'an 460 de l'Hegire. 

jGEZAM. Al Fard Foyet Ebn Neiîs, dans le titre de Nefis. 

GEZERI, fumom de ceux qui font natifs d'-une ville, nommée Gezirat 
fien Omar , fîtuée fur le Tigre , au Septentrion de Ninive & de MouiFal ou 

Moful. 

Un 



(TE Z I R A H. <} E Z I R A T. tri 

Uû des f)lus îBitftres entre I^ gens de lettres , qui roht fortî^- de éette- vil- 
le^, eft celai qui èff plus edîmu fous le nom d'Ebn AtWf Al Sfcheîbahi^Mag- 
deddin, moçt. Tan 606' àe THegîre, doquel nous zvôhs phxSbutS ouvrages» i^o^ 
yez fhn Athir i dans le titre ffAthîT. ''**,. 

Schamfeddin Mohanïffled Al Gézeri , Dofteur Schrfeien, wbrt Tari ^îe l'iFîè- 
gife 733 , eft Atitçur d'un Trffflch ou Chrôhique à ' d^iti ffvf é' fûf la prière, 
intitulé i:^ç/» fl/ hafflriy la foYtéreffe /inexpugnable i qui eft dahs la Bîblîothècjuô 
Royale i n^ 697, & de Mocaddemafc Al Gezeriat, qui eft daos la! même, Bi- 
bliothèque , n^. 581 > où il traité de la prbnoiicîation la plus -correàé'de' TA!-' 
ooran. 

A^ii!lâz Ifinâil A( Oezeri^ dont Téloge ouT lé titre^^ Ufiai i&iâ^Miia àou. 
hadj le Maître unique ou fingulier de^ Sçayans^ eft Auteur d'un .tmit^. fur, les 
lïydraûlîques. f^oyez MegHs àl Scharah , la Corivérfatiôn du vin otitiès Bfeu-- 
veurs, Livre qui fe trouve, d^s là Bibliothèque du Rô(y,* û^. 8%! * - ' 

Emâd «1 Oiûàdeddiiî Caflem Ben Mohammed J!^\ Gezeri ,♦ a traduit ^u Per-' 
iîeri en Arabe le livre d^ Fakhreddin Razi., intitulé ^'RkRîidràt , des Eïètïions ' 
Aftronomiques. > 

, CE Z IRAK, Iflé' &'Prefqu'ifle en géneraî: maïs' en partieulîer ^ AT Gezirdi - 
fe prend potif la Méfopôtàmre • ptbvînçé renfermée entré leà deuï' * fleuves le 
Tigre & TÉuphrate, que le^ Afabes dîvifenf en quatre, pattïes ; âukq'ùeliés ils ' 
donnent le nom dé Diâr ou Quar tiers. 

Ces quatre quartiers font celui de Diar Bekr, appeÏÏé \niîgaîrément' Drar1>e 
qui donne fouvent fon nom' à toute là Méfopotamïe. , Le fécond étt Diar Kar ' 
biât, le troifième DîârRâcat, & le quatrième Diâr Mouflal. ♦ , 

Les Villes capitales de ces quatre cantons font, du premier Aniîdàv que les 
Turcs appelleiit Caraeniit ,& Diarbek j du fécond, Niiibe; le troîfième.,' quîçot- ' 
te auflî le nom dé Dîàr Modhar , a pour capitale" Racah , que nos ^ïfijîtôriénë 
appellent Arafta ; & le quatrième , la ville célèbre dé MoiiÛal ou Mofuh 

fl y a plufîeurs autres villes coiîfîdérables dans ce grand pays , telles que 
font Roha ou EdefFe, Harranx)u Carrfiae, Manbe^e, Rrfalain, Mardin &' Tek- ' 
rit y Gezirat Ben Omar ^ &c, Anbar y eft auflî comjaîfe \' mais *uffi>tôt que 
rÊuïArate a quitté cette ville , & qu'il a reçu les eaux des deui Zâb , que 
les Arabes appellent Zabani & Zabein , qui arroufent cette province , ce' n'eft 
plus la Méfopôtamie, mais l'Iraque Babylonienne ou Châldée. * 

Le Géographe Periien* remarque , que ces deux Zàb, étant joints enfemble, 
fttot un canal auffi gros que celui du Tigre , & c'eft proprement le lit de ces 
deux rivières qui ftit la joi^ion de TEuphrate^ & du' Tigïe , ce qtte nos Car- ' 
tes Géographiques ne marquent pas alFez. 

* GE-ZîRAT Abdelazîz Ben Oniat. Cêft la vîîlVd'Ébri OiTiar,"qùe Ton àp- " 
pelle encèî« Gezirat ' Bàni Omar , Hile »des'Enî^s d*Omar,,à caufe qu'elle. 
a^été bâtie! pat les defcendans d'Omâf , dans une Me du Tigrte aq-deffus ^e 
ModËl- Ebri Batrik dit i qu'elle eft fltuée dans le quartier de * la Méfopota- " 
mie appelle Diâr Rabiât, que Ton nommfe auflî la Terre de Thamanin -5* ou des 
Quatre-vingts, à pufe. qu'il fortit un pareil nombre de perfonnes de Tarche 
'de Noé, qui «'arrêta, fuir les montagnes de Gîoud en ces quartïers-là. 
Nous avons* déjà* r'emttquiS , qu'une pérrohnê native de cette ville pofte le 

nom 



11^ Xî E Z I R AT. . 

no^ fiinple de Gezisri; car ceux qui font Méfopotamiens âe naiflance» & f u3 
tirept leur origine des autres villes de cette province , prennent le nom 



tiaulier de leurs villes 9 comme Al MouflTali, .AI Diarbekri, &c. 

Abou Aioub , natif de Racah 9 que Ton appelle autrement Maimoun Ben 
f/[ihBTmj eft furnommé Ahel al Gezirat & Alem al Raccat, le Méfopotamien 
& le Poâeyr de Raccah y parce qu'il 4toit natif de cette dernière ville, frayez 
les titres particuliers de toutes les villes dont il ^ fait ici mention. 

GEZIRAT Al Arab. L'Ide ou la Prefqu'ifle des Arabes. L'Arabie tf eft 
qu'une Prefqu'Ifle. Foyez le titre (TArab. 

GEZIRAT Béni Omar ou Ben Omar. Foyez cy^dejfus Gezirat Abdelaziz. 

GEZIRAT Beit Naharain, Tlfle d'entre les deux fleuves. LaJMé&pota^ 
mie. Ce mot cft «compQfé de TAcabe & du Syriaque. 

<tEZÏRAT Khefchk, llfle.féche ou plutôt l'Ifle Continent. La terre & 
fon continent eft appellée féche par les Orientaux, à l'imitation des Hébreux, qui 
ia nomment Jabafchah, comme il paroît par ce paflage de la Genèfe, Et voca^ 
vit aridam terram. Cette Ifle féche , qui jpeut pafler pour continent , eft iituée , 
félon les Mufulmans, au de-là du mont Caf, & eft> pour ainli dire, un mon- 
de feparé du nj^tre , qu'ils appellent aulH Agiaib al makbloucàt , les merveilles 
de la nature , félon les propres termes Turquefques du Tahmurath Nameh ou 
hiftoire de Tahamjurath. 

On ne peut point douter^ que cette Die ne foît l'Ifle Atlantique ou l'Atlan- 
tîde de Platon , au deJà du ipont Atlas , qui eft appelle p^ les Orientaux Càù 
On eft auffi allez perfiiadé , que cette Ifle Atlantique eft l'Amérique que les 
Turcs appellent Jeni Dunia^ c'eft-à-dire, le nouveau monde , auquel le titre 
d' Agiaib fd makhioukàt , flpi fignifie les merveilles des créatures ou de la na- 
ture , convient fort bien. Ainfi l'on voit, que ce nouveau monde n'a pas été 
entièrement inconiju aux ancieps, f^oyez tous ces titres particuliers dans cet Ou* 
vraçe. 

GEZIRAT Hiiât, l'Ifle des ferpens. Ceft une Ifle fabuleufe , dont il eft 
foi=t parlé dans les Romans Periiens & Turcs, f^oyez le titre de Zînezzamdn. 

GEZIRAT Mafthikî, l'Ifle de Maftic. Les Arabes appellent ainfi l'Ifle de 
Chio , que les Turcs nomment en leur langue Sakiz Adaffi , qui fignifie la mê- 
me irhofe , .& les Grecs modernes Eftankio , nom dont les Turcs fe fervent aut 
% On {çajt aflez que les arbres dont on tire la gomme, que nous appelions le 
Maftic, croiflent dans cette ifle. 

. jpEZIRAT Sovajcen, Ifle de la Mer Rouge, où eft fituée la ville de Sna- 
fluen fur les côtes d'Ediiopie. C'.eft proprement une Prefqu'ifle qui fut con^ 
quife par les Turcs , fous le règne de Soliman. Il y a eu toujours depuis ce 
jtems - là un Ba^cha qui y commande , (Se qui tire beaucoup d'or du pays des 
Abiffins. 

GEZIRAT Tharet, l'Ifle de Gibraltar, qui donne le nom au fameux Dë- 
jtroit, que les Anciens ont appelle Fretum Gaditarum , les Arabes Halk al bdby 



G H E B R, « j 

&4es Turcs BtA Bogaziy la Gorge de la porte, & Sehtah Bogazi^ la Gorge <ic 
Ceuta , à caufe que ce Détroit eft comme la Porte de la mer Méditerranée , 
& que la ville de Ceuta y eft fituée. ybyez Tharek. 

GHEBR 9 mot Perfien , qui Ognifie particulièrement un Zoroaftrien , un 
Adorateur du feu, & celui enfin qui fait profeflîon de Tancienne Religion des 
Perfes; c'eft pourquoy on lui donne auffi le nom de Parfî : mais en général, 
ce mot fe prend pour un Idolâtre & pour un Infidèle , qui ne reçoit ni Tan- 
cîen, ni le nouveau Teftaraent, qui vit fans loi & fans difciplîne. 

Les Turcs ont formé de ce mot celui de Ghiaour , qu'ils appUquent par in- 
jure, auffi -bien que celuy de Kafer , à tous ceux qui ne font pas profeffion 
du Mufulmanifme. Les Auteurs du Nighiariftan & du Defter Lathaif racon- 
tent une hiftoire facetieufe , qui fait bien connoître la fignification & Tufage 
de ce mot. 

11 fe trouva à la Mecque , fous le Khalifat de Montafler , onzième Khalife 
dés Abbaffides, un homme de la race des Coraifchites , qui faîfoit dans fa maî- 
fon des feftins où les hommes & les femmes, les g^çons & les filles, de toutes 
conditions, fe trouvoient. Ces gens-là, après le repas, pratiquoient tout ce qui 
fe fait dans les maifons des Ghebres , fe mêlant entr'eux fans aucune diftinc- 
tion d'âge ou de fexe. Le Juge en ayant été averti, chaflà cet homme de la 
Mecque; mais celui-cy ne s'en écarta pas beaucoup , & fe retira fur le mont 
Ardat, qui eft fort proche de la ville ^ & continua toujours d'y tenir fes mô- 
mes aflemblées. 

Le Gouverneur du pays ayant été enfin informé de la vie de cet homme, 
le fit venir en fa préfence & lui dit : Comment , ennemi de Dieu , Afes-tu 
dans le lieu facré de la Mecque & de fon territoire , exercer fi infolemment 
toutes les impùdicitez des Ghebres ? Le Coraifchite nia la chofe , les témoins 
fe préfenterent , il les reprocha & perfifta toujours dans la négative. Les té- 
moins fe voyant hors d'état de le convaincre par leurs dépofitions , dirent au 
Gouverneur, qu'il ne falloit point de meilleure preuve de ce fait, que défai- 
re venir les Moucres , qui font les loueurs de. mazettes qui fe tiennent à la 
porte de la ville , & leur commander de laiiTer aller leurs montures fans les 
conduire; car fi ces animaux vont droit à la maifon de Taccufé, qui eft fur le 
mont Arafat , Ton pourra juger infailliblement , qu'il y tient les aÎTemblées or- 
dinaires de Ghebres & de débauchez. 

L'expédient fut trouvé excellent , & les mazettes ne manquèrent pas d'aUer 
di'oit chez lui. Le Gouverneur tenant alors Taccufé fufiifamment convaincu 
par cet indice , & par conféquent coupable , avoit déjà fait venir les fouets 
dont il devoit être châtié, lorfque cet homme lui dit: Il vous eft fort aifé de 
me faire punir , puifque je fuis entre vos mains , mais vous allez attirer un 
grand blâme fur toute la nation des Arabes; car Ton dira déformais d'eux; 
que quand le témoignage des hommes leur manque , ils ont recours à celui 
des âmes. . 

Ce tour d'efprit plut fi fort au Gouverneur , qu'il ne put s^empêcher d'en 
rire , & fit qu'il renvo}^ le Coraifchite chez lui fims châtiment. 

Ces Ghebres font les mêmes que les Magious, d'où vient nôtre mot de Ma- 
gèy que nous n'attribuons cependant «qu'à leurs Fhilofophes & à leurs Dofteurs. 
XAnirs principaux Temples ou Pyréez étoient dans L'Adherbigian ; mais les Mu- 

^OMElL F fui- 



«4- GHERSCHASB. GHIAUSCHID.. 

fulmans les ont tous renverfez. Ils en ont pourtant confervé fort long -tons 
un , qui étoit fort célèbre dans la 3^ille de Herat en Khoraflan , & cela au mi- 
lieu du Mufuïmanifme. Foytz les titres d'Atefch gheda eu Atefch khaneh , 6? 
d'Atefch pereft. 

GHERSCHASB, Khondemir & l'Auteur du Tarikh Montekheb appellent 
ainfî le dernier Roy de Pçrfe de la dynaftie des Pifchdadiens. Le Lebtarîkh 
appelle ce Prince Kifchtafb, fils de Zou : mais c'eft une faute; car Gherichasb- 
étoit fils de Kifchtasb, oncle de Zab ou Zou, qui le fit héritier de ks Etats, 
parce qu'il n'avoit point de plus proche parent. On dit, que Gberfchasb était* 
fils d'une Juive de la tribu de Benjamin , fils de Jacob , & que Roftam , fur- 
nommé Daftan , étoit iffu de fa bgnée. Gherfchasb régna vingt, ou vingt-deur 
ans 5 & remit fes Etats entre les mains de Caicobad , premier Roy de la fé- 
conde dynaftie des Perfes. Foyez Kifchtasb, fils de Zab ou de Zou. 

GHERSCHIAVESCH, frère d' Afrafiab, Roy du Turkeftan., qui fit fi long- 
tems la guerre aux Perfans. Ce Prince avoit une fille nommée Saudabah > 
laquelle ayant été prife eji guerre , fut mariée à Caicaus , Roy de Perfe. De 
ce "mariage naquît Siavefch , lequel s'étant réfugié dans la fuite des tems , au- 
près d'Afrafiab dont il avoit époufé la fille , Gherfchiavefch piqué de jaloufie 
contre fon petit-neveu, qui fe rendoit par ce mariage tout - puillant à la Cour 
de fon frère , le. fit mourir : mais il fut puni de ce parricide par Caikhofi:u y 
fils de Siavefch , lequel , après l'avoir poulfé lui & Afrafîab dans les monta- 
gnes de l'Adherbigian , le nt prifonnier & lui fit perdre la vie. * Voyez Sia- 
vefch ^ Caikhofru. ,, 

GHIAU, en Pcrfîen fignifîe un Boeuf. Ghiavanbar , le Bœuf de TAmbre- 
gris. Les Perfans croyent, que l'Ambregris n'eft autre chofe que Texcrement.. 
du Boeuf Marin agité par les flots de la mer , & cuit par l'ardeur du Soleil. 
Les Orientaux appellent de môme le Cerf du Bezoar , l'animal qui produit 
cette pierre^ le Chevreuil du Mufc & le Chat de la civette, les animaux d'otl 
Ton tire ces parfums. 

Saâdi compare dans fon Guliftan y^ l'homme riche & ignorant au Bœuf de 
l'Ambregris. 

GHIAUHER, en Pcrfîen eft la même chofe que Giauher en Arabe , & 
fignifie toutes fortes de " pierreries , ce que nous appelions en nôtre langue des 
joyaux, & d'un, nom ufîté parmi les Marchands de pierreries, la Joye. Les Ita- 
liens difent Gioia & Gioie, & les^Efpagnols Aliofar. Tous ces noms font ve- 
nus de rOrient avec les pierreries. 

Ghiauher^Abad , la ville des pierreries. C'eft une vjlle fabuleufe que les Ro- 
mans Perfiens & Turcs difent être la capitale de la province de Schadoukiâtti^, 
qui eft proprement le pays que les Italiens ont appelle La Caucagna. 

GHIAUSCHID, nom d'un ferpçnt ou dragon fort terrible qui infeftcMt 
les confins de Tlraque & de la Perfc, & qui fut tué pài* Caikhofru ,' Roy de li 
féconde dynaftie de Perfe. Ce Prince , pour conferver la mémoire d'un exploit 
fi mémorable , fit bâtir un fuperbe Pyrée fur le lieu même où il avoit combat- 
tu ce moiiftre, & le nomma Deir Ghiaufchid.. 

GHILADI, 



\ 



G H I L A N. G H I R I X ny . 

GHILAN^ Provioce de IXmpire des Perfes» qui s'étend le loûg des riva- 
ges de la mer Cafpienne , depuis le 74 degré de longitude jufqu'au 76 inclufi- 
vement, & comprend, dans la largeur du côté du Midy, les degrez 35 & 36 
de latitude. 

Cette province a donné fon nom à la mer Cafpienne , que les Arabe? , Pcf- 
fims & Turcs appellent la mer de Ghîlan. Les Perfans l'appellent auffi Deriah 
Bacovieb , la mer de Bacovieh , à caûfe de la ville appellée par nos Géogra- 
phes Ifodiu ) qui eft fituée fur fes bords. On luy donne auffi le nom de Di- 
!em 9 de^ Giorgian , &c, qui font des provinces dont elle eft environnée. Les 
Turcs la nomment auffi Cozgoun Denghizi, la mer des corbeaux ou plutôt des 
cormorans , que les Latins appellent Càrvi Mariniy à caufe du grand nombre de 
ces oyièaux pêcheurs qui la couvrent. 

Les habitans de la province de Ghilan ont peu de bled & beaucoup de ris; 
c'eft pourquoy ils font leur pain ordinaire de celuy - cy , & le mangent avec 
d*excellent poiflbn , que la mer leur fournit en abondance. Il n'y a dans cet- 
te province que deux villes confidérablès , celle de Rafcht ou Refchut qui eft 
fur la mer , & celle de Lakhfchan , que Ton appelle auffi Ghilan , ficuée plus 
avant dans les terres* 

Quelques Géographes Orientaux comprennent dans le Ghilan la province de 
Mazandenio y qpi eft à fon Orient , & qui confine avec le Tabareftan. Ces 
«deux dernières provinces communiquent auffi leur nom à la mer Cafpienne , & 
renferment dans leurs limites ce que les anciens ont appelle THircanie. 

X7n d^ plus grands Saints & dés plus fpirituels du Mufulmanifme , nommé 
Jifohammed Abdalcadel* ,* eft furnommé Al Ghilani , à caufe qu'il étoit natif de 
cette province. On rapporte dé lui qu'il difoit'à Dieu dans fa prière : Sei- 
gneur , pardonnez -moy mes péchez, ou fi vous voulez me punir, faites -moy 
au moins reffiifciter aveugle, afin que je n'aye pas la confufion de ïne voir par- 
mi tant de gens de bien, f^oyez les titres de Kilani & d'AslsiU. 

GHILOVIEH. Toya Dilemgoueh fif Diamgoueh. 

GHIOLGHEDISSI, fumom de Pir Mohammed Ben Moufla Al Burfao- 
V3 , qui eft TAuteur du livre intitulé Bedhdat al Cadhi , le Capital d'un Juge. 
Cet ouvrage eft dans la Bibliothèque du Roy, n. 707. 

GHIRDABAD, Ville ronde en Perfîen. Ceft le nom d'une ville bâ- 
tie dans riraque Perûenne, par Tahamurathi Roy de la première dynaitie.de 
Perfe. 

GHIRD GOUEH, Montame ronde en Perfien. C'eft le nom particulier 
tf une montagne de Perfe , laquelle eft de figuré ronde , fituée dans une plaine > 
qui la rend inacceffible de tous cotez. Ccft dans un château bâti fur cette 
montagne qu' Asftndiàr , fils de Kifchtasb, fut enfermé, & ce château auflî-bien 
que la montagne , font connus aujourd'huy fous le nom de Zer Kunbudân , 
mot qui fignifie en langue Perfienne les voûtes dorées. 

GHIRIT^ Adaffi, en Turc fignifie i'Ifle de Crète ou de Candie, & la mer 
^ui J'environne porte le nom de Ghirit Denghizi. II ne faut pas entendre par ' 

P 2 ce 



ii6 G I A A p, G I A B BAR. 

ce nom FArchipel ; car 1» Turcs le nomment en leur langue A'dalar Denghî- 
zi) la mer des Ifles. 

GIAAD Ben Dirham. Cefl: le nom d'un des principaux Doâeurs de ki 
Scfte des Motazales, qui vivoit du.tems de Marvan , furnommé Hemar, der- 
nier Khalife de la Maifon des Ommiadçs , mort Tan de l'Hegire 132 , de J, 
C. 749. 

Ce' Khalife fut fon difciple &: fit profçffion de fa fefte ; c'eft. pourquoy mê^ 
me ilen porta le furnom & fut appelle Gjaadi, c'efl - à - dire , le.Giaadîen ou 
difciple de Giâad. f^oyez Khondemir dans la vie de Marvan. Ce Khalife en 
fuivant l'opinion de Giâad j croyoit , comme tous les Motazales , que l'Alco- 
ran , nonobftant qu'il fût la parole de Dieu j étoit pourtant du nombre desi créa- 
tures. 

GIABAH, Iflô de là mer des Indes, voîfihe dé cellfe de Calah & qui obéît 
au même Roy. Elle eft fituée dans le premier Climaf. ^oyez l^sàrM dans la 
neuvième partie de ce même Climat. . 

* « 

GIABALAH Ben Alaihem , c'eft le nom d'un Roy dés Arabes qui vint 
trouver le Khalife Ohiar, pour fe foûmettre à lui & pour embrafler le Miiful- 
manifme. U fut reçu avec tous les honneurs dûs à fa qualité, &'C)i&ar le prit 
en , fa comps^me pour faire enfemble le pèlerinage de la Mecque. « 

Giahalah ie trouvant un jour à une cérémonie y il arriva qu'un homme 
de baiTc condition le prit par la manche & le fit for tir de fa place. Giabàlah 
fe fentant offenfé^ lui donna aui&tôt un foufflet ; :ce qu'Omar ayant apperçu> 
il dit à Giabàlah-, qui* étoit fort ému: Appaifez- vous , autrement je commande- 
ray à cet homme de vous rendre le foufflet que vous lui avez donné. Sur 
quoy Giabàlah dit à Omar: Quelle juftice y auroit-il dans cette, aâion^). puifque 
je fuis Roy & que cet homme n'^ft qu'un miférable. 

Omar lui repartit: La Religion Mufulmane , que vous profeffez tous .deux, 
vous ayant affemblcz & unis enfemble, il n'y a pîite de différence icy entre 
l'un & l'autre, ni entre le Prince & le fujet. Les, paroles Arabiques font, Enn 
Al Zfldm gtamdconia u faovi bein al makk u al foucah filhagge. ; 

Giabàlah fut fr outré de ces paroles qu'il partit là nuit même de la Cour du 
Khalife, & paflant par la- Syrie avec 500 chevaux, il vint'jufqu'à Cônftantf- 
nople., où il.fe fit Chrétien avec tous les fiens.. Ben Schonah^ .. . 

GIA'BALP, furnom d'Abou» AH Mohammed.Ben Abdalvahàb,qui a été lé 
maître du célèbre Dofteur Aboul Haflan Al Afchâri , lequel profita fi bien des 
leçons de Giabali, qu'il devint depuis chef de la fefto des Afchariens, & undes 
quatre Imams du Mufulmanifihe. f^oyez le titre de Nahadh. .. 

GIARARIOUN, Sefte dfe Théologiens parmi les Mùfulmans, qui'ôtént 
toute forte de liberté à l'homme , & veulent que Dieu crée & produife toutes 
les aftions bonnes & mauvaifes de l'homme néceflairement Les Afcharieng 
font une branche de cette iefte;-mais ils y admettent quelque tempérament. 

GIABBAR, Géant. Son plurier eft Giabbaroun, Giabbarin & Giababerah, 
les Géants. Vqilà comme les Arabes les- appellent , & les- Hébreux Ghibbor au 
fmgulier & Ghibborim au plurier. ' Les 



G I A BE'Rr iijf 

L'es Pierfans les appellent t)îv & Divdn , d*uil nom qui convient anffi aux Ef- 
prîts & aux Démons , quoyque dans la langue Pehele vienne , qui eft Tancien 
Petfien , on lesappellât Cai', qui elt le Prénom des Roys dé Perfe de la fé- 
conde dynaftie-, qui porte , pour cette raHbn , te nom de Càianièns oii Caia- 
. nides. 

Ad '& Scheddd, Roys dé Syrie & d'Arabie, étoîent d'une fî pradigieufe gran- 
deur , qu'il falloit employer les plus hauts- arbres des forêts pour drefler leurs 
pavillons, comme il eft porté dans le chapitre de TAlcoran, intitulé De L'Aurore. 

L'on peut voir ce qui a été dit des Géans de la Paleftine, dans les titres de 
Fâlaffin, d'Aougc, d'Amalek, & de Schcith ou Seth. D parut, fous le règne 
de Noufchirvan Cdfroés , une Géante haute de* fept coudées. Sacfagan avoit 
quatre, têtes,. félon le Tahamurath-Naraéh.' l^oyez nt^ U titre de Tekovin. 

Le fentiment des Chrétiens d'Orient, touchant l'origiae des Géants dont il eft 
psirlé dans les premiers chapitres de la Genèfe, eft qu'Adam ayant fait connoî- 
tre aux enfaiis de Sêth les délices dont il jouiflbit dans le Paradis terreftre , 
fit naître, daas le cœur de- quelques-uns- d'èntr'euxj, le deftr d'y entrer. A cet 
effet, ilsfe retirèrent de la compagnie des autres, &choifirent la montagne de 
Hermoneh Pàleftine pour leur demeure ', où ils vivoient ch^ement & dans -la 
crainte de Dieu. ^ 

Ces gens ainfi retirez ^u commeix:e des autres ,• furent appeliez les eafans dé 
Dieu, & donnereqt^ par leur. exemple, l'idée &'le modèle ée l'état Monafti- 
que, qui a été.depuis embraffé avec tant de ferveur dans l'Orient: mais enfin ^ 
cee Solitaires perdant l'efpérance de rentrer en pofleffion du Paradis , qu'ih 
confidéroient comme l'héritage d'Adam , vinrent trouver les Cainites leurs pa- 
rens & ' ennuyer* dU' célibat > prkent leurs filles en mariage & engendrèrent les 
Géants. - ■ . 

y oyez encore tes tUYès de Tahamilrath Dîubend , de Div,'* Perî, de Ginn & 
plttJUurs autres dans ta Juite de cet ouvrage , oU 41 eji parlé des Géants. ' 

GIABER, c'eft un nom qui eft commun à plufieurs Doéteurs du Muful- 
manifme. 

Le plus anderi de tous eft Abou Abdallah Giaber Ben Abdallah Al Anfarî , 
qm a été un des premiers compagnons & difciples de Mahomet: Il étoit natif 
de Medine, comme fon furnom <i'Anfari le témoigne.- Ce fut luy ' qui ' deman- 
da à Mahomet queUe étoit ^ la première de toutes les cré'atuf es , * & il apprit de 
luy que c'étoit ee-iqui- -s'appelle Nour^ ou Dorr ou Giauker^ c'éft-à-dire, lumiè- 
re ou fubftance prétieufe , qui fe fondit d'abord en eau , & qui fut partagée 
en* matière & en forme; que deJa première furent faits tous les corps &' tous 
les elprits de la féconde. 

Le fécond eft celui que nous appelions Gébef, & qui pafle pour un des plus 
célèbres Philofophes des Arabes. Il portoît le nom d'Abou MoufTa Giaber Ben 
Hàiîan Al Soff , dont nous avons le livre , intitulé Ketab Giaber , & un grand 
nombre d'ouvrages fur !a pierre Philofophale. Nos Chymiftes qui n'ont jamais 
Ju'œs livres, en foiit cependant un* fort grand bruit dans leurs ouvrages. On 
2vki attribué jufqu'à 500'voiumes fur cette ïnatièrt. tl vivôit au miireu du troi^ 
iîèmê liécle de l'Hegire. 

Cet Auteur, qui peut avoir été le père de Mohammed Al Battahi, Al ftar- 
ranî, &'le fib^de Senan,^toit originaire de Harran en Méfopotamie & Sabien 

P 3 - de. 



ii8 



G I A B E R I. 



G I A F A R. 



<te Religion. Ces Sabiens, originaires de Harran , ville natale d'Abraham , pré- 
tendoient avoir hérité de la dodrine de ce Patriarche , avant qu'il palISt l'Eu- 
phrate pour venir dans Ja terre de Chanaan , & croyoient fauflement faire pro- 
feffiôn de la plus ancienne Religion du monde. 

Il y a un autre Giaber , furnommé Schamfeddin , qui étoit Andaloufî , c*efl:- 
à-dire , Arabe d'Efpagne , & qui portoit auffi le furnom d'Al Maleki , dont il y 
a plufieurs ouvrages en vers fur Tart Poétique & fur la grammaire , qui fe trou- 
vent dans la Bibliothèque du Roy, n^. lojtf. ^ 

GlABERI, furnom d'Ibrahim Ben Omar, qui mourut Tan 732 deTHegire, 
& qui a abrégé le livre de Vahedi, intitulé Jsbàb al NozouL 

GIABRINI, furnom d'Ali Ben Mohammed , Auteur d'un ftxpplément fait 
à rhiftoire d'Alep, compofée par Ebn Khathib. 

GIACMAK, nom propre d'Aï Malefc Al Dhaher , qui avoit été cfclave de 
Malek Al Dhâher Barcok. Il fucceda à Malek Al Aziz depoffedé par les Mam- 
lucs, & fut le dixième Roy d'Egypte de la dynaftie des Circaffiens. Son règne 
fut de quatorze ans ; car il avoit. été élu à l'â.^e de 66 ans , &' s'abdiqua un 
peu avant fa mort, qui arriva dans le 80 de fon âge, en faveur de fon fils 
Malek Al Manfor , l'an de l'Hegire 857, de J. Ç. 1453 ^ année dans laquel- 
le la ville de Conftantihople fut prife par Mahomet Second, Sultan des Turcs. 
L'Ifle de Chypre qui avoit été priië par fiarfebai , pnédéceflèur de Giacmak , 
étoit encore au pouvoir des Mamlucs. 

GIACOU & Giaco, nom d'un Tartare qui étoit des premiers & des plus 
vaillans Capitaines de Tamerlan. Ce nom eft le diminutif de Jacob ; car les 
Tartares & les Turcs Orientaux avoient des noms Juifs parmi eux , comme ceux 
d'Urail , de Mikail y de Johanna , de Jacob & d'autres , qu'ils avoient pris des 
Juifs retirez chez eux , depuis la déportation que Salmanaflar fit des dix Tribus 
du Royaume de Samarie. 

GIAFAR Al.Barmeki, fils d'Iahia & petit-fils de Khaled, fucceda à la diar- 
;e de Vizir du Khalife Haroun Rafchid , que fon père lahia a\^oit pofledée. 
[haled , fon grand - père , ayant eu la même charge auprès d*Aboul Abbas Saf- 
fah, premier Khalife de la race des Abbaflîdes, & le premier de tous les Kha- 
lifes qui prit un Vizir, les Khalifes Ommiades n'en ayant point eu> & leur Se- 
crétaire faifant cette charge. 

Ce Vizir étant monté jufqu'au plus haut degré de faveur & d'autorité au- 
près de fon maître, eut le crédit de faire donner à Fadhel, fon frère, la même 
charge de Vizir, quoy qu'il l'eût exercée lui-même avec tant de capacité, qu'il. 
fit en une feule nuit, en préfence du Khalife, mille expéditions, dans leiquel- 
les on ne trouva rien qui ne fût fort exaft & très-legal: auflî avoit -i] été in- 
ftruit par Abou Jofeph, le plus grand Jurifcon fuite de fon tems. 

Giafar s'étant ainfi déchargé des îbins du Vizirat, ie contenta de jouir paifi. 
blement des bonnes grâces de fon Maître , dont il avoit l'entière confiance. 
L'on dit, que Giafar jiyant trouvé un jour ce Prince plongé dans une profon- 
de triflefle , ,à caufe qu'un Aftrologuè Juif lui avoit prédit qu'il mourroit dans 
l'année courante , il fit venir le Juif & lui demanda , combien d'années il crcv 

' yoit 



G I A F A R. 119 

yoît vîxrre feten fa fupputation Aftrolôgîquç: le Juif luy répondit, que fon ho- 
' rofcope lui promettoit une longue vie. ' Cette réponfe fit 5 que Giafar conlèil- 
la au Khalife de faire mourir cet Aftrologue , pour le convaincre de fauffeté 
dans fes prédiéHons , & la chofe ayant été exécutée , le Khalife fut entièrcincnt 
délivré de fa mélancolie & de fa crainte. 

Ce Favori avoit un fi grand crédit fur Tefprit de fon maître , que fe trou- 
vant un jour en converfation avec un de Ces amis, Abdalmalek Hafchemi, qui 
étoit proche parent du Khalife , mais peu avancé dans fes bonnes grâces ^ le 
vint trouver, & luî dit. d'un ton plaintif, que Haroun ne le regardoit plus de 
Ti bon-œil ; qu'il étoit chargé d'une debte de quatre mil écus d'or , payable à 
des créanciers qui le preffoient fort , & que fon fils , qui étoit déjà grand & qui 
avoit du mérite , ne faifoit rien à la Cour. Giafar l'ayant entendu , luî dit : 
Je vous affure, que le Khalife vous regardçra déformais de bon -œil, quMl pa- 
yera vos debtes , qu'il donnera fa fille en mariage à vôtre fils , ' & qu'elle luy 
apportera pour dot le gouvernement d'Egypte. \ 

Ishac de Moful, qui étoit prcfcnt lorfque Giafar tint ce difcours , crut que - 
la chaleur du vin qu'il avoit bu avec le Khalife le faifoit parler de la forte , & 
qu'il ne s'en fouviendroit plus le lendemain : mais il fut bien furpris , lorfque 
Haroun déclara publiquement à Abdalmalek , qu'il lui accordoit tout ce que Gia- 
far lui avoit promis de fa part, le jour précédent. Nighiarijfqn. 

Khondemir écrit, qu'une des principales caufes de Ta difgracê de Giafar, fut 
qu'Haroun Rafchid aimant d'un côté fort tendrement fa fœur Abbaflah , & ayant 
de l'autre une fort grande attache pour fon favory, avec lequel il paifoît ordi- 
nairement plufîeurs heures de converfation libre & agréable , le tems qu'il y 
eraployoit y le privoit du plaifir de voir fa four , qui étoit retirée dans^ l'ap- 
partement fecret des femmes , où les hommes , hors du Khalife , n'avoient au- 
cun accc2i. 

Pour fatisfaire ces deux paffions également violentes , il prit la réfolution de 
marier fa fœur à fon favory : car , par ce moyen , il pouvoit en même tems' 
jouir de la préfence de l'un & de l'autre , fans aucun fcrupule ni difficulté. Il 
eft vrai^ que ce fut avec une condition fort onereufe aux deux époux , qui 
étoit de ne point coucher enfemble, ni d'avoir même aucune fréquentation l'un 
avec l'autre, que celle qu'ils auroient en fa préfence. 

Cependant la fœur du Khalife ne put pas foûtenir long-tems la converfatîorr 
de Giafar, qui étoit jeune & bienfait, qu'elle n'en devint amoureufe , & Gia- 
far, de fon côté, oubliant tout ce qu'il avoit promis à fon maître , (àtisfiCi aux. 
defirs de là Princefle , laquelle étant devenue groflfe» accoucha fi fecretement >. 
que le Khalife n'en auroit jamais rien fçu ,, fi une de fes cfclaves fle l'eût trahie.. 

On envoya nourrir l'enfant à la Mecque, où le Khalife Haroun étant en pè- 
lerinage, voulut en apprendre des nouvelles ; mais il ne lui fut pas poffible , 
car aufiî-tôt , après fon arrivée , on le tranfporta dans la province, d'Icmen our 
Arabie Heureufe. 

» • 

Haroun étant donc pleinement informé de toutes diofes , réfolut de perdre- 

Giafar, avec toute fa famille qui étoit nombreufe, & pour exécuter ce deflein,. 

il ne fut pas plutôt de retour de la Mecque à Ragdet , qu'il quitta cette ville 

pour aller à Ànbar, où étant arrivé avec Giafar, il commanda fecretement * 

un de fes plus confîdens d'aller à Bagdet . & de faire emprifonner les Harmccidcs- 

qui y étoient , à. fçavoir lahia , père • cje Giafar , & (os trois auti'cs. enfans. 

Cet 



y 



120 GIA^AR. 

Cet ordre ayant été exécuté fans que Giafar , auquel Haroun faifoit plus .3e 
càreffes qu*à rordînaîre, eh eût appris aucune nouvelle, enfin, le premier jour 
du mois de Sefer Tan de l'Hégire 1 87 , Haroun commanda à un de Tes Offi- 
ciers, nommé Jafler, de lui apporter la tête de Giafar, ' L'officier étant entré 
brufquement chez Giafar, lui notifia Tordre du Khalife, Giafar, fans faire pa- 
roître aucune émotion , dit à FOfficier : Il fe peut faire que Haroun vous ait 
donné cet ordre étant encore échauflfé du vin ; retournez fur vos pas , & di- 
tes-luy que vous avez exécuté fou ordre: s'il s'en repent je ferai encore en vie; 
linon , ma tête eft toujours prête. 

Jaflîîr n'étant pas content de cet expédient , Giafar alla avec lui jufqu^à Ven- 
trée de l'appartement du Khalife, & dit à l'officier: Entrez & dites-lui ^que vous 
lui apportez ma tête que vous avez laiflJée dehors; Jafler fit ce que Giafar lui 
avoit propofé: mais auffi-tôt que le KhahTe leût entendu , il lui dit.: Appor- 
tez-la vite devant moy: A ces paroles, TOfficier fortit .& coupa la tête de Gia- 
far , . qu'il vint jetter incontinent aux pieds du Khalife. 

Cette exécution ne, fut pas plutôt faite que le Khalife dit à Jafler: Appel- 
lez-moy tels,& tels. Jafler ayant obéi, &.ces gens-là étant entrez avec JaflTer 
dans la chambre, Haroun leur dit auffi-tôt: Couppez-moy la tête de cet hom- 
me : car je ne puis foufirir le meurtrier de Giafar en ma préfence. 

Giafar n'étoit âgé que de 38 ans , & avoit pofledé la faveur" de fon maître 
pendant dix-fept. Le Khalife fit attacher fa tête fur le pont de Bagdet, où elle 
demeura expofée jufqu'à ce que Haroun fe mit en chemin pour l'expédition du 
KhoraflTaa, car alors il commanda que l'on l'ôtat pour la brûler. Khondcmir,, 
qui raconte cette hifloire , prend pour garand l'Emir Khovand fchah , Auteur 
du Raoudhat aflafa, qui n'eft autre que Mirkhond. 

Le même Khondemir rapporte dans la vie de Haroun Rafchid , que dans les 
comptes de fa maifon on trouva toutes les fomuies d'or & d'argent , comme 
auffi les étoffées , pierreries & parfums donnez à Giafar, & que le prix de tou- 
tes, cçs chofes mifes enfemble montoît jufqu'à trente millions de drachmes d'ar- 
gent pour une feule année , & que dans Je regiftre de la dernière année , on 
trouva écrit en dépenfe, quatre écus d'or en naphte & en étoupcs, pour brûler 
le corps de Giafar. 

Le Nîghiariftan , après avoir fait auffi cette remarque , cite ce dillique Per- 
fien: L'hiftofre que la viciffitude des tems écrit fur le livre de ma vie, eft mar- 
quée un jour, par Içs faveurs de la fortune , & un autre par fes revers. L'al- 
lij[fion des deux mots .de Rouzi & de .Zouri cfl: fort élégante dans le Perfien: 
Anra rouzi neviffed inra zouri. 

On rapporte de Giafar Barmeki , qu'un homme lui ayant préfenté une fille 
efclavc qu'il vouloit vendre, il la trouva fi fort à fon gré, qu'il lui en donna 
quarante mil écus , .& les lui paya par avance. La nlle toute éplorée dit à 
celui qui la vendoit : Ne vous fou venez - vous point de la promeflè que vous 
m'avez fouvent faite de ne me point vendre V Giafar , dont la générofité étoît 
incomparable , n'eut pas plutôt entendu les plaintes de cette fille , qu'H dit au 
vendeur : Atteftçz feulement que cette fille eft libre & que vous l'avez épou- 
fée , & je vous laifle l'argent que je vous ay donné. Rabi aîàbrar. 

;Le môme. Auteur, citant celui qui a écrit Fhiftoire des Barmecides, dit, que 
Giafar, un peu avant fa mort voulant aDer cliez le Khalife, confulta fes éphc- 
iaèrides pouf obferver un tems favorable à fes dcflTeins. Il étoit pour lors dans 

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é f À F A R;'- - '^ - ^ '^ ^ffi 



îà màifi^ ïftûée Rif le bord du Tîgre, où un horhme qui ne te Vdyoït poînt'i 
^paflkot i«l"batteaui recitoit ces vers en Arabe. , '. 

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Il^fe gouverne par Us éttnksy & il nefonge pàsqûe Dieu ejl U nydtre des itou 
leSf & que Jà yolmti s'êccomplit toujours infêilliblement^ 

Giafar n'eut pas plûcôfeiitenduices paroles ^ qu'il jetta fes éphemerides & (on 
sAftroïkbe. par: terre^^ inonta à thesrdl pour aUer ^u Palais y & y trouva peu de 
tems après >' la mort^ Voyez Jes tit^^ ie Barmelonn , ^lahia fien Khaled , £f de 
Fadhel. 

' GIAFAR , fûfnommé^Sadek oii Sadîk , c'eft-à-dlre, te Jufte, étoit fils aîné 
de Mohammed Baker, & d'Omm fervah^ fille de Mohammed, fils d'Abubecre y 
premier Khalife. Il èft reconnu pour ie fîxième tmâm y & d'une dite autorité 
pami te$ MufulmsuK pour fa doârine, qu'ils tiennent pour une tradition authen- 
tiqué ce" qu'U âyoit ,acçpûtumé de leur dire : Interrogez - moy fixivent pendant 
que je fois avec vous; car il ne viencira perfonne après moy qui vous puifle 
inftruire çoinme moy« 

D prit nailTance à Medine l'an 83 de l'Hegirè , & mourut dans la même ville 
où il fut enterré près de foi) père ipus le Khaiifat d'Abugiafar Almanfbr de la 
nice des Âbbailides^ l'an 1^8 de la même Hégire y & de J. C. 764 9 âgé 

de 65 ?Lns. ' ^ - ' - • 

On lui doQne fept enfansr içâles^ & trois filtes. 

Les deur premiers furent Ifmaël , & Moufia. L'aîné qu'il avoit déclaré fon 
fucceiTeur dans Tlmamat, mourût avant lui; c'eft pourquoy il transfera la fuc^ 
ceffion à l'Imamat 9 en la perfonne de Moufia fon fécond fils: mais nonobftant 
cette déclaration , il s'éleva une faélion de gens qui prétendirent qu'Umaël ayant 
été reçu pour ainfi dire y en furvivance de la dignité d'Imam y Ces delcendans 
dcvoieQt jolur de la même prérogative , laquelle ils fpûtenoient n'iavoir pu paflTer 
en ia perfonne de fon frère , qui faifqit une ligne collatérale. 

Cette faâion a eu des partifans qui ont excité fouvent des troubles dans la 
Religion, & dans l'Etat des Mufulmans, jufqu'à ce que dégénérant en rébellion 
ouverte, & en impieté manifefte , il s'en forma une dynaflie ou Principauté 
fous le nom d'Ifmaëliens, dont Hafîan Sabah fut le fondateur en Afie. 

Les Khialifes'Fathemites d'Eçypte font regardez auffi par les Mufulmans Ortho- 
doxes, comme defcendans de îa branche de Ifmaël ; ' c'ell pourquoy ils les qua- 
lifient fouvent du nom d'Ifmaëliens d'Afrique. On parlera de ces deux dyna- 
llies dans leur rang. 

- On lit dans l'hiftoire intitulée Morouge al dhehehy les Prairies dorées, qu'Abou 
JMoflem ayant pris la refolution de dépofieder les Ommîades , qu'il prétendoît 
avoir ufurpé le Khalifat, foUicita par les lettres Giafar Sadik de l'accepter; mais 
cet Imam qui craignit, peut-être que l'on ne lui tendît un piège , rejetta cette 
propoiîtion , *& ^brûla môinè les dépêches qu'il avoit re^es fur ce fujet. 

Ses Seftateurs ne lai^erent pas néanmoins de. prendre ce prétexte pour fe 
révolter contré les Khalifes Motadhed, & Moftafi, fous le nom de Cannatbes, 
comme àous verrons dans lès titres de ces KhahFes. 

ie même Giafar Sadik eft furnômmé dans les livres fabuleux des Mahome- 

Zans Seidi Batthâl, c'eft-à-dire, le Preux, ^ caufe de plufiettrs combats imagi- 

- ?0M£ I,i.' ) Q naires 



1^ GIAFAR,: -r-* Ç I A ï" A R I A H. 



mim qu'a 4 doni^éf daos 4o$ p^y» «ponow, njii|îî»t Ja >Tie.f}c Çbj^^^^ato* ^fra^ 
'Nous avons encore le récit de touteç fejç pwjiçflçs /ia^s ^ijfojrt gr^^ ^.om^ 
qui fe trouve en langue Turquefque, 

Cet Iioâia o'eft p^ moH» Qoafideré oepepdiw^ UifR^eputé 

TAuteur de la petite Gcfre , cooMne Al) Teft «le J» grwjdfi. fio;^ fer titres 
d'Ali 9 ^ ie Gefn On lui attribue auflî un livre de forts y ou ^etab Cmrdat 
(qui & trouve iéans ia BîUîolhwiue d^ Roy, n®/ loojr. . 

Le Rabi al abiir rappotte.que !Gia£u: étant intolrrogé , s'i) ja'y zmitpoittc iit 
d'autre Adam eh .ce monde ara&t odui dont parie Atoyfe , répondi(^4^1 y ^ 
avoit eu trois , & qu'il y en auroit encore dix-fept , dans autant de grandes 
reyolutions .d'anpées;,& CQmpae pn li^i clemandfi. fi I>ieu créeroit {l'auiyes hpm- 
més après la fin de te monde- cy , il répondit: Voulez -vous ,que lé Royaume 
de Dieu demeure vuîde, & fa piiilRnce oyfive? Dieu çft Greateor d^ms toute 
ion éternité. - 

L'Auteur du livre , intitulé Mtdarek , rapporte au fiijet (Futi verfet de FAlco^ 
tan dans le chap. de lu Pénitence où il eft dit que Dieu a acheté des hommes 
ieurs biens Çf leurs âmes au prix du P^a*/, cette fentence de Giafar ^Sadik : Ù 
vous oui êtes fidèles ^ puifque le prix de vôtre achapt efi le Paradify ^ar^z-ysm 
hiin de vbus vendre peur quelque autre chefe. 

Giafar Sadik en qualité de I>oâ:eur> avpit reçu fes traditiotts de Mohammed 
fiaker fon pere^ ft-d'Atha^ un<(es comptons de Mahomet; il les tranimit |L. 
Thouri, à Ben Ainah, à Abou Hanifah, & à Malek y dont les deux derç^ers 
font chefs de deux feftes réputées Orthodoxes par les Muîfulmans. 

Abou «Hanifah difojt qu'il n'avx>it point connu de plus (çavant Jtiri&onfiilte 
que Giafar Sadik y & Que toutes les fois qu'il paroifToit devant lui y il étoit 0i^ 
d'une plus nande crainte , & frappé d'un plus gnmd refpeft y que iQrfqu'ii fe 
prefentoit devait le Khalife Alimuiifor. 

GIAFAR Ben Soliman 5 eft le nom d'un <ie ceux que les Mufulmans reve-^ 
rent comme Saints y dont Jafei a écrit la vie dans la tèétion feizième de Ton 
Hiftoire. 



GIAFARL Tarik Giafari , la Chronique Giafarienne. Ceft i^ie 
compofée par l'Imdm Abugiafar Al Th^bari, dont Georg/csy iurncmuné £hn 
Amid , & vulgairement Elmacin , nous a donné Tabbregé depuis Mafaotnet jit£^u'k 
fon tems y fous le nom de Tarikh Al lyfpileinin. Ceft en \m mot THiftoirt 
Sarracenîque qu'£rpenius nous a donnée. _ 

GIAFARI y l'or Giafarien^ Monnaye d'or ^ue le Khalife Abugin&r Al- 
manCbr fit battre à plus ba^ titre qi^e . cette qui couroit^ f^oyez je titre de So-^ 
liman fils d'Abdalmsdek. 

G^AFARIAH, Ville que le Khalife Motavakel l'Abhaffide fit jbttîr dans 
riraque Arabique pour y faire fon fejour, en y transférant le fîege de TEm- 
pire des Mufi^lmans qui étoit pour lors à Samarah. Il ^ nooiqia ^mmey parce 
que Giâ|ar ou Giâfer étoit fon nom propre ; & Motayakel âl allah, "qui fîgnifie 
celuy .qui fe confie en Dieu; étoit fon nom de Khalife. JMontajŒer, fon fib, îfe 
(on fucceiFeur, ayant abmdonn.é cette ville, èlleferuioa çn,fort,pe)ide^ms. 



<5Î APEREI&-»J-tt.GÏ AG A THTAr. «3 

m'AlhCRBS Al Modî y at Ik mèm ^ife (^mît BéH AHiké A( Bfiiheli 
4uf riôùnit r«i if44 <î* raégîfë. RToi* riVoni cîe Jôyiè' Liv^ë intitulé TOg 
ûl mjfader^ la.Cèuronne des fbnfednes. Ceft un recueil dé cota les ii]£tittife 
dé la i^gàe Arabique traddiCs eiff hAgue Férfiermë. 

^GIAGANIA^^ Province de FAfiè vers lé fleiivé Indus, dont Schâtftfeddia 
Oauri étoit Sûléah. Les Afid»^ eu addotteifTent la prondncîatjo'n 5 &^ Tappel- 
lefic Saglaniàiï. ' 

6IAOANNAT9 JMole de^ Infem qui a dcfnné Ton nom à une ville fituée 
tùi iù Oolphe dé Bengale^ où il y a un auili grsmd conoours d'Indiens , /qife 
de SÎâhometanr à* la Mecqne. Une des principales cereinûniés qui fe^ pratiquent 
dans fon TVmiple ou Pagode^ eft de lai dotiner pour époufes les plus belles 
ffllès do pafys c^ Toti^ enferme avte lui,< & qài ne manquent guére< d'en (brtir 
greffes V poor Fiddnfoie de ceàx qui ont le Wisi dq culte adK>tiinable cte cet idole.. 




far fhcceffiofr de fou; père les Provint de Turkn, c'e(t-à-di}:>e , la Txanfoxane» 
& le Ttnrkeftanv 

11 MSàt le ifiege de foU Empire en lai ville de Kfchbalig , & gouverna ies 
IStats avec beaâi{ti)|ip^ de 6gef& & de. modération , vivant en bonne intelligence 
:avec Okàu, fon frefe pimé', qui avoit fuccedé à leur père dans les Etats dlràn» 
xTeft^^dire y de'ëS^çà te Gihttim II ne failbtf rien 6ns l'avis de Caragiar Noiàn ^ 
I GenghkUiafr Itti av^it donné en jnouitot pour chef de fes confeits , & de 
armées. . Ce ^gneUr étoit poi^ lors ttti des plus puiffîns entre les Mogols ^ 
àù a: été- le cinçiiéme ayeul de Tsmierlan. 

Pendant le règne' d6 Giagatfaai^i ^^ ûommé Mahmoud que Ton! furnommoit 
TarAiv à <^ufe qu'il éto\t originaire- de Tarab> bourgade fituée k fix. lieues de la 
irîJle de Bokharah y fe foûleva contre les Mogols Tan 630 de l'Hegire , de 
J. C. 123^. G'ëtôit: an Im^ftetir qui' avoit déjà: P^^ ^^ ptefti^ & fauï mira- 
cles tellement gagné l'efprit de ces peuples , qu'il fe trouva bien-tôt à la têt* 
-d'une grpfle armée avec laquelle il- fe tendit maitre de la ville de Bokharah. 

Les Cpmmandans de Giagathai ayant afTemblé leurs troupes pour combattre 
<:e rebelle 9 il fe prefenta à eux pour leur livrer bataille: les Mogols étant en 
pr^ènce de ' leurs ennemis , & fe trouvant enveloppez d^une pouiliere fort 
épaiile , ne purent jamais fe refoudre à les attaquer. Une ^ule âeçhe décochée 
de leur armée par hazard, alla cependant tuef Mahmoud au. milieu de fon camp} 
mais un tourbillon Je poul^ere qui couvroit leâ deux armées i fit qu'aucun 
iT^eat connokTance de l'effet qu'avoit produit ce coup fatal. 

Lés Taitares qui s'étoient trouvez tout d'un coup fans courage , & inveftié 
^ touf cotez pat une pouffiere fi extraordinaire» ne manquèrent pas d'attrh> 
buer cet accident aus; ençhantemens de l'impofteur Mahmoud 9 & la fupeiîli^ 
lioii s'eniparant entièrement de leur éfpFÎt, l'épouvante feifitbien^tôt leur cœur, 
êc leur fit pfendre une honteufe fuite fans qu'aucun ennemi Tes . pourfuivît. 

CéfS^ fei^i^u^ pahiqué diiî tûk les Tattarês di déitoute, haûffe le courage Aes^ 
teff^^^i <fe forte que s étant mis à leurs troulîTes , ils en tuèrent plui^ de dit 
mille y màîs* étant] retoùrhez en leifr *camp , ils furent bien fnrpris de n'y point 
ttaaverléar- General; Ceux qui étdïent de fa Cafede , firent auffi-tôt courir Itf 
• - Q 2 bruit, 



124 • GlAGH. : i 

brait,' qu'il sMto\t rendu învîfible pour- quelque tem5, & ces pJ<irw«s abi|fe& (ans 
s'étonner autrement, ni &i débander, établirent Mohammed ,,& Ali, fjderes de 
Mahmoud, pour fes Lieutenans pendant fon abfence. 

Qiragiar cependant qui gouvemoit les Etats de Giagathaî i prit là refblutîon 
d'éteindre cet incendie qui gagnoit peu à peu les meilleures villes du pays. . D 
employa pour cet effet les principales, forées de TEmpirei & entreprit d'ejcter- 
miner entièrement ces rebelles. La ville dte JBokharah qui les fiavwiïbît ^ , fut 
châtiée comme elle le meritoit ; car après" avoir vu faccM;er fon terroir,' & 
répandre le fang d'un grand nombre de fes habitans , elle tut enfin obligée de 
députer vers Giagathai pour obtenir te pardon de fa rébellion. Elle Fobtmt de 
la clémence de ce Prince , & fe . trouva délivrée, en même tems., & des violen- 
ces qu'elle foufFroit des Tarabiens, car onappelloit ainii cette nouvelle iiaâiQd^ 
& de la fureur des Tartares qui (e vangeoient d*ëtix impitoyaUement^ . 

Giagathai Khan mourut Tan de l'Hégire. 658 , de J. C. ^240^ jqui convient 
avec celui que les Mogols appellent Od, c'eft-à*dire , le Bœuf ;dau le. Cycle 
d'années qui leur eft particulier.^ 11 n'eut pas pour. fucceflTeur un feul; car tous 
•fes enfans & fes. plus proches parens partirent entr'eux les piovinces de fon 
Empire, & ceux qui eurent la meilleure épe^, enr^emporterent la meilleure part. 

M^nuca fon fils aîné qui mourut avant lui ^ laifFa trois enfans nommez BaU^ 
Hir, Carâ Holagu, & Naligu qui fe fuccedereiit l'un à l'aùtrei: - Barak-JQian , fils 
de Baifiur, fût uh des plus confiderables Princes de cette fimiille, r^a après 
eux, & fit des conquêtes jufqu^ dans la Chine. Khmdeadr. 
' Âbulfarage met entre Its Etats de Giarathai les Provinces d'Âigur ou d'Q[ur, 
^Almalig , & de Kbovarezme« Il fembïe auf& que Khondemir lui donne les 
premiers Etats que Gengbis^han poflèda dans Ip pays des Mogols : . cependant 
Emir Khouand fchah , & le même Khondemir écrivent qu'Oktai Caan eut pour 
partage les* Etats patrimoniaux - de ce Monacque, & qu'A fut reconnu de tous 
fes frères pour le chef de: la maifbn de ^Genghizkhan , & de tout .l'Empire deâ 
MogoJs. 

Ceft dé Giagathai, que le pay^ d'au^deJà du Giboa^ ou- 0;xus a ité nommé 
le Zagathai. 

GÏAGH' &^Tchagh. Les Cathaiens, & les. Titfcs Orientaux ont un Cycle 
de douze ans qu'ils appellent de ce nom, & chaque année de ce Cycle porte 
le nom* d'un animal. La- première- porte le nom-^e la^fouris: La' féconde dû 
bœuf: La troifième du-lynx ou leopai-d: La quatrième du lièvre: La- cinquième 
du crocodile: La fîxième du-ferpent: La* feptième du cheval: La huftième du 
mouton: La neuvième du finge; La dixième de la poulie: L'onzième du chien t 
La douzième du pourceau. 

Ils divifent auiB les vingt-quatre heures du jour en douze parties qu'ils appel- 
lent encore Gîâgb , dont chacune eft de deux heures , & ils leur donnent les 
noms des mêmes animaux. Ils divifent de plus chacun de ces douze Giagh , dont 
k journée eft eômpofée, en huit parties qu'ils appellent Keb j de forte que leup 
journée contient quatre - vingt ^ feizc Keh. . ' 

. GIAGH Schflbath; ce mot eft compofé d*u-,Tartafe , & du Syriaque. Il 
iîgnifie chez les Mogols le douzième mois de leur année. Il paroît par ce mot 
& par plufîeurs autres , que les Chaldeens ou Syriens ont porté leur langue 
avec la religion. Chrétienne bien avant dans la Taftarie: ce qui eft, arrivé. pro^ 

bjablfc. 



G^I A G H M^I N. — ^ G I A H E D H. t2^ 

flkbleBtâfit, loifcjue les Neftoriem ayant établi plufîeurs Egliles» & lââmë. des 
S^triarchlles- dans Bâgdet ^ & dans Mozul , ont auffi envoyé des MiÛîonnaires 
aux Indes, en- Tartane, & même dans la Chine, pour y prêcher la foy. 

GIAGHMIN, Ville delà Province de. KBovarezme , de laquelle étoit natif 
Alahmoud Ben Omar, furnommé à caufe^de fa naiilànce Al GiâgËmini^ Ce 
perfonnage nous a donné en langue Pérfîenne un traité de la /Sphère intitulé 
Molakheff fil Hiit^ qui a été traduit & commenté par Cadhi Zadèh Al Roumu 
Oa trouve cet ouvrage: dans la Bibliothèque du Roy n*^. 724 & 799. 

GIAGRAFfAH*& Giarafîah. La Géographie. Mot que les Arabes ont 
corrompu du Grec. Cependant les livres que les Aràbe^, Perfens âc Turcs^ ont 
c^nporéd- fur cette icience , ne portent gueres ce titre. 

l/Ouvrage Géographique d'Éba Eflaker^ Q&.mt\t\^^ 
athrdf. 
. Al Baikh» i nommé le ûeb Téàmma htldi^^ & Abulfeda, Takovim alholdm. 

Al fiirouni a^ intifiulé le QtrrCanmn^ & Scherif Al Edriffi a donnné le nom 
de Nozehatal Mofihtâhk celui doot l'abrégé nous eft cc^nu' £b(is le nom de 
Géographie Nubieftae. 

Nous avons le Ahfanr al tecaffim fi mdfefdt al uUlim di MotdeJJt , & plufieurs 
autres dont il e(t i^t mention^ dans cet ouvrage fousr divers titres. 

Les Anciens Perfans ont eu une Carte Géographique de Manés THerefiarque;, 
laquelle portoit le nom de Sourat roboû meskoun^ c'eft-à-dire, la Figure , ou la 
difpofition des quatre quartiers de la terre habitable, L'Auteur du Lebtarikfi 
ÇB^ fait mention dans la vie de Schabour Al Aktif qui eft Sapor aux épaules, 
Roy de Perfe de la quatrième dynaftie. 

Les Mufiilmans ont uqe Géographie fabuleufe tirée de TAIcoran ^ laquelle eff 
fuivie par leurs anciens Doéèeurs -qui fe foût attachez plus fcrupÛleufement- à la 
doâtrine groffiere de leur -faux- Prophète. 

Roger, fécond Roy de Sicile , avoit un globe terreffrç qui pefoît huit cent 
tnarcs d^argent. L'on dît que ce fut pour faire la defcription de ce globe i 
qu'Edriflî ,. dont les* ancêtres s'étoient réfugiez d'Afrique en Sicile , compoft 
kixaité de Géographie dont nou» avons Tabiegé., & duquel il a été parlé 
ci^deilus.^ 

GIAHANIou Giaheni ,' Surnom de Mabad Bèn KhaledT, Chef'de la fe^é 
des' Cadarieris , qui elt une lubdivifion. de celle des Motazales. l^oyez k titre 
de Mibad;' 

GIAHEDH,^Cèlui qui a les yeùi gros, ou à fleur de tête. C'eft le fur- 
nom ou4bbriquet^ d'un fameux Dodeuf Mu&lman, dont le nom étoit Abou 
Othman Amoud ou Amrou Ben Mahboub , natif de la ville dé fiaiforah , d'ok 
'à pal& k Bagdet 

Il fiit difciple d'Abou I^hak Al Nadfaàm, & chef de la feâe des Motazale^ 
fon éloquemre le faifoit. admirer de tous , jiufE avoit-il puifé dans les Auteurs 
Grecs , & fort étudié leur Philofophie. D a laiiTé plufîeurs Ouvrages de Met» 
jphyfique que les Arabes appellent Ehn àl Kelam , la Science des paroles , ou 
des termes 

Les Schiites.ou.Seâaires d'Ali qui font amis des Motazales, lut donnoient de 

Qa groflêsv 



ï«? .0 I A L A I »• — GIALIN0U8. 

géoflës fimnfces <râi|^t, pbnt Vdb^r d'écrire en jfetff favew $ suffi c&mpfHk-t^ 
un Hvré âam lequel H ram^ mille txacfîtioi» ou redt* qai étolent tous à 1% 
vantage d'Alh 

Ben Cairem rapporte un Tentiinent qu'il die avoir été général parmi les 1^. 
fulmanS) à fçàvoir qu'H y à eu dat^ lé MufuInÈtnirmey quatre hommes de kteres^ 
dû'aucun antre ri'a^ ni devancé, ni atteint Abou Hanifah dans la Jurifprudence , 
Khatll 4an^ la Gnunmaîre, Giahedb dans la compofitiony & Abôu Témam daœ 
là Poëïie. 

Ce Doifteiir mourut à BaÉJdet Pan de THegire 455, fous le Khafif ât de M Ôtai 
TAbbaffide. Sa réputation fut telle que les' Motazales , ou au moins une &âe' 
^'entr'eur, .portent le nom de Giahedhiali. 

GIALAIR9 nom d'une tribu des Mogds cjfn fît moicnr h Reine Sfehouï6)(| 
avec huit de fed enfans. P'oyez k titre de Caidou Khan. 

GfÂLALEâAH. Ceft àinfi que les Ard>és d'Efpi^e appellent la Galice. 
Ceux qui font originaires de cette Province font appelle Gialiani^ cooime Ab- 
dalmoumen Ben Omar Al AndsdbuO, Auteor du Hvre intitula jidab Al Sohtdt^ 
& d'un autre qui porte les noms de Divan Saghir, & de Mftaicfaeràt. Ce der^ 
nier ouvrage eft dans la Bîblîothëque dû Roy n^. liSo.* 

Cet Auteur mourut en Efpamé Tan 662 de l'Heure. Vcyét fut li fiijH ii le 
Gallice la iefcriptum au pays de Koum , titie d^Ebn Alvêrdi^ dans k titre de Roum- (f 
le titre de Galîkiàh, qui n^eji pat li Gallice dTEf^agne^ nuds ta; Falaebie. 



A.NIOUN en Arabe, & Giaidaniin en Pérfieii Les Chaldéev^ 
appeliez encore Cafchdaniàn du mot Hébreu GafchdinL 

GÎÂLiAJXÏ. rayez puis haut GâlàlècèiL 

GIALIB9 fumom de Mofleheddin Kîofthafa Ben Khafreddin, qui efl: Auteur 
d'un Côâimètltaîre fur le livre intitulé Efcharàt u al nadhair. Ce commenta!» 
^porte le norii pardculîer de 'f aridvir al' azhâr u al dhamair. 

GIALINOÙS. Galîem- Mohammed Ben Caflem dit qu'il étoit Rhodiéà 
d'origine, qu'il naquit. 60 ans après la mort de Jesus-Christ, 66$ après 
xrelle de Socrate, & qu'il mourut à l'âge de 87 ans. 

Il' étoît fils , félon le même Auteur , d'un grand Géomètre , ^ a été le dei»- 
nier des Médecins du premier rang. Son père lui avoit iaiflë de très.gran<& 
iiens ; de forte qu'il exerçoit gratuitement la Médecine , & ne prenoit aucune 
jetributîoii des Ecoliers qu'il inftruiibit. On dit même qu'il foumiflbit non feu- 
kmônt des remèdes , mais encore la nourriture à £bs malades j ce qui fe do^ 
^entendre des pauvres. 

Quant à fà perfonne, il mangeoit peu, jeûnoit fouvent^ & aimoit fort la pro^ 
>preté. Il a com^oië prèè de 400 traitiez' diffei^ns fur la médecine, leiqnds ont 
rété prefque tous traduits en Syriaque, en Hébreu,- & en Arabe, & oomihentêfc 
f>ar divers faterpretes. 

Hotiain Ben Ishak a- traduit eà Arabe ki plupart de ^ ouvrages. Noue 

savons dans la Bibldtheque du Roy les Follbul ou Aphorifmes , Meru^i al aidtm^ 

4fi rofagtf des parties du coi^, FU mezagey du Tempérament, TOUr al Sekkt, 

. 4es 



Jkê >mDy^ 4» QaaFes9»r i^&nti^ Mft9^y d» Cleaeds j A fkfixms mtrts 
opufcules du même Auteur, traduits en Arabe. par k mlbie Auteur ^ dans Ips 
ft"^. M^6 4t 950. Et il s^m «trouve auffi plullëucs dans la fi&Ii^heque du iCtbi- 
net du grand Duc de Tofcane^ 

£b& fiatrik dit ^u'il étoit premier Medecia de ^Empereur Commode f mais 
il eft: cèrtadu aufli qu'H a fer«i Antonio , & -Marc Auiele. ' AbûIiTtfage qui dit 
conformément w orapport des Auteurs Grec$, qu'il étoit natif de Pernme^ cite 
un païlage de fes éoits, par lequel il parott avoir ^eu des fentiffiens wit favo- 
rables aux Chrétiens* ^ _ 

On Ht dans les ég^ts des Mufidmans des âog^ magnifiques de Gaiien, & par- 
tîciifieremént^ dans la préface du commentaire fur lé Nf etiafê àjaldlia ^ qui elt 
dans la Bibliothèque du Roy n^. S66. Ce commentaire a i^ur Ajiiteur Ben 
Ab) §fUlik> &pn le trouve feparément dans la mémê.fiiblibthecii^e n"". 949. ' 



\ ce mot eff corrompu par les Arabes du mot Tdialghîou- 
seh qui fignifie en Perfien les quatre couleurs^' Cefi; le furnom dé Mâbàd 
Gadhif dont il fwt voir le titre*. . 

GIALQULAH, lieu de la Pi-ovînce de Éhoraflan, où les Perfans furent 
défiiits jpar les Arabes pour la féconde fois après la b^aiUe de Cadeljie ibjus^ le 
Kbàifat d'Ômar premier, de fut dans cette féconde journée f^^e à la Mq? 
narchie de Perfe qu-Iezdegerd , leur dernier Roy, fut tuél Foyez le titré di 
P^vencL, . ' w 

<3ÏALOUS5 Iflè de la jjier des Indes ^ ,dont les habîtans font nègres, p^- 
èbenf nuds , & s'ëntremangént les uns les autres. Elle eft éloimée dé 'deux 
journées de nayjjgatipn de celle ^ui porte le nom d'Albinôman; C^ deux |fles 
font au Midy de celle de Rami , iaquelle fdon Edriffi, a 700 j&'éuês de tong^ 
& n'eft pas beaucoup éloignée dé celle de Senmdib^ que nous croyons être 
Zellan. ou Sumatra: fi cette dernière eft Sërandib, Tifle de Rand kn' Borneh! 

GI ALOUT, c'eft ainfi que les Arabes appellœt celui qui efï nommé Go- 
liath dans le dix-feptième chapitre du%premier livre des Roys. £t ils .appert 
Gialoudsdi la dynadttie des Roys des Philiftins, qui regnoient en Baleftlne, loirf- 
que les Hébreux y entrèrent. 

Ahmed Al FâiE dit dans fon livre intitulé Kttab Al Gictmmm^ que ces Rbyir 
étoient connus fous le nom ou titre de Gialout, de même que les Roys d^Ê- 
f^rpte iKN^ient tous en ce tems4à celuy de Pharaon , ^ que David défit le 
Gwout de fon fiecle , qiii n'eft autre que Goliath , & extermina entièrement: 
les Phfliftins, dont les reltes fe réfugièrent en Afrique; & exdSn que c^efl^ d'eux,, 
qye les Berl>er,. peuples de la côte de Barbarie, font dejfcendus. • 

^GIAM, en Perfien fignifie une couppe ou verre k boire, fx. un Miroir.^ 
Le» .Orientaux qui fabriquent cette efpeçe de yafes ou uftencites, de toutes- 
i^tcs de métaux auifi^hien que de verre ou de cryftal, & en plufîeurs figurcâ^* 
différentes, mais qui approchent toutes de la Spherique, donnent auffi ce nom^ 
à un Gloihe celeile. JUs difeat quelFancien Roy iSiamfcUd^ qui efi; le Salomon* 
des Jf^ti^ &.Alexamtre le Grande ayoient de ces €Qupf>es, globes^ ounuroirs,^ 

par:- 



ji% '^ Gi A M. G I A M A S^B. 

par le mcr^en ddfquels ils ' connoifToient toutes les chofes natuiiellesj Ce qtiel« 
«^uefois même les fumaturelles. 
.la couppe qui fervoit à Jofeph le Patriarche pour deviner, & celle de Neftor 
dans Homère où toute la nature étoit reprefentée fymboliquement , ont pa 
if oumir, aux. Orientaux le fujet de cette fittion. Un Poëte Twc dit: Lorfque 
yaurai été éclairé des lunieres du jzieiy Giam.KHi alur giani: Fehemider nitchi 
raz penbaniyjaVi ame deviendra le miroir du monde 9 .dans lequel je jdécouvÂ- 
^y les fecrets les plus cachez. 

GIAM Kiti Noma, Miroir qui reprefente le. monde. Ceft le titre d'un 
Jivre Perfien traduit en Arabe fous le nom de Mecajfed alhektmt. Ce font dm 
ftïoks de Philolbphie tirées d!un ouvrage plus ample qui a pour titre Tohfat al 
Solthan , .Prçfent fait au Sultan. 

Ibrahim Al Hacalanî Al Marouni, que nous connoifTons fous le nom d^Abra- 
ham Ecchellenlis 9 nous a <]onné cet abrégé traduit en Latin^ mais l'édition >du 
jtejçte Ar?,be,eft fort^défeélueufe. 

GIAMAHERI, furnom d'Ahmed Al Hegîage Jofeph Ben Mohammed, 
çiort' Tan 158 de THegire. f^oyez Hegîage. 

GIAMAHÏ, furnom de Mohammed Ben Saldin, Auteur des vies des Poë« 
tes, fous le titre de Takacat alfihodra. 

GIAMAL ou GIEMAL,-la Beauté. Gemàl abâd, la belle ville, furnom 
^e Ton donne en Orient à la ville de Cazuin , appellée vulgairement C^bin y 
qui a été autrefois la capitale de Perfe. .CeA ainfi que la ville de Florence a 
été qualifiée en Europe, Fiorenza la Bella. 

HoJa^, Empereur des.Mogols^ouTartares, ayant envoyé k Casbin trois cent 
prifonniers qu'il y fit mourir , donna lieu au proverbe Perfien.: -On l'a envoyé 
à GeiQal abad , ..c'eft-à-dipe , à, Casbin, pour lignifier on l'a fait mourir. Il a été 
remarqué dans le titre de Gennat que le mot de Gemalabad, qui figniJSe la belle 
demeure, fîgnifie aMfli en Perfien le Paradis. 

^GIAMALI, furnom d'Ali Ben Mohammed Al Roumi qui mourut l'an 931 
de THegire. Il eft l'Auteur du livre intitulé jldab Al Jlmjfia^ c'eft^-dire, \ts 
Loix & les Coutumes qui regardent les Légataires , félon la Jurifprudence des 
Mahometans. 

GIAMASB& Giamaft, C'efl: le nom d\m Philofophc Perfien de la fefte 
de Zoroaftre, qui efl: Auteur d'un livre Perfien traduit en Arabe, & intitulé, 
l^ivre du Philofophe Giamasb^ contenant les jugemens fur les grandes conjonEticns des 
planètes , & fur les évenemens ^u^ elles produijent. Lali eft l'Auteur de cette tra- 
du6tion Arabe qui a été faite ou écrite l'an d'Alexandre 1592, de J. C. it8o« 

<La Préface de ce livre porte , qu'après le tems de Zoroaftre , régna Kifchtasb , 
fi^ls de LcAorasb , Prince tiès - puiflTant , qui ne poflcdoit pas feulement le pays 
d'Iran, mais encore celuy de Tourân, & celui de ilabafche, c'eft-à-dire, la 
Perfe, le Turkeftan & l'Ethiopie; que fous^ fon règne fleuriflToit dans la ville de 
Balkhe, fur les confins du Khorafian , un Philofophe confommé dans toutes fortes 
de fciences nommé Giamasb> Auteur de cet ouvrage, dans lequel font décrites 

toutes 



Gï A M cou a GI AME. 



f'i^ 



toutes les grandes conjonâîons d^ Planètes , tant celles qui Pavaieiat précédé ^ 
qiie celles qui dévoient arriver après lui dans la fuite des fiécles 5 & où la fon- 
dation de toutes les Religions & l'origine des grandes Monarchies font mar- 
quées. Cet Auteur appelle toujours Zoroaftre^ Nôtre Prophète. 

D y^a des Hiftoriens qui veulent que.Giamasb, fumommé Al Hakîm, c^eft-à- 
dire , le Sage ou le Philofophe , ait été frère de Kifchtasb , cinquième Roy de^ 
^erfe de la race des Pifchdadiens. 

GIAMCOQD & Giamcout, Ville fituée fous la ligne Equinoftiale vers 
rOrient. Abdehnoal , Géographe PerÇen , dit , qu*elle eft à Textrêmité du pays 
habité: ce qui fe doit entendre de nôtre hemifphère & des climats fîtuez dans 
la latitude Septentrionale ; ou bien de toute la terre y félon le fentiment des an- 
ciens Géographes Grecs , qui ne croyoiënt pas qu'il y eût des peuples , ni au- 
cun lieu habité au de-là la ligne Equinoâiale. 

n faut avouer qu'il y a peu de Géographes Orientaux qui en ayent fçu plus 

que 1^ Grecs; car ceux qui parlent du nouveau monde, qu'ils appellent Agiaib 

al makhiovcét, les merveilles des créatures ^ ce n'eft qu'avec beaucoup d'ob- 

fcurité, & de la même manière que Platon a parlé de Tlfle Atlantide, que Ton 

. ctok avec affez d'japparence être l'Amérique. 



GI AME & "Giamf. Ce mot fe prend en Arabe poiir deux cfiofes fort diffé- 
rentes 9 pour un temple & pour un livre ; cependant l'un & l'autre tire fon 
orig^e de Giemâ, qui (ignifie affembler, ce qui fe fait dans un temple, auflîn 
bien que dans un livre. 

Giamê Al Acfa fignifie le Temple de Jerufalem , à caufe que l'on y vient 
& que l'on s'y aifemble des lieux les plus éloignez. 

Giamê Béni Ommiah , le Temple des Ommiades , c'eft le temple de Damas , 
dédié à Zacarie & à fàint Jean Baptïfte par les Chrétiens , & profané par les 
Mahometans, qui en ont i^t une célèbre Mofquée , augmentée & enrichie par 
les Khalifes de la race des Ommiades. 

Saâdi dit, qu'il avoit fait fes prières dans cette Eglife fur le tombeau d lahia 
le Prophète ; c'eft ainfl que les Mufulmans appellent faint Jean Baptifte. 

Giamê eft proprement le temple principal d'une ville , dans lequel on s'as- 
femble pour faire la prière folemnelle, & pour entendre la prédication. Les 
Mufulmans donnent cependant plutôt le nom de Mefged, qui fignifie lieu d'a- 
doration , aux Temples de Jerufalem & de la Mecque , que celuy de Giamê. 

•GIAME Al Mof redit, Colleftion ou Recueil des médicamens fimples. C'eft 
le titre du grand ouvrage d'Ebn Beithàr fur les plantes, l^oyez Beithâr. 

Cet ouvrage eft en quatre volumes , & fe trouve fouvent cité fous le^ nom 
de Ketab al mofredàt, livre des Simples. 

GIAME Al Kebîr, la grande CoUeftion, c'eft un Recueil de traditions Mu- 
fulmanes authentiques , c'eft pourquôy on lui donne auffi le nom de Giamê Al 
Sahih, le Recueil fincère. L'Auteur de cet ouvrage eft Abou LTa Mohammed 
Ben Ma, furnommé Al Termedi, mort l!an 2yç de l'Hegire. 

L'on dit que ce Dofteur , après avoir compofé fon livre , Fenvoya aux Doc- 
teurs de l'Arable , de llraque & du Khoraffan , pour avoir leur approbation 
avant que de le publier , & que tous l'approuvèrent avec cet éloge : Quicon- 

ToMS IL R que 



î3<5 GIAME AL SAGHIVL GIAME: 

que. aura ce livre chez foy ,. peut faire état iju^il a chez foy le Prophète ^• 
lui parle. 

limUl Al Bdchari a fait un- ouvrage y qui traite le même ffa^et & qui porte 
auffi le même nom. 

Il y a plufîeurs autres Giamê Kebîr ou Colleftions générales fur différens fii- 
jets. Il y en a plufieurs fur les loix Mufiilmanes, fur la Philofophie , fur rA- 
flronomie & fur l'Hifloire. Foyez le livre intitulé Kafchf al doonoun dans la 
lettre Gim. 

GIAME AL SAGHIR, la petite Coîleftîon. Alfoiouthî en a fait une 
fur les traditions par ordre alphabétique, & Scheiteni une autre fur. les Fbroû, 
Ou points de droit & cas de confbience. . 

GIAME Al Hekaiàt u Lamé al revaiàt 5 Recueil hklôriques compofë to 
Pcrfien par Getnaleddin Mohamraied Al Aouki , & traduit en Ttfr<* par thn 
Mohammed Ben Arabfchah , Précepteur du Sultan Moràd Khan , vers l'an S40 
de THegire 5 qui eft de J. C. 14^6. Le Sultan Mohunmed , fécond du nom , 
fils de Morad, le fît traduire de nouveau par Negiati AI Schaér , qui mourot 
Tan 9149 & Bajazet > fécond fils de ^fehomet > en fît faire une nouvelle, vèr* 
fioû Turquefque par Saleh Ben GeWl, mort Tan 973.. 

GIAME Al Rafchidi , Recueil de plufîeurs ouvrages, craipofèz parle Tça^^ 
tant Rafchideddin Fadhlâllah , Vizir d'Algiaptu ^ Empereur des MogùlÈ de la nk« 
ce de Genghizkhan., C'efl un très-grand & fort gros volume , qui eft àBW la 
Bibliothèque du Roy, n**. i* f^oyez le titre de Magmoû Rafchidiah. Ce recueil 
traite d'une infinité de matières différentes, & fut légué- par TAuteur iiu Collé-, 
ge de la ville de Tauris avec une fondation confidérable. 

GIAME Al Taovarikh ou AI TeVarikh; Cëfl une hiftoire^dd^ la tsùa&e & 
de la race de Genghizkhan, depuis Japhet, filsdeNoé, jufqu'à Alglaptu , com- 
pofée en Perfien par le même Vilk Rafchideddin, dont nous venons de. voir 
un autre ouvrage. 

L'Auteur dit , qu'il commença fon ouvrage jûflement au tems de la mort de 
Gazan Khan, Empereur des Mogols, Tan 714 de THegire, qui efl de J. C. 
1^14, & que fon fils nommé Mahmoud Khodabendeh , qui lui iucceda , vcmkit 
qu'il continuât fon ouvrage & qu'il lui donnât fon propre nom , en y ajou- 
tant tout ce qui *concernoit les provinces & les Etats , non feulement des Mo- 
joÎé & des Turcs Orientaux, mais encore des Cathaiens, des Chinois, compris 
ious les noms de Tchin & Marfchin , de Cafchnrir , des Indes , des Juife , des 
Melahcdah, c'eft-àrdire , des principautez que quelques impies, & gens fans 
Religion ont établies, & des Afrange, c'efl-à-dîre , des Francs ou Européens^ 

Si cet ouvrage , que je n'ay point vu , étoit exaél pour les cho&s de l'O- 
rient & du Septentrion , l'on pardonneroit aifément à fon Auteur les fautes 

qu'il aura fans doute commifes en parlant de l'Europe. 

* 

GIAME Al Dakailc fi Kafchf Al ffeltaifc, t'eft un cours de Philolbphiè, qui 
a été compofé par Mohammed ^AI Giouini , Vizir des Sultans Mamlucs d'E- 
gypte. Il eft dans la Bibliothèque du Rjoy , n". $o?. 

GIAMI^ 



CÎAUV ' OÏAJVtSiAAT. «5t 

* GtAMI, iumom d'Ahdfâî ràbmirt 9m Ahmeé^ fameux PôStetfeffiên fles^r- 
Tiîeis tems , que Ton efthne avoir furpafl? les anciens. II étoit «tif étim lieu 
peu ccmm tioamé Giàm , ^aflee proclie de la ville de Herat y - dans le Kboraf* 
fan« Il vivoit ^fow le regbe <iu Sultaa HuflUn fiaicara , Prince ifiu de la race 
de Tamerlan» qui regnoit en KhorafTan dont la ville de Herat étoît pour loâ 
la capittle. 

Ce Poëte ^ qui itoît regardé d'ailleurs comme un Oo£leur célèbre de la loy 
Mafidmaae , étoît connu & csureiSi de tous. Jes Princes de fou ilécle. Il dédia 
même un de Tes ouvrages, intitulé Erfifuid, Inftruftion, à Mohsffiîmed lOian Ai 
Fatheh, c'eft-i^dire 9 à Mahomet Second , Sultœ des Othomans , furnommé le 
Compérant. 

Les principaux ouvrages de Giaim font un Divin en vers , dont le ftyle eft 
du .genre (ublimei & contient toute, la Théologie myftique des MuTulmans ; & 
le Bahariftàn ou Printemps , mêlé de Profe & de vers^ divifé en huit Raoud- 
liât au Parterres , & dédié au Sultan Hullàin Baicara. II publia auffi le doâe 
commentaire d'Ebn Hageb fur la Cafiah , qui eft une Grammaire Arabique* Cet 
ouvrage d'Ebn Hageb eft dans la Bibliothèque du Roy, n^. 1082 & 1083. 

Nous avons encore de cet Auteur le Roman de Jofeph & de Zoleikhah en 
vers Perfiens, & plufieurs bons mots, rapportes dans le Defter Lathaif de La- 
mai. Giami mourut Tan de THegire 888, ou, lelon quelques Auteurs, Tan ^91, 
tpn eft le 14^6 de J. C, 

On rappoite de Giami , q^ le Poète nommé Deiheki hii raconta un jour 
toutes fes prouei&s , en matière de combats d'efprit , qu'il àvoit ibûtenus con- 
tre d'autres Poètes fes concurrens , & difant d'un ton fort animé : pai répond^ 
ainfi à Khofrou, & d'une telle manière à Kemal. Fai rendu Zehir muet & SeK 
man tout confus. Giami voyant cet Homme fort échauffé , lui répondit froide^ 
ment : Vous avee fort bien répondu aujourd'hui ; mais ave;; - vous fongé à ce 
que vous devez répondre demain. L'aujourd'huy & le demain, chez les Orien- 
taux, £gnifient la vie préfente & la vie future , comme il a déjà été remarqué 
cy^defliis. 

Un homme dlfpahan, qui vantoif extrêmement toutes les chofès de fon pays^ 




dans la ville de Herat de fi gros melons ; mais en échange , il y a des navets 
qui font auffi long que des gaules. 

Un autre de Samarcand louant beaucoup une forte de raifm de fon pays, ap- 
pelle Rifiji Baba , Barbe àe Père , Giami lui demandr, fi cette efpèce furpaf- 
foit, en délicatefle, celle que Ton nomme dans le KhoraflTan Khaleh golamàn, 
Bourlès de Mores. Le Samarcandois lui ayant répondu que non: Giami lui dit 
auffi- tôt: Il eft donc clair, que les Bouxies de nos qfclaves valent mieux que les 
Barbes de vos Pères. 

Voyez dans le titre d^ezid ou de &iezid^ une autre repartie fort ingénieufe dd 
même 



GI AMMA AT. Azzeddin ou Ezzeddin Mohammed Ben Abibecr Ben Giammâat 
Al Eenani, qui mourut Tan 819 de lUegire , eft l'Auteur du Kvre intitulé 0/^ 
foui fi fondât Jl Dotais. Voyez le titre de Kenam\ 

Ra Le 



Ï31 G:l A M S C H I Efc 

Le mot de iCriammdât ou Giammeât fignifie proprement raffemblëe des Muful- 
mans, c'eft-àrdire, pour parler abufivement, TEglife des Fidèles. 

Les Mahometans citent fur le fujet de leur . affemhlée Religieufe deux maxi- 
mes , prononcées par deux des plus anciens & des plus autorifez Dofteurs du 
•Mufulmanifme/ 

La première eft d'Ebn Maflbûd , qui difoît , Laijfa al giamddt bekethrat alnas , 
ràîTemblée Religieufe ne confifte pas dans la. multitude des perfonnes. Mm km 
mâaho alhak fahoU algiamdât u en km ovabîdhoj celui qui aia. vérité de. foifcôt 
té, eft TEglife, encore .bien qu'il foit feuK 

La féconde eft- de Sofîân Thouri^ dont le fens eft prefquele même. Jl gia- 
mddt al dlcm u laou dla ras algiabal. L'homme fçavant & éclairé eft rafTem^ 
blée, encore qu-il fôît fur là croiippe d^unê montagne. 

Ces fentimens font fort favorables aux Seftaires ; c'eft pourquoy il ne faut 
pas s'étonner s'il y en a tant parmi les Mahometans. I^oyez cependant fur la fin 
du titre dAÎx , ce que ce Khalife difmP ^ ou ce que les Sennites lui font dirt pat 
rapport à ceux, de fa Secie*^ 

GIA.MS€HIiy, quatrième Rby de la race ou dynaftîe dès Pîfchdâdîèns , . 
qui eft la première des Roys de Perfe , étoit frère ou neveu de Tahamurath 
fon prédécefféur. Son nom propre étoit Giam'^Tjem, ^ on y ajouta celuy 
d.e Schid, qui, daqs la langue des anciens Perfans, fignifiele Soleil, à caufe de 
la grande beauté & majefté de fon vifage , qui éblouiftbit les yeux de tous ceux 
qui le regardoient fixe^le^^, ou Bien , felôi^ quelques Auteurs , à caufe de Vé^ 
clat de fés grandes aftions-.. 

Un dés plus iUuftrea monumens de fdn règne , eft la ville d'Eftékhâr ^ dont 
,Tahamurath avoit déjà jette les foddemens. Cette ville eft celle qui fut con^ 
nue depuis par les Grecs, foiis le nom de, Perfèpolis*, dont . les * ruines' pkwtent 
aujourd'huy celûy de Glhil memir ou Tchilminâr, c'eft-à-dire, les quarante ca- 
lonnes. Câamfchîd donna à cette ville une enceinte prodigieufe , que Ton dit 
avoir été de douze parafanges , qui font 24 Jieuës Françoifes , parce qu'il y en* 
ferma non feulement un grand nombre de Palais & demaifons de plaifànce; 
mais, encore plufieurs grands . parcs & terres, labourables.' 

Cette grande ville étant achevée., if y fit fon entrée &'y étdWît lé'fîégè de - 
fofi Empire , ce qui étante arrivé au mêine moment que le Soleil eritroit dans 
le figne du bélier, ce jour nommé par les Pérfans Neuruz^ c'eft-à-dire, le nou-- 
veau j'our, parce qu'il eft le premier du printems, fut fixé pour le commence^ 
ment de Tannée Perfienne , qui' eft purement folairêi. 

' L'Auteur du- Gîamê al tavarikh rapporte., qu'eïi foCîllànt 1^ fbudemens rfè 

î la ville, d'Èftekliâr 5, l'on trouva un vaÊ de Tûrqupife qui contenoit quatre li: 

vres ou deux' pintes de liqueur. Ce vafe fi précieux fut nommé par cxcelleii- 

ce Giàmfchid ,* qur fignîfiè' en FôriSén fë vafe * du Soleil , & quelques-uns ont cra 

' que.-cQ Prince en- a rire fon nom. Mais, quoy .qu'il .en jpmffe éitQ , if* eft cçr^ 

' tain, que les Poëtes Pérfiéns parlent fouvent du vafe ou dé la couppe de ^am , 

qui eft le même que Giamfchid , & Tallégorifent en mille manières différentes^ 

le faifant taatôt- le-fymbole de la nature &. du. monde,, comme les Grecs ont 

fait celui de Neftor, tantôt celuy du vin pour^ autorifer. leurs débauches,. gu^l- 

quefois celuy de là divination; & des augures ^ & en5n de Ma chyiplÊ &uie la 

pierre 



iîIA'MSCHrD. 133 

pîeite phllbfophâte ; car les Oiymiftes ne manquent jamais de te trouver par- 
tXDUt où ils croyent y avoir quelque myftère caché. 

Ce Prince , après avoir foûm s à fon empire fept grandes provinces de la • 
Ifeute.Afie, & jouy fort paifiblement d''un long règne, que quelques Auteurs 
font durer julquà fept cent ans, enyvré des profpéritez d'un Etat fi floriflanty 
qu'il croyoit foHenrent devoir toujours diu-er , fe perfuada enfin d'être îmmof* 
tel & de mériter les honneurs divins. Pour fe ks attirer > il fit feîre plufîeurs / 
ftatugs de différentes matières, qu'il envoya dans les provinces de fon Empire^ ' 
& contraignit les peuples de les adorer fous fon nom. 

Le Dieu tout-puîffant & Seul adorable, voulant âbbati* Torgueil de ce Prin^ 
ee , luy fufcîta au(B-tôt un terrible ennemi dans là propre £imiHe , qui iFut Sche- 
dâd , fils d' Ad , Roy d'Arabie fon neveu ; car ce' Prince ambitieux prenant^poup 
prétexte l'impiété de Giamfchid fon oncle , envoya une puiffante armée contre 
lui fous la conduite de Zobak , fils d'Oluan. Ce Capitaine n'eut pas grand' pei-* 
ne à combattre Giamfchid: car il le prit au dépourvu^ à défit aifément des 
troupes qu'une longue paix avoit amollies, & fait oublier entièrement le métier 
de la guerre : c'eft ce qut obligea ce Prince à prendre la fuite & d abandonner* 
fes Etats à l'ufurpateur, 

Giamfchid ainfi dépôiiillé , entreprit pendant fon exil de faire , félon le rap- 
port de quelques Hiftorîens^,. tout le tour de la. terre habkaWe, ce qui a fait 
croire à quelqu'un d'entr^eux, que ce Prince eft. le même que l'ancien Dhulcar- 
nein, duquel il eft parlé dans TAJcoran , & qu'il faut diftinguer d'Alexandre le' 
GraïKl , auquel on a donné le même nom , à caufe de fes grandes -conquêtes. 
Khondemir. Voyez Us titres de Dhulcarnein 6f ef Efcander. 

Le Tarikh Montekheb dit , que ce Prince fut renommé pour fa (ageiFe , & 
qu'il rangea tous- fes fujets en trois clauses. La première fut celle des gens de 
guerre. La féconde comprenoit ceux qui culti voient la terre;. & il'reduifu; fous 
la troifième ceux qui exerçoient les arts libéraux ou * mécham'ques y qui furent 
pour la plupart inventez de fon tems. ^ ' . . 

La. mufique des voix &'dés inftfumens, & l'attronomiè doivent leurs commen- ' 
cemens à Py thagore .& à Tfiàlés , que l'on dit avoir été contemporains de cef 
Prince , & le même Auteur ajouté , qu'il fit bâtir des greniers publics pour y 
amaflTer & conferver des grains, qui ne dévoient fervir à la nourriture de fes 
fiyetg , que- dans les années de difette & de famine , . & qu'ayant obfervé que 
la boiflbh du vin avoit rendu la fanté à une de - fes ► femmes - qui ^éf oit malad'e > 
il'en rendît l'ufàge public, 

" Après fa morEV* 13:' Reins Fëfamak.^, fa femme, fauva FeriJoun fdn fils dcr 
mains de Zohaki &' le tînt caché pendant pluficurs années , jufqu'à ce qu'^étant 
plus avancé en âge, il pût', comme il fit enfuite par le fecours' de'Gao , déli-' 
vrer la Perfe des mams de ceTyran.^ 

L'Auteur du Lèbtarikh 'rapporte , que Giamfchid donna à ' fa nouvelle ville 
tfEffekhâr" douze parafanges de longueur fur dix de largeur, qu^l fonda auffî 
celles de Thous en Khoraflàn, & de Hamadan daii5 Tli-aque' Periienne , & qutf 
c^eft'â lui que l'on doit attribuer la canjftruftion du pont de pierre fur le* Ti- 
gre, dont ia ftriifture étoit merveilleufe. L'on dit, qu'Alexafldi'e le Grand ay ail fr 
confîdeté ce pont , l'admira , & qu'après avoir dit que c'étoit le plus 'grand ou^ 
vra^e des anciens Roys dé Perfe , il commanda qu'il fût' démoli. 

Cependant cecy ne fe rapporte pas à ce que Saâdi dit dans fon ' Guliftan sf 

R 3 ^ * qu'A^ 



y 



tu 



GIAMSCHia 



qa'Atemidre ttoit atqttîâ ime gloire incomparablemefit pks grande qae tous fe& 
prédéceiTeurs , en ce qu'il n^voit pas permis que 1!oq ruinât aucun de leuss^ 
ouvrages. 

Si cela eft'^ le texns n'a pas épargné ce qu'Alexandre avoit cru devoir coik 
ièrver; car enfin ce pont ayant .été renverfé, Ardfchir Babeghfin ou Artaxerxe, 
foiKlateur de la quatrième dynaftie ^e Perfe, connue (bus le nom des SaAnides 
ou des Kolrœs , entreprit de le rebâtir ; mais n'ayant pu y reuffir , il le con- 
tenta d'en &ire un de bateaux liez enfemble par des chaînes de fer , qui a 
fubfifté fort long-tems. On met encore, fous le règne de ce Prince, Tin- 
vention de la cfaaux & du plâtre , celle des bains & des étoves publiques , des 
tentes &; des pavillons , & même celle de pêcher jde» perles dans le fonds de 
la mer. 

^ Le Neuruz qu'il inftituâ, comme nous avons va, le premier jour do prin<- 
tems, ayant reculé dans Tannée folaire faute de BiiTextile^ fut remis ibus le 
Khalifat du Moéhdhi du quinzième degré des poiflTons ^ où il fe trouvoît ^ aa 
premier degré du Bélier ; & Ulug beg remarque , que de fon tems le Neuruz 
commun & populaire étolt toujours au premier jour du mois de Eeruardin^ 
mais que le propre & véritable ne tomboit qu'au fixième jour du même mois. 

L'Auteur du livre > intitulé Humaiun Nameh , dit , que ce Monarque atten- 
tif à confidérer les ouvrages de la nature & du Créateur , apprit des abeilles, 
à établir des gardes de fa porte & de fa perfonne , des rondes , & des fenti- 
nelles , des huiffiers de fa diambre , & enfin an trône de majefté & un tribu- 
nal de juftice. 

' Saâdî veut auffi , que ce Prince ait non feulement divifé les hommes en plu- 
rfieurs états & profeffions , mais qu'il les ait encore diftingués par des habits & 
par des coëfittres différentes. On lui attribue auffi, d'avoir introduit l'ufage de 

Eorterdes anneaux au doigt, pour cachetter les lettres & autres aftes, nécef- 
dres dans le commerce de fa vie & pour l'entretien de la fociété. 
! Il donna à la main gauche la préférence qu'elle a toujours maintenue jufqu'à 
préfent dans l'Orient , & comme Ton s'en étonnoit , il donna , pour raîfon de 
fon ordonnance , qu'il fufSfoît à la main droite , d'avoir l'avantage d'être la 
droite , & qu'il falloit honorer la gauche pour faire quelque forte de coihpen. 
fation. 

Le Tàrikh Cozidêh donne à Gîamfchid , Anougihàn , frère de Tahamurath , 

/ troifîème Roy de la race des Pifchdadiens , pour père, & faifent allufion à fon 

nom, dît 5 que lorfqu'il monta fur le trône de fon oûcle , l'on pût dire, que le 

Soleil plus éclatant qu'à l'ordinaire s'étoit levé fur l'horizon de la Perfe , tant 

il l'orna par fes vertus & l'embellît par fes ouvrages. 

Prefque tous les Hiïloriens donnent fept cent ans de règne à ce Monarque^ 
après lefquels il fut dépouillé de fes Etats , & en employa cent autres à voya- 
ger. Quelques-uns cependant écrivent., qu'il fut fait prifonnier par Zohak d^ 
îfendu ou coupé en deux, par l'ofdre de ce Tyran. 

Khondemir donne à Gîamfchid pour miiiiftres deux grands perfonnages, Vtxa 
Juif fx, l'autre Grec Le premier fe nommoit Fael IfFuf Rabban , & le fécond 
Fithagores, qui eft Pythagore, dont Teîxera a fait les deux noms de Fitha & 
de Gores. Il dit auffi, quil faifoit fon féjour ordinaire dans la j)rovince de Se^ 
Çe^, ^ui pSt une des plus méridionales de la Periè. 

GIAN 



; - ÎG'I AN.- -..''. ts$ 

' GIAirdc*Gi^>B(m Oikà. • Ceft le nom dlm ]^narqAe.<le cttte efpèce de 
crëatores que les Arabes .àppeUent Gian ou Gîim» les Perâns Gijinnian & Gin^ 
nian , les Turcs Ginniler , & Ginler. Le Tarikh Thabari dit , qu'il étoit Mo- 
Barque des Péri ou Féez, qui ont gouvçmé le monde pendant deuxr mil ans^ 
sçrès- lefquels Eblis fut envoyé de Dieu pour les chaffer , & confiner dans une 
des parties du monde les plus reculées, à caufé de leur rébellion. . ^ . 

L'hiftoire de Tahmuratb en Turc fait fouvent mention de cette efpèce de 
créalures , laquelle a été enfin exterminée par de fréquentes guef res 5 . & -dans 
PEpitapbe de Kaiumarath , premier Roy de Pei-fe & Empereur de tout TO- 
rient, il eft fait mention de Gidn Ben Giân en cette manière: (^u*eft devenu 
le peuple de Giân, fils de Giân: Regarde ce que le tems en a fait. 

Les expécfitîons militaires & les ouvrages fuperbes de ce grand Monarque font 
couchez dans le Talsnuras Nameh, & les Pyramides d'Egypte , félon la. tradition 
des Orientaux, font des tnonumens de la grande puiffance. f^oyez Us titres de 
Ahrâm & de EhràmV (f ceux de Div (f de Péri. 

' Le Bouclier de Gidn Ben Giàn efi: aufll fameus parnu Içs Orientaux > que 
cduy d'Achille parmi les Grecs. Il a été dans les mains de trois Salômons con^ 
fêcutifs qui s'en fonc fervi à exécuter des exploits merveilleux , mais fabuleux^ 
II: tomba enfuite dans celles de Kaiumarath , qui le laiiFa par fucceffion> fon 
fils Siamek» & celui-cy à Tahmurath, furnommé JOivbend, c'eft-à-dire , te vain* 
queur des Géants ; car c'eft ainfi qu'en parle le Kaiumarath Naméh. 

Cel>6uclier éboit fort myfierieux; car outre fa compofidon^ dans laqueHe le 
nombre de« fept fè rencontre ^ foit à l'égard des peaux qui le couvroient 9 ott 
des cercles qui l'environnoient , il avoit été fabriqué par art Talifinanique cmi 
Agronomiques enforte qu'il détruifoit tous les charmes , & tous les endiante* 
mens que; les D^ons ou les Géans pouvoient Êiire par l'art Goetique ou'Ma«< 
gique. 

Ces Salomotis , dont il eft icy parlé , (ont des Monarques Onîverfels de toute 
la^ terre habitable ,^ & même des Ginnes , comme F m peut voir dans k titre de 
Soliman. 

Bénôu ou Béni al Giân, font les Efprits ou les Génies , qui ne font ni An- 
ges, ni Diables, c'eft-à-dire, les Intelligences feparées avant que quelques-unes 
d'eùtr'elles euflent prevariqué , & pendant qu'elles étoient , comme dîfent les 
Théologiens, dans la voie , in ftatu via ^ c'd[l-à.dire , en état de pouvoir mé- 
riter ou démériter. 

Plufieurs de nos Dofteurs ont cru, que cet état n'a duré qu'un moment ou 
un inllant, comme ils parlent, après leur création: mais les Orientaux ne font 
pas de cette opinion ; car ils croyent que cet état a duré fort Ipng-tems avant 
la création d'Adam, & que pendant ce tems -là ils ont rempli & gou\^emé le 
monde ', qu'ife fe font fouvent révoltez & ont été fouvent châtiez , jufqu'à ce 
qiie Dieu ne les pouvant plus ibuffrir., refoliit "de créer l'hcœme & de l'établir 
foh vicaire fur terre. 

Ils difent taiffi, qu'une partie de ces créatures refufant de s'affîqettir à Adam^, 

furent réprouvées aViec leur chef , / nommé Eblis , que nous appelions Lucifej. 

L'Alcoran parlant de ces efprîts dit , que Dieu les avoit créez avant Adam , de 

4a matière d'un feu ardent & bouillonnant , & qu'ils ne voulurent pas fe iot- 

mettre à Thomme créé ou formé de la. terre. - 

H 



X 



I3x£ G I A N- . G I A N B I T A H. 

Hy z un UvTe Arabe , inûtjM Jkâm 4d mergidn firohcamM gUln. : diètes de 
éorail amafTées, fur ce qui reg^de les Ginnes ou Génies. 

GI AN, fumom de Mohanuned Ben Hafltan , Précepteur d'Amurath , fils de 
Selim , Sultan des Turcs Othmanides , Auteur du livre intitulé Bahdgiat al afrar^ 
les plus beaux fecrets; c'eft un livre curieux, plein d'exemples rares & de pré* 
ceptes moraux. 

GIANABI, Soliman Ben HaiTan , furnommé Aboufôtd AlGîanabî, eft un 
fameux Kharegite ou Rebelle , lequel ayant ramalTé plufieurs gens fans aveu , 
dans les provinces d'Iemamah & de Baharain en Arabie , vint dans Tlraque Ba- 
bylonienne & s'empara des villes dé Baffora & de Coufa. 

Après cette conquête, il eut la hardiefle de fe préfenter devant Bagdet & de 
faire infulte au Khalife Moftader, qui y regnoit pour lors Tan 313 de THegire, 
puis fe retirant peu-à^peu , il fit combler de fable tous les puits qui avoîent été 
creufez fur le chemin de la Mecque pour 4a commodité des pèlerins. 

L'an 317 de la même Hegîre , il vint à la Mecque au tems que les Pèlerins 
y étoient aflemblez, en tua un grand nombre, pilla la ville pendant fept jours,^ 
emplit le puits deZemzem, qui eil fi fort eftimé par \e& Mufulmans, de cada- 
vres & enleva la pierre noire , qui étoit la pièce la plus vénérable du temple 
de la Mecque ; en forte que le pèlerinage de ce temple , qui eft le fixième arti- 
cle capital de la Religion Mufulmane , fut fupprimé. 

Gianabi efi: auiE le furnom d'Abou Mohammed Mofthafa Ben Seid Haflan Al 
Hoflëini , Hifi:orien célèbre , qui a conduit fon ouvrage depuis la création du 
fnonde jufqu'en Tan 997 de IHegire , qui eft le 1588 de J. C, fous le règne d'Amu- 
rath, troifième fils de Selim , fécond Sultan des Turcs. Cette Hiftoire eft inti- 
tulée Bahar alzakhdr u dm al tebàr^ & contient, en deux gros volume, 82 fec* 
tions, dont chacune comprend une dynaftie particulière. Elle a été abrégée & 
•traduite de l'Arabe en Turc. Cet Auteur mourut l'an 999 de THegire , da J. 
C 1590. 

L'Auteur du Kafchf al dhonoun écrit , que quelques-uns donnent à ce livre 
Je titre d'Ê/fw alZakher^ fcience furabondante ; mais que fon véritable nom eft 
Bahar al Zakhâr, qui fîgnifie une mer pleine & enflée, & ajoute que c'eft ThiC 
jtoire la plus ample que les Mufulmans aycnt. 

GIANBALATH, nom propre d'Al Malek Al Afchraf Caîetbai , vingtième 
Roy de la dynaftie des Mamlucs Circafïïens , lequel ayant été mis à la place 
JAl Malek AI phaher Canfou , dépofé l'an 905 de THegire , fut aufS dépo^^ 
fé luy - môme , l'an go6 , gui eft le 1 500 de J. C. , après un peu plus de fix 
mois de règne. 

GIANBITAH, nom d'une ville, qui pàfTe pour être la plus grande de tout 
le pays de Habafchah , qui eft l'Ethiopie , quoy qu'elle foit bâtie en quelque 
façon au milieu d'un dèfert. Elle eft fort peuplée & a plufieurs villages fituez 
,fur une rivière, qui prend fa fource au. de-là de l'Equateur & qui fe rend dans 
ie Nil , en coulant /vers le couchant d'Efl:é , atiprès d'une ifle & d'une ville qui 
font toutes deux nommées lalak. Il y a des Géographes , dit Edriili dans la 
cinquième partie de fon premier climat, qui prennent le fleuve qui paflfe à Gianr 
birah pour le Nil ; mais ils fe trompent. 

GIANL 



OIANI.-; — GIA:RM!AGIN. < 137 

GIANI. Il y à trois Aufcùrsqui portent db nônL Le préififef feft Abbu 
AbdaUah Mohammed Ebn Malek Atthai , natif ds Damas ^ Auteur de Tashil al 
:ÈLOimd. f^oyez ce titre. • 

Le fécond eft Bafler Giani. Foyez fin titre. 

Le troifième eft Manfor Ben Omar Al Adib , natif d'[fpahan , & mort Tan 
416 de THegire, qui eft Auteur d'Afâl u tafîarufha , c'eft-à-dire , des verbes 
Arabes & de leurs conjugaîfons. 

GIANKOVA, Ville de la Chine, dîftante de celle de Khancu, de huit 
journées- de chemin, félon Edriflî, dans la neuyième partie de fon premier climat. 

GIAR ALLAH, furnom de NÎahmoud Beri Omar Al Zamakhfchan% qui 
mourut Tan 538 de THegire. Ce furnom, qui lignifie Voifin de Dieu , liii fut 
donné , à caufe qu'il paffa la plus grande partie de fa vie à la Mecque auprès 
du Temple que les Mufuimans appellent Beit> Allah , la Maifon de Dieu. U 
étoit natif de la ville de Zamakhlchar en Khoraflun. f^oyez ce titre. Il eft Au- 
teur du livre intitulé j^Jfas al beldgat , les fondemens de TEIoquence. 

r 

GIARAFIAH, les Arabes ont ainfi nommé la Géographie de Ptolemée, 

3 u'ils ont .traduite en leur langue. P'oyez le titre de Bathalmious. . Ebn Alvar- 
i cite fouvent cet ouvrage de Ptolemée , dans fon livre intitulé Keridat al 
igiaiby le Joyau des chofes \qs plus curieufes. Foyez aujjt le titre de Giagrafiah. • 

GIARBADKHANI, furnom de Nagîbeddin, Auteur Perfîen, -qui a com- 
pofé le Roman de Befchir ve Hend. Ce font les amours & les avantures de 
Befchir & de Hend ou Hindah , qui font un de ces couples. d'Amants fameux, 
dans rOrient. 

GlARBURDI, fiirnom de Fakhreddin Ahmed Ben Haflan, qui eft Auteur 
d'un commentaire fut le Tasrif d'£bn Hageb. Ce livre eft dans la Bibliothèque 
Royale, n^. 1087. 

GIARHI, furnom d'un Dofteur Mufulman célèbre pour fa piété, nommé 
ordinairement Aboulfaâdât, qui eft TAuteur du Daovat Fatehah, Traité fur l'ex- 
«ellenccidu premier chapitre de l'Alcoran, nommé Al Fatehah. 

. GIARIR. Ebn Giarir, eft un deâ noms du fameux Hiftorien Abou Giâfar 
Al Thabari. Foyez le titre de Thabari» Les Perfans le nomment fouvent auffi 
en leur langue PejQTer Giarir, le Fils de Giarir. * 

D y a un Giarir ou Giorair, qui eft auffi fameux pour fa beauté parmf les! 
Arabes, que Jofeph Ta été parmi les Hébreux. 

.GIARMAGIN.& Giurmakin, Père & Chef de la race des Sahiout chez les 
Mogols. f^oyez le titre de Bailàncor. . 

Lss Giarmaddes ou Giurmacides ont fait, autrefois des- incuriions dans la 
Perfe & dans la Méfopotamie, plufieurs fiécles avant le Maîiometîfme. Les» 
hiftoires Orientales portent , que l'Empereur Carinus fut défait & tué par ces 
peuples, qui s'étoient en ces tems-là rendus mattrés de Mouflkl ou Ninive.. 

. ToM£ n S GIARMANI, 



138 GlkKMMSfl. •^^— GIASSA& 

'GIARMANI^ fnruoin de Mohusmed Ben^ AK, Aitteor du lim« ihtittié ^^2 
Bfihàràiu Al Tafckbehat^ des Métaphores de des fimilitxidcB , cfeft4t*dire^ en gé- 
néral, un livre de Rhétorique ^ qui tildte des Tropes ou Figures» Nous a.vomi* 
auili de luy un Scharh ou Commentaire lUr tes Arbatn ou 40 Tradltiom* Cet 
Autour mourut. Tan de THeg^re 729^ 

^ GIAROUMIAH, Gremmalre Arabique, qui tfre Ion nom de fbn Auteur; 
nommé Abou Abdallah Mohammed Ben Mohammed Ben Daoud AI Sanhagi ^ 
lequel eil plus connu fous le nom d'E^n Giaram &; de GiarouijiL Ce Uvre èft 
dans la Bibliothèque du Ko;^» n^. 1042» ManuTcrit, &. a été Imprimé à Rome 
dans rimprimerie de Medïcis , auÛî-bien qu'une autre Grammaire appellée Ca- 
Bah. Cet £bn Giaram eft a[iifl> nommé Ben Agram. 

U y a dans 1^ Bibliothèque ài Roy y ^^ 1085 ^ un coquQentaire du.Seild Ab^ 
bas Asheri fur la même Grammaire. . 

GIARRAR, fumom de Mohammed Ben Daoud, Aateur du. livre intitulé 
Ketab ' Al t^ouzara , le livre des Vizirs. 

GIARRAZ. Ahmed Ben Ibrahim Al Thabib Al AftiM > eft Ibuvent cité 
fôus le nom d'Ebn Giarràz. Il étok Afriquain de nation & Médecin de pro-» 
fiefOôn. Nous avons de lui. un' .traité des médicamens fimpks ^ intitulé Etecài 
fil adùvidt al mofredaty & un autre dos Médicamens comporez , intiti^ ^oghiat 
Jil'adûViat at morakkebdi. Il mourut* Fan . 400 de THegire. 

GÎARVANÏ , fornom de Mohattimed Bea Abdalkh Ben A1M Manaêm Al 
Haflknî , Auteur du livre intitulé Kaotdab al môfehrek fi rai Mtage al tnaûutkek. 
Cet ouvrage enfeigne les conditions de toutes les e(pèces de contrat^lieites par- 
mi les Mufulmans,, Il fe trouve dans la Bibliothèque Royale, n?. 594.' 

GlASCrïNI^ (ie mot fignjfie {nro^emeiifr en Petûeù VefM &répréuwqcie 
Ton fait de la vianda & de la boiflbn, avant que d'^n ùive (bn repas. Se il 
fe prend métaphoriquement pour un échantillon de quelque chofè que ce foie. 

Giàfchni & Tchefchni ghir eft celui qui fait cet eflai à la table des Princes^ 
Les l'^rcs fe fervent de ce mot pour fignifier un des principaux Ûfficlçrs du SuU 
tan, qui eu proprement ce que nous appelions FEcharfon. 

Gièfchni ou Giefchen , fignifie autre chofe, comme Ton pourra voir plus bas. 

GIASMANIAKj Eglîfè de Jerufalem , bfttie par Tfiéodofè le Grand, fur 
le fifeu où étoit le fepufcre de la faînte- Vierge, Mère de N. S. Elle ftit brûlée 
par-Khofroes Parviz, Roy de Perfe, après qtfil-eut pris Jeruf^enrftw TEtape^ 
rèw Phocas , éc n'a point été teb&tk , comme fiirent la plupart des autres qui 
avoîent couru le môme- fort. 

G I ASS Aft , Céfar , c'eft^k^diiTe^ rSmpertur dès^ Rtanains. GîàffirK^ en Ttirc* 
fe prend pour celuy qui eft du parti de TEmpereyr , lequel cepehdant n*eft ap- 
pelle ordiaatrementi. par les Tufos c|ué. ûctahe ou Vxtsbû Ctali^ le Roy. de VieD- 
ne ou d'Autricbeu 

ton.: c'efi 1q furnom cTun fameux Do^^eur de la loy parmi les MuTul^ans» dont. 



lie h<m étilt tlihmdBmM Al Hffi y' q^ fâquit jl'vi 3^^ 4e lH^tt^ Qt 
mourut le 370. 

& âK ftit Ddâffur dflOis Bagdet par AboUl Haflàn Al Carichi^ & <m le compte 
^Cttr le dernier dfes chefa de la feâe Hanifieqne qui foûtient rigoureufement 
te Cadha^ c'eft-à-dire , le Deftin. Naflafi autre Doâeur œlebre fut fou diîcipk. 

Giaflis expliqua il Bagdet les livres intitylez Utokhiaffar ^ ou les. (bmnudres de 
CafkW , & de Thagaovi , & cpmpofa les Ahkâiu Alrorân , & les Oiroul fiJ 
fekhi. "t^oyez ces titres. 

GIASSEM, Bourgade fîtuée entfe les villes de Damas en 5yrie, & de 
Tiberîade en Paleftîne ; elle s'eft retidUe fameufe par la naiflance qu'efie a donnée 
à Abou Temim, qui eft réputé par la plupart des Auteurà Orientaux pour le 
Prioce des Poètes . -âirahea. . 

GIATJHLÎC &<3iathàlic> Catht«]que. Nom' de digm'té parmi les Oirêtieris 
^Orient qui fimifie Je Patriarche ou fouvent . le premier rrelat tprès le Par. 
trîarche , qui eft comme fon Vicaire général Ce mot eft corrompu du Grec 
Càtholicos. 

Les Orientaux fe feireot auffi du fiom Grec ans lé corronspre. L'Eglife 
Cathédrale des Chrétiens de Damas a^ellée Miurt Midam , de faînte Marie ^ 
étoit auffi nommée CatbdUdah: elle a^oit coûté deux cent mil dinars d'or à 
bâtir^ & à ^mer^ de fut buttée par les Mahometons fous l^Khalifkt de Moâa^ 
4st lUm 31» de THegipe , de J« C. 904* 

GIAUBERIi furnom d'Abdalrahman Ben Abibekr Al Demefchki^ Auteur 
âa livre in^ulé JCafckf al A^rdr 4i huk ël ajldr s la Découverte 4es Myfteres. 
qu'il dédia à Sultmî Maflbûd le Gaanev!d»« > 

^ ^ 6IAUHAR, nom d^un Efclave, Grec de nation, lequel ayant été affranchi 
pat Minlbr, Khalife de la ^ynaftie des FatMmites'eii Afrique^ sWança dans les 
charges militairçs jufqu'à celle de General d'armée. Ce fut Itti qui conquit TEi 
gypte pour Moêz Jedinillah, & qui fit bâtir la ville qu'il nçmma.Al .Çahec^^ 
& que nous appelions vulgairement le grand Caire , Tan de THegire 358, de 
|. C. 968. Cafour qui commandoit en Egypte comme tuteur des enftins d'Akh- 
fchid étoit mort cette même année. Moêz cependant ne. vint de Cairoan eh 
Egypte que Pan . ^^jl ^ dai^ lequel la ville du Caire fut achevée^ " r , 

GIÀUHAR, fomommé Gedalî , premier <fhef des Molathemiens où Mara- 
bouths , lequel après les avoir inftrUits , & conduits , refufa d*être leur Prince 
"■ louverain^ & voulut vivre ai particulier. Cet homme tf ayant pas obfervé 
quelqu'une des loîx quMl avoit prefcrites fut condamné à la mort par un Juge 
qu'il avoit établi lui-même, & la fouffrit avec une fort grande refignatîon dîfanè 
ees pardtes: Il y a long-tèms que je fouhaite de voir Dieii, & aappreildte^ce 
qui fe paflè dies lui. liha MM Ukd aUah hatia ari ma. anikotL Ceft Novoirf 
^fis rapporte ces paroles dans le chapiti^ des Molatbenuah. * 

^ 

GrlA^HA^ TJMfidiQ & feirat ^ oioloulc tial Selatiiin. Hif^oire généitile 

4u Mahometifine jufqu'en Tan de ;fflegire 8r4 de J. C. 141 !• , 

Il j en a wie autre ^i porte le même titre laai s qui t3[e ^^e qi^e^ de; 

Sa ' TÊgypte, 



140 GIAUflÀR GlAUttÀRT. 

d'Egypte, de qui, arrive juf(}a^au dernier Roy ides Mamlucs nommé TômamBey, 
vaincu par Selim, père de Soliman Sultan des Turcs. 

Elle a. pour Auteur un. Ibrahim Ben.DcunQac ou Docmac qui a vécu au moins 
jufqu'en Tan de THegire 906 , qui eft de J. C. 1500. ti titre de ce liv» 
fignifie la Pierre pretieufe. , , • . 

GIAUHARAl AlMb u Boghiat al Thollâb.' Livre de 'Théologie n^quc 
à Tufage des Sofia, corapofé par Mohariimed Ben Al Vafa AI Schadeli; 

GIAUHAR Al Fard fi ma iokhlaf bihi al harr u al âbd. Livre fur la dif. 
ference qu'il y a entre un bomme libre & un efclavej, compofé par Alemeddia 
.Saleh Ben Omar Al Balkini.i 

GIAUHAR Al Fend fi êlm al tauhid, traité de Tuni» de Dieu parKem*. 
leddin Mohammed Ben IfTa Al Etemiri, mort l'an de THegire 808. 

GIAUHAR Al Ferid fi ômr al caflîr u almedid^ traité fur la brièveté, & 
fur la longueur de la vie par un Anonyme. 

GIAUHAR Al Maknoun^ fil Cabail u al Bothoun , Livre très- ample de 
Généalogies V contenant rorigine des fouches, & des familles. Ce&fouches font 
les différentes tribus & races principales que les Efpagnols appellent Al Càbil- 
das ,. nom. tiré .de. l'Arabe AI Gabilah dont le plurier eft Cabaii. L'Auteur 
de ce recueil efl le Scherif Aboul berakàt Hailkn Al Giavûni ,. mort Tan 5 83 
de l'Hegire. 



•. • 



. GIAUHAR Al Monadham.fi ztarat cahr al mokarram, traité du pèlerinage 
j& de là vifite du tombeau de Maho.met , fait par Amad Ben Hagiar Al Hai* 
themi Al Mekki dans le tems qu*il faifoît ce pèlerinage l'an de l'Hegire 956. 

GIAUHARAT al fard £1 m(uiadherat nerkhes u al liard^ Difpute entre te 
VaràSs & la Rofe. Ouvrage fort {^kitael d'Ali Scherif AI Mardini. 

GIAUHARAT a! letimat fi:' akhbar' àrMefr al cadîmah*,' Livre des anti. 
cuitez de Memphis , ou. de Tancienne Mefr , capitale d'Egypte, f^yez Giauhar 
ïhamin. . ^ 

GI AUH ARAT al thartînat- fi faîhl Aï Mëccah u Al- Medînah , traité fait 
en forme de Mecamat, c'eft-à-dire, de Difcours Académique fur los prérogati- 
ves des villes de la Mecque, .& de Mediiie. 

GIAUHARATAlNiîrati Livre de fpiritualitéi compofé par -Aboul Hàflan 
Al Coduri. 

GIAUHARI, & pour prononcer ce mot- à.la.Turquefque, Gieuberi> ui^ 
JouaiUier. . Ceft le fumom d'Abou Nafr Ifinael Ben Hamad qui ell encore (uTr 
nommé Ai Farabi Al Turki , à caufe quMl . étoit natif de la ville de Facab qu 
Otràr en Turqueflan. 

' ÇKjoy que Gîuuharî fût Turc de naîflSnce *, îl fit de fi grands progrez dans la 
langue Arabique qu'il avoit étudiée en Mefopotamie & en Egypte , que l'on lut 
4onhe 1^ titre dtbnim allogat , c'ell*à-dire ^ de' Maître de langM» £n effet il 

eft 



eft' VAuteut tfutt DiéUôhnaire-très-âirtple de h 7angde Atabîqae', 'qu'il mtitùla 
Sehah allogat^^ la Pureté de la langue ^ & on Rappelle foavent à. caufe de tcet 

ouvrage Saheb al- Sehah % l'Auteur du Sebâh. 

D y a deux éditions de cet ouvrage : La première s'appelle en langue Per- 
fienne : 3ehab. Dirineh , qui eft TOuvrage entier 4e Giaiihari j h féconde eft- un 
^ibregé qui a été fait par Mpbammed Beq Abubecr Ben Âl Caher al Kazi , donfc 
il y, a un exemplaire dam la Bibliothèque du Roy n^. 1088., 

Outre ces deux éditions de TOuvrage de Giauhari, il y en a une troifième 
qui porte le nom de Sehah gedid u Kebir , c'eft-à-dire , le Grand , & le nouveau 
Sehah, dans lequel on a fiût quelques additions au pi^emier Ouvrage de cet Au- 
teor qui mourut félon Ben Oifem à Nifchiabour, ville du KhorafËin, Tan 493 dé 
THegure; niais feion Beii Schonah fan 393 , & félon Abulfeda dai^s ion hi(h)ire 
l'an 398.- Voyez It titre dé Glmus^. 

U y a encore d'autres Auteurs qui ont porté le fumom de Gîauhari , connne 
Giauhari Al Azdi, qui eftle même que VaJcedî. Voyez ce' titre. Un autre 
qui a écrit contre Afiouthi fur le fujet de la béatitude des femmes. Voyez Asbab 
al keffa. 

Il y a auffi une .traduâ:ion d'Oclides , c'eft-à-dire , d'Euclide qui a pour Auteu» 
un Gîauhari , fans parler de Schamfeddin Abdalnaâm , qui a fait un commentaire 
fur le Livre intitulé Erfchàd fil forôu Al Schafei, 

GIAUHAR ZADEH, furnom d'Aboubekr Ben Mohammed, Auteur d'utt 
commentaire fur le Livre intitulé Mab ou Edeb al Cadhi , des quaÛtez d'un 
Juge félon- les principes de- l'Imam Abou Hanifah. Cet Auteur mourut l'an de 
THegire 483. 

GIA.UZEHER; en Langue Perfienne fignîfie ce que les Aftronomes Ara» 
bes appellent Acadtein^ les deux noeuds, &' encore Ras u Dheneby la tête & la 
queue. C'eft ce que nos Aftronomes appellent Caput ^ cauda Draconis , la tête 
& la queue, du Dragon, dans le globe ou ûifque de la Lune, & dans le Cercle 
ou Ciel du même Aftrè. 

GIAVAD & Giaovad, .Libéral, Bienfaffant. .C'eft le titre & le fumoni 
de Hàthem Thai qui paffe pour lé modèle des hommes les plus généreux & 
fiberaux parmr les Arabes.^ 

Ebn Giaovàd. Voyez le titre de Thai. Al Gîaovad mis abfolument eft un 
des noms^ ou attributs de Dieu. . 

GIAVAHER, Plurier de Gîallhar , qui fignîlîé toutes fortes de joyaux 
tirez des mines , ou de la mer. - Il y a pluficurs livrés Orientaux qui portent 
ce titre-, quoy qu'ils ne parlent point de pierrerieis. 

Ketab al giavaher eft un Kvre de Droit, tiré de^ plus doftes Jurifcon- 
fultes Mufulmans , compofé par Thaher Bèn Salam , ' Ben Caiîem Al - Khova- 
rczmi Al Anfari qui mourut l'an 771 de l'Hegire. Il eft dans. Ta Bibliôthequiê 
du Roy n '; 629. 

~ ■^ ' - 

GIAVAHER^'AI taflîr', eft'un^ Extrait ' des meilleurs commentaires de 
l'Alçoran. Voyez le titre de Locman; 

s 3 GIAVAHER 



14» I A V A H* R. *^^ 6 I A V I N L 

, GJA VAHEa al i^«h; Voyez le livre todtulé Aênfiha «iit)dit^iU il* 
12, t3 & 14» qui 6>at dans la Bibliothèque da Roy a". 942. 

GIAVAHERal ahgiâr. A'oj'e» AzMr al afkâr 4è Souffi. 

GIAVAHER al bohour n vAâi «1 oièotif îi a^iadb a! îldftoto , ^îfttïîm 
abrégée d^Egypte fakfe par Ibrahim Vaflaf fchah , & continuëe Jufijû'à Sélim 
Sultan des Turcs qui la conquit fer les Mamiucs. Cette biftoire coiîfcient leé 
t^Ius ancieniiès dynafties tte TEgypÉe. 

GIAVAHER Ai Khaais^ Recueil de prières pour les MisfelincmL les pbH 
dévots : U y en a de bonnes ^ & de fuperflitieufes* Ce livre qioi efl: dmfii 
en cinq chapitres a été compofé par Aboul Movi^ Mohammed Jten JChadii^ 
reddin Tan 956 de l'Hegire , & fe trouve dans la. Kbliotheque du Roy n\ loap, : 

(jIAVAHER Al Kelàm, Liv^i-e tie lettres mîflîves qui a pour Auteur Mo- 
hammôd Ben Scharaf Al Zerâi. U efl: jdans la Bibliothèque du Rôy^ n^ 1136. 

GIAVAHER Al Naki lî redd al Beihakî , Livre des Loix Mufutaxancs , 
compofé par Abdallah Ben Abibekr , pour fervir de réponfe au livre du Doftcur 
Baihaki. 

GIAVIDAN Khird, la SageOe de tous les tems. Ceft un livre de Philo- 
fbphie momie ) compofé par Ha(chenk ancien Roy de Beriè , lequel à été traduit 
plufieurs fois, & en plufieurs langues. 

Entre les autres verfîons celle de Haflan^ fils de Sôhail, Vizir d'Almamon, 
feptième Khalife de la race des Abbaffides, efl célèbre: il la fit en lahgue Ara- 
bique fur l'ancien .texte Perfîen ; Se elle a depuis été mife en Turc , dans un 
flile très-élegant , par un Auteur qui Ta intitulée Anvdr Sohaili^ c'eft-à-dire^ 
les lumières de Sohail , en feifant allulion du nom de ce Vizir à Tétoile de 
Canopus, que les Arabes appellent ?ohaîI. ' 

Une partie dfc ce livre a ^té traduite en François par David Saîd dlfpahan, & 
imprimé à Paris Tan 1644, ^us le titre de livre des lumières, ou la conduite 
des Roys. Le ïraduéteur dit dans fa préface que ce livre fut traduit du Per- 
fîen en Arabe par Abulhaflàn Abdalla, jjar ordre d'Abugîafar Almanfor, un de$ 
Khalifes Abbaflîdes, mais il fe trompe: car ce fut Hallan Vizir d'AIraamon qui 
en fît la traduâion; comme nous avons vu cy^^deiFus. i^oyez Humaioun Naméh. 

GIAVINJ, fumom d'Aboulmâali Abdalmalek, Dofteur Metaphyficien très- 
celebre qni porte le titre d'Imâmal Haramein, c'eft-à-dire, Tlntendant 'Ses deux 
temples de la Mecque & de Medine. Il vîvoft "fous le règne de Malekfchah le 
Selgiucide, & a profeffé la doébrine de Schaféi à Nifchabour, où il eut le fe. 
meux Gazali pour difciple. Il y a de lui un ouvrage intitulé Varmàt fil offbul 
dans la Bibliothèque du Roy n^. 37$^ Cet Ouvragç traite des fohdemèos xki 
Mululmartifme. 

Il y a encore deux autres livres de lui, }fl AJfdib fil khelafiaty de la diverfîtsé 
& contrariété des opinions , & Erfchdd fil keldm. Ces deux Ouvrages font de 
Metaphyfique, On marque la mort de cet Auteur dans Tan 47® de f Hégire. 

Mohammed Al Giaûini Atha al molk, Vizir des Sultans Mamluks d'Egypte, eft 
Auteur du livre intitulé Giamé al dakaik fi iafchf al hacaih^ qui eft une I/>nque, 

& une 



GIA VIKDL p-GIffl AN. yjis 



ft tue Pbyfl<}Ud ?FÔ$-6idii éci^tes fuivaiK les prmdp^ ^Ariltoei^' Ce livre eft 

dm» la Qibliodieqiie dit Rc^ n^. 907. 

Giavini Auteur du Gihan Kufchai^ f^oy^z Alaeddin. - 

GIAVIRDI>Taraom ie Fakhreddîq Ahmed, Auteur du livre intitulé Bs- 
hath ai âllam. L^ Queftions d^s I^odes, ou Qiieilioas curieiufes^ h mourut 
r^ 746 de l'Hegire. Cet ouvo^ge s'appelle auflT Oûml Qiavirdi „ ^ a été com^- 
menté par. Abou Mokarrem Ahmed Blkn Hoflâqi'.. 

GIAZLAH- Ben Giarlah, nom fbos lequel eft le p4u5 corniir un celebrç 
Médecin appelle lahia Ben IJJa, dit Al Cateb, rEcrivain, & Thahîb Al Bagdadi , 
le Meiecin de Bagdet. Il étoit Chrétien de naiflance: maïs enfeignant la Logi- 
que à Abou AU BpQ Al valid^ chef de b fei^be des Motaztles; § ûit j^ervçrti 
par fon éçolief. 

Ce Doàewc dçve^u aind Mufiilman entre les mains de Mohanimed Ben Al}^ 
Al Damagânî Cadhi al Codhàt , ou Chancelier du Klialife Mo6tadi , compola une 
lettre, qu'il odfei&'k Ëlifs, Prêtre , Chrétien 9 t>^ur jultifieF fon apûftafie» (fains 
laqueUo il prétend par un aveuglement déplorable p prouver que Mahosaet a été 
prédît & annoncé dan^ le vieil , & dans le nouveau Teàattnent. 

On doit faire beaucoup plus d'état de deuï de Tes Ouvrages , dont Tun eft 
intitulé ^l Menliage^ ou Msthode pour guérir toutes les maladies , & Tautre 
p^fte le titre de. Tai$ym al abdàn^ tables divifées en plufieurs calkilesy où â 
tmte. de0 mfiladiBi & . cfe Içurs remèdes par ordre Alphabétique > pour le Kha« 
Itfe Moâadi. . 

AbuUS^da dit dans la pr^ice (ie fa Géographie , on'S a empranté la méthode 
de fes tables de: Ben Giazlali,^ qu'il a appliquée à la defeription des pays & Pro^ 
vîficeSff <& Ta intitulée pour cette caii& Taeovim œI hUatu Ben Giaidah mourut 
r^n deTHegire 493. 

GTESCHEN, & Gîefchn, & quelquefois Giefchnî, fîgnifie en gênerai chez 
les Perfes une fête : mais plus particulièrement celle qui fe célèbre chaque mcHS , 
le jour qui porte le nom du même mois. Par exemple Fervardin efr le nom 
d'un des mois du Calendrier f erfîen , & efl encore celuy d'un des jours de cha- 
que mois , à fcavoir du dix-neuvième : c'efl pourquoy le jour nommé Fervardin 
eft fêté dans le mois qui porte le môme nom de Fervardin» - On peut dire la 
même chofe d' Ardbehefcht , & des autres. 

Il ne faut pas confondre ce-mot Giefchhi avec celui de Giafchnî duquel il a 
été parlé plus haut. 

GIGHIL, vifle ikuée fur les confins du Turkeftàn> du ofité de la Plerfe. 

Fèyez Thacrâi. . • 

GIHAN, eiï Perfieh le Monde. Foyez Gehàn. - 

6ÏHAN Etajefçh, eh Perûeii la iciencè àa monde.' Ceft le titre d'un livre 
et Çofmôgfâphie 5 qui u'eft que fe traduâipn Perfienne d*un Kvre Arabe intitulé 
ytl Cafiat fi tlm at hHaû. L'Auteur de cette verfion efl Mohammed Ebn Mafibûd 
Al Maflbûdi. ' Cet ouvrage efl divifé en deux parties , dont la première, qui con-" 
tient 23 chapitres^ traite des cieux'> &îa féconde qui . en contient quatorze,- fiit 
Ja dlçfcripdon de la terre.. < 

^ GIHAN 



J44 "GIHAN. r G IKON. ' 

GIHAN KlmtQun, la Daime du monde. Nom d'une Sultane qui merka par 
fon efprit de porter le titre de Feridat zaman u fehâérat deyrdn. L'unique entre 
les femmes du monde quj^ le mieux reuiG dans la Poëfie. 

Cette PrinœûTe étant au bain , le Sultan fon mary lui jetta une petite boule 
de terre pour l'exciter à dire quelque chofe ; elle fans hefiter lui recita aufE- 
tôt ce dîftique de Zehir, Poëte Perfien : Le monde eft femblable à un vieil 
château demi ruiiié, bâti fur le courant rapide d'un torrent qui en emporte in- 
ceiFamment quelque pièce. C'eft en vain que vous penfez le reparer ^ & le 
rétablir avec une poignée de terre» La Sultane faiibit -aUuiion è fon nom de 
Qihân qui fignîfie le monde. Le diftique Perfien éft Gihdn ràbdth khardb eft 
dfir ^ghezerghiah feiL Gumdn meber ki bick mufcht ghil fdèeued mdmour. 

GIHAN Kufchaî, la conquête du monde, ou traité des conquêtes qui fë 
font faites par divers Princes qui ont régné. C'eft le titre d'une Hiftoire Orien- 
tale écrite en langue Perfîenne par Alaeddin Athalmulc Al Giavîni» 




GIHO'N, les. Arabes -appellent ainfî ce fi^rand fleuve de TAfie, lequel pre- 

\ nant fa fonrce ,dans la Province de Tokhareftan au pied du mont Imaus à TO- 

rient, traverfe le Badakhfchian & pays de Balkhe vers le Midy , fe décharge 

d'une partie de fes eauk dans le lac de Khovarezme, couppe cette Province 

en deux , & fe décharge à l'Occident dans la mer Cafpieane. 

Jl fepare par fon cours le pays d'Iran ou la Perfe d'avec le Touran ou Tur- 
keftan , & donne à tout ce grand pays qu'il laiffe au Septentrion le nom de 
Maovaralnahar , c'eft-à-dire ,. Je pays de delà la rivière , ou la Province ïran- 
ibxane; car ce fleuve efl: le même que l'Oxus des anciens. 

Quoyque fon cours ordinaire foit du Levant an Couchant , il ne laîfle pas 
cependant de fe courber quelquefois du côté du Septentrion & du Midy. Les 
villes de Cât, & de Balkhe font ficuées fur ce fleuve du côté de l'Orient; Ter- 
ni ed & Amol au Midy; Corcange ou Giorgianie, capitale du Khovarezme, & le 
fameux château de îlezàr Esb vers le Couchant. ' 

La Province, qui borde le Gihon au Midy efl: le Khoraflan , & quoyque ce 
fleuve foit d'une extrême largeur , & d'une profondeur égale , & qu'il iemble 
lui fervir d'un foflTé qui la couvre & la défende contre les courfes des Septen- 
trionaux , il n'y a rien de plus ordinaire dans l'hiftoire de Perfe qiie de voir 
des armées innombrables de Turcs & de Tartares qui le paiFent à la hage fut 
leurs chevaux , & qui viennent faccager^ ruiner & brûler les plus belles villes 
de cette Province. 

, Jl eft vray q^'il ^y a trois principaux guez fur cette rivière qui font fameux 
dans l'hiftoire,. à fçavoir Conduz y Baclan , & Carb', .Le Sultan Babur de U 
race de Tamerlan pafla de Perfe , à Bokharah , Se à Samarcande par les deux 
premiers , & retourna en Perfe par le dernier. Voyez le titre rf'Amou , ^TAbit- 
ipu , 6? de Roudkh^^iéh qui font Us noms Ferjtens de ce fleuve. 

GÏLAN, 



G I L A N. — ^ G I O R A I G E. I45 

<tILAN, nom d'une Bourgade de T Arabie Heureufe, ou de llemen,' fituée 
netre les villes de Sanâa & de Zebid : elle n'eft éloignée de cette dernière ville 
que de 36 milles. La Province du Royaume de Perfe appellée ordinairement 
Ghilân qui eft fur la mer Cafpierine,,eft auflî nommée Gilân par les Arabes. 

GILI, furnom de Cothbeddin Abdalkerim Ben Abi Saieh qui porte encore 
le furnom d'Al Sod, parce qu'il a été un des chefs de Tordre des Sofis, dont 
on peut voir la fucceffion dans le titre de Konaovi: Il eft Auteur du livre in- 
titulé Enfdn Al Kamel , l'homme parfait , qui eft dans la Bibliothèque du Roy 
n^. 418, & d'un Poème intitulé Ainiah^ dont toutes les rimes fe terminent en 
une lettre de Talphabet, que les Arabes appellent Ain. Cet Ouvrage fe trouve 
aufli dans la Bibliothèque du Roy n^. 11 80. 

GIM, c'eft la lettre G de Talphabet Arabique. Ali Ben Jofeph al Bafraovi 
a compofé un Poème qu'il a intitulé Monfaregiab ^ dont toutes les rimes fe ter- 
minent en cette lettre: c'eft pourquoi on l'appelle auflî Al Gim. Il eft dans 
la Bibliothèque du Roy n°. 10^8. 

GIM, dans la langue des Cathaiens eft le nom de la neufvième partie du 
Cycle compofé de dix , lequel fe joignant avec un autre Cycle compofé de dou- 
ze, va jufqu'à foixante, qui eft le nombre d'autant de jours qui fe rencontrent 
iix fois dans leuf année : de forte que Gim fchin eft le neufvième jour de ces 
foixante, Gim vou, le dix - neufvième , Gim gin, le vingt-neufvièrae , Gim jem, 
le trente-neufvième , Gimgeh, le quarante-neufvième, Gim fou, le cinquante- 
neufvième. 

G I M I , ville Royale & capitale du royaume de Kalem qui fait une partie de 
l'Ethiopie d'aujourd'hui. Elle abonde en toutes fortes de fruits , comme pêches , 
abricots, grenades, &c. Son terxoir produit auflî des cannes de fucre, & la race 
de fes Roys qui fe font rendus célèbres par leur valeur & par leurs conquêtes, 
defcend de Seif Dhou Izen. Foyez ce titre. 

Abdelmoal , Géographe Perfîen , dit dans le chapitre des villes Ctuées entre la 
ligne Equinoftiale , & le premier climat , qu'il y a plufieurs Provinces du grand 
Empire des Abiflîns qui ont été autrefois des Royaumes feparez, comme, Kalem, 
Barnagafche, & autres, foyez le titre de Habafchah. 

Il ne faut pas confondre le nom de cette ville avec celui de Germi, qui eft 
la ville capitale, & royale de toute l'Ethiopie, l^oyez aujft le titre de Berbera. 

GINNjt & Ginni, une Fée, un Démon. Voyez le titre de Giin. 

GIOHNI , furnom de Mâabed Ben Khaled , Auteur de la fefte dès Cada- 
riens, que Hegiage fit mourir à Baflbra. Voyez Barezi. 

GIOR AIGE, nom d'un enfant qui parla par miracle. Saheb Gîoraige, nom 
d'un Abiffin hemme de fainte vie , dont Bokhari raconte l'hiftoire fuivante dans 
ion Sahih. 

Les Mufulmans font mention dans leurs livres de trois enfans qu'ils dîfent 
avoir parlé dans le berceau. Le premier eft IflTa, ou Jésus Christ félon 
qu'il eft porté dans TAlcoran. Le fécond eft celui-ci dont now allons parler, 

ToM£ I£ T nommé 



\ 



t4* 



GIOR AI<?E. 



nommé Gioraîge^ dont llûftoire'eft rai^poitée au long dans le Hmrecfe Boldiarî 
intitulé Sabih «/ Bokharij fuivant la tradition d' Abou Hordralu 

Il y avoit un Abiflîn parmi les IfraSiites , lequel étoit fi fort addonné à la 
prière , qu'il ne fortoit prefque point de fon Oratoire ; fa mère Tappellant un 
jour pour quelque affaire , il ne lui répondit point 9 pour ne pas interrompre 
Ton exercice ordinaire, de forte que fa mère rachée lui fit une imprécation & 
foîÂaita que quelque femm^ pût le débaucher. 

Il arriva peu de tems après qu'une profbtuée .fe prefenta à lui, lorfqu'il prioit,. 
& le follicita puiflamment: maiis TAbimn refîfta courageufement à cette tentation^ 
& renvoya cette impudique qui fut fort irritée de fon refus, & refolutde s'ea 
venger. !Pour cet effet elle s'abandonna à un Berger dont elle eut un fils nom-^ 
mé Gioraige qu'elle difoit être du fait de TAbiflin. Tout le peuple ému de ce 
fcandale, courut à l'Oratoire de cet homme , le renverfa ^ & le chargea d'inju- 
res, & de coups qu'il foufirit fort patiemment. 

Après ce mauvais traitement^ nôtre Solitaire s'étant mis à fbn or^niaire en 
prière, recommanda à Dieu fon innocence, &; le pria avec beaucoup de ferveur, 
qu'il lui plût la faire paroître devant tout ce peuple irrité contre lui. Dieu 
l'exauça, & lui infpira de demander, publiquement à l'enfant que cette femme 
tenoit entre fes bras, quel étoit fon père? L'Abiffin le fit,>& l'enfant qui n'a- 
voit pas encore l'ufage de la parole , lui répondit d'un ton fort haut & intelli- 
gible , . que c'étoit un Berger , qu'il indiqua. .Le peuple touché alors d'un fi 
grand miracle , fit au Solitaire ime réparation publique du tort, qu'il lui avoit 
fait, & lui offrit de rebâtir fon hermitage beaucoup plus beau qu'il n'étort: mais 
^il leur déclara qu'il fe contentoit qu'on le rebâtit de terre comme il étoit au- 
paravant. Depuis ce tems-là l'Abiffin fut nommé Saheb Gioraige, c'eft-à-dire > . 
l'homme de Gioraige à caufe de cet accident. 

Le troîfième enfant qui a parlé avant que d^avoîr l'ufaçe de la langue, dit 
le même Bokhari, étoit parmi les Ifraëlites. La mère qm le portoit entre fes 
bras voyant paffer un "Cavalier de bonne mine, richement vêtu , & bien montée 
dit auffi-tôt: Plût à Dieu que mon enfant fût un jour femblable à ce Cavalier: 
L'enfant entendairt ces paroles , quitta aufli-tôt la mammelle de fa mère , fe mi 
à regarder fixement ce Cavalier, & prononp enfuite ces. paroles : Ne permet- 
tez pas , Seigneur , que je devienne jamais femblable à cet homme. 

Sa mère bien furprife de l'entendre parler, vit paffler quelque tems après u» 
criminel que Ton fïifligeoit, & elle "dit auffi-tôt à Dieu: Ne permettez pas, Sei*^ 
gneur , qu'il en arrive autant à mon enfant : Mais l'enfant à ces paroles fe tourna.^ 
tout à coup vers elle , & pria Dieu qu'il lui arrivât un accident pareil.. Sa mère* 
encore plus étonnée qu'auparavant , l'interrogea pourquoi il parloit ainfi , & il 
lui rep^tit: La raifbn efl que le premier eft un méchant homme, & cdai-cî 
un innocent, lequel au milieu des outrages qu'il fouffre, dit incefifaounent : Je 
fuis conteiit, Allah hasbî. Dieu me fuffit, c'etl lui qui me tiendra compte de ce 
que j'endure, de forte que cet homme a, acquis par fa patience, & par fà refi^ 
gnation à la volonté de Dieu , un degré fort énunent de mérite ,. auquel je fou» 
haiterois bien de pouvoir parvenir un jour. Thiraz AUMancoufch. 

Ce Saheb Gioraige dcMfit il efl parlé cy-defEis étoit apparemment Chrêtieo, & 
peut-être le même que Thacalbaimanout , duquel lç@ Ethiopiens ou AbiŒns nu 
content plu^ura miracles ^ez. fentblabiesjt dans k vie quiis en ont écrite en 

langue. 



GÎOJUGAA^^ GIORGIANI. 



U7 



hagoe EtUopienne par: l'ordre de Claudious, teor Rsi^t Cette vie a été-, traduite 
eo Arabe, & dou» en avons un exemplaire dans la' Bibliothèque du Roy. 

GIORGIAN, & Gîorgianiah. Ceft la ville capitale du pays de Khovarezm; 
Ton la nomme encore Corcange. Elle eft fituée vers les embouchures du fleuve 
Gîhoni & à l'Occident de ce fleuve qui prend en cet endroit fon cours^vers le 
Septentrion. On attribue fit fondation à lezid Ben Mahaleb. 

Cette ville a donné fon nom à la mer Cafpienne; car les Arabes, & autres 
Orientaux FapTOllent la ^er de Giorgiàn^ auffi-bien que la mer de Ghilan , dé 
^ & de Bacovieh. 

Elle dornie auffî fon nom à une petite contrée qui porte encore le nom de 
Serkéih I^es tsbles Arabiques mettent cette ville ddns la Province de Kerkàn 
k 90 degrez de longitude , & à 36 de latitude. 

Le pays où elle eft fitnéer abonde en foye 9 & en fa^Fran. Quelques Hifto- 
riens dinfènt cette ville en grande & petite » & lui donnent fouvent le nom 
dtt pays dont ellb eft la capitale , k içavoir de Khovarezm. 

/^0^ le titri de SauU y om Sotili , (fans lequel vous trouverez que lorfque les 
M fffit^îwaM s'en^iarerent' du pays de Giorgirâ , lezid fils de Mahaleb dépouilla 
Savé & Firouz qui y regnoient, dont le premier étoit Chrétien, & le fécond 
hbgfi de ReligbOi. Hamzah Bén Jofeph a écrit Fhiftoire de Giorgian , qu'il ne 
faut pas prendre pour. la Géorgie, car les Orientai^ appellent celle-ci Gurge 
& Gttrgifiam 

GIORGIANI» celui qui eft natif du pays de Giorgian. Un des plus[ 
célèbres Doâeurs du Mitfulmanifme qui ait porté le fumom de Giorgiani, eft 
Alfeid AUèherif Abou Haflan ou Hoflain Ali qui naquit Tan 740 de THegire^ 
mourut en Ziôi^k Schiraz où n fut enterré. 

H a été difciple de Mobarekfchah ^ & de Alaeddin Mohammed Ben Atthâr AI 
Bokhari^ & il difoit parlant de celui-ci, qu'il n'avoit point connu Dieu avant 
qu'il le fréquentât. 

Il eft. l'Auteur des Taârifit , qui contiennent une explication fort ample de 
tous les termes de Philofophie , & de Théologie. Ce livre fe trouve dans la 
Bibliothèque du Roy n*^. 637. 

Le même Auteur a fait une glofe fur l'EucIide de Naiffireddin , & un com- 
memaire for les Adàb d'Aigf. 

U y a plufîeurs autres Auteurs du même nom, comme Alfch«tf Al Hoflainî^ 
fils àa premiw. 

Un Médecin célèbre qi){ vivoit £bus Atfiz ^ Sultan des Khovàrezmîens & qui i 
compofé Agradh al TImibât , & Dhakhirat Khovarezmfbfaahiat en Tan 530 de 
rHrare. 

Un Matfien^ticien ncnamé Aboulvafa qui a commenté Euclicfe, & qui ef^ 
peut-être r Auteur da Tâbac^t Naflferi: 

Un Grammairien nomm^ Aboubecr ^n Abdalcaher, Auteur des Aovamel, 
c'eft-à-dire , des particules de la langue Arabique , ^ui entrent en régime. Ce 
livre eft datos la Bibliothèque du Roy n^, îi7* Il a compofé awffi un traité 
de Rhétorique fous le titre SAjràr eJbelagêL 

Mohammed Gîorriani, vaillant capitaine, & gouverneur de la ville de Hentt 
pour le Sultan de Khovarezm , fut tué en défendant cette place contre Tuli- 
lth4n fils de Genghizkhan. 

Ta GIORHAM, 



148 G I O R H A M. — GIOV. 

GIORHAM, père d'une des plus andennes tribus des Arab^. Les Gior- 
hamides avoient autrefois l'intendance du temple de la Mecque y & ils eurent 
à cette occafion de grandes querelles avec les Ifmaëlites. 

11 y a auprès de la Mecque une montagne appellée Gebàl Gerahem ou Gior» 
ham 5 la montagne des Giorhamides , où cette tribu fe retira pour fe fortifier 
contre- leurs ennemis, l^oyez le titre de Zemzem. 

GIOR M Mab & Giormrouz. Ceft le même mois & le même jour que les 
Perfes appellent dans leur Calendrier Dimah & Dirouz. 

GIOSLIN & Giolfin, les Arabes appellent ainfî le Comte Joflelin, auquel 
ils donnent le titre de plus brave des Francs. U eft aflez connu dans nos hiC 
toires des guerres de la Terre fainte.' 

Il étoit Seigneur de Telbafcher & de plufîeurs autres villes fur FEuphrate au 
Septentrion de la ville d'Alep , qu'il tenoit à titre dé Comté , & étoit vaflàl 
de Baudouin , Comte de Roha ou d'Edefle. Il délivra cette ville du fiége que 
Maudoud 5 Prince de Mouflal ou Moful, y avoit mis, & offrit de grandes fom- 
mes d'argent à Baudouin pour acheter fon Comté j qui étoit fouvent ravagé par 
les Turcs ou Turcomans , qui le ravageoient tous les ans. Baudouin fut 5 fort 
irrité de .cette offre qu'il priva. Joffeliu de fes Etats > & le reduifit à l'état d'un- 
particulier. 

Baudouin, Roy de Jerufalem, touché de l'infortune d'un fi brave* Guerrier^ 
luy donna la Comté de Tiberiade , afin qu'il le fécondât dans la guerre qu'il 
faifoit aux Tyriens , comme il fit. , 

L'an 543 ou 544 de l'Hegire , JoffeUn battit l'armée de Noureddîo ,, Sultan 
d'Alep , qui menaçoit la ville d'Antioche : mais ce Sultan eut bien fa revan- 
che; car j1 gagna quelques chefs de Turcomans lefquels lui drefferent une em- 
bufcade, l'enlevèrent,, lorfqu'il étoit à la chaffe & te mirent entre .les mains 
du Sultan, dans les prifons duquel il mourut 

La prifon de Joffelin tombe dans l'an 1149 de J. C, un an après que Louis 
Septième & l'Empereur Conrard eurent, par la trahifon des Chrétiens de la Pa-. 
leftine, manqué la prife de Damas, & furent partis pour retourner en Europe > 
au tems que faint-Bernard prêchoit fa croifadc- 

GIOSTHAH, Ville fituée dans le pays de Mozambique, que les Arabes 
appellent Sefalaè al dhahab , la Plaine ou la Campagne de l'or , proche la vil- 
le qui porte aujourd'huy le nom de Sofala. La ville de Giofthah eft petite : 
mais elle eft au fond d'un golphe fort fpacieux , où il y a un jfort bon mouil- 
lage pour les vaiffeaux. 

GIOTTA , Ville du Khouziftan ou de la Sufiime, d'où étoit natif Abou 
Àli, furnommé Al Giottai ou Al Giobbai., difcîple d'Aboulhaffan Al Afchâri* 
Il paffe pour l'Auteur de la feéèedes Motazales. Foyez^ Gioubba. 

G I O U ou Tehîou , c'eft le fécond jour des douze qui font principalement 
remarquez par les Khataiens , pour être heureux ou malheureux, U y en a 
quatre noirs ou malheureux , quatre jaunes ou heureux , du nombre defquels 
eft Gîou, deux blancs qui font très • heureux > & deux rouge -bruns qui font 
très-malheureux. 



GIOU. GÏOUBIN.^ - Ï49 

- Le même mot fignîfie airifi le fécond Giagh oa Cyrie d'aîlnées dans * leur Ca- 
lendrier. . i . 

Giou Schiôu efl la quatorzième partie des 24, de leur année , dont , chacune 
eft de quinze jours & leur fert de femaine. . . ^ 

GIOU Al Bacar , la faim du bœuf. Les Arabes appellent ainfi la^ maladie 
que les Grecs ont nommé Bouliraia dans la mêiiie fignificacion. Les Latins lui 
ont donné le nom de Faim canine. 

Les Hiftoriens Orientaux remarquent que Schàh Schègiâ , Sultan des Modhaf- 
feriens , défait par Tamerlan , . étoit tellement tourmenté de cette -maladie , qu'il 
ne pouvoit fe raflàfier, ni dans le voyage, ni dans le repos. 

GIOUBAIR& GicAair. Abou Abdallah Saîd Ben Giôbair Ben Hefchàm 
Al Affadi , Dofteùr célèbre de Coufah , difciple d'Ebn Abbaa & d'Ebn Omar, 
fut mis à mort l'an '95 de l'Hegire'par Hegiage^i^ qui ouit une voix qui. lui 
fignifia qtfil fouffriroit ia; mort pour chaqjue homme qu'il avoir .fait mourir , &. 
70 fcAs pour celui-cy. > 

GIOU BAN. Emir Giouban, Général des armées d'Àboufaid , fils d'Algiap. 
tou, avoît été fon tuteur , & avoit gouverné, avec un jpouvoir abfolu, TEm^ 
pire des Mpgols Genghîzkhaniens dans la Perfe. 

Le Sultan le fît mourir , à caufe du refus qu'il fit de lui donner fa fille en 
mariage, f^oyez fe titre rf'Abufaîd. Son fils nommé ïimurtafdi. Gouverneur* 
du pays de Roum ou dé Natolie , & fes dépendances, ayant appris la mort de 
fon père i fe réfugia auprès d'Al Malek Al Nafler , Sultan des Mamluçs en* 
Egypte. 

Haffan Kugiuk, fils de Timurtafch, voyant, qu'après la mort d'Abufaîd Em-' 
pereur des Mogols, qui tfavoît point laiflë d'enfans, tous les Gouverneurs des 
provinces -fe faîfoient les maîtres abfolus & indépendans dans leurs gouverne- 
mens, & prenoient les titres de Sultans. & de Princes > crut -qu'il ne devoit pas 
luy ièul vivre en particulier. 

Pour venir à bout de fes defleîns , il alla dans le f)ays de Roiim bu Nato- 
lie, où fon père avoit beaucoup d'amis, & y ayant aflèmblé un nombre con- 
fidérable de troupes , il fe rendit maître de l' Adherbigian & de Tlraquè Perfien- * 
ne , rendant inutiles tous les eflfofts d'Arbah Khan & de Haffan* fiuzruk , fur- 
nommé Ilekhani, qui étoient iflîus de la race royale des Mogols. 

Ce fut l'an 738 de l'Hegire, de J. C. 1337^ deux ans après la mort d'A- 
boufaid , que Haflan Kugiuk établit la dynaftie des Gioubaniàn , & régna fept 
ans , pendant lefquels il eut toujours la guerre avec quelqu'un de fes voifins, 
& laiflà fes Etats à fon frère Milek al Afehraf ^ qui en régna treize. 

GIOUBBA, Nom d'un lieu appartenant à la ville de Baffora & au Khuzî- 
ftàn , duquel étoit Al Giobai „ difciple d'Aboulhaflàn Al Afchâri» Foyez plus 
haut Giotta. 

' GIOUBIN, furnom de Baharam, que quelques Hiftoriens mettent au nom- 
bre des Roys de Perfe dfe l'a dynaftie des Saïfanides. 11 n'étoit pas de la race 
royale, & cependant il fut reconnu pour Roy légitime, après qu'il fe fut ré- 
volté contre Hormouz> fils de Noufçhirvan^ Vifyez le titre- de $e Frinee, 

T3 Ou 



ïSQ 



G.tO UC^A^Ii. 



QÎ^UN. 



' On donna, à ce Capitaine le furnom ou. plutôt le. fcbriquét de Gioidrm ou 
Tchoubin, qui lignifie du bois fec, à caufe qu'il étolt long & maigre. . 

GIOUCAH ou Tchocah Adaflî. Les Turcs appellent ainfî Tlfle de Cerigo 
dans l'Archipel, que les Grecs & les Latins ont connu fous le nom de Cithœra. 

GIOUP5. la libéralité. L'Auteur de l'Humaioun Nameb dit, que c'eft le plus 

frand des attributs de Dieu , û cela fe peut dire , à. caufe que les bienfaits de 
Heu fe répiuadent généralement fur. toutes les créatures & pénètrent intimement 
leur ibbftance* Giimd agiovad fefdt dhdt y agit al vougioud. Surquay il rapporte 
la tradition Prophétique qui fiûL 

La libéralité dans les hommes éft une branche de Tarbre de la félicité, dont 
la racine eft dans le Paradis, où elle eft arroufée des eaux du fleuve Coother, 
qui la font croître de jour en jour. 

Les Arabes difent, ^ue tous les vaillans hommes ont été libéraux jufiju'à Ab- 
dallah ^ fils de Zobëir 5 Iqquel fut fort brave & fort avare. Cet Abdallah -ett 
celuy qui a porté le nom de Khalife, pendant que les Qmmiades regEioiQpt & 
qui a interrompu leur dynaftie. 
Ahel gioud , Auteur de RemI ou de Géomantié , duquel il eft £ut mendon 

dans le Reml Magmoû. 

* 

GIOUD, GÎQUda & Gioudi, nom de la Montagne oîi l'Arche de Noës'ar- 
:rêta dans le pays de Mouilkl ou de Diàr Rabiâh en Méfopotamie , au pied de 
laquelle il y a encore un village nommé Thamanin & Corda. Ce Ànt les monta 
Gordiens , que rÈcriture fainte nomme Ararat. 

Les Turcs ont une tradition, que l'arche s'arrêta fur une montagne de l'Ar- 
ménie, qu'ils ncmiment Parmak IDaghi , la Montagne du doigt , à caufe de {a 
figure, & que les reftes de l'arche s'y voyent encore. 

Gioud eft auCi mie cba}ne dei montagnes qui s'étend le long des pays de Za- 
bleftan & de. Gaùr. Foyet Ujkre^de Schehabeddin. 

GIOUEH & Gioua^, Ville du pays de Berbera, qui eft la côte de Cafrerie 
du le Zanguebar^ plus méridionale de deux journées , que Carcounah , qui ap- 
partient au même pays, & fort proche de celle de Bathah en Ethiopie. 

GIOUF, les Arabes appellent ainfi la partie littorale ou Maritime de l'E- 

Sypte , que le vulgaire appelle Te Chouf. Schamieddin Ahmed Beh Khalii , Cadbi 
e Damas, en 637 de l'Hegire , Auteur d'un Commentaire fur Erfchad fi êlm 
alkhelàf, eft fumommé Al Gioufî. 

GIOUGHI & Giogbi, imDervKche Indien. Efpècede Religieux Idolâtres ^ 
que les Arabes appellent Fakir. Ces jgens-là vont tout nuds .& pratiquent des 
aufteritez incroyables. Piyez le titre £ Behergîr. Tavemîer en parie beaucoup 
dans Ipr relation de fes voyages; il les appelle Giogues. 

GIOUL & Soûl, Ville du pays de Gidrgian. Foyez SouH 

G 10 UN Al Hafchifch , le Golfe des. herbes. Ceft «un golfe de k mer de 
i'Iemen ou Océan Arabique, qui eft dans le pays de Hadhramout: ii eft fait en 
fpripe de fac ^ on le tigiit foxt ijaogereûx. Il .y a dans la paicto Qikfttalede^ 

ce 



GIOUN. - — GIoaZÔIANr. Î5Î 

et golfe 4eixz <iûesy nommée KSiarcbaa & Marthan> qui »egaf cfebe la vîDe de 
HafTek dans le continent de l'Arabie. 

GIOUN Al Malek, le Golfe Royal. ViUe de la Thebaïde, fituéc fijr la mer 
rouge. 

GIOUND, Vaie du Turkeftan , <Ie laquelle foftt foitis pitriîeufs gens de lettres. 
Giouûdifchàbour, ville du Khuzillan, bâtie par Schabour, fils d'Ardfchir Ba- 
bëgàn. ( 

GIOUNO, Ville de l'Iemen ou Arabie Heiireufê, dans laquelle il y a un 
Mefged Giaznê, c'eft-à-dire, une Molquée principale >, Mtie par Moâz Ben Ge- 
bal pour les Schiites ou Seâaires d^Ali^ qui y font en très-grand noad>re. Cet- 
te ville eft plus Septentrionale que Sania^ capitale^ du pays 9 d'oà elle eft éloi- * 
gnée de près de 80 lieues. 

Al Gioundi eft le furnc^i d'Ahmed Al Cahèri> qui a comme&té lé Méfiai 
de Zamakfchari. 

GIOUNI, fumom de Jofef Ben Ifmaîl, lequel porte auffi le fumom de Ben 
kèbir, lequel compofa^ Fan 711 de THegire, un livre de Médecine > intitulé 
Malaiejfdy où il eft traité de la connoiftance & de Tufàge des Simples. B eft 
dans la Bibliothèque du Roy , n^. 9^3. 

GIOURy Ville du pays de Fars, c'eft-à-dire , de la jPerfe proprement dî- 
te, diftante de celle de Éarzoun de feize parafantes. Elle eft lituée dans un 
terroir fort agréable , rempli de jardins & arroufé 9 une grande abondance d'eaux. 
Ses folTez. & les murailles la rendent confidérabl^' pour fa force. ^ 

GIOURTASCH; c'eft la môme^ehôfe que Gioudeh tafch & Senkîdeh. 
Pierre myfterieufe des Turcs Orientât^ , qu'ils croyent avoir reçue de leurs an- 
cêtres i de main en main , en remontant jufqu'^ Japhet , dSIs de Noé , & ils 
prétendent, qu'elle a la vertu de leur procurer la pluye quand ils en ont befoin. 

GIOUSCHANI, fumom d'un Sofi, qui portoit auffi le nom de Nagmed^ ' 
diri, lequel depofTeda les Fathimites du KlKilifat d'JE^pte. Foyez le titre ffAd- 
hed , dernier IChalife de cette race. . . 

GIOUZ Alîfflizah i Efcrogues mêlées. ~ Titre d'un livré de l'Imam Cafchîrî, 
qui n'eft autre qu'un abrégé du Sahi de Mondheri , où il eft traité de la Sun^ 
nah, c'eft-à-dire, felon le langage des Mufdmans , de tout ce qui n'eft que de 
tradition, & qui ne laifle pas pourtant d'être d'obligation; mais non pas fi pré- 
ofe que ce qui ^ ezpreftëment écrit dans leur loy. - 

GIOUZ AN Demefchk , nom d'une des Contrées du pays de Dasv» ôo de ' 
laXœlefyrie. F^ez Sarkhad. -. 

GIOUZGIANIy fumom d'Abou AH\ qui paflè pout un des'pluà pànA 
fpirituels du Mufulmanifine. Dans le chapitre de l'AIcbran , , intitulé îbrakim , 
Mahomet firk dire k Dieu les paroles fuivantes aux liraëlites i Vms fiwenez^ 
yaus de ce que je veut ay dit fi [mvent , fi veus êtes rectmnoiffahs de met grâces^ 
fy m ajaiieray encore d'autres ^ -mUs fi vem en êtes micmi(djmsy il y^us ^riverU 

de^ 



ï$z GîOVZ I. — G I Z U L I. 

de grands maux ! car vws ferez privez de mes grâces en ce monde ^ & vms Jertz 
punis fevèrement en l'autre. 

Abou Ali Giouzgiani , au rapport de Selemî , paraphrafoit aînfî ces paroles: 
Si vous me remerciez de la grâce de vôtre vocation à la vraye Religion , je 
vous donheray la grâce d'une vive foy: fi vous me remerciez de celle -cy, j'y 
ajoûteray celle des biens temporels. Si vous êtes reconnoiflans de ces biens , 
je vous gratifierai des" biens fpirituelsjrtels que font les .dons de Icience & d'in- 
telligence. Si vous n'êtes pas ingrats de ces dons , vous ferez élevez jufqu'au 
degré d'union avec moy par amour : Si vous me remerciez de cette grâce fpé- 
ciale , vous arriverez à un degré fublime de contemplation , & enfin fi vous 
me rende;?: les grâces qui me font dues pour un fi grand bienfait , je vous com- 
blerai de la plus grande des faveurs que puifl!e recevoir un homme en ce mon- 
de , qui ell de vous admettre dans le cabinet de la familiarité la plus intime , 
& de vous communiquer ma préfence par une vûe.intelleauelle. 

On peut recueillir de ces paroles , dit Selemi , que Faélien de grâces eft Té- 
chelle par où l'on monte de degré en degré jufqu'au plus haut fommet de la 
perfeftion , ce que le Methnevi confirme en difant : L'aftion de grâces eft une 
augmentation de grâces à celuy qui fçait employer fon cœur & fa langue à la * 
bien faire : Elle chafl[e toutes les maladies de Tame & guérit toutes les playes 
^u cœur, f^oyez Huflàin Vaêz, page 465 de la Paraphrafe Perfienne. 

. GIOUZI. Aboulfarage, Ben AH Ben Al Giouzi, père de Schamfeddin Abul- 
tarage Al Giouzi,, qui fut le maître de Saâdi, fameux Auteur & Poète Perfien. 

Ebn Al Giou?i mourut l'an s^7 de l'Hegire, & nous a laifl^é plufieurs ouvra- 
ges hiftoriques, & entr'autres làrikh ai montadham , Chronique en vers. Aâmdr 
al âiàn^ Vies des hommes illuftres. Mer aï al zamân^ le Miroir des tems. Jkh- 
bir al Beramecah , l'hiflioire des Barmecides. Tanovir al gakafch , Traité des Ne- 
grès & des.Abiffiûs. IcadJi al yefnat ^ le Réveil du fommeil. Erfchâd al morid^ 
JnflaruéUon pour.celuj qui commence la vie Ipirituelle , &c. 

GIOVALEKI, furnom d'Abou Manfor'Mauhoùb Ben Ahmed , mort Tan 
46s de l'Hegire, qui a commenté Je livre intitulé Jdab al ketab. 

'GIOVANGARj'c'efl: en langue Mogolienne ce qui eft à la main gauche: 
de même que Berangar eft ce qui eft à la droite. Ces deux mots s'entendent 
particulièrement de la droite & de la gauche d'un pays , & <ie l'aîle droite & 
gauche d'une arméç. 

Les vingt -quatre peuples defcendus des fix enfans d'Ogouzkhan , Empereur 
jdes anciens Mogols > partagèrent ainfi leur pays en Berangar & en Giovangjar ; 
&9 depuis ce tems-là, les Mogols de la droite ne fe font plus alliez avec ceux 
de la gauche; ce qui a fait, dit Mirkhond , qu'ils ont confervé plus aifément 
leurs généalogies. 

« 

GIOZOULI, furnom d'Abou Moufla Ben IflTa Ben Abdalâzîz, Auteur d'un 
commentaire fur Offbul fil nahou, qui eft une Grammaire Arabique d'Ebn Sar- 
rage. Cet Auteur mourut Tan 67 j de l'Hegire. ^ 

. Il y a un autre Giozouli, Auteur du Delail al khairat^ les marques excellen- 
tes , qui eft un Traité fur la bénediétion que les Mufulmans ajoutent toujours 
.mxïom de Jetur faux Prophète, qui eft, Salallah dleihi ufaldm^ la bénediâion 

& 



r G I R E F T. G 1 U M A A T.^ 153 

& là ^îf dè/Dieu'^fint :fiir Iiiy.» Ce^ livré eftdans la BibBotheque du Roy, 
tf. 6s7. Cet Auteur fe nomme Abou Abdallah Mohammed Beo Soliman Ben 
Atibekr. : ' . ^ 



» i ' » • - ^ ^ 



GIREFT, Ville capitale <ie la province de Kermàn , ' dont le terroir eft 
fertile en palmiefs , citroniers- & orangers.: • Il s'y fait un grand commerce de 
toutes les mafchandifes du Klhoraflkn & du Segefla^, & elle n'eft éloignée d'Or- 
jnuz que de quatre journée?. 

Les. Tables Arabiquçs, qui la nomment Sirdf & Sireft , lui donnent 88 de- 
grez de longitude & 29 de latitude. Ço fut dans cette ville qu'Abou Nafler, 
fils de.Balj:htiar,.fe réfugia, royez ce titre. 

GIRGIR, Roy d'Afrique dahs les plus anciens tems, tué par Afrikin, fils 
de Kis Hemiadtei Ce JSis étoît Arjihe y de la famille de Hemiar , qui a établi 
une dynaftie pai;ticulière -de Roys en Arabie. Ptolemée appelle la nation par- 
ticulîôre de ces Arabes, les Homerites, & c'eft de cet Afrikin, que la province 
, proprement dite d'Afrique, a tiré foh nom; car pour le grand pays entier, qui 
' fuit une des quatre parties de la terre , ' les Arabes la nomment Magreb , l'Oc- 
cident, quoy qii'cjaSeÔivement ce nom ne convienne proprement qu'à la Mau- 
ritanie & à une partie de la Numidie, 

GÎÛDlOAH ou'Giâdah, Ville Maritifne de l'Arabie Petrée, fituée dans la 
contrée on ptcivînce appellée Hegiâz ou Negd , dans laquelle plufieurs placent 
les villes do la .Mecque & de -Medihe. Elle eft bâtie fur le bord de la mer 
rouge à deux journées de la Mecque , dont elle eft , pour ainfi dire , le port. 

Ceft dans le port de cette ville que les Galères du Turc , qui hyvernent 
ordinairement à Suez dans le fonds du golphe Arabique, viennent aborder pour 
y décUarger les provifions qui viennent d'Egypte & de Syrie , & y charger les^ 
liiarchandifes du pays , comme les cuirs ou maroquins préparez , les gommes , 
le café & les autres drogues de l'Arabie. • 

Gidda eft auffi un entrepos des caravannes qui paflent par mer de Gaidbâb, 
ville d'Egypte , à la Mecque , & c'éft-Ià auffi que les Mahometans croyént qu'eft 
le fepulcre d'Eve. 

. Ceft auffi à Gidda que fe tranfportent par mer les marchandifes des Indes, 
que l'on décharge à Moka , port de la mer rouge qui eft plus méridional , & 
où les plus gros vaiiTeaux peuvent aborder. 

■ 

GIUGH, Cycle des Indiens, qui contient plufieurs Lek,. dont chacun eft 
de plufieurs milUers d'années. Les Philofophes Indiens difent , que le monde 
doit durer pendant le cours de quatre de ces cycles. 

Ils appellent le premier , Sate grugh ; le fécond , Trita giugh ; le troifième , 
lïuaper Giugh; & le quatrième. Calé gîugh. • 

Les trois premiers, feloh le rapportée M. Bemiër, font déjà écoulez, & le 
^uatrièm'e i dans lequel taôus fommes , eft déjà beaucoup avancé. 

GIUMAAT, . laiim al giumâ & al giumâat, le Jour d'aflemblée. Ceft le 
jour que 'les Mahometans ont confacré au culte de Dieu, qui eft le Vendredy 
^ chaque leÙiaJnèiJies Arabes du paganifme le reveroient ayant une tradition, 
ToïJB IL V que 



154 



GIUM A H AT. 



GIONEID. 



que les ouvragés de la création avoient été confommez ce joitf4â 5 & fls Tapi* 
pelloient Jaum al âroubat. ^^ ^' r' \ 

Les premiers Grecs , qui ont combattu le Mahometilme , lans le connoftre > 
ont rapporté le refpeft , que les Mufulmans portent à ce jour ,, au culte de 

rétoile de Venus. , . • „ 

Les Mahometans attribuent à ce jour plùfieurs prérogatives & excellences, 
iomme tm peut voir dans le titre if lofchovâ Ben Noun, 

Ebn Batrik remarque, que Conftantin le Grand ordonna, par un Edît partt 
culier , que le Vendredy de la femaine fainte & beluy de la femaine Pafchale 
feroient fêtez & chômez. Le premier de ces deux Vendredis eft appelle par 
les Chrétiens dXDrient Giumâat al alâm , le Vendredy des douleurs , & le fe* 
cond, Giumâat al Kebîrat, le grand Vendredy. Foyez le titre de LeiflSdiemin , 
qui eft lé bon Larron de la Croix. 

Il y a plùfieurs cérémonies attachées au jour du Vendredy parmi les Mu- 
fulmans, car ils appellent ce jour Seid al aiam, le Seigneur des jours , & ib 
croyant, que le Jugement dernier fe fera dans ce* jour. 

GIUM AH AT. Schamfeddin ou Azeddîn Mohammed Ben Gfumâhat, a 
commenté le Caffidah ou le Poëme d'Ebn Fkrîdi , & comprfé le livre intitulé 
Arhâin Motabainât. Voyez Arbâin. 

GIUMAZEH, efpèce de chameau à deux bqjTes qpî eft de grande fatig«> 
k dont les couriers fe fervent en Orient , pour porter en diligence leurs dé* 
pêches. Nous appelions cet animal un Drojiuuiaire. V^yn Fadhel ^ fils de SohaL 

GIUMGIUMAH. Un Crâne, une tête de mort. Il y a un livre Arabe 
intitulé Kejfat algiumgiumah. C*eft un Dialogue entre Jesus-Christ nôtre 
Seigneur , . & une tête de mort. Cette hiftoire eft prife d'une trajûtion des 
Chrétiens d'Orient, qui dîfent, que la Croix de nôtre Seigneur fut plantée* jut 
tement fur^ le crâne d'Adam , qui étoît enterré fur la montagne que. les Orien- 
taux appellent, à caufe de cette tête, Cranion, & nous autres le Calvaire, qui 
fignifie la même chofe. Voyez les titres de Cranion éf . ^Acranîon. 

GIUM M AN. Ketâb Al Giummàn men mokhtaffar akhbàr alzamân , Pen: 
les recueillies de Tabregé des hiftoires. Ceft une hiftoire générale , compo« 
iëe par Schehdbeddki Ahmed Al Faifi , lequel s'arrête beaucoup fur les cho- 
fes concernantes la Barbarie , dans la fin de fon ouvrée. Cet Auteur était 
natif de la ville de Fez en Mauritanie , & fon livre eft dans la Bibliothèque 
du Roy, n^ 84^1* 

m 

GIUND^ Ville duTurkeftaç, au de- là de Bokharah & vers le fleuve de 
Sihon ou l'Iaxartes des Anciens. Abulfeda lui donne 78 degrez , 45' minutes 
de longitud%, &, félon quelques-uns, 43 'degrez, 30 minutes de latitude Sep*- 
tentrionale. Ceft de ce Ueurlà , où: Selgiuk s'établit d'abord , que les Selgiuci* 
des font venus , & d'où ils partirent pour entrer en Perfe. Voyez Giourd> 
ville de rArabie\Heureufë. 

GIUNEID , c'eft le môme perfbnn&ge qu'Abul Caflem Al Caovarinî, chef, 
de Solîs. Voyez la fucceffion de ces chefs dans le titre. dé Conaovi. Le Raoudli 
Alriahin , ou Parterre de plantes odoriferantejr d'Iafêi dans la feéUaa quatriè- 



G I U NE; I; D, . G I U N E I N. T55 

xm^ cwMjeoC la vie de Giuneid;, qpi) e& repHté un^des plus grande Sainte du 
Mirfulflianîône. Son maître dans la IpirituaJité fiit Abougiafar Af Haiiàd, & 
HàJkgQ fon diiçîple; Il mourut Van 297 de THegire. 

On rapporte de luy cette fentence remarquable , Kimat al enfân becadr htm- 
metihi y le prix & la valeur d'un homme fe mefure à ce qu'il eftime. S'il efti- 
Bie le maEâde^JSn làimt laho^ il n'eii: pas: eâfamble; car le moiide ne Tefl; pâa: 
«'il eftime les chofes de l'autre vie , fakimatho al genmb y le ciel .eft. ion prix : 
mais s'il eftime Dieu par-deflus toutes chofes , fa laniliaîat laho , fon prix eft in* 
c^mable. Foyet tes titres d'imm m de la foy, & de Seri Sacathi^ 

GIUNEID, Père de Scheikh Haîdar, duquel defcendent les Roj^s de ?er- 
fe ^•aujourd'hiiy j était fils de Scheikh Ibrahim , fils de Khovagefa Ali 9 fils de 
Scbadreddix^^ fi^ de '^afied^a, appelle antii^mteot-Scheikh Sefî > qui prétendôit 
defcendre d'Ali. 

Scheikh Giuneid dempuroit, à ArdebiJ , où il avoit beaucoup d'adhérants qui 
étbient de la fefte d^Ali/ H donna tiinfi beàacoup de jalôufie à Gihanfchah » 
fils de Câra Jofef, Sultan des Turcomaris de la dynaftie du Mouton Noir, 
entre les mains duquel la ville d'Ardebil- étôit pour l^rs- 

Giuneid fut donc enfin obligé de la quitter & de fe réfugier auprès de Hat 
fan le Long, ou Ufuncaffan, Sultan des Turcomans du MoUton Blanc, qui re- 
gnoit .en Mefopotamie. Ce Prince le ^ rpçut fi bien , qu'il luy donna même en 
mariage fa propre fille, de laquelle ce Scheikh eut un fils nommé depuis Scheikh 
Haîdîff. 

Il fervît fort utilement Ufuncaflàtt pendant plufieurs années , & principale- 
m«it contre rles^ Géorgiens 1, fur lefquçk il faifoît de fréquentes conrfes , fous 
prétexte de Kelidon, dont il fçavoit, à l'imitation dcf fes . ancêtres , fort bien 
mafquer toutes fes aQJons. Il s'avança même julqu'à Trebifonde , & s'em- 
para devcette fojtte:vilJe,, o^ il laifi^a dans la fuite du tems fon fils Haid^r pom: 
y conaumâer. 

. Apcés que Ginneid le fiit enrichi, du butin qu'il avoit fait fur les Géor- 
giens & fur lef Arméniens , il vint s'établir dans la province de Schirvàn : mais;' 
£es grandes richefles , & le nombre de fes^ partilàns & feclaires , qui le forti* ^ 
Soient de tous cotez, jetterent tant de défiance dans- l'efprit des gens du pays, 
qu*il fe fit une conjuration décrète, contre lui , daiis laquelle il périt avec une 
grande partie des fiens. 

. GIUNEIN-, lieu d'Arabie , qui s'eft rendu fameux iw la bataille que Mla- 
homet y donna la même anni^e qu'il prit la Mecque , qui fut la huitièipe de 
THegire. 

Ce lieu , que cjuelques-uns appellent Honaîn , eft une vallée , où les Haova- 
zenîens & les Thakifiens s'aflèmblerent., après Ja prife de la Mecque,, fous la ^ 
conduite de Malck Ben Aûf. Mahomet, qui avoit douze mil hommes, les at- 
taqua, fes getis plièrent d'abord; mgis ik ne.laiflerent pas de remporter la vie- 
eoire & de faire un très-grand butin , qui les encouragea fi fort , qu'ils allèrent 
de-là attaqua k ville de Thaief dans • Tlemen. 

ll,es Mufuhnans furent cependant obligez d'abandonner cette entreprife S re* 
tournèrent à Giarhanah ,- où ils partjigerent le- butin qu'ils avoient fait à Giu- 
nef n , & ce fuMà que Malek Ben Aiif vint trouver Mahomet & fe fit Muful- .. 
man, pour recouvrer pai^ ce moyen fes femmes, fes enfans & fes biens. ' 

V 2 GlUNEK 



/ 



J5(î G-I tl N E K. *— G R À K. 

CI UNE K & Gîunek Ven. Ceft le fécond cycle fexagenaîrê des Câtibaîeiisv 
qui en compofent un de i8o ans, <Je trois de ceux-cy. Le premier s'appdle 
Schanek ven , le fécond eft Giunek v£n y & le troifième Kha vea. Fayez te 
titre de Van otf Ven. 

GIUNLU5 la quatorzième portion des 24 qui compofent Tannée des Cat- 
haiens & Turcs Orientaux. 

GIUZURAT & Guzral;. CeÀ k Royaume de Guzerate aux Indes Orien- 
tale^ y'oyez le titre de Hend. 

GIZI, furnom dç Mohammed Ben Rabî, Auteur du livre intitulé Tarikh àt 
fahabah fi mefr. Hiftoire des compagnons ou. contemporaiaas de Mahomet , qui. 
ont vécu en Egypte. 

G O B Al Camar ou Gioun al camar , le Golfe de la Lune , Ville Maritime, 
du pays de Hadhramout en lemen ou Arabie Héureufe, fituée entre Scharmah- 
& Merbatlî, villes de la^ême province. - ■ ^. 

GOG& Magog. f^oyez les titres i'Aouge, rf'Iagiouge ^ de Màgiouge. . 

« 

G O LA M Thaleb , le jeune homme d^fireux , furnom , d'Abôu Omar Ben- 
Abdalouahcd , Auteur du livre intitulé Efma Al fchoâra > les noftis des Poëtes. 
Orientaux. . 

G O L A M Zôhal , l'enfant de Saturne; Nom d*un Aïlronome célèbre , quî^ 
vîvoit du tems d'Adhad eddoulat , Sultan de la dynaftie des Buides. Abulfara- 
ge cite de luy im fentîraeqt fort jufte qu'il faifoit de TAUrblogie; car il di- 
foit,-que c'étoit une. fcience fort incertaine, puifqu'îl y avoit-de certaines con- 
ftitutions & figures du ciel, qui ne découvroient rien que de faux-i à ceux qui 
pénétroient le plus avantrdins les fecrets dé cette fciéncè; '& d'autres ,• qui dé- 
couvroient des véritez, même aux plus ignorans. • , 



. GOMRI , furnom de Mohammed Ben Omar , mort l'an 849 , Auteur 
'ouvrage intit ulé EntiJJjir letbaHk alqkhbdr 5 qui eft une méthode pour appi 



1 

dre l'hîftoire. 



de 
appren- 



G O R A B A ; plurier de GariB , qui fignifie en • Arabe ^ ce qui eft étranger , 
rare & inufité. Leflan al goraba , la langue des étrangers. C'eft une langue 
différente de l'Arabique, de laquelle on fe fert néanmoins en Arabie; mais l'u- 
fage en eft rare, & elle palTé pour inufitée. l^oyez le Divan de Safi Al Hollî> 
page 258.. Il eft dans la Bibliothèque du. Roy, n*. 1168. 

GORAR Al Belagat, ce qu'il y a de plus brillant dans l'éloquence. C'eft 
le titre d'un Florilège ou Recueil de bons mots, fait par Thâalebi , qui lui 
à donné encore le nom d'Eêgidz ûl igidz. Il fe trouve dans Ja Bibliothèque 

du RT)y, n\ 1058e • 

... I 

GORAR Al KhafFaîs, &c. Livre de morale, quî'traite des vertus & des 
vices en fcize chapitres^', compofé par' Abou Abdallah Mohammed Ben Ibra^ 

•• ■ • him 



G é Û G Ô-U. -«= G U L S^C H È ï?. i^^i 

him fien lahla AI Ratebi AI Vathovath. Il ell dans la Biblio^eqne' du Roy, 
n". "43- . . 

GOUGOU ou Cougou, Ville capitale des Soudan, c'eft-à-dire , des Nègres 
qui habitent au de-là la ligne Equinoéèiale , dans laquelle le plus grand Roy de 
toute cette nation fait fa réiidence ordinairç. Les peuples qui Thabitent- font 
tous infidèles, c'eft-à-dire , qu'ils ne font pas Mufulraans.. 

Quelques (Géographes la placent^ entre l'Equateur & le premier Climat 5ep. 
tentrional. Foyez le Géographe Perfien dans lé premier chapitre de fon" ouvra- 
ge, où il traite des lieux qui font entre l'Equateur & le premier Climat, 

Il femble, que cette ville foit celle que nous appelions aujourd'huy Congo, 
dont les habitans font Nègres & Idolâtres. ♦Les Portugais y ont envoyé & en- 
voyent encore fouvcnt -des Miflîonnaires , par le «moyen defquels la Religion* 
Chrétienne y a fait déjà de fort grands progrez. 

Edriffi dit,. que cette ville eft diftante de vingt journées d'une autre appel- 
lée Coughâ , qui cft plus Méridionale , & que c'ell-là que fe trouve le bois>. 
appelle par les Arabes Aoud alhiat , Bois de ferpent , appelle par les Portugais* 
Palo de Cobra , lequel , félon quelques-uns , attire à foy les ferpens & leur ôte • 
leur venin ; mais , • félon les autres , il a la propriété de les chafler* Ce bois 
eff aflbz femblable à ccJuy.que les Arabes appellent Aker Carha.,\qui eft le 
Pyrethrc . 

GRAN., nom d^une ville de Hongrie, que nous appelions ordinairement'' 
Strigonîe. Les Turcs la nomment aufli Eftrigoniah du mot Italien* L'on dît , 
que ce mot eft corrompu A^ IJirigranium , à caufe que cette ville eft iituée au*^ 
conflans d'une rivière nommée Gran , & de l'Ifter ou Danube. 

GRIGORIOUS Abulfarage, Médecin & Hiftorien Chrêtiea , * eftimé pap 
les Mufulmans même. Pokok l'a fait.connoître en Europe, par la tradiiélion 
JLatine qu'il a faite de fon abrégé des Dynaftiés.. Foytz Abulfarage. 

GtJD ARZ, un des plus grands Capitaines de la Perfe , qui conquit la Ju- 
dée, & prit Jerufalem fous le règne de Lohorasb, Roy de la première dynaftie' 
de Perfe , & foûtint pluficurs' guerres contre Afrafîab , Roy du Turqueftan y^ 
lous lès premiers Roys de la féconde dynaftie. Il fut père de Guiu , qui fe 
rendit ' aufîî célèbre par fa valeur dans les règnes fui vans. 

GUL ENDAM, MaîtrefFe de Baharam. Katcbi , ' Poëte Perfîen^ , a écrit 
un Roman i intitulé Baharam ye Gui Endâm. Baharam fignifie en langue Per- 
fîenne Mars ,. & Gui Endam , Corps de rofe ^ Epithete de Venus : de forte que 
ce Roman peut s'appeller les Amours de Mars & de Venus , ou de lïeux per- 
fonnes qui portoient ce nom; 

GULISTAN, Jardin ou Parterre de rofes. C'eft ïe nom d'un ouvrage' 
fort eftimé dans tout l'Orient, compofé en làngue^Perfienne , & mêlé de pro- 
ie & dé vers, par le fameux Sâadi Schirazî Moflcheddin , l'an 656 de 1 Hé- 
gire. Gentius l'a traduit en Latin & lui a donné le nom de Rofarium Foliticim. 

GULSCHEN' Rdz, le Rofier ou le Jardin dés fecrets. Livre' Perfien en 
vers fur la . Métaphyfique , & fur la Théologie myftique de^ Sofk y il con^ 

V 3 ^ tient. 



ï5» iG UW D E H. G U R G E.' 

tient' des demaode* & des réponfes en forme de Catechifinev Son Autewr tSk 

inconnu. 

Le Scheikh Mohammed Al Tabrîzi Al Hateri a compofé un ouvrage pour 
le réfuter, qu'il a intitulé jlzhdr Gul/chen^ les Fleurs du Jardin. 

GUNDEH & Gundah, nom d'un monftre marin , qui ne fé voit que dans 
les mers d'Iemen & de Herkend. 

GUNDOGDI, r Aurore ou le Jour naiflant, nom du fils de Soliman Schah, 
Ayeul d'Othman , duquel nous venons de parler , Se frère de Sancpur Teghin* 

GUNDUZ & Gunduzin, fils d'Orthogrul & frère d'Othman, Fondateur de 
la dynaftie des Othmanides , qui Ibnt les Sultans de Conilantinople. Ce mot 
fignifie en Turc le Jour. 

GUREH & Tchefchm Guréh , nom ancien des Turcomans, lorfqu'îls paf- 
ferent avec les Sclgiucides du Turkeftan en Perfe. f^oyez ks titres de Oiz & 
de Turk- 

GURGE & Kurge. Les Géorgiens, Gurgîftan, la Géorgie. Les Géorgiens, 
peuples qui habitent les environs du Mont Caucafe au couchant de la mer 
Cafpienne , ont toujours été Chrétiens , quoy qu'environnez de tous cotez par 
les Mufiilmans. 

Du tems des Samanides, Abou Naffer, Roy de Géorgie , qui avoît été fub- 
jugué par le Sultan Nouh , fils de Manfor , avoit remis les Etats entre les maiiu 
'de Schah Schàr, fon fils, & vivoit en particulier à la Cour de ce Prince. 

Mahmoud , fils de Sebecteghin , Sultan des Gaznevîdes , fit la guerre à Schah 
Schâr. Altun Tafch , Général des armées de ce Sultan , le défît & l'envoya 
prifonnier à Mahmoud. Mahmoud lui rendit la liberté & le rétablit dans &s 
Etats , à condition quMl^ y vivroit en bon & fidèle vaffal. 
. Schah Schir s^étant révolté contre le Sultan , fut défait & pris prifonnier 
une féconde fois , & envoyé au Sultan Mahmoud , qui le fit fouetter comme 
un efclave échappé , & renferma dans un château où il finit fa vie. 

Ainfi finit la dynaftie des Schars, au rapport de Khondemir, qui dit, que ce 
nom de Schâr étoit commun à tous les Roys 3c Géorgie, comme celuy de Cae- 
far , dont celuy de Schàr pourroit être corrompu , de même que le Czar des 
^ Mofcovites, Fétoit aux Empereurs Romains. 

Cependant il s'éleva bien - tôt après une autre dynaftie de Roys dans le Gur- 
giftan, qui foûtinrent une longue guerre contre les Selgiucides, fuecefîeurs des 
Gaznevides. Alp Arflan le Sclgiucide remporta de grands avantages fur les 
Géorgiens : cjr il en dompta une grande partie qu'il reduifit en efclavage , les^ 
obligeant de porter un fer à cheval pendu à Toreille, pour marque de leur 
fervitude. 

Malek Schah , Sultan de la même race , continua à faire des progrez dans 
la Géorgie , 6ù il prit le fort château de Miriam Nifchîn. Feyez le titre de 
Màlek fchah. 

' Les Khovarezmiens , qui fuccederent aux Selgiucides, firent auffi la guerre à 
ces peuples > fans pouvoir lesi aiTujettir entièrement Gelaleddin Mank-Berni fir 

de 



GUROVAN. -7— CîUZARATE: ^59 

dé grands exploits çn ce pays Jà, cmm Fon peut voir dms/m.titrt;:mdi$ -toutes 
les viâoires qu'il remporta , n'empêchèrent pas que les Mogols ou Tartares 5 
qui pondèrent enfuîte lès Çtats des Khovarezmiens , n'ayent été obligez d'ê- 
tre toujours en armes contre des peuples fi féroces & fi indomptables. Foyeà 
le titre ifAbudid Ben Algiaptu- 

Aboulfarage . veut ^ que ^es Gurges ou Géorgiens foient les mêmes ique lefi 
Khozares ; mais ce font deux nations bien différentes. Les . Khozares' Jbabiten( 
au Septentrioii de la mer Cafpienne, & cpnfinent avec les Turcs. Orientaux ou 
Tartares. Les Tables Arabiques marquent pouf capitale de feur pays la ville 
de Balangiar, qui eft à^ 85 degrez , 20 minutes de longitude , & à 46 degrez^ 
30 minutes de latitude : & les villes de Schamcur & de Teflis , dont cette der^-^ 
nière pafle pour la ville Koyale des Géorgiens , font ûtuées à 83 degrez de 
longitude, & à 44 degrez de latitude Septentrionale.' 

GUROVAN, Montagne la plus ftérile de toute l' Arabie ; eHe eft dans la 
province nommée Hëgiàz, aupr^ de la ville de Thaief, 

GURSCHAH ou Gaurfchah. Nom du quatrième fils de Mohammed Kho*^ 
Tarezm fchah; Il faut voir le titre du père. 

GUS CHIR & peut-être Gâufchir, Ville capitale de la provînfce de Kermdo? 
en Periè) bâde par Ardfchir fiabegàn, Roy de Peiië, fondateur de la dynaftie' 
des Saflanides. 

GUZA'RATE. Voyez le titre de Hend, eu Hînd & Sind. 



X 



j»mssvetiWKti)o»)smmmmtpam»tvai0ia(0iemami9m»»m 



HABAB. HABASCH. 

#tf«^^ABABj fiirnom d'AbouTaîd , Chef & Prophetq des Carmathes^ Foyez 
^ TJ % Aboufaîd. 

«e%w^^ HABA3CIf, fils de Coufch ou Chus, fils de'Kenaan ou Chanaan, 
fils de Ham ou de Cham, fils de Nouh ou Noé. C'efi: de lui que les Arabes 
ont pris le nom des Abiilins ou Ethiopiens ; car Habafch étant pris colleâive«- 
ment, fignifie chez eux l'Ethiopie. 

HabaCch & Habafchi fignifie un Abifiîn ou Ethiopien , le plurier de ce nom 
eft Hoboufch & Hobfchàn, les Ethiopiens > que les Perians appellent Siah Hin* 
dpU) les Indiens Noirs. 

L^ Gîrammairiens Arabes veuleat que le mot de Habafchah, qui fignifie auflî- 
l'JEItfaiopie , vienne de celuy de Hoboufchah , donc le plurier eft Ohoboi^ch &. 
Aiaabifch , qui fignifie un peuple mêlé de différentes nations originaires de di- 
vers pays , qui vivent unis enfemble , & que c'eft la véritable étymologie de 
HabaTcb^ nom qui comprend le$ Abiifîns, les Nubiens & les Fonges. 

. Abdal- 



Abâalmaàl ' marqàe pour confins de TEthiopie, du cô'të du midy, leZanjgue- 
bar, ou la Cafrerie: à TOrient la mer rouge: au Septentrion, le dèfert quieft 
èntce la Mer rouge, la Nubie, .& la haute Thcbaïde: &-à TOccident celui de 
fiâgîah ou Beggîah. * 

Les Arabes appellent, encore les Ethiopiens du nom que les Hébreux leur 
donnent i qui èft -Courchim , à caiife de Coufch ou Chus > pere Je Hajjafch , -que 
les Hébreux ne cohnoiflent point : car feton ia Genpfe Cham .eut pour- énjFans 
Chus, Mefraim, Phut, & Chanaah, & par xonfequerit Chus létoit frère, "& non 
pas fils de Chanaan. La ville capitale & Royale de ce pays s'appelle Germî, 
felon Abdal-mâal, Naffir-eddin, & Ulug-Begh; ces deux derniers lui donnent 6$ 
degrez de longitude , & pVdegrez, & 30 miriutes.de latitude Septentrionale, 
entre la ligne Equinoftiale, & le. premier Climat qui';ne conimence félon les 
Arabes qu'au douzième degré, 

. Abdalmâal d;t qucrc'ei^ une fort grande ville. Edrifli dit que la capitale d« 
rEthîôpie fe nomme Gîonbitah: aujourdTiuy c'eft Axumah. 

Sehertah & Hadiah foht des villes du même pays ,'fituées au de-là du'premîèr 
Climat , 'auffi'bien que Marcath,.ou Marcathah. 

Macdafchou efl entre le pays de Zenge,& celuy de Hàbafchah , . fes hàbîtans 
font Mufulmans , & un grand fleuve qui déborde en Efté comme le Nil , paJQTe 
le long de fes murailles, dont l'enceinte cil fort grande. . : 

..Zilâ & Zailegh eft auffi une des villes d'Ethiopie , où les chaleurs font fi 
«xceffives , qu'il n'y croît aucune forte de fruit : il y a cependant beaucoup 
de Mahometans qui s'y font habituez, & qui font un très-bon accueil auxMar* 
. chands Mufulmans "qui y trafiquent. • ' \ 

Scherif Al Edriffi met auffi au nombre des villes d'Ethiopie celles d'Atent, 
de Baktbi , & de Mancounah , & il y a d'autres Géographes qui veulent que 
Gaidhàb, ville. & port de" la mer rouge du .côté de la Thebaï4.e, d'où l'on paffe 
à Gidda en Arabie, foit du même pays auffi-bien que l'ifle & la ville de Soua- 
kcn dans la même mer. 

Ce fleuve dont il eft parM cy-dcfl!hs,-cft fort -grand , & fe -jdtte dans le Nil 
proche la ville dlalak. C'eft fur fes bords que les villes de Gîonbitah, de Ma- 
rakthah, & de Nagiagah font fituces. 

Une partip de VArabic , & particulicrcmcînt celle que nous appelions Heu- 
reufe, a autrefois -été comprifc fous le nom d'Ethiopie, à canfe que les Abif- 
fins qui Tavoientconquife , la polfcdcrcnt long-tcms, comme fort ptut voir dans 
les titres d'Ibrahim al.Afchram, & de Mofrouk. Mirkhond appelle la côte ma- 
ritime deM'Iënien qur.eft au dc-là, & au de-ça du Détroit de Bab almandhab, 
oh les Ethiopiens ' ont règne , du nom de Habafchah. 

"Dhou Izen Roy de l'Iemen les en chafla avec le fccours des Perfes. Quel- 
ques-uns veulent q.ue ce fut fon fils Saif , & d'autres , Mdadî Carb fils de Saif : 
mais, qiioy qu'il en foit j les Perfes les chaflercnt enfin fous le règne de Nou- 
fchirvan qui y envoya des Gouverneurs, jufquà ce que Mahomet, & les Kha- 
lifcs fes-fuoccfTcurs /e. rendirent les maîtres de .toute l'Arabie, t^oyez le JLivre 
intitule Boghiat /iV'moJlafid. • • 

•Les Ethiopiens veulent que 'Sàlamah , Evcque, qui leur fut envoyé>par fkint 
Athanafe , fut le prenjier qui les baptifa ; car jufqu'alors ils n'^voîent que la 
circoncifion qui leur fut enfeigriée par Sadok , grand 'Prêtre des Juifs ,' qui leur 
eavoya. fon fit pour les inftruire au Jud^ïfme du tems de Salomon,- ~Koyéz la 

vie 



[ : \ HABIR • ^ x6t 

vie de TiçallKaifflaiîoath qui eft dans la Bibliothèque du Koy n\ 79^. Payez 
auffi le titre de f oummentius. . 

Ebn Amîd rapporte que fous le Khalifat de Motaflem le huitième des Abbaf- 
Cdes, il y avoit en Ethiopie un Métropolitain, car c'eft ainfi que les Abiffins 
appeltent œhiy de leurs Evéques qui a la fuperiorité fur les autres; il portoit 
le nom de Jacob > & vivoit en réputation de fainteté parmi eux. 

T.. n^««M^ J^ p3ys qui n'étoît pas ''"♦^''^«**"* -*'» ^^ '^'^•^j."-.- i- 

t rabfence dû Roy Gyn 

Métropolitain fe refugiî ^ ^ ^ 

& Ton dit qu'après ik retraite il arriva de grands malheurs dans le pays que 
Ton attribuoit à la perfecution que fouffroît un fi faint Prélat 

Le Roy d'Eçhiopîe étant de retour de fon expédition, envoya une ambaffade 
au Patriardie d'Alexandrie pour lui demander pardon de rexpùlfion qui avoit 
été faite du Métropolitain fans fa participation, & le pria fort humblement de le 
luy renvoyer. Le Patriarche eut égard aux prières du Roy & Jacoh fut reçu 
des peuples avec une joye univerfelle. 

Le même Auteur dit que les Abiffins peuvent, quand ils veulent, empêcher 
' le débordement du Nil, ^ que Tan 482 de THegire , de J. C 1088 , fous le 
* Khalifat de Moftanfer en Egypte, le Nil ne croiffant point, menaçoit TEgypte 
d'une grapde famine. Le Khalife pour prévenir ce malheur , obligea le Pa- 
triarche ,d' Alexandrie nommé Michel 9 d'aller en ambalTade de Ci part t auprès 
du Roy d^Ethiopie pour obtenir de luy que Ton levât les éçlufes qui empé- 
choient le Nil 'de çroffir. 

Le Roy d'Ethiopie ayattt appris là venue du Patriarche , fottit au devant de 
luy avec toute fa Cour, & le reçut avec des demonftradons d'un très-grand 
refpeft , lui accorda fit demande , & le renvoya fort fatisfait des honneurs qu'on 
luy avoit faits. 

HABIB. AE Ben Mohammed qui defcendoit d'Ali du côté de Houffain, 
& touchoit ainii de fort près aux Imams , prit le furnom de Habib , qui fîgniSe 
Amy, parce qu'il vouloit être chéri de tous fes feftateurs. Il fe rendit maître 
de la ville de BaQbra, & de fes environs fous le Khalifat de Motammed,, y 
régna pendant quatorze ans , & eut le loifir de bâtir la ville de Mokhtàrah qui 
n'en étbit pas éloignée. 

Il fortifia fi bien ce polie, que Mouafi^ek, frère du Khalife Motammed, qui 
luy ùiCoit la guerre, fut obligé de faire Confl:ruîre une autre ville pour l'aC 
fieger, à laquelle il donna fon nom. Cette ville fut donc nommée Mouaffîkiah, 
& fervit à ferrer de fi près Ali , qu'il fut enfin contraint d'abandonner là ville 
de Mokhtàrah, que Mouaffek prit, & faccagea. 

Ali fut peu de tems après pris luy-même, & MouafTek l'ayant fait mourir, 
fit porter fa tête au bout d'une lance par tous le^ lieux de la Province & en- 
Ibite à Bagdet, où elle fut attachée à la porte du pont. Cecy arriva l'an 270 
^ VHepxe^ de J. C. 883. 

Cet Ali fe difoit fauflement être de la race du premier qui étoit gendre de 
fidahomet, & prenoit le furnom de Habib, le Bien aimé, titre qui n'appartient 
proprement , félon les fentimens des Mufuhnans , qu*à leur faux Prophète. 

Ce fourbe avoit attiré par une faufle apparence, de pieté , beaucoup de ca- 

■cisaille à là dévotion, qui étoit foûtenue par le nom> & par fautorité d'Ali: 

* ToM£ II X mai3 



lU HABIB. i-SÀlULBAN. 

mais la vent^ cft qu'il tiroic fon origihe de la fainflle é-AbdA <5iîs, êc qtte'tt 
plupart de fes feâateurs étoient Zenges , ç*eft-à-dfre , de ces geœ TdwaSéi qw 
nous appelions Bohémiens. 



HABIB. Abou Jofef Jacob Ben Ibrthim Al^Cai^, eft ocdiniiremmt deé 
fous le nom d*Ebn Habîb. Il eft Auteur d'une hiftoive qui poite le ticcre de 
Tdrikh Ebn Habib. 

Bédreddîn Abou Mohammed HalSn Ben Omar Ben HaMb a cohr^ofé deux 
ouvrages, dont Tun eft întituié, Nt^m al Saba^ le Soufle du vent Oriental; 
& Tautre Schodour u Zeher al zohoar , Florilège. Ils font dans la Bibliothèque 
du Roy n^. 1173. Foyez auffl le titre de Mazeni. 



HABIB Allah. Nadhmeddin Ben Hkhib-alldi a^commenté en Jangoe Për- 
înne un traité de TAffrolabe^ oue Naffir-c " " ' 
hngue fous le titre de Bait b(Ùi fil qfthartàb. 



fienne un traité de rA%olabey mie Naffir-eddin Thoolfi a éctit. en la même 



HABIB Al Seir, VAmy du voytgt. Ceft^ce que nous appellott dana^ Ifu- 
Êige du vulgaire, un f^i mecum. 

II y a un livre de Gelali qui porte ce nom. f^oyez le titre de Msitàzer ^ Pbif- 
ion d'or, & un autre de Khondemir, que plufieurs veulent être le même que 
KhelaiTati al akhbdr ; & qu'il ne faut pas confondre avec le Haoui al Soj«r>. 
qui eft un recueil de plufieurs vies dé Prinoe^, & autres perfbnnes iiluftpes. 

« 

HABIB Ben Aous , c-eft le mime' qi^ASoii Temim qui paflè;^ pour le Go* 
typhée des Poëtes Arabes». 

HABIB, avec une alpSration fîmple, fignifîeen Arabe le Defert deNitrie^ 
qui eft divifée en deux parties , dont la plus montueu^e s'appelle Gebal al. 
sathroun, la montagne du mtrè, & la plus ftafie, ou OvacË HsÂib.^ la. Vî^léé 
de Habib, où eft la vilte de Scheté ou Scetis des Anciens... 

Cette vallée , & la montagne qui la couvre , ont été autrefëfe remplies de 
Monafteres , & de Solitaires , dont vous pouvez voir les vies écrites fous le- 
titre d'Arbain Khahar , les quarante Wftoîres , dans la Bibliothèque dû Roy n^ 797*. 

' U n'y a. prefque qute la Mareotide entre ce defert, & la ville cTAlexandrie. . 

Voyez lé titre de Gebàl al nathroun. 

HABÏL. Abel fils d'Adam. Voyez' fin htJiUre dont le titre de Cabfl qm eSt 
Cain fbn frère. Les Syriens montrent encore aujourd'huy le Keu où Abel fut 
tué par Cain auprès de Damas. Voyez Demefdik. 

IHABRAN^, petite ville de Tlemen ou Arabie Heureule , fituéé dan» une 
plaine arroulee de plufieurs ruilfèauz r qoî la rendent très-fertile , âc àxmdmte 
en diverfes fortes de fruits. Elle eft habitée par des Arabes de diftirentss 
^bus, venus des vIHes de Sanâa. &; de Steda. Habrin eft à x 48 milles de 
éet^e dertti&rev& à trois journées^ de^ la j^renere^ félon Edriffi^ dansciti fbdèm» 
partie du premier Climat. 

. HABÛLBAN. Voyez mu, 



• • 



*r AD "D A D» *— . if A D îi E R, 



f<^ 



bcm Mohammed Hal^ 
d'Adab d CadM , des q 
Schafeiens. 



HADDADI, femom d'Abdalraouf Al Mânaovî , Auteur du lîyre intitulé 
SrgJm AuHa al fékOian , des viâtoires remportées par les Saints fur les De* 
mons , éc de Omaksè al àorriak fi memkà al Sofiah , les loâaiigôs* deâ Religfeux , 
:^ de la vie relîgiedfe. 



HADiHAIK Al Siiir^ Ait Poëtiqtie CQmpofé par Rafcfaidi , Poète Perfien.- 

HÀDHARI & Hadheri, furnom d'Azzeddîn, Auteur d'un Cqmmentaire fur 
•le ;Sabih de Bokhari» qui fe trouve dans la Bibliothèque , du Roy n^. 720. 

Ceft auflî le fixny)m de fchamfeàdin Mohammed, Auteur du. pi-ivre intitulé 
'OJfoul al carat y ou al cotât ^ traité fur la manieue de lire TAlcoran, ou fur les 
•Sorcs^ coapûfé vers l!an ^o de THegire^ 

HADÏîER Nadher, ou Hadhir Nadhir , Prefent j & Voyant. Ceft un des 
attribufis de Dieu qui eirprîme Ion immetifité; Khabif & Baffir, Connoiflant, & 
teneffant de fa vue , fignifie là même chofe ; ce font des termes répétez fani 
cefle par le plus impie des hommes dans fon Alooraa * 

Au charftre intitulé Bacrah , ou de 'la vache rouflê de Moj^ 5 on lit ces 

Biroles: U AUah hema tameluna Khàbinm* Dieujçait tout ce que vous faites^ &c. 
uf&in Vaèz les paraphrafe ainfi. Vous^ qui faites profeflîon de pieté, rie vous^ 
^affligez jamais de quoy que ce foît: car Dieu connoît vos bonnes œuvres, & it 
les recompenïêra. Et vous pécheurs, puifque vous (çaveàî que Keu cc^nolfc 
vos mauvaifes avions , faites - en pénitence, pour éviter le châtiment. 

Le Methnevî dit fur ce même texte : Celuy qui croit que JÛietl le voit dans 
*c2mqtiç^ moment de fk^vie, ^oît ppfër atcentivement toutes, iès paroles, & régler 
^Qicaéli^eQt toutes f^raftlcyis. 

Au chapitre Kefla , ou des femmes , dans le même Alcoran , Ton trouve ce 
"verfet. En Allah kan alaikom rakiban. Dieu a toujours Vœil fur vous. iTn Au* 
^teur Perfien expBquant ce paflage , dit fort ^e^mment : Celuy qui croit fer- 
mement que Dieu eft Hadher Nadher der hemeh giai^ ce qui fignifie ai Per» 
•fien, prelent ep tout lieu, doit fçavoîr qu'il n'y a ni porte , ni ipucaille, ni 
huiffier , qui le puilTe garantir ^e fa vue , i^ que mille , & miUe voiles , ou 
portières, les unes fiir les autres, ne peuvent pas luy donner affez d'aflurance-' 
pour Toffenfer. ' 

Au chapitre intitulé Alak , qui eff le 95 ^ du même li>5^e , il eft dît , alam 
iiOem btam àllah iura. L%mme ne fç^it-il pas que^ Dieu le regarde ? Selemî dit fuf ' 
<:i paf&ge tes paroles fiiivantes. Ce yerfet comprend ufte promeiTe , & une 
'"menace; car il s'adreflfe à Thomme de bien^ & luy dît: Travaille à fervfa- Dieu,* 
puifouMÎ eft preCerit pour te recompenfer, D <Ut à l'impie : Convertis - toy ; 
car Dieu voit ton îniolénçe , & il la punira : D ^it .à rhypocrite , Purifie tes 
întentions; pdfque tu (^ qwe Dieu pénètre le fond de ton cœur : & enfin 
il: ^ïhoite rhorame dévot & fe prjrferver des moindres fautes , puifque Dieu 
iHSdaire de toos <d5tez. 
Ceft daitt la con&deration de ce dernier point qn'un Dervifche pleuroit 

X & toù- 



/ 



I 



104 HADHIR.— — HADHRAMOUT. 

toujours 9 & ne fe pouvoit conibler ; car lorfque Ton Tafluroit que Dieu iui 
avoît pardonné fes péchez, il répondoit: Je veux bien que cela foit ainûf 
maïs comment voulez- vous que je fupporte la honte de paroître devant luy eu 
état de pécheur, 

Saadi dit qu'il n'y a rien de plus intime à un chacun que la pfefence de 
Dieu, & qu'il n'y a rien cepencfaût qui lui foit moins connu* 

Cette prefence, dit Cafcbiri, fait qu'il n'y a point de jour d'hier, ny de de^ 
main, pour un vray ferviteur de Dieu, frayez k titre rf'Adam , dans lequel 
vous trouverez le pafte que Dieu fit avec luy, & avec fà pofterité, en quoy 
confifte le plus grand fecret de la vie fpirituelle, félon ce même Auteur, qui 
ajoute que la prefence de Dieu ralFemble, & réduit toutes chofes à l'unité, 
ne permettant pas que l'ame foit diflraite par la multiplicité des objets, f^oyet 
fur cecy le titre de Kobair. 

Giuneid dit que l'attention à cette prefence intime de Dieu , eft l'exercice 
particulier des hommes fpiritueb en ce monde , & que c'eft elle qui fera la 
félicité des bienheureux dans le ciel. v_ 

Comme Dieu eft prefent en tout lieu^, il importe peu de choîfir l'un plutôt 
que l'autre pour l'adorer. C'eft àinfi que parlent les Mufulmans les moins 
groflîers , & ce fut la ràifon que Mahomet rendit de fon inconftance , lorf- 
-. qu'il fubftitua le temple de la Mecque à celuy de Jerufalem > pour être le 
Keblah, ou point de convër(îon, félon la manière de parler Anibfque,. c*eft-àr 
flire, l'objet local du culte des Mufulmans. f^oyez le titre de Keblah. 

Les Schiites ou Seétaires d'Ali , tirent de cette immeniité de Dieu , une 
confequence qui favorife leur opinion ; car ils difent que cet attribut dans Dieu 
fait qu'il fe manifefte, & apparoît dans des individus particuliers, d'où ils con- 
. cluent témérairement que fi Ali n'ett pas Dieu, au moins en approche-t-il fort 

HADHIR. Ployez le titre précèdent Hadher. 

HADHIRI, fumom de Sâad Ben Ali Al Varrak , mort Tan s^Sj Auteur 
d'un traité de Logogriphes , & d'Enigmes fous le titre de ^dgjUtz fil ahdgi w 
éd algàz. 

HADHRA. frayez Gezirat al hadhra, ou Tlfle verte qui eft dans }s\ mer 
des Indes, appellée Verte. 

^TADURAMOUT , c'eft le nom d'une ville ,- & d'ua pays particuUer,. 
€X)mpris dans la grande Province Me l'iemen, ou Arabie Heureufe, que les An-, 
ciens ont connu fous le nom d'Hadramythena. Ce. nom eft tiré de celuy d'une. 
tribu defcendue de la famille de Hatfarmout ,, ou Hatfarmavet, troifième fils- 
de Joftân fils de Heber, dont les enfans ont peuplé l'Arabie.. 

Abdalmoal, Géographe Perfien, met la. ville de Hadhramout dans la Province, 
dTemen,. & dit quelle n'eft éloignée de la mer d'Oman, qui eft l'Océan Arabi- 
que, que de quatre journées, fl écrit auflr qu'il y a dans le pays de Hadhra^. 
moût une montagne nommée Schîbara., cultivée & couverte de plufîeurs bel* 
fes bourgades, dbù l'on tire les plus belJe& onyces, & agathes de tout l'Orient. 

La ville de Saba qui a été autrefois le fiege des Tobais ou Roys de Fie-- 
men,, appartient au pays de Hadhramouth. La ville qui porte le nom de Ca-- 

hac 



H AD RA Ô Vt H AD't ^ teg 

bar.:Houd à eaufe du fepulcre de Hbiid, oir Je Heber le Patriarche, que les 
Arabes y révèrent, en eft auflî. Les campagnes fablonneufes , que les Arabe* 
appellent Ahcâf où Ton trouve de TAloës en abondance, font dans cette Pro- 
vince. Cette efpece d'Aloës porte le nom de Sabr alhadhri , pour le diftinguer 
de celuy que Ton appelle Soccotori qui le furpaflfe en bonté. Les Adîtes ap- 
peliez dans TAlcoran le peuplé de Houd , ont autrefois habîf é ce pays, f^^ez 
& titre d'Aà. 

Hadhri & Hadbrami , natif, ou originaire de Hadhramout. Tels étoient Eba 
Asfour, & Ebn Jardoun. 

Abou Abdallah Mohammed Ben Omar Al Hadhrami eft TAuteur die Fath at 
acfàl udharb al amthâl , qui eft un ouvrage de grammaire Arabique , en farm^ 
de commentaire fur le poème intitulé JJamiab ou Lamiat d'Ebn MaUk Al Néh 
hocviy que Ton trouve dans la Bibliothèque du Roy n*. 109^, 

■ Il y a auflî un Abdahnalek , fils d'Abdallah, petît-fils du précèdent, Auteur'- 
qui porte auflr h furnom de Hadhrami, 

H ADHRAOVI, furnom de Haflan Ben Abdalrahmari Ben Adhra. 

• 

HADI, Quatrième Khalife de la Maifon des AbbafEdes, étoit.fils de Ma-- 
hadi qui en fut le troifièm^e, & frère de Hâroun qui luy fùcceda. Il ne regha 
qu'un an, & 8a jours, & voulut ôter à Haroun^ fon frère la fucceflion qui luy' 
ét^t fubftituée , pour la donner à Giafar fon fils qui. n'avoit pas encore atteint 
rage de puberté; mais lahia fils de Khaled Al -Bàrmeki , perfonnagè de grande 
réputation pour fa prudence ^ & qui pofledoiC la charge de Vizir, l'en difluada^ 
e& luy reprefentant que les Mufulmans vouloient un Khalife qui leur fit la 
prière, & le fermon, qui les pût conduire au pèlerinage de la Mecque,- & qui 
marchât 4 leur tête, lorfqu'il faudroit combattre. 

Le Khalife feignit d'approuver ce difcours; mais il fit appeller lèci<ètëtfieiit 
ïfarthamah, homme de confiance, auquel il commanda de tuer Hafôûn fon'' 
frère , & lahîa fon Vizir. H le tenoit caché pour cet eflPet dans fon Palais, 
lorfqu'en vîrôn l'heure de minuit , Harthamah entendit la voix de Khaizurân , mère 
da Khalife , qui l'appelloit par fon nom , & qui lui fit voir Hadi mort fur fon* 
lit; ce Prince venoit d'expirer fubitement par une toux qui lui prit, après avoir 
bû un verre d'eaui ^ 

Harthamah reçut ordre en même tems- dé cette Pi-încefle d'aller avertir Ha-- 
roun, lequel ayant vu fon frère mort, fe fit en même- tems proclamer Khalife 
J^an 170 de THegire. JChondermr. 

HouflTain fils d'Ali , fils de Haflan , fe révolta contre le Khalife Hadi Tan de 
THegire 169, de J. C. 785.. Il fe fit proclamer Khalife dans la ville de Mediné, 
quî's'étoit déclarée ouvertement pour lui: & vint de là à la Mecque , où i|i' 
fit tuer tous les pèlerins reconnus pour être du fang des Abbailides. 

Cette révolte coûta cependant bien elier aux Alides iflTus du fang d*All ; le 
Khalife Hadi ayant défait Houflàin, fit côupper la tête à ^ plus grande partie 
<le iës gens, & de fa famille , & cafta toutes les penfioor, & appointemens^ 
dont fls joiiiflbient par un privilège particulier. 

Houffain avoît la réputation d'un homme vaillant, & trèsJiberal : car on dit" 
que le Khalife luy ayant donné un jour quarante mil écus d'or, il diiîribua 
«ntiefement cette fomme entre les habitans de Bagdet , & de Coufa, & ^e' 

X a, V retirai 



166/ ' : HABI, . ; ;; 

»tir« Ghez layi Med|ne jvec xme feule robe founrée ibf|». laquelle/ U JiWoic 
point de: cheàfe, 

L'on dit «uiffi de cet Houflâin , qu'avant m déclaration , il fit prodamer que 
tous les ÊfcJaves qi}l quitteroient leurs maîtres , pour prendre pa^y avrec luy^ 
ferqient iQÎs eq liberté Un grand nombre de ces ^fclaves vint h Jujr ^ tpu« 
tes parts. 9 & grpfCt en peu de tems Ton année ; mais lûrfqu'il croyait vaincre 
fon'ennemy par le nombre de fes gens, il fut vaincu hontéufement par une 
poignée de troiipes r^lées & difciplinées,qi|e le Khalife envoya contre lui, 
& tous ces efclaves fugitifs furent rangez à coups de fQuet, ic rrèqdx^ à .leiira 
premiers maîtres. x 

Le Khalife Hadi, comme. nous avons vu, avoit voulu fe défaire de fon frère, 
qui luy étoit fufpeâ, d autant plus que Khaizuran, leur mer^ avoit témoigné 
en plufieurs rencontresavoir plusr d'inclination pour le^ cadet que pour Taîné^, 
mais cette mère jaloulè de fon autorité, prévint Texecution des onires duK^a- 
lîfe, & luy donna d*un pbîfon fi fubtîl, qu'il en mourut fubitement .en tout 
fant , & en éternuant Affadi Poète Périîen fit 'un'dîftique fiîr cet accident^ 
où il dit que le fang de deux frères eft le même , puifqu'il efi formé dfm 
même lait ,. & que celuy qui le répand efi; rhomicide de la mère auffi-bien que 
de fon frère. 

Comme ce JShalife donna par fa m<»t la vie à iiejUicoDp de.perfonnes, ii; 
fournit auflî au Poëte Seoai le ft^et ie te qoatravL 

Qt0yque la pïûpaurt des h$mvies tienne un mauvais ^chemin ^ (â que la moindre 
!partie d^ entre eux prenne celuy du faluty il faut que tu vives deforte que tu 
te puiffh Jîiuver m mourant ^ & nm de>teiû marner e que Us vôtres trtnerettt 
^ leur /élut m ta mort. 

9qif^i9^eBx confkoàtve, le grand nombre de gens wiquels Hadi donna la \iie 
pjwr ;fai mtprl^ jj? rapporteray icy cq.que Harthamah, qui étoit chargé d'une i- 
tçrrtbte ex^cutie^, en a iraconté iuy-mâme, fui van t le témoignage de PAutcur 
^ Nîgt^iftàn. 

Harthamah .racontant un jour fou hiftoîre à un de fes ;imis , luy dit : Le 
'Khalife. Hadi m'ayant fait venir un jour en fa prefènce , me dit ces paroles;; 
Tu vois que ce traître lahîa, fils de Khaled, mon premier Mîniftre^ que j'^ fait 
einprifoQner , efl: mon ennemy déclaité, qu'il ne ccff^par fes difcours dem^ôter 
p^ à peu Taffeâion des peuples, & qu'il s'employe de toutes fes forces à les 
gagner en faveur de mon frère Haroun. C'eft ce qui m^oblige à te commander 
d^lar de ce pas dans h prifon pour luy faire couper le col; de-là tu te tranil 
porteras auffi-tôt chez mon frère Haroun pour luy faire le même traitement. 
J^vàs que cette d6ui)le exécution fera faite, 11 faudra que tu faffes pafferpar 
le fil de répée tous ceux de la Maifoq d'Ali qui £b trouveront dans les .prî^ 
foos; tu tê mettras enfuite à Ja tête dermes troupes, pour aUer en diligence 
furprradre la ville de Çoufah^ où, après en avoir £aàt fortjrtous les A^flî- 
des, tu feras mettre % îçu, en forte -qu^elle foit entièrement réduite eucendres. 

Après que j'eus reçu tous ces ordres du Khalife > je. me jettaj à fes pièds^ 
je luy reprefentay rimpQrjtance de cette affaire , ' & je m'excuiày. fur Ja foiblefle 
de mes forces , qui ne me permettoit pas de pouvoir exécuter de fi grandi» 
.cbofe$« Le Khalife irrité de mes excui^s^ après, m'avxùr menacé de la mort. 



'If AD r, — H ADÎTït W? 

♦ « 

fi je ffik^t^ pànj^éSettiMt tes ordres ^ine quitta ^ lÉhi^tieàièn^ ^ ft ênCAt 
Bans les appartemens lecrete de (ba Palais y d'où un nïoâiëôt ftpirôs lar iiemréne 
vint qu'il étoit mort fiititement ea touffant 

Hadi fit la guerre en Giorgian y & en Mazanderan pendant k rie du Khalift 
Bfàha^ fon.pere^ & il fe trouvoit dans ces Provinces, lorfifue fbfi We mou- 
rut & Bagdet. Ce fut auflî dans le tents qu'il n'â;oit encoareVjtts Khalife defigné ^ 
qQllre^ut Tordre de fon père, de rectercher les Zendik ou &uiducMns pour 
les punir. • , ^ 

Ces Sadducëens étoient les Manichéens, k^iuels au rapp<nt êk >Ben (D^êB^mi 
enfe^noient d^abord à fe preferver des péchez , à. trâiraiiler pour l'autre Vie ^ 
fims rechercher les biens de ceile-ey, & défendoient mébne Tufage de la viande r 
mais dans la fuite c'étoient des gens qui introduifodeât le culte àosf deux prln»- 
cipes, à fçavoir, de la lumière, & des tend)res, & qui permettoient le mai- 
I nage entre les plus proches parens , & même dam les premiœ» degrez de co»- 
iàQ|uhiité. . . 

Hadi s'acquïta ibrt bien de Tordre que fon père luy avoît tlonaé ; car il fit 
Asefler mil poCeoces tout à la fois dans la viUé de Bagdet , & fit pefadï^e tous 
les Manichéens qu'il put trouver après une recherche très-exafte. 

Marvan Ben Abou Uafedh , Poète Arabe le plus illuftre de (on tems ^ ayant 
piqfenté un de fes ouvtages au* Khalife Hadi, ce Prinqç qui étoit bon connoifieur 
^ car il nous refle encore de fes poëfies qui en font foy,) trouva le poëm^ 
de Marvan fort beau ,^ & luy dit: ChoififTez pour reçompemb de vôtre travail^ 
de toucher omiptant trente mil drachmes d'argent , ou d'en ayoir cent tBil» 
après que vous aurez pafTé par toutes les longueurs, fprmalitez & reniifes des 
ûâmces. Le Poète luy repartit agréablement : Trente* mil comptant , & cent 
mil avec le tems.^ Cette repartie fut fort biçn reçue de Hadi qui étoit lfi>ejnd; 
aar il luy . fît payer comptant la fomme entière de 13a mil drachmes; - 

HADI, ce mot qui fignifie Direfteui', & Cohduéleur , auffi-bien q\ie celuy 
deMahadi, eft devenu le furnom du le titre de plufieùrs perfonnages aufque^ 
œtte quah'té convenoit par le droit ou légitime, ou ufurpé de leur charge. 

ilÀDI, furnom de Mohammed Bçn Ali Al Saoudi, Auteur du livre intitulé 
SutbiU Ji jteddhp qui traite des forts qui fe font avec des flèches. 

HADI Zadeh , furnom de Barzerimi , Auteur d'Erkian al khamis , lès cinq 
Cdonaes,. traité des dnq prières que les Mufulmans font chaque jour. 

1 ■ 

^ ■ ■ » 

HAD^I M ho^otun, le Conduâeur des étoiles > Nom de cette étoile fixe 
que les Arabes nomment autrement Al Debaran, & nos Aftr<mome$ , TOefl 
du.. Taureau, qui efi: £brt lumineufe» 



climat 



premier ^' 



.HADITH, Hîffbîre, Narration, un Ouv-dîre. Ahadîth al ràlTdut, Tradi- 
tion des cbo(es que le faux Prophète a mtes^ & qui ont été communiquées 
bouche à bouche, des uns aux autres, - . 

Il y a fix Auteurs principaux de ces traditions > à fçavoir^ Ommalmwmentrt ^ 



y 



/ 



Wl HADITa HATEDR 

la Mère des fidelles qui eft Ai(chah) fille d'Aboubecre, & femme de Mahomet 
qui a furvécu pluiieurs années à fod mary ; 4bou Horairah , Anû particulier de 
Mahomet; Ebn Abbas^ fon coufin , germain ; Èbn Omar \ Giaber Ben Abdallah} 
& Ans Ebn Makh 

Ces Traditions doivent être apprifes par cœur: Celuy qui en fçait beaucoup 
eft appelle par les Mufulmans Hafedh, le Confervateur , ou le Reteneur. Un 
Arabe du defert étant interrogé comment il en pouvoit t^t fçavoir? c'eft, 
répondit-il , que je fuis femblable au fable dû defert qui boit toutes les goûtes 
de pluye qui tombent, fans en perdre une feule. 

U eft pourtant permis à celuy qui n'a pas la mémoire heureufe , de^ les 
écrire; car il y a une de ces traditions qui porte kiâou al ilm btlketabat: Liez 
avec Fécriture ce que vous avez appris : & un Mufulman fe plaignant de ce 
qu'il ne les pouvoit pas conferv^ dans fà mémoire , Mahomet lui dit EJiaàn 
tiemineka 9 Aidez- vous de vôtre main. 

Zohari eft le premiet qui a fait un Recueil de ces traditions. Bokhari pré- 
tend qu'il s'en eft publié jufqu'au nombre de fir cent mil tant vrayes que fauf- 
fes. Khuarezmi eu a ramaffé jufqu'à 5265. Abdallah furnommé Al Hafedh en 
fçavoît un fort grand nombre , & difoit que Teau du puits de la Mecque , nom- 
mé Zemzem , qu'il avoit bûe à longs traits , luy avoit fortifié la mémoire. 

Bokhari , Termedi , Neflai , Abou Daoud , Meflem , Daremi , Maoutha , Da- 
rafthani , Ben Magiali , Baihaki , SoioutHi , & Sebti font les principaux Auteurs 
qui ont compilé de ces Hadiths, que l'on reconnott être pour la plupart tirées 
du Talmud , d*où l'on peut juger qu'il y a eu beaucoup de Juifs ^qui ont em- 
braffé le Mahometifme. 

11 y a plufieurs Ouvrages fur les traditions , dans la Bibliothèque du Roy. 
Voyez les n**. 6i8, 671, 1127, & le titre de Naffekh ou Manfoukh, où Ton 
voit qu'il y en a beaucoup de rejettées, & de profcrites. Le Sultan Noured- 
din Zenghi, grand zélateur de la loy Mufulmane) comme ron peut voir dans f m 
titre , a été le pren^îer qui a fonde un Collège pour les enfeignen f^oyez 
aujfi le titre d'Arbâin & Arbâinât. 

HAFEDH ou Haféz, dont le nom propre étoît Mohammed Schamfecfefn , 
Poëte Perfien des plus célèbres , naquit à Schiràz fous le règne des Modhaffc- 
riens , & vîvoit encore au tems que Tamerlan défit Schah Manfor Sultan de 
cette dynaftie. Il mourut l'an de l'Hegiré 797, '& fut enterré dans un Oratoire 
de Schiraz dans k tems juftement que Je Sultan Babor ou Babur fe rendit maî- 
tre de cette ville. Mohammed Mimai , Précepteur du Sultan Babor , fit depuis 
bâtir une chapelle", & un monument fur le lieu où ce Poëte avoit été inhumé. 

Les Poëfîes de Hafedh ont été ramaflëes* après fa mort par Seid CafTem 
Anôvàr, dans un/ volume qui porte le nom de Divan Khova|eh Hafedh Schî- 
razi. Elles fpnt beaucoup efthnéœ , particulièrement à caufe du ftyle. fublime y 
& des myfteres que les Mufulmans prétendent y être enfermez y jufques-Ià que 
Ton a donné à ce Poëte le titre & l'éloge de LeflUn gaib qui fignifie la lan- 
gue myfterieufe. ■ 

Ahmed Feridoun a exjpliqué en langue Turquefque ces myfteres, & a fait 

• une allégorie perpétuelle des .termes de vin & d'amour qui s'y rencontrent 

aux transports d une ame dévote attachée à la conduite d'un Direâeur fpiri- 

tuel^ 



.1 i A T •? H A ILE I>\lî/d ' ; : 169, 

tttel:&JdMr4v,qttl;lA:t»w f» 4ps^Yoyé* bjei^ éleyios iufqii'au Ibminet de la 
perfeftïon..^ ..j ' 

. Hstfedh fat fore éareflTé/pqr 1^ Sultan Ahmed Ilekhani, qui luy. fit de grandesf 
affres pou. req|ager àJbUvfetvice ; mais il aima mieux vivre retiré parmi fe» 
^is j & fréquentant feulement les gens de piété y dans Téta^ de paçvjreté qu'il 
avoit embraiféj^^ue de joUir des déUces d'une Cour non moins dangereule que 

ûùnSË^tC. : [ Ah . : .\ l ..-'/i-r: L [;.'*. ■':)' rr--; — 

Tamerlan voulut âuflî le voir & rentrëtenîr;.& ron.x»pporte, que ce Rrinw 
luy ajsmt; reproché (^u'il avoît fait çeu d'état dans fb$ vers ^ des villes de Sa- 
mardinde & dé Bôkhainît, fôn pâyb tiâtal:, il lefittisfît û* U prdpds par & répon- 
fe , qu'il en reçut des grâces ^ au lieu ' du diâtimenc que fes ennemis vouloient 
lui attîren ^ : ' . - : 

n y a eu encore un. autre Poète Perfîen du même nom ^ qui vi voit fous le 
^eghe du Sultan Schàhrokhy^fîls d!é ïamerlati ; on ïe jfurnomme Halvai, c*elt-^à- 
<}ire, le Confiturier, pour le diflinguer du premier. 

' Hafedh Sjrhkazi fiit ibupçonné, pepdan); jkvîe, de n'être pas trojp bon Mu« 
fuhoaa: En effet > quelque fens caché & myfterièux, que rdn puîrfé ddttner à 
Ces vers y il y paroît .une grande indifférence four le Mufblmanifme , & Ton 
pourroit même croire qu'U parle de Je sus -Chris x , à la manière des Chrê«^ 
tiens 9 en plufieurs endroits de (es t)ûvrages. 

- n y a encore un autre Hafedh, fumommé' Agem Roumi;> & yn.qui porte le 
&om d'Ali Ebn Mohammed Al. Farfi i ddquek il eft parlé ailleurs. ^Hafedh 
.Ben Kethir eft un Hifi:orien d'Egypte , qui .finit fon ouvrage- où Ehn Nag- 
giir commencé 16 Hën, à fçiavôir, Tan 773 de THegire , qui eft de J. C 1371. 

Hafedheddin eft un -des noms de Nailafi, Auteur du livre intitulé . Afen^r^ 
le Phare ou le Flambeau^ ouvrage fort eftimé parmi les Mtifuhnan& 



HAPEDH LedinOlah » htntiène Khalife des Fathemites en Egypte, étoic 
fils de Mofianftr billab, qui avoit été le cinquième 9 & fucceda à Amer beii 
akamillah.9 fon parent 9 tué par un aflàifin l'an 524 de THegire y & de J. CL 



Ce Khâl^e cboiût pour fon Vizir Ahmed Ben Fadhel , que l'on qualifidit fSs, 
de TEmir al gîaoufche, c'eft-à-dire félon -nôtre façon de parler, du Connétable. 
Xjl juftice & les autres vertus de ce Miniftre lui attirèrent la haine des mé- 
x:hans, deTorte qu'il perdît bientôt la TÎe, par la maîn d'un •aflaflîn , auffi-bien 
que fon fuccefleur, qui vouloit marcher fur les traces. 

Hafedh irrité par ces acddens funeftes , mit à la place, du dernier Vizir, Haf- 
{an, fils dû premier,' homme aiiél & avare , lequel d'abord fit voler la tête k 
quarante des premiers Seigneurs de l'Etat. , Le Khalife indigné d'une fi fan- 
glante exécution , pratiqua des gens qui lui promirent de fe défaire du Vîzir : 
mais celui-cy ayant eu avis du complot fait contre luy, prévint fes ennemis i& 
leur fit fouffrir le traitemetic qu'ils lui préparoient. 

C^te féconde .^exécution allarma tellement tous les Grands de la Cour, qu'ils 
menacèrent le Khalife de le déjpofer , s'il ne pourvoyoit à leur fureté par la 
punition in Vizir. Ces menaces obligèrent enfin Hafedh de faire donner du 
jpoiibn à Hafian , par un de fes Médecins qui étoit Juif. 

Ce Tut' environ ce tems-là que Haifan Sabah , qui fe dîfoît de la même race 

Tome II Y . . que 



i7<5 HAFEDli-^^ftAPTAH. 

4ae les Fàthemibciy c*eftà^re , lânlëfieù» lofida b djrnaftie (jui fufc ap^elB^ 
depuis les Ifinaëliens de Perfè. 
Hafëdh le Khatife mourut à l'âge de (juatre - vingt aiâ^, dont 11 «ii «voit tC' 

;né vingt > & laiflâ le Khalifat à fon fils noaia^ DhaiEer faiUab.» Fao de VO.^ 

{ire 544, de J. C. 1149. 

HAFEDH Ben Gaiàthed^n, fîxième Plrinœ de la dynafiie qui poste lié nodk 
dé Malek Kart ou KJart. Vi^yez, et <«(»; 

HAFEDHAH, Idole des Acfices, c*eiU-<fire, <W peuples d'une IVibir de^ 
Arabes , qui h^toient dans le pays de Hadhramoutb en lemen ou Arabie Heù- 
reufe, & qiri furent exterminez du tems du Prophète Houd , c'eft-^à-dire j du 
Patriarche Heber. Fcyez ce tUre. 

Cette Idole étott psincpatemenl; invoquée pour obtenir ua bon fiiccez dan« 
ksvayages^ 

HAFESSAHi fflîe JOnSar le Khalife & femme de Mahomet y:<^ furv«^ 
quit à fon mary. Àboubecre , fucceflfeur de Mahomet > mit entre fes ïnains: 
comme en dépdt Tori^nal dé fAlcoran 9 & non entre celles d'Aifehsdi^ autie 
femme de Màhoiœr^ partre qu*elle dtoit fa propre fille. . 

: HAFiy t:e mot ^gtrîfîe en Arabe un homme qui va nods piecSs, faœ aum» 
he forte de eh«ilfl!Ure. It y a eu plufieui» Mufdnims auxquels un a dûboé ce 
fiimom. ^%yesr Bafthar Al Hafk 

Zeineddin Mohammed 9 Auteur des Aourid Ateiniah, c'eft-j^dire, d'un livre 
de prUires 9 diviféës en pluiieuiis parties y ou offices pasdcuUers ^ ^ les fixa^ 
dévots entre les Mufuhnans récitent à cerâtines heures du jour , outre les prié* 
res ordinaires prâcrîtes par la loy. Cet Auteur faifbit profeffibn d'une vie fort 
auâière dt marcboit nuds pieds: c'eft poutquoy on le fiink)ttiiQ& AM%(fi. Mar^ 
cher les jambes^ nues avec quelque cbauflure aux pieds se pafl^ pas pour unr 
aUfterité psamx les Mah<»netans. 

HAFS. Abou Hafs Al Bokhan» Mufti de la ville db fiolchata » DD^eiAr 
Mufulman fort rigide. Lorfque Mohammed Ben Ifmail Al Bdcharî^ ^tre Doc- 
teur fort célèbre , vint à BokHara y Abou Hafs déclara , qu'il ne le réconnoiC- 
fuit point pour êlre des fîens , parce qu'il étoife trop indulgent , & qtfU fàifoit 
profeffion d'ime morale moins fevère. Mais ce DoéleuT: ayant pouffé la, rîgaeot 
iufqu'à cîécider que la boiffon du lait de vache & dfe T)rebis étôit défendue ,. 
&lon les principes du M^^ulmanïtoe > il fut chaffî de la ville par lies nabitads j. 
& Besr limail mis en fa place. 

Cet Abou HafS eft fm-noriimé Al Kebîr , c'efl-à-dîre , le Grand ou l'Andeà» 

four le dîfting^er de ion fils Ben Abi Hafs, qui fut fumomâié Al Sàghir;^ le 
etit ou le j^une, Doreur non moins illuf&e qùé foa père«. ^. 

lïÀFTÀH, c'eft en Turc une fttnaiùe. Ce mot vient du Pferfien lîéft;, 
iUgnièè Sept, & approche fort du Grec Eptu^ avec im efprit afpre, qui téj 

i la lettre h des Latins. . Cependant Vhig Bëç Temar^tre dans fon we iL 

lé Tayarikhy les Epoques, que les Perfaiïsjrdnt point de femaîtlè y & qu*ib 
àDHnënt an nom particulier ^ chaque jour du mois- 




'1 " 



; f! A G E*. X7X 

m 

' .R ftm «PtMivr «eqy lu saeionft feti^;. c9f depuis qu'Bs ^ont devenus hbr 

Itometans y iU fe fervent de la façon de œinpter les jours de la femaine corn- 

Bs^ wméOmt donc te Samedy Schanbah ou Schenbeh 9 du mot Hd>reu Scbftbat* 
Le Ëûnanehe » lék fchenbeh» çôsyn^ qui dîroit i rimitadon des J\ù& Frimê 

Le LmAy^Dw Scbeobeit, Semnda 5âtorK 

Le Mardy, Sib Schenbeh ^ Tertia Sabathi. ^ i 

Tchar Sched^eh, eft le Mercredy^ ou Quarta Sabathi. 

Le Jèud/, Penge Sâien'beh) feinta Sabi$ki. V 

Le Vendredy^ Adlnnefa» c'effc-à-dire , k Fête ) parce que ce jour tient }ieu 
du Diaumche aux Mufulmans. 



- Les Turcs comptent un peu différemmeiat leur.femaioe ; car ils appellent le 
Dimanche, Bazar guni, le Jour du marché, & le Lundy 9 Bazar ert^, Ip leçh 
demain du marché. 

' Le Mardjr, 9al}gun> c'eft^-dire. Jour vacant de libre. 

- Le Mercredy & le Jeudy, ont les mêmes noms qu'en Perfîen. 

Le Vendrtdy, eft appelle Giumâ guni , le Jour de TaiTemblée , dans lequel 
ils vacquent plus particulièrement au fervice de Dieu, /^oyez le titré de Giumâ 
ff Gkunâat» 

Le Samedy porte le nom de "Sebt guni , le jour du Sabath & de Giumâ es* 
tdEy c*âft-Mirè, le Imdemdn de l'aiTraiblée; 

Les Ah^bei Comptent les jours de la femaine à h façon des Hisbieux., par* 
premier, fécond, troîfième, &c. en commençant par te Dimalichç , à la re^ 
feive'da Vendredy, qu*ik nomment Jaoum al giumâ ou duaâat, ou giamé , 
c^eft-à-dire^ Jour de Taffemblée Religieufe, ou, pour parler abuûvement, £c^ 
défialUquâ^ ,1 

Le Samedy, chez eur^ eft Jaôum al fabt, c*eft4irdire , le jour du Sabtith oit 
du repos: mais la femaine dl appdlée Usboft, dont te.plurter ftft.Afl^bif te 
Septenaife. : : , 

La femaine des Càthaiens, & des Igureens ou Turcs Orientaux, eft de foitan- 
Ce jours , félon Ulug Beg : mais on doit plutôt appeller ce cyde de foixante 
jours, leurs mois; car ils en ont un autre de quinze jours, qui approche beau- 
coup plus de nôtre femaine. 



HAGEB & Haggiib, HuiiBer de Pbrtier. Le Maître de la portière , c'eft- 
jà-dire, d'un voile ou pièce d'étOlFe , qui fe met devant les portes d^ Princes 
& Seigneurs > & c^eft en Le^^mt la qualité de celuy que les Italiens appellent 
U idaeflrù deUa cornera ^ & les François , k premier Gentilhomme de la Cbam- 
bre ou le grand Chambehn» 




premiei9 



puKqn'il Suit entendre par^ce titre un Seoétaire d'Etat. 

Barair» àk Al Hageb » létait Grand Cbambellao d'un Sultai) dn Turkeftan ; il 
- Y a devint 



17* H A G E L A ft ^ H A G G E. 

devînt lui-même Sultan du Kènxiàn & fondateur dé h é^tiàOie de» (Sanot* 
thaîèns. Foyezrfm titre^ * / : ,- 

Ebn Hageb, le fils de Chambcfllan. Çeft le furnom^d'Abou Amrou Othmaa 
Ben Oinar dit àuiB Takhtazani y lequel a compofé pîufîêitt^ ouvrages fur la 
grammaire Arabique, & qui mourut Fan 672 de Vtiegke^ Il y a dans la Bi- 
bliothèque du Roy, aux n^. 573, 1060, 1082, & 1087, d'autres Auteurs, qaî 
portent le même nom & qui ont éoit'fur TEÏm al Kelâiâ, c'éft^4i^,T fur la 
Métaphyfique ou Scholaftîque. ' . - ' . /^ .. :..;/:' 



HAGELAH. Aboufabbas Ben lahia Al Hagei^ , fumommé AI 
ni , c-eft-à-dire , na^if de Tremrilen en Maurkame ^ eft Auteur - du Sucurdart &, 
du Divan al Sababah , où il traite de Tamour & des Amants. Foyez dsms la 6i« 
bliotheque du Royj^-n^ 1174. D décBa fon Evre au Sultan WWfer Tan 757! & 
mourut en 770* ^ ^ ••' \ . ' , 

HAGGE, le Pëlerinage de la Mecqué.\ Haggt, on ; Pèlerin qui 9 falrce vo- 
yage. ' 

• Aprèâ que Mahomet a parlé des excellences du Temple de .h' Meeque dans 
le chapitre d'Amran , voicy comme il établit la loi de ce pèlerinage. Dieu a 
ordonné le pèlerinage du Temple de la Mecipu à quiconque fera en éiatififi fgire çè 

Les trois plus célèbres Dofbeurs de Jâ. loy Mofulmâiie ^ dope te; &q(iqs^ 
partageât tous • les ' autres DoâeuFs'Mufiiknans, expliquent diffév^tnaMIMi^ çbb- 
cfitSons qui tendent ce pèlerinage obligatoire*. .• . : . » 

' Schafei dit, qo^il foffît d'avoir des . provifîons néoeŒuf es ^ - une monture , 
pour y être obligé. _ : [. ; 

Malek yeiit , qtie ces conditions foient la fanté du corps & des faflsiijlte:?' iuf-^ 
filantes, pour fe pourvoir dés' chofètnééeiSûjK^' à ce ypyegew. . ./o. .; • 

Abdu Hani^ih croit^, oque lé poavoit;, j^qiûs dans cç chqpif^ ^i 9'ètend ^ouf 
feulement aux provifîons néceiTaires pour le voyage , mais qu'il compnsnd au$ 
k (àhtè duJcoi^^ la commodité d'une voiture ^ même la^fO^retè du chemin, 
fans laquelle on. n'y eft point obligé} c'eft;.cçtte décifion , qi|e . la plupart des. 
Mufuteians & particulièrement les Turcs ont reçue. 

Dans le chapitré intitulé Bacràt , Mahomet ordonne y que ceux qui . font ce. 
pèlerinage portent leur provifion pour n'être pas à charge aux autres, &* il dit 
ces paroles : Faim vos prôvifions ] mais la mg/Uleui^ de toutes lei provifions > c^ejl 
la piété' df fàbftinence. ': ■ , 

HouflSin Vaêir dît fur ce verfet : la meilleure prôvilîori que Toniuiifre fai- 
re, eft de s^abilenir pour n'être pas importun aux autres, en leur demandant* 
Ceft, dit -il , le fens littéral de ce pafFage : mais le moral & le myitique eft y 
qu'irfaut fiîre fa provifion pour îévayagé dé l'autre vie,.flgnifîé par le pèle- 
rinage de ta Mecque. Or la meilleure provifion que nous puiflions faire pour 
ce voyage^eft l'abftinerice. ' • i'/ : 

' ' CafcHtrr dit, qtte r^bftihenoe dn commun des fidèles- efi: rèloignement du pé- 
ché: mais ' que 'l'abftinençe dès parfaits- cdnfifte à fe retirer fous le W>ilê de la 
contemplation^, qui nou^ couvre tous les- objets ^ne noiis fait voir que Dieu 
feul. Il eft , vray , que nous ne pouvons pas 'feire ce vojfs^ fans provifion r 
^ais cette' j^oi^^dn n'eft^autrequ^uQ ardent defir ,. iàos. lequeLuotte pe. pau« 

v> t. 



chers 



s 



B A 6 G E; tf^ 

fonil pasairaiioer t|tr &ul pas dans la' piété tSurqîioi Sëlènd/flit ^ q|b& h^pHK 
vi&)ii de ceux qui marchent dans la voye de Dieu ^ confifte dons, la' compono-. 
tioQ ducQsur, qui *fe manifefte par la pâleur du viâge & par les foupirsde la 
poitrine* JBeureux cejuy qui entreprend Un tel voyage. : ' ..-».. 

Les Khalifes fatisfaifoient autrefois eux-mêmes à robligation du pèlerinage.^ 
Ainigiafar Almanfor, fécond Khalife des Abbaffides., 4Xîoiinit:(^s ce jiélerina* 
ge. Mat^di , fon fils & fon fuccefleur ., le ifît ea Tamiéé z6à de lUegirel 
^vec tant de fomptuofité, qu'au rapport de Khondemir, il ^ fît chargea: cinq cen& 
chameaux de nei^ & de gUtce feulement y & plufleurs mil de provifiotos poufit 
les pèlerins. < » •> 

Après que Mahadi eut &tisâit à tous -les devoirs dvt pëleiinagè^^que les Ara- 

scellent ea jeur Ivigué Menaffek alhagge^ on lui vint xUre, ^uq les; platfi 

ts dés majfons oii étoit fa garderobe étoieht li chargez y qu'il y> avojt dangco 

qu'ils ne tombaifent fous le poids 9 cet avis lui donpa occalion d'ordonner , xfùià 

Ton diibdbdlt toiit ce qu'il y avoit dans fes magazins aux pauvres») ck)nt chapî 

cun «it deux veftes de brocard pour fat part. 

Abougia&r Almanfor ayant donné la charge de Chef & de CQndu£beuc.de I« 
Caravanne des * pèlerins , appelle par les Arabes Emîrhagge , à fon frère , aii 
préjudice d'Abou Moflem » qui la^ lu^ avoit demandée , ce pùiflant Seigneur > 
qui étoit Gouvemeuir de la. province de KhoraflTan , en f lir fi fort piqué,, qu'à 
fe cantonna dans fon gouvernement, & obligea enfuite Ahnanfor , qui lui avoit) 
les dernières obligations, de le faire mourir. . > 

' Haron Rafchid, cinquième Khalife de la Maifdo des Abbaflîdes , fut le der- 
nier de tous les Khalifes qui fit le pèlerinage de la Mecque. 1} y alla pour la 
dernière fois l'an 186 de lUegire 5 accompagné de fes deux enfisms Amip ^ 
Mamoun, qui lui fuccederent tous deux Vxm après l'autre. .. 
7 Etant arrivé à Meditie, il fit ttots préfèns aux habitans , jlé premier m foQ 
nom , & 1^ <Ieux autres au nom de fes deux enfans ; À lorfqu'il fut arrivé à 
la: Mecque, il fit la même chofe , enforte que l'argent qu'il diflribua dans ce 
«toyage^ modtoil; à la fommie de quinze cent mille dinars d'or. 

Dans ce même voyage, il fit attacher à la porte du Temple de la Mecquej 
^e les Arabes appellent Caâbah , c'eft - à - dire , la Maifon quarrèè , i'Aâbe oui 
Déclaration du partage qu'il avoit faic de tous fes Etats entre fes trois enfans 
Amin, Mamoun & SiotaiFem,, avec fubflitution dé l'un à l'autre.. Fayezle tw 
tre de Haron.' 

L'on dît de^ce Khalife , qu'il attribuoit à fes pèlerinages toutes^ les viâoâres 
qu'il avoit remportées fur fes ennemis : car il avoit /fait huit fois ce voyage, 
& avoit gagné huit batailles. U en fit même uii à pied , dans lequel il rencon^ 
tra Ibramm Ben Adhem, qui employoit douze années . entières à faire le fiem 
L^on dit auifi , que Haraoun fit graver fur fon cafque ces deux mots , Haggim 
jîzzon^ qui f^giûâfent. ^ celui qui fait, le pèlerinage de la* Mecque devient fort 
& puiflant. • ' 

Toutes le? fois que ce Khalife faifoitt lè pèlerinage) de là Mecque,, il fe faî- 
foît accompagner par . cent, Dofteurs de la loy, qu'il, défrayoit ; & lor%i'dl no 
^uvoit pas s'en acquitter en perfonnc, il en habilloit trois cent qu'il envoyoit^ 
^rfes dépens pour tenir fa- place. 

^ Après que les KhaUfes fe furent difpenfcz de ce devoir, lès divers Sultansj 
§pi s'élevèrent dans le MufulmaniOne > ne laifloient pasde. s'^n aoûuîcter.^ Ma^ 



(^4 B A G a c; 

UkSAatï^ Stâm 4â SdgiucUes, iit ce pélerinaM wte mt dépenfr iBCfoyabby 
ék alK^it le tribot que les pèlerins étoient obligez de payer , cûornie ton pem 
Moir dansfim tHre. Etayaseth fécond SukaA des Othmafiides , k fit aiiifi » & œ 
fut 9 dans ce voyage > qu'il apprit la mort de Mahomet y fon père > auquel il 
finyçgda. ' 

Les Arabes prétendeot, que ce péterinbge étoit en vogue dans TArab^ avant 
le Mufulmanifme» & même dès le tems d'Abraham 9 & alûnaël fon fib, qu'ib 
fiippofekit avoir iété les fondateurs du Temple de la Mecque. Quoi qu'il en 
fbît , Mahomet en a fait un des fix points capictux de & Religion , qoi eft 
d'une obligation plus précife y que la circonciûon qui n'eft que de traditioiu 
- Cependant, Tan 319 de FHegire, de J. C/ 931 , fous le Kbalifiit de Moâa-^ 
der , ce pèlerinage ceflà par la crainte des Carinathes , qui çn une &ule fois 
txiérent pkis de vingt mil pèlerins. Ces rebelles prirent enfuite & pillèrent la 
Mecque, prophanerent ce qu'il y avoit de plus ùipt pour 1^ Mufuhnaos, di 
les obtigerept de prendre le chemin de l'Euphrate^ c'esft^à-dire, de fubftituei 
Jerufalem en la place de la Mecque , ce qui fe pratiqua pendant le règne du 
Khalife Radhi > comme autrefois Abdalmalek , Khalife des Ommiades , Favoit 
établi. , 

Le fameux Hallage, duquel il fera parlé dans un titre particulier , fut nrâ à 
mofrty par fentence des Doâeurâ de la loy^ pour avoit paiticulièremeht ënfei^ 
gné tme pratique de dévotion & des cérémonies , qu'il diibit pouvoir fupidéer 
au pèlerinage de la Mecque. 

Nonohflant là dévotion prétendue des Mufulmans dans ce pèlerinage , Saftdi 
cvoâe,. (jue Iqs pèlerins y commettent fouvent de grands excez, & il rapport 
te qifui jour ceux qui étoient à pied avec lui , eurent une très «grande que* 
relie entr^eux , & fe battirent rudement à coups de poings & de pierres y ce 
qui et chrê ingéniéuiement à un de ceux qui étoit monté fur fon chameau , ces 
jparoles.: Cejl ofitvdllâ y qui Ut pims du jeu des échecs dmenMfit des pièces pri» 
cipaks y çumd eUes (mt ttioverfi heureufiment tout U champ du damier ^ (f que Ut 
piétons de la Mecque ne derienneta pas meiUeurs y après avoir mitfwé Ai pUmt mitè* 
re d^ à^en\ 

L'Auteur du Nig^iariftan rapporte , qu^un pèlerin , homme de fbrt mauvaifb 
mm & |;rand fcélerat, prenant en main l'anneau de la porte du Temple de la 
Mecque 7 s'en, frottait le vifage & prioit Dieu de le prèlêrver du feu infemaL 
Celui qui étoit proche de lui entendant fa prière y lui dit : Je m'étonne , que 
VQBS ioQ^ez dans cette crainte , ne ^avez-vous pas le proverbe , qui dit quer, U 
feu dUerifer ne peut jamais brûUr un beau vifage. Ce proverbe eft tiré des vers 
Perfîe» du Poëte Hafez , lequel entend par un beau viûge un homme de bien : 
<K>mmé, au contraire, un vHàge noir ou laid^ chez les rerfans, s'entend tôt* 
|oun duQ méchant homme. 

On peut remarquer ici, que le premier pas que les Mduhnaos ont accoutu- 
mé de faire ^ lorfqu'ils fe veulent convertir y ou faire pénitence à leur mode^ 
de lenrs péchez psdTez , ^ de prendre l'habit de pèlerin , ou de Derviiche y 
& de faire le pèlerinage de la Mecque, t^oyez fur et point U titre de Souzeni. 

Ifi dernier mois de l'année Arabique eft appelle Dhoulheggiat , à caufe que 
c^eft dans cette lune que les Pèlerins doivent être rendus à h Mecque , pouip 
y faire leurs cérémonies & leurs dévotions, f^oyez Us titres de JDhoulheggiat âf 
de Caâ^ahf qui eA' le Temjle de la Mecque. 



H A 6 3G I A à «-^^ H A a I A R. tfS 

iM pHèrifiagei idâ Jeniâléfli , de Hebron, du lèpiilci» cTAKkA; 4e i««.w* 
nos, «uffi-bten que 4e celui de Mabomet à Medine , fcmt !f3ous pratiqMz mr 
tes MoToIiiuait : Il eft \^ pôuitaat v qœ celui d'Ali ftit défSmdn lAt le &Uh 
lieMotaovazel, & qu'A n^y a gueres que les ScfailCes qui te ftéquendcat. ' 

Fvyet fur tous ces pèlerinages les livres iAdhkar al lu^e u aiémrah, iWC p9t 
Coehb ai M«^ , et Epurât eh tnateftt ai ziaràt, pit £to Al Saill , 4e BAéth 
ti Mfiiu; |»r Cariri, & â?Uns ^ KkaHl Oei den ctavngéi traiteht ^Netktt* 
Utoemett de ceux de Jéntâlem & de Hebron ^rpes «# tes f cdres. ir -Oôd». , 

HAGGIAB^ f^V« le tUre iTOiatx Ben Abdalwi?. 

r 

HÂGGIÂH5 Aboubecre Ben Haggiah, ait Al ïlamao^., à caufe qtffl ëtpït 
mtif de fa ville de Hamâh en Syrie , efl Auteur d'un Commentaire , iir!ftitu^ 
Tacdim Jbubecry fur le poëme d*Al Barezi , nommé £ed{ah ^ qui ëCt dans la Bt* 
bliotheque du Roy. n^. 105^. Cet Auteur mourut Tan de THegire Î37. 

HAGI; on a déjà dît, dans le titre de Hagg^ ^ que eè mot fignifie tifi Pé- 
terai de la Mecque. Cette qualité entre dans les noms de ptuneuvs ;pei4bi^ 
"liages. 

JHagi Baba , eft le nom fous lequel Abdalkerim Otbman Al Tfaarfouffi ell fe 
plus connu. Ceft un Auteur qui a commenté les Covaéd al âarib , ^ eft un 
livre de grammaire Arabique d'Ebn Hefdiim. Cet ouvrage ft tti^iwe <la&8 la 
^Miotheque du Roy, n\ 1104. * 

Hagi Caovani , homme célèbre dans là Perle , que le Vdëtè Hàfedh ia beau* 
coup loué, & propofê pour un modèle parfkit de génerofîté % de lîbérafité^ 

Hagi Cogehh , nom (bus lequel Tageddin Cazèrouni eft le plus conniii. H 
-eft Auteur d'un livre Perfien, intitulé Bahar à[f4àiy la mer de- laiélicité. Ceft 

un ouvrage de Morale. 

> .. . • 

HAGIAR, écrit par un lie, qui eft une a&iration ^uce, & liôfl {«r m 
-lia > qui eft une afpiratioit forte , comme dans les mots prééédehs, eft le nom 
d'Agar, mère d'IfmaëL 

L^ Turcs rappellent dans .leur langue Hagiar Anai, Agar la mè^e par. excel- 
lence , à caufe d'Ifînaël fôn fils. Les Mufulmans ne croyent point ^çUe fût 
concubine d'Abraham , & prétendent au contraire qu'elle fut ià femme légiti- 
^me , & qu'elle luy donna llinaël , lequel comme aîné eut un grand avantage 
fur likac , obtenant pour fon partage l'Arabie > qui furpaife de beaucoup en 
-Rendue & en ricbeflê , la terre de Chanaan qui demeura à fou cadet. 

Ds difënt auffi , qu'Agar mourut à la Mecque & qu'elle fut enterrée dascis 
-Tenceinte extérieure du Temple de* la C^bah ou NfaHbn quarrée ^ cette eiiceitl- 
te ou muraille eft appellée par les Arabes Hathim. V^^fz U titre de Vaixotty 
-ville d'Egypte, qui lui avait donné la naifiance. 

HAGIAR Alaflbvad, Pierre noire en général, mais en particulier une piér- 
ide cte cette couleur attachée à un des piliers du Portique du Temple de te 
J^eccpie. 

Abdall^, fils de Zobair, la fit tranfporter de ce lieu dafos le Sanéluaire ; mais 
ïlegiage l'en fit ôter & remettre dans fa première place. 

Les Caroathes, après avoir pillé la lifecque fous le KhaHfat de Moétader^ 

en- 



^ 



t^f . HAOIAft. H A CIL'// 

etdevelreste cette ^&ne y qaHs difoiient 9 a^eo affea * de vtaifeoiblinceviêtk'e im in- 
t^iën- Idole: oa voulut le(ir donner cinq mil* dinars d'or pour la racheter: maâ 
t1^ le^ réfûferënt'v & 1^ rétinrent pendant 22 ans, à ^voir , .depuis Fan $rf 
de THegire jufiiù'en 339 , qu'ils la rapportèrent è Courah , fou$ le Khali£àt de 
•MbCht - 

Les Khalifes firent enchafler un morceau de cette pierre . daoâi Ie[ . fetail de là 

tiôrce de leur Palais à Baudet, ce qui obligeoit. tous ceu^c qui y entroieiitt de 
ebairer,.& ils â'attirojent par^là jme' grande .^éneratiçn. £n effets im MuTuL 
man ne croiroit pas avoir fatisfait aux devoirs du pèlerinage . de la Mecque , 
s'il n'avoit baifé cent & cent fois oette pierre , à laquelle ils attribuent kles 
.qualitez jmerveilleures , conune.de nager fur Teau» d'engraifler un chaznean mai* 
;gre qui la porte, Savoir quelquefois une pëfanteur que plufieurs bœufs ou chfi^ 
y^ux ne peuvent ébranler, & plufieurs autres chofes fabuleufes. 

Khondemir rapporte dans la vie de Mahomet; que cette pierre a été révérée 
dès les premiers tems dans le temple de la Mecque; car il dît, iuivant les an- 
.Ciens: mémoires; ,de$ Arabes , x]ue les Giorbamides , - qui avoient la garde de ce 
. T€i]^p)e , furent contraints d'en céder la pofleflxon aux Banou Beker , c^eft - ^ 
dire, aux enfans de Beker, qui étoient de la poflérité dlimaêl , fîls d'Abra- 
ham, qui s^toient rendus maîtres de la ville par la force de leurs armes. 

Amrpu Ben Hâreth , chef des Giorbamides , craignant la profanation de ce 
jteinple , détacha la pierre ^oire du lieu où elle étoit placée , & la jetta dans 
le puits de Zemzem , dont il ferma £i bien l'ouverture , qu'elle ne fut connue 
.par aucun de leurs ennemis. r - 

JLes chofes demeurèrent JoQg-tems eh cet étajt^ julqu'à ce qu'AbdahuotUeb» 
[ayeul 4e Afohomet p ayant appris par révélation tout ce qui s'étoit paffé , fit 
jtirer du pujt^. cette pierre & la remit m même lieu d'où elle avoit été tirée. 
Voilà les vains amufemens dont Iqs Mufulmans entretiennent leur dévotion. 

Il ne faut pas confondre le nom de Hagiar al fovad', qui fignifie auifi pierre 
.noire^ qui eft proprement le charbon de teiTe ou de pierre, avecia pierre noi- 
jre myl^irie^ ^ont noys . y eiipijs 4^ parler, & que J'on appelle toujours £fa- 
^iar al alTovad* 

• • • • 

■^ HAGIAR. Eifù Hagî4r,,eft le nom de pMeurs Auteurs Arabes, dont l'un 
.eft furnomme Al Afcalani , parce qu'il étoit natif^ de la ville d'Afcalon en 5y. 
•xie , un autre Al Bagdadi & un (roifième Al Mekki ^ onginaires des villes de 
^Jgagdet & de la Mecque. 

Le premier & nommoit Al Hafedh Schehabeddin Aboulfadhl Ahmed , & mou- 
rut l'an 852 de l'Hegire. Il a travaillé beaucoup fur l'hiftoire d'Egypte : fon 
. principal ouvrée hiftorique a pour titre Enba al gmri fi ebnaUmri. Les v%s 
.des Cadhis du Qire^ intitulées Refi al efr an Codhdt Mefr^ font auffi de luy. 

Les deux autres Ebn Hariar .étoient * plus anciens , & n'ont travaillé que fiir 
/des matières qui regardent le Mufuknanifme. 

• 

! HAG)^ jjc Hagiar. Ce jnot figniiiîe en Arabe une pierre, & eft deveira fe 
nom d'une ville de l'Arabie, fituée dans la province de Higiaz; elle eft des 
dépendances de iemamah, dont elte n'eft éloi|née que dé vingt - quatre heures 
de chemin. o •*- 

i:'eil dans cette wlle que l'on voit les fepulcres des Schoâda ou Martyrs, 



HAÏ. 1^*1 

qualité dottnëe à ceux qui furent tuez en combattant contre le faux Prophète 
Mufeilemah ^ lequel .prétendit faire dans l'Iemen ce que Mahomet avoit fait 
dans J'Hipaa* 

D publia en effet une nouvelle ioy » & il eut pendant un tems beaucoup de 
feâateurs; de forte qu*Aboubecre , fucceffeur de Mahomet, craignit que ce nou- 
veau Prophète ne l'emportât fur le fien , & ne caufât la ruine du Mufulmanit 
me : mais enfin , Mufeiiémah fut défait & tué auprès de cette ville , qui efl ap^ 
paremment celle que Ptolemée & Strabon appellent Petra defertiy & les Hébreux 
Arac. f^oyez Abdelmoal dans le fécond climat, & Naifireddia qui lui donne 
^3 degrez de longitude, & 25 degrez, 15 minutes de latitude Septentrionale. 

La ville dlemamah eft éloignée de BafTora de 16 journées , & à 82 degrez , 
30 minutes de longitude, & 23 degrez de latitude. 

Cette ville a donné fon nom à un paya qui eft, félon Khondemir & tous les 
Géographes Orientaux , entre la Syrie & TArabie , & c'eft ce que nous appel- 
ions aujourd'buy l'Arabie Petrée, où le peuple de Saleh, c'eft-à-dire, les The- 
audites habitoient autrefois ; on voit encore , difent les Mufulmans , en ce pays- 
là les roches & les cavernes , où ils fe retirèrent pour fe garentir des maux dont 
le Prophète Saîefa les menaçoit, & Ton. y remarque auflî les terribles effets de 
la colère de Dieu. Fbyez les titres de Saleh 6f de Thcmoud. ' 

LsL ville de Hagiar devint , à caufe de fa fîtuation avantageufe' , la place qui 
ftrvit de retraite & de capitale aux Carmathes , d'où ces rebelles infeflerent 
long-tems les Etats des Khalifes de Bagdet , & moleflercnt à un tel point les 
pèlerins de la Mecque, que ce pèlerinage ceffa pendant plufieurs années , com- 
me Ton peut- voir dans le titre de Hagge. Abufaid y bâtit un palais ou châ- 
teau, nommé Hagiarah, que fon fils Abbu Thaher fortifia exti'êmement. 

Depuis ce tems -là, Hagiar pafia pour une place prefque imprenable. Les 
Sultans de Syrie & d'Egypte l'ont poffedée long-tems. Les Francs la prirent 
à leur tour , & changèrent le nom de Crak qu'elle portoit alors , tiré de celuy 
d'Arak , que les Juifs lui donnoient , en celui de Montréal. Plufieurs de nos 
Hiftoriens l'appellent Crak de Montréal», c'eft du mot Crak que quelques Au- 
teurs, qui ont voulu faire les habiles, 6ht formé le nom de Cyriacopolis y qu'ils 
lui donnent. 

On peut encore remarquer , que cette ville n'eft point Rahbat Moahitîs , ou 
Rabba des Moabites , car ces peuples habitoient au de - W du Jourdain , & un 
peu au-deffus de la mer morte. H efl vray toutefois que la dignité de Métro- 
pôle fut transférée de Rabbat à Montréal, qui a dépendu autrefois du Patriar- 
che d'Alexandrie & enfuîte de celuy de Jerufalem. 

Il y a une autre ville , nommée Hagr & Hagiar , plus avant dans l'Arabie , 
qui appartient à la province de Baharain. Ses dattes, qui font excellentes , don- 
nent lieu au proverbe Arabe , Forter des dattes à Hagiar , pour exprimer une 
peine inutile. 

H AI Befli Jakdhân, Hiftoire fabuleufe d'un homme né de la terre, nourri 
par une chèvre , qui s'élève parmi les bêtes , & qui parvient par fes reflexions 
jufqu'aux plus hautes connoiflances de la Philofophie. 

Cette hiftoire fe trouve écrite en Hébreu, en Arabe & en Perfien. Mardo- 
Ichai Ben Eliezer Comtino, Rabbin de Conftantinople , & Ifaac Arama la citent 
.comme l'ouvrage d'un autre Rabbin, nommé Moyfe de Narbonne. 

TombIL Z Po- 



17S HAIAN- H AI AT. 

Pokôkius nous Fa donnée en Arabe avec la verfion Latine ^ câmmb YcXtnm^ 
ge d'Aboiigiafar Ben TofaO , fin» le nom de Philofophus: AutûdidaStu^^ 

Fadhlallah Ben RouzgîMn Al Haigi , natif dlfpahan. Fa mife en langue Peiv 
Tienne y fous le nom de Bedî al zamàn y la merveille du tems , & Ta dédiée au 
Sultan Jacob Al Baiandurî. ' 

HAIAN. Abou Haiân & £bn Haian & Al Haiam; cà font 1^ nona 4t 
plufieurs Auteurs , dont le plus ancien eft Auteur du Tarikb Ebn HaUffiy qui eft 
une hilloire des Traditionnaires Mufulmans ; il mourut Tan 354 de THegire^ Jl 
porte auili le fumom de Sabthi. 

Abou Haiàn Al Taouhidi, ainfi fumommé^ à caufë que fon père vendoit des 
Taouhid» efpèce de dattes excellentes, vivoit Fan 400 de THegire. Il porte Iii 
qualité de Zahed ^^ qui fignifîe un homme retiré du monde ^ & qui mené une 
vie dure & auftère. On a de luy plufieurs ouvrages de Religion & de dévo- 
tion 9 fort bien écrits } car il excelloit dans la compofiti(Hi foit tn pre^e , ibit 
en vers. Les titres de fes livres font , Jmtàd u^ al mova naffUt.^ Dakhair u d 
Bajfair. Sadik u al Sadacdt. 

Ebn Haian Al Andaloufi Athireddin Al Haiani , étoit Efpagnol, & a compo- 
fé le Bahar al mohith fi taffir , qui eft un commentaire fort étendu fur FAÏco- 
ran, auquel il donne le nom d'Océan. Il le commença Tan de THegire 710, 
âgé de 57 ans, & mourut l'an 745. Nous avons auffi de luy Tohfatal aUb k 
ma fil Coran mm al garih , des chofes les plus rares & \q$ plud çurieufès de l'Ai- 
eoran. Cet ouvrage eft dans la Bibliothèque du Roy, n^. 585.. 

H AI AT, la vie. Au chapitre Anaâm , ou des créatures , dans rAIcoran>. 
Mahomet fait dire à Dieu : Je ftray revivre celui qtd eft mort. 

Les Interprètes dîfent> que ce verfet fut publié au fujet dé deux Alrabes îdo- * 
'latres, dont Fun étbit Abou gehel & Fautre Omar, qui fut depuis KhaSfe. Ma- 
homet les ayant vus enfemble, pria Dieu qu'il lui plût faire la grâce à un des 
deux de Fappeller au Mufulmanifme. Sa prière fut exaucée , & Omar fut ce- 
luy fur lequel tomba cette grâce ; car de mott qu'il étoit , il fut vivifié par 

îura mort , c'eft - à - dire , dans les ténèbres de Fini- 



la foy, & Abou gehel demeura 
délité. 

Les plus fpirituels qui allégorifent ce paflàge, difent , que la mort de l'hom- 
me eft fa concupifcence , & que fa vie confifte dans iWour de Dieu : ou qu*il 
faut entendre dans ce paflîàge par la mort, Fignorance &. Finfidélité , & par la 
vie, la connoiflance & la foy. 

Le Kafcbef al afràr dît, que la vie de la connoiflance eft bien dîflPërente de 
la vie animale. Les hommes , ajoûte-t-il , vivent pour Fordinaire à la manière 
des autres animaux, d'une vie animale & ftnfitiVe: mais les Ipiritueb vivent de 
la vie de la connoiflance. La différence de ces deux vies eft , que ia prenrîè- 
re finit fuivant ce qui eft écrit : Toute ame fera féparée du corps par ïa mort. Il 
y a mot à mot , Omnis anima gufl:abit mortem. Et la feConde ne finit point , 
felon cette autre maxime indubitable : Le fidèle vit dans l'une & dans Tautre A- 
meure,y c'eft-à-dire, en ce monde (f en Fautre. Ce qui a fait dire à un Poète 
Perfîèn : Celui-là ne meurt jamais , Seigneur y qui n'a de la vie que pour vous.. 
Heureux donc mille fois celuy que vous animez de vôtre efprit. 

Schali Kermani, homme dofte & pieux, difoit , qu'il y a trois marques de 

cette 



» * 



haï a T h E L a h. h a I D a R. 179 

.celte vie de Dieu ém rhomme , £« Khalkazkt bahak khalvat iaoydm àhikir. Se 
C^Kirer du mondç, fe retirer auprès de Dieu & perféverer dans la prière de 
]M>ucbe ou de cœur. Voicy la paraphrafe de ces paroles en vers Perfiens. 

N'ouvrez point la porte de la converfation à tous venansu 

Mais toumeZf-vous vers Dieu en toutes fortes de, rencontres. 

Ne çijjez jamais de poujfer des foupirs (f des dejîrs ardens vers lui^ & ne vous 

laffez point de publier de bouche fes grmdeurs (^ fes bienfaits. 
Ceft ainfi que vous pojederez la véritable vie en ce monde-cy ^ en Vautre. 

Il y a une tradition Mufulmane , qui porte que cinq chofes prolongent la 
^e, Berral vaUdin^ honorer fes père & mère, f^ajlat al raham^ entretenir Ta- 
midé avec Ces proches* jiatha alfadacah^ donner Taumône. GeMdfifebil allah^ 
faire la guerre aux infidèles pour la gloire de Dieu. Daovdtn fil votdhou , être 
exaâ à fe purifier par Tablution ordonnée par la- loy. 

' Les Mufulmans àufli*bien que les Chrétiens Orientaux donnent à la troifième 
perfonne adorable de la Trinité, pour propriété eflTentielle Haiat, c'eft-à-dire^ 
la vie. Il eft vray, que les premiers ne croyent pas que cette propriété con- 
Ititue une perfcMine , qu'ils appellent Aknoun ; mais que c*eft feulement un des 
attributs de la Divinité , que les Chrétiens appellent Perfonne. Les Syriens 
domient le nom de Mehaia ^ ou de Vivifiant au faint-Efprit , ce qui eft con- 
forme au Symbole de Nicéfe ^ qui porte exprelFement ces paroles : Et in Spiri- 
tumfanStum Dondnum (f vîvificanîem. 

Haiat al haivân , la Vie des animaux. . C*eft l'hîftoire des animaux que De* 
miri a écrite , plutôt en Dofteur de la loy , qu'en Natûralifte du Phyficien. Il 
y a deux éditions de cet ouvrage. La première , qui eft entière , s'appelle le 
Grand Demîri. La féconde porte lé * nom de petite , à çaufe que Pou y a re- 
Planché les contes fabuleux & les fonges qui font dans la prçovère. Voyez les 
titres de Demîri & de Haivén. 

JIAIATHELAB, peuples que les Anciens ont appelle Iniofcythte. Il y a 
apparence que ces peuples habitent le Tonbut, Tobut ou Thebet, pays qui s'é- 
tend vers le Nord, entre les Indes & la Chine. Le pays de Barantola, que nos 
voyageurs mettent eh ces quartiers-là , pourroit bien avoir tiré fon nom de Be- 
lad Hàiathelah, Pays des Haiathelites. 

Les Haiathelites ont eu autrefois un Roy Êuneux^ nommé Khafchnaovar , qui 
défit Firouz , fik d'Iezdegerd , Roy de Perfe , *& qui fut enfuite défait & tué 
par Noufchirvân , quoy qu'il eAt rétabli Cobad , fon père. Ces peuples faifoient 
leur capitale de la ville de Bali^he } mais ils furent pour lors entièrement chaf- 
fcz de Perfe. 

HAIDAR, c'eft un des noms Arabes du lion, & Un des furnoms ou titres 
^h^y lie<pel eft auffi appelle Afiàd Allah, le Lion de Dieu: c'eft pourquoy ce 
nom de Haidar fe trouve 4ans plufieurs perfonnes de la famille d'Ali. 

Le plus célèbre de tous ces peribnnages eft le Scheikh Haidar , fils de Gio- 
tkéd ouGiuneid, arrière-petit-fils ds ScheikbSefi ou Sefîeddin, lequel prétËndoît 
de defcendre d'Ali,, par la branche de Houlfain fon fçcottd fils, qui efi celle des 
imams ^ félon les Ferions. « 

Z a La 



i8o H À I D H A R I. .i--^ UAÎU Ë NT i: 

La mère de Scheîk Haidar étoit fille d'Ufuhcaflan ou Haflaîi Begh AI Riîàni 
duri 5 premier Sultan de la dynaftie des Turcomans nommez Baianduriens ou 
du Mouton Blanc. Ce Sultan donna des troupes à Haidar , pour faire la guerre 
à Ferokhzad , Roy de Schirvan, qui avoit défait &. tué Gionaid dans une batail- 
le : mais en voulant vanger la mort de fon père , il perdit la vie & fut caufe 
de rextinftion prefque entière de fa famille qui étoit fort nombreufe. 

Cependant Ifmael, un de fts enfans, fe làuva avec fon frère Jâr Ali; & c'eft 
cet Ifmaël, furnommé Sofi , qui fonda depuis la dynaftie qui règne aujourd'huy 
en Perfe , dont la famille s'appelle Sofiat & Haidariat , c'cft-à-dire , Sofienne & 
Haidarienne. 

Les Perfans d'aujourd'huy difeïit , que Haidar fut le premier qui inventa une 
nouvelle coëffure de couleur rouge, qui a douze plis autour d'un bonnet & qu'il 
la fit porter à tous les fîens ; c*eft ce que l'on appelle en Perfe le Tage ou la 
Couronne Haidarîehne, & c'eft à caufe de cette même coëffure^ que les Perfans 
font nommez Kezelbafche, Têtes rouges. 

Il y a eu trois Princes de la famille des Sarbedariens , à fçavoir , le feptiémc, 
le huitième & te neuvième, qui ont porté le nom de Haidar.. f^oyez le titre di 
cette famille. 

HAIDHARI, furnom de Cothbeddin Mohammed, dît Al Schâmi & AlDe- 
meichki , à caufe qu'il étoit natif de la ville de Damas. Il eft Auteur du li- 
vre intitulé Boghiat al mottaki , ce que doit defirer & chercher celuy qui craint 
Dieu 5 & d'un autre qui porte le titre de Efterddh refé al éterddh , de l'obliga- 
tion qu'il y a de faire cefler les contradiélions & les dîfputes». Cet Auteur 
mourut l'an 894 de THegire. 

HAIGI. Voyez le titre de Rouzgehdn. 

H A I M u Khaif men laoumat allaim , titre d'un livre qui' traite éès avanta^ 
ges de la folitude, & qui exhorte vivement à l'embrafler. Il a été compofé 

T^'lt• TNJo rrtnârlrîîr» Al ÎToKrî Rr W Cc^ tviW^\Tf^ rïonc în RîKlîrfcfViianiiA A\t "Q t^-vr *»* <«•• 



H AI M. Aboulabbas Ahmed Ben Haim , dit AI Salemi & Al Manfouri , ï 
xraufe qu'il étoit natif de la ville de Manfourah en Egypte , naquit l'an 798 de 
l'Hegire & vint Tan 825 au Caire. Le* Divan ou Recueil de fes poëfies efl 
fort efi:imé, & fe trouve dans fa. Bibliothèque du. Roy, n^^ 1170. 
' Il étoit cependant bon Jurifconfulte & avoit étudié le-Tenbih, fous le Doc- 
teur Ifla Acfahesbi ; c'eft pourquoy nous avons, de lui un ouvrage de Droit fur 
les fuccefllons qui viennent du côté maternel, intitulé FoJJoul al mehetnmât fi 
rmovareth al ommdty qui a été commenté par Mardini. On le trouve aulÊ dans 
la Bibliothèque du Rôy, h^. 711. 

Nous avons auffi un commentaire de cet Auteur fiir un poëme , intitulé Jr^ 
giouzah fil gebr u mocabeiah , compofé de vers libres fur l'Algèbre. 

HAIMENI Al Mekki, furnom de Schehabeddin Ahmed Ben Hagiàr., Ait 
teur d'un Arbâiû ou de quarante traditions,, .jBe/^itt u al âdel^ fur la Juftice & 
fur le Jufte. 

HAIOUKI, 



[H AIOUKI. -=^HitI V AN. i»r 

HAIOUKI, fumomde Nagmeddin Al Mekki. Voyez ce titre. 

H AIR, nom d'ûa canal qui a été fait autour du fepulcre deHouffain fils 
d'Ali , & qui donne auffi fon nom à ce monument. P'tyyez le titre du Khalife 
Motaorakel. 

Delalat al baîrin. Le Conduâeur ou le Guide des dévoyez, titre d'un- livre 
fort eftimé, que Rabi Moyfe, fils de Maiemoun, compofa en Arabe, & qUi a- 
été traduit en Hébreu, par Jofeph Ben Tibbon, fous le nom ^e More Nevo- 
kîm. ir 35 été depuis traduit de THebreu en Latin , par fiuxtorf , & intitulé 
Doàor perplexorum. . 

H AIT HEM Ben Gemil, nom d'Abou fahal Al Bagdadi , qui a paflTé pour 
un des plus fidèles traditionnaires du Mufulmanifine , & qui eft mort l'an 104 
de l'Hegire. 

Ebn Haithem eft Auteur du livre intitulé Idhah al beiàn u mur al imdn , l'é- 
claîrciflement de la raifon & la lumière de la foy, c'eft-à-dire , Démonftration 
naturelle jointe aux principes de la religion & de la foy. Cet Auteur mourut 
Tan 550 de THegire. 

Abou Ali EbnHaifhera Al Bâfrî étôit un Géomètre excellent, natif de Bat 
fôra , lequel fe faifoit fort de rendre l'Egypte fertile en quelque état que fe 
trouvât le-^il , foit qu'il crût ou- qu'il baifiSt. Le Khalife Hakem Bemrillah 
le fit venir de Baflbra au Gaife , le reçut avec honneur , lui fit beaucoup de 
carefles , & lui fournit tout ce qui lui étoit néceflfaire pour cette entreprife : 
mais cet habile Géomètre s'appercevant de l'impoffibilité qu'il y avoit dans l'exé- 
cution de fon projet, contrefit le fol pour fe mettre à couvert de. la colère du 
Khalife, &. mourut au Caire l'an 430 de l'Hegire.. 

HAITHEM.. F-oyez Hath^m.. 

HAIT HE M A H. Ebn Haithèmah Ben Zohr AI Neflaî Al Bagdadi, qui • 
mourut l'an 923 de l'Hegire , eft Auteur d'un Tarikh ou Hiftoire générale qui . 
porte fon noîn. 

HAITHEMI; Ebn Hàgiar, Auteur d'une Géographie des pays duMuful- - 
manifme, porte ce furnom* Son ouvrage eûintitulé Jl Eeldm be caoyathêal 
EJldm.. 

HAITHON ou Hâiton, Roy Chrétien d'Arménie. Foyez Hatem. 

H AI VAN, Animal & Animaux. Ketàb al haivân, l'Hiftoire des animaux, ., 
compofée par Giahedh. f^oyez l'hiftoire d'Aboulfabi-, dans, la Bibliothèque du ' 
Roy, n^. 798. 

Haiat al haivan ,' les vies dés animaux , c'eft l'hiftoire des animaux de Demi- 
ri. f^oyez les titres de Haiat f? de Demiri. . 

Menafê al haivan , des utilitez des animaux dans la médecine. Nous avons 
deux ouvrages qui portent ce titre; l'un d'Ebn Beithàr, le plus célèbre Auteur 
de la Botanique chez les Orientaux. L'autre eft d'Abdallah ben Gebrail Ben 
Bakhtifovâ, Médecin Chrétien du Khalife Haroun Rafchidj celuy-ci fe trouve : 
avec ks figures dans la .Bibliothèque du Roy, n^-> 939. 

Zs hakaik: 



I82^ HAKAIK. HAKEM. 

HAKAIKou Hàcaic, les. Veritez les plus importantes; c'eft le plorier de 
Hakikat. D y a plufieurs ouvrages qui portent ce ^ nom. Celuy de Selemi eft 
le plus célèbre , car il traite des allégories de FÂlcbran , où cet Auteur (emble 
avoir voulu fpiritualifer ce que les plus grofliers d'entre les Mufulmans ont 
pris ^ la. lettre. 

Hakaik Al Mandhoumat, Ouvrage compoië en vers par Abou Hàfedh Oiaar 
Ben Mohammed y fur les loix , & les observances du MuTulmanifine. 

HAKEM Bemrillah, troiiième Khalife de la race des Fathemites, étoît fils 
d'Aziz, fils de Moêz, qui furent les deux premiers Khalifes de cette dynafHe, 

Il commença à régner à l'âge d'onze ans fous la tutele d'Arghevan que fon 
père lui avoit donné pour Gouverneur, l'andeTHegire 386, de J. C. 995. Il 
s'éleva fous fon règne un rebelle qui fe difbit defcendre de Hefchâm, fils d'Ab- 
dalmalek , fils de Marvàn, tous trois Khalifes de la race des Ommiades : mais 
après plufieurs combats livrez de part & d*autré y ce miferable fut défait & pris 
prifbnnier. Hakem le fit mettre pieds & poingts liez fur un chameau avec un 
iVnge derrière luy qui lui frappant inceflTamment le derrière de la tête avec une 
pierre, le fit mourir. 

Ce Khalife devint fol, & impie en même tems;' car il ordonna que toutes les 
nuits les maifons, & les boutiques du Caire fuIFçnt ouvertes, & éclairées, que les 
femmes ne foi:tiiïent jamais de leur Jogis fous quelque prétexte que ce fut, défen- 
dant aux ouvriers de faire aucune chauflTure à jeiir mage , & voulant que l'on 
leur prefentât ce qui leur étoit neceffaire avec des culieres , , ou pallettes à man- 
che long , pendant que leurs portes étoient enu-'ouvertes , & qu'elles fe tenoieot 
derrière, làns fe faire voir. 

n voulut pafler pour Dieu ^ & fit écrire un catalogue de feize mil perfonnes 

S[ui le reconoiflbient pour tel. Un impofteur nommé Darâr qui fe fit chef d'une 
ëâe que l'on nomma Darariah, f^vorifoit l'extrav^ance de Hakem, lequel ne 
mnnqupit pas tous- les matins avant le jour d'aller mr le mont Mocattam, où fl 
^difoit avoir des entretiens avec Dieu femblables à ceux de Moyfe. 

L'on crut en ce temsJà que Hakem, qui avoit publié une maledîftîon con- 
tre les premiers Khalifes compagnons de Mahomet , avoit deffein d'abolir le 
Mahbmetifme , & de s'ériger eh nouveau Lcgiflateuf : mais fa fœur , & le chef 
de fes troupes foupçonnez d'avoir des intelligences fecretes enfemble . pour tra^ 
^erfer fes projets , luy ayant donné quelque prétexte pour les faire mourir, 
refolurent de le prévenir , & le . firent alfamner pendant qu'il étoit prefque feul 
fur la montagne de Mocattam l'an 411 de î'Hegîre. 

Aprè^ la mort de Hakem qui avoit régné 15 ans, fe fœur fe rendit mattreflfe 
-des affaires, & fit proclamer Khalife fon neveu, fils de Hakem fous le nom de 
Dhaher Ledinillah. 

^ Entre, les folies de Hakem, celle de faire brûler la moitié de la ville du 
Caire, & de faire piller l'autre par fes foWats, mérite le premier rang. Il obli- 
gea les Juifs &, les Chrétiens de porter des marques fur leurs habits qui les diftin- 
guaiTcnt des Mufulmans ; il en contraignit plufieurs de renoncer à leur Religion , 
puis leur permît enfui te d'en faire une profelîlon ouverte; il fit dénaolîr 
î'Eglife de la Refurreftion, ou du Calvaire dans Jerufalem, puis la fit rebâdr. 

Après avoir fait excommunier , & maudire les -Khalifes qui lavoient précédé 
Ali^ comme des ufurpateurs , il révoqua fon £dit , & néanmoins il interdit le 

pelé- 



H A K E M, ïSj 

pêleriiNge de te Mocqae» fiipprûHa le jeûtie du Ramadhan v& te folemnité des 
cinq prières journalières , & imlitua la vifiCe du temple de Thaalab dans l'ïemen y 
ou Arabie Heureufe, félon les principes de Hamzah Ben Ahmed ^ fucceflèur de 
D&rar, duquel on a déjà parlé. 

Cet Hamzah qui fe qualifioit Al Hadi, c'eft^dire, le Condufteur, ou le Di- 
reâsur, permettoit le mariage entre les frères & les fcçurs^ les per-es^ & leurs 
filles y les mères & leurs enfans^ fupprima la folemnité du Vendrcdy de chaque 
femaine, & la célébration des deux Fêtes appellées la Grande & la Petite. Ce* 
pendant nonoblbant ces excez, il fut toujours protégé par le Khalife Hakem, 
ce qm fît que te fe6te des Darariens fe multiplia en Egypte ^ & (ê répandit dans 
toute la côte maritime de la Syrie. 



HAKEM Ben Hefchdm, trdfième Khalife de là race des Ommiades en Efpa- 
gne , étoit fils de Hefchim > & petit-fils d' Abdahahman y Fondateur de la dynaftie 
des Ommiadcfs dans le pays d'Andslousy c'eft-à-dire , en Efpagne.. 

U commença fcm règne après te mort de Hefchàm fon père y arrivée Tan de 
FHegfare i8o> de J, C. 796, pendant que Haroun Rafchid étoit reconnu pour 
le vray & légitime Khalife des Mufulmans à Bagde^ & il le ânit l'an 206, aprè« 
avoir ^ défait Hés oncles paternels qui lui difputoient la couronne. 

Ce Prince avoit pour fa garde ordinaire cinq mil renégats, dont deux mil 
étoient Eunuques. H fut fumommé l'Heureux, & acquit te réputation de fage, 
& de vaillant. U fe vangea des habitans de Tolède qui s'étoient révoltez, par^ 
un ftratageme fort fai^tent, car Abdalrahman fbn fite s'étant fait beaucoup prier 
(feutrer dans leur ville, & ayant invité les plus qualifiez à tm feftin , il les fit 
tous égorger à mefure qu'ils fe prefentoient pour entrer dans te fàlle du banquet» 

Ceux de Côrdoue ne profitèrent point de cet exemple de feverité: car ils fe 
(bûleverent auffi quelque tems après ; mais Hakem arrivant à Timpourvû dans 
leur ville avec Abalkerim, Capitaine General de (es troupes, après avoir fait paf- 
{fer par le fil de l'épée une grande partie àss rebelles, en fit pendre plus de trote 
cens i te porte du pont. 

Les Chrétiens reprirent cependant la viUe de Bârcelonne fous le règne de ce 
Khalife, qui fe preparoît à leur faire une rude guerre , loriqu'il mourut après 
vingt-fept ans de règne , laijfTant fa couronne à Abdalrahman , fécond Khalife de 
ce nom en Eipagne , qui étoit l'aîné de dix*neuf garçons & de vingt-une filles. . 

HAKEM> fécond du nom Khalife d'Efpagne, étoit fils d' Abdalrahman troi- 
fième. Il fucceda à fon père l'an 350 de l'Hegire, de J. C. 961. On lui donn^ 
le fiirûom de Moûaker biUah qui lignifie Bien établi^ de Dieu : en effet il gou* 
. vema fes Etats dans une grande tranquillité ; car fon règne qui fut de feize ans y 
ne fut troitblé par aucune guerre ni civile , ny étrangère. 

Hefcham.fon fils qui lui fucceda l'an 366 de l'Hegife, ne regoa pas fi. paifi* 



/ 
j 



» > îUil 



HAKEM Bemrillah> fécond Khalife de la race dés Abbaflides en Egypte^ 
appelle, & reconnu par le Sultan Al Malek Al Dhaher filbars , qui voulut réta- 
Ij^r le Khalifet dans cette Maifon. 

- Ce Khalife avoit eu pour pïedecefFeur Al Moflanfer billah , lequel ne joiiît 
4e cette dignité qu'environ ixk stkQi»%.cv il fut ttté par les Tartares, lors qu'il 

alloit 



ï84 H A K E M. 

âlloit à Bagdet avec des troupes du Sultan Bîbars pour refltrer en pofleflloii da 
trône de fes ancêtres. 

Hakem fut proclamé Khalife Tan 660^ de THegire, de ]. C 1261, & jouit 
de cette dignité plus de quarante ans, car il mourut Tan 701 , fous Malek Al 
Naffer, fils de Kelaoun, & eut pour fucceflèur fon fils Moftacfi billah. 

Le Sultan Kelaoun Roy des Mamlucs en Egypte , fait mention du Khalife 
Hakem 9 dans la réponfe qu'il fit k la lettre d'Ahmed Niciidar Oglàn , Empereur 
des Mogols> & le qualifie le fouverain Imam ou Pontife de la loy.MufuImane. 

HAKEM Ben Hafchem, c'eft le nom d'un fameux Impofteur qui parut fous 
le règne de Mahadi » troifième Khalife des AbbalEdes ^ dont l'Auteur du Lebta* 
rikh raconte ainfi l'hiftoire. 

Il parut dans la ville de Nekhfcheb en Khoraflan un nommé Hakem 9 fils de 
Hafchem furnommé Sazendéh mah, le Faifeur de Lune, qui avoit été Secrétai- 
re , ou Greffier dans la Chancellerie d' Abou Moflem , Gouverneur du Khorafîaa 
fous Almanfor père de Mahadi: cet homme fe fit foldat, devint Capitaine, & en 
fuite chef de party. Il reçut dans les combats qu'il donna un coup de flèche 
qui lui fit perdre un œil, ce quî Tobligea pour cacher cette difformité, de por- 
ter un voile, ou un mafquc que l'on nomme en Arabe Burcâ, ce qui luy fit 
donner le furnom de Burcâi. 

Cet impofteur , quoy qu'il fût d';iilleurs fort malfait de fa perfonne , voulut 
cependant par une témérité incroyable paiFer pour Dieu , & eut plufieurs feéia- 
teurs qu'il abufa , & qui luy (ërvirent à fe rendre maître de quelques places 
fortes dans le Mavaralnahar autour des villes de Nekhfcheb, & de Kafche ; de 
forte que s'étant rendu déjà puiffant, & fa faftion croilfant de jour en jour, le 
Khalife Mahadi fut obligé d'envoyer una armée pour en arrêter les progrez , & 
pour châtier cet Impofteur qui étoit déjà fuivi de plufieurs milliers de gens dé- 
voilez. L'armée du Khalife l'affiegea dans la plus forte de fes places , où après 
iMie longue défenfe fe voyant réduit à l'extrémité , il prit le party *€ie fe faire 
mourir luy & tous les fiens, par une invention fort nouvelle. 

Pour veoir -à bout de fon defTein, il donna dû poifon dans le vin à tous fes 
gens , & fe jetta liiy-inôme enfuite dans une cuve pleine de drogues brûlantes & 
confumantes , afin qu'il ne reftât rien de tous les membres de fon corps , & que 
ceux qui reftoîent de fa feéte, puHent croire quil étoit monté au ciel, ce qui 
ne manqua pas d'arriver. Les Hiftoriens ne s'accordent pas fur le tems de cet 
événement; car les «as le marquent dans l'année i6z & k$ autres dans la 163 
de l'Hegire. 

Khondemir qui donne à cet Impofteur le furnom de Mocannâ , auifi-bien -que 
Ben Schohnah , rapporte cette hiftoire avec d'autres circonftances. 

Il dit que fon nom propre étoit Hakem Ben Atha, qu'il étoit petit de taijle, 
& de fort mauvaifc mine, & que pour cacher la difformité de fon vifage, il 
portoit toujours un mafque d'or, ce qui donna lieu de le furnommer Mocannâ 
qui fignifîc en Arabe couvert d'un voile , oumafqué': mais fes difciples affuroient 
qu'il fe couvroit le vifage pour ne pas éblouir ceux qui l'approchoient , par 
réclat de fon vifage comme Moyfe. 

Sa doftrine étoit que Dieu avoit pris une forme & figure humaine depuis 
qu'il eut commandé aux Anges d'adorer Adam, le premier des hommes. Qu'a- 
près la mort d'Adam, Dieu étôit apparu fous la figure de plufieurs Prophètes^ 



H A K E M* i8y 

& autres grands hommes qa'il avoit choifis , jufqu*à ce <iu'il prtt celle d'Abu 
Moflem Prince du Khoraflan, lequel profelToit l'erreur de la TenafTukhiah ou 
Mecempfychofe; & qu'après la mort de ce Prince, la Divinité étoit paffée, & 
.defcendue en ia perfonne. Mais, dit Khondemir, Dieu eft bien élevé au defliis 
de tout ce que peuvent dire les impies , Taàla Allah âtnma iacmd aldhaknmny 
qui font les paroles de l'Alcoran. \ 

Cet impie parut â'abord dans la ville de Merou en EhorafTan , d*ob il pafla 
dans la Province Tranfoxane^ aux environs de la ville de Kafche; & fe faifit 
d*une fortéreflê qui étoit prefque inaccelEbIe« Là il fut fuivi d'un très-grand 
nombre de gens abufez qui fe faifoient appeller en Perlîen Sifîd giameghiàn» 
• c*eft-à-dire 9 les vêtus de blanc , aufquels plufîeurs Chrétiens , & Idolâtres fe 
joignirent. Comme il étoit très-expert dans Tart de la Jonglerie , que les Arabes 
2q>pellent Schaoudhat, il amuià pendant deux mois le peuple de la ville de Nekh- 
ichd) en faiânt fortir toutes les nuits du fonds d'un puits un- corps lumineux 
femblable à la Lune qui portoit fa lumière jufqu'à la diftance de plufîeurs mUles. 

Mahadi le Khalife ayant appris la révolte de Hakem envoya Abuf^id avec une 
armée con&lerable pour l'exterminer. U fallut donc l'aflieger dans ià place , & 
il y tint s^ez long-tems : mais voyant enfin la neceffité où il étoit réduit de 
périr ^ ou de fe Tendre , il refolut d'empoifonner tous les fîens. . Une de fes con^ , 
cubines qui découvrit fon deflein , fe cacha dans un coin du château pour éviter 
ce danger, & vit que Hakem après la mort de tous fes gens, prit leurs corps 9 
& les brûla, ce qu'ajrant fait, il fe jetta lui-même dans une cuve pleine d'eau 
forte qu'il avoit préparée, où l'on ne trouva de tout fon corps que les dieveux 
qui demeurèrent au delFus de l'eau. 

La femme qui étoit demeurée feule en vie dans la place , après avoir veu toute 
cette tragédie, cria du haut de la muraille aux ai^egeans que fi on vouloit luy 
Êdre bon quartier, ellefleur livrerpit la place. Abufaid, General de l'armée du 
K]halife, lin promit non feulement la vie , mais encore qu'il luy donneroit tous 
les biens qui étoient dans le château , fi elle l'en rendoit maître. 

Cet accord ayant été fait , la femme ouvrit la porte aux aiSegeans , lefquels 
bien étonnez de ne trouver perfonne hors elle , dans la place , apprirent , par 
ion moyen tout ce qui s'étoit pafië , & les feâateurs de l'impofi:eur , appeliez , 
comme nous avons déjà dit , les Vêtus de blanc , ne manquèrent pas de publier 
auffi-tôt que leur maître étoit monté au ciel pour un tems , & qu'il retourne^ 
roit bien-tôt fur terre. 

Ben Schonah fur l'année 163 de l'Hegire, dit que Mocannâ Ben Atha étoit 
KhoraiTanien de naifiance, qu'il trompa parla magie , & par fes impoftures beau, 
coup de gens aufquels il montroit une efpece .de Lune qu'il iaifoit lever la nuit^ 
quand il vouloit: qu'il voulut paflêr pour Dieu, ce qu'il exprime en Arabe par 
les paroles de Daâ alru boubiac , & qu^il avoit fait bâtir un château très - fort 
qu'il nomma Senâm Waral nahar , c'eft-à-dire > la Bofle ou le Tertre de la 
Tranfoxane. 

Abou Giafar Al Thabari écrit qiie Hakem appelle par fes difciples Ben Ha- 
fchem Al Burcâi , difbit que la Divinité s'étoit premièrement manifeflée dans • 
la perlbime d'Adam, & que pour cette raifon Dieu avoit oblige les Anges de 
l'adorer; qu'Eblis qui eft Lucifer, avoit été chaflë du Paradis, & reprouvé de 
Djen , pour ne hiy avoir pas voulu rendre cet hommage , comme les autres 
Ançes avoient fait ; que depuis Adam 1 cette même Divinité étoit defcendue , 

Tome H. Aa &sé. 



t 



ti6 HAKIM. HAKK. 

& s'étoit repofée fur plufieurs Prophètes ^ Roys^ & Sages, facceffivoment jnfipu'i 
Abou Moflem, Prince de Khoraflan^ duquel elle avoit paflë en fk perfonne. 

Le même Auteur dit que Hakem (çavoit les plus beaux fecrets de la Magie. 
Il y a grande apparence auffi qu'il étoit inftruit du Judaifine, & même il peut, 
avoir été Juif: car cette Divinité qui répofoit fur les Prophètes , n'eft autre 
ue le faint Èfprit que les Ooâeurs Juifs appellent Sekinah d'un mot qui figni- 
e Repos; & ce pdTage de Tun à Tautre Prophète qui eft une efpece de me- 
tempfychofe, eft fort approchant des fentimens que les Juifs avoient au tems 
même de Jesus-Christ. 

U faut remarquer ici touchant les habits blancs des difciples de Hakem, que 
la couleur des habits , des coëffiires , & des étendarts des Khalifes Abbaflides 
étant la noire , ce chef de Rebelles ne pouvoit pas en choiflr une qui luy fût 
plus oppofée. Al Mamoun voulut changer le noir en verd en Viveur de la 
pofterité d'Ali , à laquelle il âvoit deflèin 9 difoit-il , de rendre le Khalifat ; mais 
y fut cÂligé de reprmdre le noir pour éviter la révolte de fes fujets. 

n y eut depuis dans TAfie unç diftinftion de Blancs & de Noirs parmi les 
Turcomans , (hns le même tems que les Blanchi & Neri firent naître deux gran* 
des faâions en Italie, f^oyez les titres iTAc Coinlu, & de Gara Coinlu. 

HAKIM; ce mot<iui fîgnifîe Sage, Philofophe, & Medecin^eft donné par 
excellence à Locman parmy les Arabes, & à Pythagore parmy les Grecs. On 
donne auffi à Nafis Ben Aovadh le. titre de Hakim Ai Kermani , le Sase du:pays 
de Kermàn , ou pldtôt le Médecin. Il a compofé un livre intitulé Jsbdb u AU' 
tndty des caufes, & des prognoftics des maladies, qu'il dédia à Ulug Beg, Sukaa 
de laTranfoxane qui regnoit à Samarcand l'an 817 de THegire. 

Ce mot pris éminemment devient un des attributs de Dieu. Abdalhakfm , le 
Serviteur du Sage, eft im furnom qui eft auffi en ufiige, qu'Abdalcader, & Ab« 
dakahmàn qui fisnifient Serviteur du Puiflant & du Mifericordieux. 

U y a un célèbre Doâ;eur Mufulman nommé Abou Abdallah Ben Abdàlha- 
kim mort Tan 214 de l'Hegire, lequel étudiant fous Malek, un des quatre Imams 
ou Chefs de la loy Mahometane , entendk un jour fonner Midy , & fe leva 
auffi-tôt pour faire fa prière. Malek loi dit alors : Ce que vous avez quitté eft 
plus excelleot que ce que vous allez £dre, fi vôtre intention eft pure & droite. 

HAKK, la Venté, la Juftice, le bon Droit. C'eft auffi le nom de Dieu. 

Nous lifons dans le chapitre de l'Alcoran intitulé Jonasj ces paroles: laiakl 
jlllah al hakka bekelematihi ^ u laou karah al mogrimoun. IXeu maintient h vérité 
& le bon droit p^r fa parole en dépit des méchans. 

Le Methnevi Mânevi paraphrafe en vers Perfiena très-élegants ce pafFage. 

• « * 

Dieu fC abandonne jamais fes amis entièrement à t envie & à la malice de leurs 
ennemis y car enfin la vérité Je fait cûnmttre. 

La Lune jette fa lumière y £f le chien abboyei mais ràbboi du chien ne fait jamais 
de tort à la lumière de la Lune. 

On jette les baiieures d'une maifon dans Peau courante d'un fleuve , £f ces ardu* 
tes nagent fur la furface de Veau , fans ^'elles puiffent ni tofrtter , ni la 
troubler. 

Le 



H A L A R 187 

Le Prophète fend la Lune en deux au milieu de la nuit^ (f fe tnocque de toutes 
. les impojiures d'Jboulehéb qui décrie fes miracles. 

Le MeJJîe d'un côté reffufcite le Lazare ^ (f de Vautre vous voyez des Juifs ron- 
gez d'envie fif de dépit qui font des grimaces , qui fe mordent les doigts , ^ 
qui s'arrachent la barbe. Huflain Vaez dans fa paraphrafe Perfienne. 

Lorique le mot de Hakk fe prend pour un nom de Dieu ^ Ton y ajoute ordi- 
nairement celui de taâla ; Haktaàla fignifie donc la Vérité fupreme , & le fouve- 
rain Seigneur du monde* 

HALAB> ou Haleb. Alep, ville de Syrie, qui eft Tandenne Berrhsea, & 
non Hierapolis, comme pluGeurs raûTurent. Elle fut conquife fur les Grecs par 
les premiers Khalifes : elle paila des mains des Khalifes de Bagdet , en celles 
des Sultans de la race de Hamadan. Seifeddoulat , le plus puiifant de cette Mai^ 
fon, h perdit avec tous &s trefors qui. Cubent pillez par les Grecs Tan 351 de 
THegire , de J. C. 962 , mais fon château que l'on nommoit Khaibar , & qui 
éCoit très-fort, s'étant bien défendu, les Grecs furent obligez de Tabandonner. 

Cette ville tomba enfuite fous la puiiFance des Selgiucides, puis des Atabeks , 
des Khalifes d'Egypte, & fucceffivement des Aioubites, ou lobites, c^eft-à-dire , 
de Saladin , & oes Sultans de fa Maifon : elle palTa de ceux - cy aux Mamiucs ^ 
fur lefqoels le Sultan des Othomans Selim , premier du nom , la prit un peu avant 
la conquête de TEgypte. 

U eft vray cqpendant que dans des entretems , Alep a été pofledée par les 
Kelabites ou Marda&hites , par les Genghizkhaniens ou Mogols, & par Tamer* 
lan & fes Tartares: mais les premiers n'y demeurèrent que fort peu de tems, 
& les derniers ne l'ont fait proprement que piller & ruiner. 

Omar Ben Abdalâziz fumpmmé Ebn Ai Adim , dit Al Halabi , à caufe qu'il 
étoit natif d'Alep , a écrit Fhiftoire de fon pays en dix volumes fous le titre 
de BogMat alThakb fi tarikh al HaUb y qui fignifie la Crème du lait, à caufe que 
le mot de Halab figm'fîe en Arabe du lait , que cet Auteur pfétendoit avoir 
écrémé. * 

H y a plufieurs Auteurs qui font fortis de cette ville , & qui ont par confe- 
quent porté le titre d'Al Halabi. Un des plus célèbres efl Ibrahim Ben Mo- 
hammed qui porte la qualité de Mohaddeth Al Halabi , le Traditlonnaire d'Alep , 
des paroles duquel Al Cordi a tiré l'ouvrage qu'il a publié fous le nom Acd al 
galiy que Ton trouvfe dana^ la Bibliothèque du Roy jf. 710. 

Ce même Ibrahim efi: l'Auteur du livre intitulé Moltaki al àbhàry le rencontre 
ou le conflans des mers, qui efi: dans la même Bibliothèque n^. 6oo. 

y oyez auffi fur le mot de Halabi, les titres de Dhaheri, £f iTEbn Hanbali. 

Les Hifi:oriens d'AIep prétendent que tette ville efi: auflî ancienne que la dy- 
naftie des Caianides de Perfe; car ils écrivent que Kiichtasb, fils deLohorasb^ 
cinquième Roy des Caianides, reçut dans cette ville le Tage, ou la couronne 
royale, que le Roy fon père lui envoya. 

La ville de Kennafiferin en Syrie a été long-tems la capitale des Sultans 
cTAlep, & elle pofiTedoit encore cette prérogative dans le tems que Bea Scho* 
nah vîvoiL 

Holagou prit Alep l'an 658 de l'Hegire, & il y tua plus de monde qu'à Bag« 
4et, qiril avoit priie deux ans auparavant Tamerlan la fâccagea > & la ruina^ 

A a 1 l'an 



■ \ 



i88 H A L A O V A R D. HALLAGE. 

Tan 805 de la même Hégire, qui eft le 1402 de J; C. Payez Us titres de 
Hamadan, de Nafler , de Saladin, de HolagU,^ de Timur. / 

HALAOVARD, c'eft un des noms de. la ville de KhotoL- f^oyez Khot^ . 
lan , & Vahafch, 

.HALIML Foyez le titre de Luthfallah. 

H ALK Alovàd , là gorge du fleuve. Cefl ce que. les. Italiens ont appelle 
la Goletta» &. nous autres la Goulette. 

Charles- Quint prit cette place qui eft la porte de la ville de Tunis, fous 
prétexte de rétablir Moula Haflan , que nos Hiftoriens appellent Muleaflem , dans 
fes Etats, Tan 943 de l'Hegire, de J. Ç. 1537. ^^^« U titre de Tunis. 

Les Efpagnols tinrent la Goulette jufqu*en 980 de THegire, isyi de J. C 
pendant lequel tems les Tunifins prenoient des Roys tantôt de leurs* mains , & 
tantôt de celles des Tu^cs: mais Dom..Jean d'Autriche enflé du fucce^ glorieux 
de la bataille de Lepante , ayant vouUi s'afliirer du Royaume entier de Tunis, 
& commencé de bâtir une nouvelle place entre Tunis & la Goulette fur le 
lac qui eft entre deux, où il mit trois mil Italiens fous le commandement de 
Serbellon , & trois mil Efpagnols fous celuy de Salazar , Selim fécond Sultan 
des Turcs en prit jalouGe , & envoya Sinan Bafla avec une flotte de cent 
foixante galères, & plufieurs vaifleaux de guerre, qui reprit tout ce que les. 
Efpagnols avoient dans ce Royaume Tan 981 de l'Hegire, de J. C. 1574. 

Les Efpagnols perdirent cinq cent pièces de canon, & des munitions à pro- 
portion. Carrera Gouverneur de la Goulette fut fait efclave , & ^rbellon Gou-* 
verneur de la nouveUe forterefle , fort maltraité. Cette expédition eft décrite 
dans le livre intitulé Mark Al.Jemani^ fur la fin. 

HALL al ramouz fi mefatih al Gonouz, Livre fypçrftkieus d^Abou hamed 
al Gazali, qui enfeigne. les moyens de découvrir les trefors cachez. II eft dans 
la Bibliothèque du Roy n^. 1030. 

HALL al romouz u Fekk al aklàm u al thelfemâr men gemî almofchkelàt. 
Livre non moins fuperftitieux que le précèdent, dont TAuteur prétend enfeigner 
les moyens de déchifrer toutes fortes d'Alphabets renverfez, ou autres, & a ou- 
vrir, ou expliquer tous les Talifmans les plus diffidles.. On. trouve aufli (îet 
Ouvrage dans la Bibliothèque du Roy n^. 1005. 

HALLAGE^- ce mot fîgnifie proprement en Arabe celiiy qui prépare le 
cotton avant que Ton le mette en œuvre^ Ceft le fumom dun fameux Doc- 
teur, homme fort extraordinaire ; car Tondît qu'il fàifoit paroître aux yeux des 
hommes des fruits d'hyver en été, & des fruits d'été en hyver; qu'en étendant 
fes mains en Fair , il en MSoit tomber dès drachmes d'argent dont Tinfoription 
étoit Col Allah ahed. Dis qu'il n'y a qu'un fitU Dieu , & M appeUoit cette mon* 
noyé des Drachmes de la Toute-puiflance , Derahém.al Cadrât. 

On ajoute qu'il difoit aux gens ce qui fe paifoit de plus fecret dans leura 
maifons ; & devinoit tout ce qu'ils avoient dans la penfée. Ces merveilles lui 
attirèrent uti grand nombre de difciples^ & firent que les Doâeurs de. la loy fe 
trouvèrent fort partagez dstns leurs iêntimens fur fon fujet. Pluûeucs d'entr'eux. 

crurent 



H A L'L A G £• 189 

cntfttJt qu'il étoît plus qu*homme, & les autres le ttaitercnt d'impoffieur, & 
Ben Schohnah dit que les Mufulmans étoient divifez encr'eux à'fon égard, com- 
me le font les Chrétiens à Tégard du MeOîe, 

Khllage jéûnoit fouvent pendant plufîeurs jours, & lorfqu'il rompoit fon jeu- 
ne, ce n*étoit quavec trois bouchées de pain, & un peu d'eaui Etant venu 
du Khoraflan dans Tlraqûe Babylonienne, il pafla de-là à la Mecque, & vint à 
fi>Q retour s*établir à Bagdet, où fon nom failant un très-grand bruit , le Vizir 
Ahmed demanda permiffion au Khalife Moéliader Tannée 309 de THegire , de le 
garder chez lui. 

Le Vizir, après avoir obfervé Hallage pendant quelqme tems, prit la refolution 
de le faire périr. U affembla pour cet effet un grand nombre de Doâeurs de 
la loy pour luy faire fon procez fur ce qij'it avoit écrit dans un de fes Ouvra- 
ges touchant le pèlerinage de la Mecque ; il avoit avancé que celui qui ne pou- 
voit pas faire ce pèlerinage ordonné par la loy, devoit leparer un heu dans fa 
maifon,.k tenir foit propre, &. n'y donner l'entrée à perfonne, afin qu'il y 
pût pratiquer toutes les cérémonies, & fiiire toutes les prières qu'on a coutume 
de faire à la Mecque; & qu'après qu'il fe feroit acquité de ce devoir, ilfalloit 
qu'il aifemblât trente orphelins, aufquels il donneroit à manger dans ce même 
lieu feparé de fa maifon , les habiUeroit , & leur feroit une aumône de Sept 
drachmes d'argent , par tête , & qu'en accompHlTant toutes ces chofes , il acquer- 
Foit autant de mérite que s'il avoit £ait le pèlerinage de la -Mecque. . 

L'aflemblée des Dodleurs dé la loy s'étant tenue , on y rapporta la propofi^ 
tion de Hallage. Le Cadhi AUou Omar en ayant ouy la leâùre , demanda à 
Hallage d'où il l'avoît tirée : Hallage répondit qu'il l'avoit tirée du livre intitulé 
Ketab al Ikhlâs^ le livre du falut, compofé par un Doâeur irréprochable, nom- 
mé îkafran Bakhteri. Le Cadhi lui répliqua : vous êtes digne de mort, car nous 
avons entendu la leéture de ce livre à la Mecque ^ & nous n'y avons rien trou» 
vé de ce que. vous avancez... 

Le Vizir après avoir entendu ces paroles , dit au Cadhi c Donnez vôtre avis 
par écrit, afin que nous fçachions fi vous trouvez cet homme digne de mort^ 
OB non. Le Cadhi fit quelque difficulté d'abord de déclarer (on fentiment: mais 
peu de tems après il prononça qu'il étoit permis de le faire mourir , & fon 
fendment fut fuivi de tous^ les autres Doéleurs de l'ailemblée qui foufcrivirent 
la fentence du Cadhi. 

Hallage iè voyant condamné , leur dit : Mon fang ne devroit pas être répan- 
du par vos mains ; , car ma foy eft celle . des vrays Mufulmans , & ma feâe eit 
OrtJiodoxe, puifque je fuis la tradition de nos pères. Il y a plufieurs de mes 
livres qui attellent cette vérité, & Dieu vangera ma mort. 
. Êe Vizir après avoir recudlH les avis des Doftèurs , les envoya au Khalifes 
lequel donna la permiffion de le faire mourir. Tel fut fon fupplice : U reçut 
mil coups d'efcourgées , après quoy on lui coupa les mains, puis les pieds , & 
enfiiite la tête ; fon coxps fut brûlé , & là tête expofée dans la place du mar- 
ché de Bagdet. C'efl tout ce que Ion trouve de Hallage dans le Raoudhat de 
Ben Schohnah. 

Emir Khovand fchah, & Khondemir fon abréviateur écrivent, que l'on a p^- 
lé de cet' homme diverîement : car quelques - uns l'ont fait paÔer pour un im- 
pofteur & d'jautres. pour Chrétien. Ce qu'il a dit dans quelques vers , rappor- 
tez, dans l'hiftoire d'Àbuglâf^HTabari ^ feroit croire a£^ qii'il xéconnoiflbit l'In- 

Aa 3 car- 



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ipp 



HALL- A G £• 



carnation du Verbe écemèl: car il parle aflez clairement de Tunion de la Divi- 
nité à rHumanité. Il dit fouvent dans fes vers : Moy & nus j parlant à Dieu : 
mais ce peut être une expreflion de la Théologie myftique , par laquelle on en* 
tend Tunion intime de la Divinité au cœur de Thomme détaché de Tamour des 
chofes de la terre & tranfporté hors de fo^. 

Le Scheikh Ala eddoulat vifitant un jour Hallage , le trouva ravi en extafé 9 
ce qui luy donna lieu de faire cette réflexion , que Pharaon a été condamné 
aux flammes éternelles 9 pour* avoir voulu faire croire à fes peuples idolâtres 
qu'il étoit Dieu » & que Hallage qui difoit hautement parmi les Fidèles : ^e fuis 
Dieu , Ana alhakk , a été élevé par la grâce toute «puiflTante de Dieu même 9 
jufqu'au plus haut degré de la contemplation* La raifon de cette différence de 
traitement eft expliquée dans le titre de Feraoun. l^oyez^le dans r article ^Alaed- 
doulat. 

Dans le chapitre de TAIcoran, intitulé Hamtat^ il eft parlé du feu que Dieu 
allume dans nos cœurs, appelle Nar allah al mùukedat 9 le feu allumé & brûlant 
de Dieu; furquoy l'Auteur du Kafchf alafràr 'dit ^ que ce feu qui s'infinue dans 
nos cœurs eft aliumé par la contemplation qui excite dans nous l'admiration des 
grandeurs de Dieu, & c'eft.de luy que Manfor, fumommé Hallage 9 dit: Il y 
a foixante-dix ans que ce feu Divin s'eft allumé dans mes entrailles & il les a 
tellement embrafées 9 qu^elles en auroient été entièrement confumées 9 fi une 
étincelle fortie du foyer 9 Jna alhakk ^ Je fuis la fouveraine Vérité 9 ne fût tom- 
i>ée iUr ce qui étôit déjà tout brûlé & ne lui eût donné une nouvelle vie : 
mais il n'y a que celuy qui eft embrafé du même feu 9 qui puiflTe dire quelle 
eft ma brûlure* Sur quoy cet homme merveilleux s'écrioit : Ardeur de Va* 
mmr Divin y venez à mm fecours , afin que vous (f moy 9 nmis nùus plaignùms fans 
cejje. Car celuy ^ là feul qui brûle y peut dire F état d'un cœur cmfumé par le mi^ 
me feu. 

Les vers que Hallage a compofez 9 & qui l'ont pu faire paflèr pour Chrê^. 
tien, font les fuivans* 

Mon efprit eji tellement confondu avec le vôtre 9 quHl fmble que ce foie le vin ^ 

teau mêlez enfembU 9 qui ne font que la même boijfon, 
Qttos que f entreprenne (f en quelque état que je me trouve 9 je ne trouve que voue 

& moy. 
JLoui foit à jamais celui qui nous a manifejlé fon humanité , en nous cachant fa 

Divinité qui pénètre toutes chofes ; jufques^là quHl a voulu parottre parmi 

nous y buvant & mangeant comme les autres hommes^ 
Celi ee ^i fait que fa créature le regarde y mais obliquement y comme fait la pru* 

nelle d*un œil celle de rautre. . 

• 

Mais les vers qu'il prononça 9 lorique Ton le menoit au fupplice 9 font enco* 
Te plus clairs j pour exprimer les fentimens d'un véritable Martyr de Jésus* 
Christ. 

Celui qui, me convie à fon banquet y ne me fait point de tort y en me faifam Unre 

le calice quHl a bu lui-même. ^ 

fl me traite comme çehii qui convie y traHe fon convive^ 



H AL L AL. H À M. ioî 

* - • , ' 

' Al Dhahabi y Doâeur confîdërable parmi les MuTulmanâ / & ^ n'ëtoit pas 
des amis de ce contemplatif, rapporte , que Hallage ayant dit un jour à Abube- - 
kre j fils de Sâad : Croyez en^'moy & je vous donneray une plahte d'Usfurat y 
qui eil uûe efpèçe de Cnicus ou Safran bâtard , dont la graine fera de cuivre 
^ fe changera en autant de grains d'or , Aboubekre lui répondit : Croyez en 
moy & je vous envoyerai un Ëlefant couché fur le dos , dont les pieds iront 
jufqu'au ciel ; & lorlque je voudrai le faire difparoître, je le cacherai dans 
vos yeux; 

C^te réponfe rendit Hallage confus & interdit , parce qu'elle lui fit connoî- 
tre que ce Doéteur ne prenoit toutes les merveilles qu'il opéroit , que pour 
des preftiges. 

Tageddm Ali Ben Ahmed Al Bagdadi , qui mourut Tan 674 de THegire > a 
/ait la vie d'Abou Moghith Houflain Ben Manfor Al Hallage , duquel nous par- 
lons 9 fous le titre ^Akhbdr Hallage. Gazali & £bn Kale(^ £e (ont aufli fort 
étendus fur les faits de ce perfonnage. 

^ HALLALf ce mot fignifie proprement en Arabe tout ce qu'il eft permis 
de faire ôit de manger félon la loy Mahometane, & eft le contraire de Haiim, 
qui figniie tout ce qui eft défendu* * Les réponfes , que les Muftis font aux 
eas & aux queftions qui leur font propofées, & qui pafient pour des décifipns, 
roulent ordinairement fur ces deux mots : car ils ne mettent ordinairement que 
l'un ou l'autre dans leurs Fetuas ou Reicrits , Hallàl ou Haràm ^ il eft permis y 
ou il eft défendu. 

Hallàl eft auffi un nom propre: car nous trouvons un Auteur, nommé Abou 
Mohammed Hall^ , qui a i^t une hiftoire des fourds ou fourdauts , qu'il a in* 
titulé Jkhbdr al thocala, 

HAM Ben Nouh, Cham, fils de Ncié. L'Auteur du Tarikh Thabarî rappor- • 
te, que Noé donna fa malédiâion à Cham & à Chanaan, fon fils > à caufe qu'ils 
ne couvrirent pas fa nudité , ce qui eft aflez conforme au texte de l'Ecriture 
(àinte. ,U ajoute, que par cette malédiftion la poftérité de Cham fut non feu* 
lement afi^èrvie &. rendue fujette à fes frères: mais encore que la couleur de fa 
chair fut changée & devint noire. 

ISfoé cependant voyant un changement fi prompt , dit le même Auteur, fut 
attendri, & pria Dieu, qu'il luy plût donner à fes frères de l'amour & de la 
confidération pour li^y; & cette prière de Noé fut certainement exaucée: car, 
fi nous voyons encore aujourd'huy l'effet de la malédiftion de ce Patriarche ^ 
là poftérité de Cham étant efclave par toute la terre, nous y remarquons auflS 
celuy de fk prière, puifque cette forte d'efclaves noirs eft chérie & recherchée 
en tous lieux. 

Cette hiftoire a fourni une preuve de la prédeftination abfolue à un Auteur 
Arabe, qui a été traduit en Turc par F Auteur du Thirâz Almankouch. 

n dit^ qu'il y a dans toutes les' créatures en général & dans chacune en par- 
ticulier , une volonté déterminée de Dieu fur elles. Qu'il eft inipoflîble qu'au- 
eune de ces créatures puifiê produire aucune aftion que celle qu'il veut, & que 
c'eft la volonté de Dieu qui les produit. Que les hommes qui ne font qu'une ' 
efpèce parmi toutes les autres créatures , ne peuvent s'occuper à autre chofe 
c^u'à ce pour quoy ils ont été créez. Que nous ne pouvons pas nous emplo* 



1 



191 HAMA^DAN. 

• 

yer à quelque chofC) ni en uTer comme il nous plaft Et enfin 9 tout ce que 
nous diibns en nous-mêmes , ou que nous propofons de faire 9 n\efl pas pour 
nous 9 puifque nous ne pcMivons jamais le faire reuifir, s'il n'eft conforme au 
décret étemel de Dieu, ♦ 

Ceft icy le véritable intiment de tous les Muiiilmans qui fe croyent Ortho- 
doxes , c'eft-à-dire , féparez de toutes les feâes erronnées , & quoyqùe ce prin- 
cipe femble ruiner abfolument la liberté de Thomme , ils ne laiflent pas néan- 
moios de la croire ou plutôt de la fuppofer j puifque félon leur doéinne y fans • 
la liberté 9 il n'y aiiroit point d*£mr, ni de ^ehi: c*efbjl-dire » que fi rhomme 
n'étoit pas libre, \l n'y auroit point lieu de luy faire aucun commandement^ 
ni aucune défenfe. Foyez les titres de Nouh, de Kenàan, & de Caous <m Cous 
fil dendàn, qui eft > Chus » fils de Chanaan.^ 

HAMADAN , Ville qui eft la jlus Occidentale de la province de Pars,' 
ou Perfe proprement dite, diltante d'Ifpahan de 150 lieues Françoifes ou en- 
viron , fclon quelques Géographes : mais félon les plus célèbres y comme Naffi- 
reddin, £bn Haucal & Abulfeda, elle appartient au Gehàl ou ^cien pays des 
Parthesy dont Ifpahan eft aujourd'huy la capitale. 

Les Tables Arabiques lui donnent de longitude 83 degrez , & 35 degrés^ 
10 minutes de latitude. Quelques autres la placent au 36 degré , 8 ou 32 mi- 
nutes .de latitude. La iîtuation de cette ville eft très-agréable , & la monta- 
gne nommée Alvend > qui en eft proche y luy donne une fraîcheur fi tempérée^ 
que les Roys de Perfe en faifoient autrefois leur féjour d'été. 

Les Perfims veulent que Giamichid, qui étoit de la première dynaftie de leurs 
Roys , en ait été le fondateur : Les Selgiucides en ont fait autrefois la capita- 
le de leurs Etats , particulièrement fous Mohammed , fils de Mahmoud. Elle 
auroit été defolée par Tamerlan^ fi elle ne fe fût rachetée par deux fois en fort 
peu dé tems. ' • . 

On remarque , que cette ville a été autrefois le centre d'un grand commer- 
ce, & fes habitans étoient fi riches , que lorfque Mardavige la prit d*aflaut, on 
chargea deux mulets des calleçons de foye de ceux qui y furent tuez par les 
Diiemites. Ceft aufli dans Hainadan que fe fait le meilleur Surmeh ou colly- 
re d'antimoine préparé pour les yeux. 

Hamadan eft encore lé nom d'un pays , & tribu des Ai:abes de la pofl^rité de 
Cahthan ou Joâhan dans l'Iemen , d'où defcend la fiimiUe de Hamadan , dont 
nous allons parler, l^oyez aujji Hamadani* 

HAMADAN Ben Hamdoun , nom d'un Seigneur Arabe de la tribu des 
Thâlebites, qui eut trois enfans, dont le fécond, nommé Abdallah Abulhegia, 
en eut deux nommez Nafler eddoulat & Sëifeddoulat , qui ie rendirent maîtres 
d!une grande partie de la Méfopotamie & de la Syrie. 

La Maifon de Hamadan y qui commença fous Motàdhed y étoit fort puiflànte 
fous Moktafî & Moâader ,: car ces trois Khalifes , de la race des Abbaflîdes ne 
purent empêcher que cette maifon ne fe rendft fouveraine dans Moful y dans 
Mardin, daps Alep, à Kennafierin & en plufieurs autres lieux des' dépendances 
du Khalifat. 

L'Auteur du Nighîariftan rapporte , qu'en l'année 320 ou environ de TH^ 
Vil y Munas, Eunuque ti:ès-pujflant auprès du Khalife Moftader , s'étant retiré 

mécontent 



..*i I^ 



/HtAm/d^NcI . ;. , 193 



mécontent du la Cour ^ piôur évifer' le$ embûches de fks ennemis 9 marcha avec 
ées troi^.vem Mofui, où les Crois lances /fils dç Hamadan, commandoient ; 
il •crctyott trOtiVeif I9 fâreté cfaetz .eux , cpmme chez des amis , qui lui avoient 
< d'extrêmes obligations : mais les Hamadanites » bien loin d'aflifter Munas , pri- 
rent le paity^ cm Vizir (bîx ennemi , & fe mirent en campagne pour le chafler • 
de (feffits l^urs. terres,. 

Daoud , cadet des Princes de cette Maifon , ne pouvant approuver l^aâion de 
ie$ frères 9 refufa de les fuivre; & ceux-cy lui en ayant demandé la raifon^ il 
leur dit, qu'ayant toujours vécu' fous la prûteâdcta fde Munas, il at)préheQdoit 
de recevoir quelque coup de flèche s'il maf<:hoit contre lui : car , ajoûtoit-il y 
fi j'^is bleffé à -mort, j'aurois un extrême regret de mourir, chargé àx repro- 
che & de rinfamie, que portç avec foy l'ineratitude. 

Ses frères ne ie payant pointa cette raifim, l'obligèrent abfolument de ve- 
iiir avec eux. Ils marchèrent tous trois à la tête de trente mil hommes con- 
tre Mùnas, qui n'avoît qu'une poignée de gens; mais ce petit nombre combat- 
tit fi heureufement , que Daoud y fut tué.effeâivement du coup de flèche qu'il 
appréhendoit, & les troupes de Hamadan défaites' & mifes en fuite* 

Munas chaffii pour lors les Hamadanites de Mouflal ou Moful: mais après fa 
mwt, qui arriva bientôt après, fous le Khalifat de Caher bill^, les^ Princes de 
' eette Kfeifbn NaiTer eddoulat & Seifeddoulat , enfans d'Abdallah Âboul hegia , 
crurent en dignité & en puifîance, fous le Khalifat de Hadhi & fes fucceffeui-s , 
jufqu'à un tel point , qu'il y a eu peu de Sultans gui aient égalé leur magnifi- 
cence, f^oytz Us titres de ces Princes. . . 

L'on .dit, que la ville & château de Houflainiah , bâtie dans la partie de la 
Méfopotamie, appellée Diàr Rabtah ,.par Houflain , fils aîné de Hamadan , fut 
la place qui donna le plus de jaloufie aux Khalifes contre les Princes de cette 
Mwbn. Les Khalifes .démolirent x:e château, mais la race de Hamadan fubfifta 
m^gré eux. 

La Maifon de Hamadan defcendoit de Hareth le^ Thaâlebite. L'on dit de cess 
Princes, que leurs vifages étoient formez lelfahahat y poiu- là beauté ; leurs lan- 
gues, lelfajfahatj pour l'éloquence; & leurs mains , lelfamaluit\ \po\ir la libérali- 
té. Il y a eu parmi eux d'excellens Poètes , dont le plus illullre fut Seifeddou- 
lat. L'on peut voir des échantillons de leurs ouvrages dans la première partie 
du livre intitulé Jetimat al deher. 

HAMÂÎ)ANL, furnom d'Abdalgiabbàr , Doâeur célèbre de la feâe des 
Motazales. Ce Doâeur fe trouvant un jour dans une afiemblée de gens de let- 
tres-, où 4I ^furvint un des. plus illdlres d'entre les DoÛeurs Sunnite^ ou Or- 
thodoxes , nommé Abou Ishak Al Asfardni , auflî-tôt qu'il l'eut vu entrer dans 
la falle de la conférence , prononça d'un ton de voix fort élevé ces paroles : 
Lùuange fait donnée ^ celui qui ejt fiparé (f éloigné de tout V^ptr Ja fainteté , 
.prétendant .établir par ces paroles le fentiment de ceux de flDeéte , qui nient 
que Dieu foit l'auteur , le créateur & le principe du mal y cwBre ropinion com- 
mune des Mufulmans , qui tiennent que Dieu veut le bien & le mû , & qu'il 
-«ft te créateur, & l'auteur de l'un & de l'autre : ce qui étant fuppofé , on ne 
pourrott pas dire , que Dieu fût £éparé , .par fa pureté & par ci fainteté , de 
'4:out maL 

Asfarani entendant les paroles de Hamadani^ repaitit aufli-tôt: Louai^e foit 
ToMje IL ^ B b do^ 



i94^ H A M A 1) À K î ^^^-i- tt A M A !!• 

Sonnie' i ctluy^^ ne permet pêî mCaucum 'chofi /$ p$ffi imt^ftm' tbymmt pmt 
fin ordre. Il vouloit faire entendre par 'ce& paroles, que «iix qui cMyeacqaà^ 
Dieu n^'eft pas Tauteur du t^n ^ du mal> accufeat Ûîro de' foibleffid &; loi im-. 
putent un déifaut de puiflànce. 

L'opinion des Motazales eft , communément réprouvée par les Mahométsœs, 
qui prétendent qu'elle favorife Terreur des deux principe , que Its Magee ft 
les Manichéens enfeijgnent* > . 

HAMAD ANI , furnom éhm Doâeur Aiabe , nomaé AiiulfadSil Ahmed» 
lequel a mérité par ifon éloquence le titre de fiedf al Zamàn > c^eft4-dire^ k 
miracle de Ton fiécle. Il eft Auteur d'un livre intitulé Akmndt ou Lieux eom- 
muns. Ceil un recueil de phifieurs places d'éloquence» que les Italiens Mpp^l- 
leroient Difiorfi Academki , & nous autres Déclamations , à Timitation diiqDel 
Hariri a compo£^ leS fwns. 

' Nous avons auffi plufieurs ouvrages de PoSfie du même Auteiu* >. etttne lef-^ 
quels on trouve ce quatrain qu'il fk contre & propre villç. > 

Hawadan ejl mon pays, £f je dirai à fa Umange qu^tUc furpa£4 m labeur twtet 

Ui autres villes au vmde^ 
Que fes en/ans ont autant de vices ^ fes yieitlards j (f jue fes riHUards rat mu 

tant de jugement fif de fagejfe que fes enfans. 

Voyez \z Bibliothèque du Roy, n*. 1132^. 

!* On dit que ce Dofteur mourut, empoifonné dans la ville de Herat en Kho- 
ralTan, Tan de THegire 398. Quelques-uns ont écrit , qu'il tomba en léthar- 
gie & qu'ayant été enterré trop - tôt , il s'éveilla & cria : il fut découvert & 
trouvé tenant fa barbe à la main ^ mais l'horreur du fepulcre le fit mourir. 
Ben Khalekan dans fa vie. 

Ali Ben Ahmed Al Hamadani à compofé un traité de Gébiiiantie , kititolé 
Magmou Èeml , & un livre d'Ekhtiaràt^ ou des Elèétiops fur rAftrologie Judi-^ 
cîaîre. 

Aboul HaiTan Mohammed Ben Abda^malek Al Hamadam , qui mourut Tan. 
521 de THegire, eft Auteur d'une hiftoire des Vizirs d'Egypte, intitulée jîkhbàr 
al Vouzaray & d'une autre, dont le titre eft Onorân al Jojar. 

HAMADQUN & Hamdoun. Ceft le nom d'un Arabe, petit-ffis de Ha- 
reth le Thaalebite, qui s'étoit rendu puiilànt en^Méfopotamie. J\ fut père de 
Hamadan , dont les en&ns établirent une dynaftie ou famille de Princes qui ré- 
gnèrent en Mélbpotamie & en Syrie* Foyez plus haut Hamadan & le titre de 
Seifeddoulat. 

£bn Hamadoijj^u Hamdoun eft Auteur d'un recueil ou Florilc|[e , qo'fl a 
intitulé Tedkker^ff on Mémorial , dans lequel il a ramaflë des dio^ curieilfes 
fur diverfes matières. 

HAMAH, Ville de Syrie-, nue l'on croit itipe très^aaidenoe > piufi|ue, &- 
Ion quelques Hiftoriens, elle efl; la même liont il eft parié dans le ai idiapitre 
de Jofué fom le nom de Hamoth. Elle tomba dans le partage, que les «nfâna 
de Saladin firent des Etats 4e leur pke> k Mohammod filad'Câ»r> fiia de Scha- 

ben* 



HÂMALOUK: — HAMDALLÀH. ipy 

lietitàiafi-, fife d^Âiôt* ou tte Job; dlé fùtptik par Holagu fur Al Malek AI 
Naffer, Tan 657 de THegire, de J. C. IÎ158. 

Le ville de Hamah fut renverfée par un horriUe tremblement de terre ^ qui 
étoit arrivé dès Tan 552 de THegire, de J. C. 11575 •avec les, ville$ d'Antîo- 
thty d'Ënieflë^ d'ApniDiée, de Laodicée, de TripoU et de plufieurs autres 1 mais 
elle s'étoît rétablie & ne fut point ruinée comme plufieurs villes de la Syrie, 
par les Mogols ou Tartares. 

Al Malek Al Saleh Omad eddita Abtmifedâ Ifmaîl, ffls d'Al Malek Al Naffer, 
y régna depuis Tan 743 de THegire jufou^en 745 , qui eft le 1345 de J. C. 
Ce Prince eft celuy qui nous eft connu fous le nom d'Abulfeda, Auteur d*U- 
ae hiftoîre & fl'une Géographie, yoyez fon titre. 

Abulfeda donne à h ville de Hamah ^^o éegrez , 45 minutes de longitude , 
& 34 deffe*, 45 minutes de latittkte Septentrionale. Les Tables Arabiques de 
Namr-eddin lui donnent 34 degrés , 40 hrinutes , & celles d'Ulug Begh feuie- 
mêrit 34 degrez de latitude. 

Le Nighi&tiftan Rapporte , qu'un Maître d'éc61e étant forti de Hamah pen* 
dant que le gi^ tremblemeâft de Tan 552 arriva, tous £es écoliers furent écra- 
Çqz fous les ruines du logis , & que le même âant retourné dans la ville , il 
ne vit pèrfiÂftie qpsi vint s!infbniier de Fétat d^aucun dteux. 

HAMALÔU.K , nom* d'un fameux voleur de.. grands chemins , Arabe de- 
pgtàaor & -de la xace de Kha&giah 5 ' lequel tenoit ^ avec un grand nombre de 
brigàns , les paflages qui font entre la ville d'Iezd en KhoraUkn , & celle de 
Schiraz en Perfe , afliegez. Il fallut une armée pour le défaire & Mohammed 
Ben Mod{iaSiâ*, qiii fut père de Scbah Scfaegiâ, Roy de Perle , fut obligé de 
maicher -contre Jtai & le fit enfin périr, 

HAMAN^ Pigen, deux fameux. Héros de la Perib« Foyez tejur combat 
dans le titre de Tagafche ou Togufche. 

HAMANI, nom d'un Auteur qui a traduit Endîde du Orec' oai de T Arabe 
«1 Perfien. 

H AM A O V I , natif de la ville de Hamah. Le Cadhi Schehabeddin Ben 
Abildem , Hiftorien , eft furnommé Al Hamaovi , & dté fouvent par AbouU 
feda. 

Jaùout Bëri Abdallsh porte le ûnmom de Hamaovi , & de BagdadL Foyez 
fon tiPte. 

A9 Bftrezî, £lm Haggiah de Hebat aliah p<»tent auffi le furnom de Hamaovi^ 
& nous avons un H£ftorïen des Ommiades, appelle abfolument Al Hamaovi. 

HAMASSÀH, Ouvrage de grande reput^on parmi ceux qui ont cultivé 
la Poëfie Arabique. Aboj^ Temam Al Thai l'a compofé , ou plutôt recueilli 
des anciens Poètes Arabes qui ont excellé chacun dans leur s^nre. ^ Mohammed 
Sen Houfiain Al Marzôuki .y a fait un commentaire , ïàns lequel il feroit fort 
iUffidle de l'entendre, 

HamaiL frayez iNoukal ou NokeL 

HAMBALLAH, Keu foît loué. Ceft auffi un nom propre diez les Ara- 
j|>ËS, comme Bto grêtias ^armi les Latins. HamddlaBi Mollaovafi^ ou par abro^ 

B b 2 gé 



ip6 H AMD OUN. -—H A MM AD.: 

gé Meftoufi Al Cazuim^ eft Autiei» diiTarikh Cozûléh.ou.ChroBique dioifie* 

yoyez ce titre. 

HAMDOUN., Fb^ez H^zdoun. . 

HAMDO VI AHi Mohammed Ben Ragia Betr Hamdoviab^ eft Aoteiir d'un 
Tarikh ou Hiftoîre. 

HAMID. Abdalfaamid Ialùa,~ Ecrivain célèbre,. qui a reformé les caraâères 
Arabiques^, fous le règne des Khalifes Qmmiades. Cependant ces mêmes carac- 
tères n'ont été réduits à la forme qu'ils ont préfentement que fous les Khali& 
Abbaffides, par Ebn Baovàb &..par Ebn Moclah. f^oy$z ces titres^ 

Abougiafar Al Manfor , , qui n'ay<À point encore vu cces caraâèrjes en Tétat 
où ils ont été depuis 9 difpit y que les OmiBiades avoient eu l'avantage au - def- 
fus de$ Abbaflides en trois, choies, en «Capitaines, en Ecrivains &ren Cdeùrs. . 

Ce Khalife croyoit, que les Abbaflideis n'avofent. point eu ju(qu'alors un Ca- 
pitaine femblablé à Hegiage, ni un Ectivain qui égalât Ebn Hamid , non plus 
qu'un Crieur qui valût fiaaibeki* Pour fçavoir cet que: c'eft qj»'un Crieur chez 
les Mahometans, voyez le titre de Movedliin ff celui de BelaL . 

Cet habile Ecrivain mourut Tan 132 de rHQfi;ire, & .on dit à foû fujejE : Ba- 
dat al ketabah.be Jbdalhainid u khotamat F Ebn al amidy l'Ecriture Arabique a com- 
mencé par Abdaïhainid \& a été perfectionnée par Ebnalâmid. 

Nou$ ayons un ouvrage de Géométrie., qui eft tin commentaire fiir PEiicfi- 
de, compofé par Ebn . Hamid, . 

HAMIDEDDIN, Dofteur célèbre, fumommé DKarir,. c^eft-à-dîre, l'A- 
veuglc. D avoit été difciple de Korderi , & devint maître de NalFafî , le jeuae. . 

' H AMîDi , on cité le Mefnad Al Hainîdi , fur quoy il faut voir le titre 
à'Ethaf al hebrat. Le livre intitulé Ajchràî^ a été-aoffi compofé i)aF un Auteur 
qui porte le nom de Hajnidi. . 

H A MM AD, Abou Ifmatl Hammâd Ben Soliman , étoit affranchi d'Ibrahim 
Al Afchâri A^ Coufi , qui, portoit- le titre d'Al Fakih-, deft-à^dire, de Jurif- 
confulte^- 

D étudia la loy Mufulmane fous Ails Beii Malek, & reçut les traditions d't 
brahîm al Nakhai, qiiitlés t«ioit d'Alcaniah» &'celuy-ci d'Ebn'Mâffoud. Il de- 
vint maître du célèbre Abou Hanifah , chef de la première fefte des quatre qui 
padïent pour Orthodoxes entre les Mûfulmans. On dit, qu'il donna pour règle 
à fon dUciple de n'apprenJre jamais plus de. trois queftionsjpar jour» 

On loue extrêmement la libéralité de ce Do6leur,'car il nourriflbit tous les 
jours du mois de Ramadhàn, pendant lequel les- Mdluhnans jeûnent, cinquante 
rauvres qu'il^ habîUpit de neuf le jour duBSairâmouifetlir^ qui eft comme' leor 
Pâque, & leur donnoit cent drachmes d'argent par tête, 

L'on rapporte auflî qu'Un fameux Do6leur, nommé Ben Ziâd, l'étant .venu 
voir pendant qu'il diftribuoit fes aumônes , & s'étant rangé parmi les pauvres > 
Hammàd l'interrogea combien il lui demandoit. Ben Ziàd lui répondit , pour 
rétonner, mil drachmes : mais^ Hamm^ lui répliqua; J^ai déja^ordon^.que l'on 
vous en donnât cinq mil & je np revoqueray .point mes ordres... Sur cecy, 

Bèn 



« 

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ETA MZ AH. rjjr 



BènZ^id lut fît le retherciment , que les pauvres ont ateoûtûmé de* faire , Ge- 
zàk allah Uiairan^ Dieu vous le rende, 

Hammàd mourut Tan 120 de THegîre , &• il ne faut pas le confondre aveo 
Abulcaflem Hammàd Ben Maiflèrat AI Scheibani , qui mourut Tan 165. Celui- 
ey fut fumommé Al Raoviat , c'eft-à-dire y le Reciteur ou Conteur d*hiftoires. 
lie Khalife Valid Ben lezid FOmmiade lui ayant demandé pourqûoy on lui a voit 
donné ce furnom , il luy répondit : C'eft que je vous reciterayi fi vous me le 
commandez ) cent poèmes des anciens Arabes & ^autant des modernes, fur cha- 
que lettre de TAlphabet. Le Khalife voulut faire cette épreuve, & après, en 
avoir ouy pluiieurs^, mit un homme à fa place pour entendre reciter le refle, 
ce qui ayant été pon£hjellement exécuté par Hammàd, il reçut un prefent de 
cent mil dràgmes d^argent des mains de Valid* 

flammâd Abou Kmail Ben Zeid eft furnommé Al Bafri , parce qu'il étoit na^ 
tîf de la ville de Bafrah ou BafTora. Quoi qu'il fût aveugle , il ne laiûà pas 
néanmoins de profiter dans les fdences du Mufulmanifme fous les Doéleurs Tha- 
bet Al Benani , Aioub & Amroii Ben. Dinar , & devint le maître d'Al Moba- 
rek. II mourut Tan 177 de l'Hegire*. 

Hammàd Al Dabbas , Chef de Sofîs. Foyez ia i fucceflTon dans> les titres de 
EonovL 

HAMZAH, fBsd'Abdalmôthleb',& petit- fîïs dé Hafchèm', & par confé- 
quent oncle de Mahomet, le faux Prophète. On Tappelle encore Abou Ommàr. 

Quoy que Harazah fût frère d'Abdallah , père de Mahomet , il étoit cepen- 
dant frère dé lait de fon neveu : l'on dit ,. qu'il fe fit Mufulman dans la fécon- 
de année de la mif&on prétendue de Mahomet ; & que fbn neveu l'ayant re- 
connu pour homme de courage & de valeur, lui donna le titre ou furnom d'At 
fed AUah, quifignîfie le Lion de EMeu, & lui mit en main le premier étendaït 
qu'il fit fure, & que Ton appella Raiat al eflâm^ l'JStendart de la foy, 1^ pre* 
mière année de THegire. 

H fut tué l'année d'après , qui fut la féconde de l'Hegire , à la bataille de 
Bèdr que Mahomet donna aux Coraifchites : ceux-cy furent défaits, & il n'y eut 
que quatorze Mufuhnans- de tuez, du nombre defquels Hamzah , - cmele de Mi- 
hbmet, fe trouva. 

HAMZ AH Ben Jofef Al Schemi , Auteur d'une hiftoire du Gioigîàn. Vc* 
yez le titre de Souli. L'Auteur du Lebtarikh cite dans la vie de Schabour Dhoi»- 
Jaktàf un Hiih»*ien, qui porte le nom de Hamzah AI Ësfahani, qui pourroit 
être le même que le précèdent • 

HAMZAH Al Caramani, Auteur d'un Comnientarre fur les Ahôvàr al tanzîl 
de Beidhaovi, mourut l'ân^ 871 de l'Hegire. l^oyez k titre de Zaharaovî. 

HAMZAH Jfegh/ fils de Cara Dugh Othmaiî, efl: le troîfième Prince dé la 
dynaftie des Turcomans , appellée du Mouton Blanc ou des Baianduriens. fi 
rqgna , après la mort de fon père , en Méfbpotamie & en Cappadoce: près^ de 
quarante ans, & mourut Tan 848 de l'H^e, de J. C. 1444. 

Il eut pour fiiccefleur fon neveu Gihanghir, fils d'Ali Begh, & celuy-cî lait 
& fes Etats à. fbn propre frère nommé Haflan , fumommé Uzùn , c'eft-à-dirc , 
H LoQgi Vm de l'Hegire 8-^2. Cet Haffan eft le fameusJ UfuncaflFan. 

Bb 3. HANBAL,: 



^ 



f^g HANBAL. H A NB AL A H. 

HANBAL, AHmed Ebn Hanbal, fumommé Al Schibani AV Merônï!, un 
des chefs des quatre Seftes reconnues pour- Orthodoxes dans le Mttfuhnanifine, 
naquit à Bagdet l'ta 164 de l'Hegire & y mourut l'an 441. 

Il fot resatdé comme un DoAeur ioligne dans la loy, dans les traditions & 
dans la fpiritualité. Les voyages qu'tt fit à Coufa, à BaHbra ♦ à la Mecque, à 
Medinè, dans l'Iemen & dans k Syrie, le firent beaucoup coniioftfe, &û ver. 
tu le fît refpefter par-tout. ^ ,/../. 

Le Khalife Môtaflèm cependant le confidéra fi peu , qu'il le fit empnCbnoer 
& fuftiger, pour avoir refufé de dire que l'AIcoran n'étoit pas Créé. Cette 
folie de croire que l'Alcoran n'étoit pas créé, fit grand bruit parmi les »toful* 
mans en ce tems-là , comme l'on peut voir dans le titre de l'Alcoraû. Mot*, 
vakkel, fils de Môtaflfem , qui fucceda à Vathek fon frère aîné , fit mettre en 
liberté Ebn Hanbal , & le renvoya chez ^uy chargé de préfens > tu lieu de 

Ce Doreur fut toujours depuis ce tems-là fort confideré, jafques-là qa'Abu- 
giafar Al Thàbari fut fufpeft d'hérefie ., pour he l'avoir pas mis au nombre des 
Dofteurs canoniques, & avoir écrit qu'il n'étoit point ïcriptural, mais feulemïMit 
traditjonnaire. Il avoit reçu fes traditions de Schafêi, & il les fit palferde luy 
à Bokhari & à Meflem. 

Ayant été un jour rapporté à Ebn Hanbal qu'il y avoit une troupe de gens 
qui ne faifoit autre chofe que chanter & danfer , il dit à ceux qui .s'en éton- 
noient; Ce font des amoureux i dites leur feulement, au lieu de les reprimen- 
.der, qu'ils fe rejoiiifFent une heure avec le Seigneur. Dâouhm iafrabou ma Al- 
lah fàâtan. 

L'on dit , que ce Doôeur^ mourut avec une fi grande réputation de famte- 
té , qu'il y eut un concours de 800 mil hommes & de 60 mil femmes à fes 
funérailles, &. que le jour qu'il fUt enterré , 20 mil perfpnnes de diverfes Re- 
ligions embraflerent le Mufulmanifrae. 

V 

HANBALAH> les Hanbalites. Ceux qui faîfoîent profeffion de la fefte 
d'Ëbn Hanbal, Cette fede fit grand bruit dans Bagdet, fous te Khalife Moâa- 
^er, Tan 317 de THegire. Merouzi, chef de la fefte , avoit avancé que Dieu 
devoit placer Mahomet fur fon trône, fondé fur un paffàge de,. l'Alcoran , qui 
porte: Ton Seigneur te fhnnera bien*x6t Une place très^onfidiratle. Jffa en iâbdtika 
ftihhùka mecômion makmoudan. 

^ Lés Mufidmans des autres feftes regardoîént rexplicatîoti des Hattbalîtès coiiv. 
me une impieté, telle qu'elle eft & en avoient horreur : Ils fbûtenoient , que 
cette {)lace conlîdérable étoit le pofte & la qualité de Médiateur , mCïïs difoîent 
pat une autre rêverie non moins condamnable, appartenir à leur raux Ptojphe- 
te. ,Côtte querelle pafla de Técôle dans les aflemblées publiques , & on vînt 
<les parotes aux armes avec une telle fureur qu'il en coûta ik vie à plvfieuis 
milliers de pedTonnes , fans que le Khalife y pût apporter aucun remède. 
'•: L'an 323 de THqgire^ les Hanbalites devinrent fi infolens qu'ils maircherent 
en armes dans la ville de Bagdet ,. pillant & Êtccageatit les boutiques, (bus mé^ 
té^d que l'on y beuvoit du vin & que l'on y chantoiL Le Khalife Raofai, 
^îs de Moàader , fit publier une dédaratîon contre eux , dans laquelle il hk 
âccufè de donner un corps à Dieu & par conféquent de le faire matéoel > cç 

que 



HTi^NBiAxi. -^i^KAirrri AH. jtm 



qat Tés Ames' ttppèUeàt l^idfiim, & eh ii|écpe teim le$ itaéiiictf.déJid8£rifîeEtfe6 
ligùçiffs, s^ils tfottUoiént davantage le repoa des Mqfnlmans; 

HANBALI, un qia fait profeflbn # la feftç d'Ebg ïjanbsilî 

Ibrahim Ben Jofef , natif d'Alep , eft fumommé Al Halabi & Ebn Al-Hanba- 
U: il a compoTé qn Uvré de pioUtiqué > intitulé ^|^ «/ Tt^ifbr jât MfijJMk.vm 
àlrùfffat. n mourut Faai j^o d« THç^e. * . : 

Il y a encore une hiftoire» nommée Tankh.Eho HwbaUi; qui. porte Je «tibrâ 
particulier de Dorar al Habib. 

Uns algelil ^ ou Hiftoîre de Jerufatem, a poqr Auteur AfidafabmaA AMfin- 
baU. ^ ^ 

HANDASSAH, la Géométrie. Ce mot Arabe a été formé ^u Periîe» 
Jixhààz, &:.£ndd?, qui fîgiiifie Mefure. / . 

SaoKui»ndi eft AflSçm 4'^ livre de ceitte fcien<;e9 qu'il a ijpititiûé 4f^hcâl ^4l 
tàjb fil hen40gab. -/ . / : 

Abou Ali , furnonuné Al Mohandes , le Géomètre , a excellé daiis cette fcienr 
€è : IL vivpit 1*90 530 dé lli^e , fous le Khalifat de Hafedh bedi^illah , en^ 
Egypte » éc de Rafcbed, fils de Moflarfcbed^ à Bagdet, Ce Géomètre étpit fçor 
vaut daus I9S lettres huinaioes â; faifoit de bons vers.. 

Les Orientaux donnent prefquô toujours à la G^pmetrip le n(m d'Açlides oïl 

Oclides y c'eft-à-dire y d*£uclide , à caufè que cet Auteur eh a donné les éle- 

mens. Fôyez ùt titré. 

■-•.»• . 
H AND H A LA H. Pag^, anciea Poète Arabe ^ t& (buvant noiixipé £0)^» 

l^tem^t Ben HandhalalK 

HANI, fumom de Mohammed Ben Ali, mort fan 733 de THegire, qui eft 
J^jA^ur d'un poëme, ineittiié Argieuzdt fil âraidhy fur l'art PiOëtJqji^, ^ ' - ; 

Ebn Hani, Poëte Arabe né en Ëfpagne. Il lotte extrêmement Moe2 le Fa* 
limite 9 premier Khalife d'Egypte., dans qudques-ttsts de ie$ ouivrages h le blâ- 
enfuite dans d'autres. 



HANIFAH. Mohammed Ben Hanifah étoit fils d'AU & de HaniftJr, fa fe. 
conde femme, & oh rappelle toâjours fils. de Hanifah , pour le diftinguer de 
liaffan & de Houflain, qui étoient fils d'Ali, & de Fathimah, fille de Mahomet. 

Mohammed Ben Hanifah refufa plufieurs fois le Khalifat, que les ennemis des 
Khalife? Oinmiades lui offroient. Foyetfon titre propn. 

Abou Hanifah, Je père de Hanifah. Nom d'un des principaux che£s de fec^ 
tes approuvées par les Mufulmans. Foyez fon propre titre. 



•- • 



HANÏFIAH, la Sefte & la Doéh-ine d'Abou Hanifah. Les Turcs qui la 
,ltiiveiK9 doiment ce nom à la foy Orthodoxe des Mufulmans. 
c Cette foâe^ auffî-bien. que celles de SchafSI , d*Ebn Hanbal&r de Malek , a 
eu lies chefe fucceffeurs de fon premier Maître & Fondateur. On remarque,, 
f ^ulihmed fied Ali Al Giaffds Al Razi^ maître de Nailàfi , a été le dernier de 
:4»s clbe£s recouhus par les Hanifites. 

Abdallidi 'Bathalmious a éerit un livre fur les divifions ou fentimens différens 
des Haoifites.. ' 

HAX^THAJUAH:, 



2oar H A N T H A M A H. H A.R 

HANTHAMAH, ville du pays de SeÊOah fituée fur lamer. Ce pay» de 
SeMah eft le pays de Zanguebar, & la. côte de Cafrerie. ^oy^s Sefakt al dba- 
hab. La ville, que nous connoiiTons aujourd'huy fous le nom de Sofala, eft ea 
ces quartiers-là, proche jde Mozambique* 

HARACTOUS. Giauberi dte^Heraclite le Philofophe, qui a pofé les ato« 
mes pour premiers principes de toutes choies, Ibus ce nom. .Les Grecs & les 
Latins attribuent cette opinion à Bemocrite. 

JEIA&AM, choje d^endne par la loy, .c'eft le contraire de HaliL Voyez 
ce -titre. 

Ceft auffi une chofe facrée , dont rentrée n'eft pas permife à toutes fortes 
de gens: un Sanftuaire comme celuy de la Mecque, félon k'fauffe perfuafion 
des jVlahonçietans ^ 8c le Temple de Medine où eft le fepulcre du faux Pro- 
phète , portent ce nom* Ils appellent -ces deux lieux Haràmani , & au génitif 
Haiïmain, qui eft le Duel du fingulier Haràm, Ployez le titre i'Imam al Ha- 

ramaiq. 

"L'appartement des femmes chez les Orientaux à'ai^lie atiffi Hafâm , & le 
quartier ok eSes logent dans les voyages , & dans les campemens , porte le 
même nom. Lorfque le Haràm marche , il eft fort dangereux à ceux qui ne 
font pas de fervîce , Je fe j)refenter fur fit route. 

H A R A R , nom d'un peuple que nous appellerions comme Erpenius & au- 
tres, les Harariens; mais il faut lire Khozar en mettant un point fur la pre- 
mière lettre , & ^m autre fur la féconde. Il y a cependant Ben Harrar Al 
Afriki , Auteur de fhiftoîre de Mahedî d'Afrique , fils d'Abdallah , & dej 
JFathimites. ^ 

HARB^ la guerre en gênerai: car celle qui jfe fait contre les infidèles, s^ap- 
-pelle Gehâd. f'oyez ce titre. 

Les Arabes de la Gentilité ne pouvoient faire la guerre qu'en ^certains mo& 
de l'année, c'eft pourquoy ils les tranfpofoient fouyent, &les intercaloient pour 
éluder Ta défenfe. qui les empêchoit de fe battre. Mahomet pour remédier à cet 
»bus , défendit abfolument Tiutercalation , que les Arabes appellent NeflL Foyez 
ce titre. 

Divin al hart, leConfcil de guerre, ou Cour de juftice établie pour juger 
les Officiers de l'armée qui n'obfervoîent pas la difcipline militaire. Loborafb, 
Roy de Perfe de la première dynaftie , fut le premier qui l'a ihfiilué , & cettsc 
4nftitutidn fut fujvie par les Sultans, & par les Khalifes qui onç régné àsms 
la Perfe. 

Les Hiftoriens Orientaux remarquent qu'en l'an 678 de l'Hegirc qui eft de 

-}. C. 1279 ^ ^ guerre étoit générale dans tout TOrient , & particulièrement 

celle que Ton appelle domeftique & civile: Les Tartares, les Arabes, les Dha* 

.harites ou fucceifeurs de Malek Al Dhaher en Egypte, 6c les francs en Syrie» 

fe déti^fant les uns les autres* 

Dasb al harb, la Porte.de la guerre. Ceft le nom d'une des portes de Jâ 
ville de Bagdet , par laquelle les troupes fortoient, quand les Khalifes faifoiest 
^quelque expédition militaire: pn ne Touvroit que dans cette occalxon» de même 
,que celle du Temple de Janus chez les Romains. 

ABU 



H A R E B A H. H A R I R. tôt 

Alit a! harb. H y a un livre Arabe qui porte ce nom > & qui traite de 
Part militaire. Cet Auteur dit qu'un Capitaine fage vaut mieux que mil vaillans 
iblàits; car chacun de ceux-cy ne pourra tuer que quinze ou vingt au plus de 
les ennemis : mais celuy-là peut faire périr par ùl bonne conduite une armée 
entière» fût -elle de cent mil hommes & plus. 

£bn al harb , nom d'un Auteur appelle autrement Ahmed Al NiTchabouri y 
AorC l'an 230 de l'Hegire , duquel nous avons un Argiouzat fur l'Arithmétique ^ 
& un commentaire fur les Arbâin. 



HAREBAH, fumom d'Abou Jàli Mohammed, dit enc<^e AI Bagdadi AI 
Abaffi, Auteur du livre intiti^é Al Sadéh u Al Baghem^ de celui qui parle trop 
haut ) & de celui qui parle trop bas. Cet ouvrage eft daoïs la Biblioàieque du 
Roy, n\ i%%6. 

Ce traité eft fait au fujet des Arabes qui étoient taxez de parler trop haut, 
& trop, fièrement. Mahomet leur a reprodié ce défaut, & les a exhortés à par- 
ler d'un ton moins élevé , & plus humble. Ces deux mots Sadeh & Baghem 
marquent les deux excez que l'on peut commettre en élevant , ou en abbaiflant 
trop fa voix. 

H ARETH, Amrou Ebn Hareth, & Hareth Ben Amrou. Khondemir donne 
ces deux noms au même Poète Arabe qui eft un des fept Auteurs des Moalla- 
cît. Voyez et titre. 

HARETH Ben Câb. Voyez fon teftament, & les préceptes qu'il donne i 
fès enf^, dans la Bibliothèque du Roy n^. 924. Voyez aujfi Haougial. 

HARETH Ebn Keldat, Médecin Arabe qui vivoit du tems de Mahomet. 
Son régime étoit de manger le matin , d'ufer avec di(cretion du mariage , & de 
'marcher vêtu légèrement. On dit qu'il entendoit par ce dernier avis, de nefe 
point charger de debtes, & non pas d'habits. Il exerça long-tems la médecine 
en Peife , & y amalTa de grandes richefles ; il revint de-là en Arabie , & l'on 
doute s'il embraflk le Mahometifme ou non ; mais quoy qu'il en fût , il étoit 
des amis de Mahomet qui lui envoyoit fouvent des pratiques. 

HARETH, dit Aboul Hafs, natif de la Province de Khoraflan, a travaiUé 
en Arabe fur Enclide. 

AboulhafTan Ebn Hareth , natif de Khovarezm , a compofé un traité d'Algèbre 
intitulé Efiekfa fil gebr u mocabelah. Voyez le titre de Gebr. * 

HARIADENUSy c'eft ainfi que Paul Jove & autres Hiftorîens Latins 
appellent Khaireddin fumommé Barbaroifa , fameux Pyrate. Voyez fon propre titre. 

HARIFISCH Schoâib, Auteur du livre intitulé Raoudh Alfaiky les Jardins 
élevez & fufpenilus , tels qu'étoient ceux de Semiramis dans Babylone. L'Au- 
teur a donné ce titre à fon ouvrage, parce qu*il y traite de la morale, & de 
h fpirieualité la plus relevée, & -la plus raffinée du Mufulmanifine. 

HARIR, Bourgade de la Province de Fars, ou Perfe proprement dite, dans 
laquelle un célèbre Auteur qui m a tiré fon nom, Mbit û demeure ordinaire. 
'Voyez plus bas Hariri. 

Tome IL Ce HARIR, 



202 :H a R TR. H A R K E L. 

' HARIR, Ce hlot'iGgnîfie en Aribe de 1a'Soye';4ësîeHans ,** te'^tircs 
l'appellent oi'dînaîfement Beffcbem , & Ibrifchtm. 

Lés-Pérfans chez JefqUels la Toye abonde, '& pattîciriietemènt xlaUs Ics^m- 
. Vîncês de Dîlém, de Giofgiân, de Thàbareftair, & de 'Mazanderan , Tâns parier 
des autres, -attribuent pour l'ordinaire HnVientîôn de la' foy e à: Gîamffchid , tm de 
leurs plus anciens^TVlonàrques. 

Cependant ceux qui écrîvértt^pîus èXaftèMefnt, '*& pîus^'ftlceretneilt, 'confaftftt 

que l'invention de la foye leur eft veni^des * Chinois , de irièflie'iqu*eHe'ttotts 

<a été comnniniqaée-par 4es G^ecs. *On doute x^u'elle fût connue* <kiis ^os^pre- 

m(ers' temsdu Mttfulinanirffîe^^c^eft ce qui av partagé les ibntimens^esADoâeurs 

^Mahometans touchtuit Tufage 4es- étoffes de foye ^ians les. habits. 

L'on remarquera feulement icy que la foye étant regafdée par les . MûfuI* 
mans comme wie^cbofe impure, à -eaufe que ce n-'efl: autre chofe que Ja bave 
d'un infeâe? il ^ été décidé d'un plein -confeateraent de tous leurs 'Doéleufs 
qu'un homme vêtu d'une étoffe toute de foye, et qui s'appelle enXatia tîÉé 
•du Grec Holofericum ^ne peut pas vaqquer à la /prière |oufnalieFe xpii éïl com* 
mandée par la loy. 

C'eft ce qui leur fait dire que le Safi harir, qui eft proprementT^ô/o/ènnim, 
<€Sft Harém , c'eft-à-dire , déffendu ielon Jaloyj, ce -^ 43'eiapêdte ^'j|ue les 
■moins' fcrupuleux n'en portent. 

Les Perfans diftinguent la foye en Kenar ou ArdafFe , qui eft la {dti^'groffiem 
^ont on fait les franges, & les cordons; & en L^an ou Lpgi, comme nos 
^Marchands rappfellbnt,' laquelle* Ibrt à la fabrique deséto&fes. 

HARIRI9 furnom d'Abou Mohammed AlCalTem Ben- Mohammed. -Ce^&r- 
'nom lui fut donné à caufe qu'il demeOrôit dans uile Bouïgdde de Periernommée 
'Harir; <iar d^ailleurs il àvoit pris naîflaâce dans Baffora, d'où il èft:encoreYur- 
npmmé Al'Bafri. 

Il compôfa-ùn ouvrage fous le' titre 'de 'Mecmdtj àllhftaoce ii*AbOu :Schir- 

yan Khaled , ' Vifir du Sultan 'Mahmoud de la race des 'Selgiûcldes , lequel *6ft 

éftimé Un chef d'oeuvre d'éloquence Arabique. Il cotttiefit dûqaafitedifcoufs^ 

ou efpeces de déclamations fur differêns fujèts de môî^c, & fchïCuû de *C6s ifif^ 

' cours porte le nom du lieu où il a été redté. 

Cet Auteur naquit l'an de l'Hegire 446 & mourut Tan 515 fous le*egèe**ëe 
•Moftafffchèd vîngt-weufvième Khalife de la race des Abbâffid^. ' 

Okberi Al Ba*dâdi a fait uile explication 4ès mots difficiles qui *ie 'rencoa- 
trent tant dans la profe, que dans les vers de cet ouvrage, ,qui eft dans la 
^Bibliothèque du^ Roy n. 112:0, & plufieurs autres 'Auteurs- y ont fiLir-dejèftes 
•commentaires, entre lèfquels celuy 'd'AP.Mothâre^i 'Al'Schh'àzi dl-le^^te 
-eftimé. Ployez le titre rf^'Mecamât, Ce mot fignifie *pro|H*eimeD]t • en^ Aimlie ce 
.que les Rhetoriciens. appellent Lieux communs. 

D ya un Ahmed Ben Àbou Sâid furnommé Al Hariri,^qiii a trav^llé^fu^ 
\qs Sphsriques de Menelaus, Jafêîa-^t la vie d-Àbu^Mohammed Àl 
dans l'article 148 de fon hiftoire. 



«• * •■« ta A 



HARÇEL3 rjErapereyHySeradiïis. -Les -Chrétiens Odehtaux > comme* Ebn 
Amid, & Ebn Batrik, écrivent que Heraclius étoit Melkite, c'eft^à-dire, OrtiKK 
âoKe^'&[ qu'il rétablie des Ëvêques Catholiques dans les fieges que Ic^ facohites , 

ou 



H A R M A N L H A R U N. 103 

<m Eufycbîensj avoîçnt envahis.: maïs que fur la, fin de fa. vie, il. devint Maro- 
njte, Q'ejî-àrdire , comme Ebn Bitrik l'explique, Monothelite. 

Le. mfme Auceur ajoute que les habitans de la ville de Fîems qui eft 
Emefle,. ne Iç voulurent pas recevoir dans leur ville ^ à caufe qn^il étoît M^l- 
rouni; ce qui Tobligea à paflcr de cette ville au , Monaftere de, lïlarôuo où U 
fit de, fort grande prefens* ' , ' 

Lçs MaroiûteS; d'aujpurd'huy qui font Catholiques Romains ,. ne convienn^ent 
pas dç' cç fait, cai-Jls foûtiçnnçnt fermement que^ la R'ellfeîon .Melkîte ou CïU 
tholique s'eft toujours cônfervéé parmi eux dans le Mont Liban , & que TÂbbé 
Mvouu i,qui ilsr donnent le titre, de. Saint,, étoit fort Orthodoxe. 

Les ChrjStiens-, d'Orient attribuent beaucoup de cHofes à cpt Empereur, qui 
ce s'accQTifcîit'pés'.avec.cc.clu^ên.ont, écrit nps.Hiftoriens Grecs & Latins, 

HARMAî^r, Ifes. AWibe« appelte»t -ainfi les deax plus gptindès Pyramides 
é^gypCe; • nyet^ le ' titre - rf^Ehrâm^, . au 'de Herem. 

HtABMQZA^.9 nom d!i» Seig^ur PerQen qui étoit Gouverneur de. la 
Province d'Ahovâz, & de Schoufter pour lezdegerd . Roy de Perfe IJ fe (ypuva. 
dffiegô. dios^i'Qnjde f^ch&IË^W par:l(^ Arabes, du tem? d'Qmar*, feçQpdJSha- 
Ufb/ de» Mufii]ipiftl}S:^J!asiid^ THeg^re. 17 & fat obligé^ faute de fepqitfs^ d^Jg 
agiike: k euxi; k^bcmo^ compoîi&on. 

tft dûd^Jàtst àabei r^ay^ol. envpyé: à^ Oin?i: qui faifoit fa. refîdepc^ dans lit 
ville de Medîne, qui étoit pour lors le fiegade FËmpire des Mufukn0n$>. m IQ 
xiandOifit d!aBbMd:à}la;,grw(k:M9f9ttée^ où:l« Kbalife doroiPÎC à I4. porte p^tfpii 
k» i«iivr(»; qiir aiwj^mc aceoûti»aé d$ s'y aflembler* 

Bmamut nt:pp»vaot pas. dim^krr le. EJ>aUfe daoa cetcç trcmp») dematidà 
mSiitU k.fon: oot«^âew où. étoit QmX'j &, Omar s'étant. re^eitté au bruît quft 
l'on fit, alla aufli-tôt fe placer fw ion i trône , pour le recevoir, avec homsur^^ 
^ aptèft.^YOkvlqftér Oleucde ce qu!il eavoyoîr de^ . gens 4e. fc»; naearite , .fiCi cfc i fa^ 

aiuiité pow eiobialfer terMufiilmaiU^^ iloomoKLod^ qu'on iuy àttAt Usha^îiis^^ 
Sf qufclîQa'Jui: en dpnnitLde ncwft.. 

Le: JECbetUfeJ'ayaot eofoite eneretenurde.^uifîeurs chofes, IJarmpsaa àemmi% 
à boire, k coutume étw^j parmi. IçssQneQtUttS que, lorfque dm^ perfoonçs ont^ 
Itù^en&isWe:,. o». que/ quelqulua a,i»a en preifençe d'Wiayjare, il* fe tiennent 
uef^ipqjKipeRA^ daœ une entière: %et^ Hun d^ l'autre > comme, étmt . ^vjtrm: 
li^ie»^. JUWb & PWf! aiofir. dine,. coiaiaeQfaux. 
C^Wiajswifeipiem^ Hmpwmsmi poiirqupy. ild^m^j^^àï braire, a lui:^ 

pondit que c'étoit pour s'aflurer de faivie. Vousr éjte^ en tpute feprelé ,, lui, 
reptfqn^ QmsR,. ébl: vsou^ n'ayoK: que fhire: dQ tKKm PQtUî vaus d^Vfer >^; ce^ 
imiPMi;. UwnjowOî ^às la^ pwDle:iitt!Q|n« 1» eu]t donnée,, sj^bilint d9 bojre^^, 
fit tS(fiMSs»\4ê Mi^iUffi«aiine[K^de>^t:ua.boB J^ppl^yte • a» r»pppijÈ.d^Beiii 

Lfif i»tei« Acïitev iBjPpojt» au fiûei;:de.b»1»PJU$»ivqWrS9iediil fw( queîf^ 

9MvQbrê|tep9i:^fi»liiers^. leub fiti appister à boiicepour 1« a0urprc4e letw. vie^», 

4<iVçWii4àMX auqi^l ibn^v^raldttpasipardoiHMf ^.vQulao^ I:»ir$i>.il l'eu^empêch^v' 
4[.Ms cWBPk liait«ôni«} las tôte ii l^pc^espe.: dé^ .utliie^ 

HAJR..QiJJ^. AJ: Rafchid^ frère» dp Hadit ifc fîls,4l6 M?hî)di, ful^Ie cinquièipe; 
JÈ^fâliffc. 4e;iji I^PB^d^^^ U cçm}uw)|f a A ^eg^«r^ IJafl i7Q;,<lei l'Hjp- 

Cc 2 gire. 



to4 HARO UN. 

gire , auffi-tôt après la mort de fon frère , en vertu de la fubUitiitîoir que fbn 
père avoit faite. Cefl celuy que nos Hiftoriens appellent Aaron Roy des Sar- 
razinsï ou de Perfe, qui fit des prefens à Charlemagne. L'on peut remarquer 
une a6Hon toute femblable de ces deux grands Princes , en ce qu'ils pattagerent 
tous deux leur îucceffion à trois de leurs enfans. 

Haroun donna à Mamon fon fécond fila tout TOrient de TEtat des Khalifes, 
à fçavoîr , la Perfe , le Kerman , les Indes , le Khoraflân , le Tabareftan ^ I^ 
Zabul , & le Cabul , avec le Mavaralnahar ou pays de de-là le fleuve Gihon 
ou Oxus. 

Amin Taîné eut Bagdet avec la Chaldéé ou Babylonienne, les trois Arables, 
la Mefopotamie, TAilIyrie, la Medîe, la Syrie, la Paleftine, TEgypte, & toute 
l'Afrique julqu'aux derniers confins de l'Occident, avec la digm'te de Khalife. Et 
Wotaflan fon troifième fils, qui avoit été comme oublié, n^eut' que F Arménie, 
la Natolie, la Géorgie, la Cirçaffie, & tout ce que les Khalifes pollêdoient aa 
deflus, & aux environs du Pont Euxin. Khondemir. Lebtarikh. 

La dignité de Khalife pafTa de l'aîné au fécond, & du fécond au troifième» 
car ces trois frères fuccederent l'un à l'autre. 

Haroun ordonna qu'après fa mort , Amin lui fuccederoit k la dignité de Kha- 
life, & qu'il feroit fon iejour dans fogdet» ville Capitale, & Impériale du Mu« 
fulmanifme ; que Mamon feroit & refîdence dans Merou ville Royale du Kho- 
raf!an, & qu'il fuccederoit à fon frère au Khalifat, & à tous &s Etats après 
fâ mort 9 à Texclufion de fes neveux. 

Après avoir fait ce partage , il fit jurer fes enJEans â; tous les Grands de l'Em- 
pire, qu'ils acceptoient cette difpofition & qu'ils ne 's'en départiroient jamais f 
& pour la rendre plus authentique, il en fit attacher les lettres patentes dans 
le Sanfluaire même de la Mecque, après les avcMr &ît promulguer fur le feuîl' 
prétendu fàcré de la Caabah, ou Maifon quarrée. 

Loriqu'on attacha cette déclaration du Khalife dans le Temple dt la Mecque, 
cUe tomba dG& mains de celuy qui la tenoît , & fut emportée par le vent; 
cet accident fit Juger à la plupart de ceux qui étoient prefèns à cette aâion, 
que la concorde de ces frères ne feroit pas de longue durée, & que ce qui 
venoit d'arriver ne pouvoit être qu'un très-mauvais augure. 

Ce Prince, comme il a été déjà rem^qué- cy ^flTus , avoit été comme aiTodé 
ad Khalifat avec fon frère aîné Hadi, par le teftament de l^adl leur père; 
car c'efi: ainfi que les Arabes parlent; cependant Hadi qui n'étodC pas coûtent 
de cette afTociation , avoit cherché avant » mort tous les moy^is^ de faire paf^ 
fer cette dignité à fpn fils nommé Giafar»- 

Après la mort, Giafar ne natanqua pas de partiiàns qui voulurent faire valoir- 
fon droit: mais la faétion des amis de Haroun étant la plus forte, il fallut que 
le neveu cédât è l'oncle , ce qu'il fit de lui-m&ne 9 & de f(»t bonne grâce. 

L'on dit que Haroun pendant fa vie privée , fe trouva un jour fi accablé 
des trâverfes que fon frère lui faifoit loufFrir , qu'il voQa de faire à {ned le 
pèlerinage de la Mecque, s'il en pouVoit être délivré. Lorfqu'il fut parvenu 
au Khalifat, plufieurs de fes courtifans lui remontrèrent^ qu'il n'étoit point 
obligé de fatisfaire à ce vœu: mais les Doâeurs de la loy qiril confulta, ayant 
répondu tous unanimement ,. qu'ils l'y croyoient obligé , il partit Tan 179 de 
megire, de Bagdet à pied, & continua ainfi fon voyage jufqu'à la: Mecque. 

L'on dit qu'il trouva dans toute fa route les chemins couverts de tapis , & 

dcr 



de dlverfes étoffes de ptUfêc Ton a remàr^oé auffi quil fut le déitHet! des Kha^ 
lifes qui entreprit de faire le pèlerinage de la Mecque. Thabari, 

Haroun fut fumomméAl Rafchid, le Droituriér j' bu le' Jufte: & Ton dit que: 
lorlqu'il reçut la nouvelle de la mort de tjadi Ibn frère y & par confequent de 
foft exaltation au Khalifat, il vacquoit à la leâore de rAlcoi^n, & quUaiflîrtât: 
après 9 il apprit que Mamon fon fils étoit né* Ce rencontre fit que les Arabes 
ont depuis ce tems-là appelle ce jour qui fut le fei^ièmè du moB Rat^al aaval^ 
de Tannée cent & fbitante dixième de.THegire, le jour des Hafcfaemites y' parce* 
qu'il avoit donné la mort à Tun d'eux , & la vie à Tautre. 

Les Abbaifides font appeliez Hafchemices, à oauTe que leur famille étoit une^ 
branche de la tige ^ & de la Maifon de Hafchem , de laquelle Mahomet ^fcen- 
dcMt auffi. 

Cette avanture de la mort de Hadiy & de la naiflaîice de Màmon arrivée ait'* 
même jour, £iit dnre à FAuteur du Nighiariftan qiie le moàde eft femblable à la. 
toile qu^in Peintre a tracée & couverte entièrement df quelque deifein; car 
Touvrier rfy peut rien ajouter , s'il n'en efface quelque choie. Jîkitchun reyei 
dikermed begiai. Ainfi dans ce monde l'im s'en va, & l'autre prend aufii-tôt? 
la place. 

Mahadi ayant laiflTé à^ Hatoun pour arrhes de ''la fucceflK^n àr laquelle il Tavoft 
appelle aprè^ fon' frère , un très-beau rubi qu'il portoit au doigt , l'envie prit 
au Khalife fon frère de le retirer de fes mains. Haroun étoit proche de la 
rivière dîi Tigre , lorfqu*un Euûuqne vint de fa part la lui demander. Cette 
demande le mit en une fi grande colère qu'après avoir reproché à fon frère > 
qu'il étoit très-injufle de lur vouloir ravir ce qui lui étoit ièul refté. de confide- 
nâ>le parmi les meubles de la fucceffion de Mahadi: leur père , pendant qu'il pofle- 
doit lui feul de fi grands Etats , & de fi riches trefors , il ota ce wbi de fon 
doigt, & lé jetta dans le courant du Tiç*e. 

La mort de fon frei« étant arrivée cinq mois après , Haroun dans le tem^ 
qu'il prit poifeffionf du Khalifat y fe fouvint de fon rubi , & commanda à des 
plongeons de l'aller chercher au lieu où il l'avoit jette, hà pefche en fut fi 
heurei^ , que la première chofe que les plongeons trouvèrent fous leurs mains ^ 
fut fa bague, ce qui fut regardé comme le prefage du bonheur dont il devoit 
jouir pendant fon règne. Mirkhoni. 

Ben Schohnah rapporte une circonflance particulière fur ce fait ; il dit que 
ce Prince pafiâint fur le même pont , & étant au même endroit d'où il avoifi 
jette fi>n rubi dans. l'eau, tira de fini d<Mgt une bague <k plomb qu'il jetta dans 
la rivière , & qu'en mâme . tems les plongeons ayant été çoounandez pour la* 
diercher, rapportèrent au lieu de l'anneau de plomb , celuy où étoit ce rubi 
d'une ineftimable valeur. , Il dit auffi que cet accident fut pris alors pour un 
prognoftique aâ^uré du bonheur ^ & de la durée de fon règne. 

lien Scîiohnah rapporte cette hifi:oire l'an > 560 de l'Hegire , au fujet du rubi 
que Saladin »^oit perdu, & qui fut aulfi heureufement retrouvé. 

L'hiftmre de l'anneau de Polycrate trouvé dans le ventre d'un poifibn qui 
lui fut fervi à table , a beaucoup de rapport à celle-cy , finon que ce bonheur 
de Polycrate fut regardé comme le prefage d'un très-grand malheur, tel que fu6 
celuy qui lui arriva d'être attaché à une croix. 

Haroun déclara l'an de l'Hegire 175, de J. C. 791, fon fils atné Mohammed 
fiimomtaié.AiXBa pour fo& fucceireur> & l'année i8a, il lui donna pour colle- 

C c 3 gue y 



to6 H;A,RO;UNi 



gae^ &'fiioûeéretircdefi|né:foa fécond fife nommé M«iiiidim ou.M]Qamd» 9 .€t>»f . 
me il a déjà été dit: on ajoûteia feulement ici que. o^ttet décÊiratiwd'iiQÛic- 
oefiênr eflappeUéë- en; Arabe Viehiat Ahed» 

L'aoïde. Y&fftxc igjs qui efti cekiy de la mort de-Harouiiv feliM» Kb^sdè^r 
mk). cet HiJftoricncaaoïte: (pieJ'anoéaiisreeecteiitej Ifaroim étmt î) !B«ocab ear 
IifeCbpotamie^ avoit vu eo.foiage une iùsiu fur &\ tête; qA teooie une pojgpéo: 
de terre, rouge; (i^'enilnême tems U.avoit entendu. larvoii^; dHmr p^rfoiuie quî> 
profcrap difti&faea^ ces ifmroles: Voici. laLterre qxii: doit fenrîr^de'fepulture àh 
Haroûn, & qu'ayant demandé fiir cela/ quel devoit être let lieu.de;& ft^Hikurej. 
la- màine. voix avoic répondu 9. XhouSi- 

Uaiouii. & trouvant à. fan réveil, effrayé; par; œ .fonge:^i entra ditns: uœ pror 
fonde melancholie : foii Médecin ordinaire nommé Gabriel j fils de BaXÂH[îfoû.t^ 
(QÛéldm deJRel^fojBl^ icpn li voyait tou^i leSi matistf^^s'en étant appierç»? lui 
demanda quelle pottYOÎti être la caufe. d'Une fi profonde ttiftedEb,. le. Khalife luir 
raconta tout ce. qu*il ayoit vuien fang& Lej Médecin lui did que lesi foqgeft 
n'étoieot que des.- fantômes produits par les. fuméea que. les hmoieurs de nôtra 
oûtpa. eavoyent an. cerveau ^qu'îl. n'y ac^oit. aucune ftiûet. de s'en ^iger^ & que, 
le voyage qu'il alloit faire en KhoraCTan pour appaifer la rébellion que Ro^â;». 
fils) de: £eits.,iy ivoibMàtéé , dvoat domié lieu àratf te *inuiginatiloft^ Qu:au>refte 
ilin^. avoit point» de meilleure remède pour, diifiper fou ^duigrin-q^e decherdierr 
à: fa bien: dtvertirt 

Le^Ktodife fuivit. le; confeili de. fon. Médecin; Pour cet ef&t il ondonoa un 
tegal magnifique qudl fiti durer pendant, plufieura -jours , & fit paffîr aûifi & 
melancholie. Cette fâtu étant finie.,- il fe mit en.cfaemîn à lait^. dit. fon arn 
mée^âd il étoit déj> atrriiPté. dans la Provinee de Gior^nv loriqu'une mafadie aflte 
légère: d!afaQrd:cQiamença4.raa;a4uer. 

Le pays de Giorgian n'étoit pas aknrs.QDtteremeiitioabne;: & malidiit qui oon-. 
tînuoit9 l^bligea; de^prendre-^a route du KhoradTan. pour y; être plu^en repos; 
il: ne: fut. pas plûtoft arnvié dans la vdtle. de Tbous , que fou mai erotiTafit d^ 
jour en: jourviltfit appeUer fen Médecin; & lui dit: Te fouviens-tu,. Gabriel 9 
de ce que. je te dis à Racoah^Nons voiey. enfin à Xhousi.qul eft le lieu (A 
;jfi' dois âtre onteffré:: envoyé, un de mes Sunuques me cbercher une poignée det 
terre des environs de la ville. L'Eunuque nommé Mefrour, qui était de fes plus 
Gcnfidi^nsf) en alla;prea(Rire'«.& la lui prefênta . rouge comme ék étoit^ avec: le 
bias à demi nud^^œ que* Haroun^ n'eut pas plûtoft appeTçu.» qu!il. s'écria : Sot 
vérité; vtoici: k) terre.,, âc^voieiile brus ^ae j'ay vuien fong^. Le:troubk faififr 
auflt^tôt fon eQntt,^ fa maladie augmentant de plus;, en ^us ,. il mo^utit: troit 
jours ai^rès^ oeifpeâade afixeux , & futentserré dans le lieu où le &pukce db 
UImém)Ricai.a été bâti, depuis,, que l'on t appelle aujourd'Jiuy Mefchhad 

Qn dit un jour à Uarouni, qu'il yay^it à^BstgdttJun ^iqù.fe dilbj^âtrcr 
PSeu.. Ce Khalifa voulut! le vote: & Tèntendre., pour éprouver Si c-étoit: vérita- 
blement un fol.on. un.impofteUr. Il lui dit:: Oh me prefeiita;«ce&n jouis ;paflès 
àn^^hoâime: qui faifoib le &1, âcLqui voulait: pafleripoiir un/Praphôte- envoyéJde 
Pieuc: Je le fis mettre en prtfeu:,. on lui âe fQQ:pffoa32,.il fut condannéi, àL 
on 1 lui ! cauppaL le co). 

Le fol apprès avoir entendu ce& paroles ^ l\ii dit : Vous avtz^ fbit en^ ceCta 
.oecafioniCe que dèvoit faire uade mes fidieies^ ferviteurs;. cette aâionn^^eft Art 
agréable;, car. le. n'woiSx golut accordé Je chin.dc.SraphetieLà GCiLiittf2ialBk> & 

il 



Hï A ^ o u nr. hzoT 



'Il m a voie -TTçu '««cun drore, «i nnuion -ae ma ^pair* /Lr^HBceoT'iws jJL^awwn- 

qui raconte cecy,-^ît ' félons les* principes ndU'IVfti^^ c*llii'4«iic|fl 

•-veriteNémtot'^âré*'& prtvé'tfë Tii^ife cle là raffim, 'fie die fei^MîftttKnti.que 



ll^tflvoft -'t*$tt ^Éun onfce , Ai ïriiflîôn ^e 'toà^ parti -?L^ttf8r-î^^ 

- '-' iqft 

que 
eequî^'eft Viay; car- c'cft Dieu qui; parle -éH -M. Iclu'eonÉfaire celui'^i»lè«'dit 
tPrôphete-ou'Envoyé^^de'DieUj^neTétaMt pasV'cft un Iînp^èûr*&'iïet^t4ïl"e 
que des menfonges. La folie ^'un^ homme qui ^it,, ^^e y%i5*^i)feWjXoiîJltte4teM 

• cette 'parafe, yW^y^^oW IMferifé tie- comprend -ni *^^ 

\ ,1'" "'■*' M ' * 

''L'a plupart des 'Afahbmetans croît v que- IssTôls font .agitez 'dëlréfp.t'K^^ 
"& ils les révèrent- ordinairement comme !des .'Saints -cj^tiftez *& .tr;5in1|)orte2 -de 
:ramouf divin. /Nous dîfons auffi .communément , qufe.Uà veriÉé 4ft"dâils^la;bodi- 
*che des fols & des enfans. 

Ce Khalife étant ..en ^ Egypte , dont il . s-'étoit rendu le . maître , . ;dit jiu ' jour ' à 
Tes courtîfans: Le Roy.:de-.ce pays-çy Te Aiantoit autrefois d!être.Dieu,je ve^x y 

en haine de cet orgueil en. donner le gouvernement. au plus jchetif .4c .aies éf- 
.claves. Il cl^oifit pour cete'ffet HQzaibv.qui:^oitrE£hi9tpien daj^ 
èfprit fort groflîer. Ce Roy, qui Te vantôit d'être. Dieu,, éft Êliàxaicm^ 'duq^^ 
il . eft rapporté . dans FAIcoran au. chapitre.intitulé -Nazcat , .quUl ^diloît :àTes ;peù- 
. pies ces paroles : ye fuis, le plus grand ^ le plus . puiffimt de Jous^ vjQS . Dieux. Et ^ 
<:èlles-cy : ^e fuis yojire^jhuverain Dieu (f liialfbre. 

On rapporte- au fiqet du peu d'efprit de Hozaib ,^qué Jes'Egyptfeiis, fé^^plaî- 
^gnânsà kiy de ce oue^le Nil ayoit: emporté par Cmi^ débordamient tout ;ié: ç^^ 
.ton quîls ^avaient (emé fur i^ rivages , il 'leur dit ^pfir Apufle. coofoladon : 
''fdurquoy n'y Semiez- vous pas de la laine? Croyant que la laine fe fciftoît*,de 
'même que le: cotton. Oh pourroitr pourtant dire , . <ce, xoe . fesable^ ' i ia 4échar- 
:^e 'de .ce Gouverneur, que ce fut un trait dfe§)rit, par, lequel il vfluloit le^ir 
f^rè totendre , qu'aU' lieu de Tamer du cotton fi près du Nil , ils y dévoient 
Taire paita^e leur^ moutons jque le Nil n'auroit pas eipporcés, À qui leur àuroiept 
fourni dé la laine. Sàadi cependant dte la répoofe de!Hozaib{^ourfuaamiq:qae' 
.4ie.ià«ilupidité. 

X'Auteur du: Nighiariftan dit , en parlant .du KbaKfe, Hocoun ; Eaicbid , que 

. l^Empcreur- des- Grecs luy> ayant fait prefent de plufiews épées excellences , ce 

^Khalife les couppa toutes par le milieu, comme il auroit fait des rav^s, avec 

ion -Sam&iBah, en prefence de TAmbaflàdeur qui lui avoit. apporté ce prefçnt. 

Ce SamÊunah étoit une épée, qui lui étoit venue entre les mains des . dépoûil- ' 

:les.d*£bn Dakikén, un des,dermers&oy s de Haïtien de la ^feinille des.Hemja- 

..Tltes:4mais l'on dit, qu'elle avoit appartenu ^autrefois à.uny^lapt Arab9,nem- 

xné Amrou Ebn Maadi Carb, fous le nom duquel elle eft plus connue. 

' . A^iaAabi^&^ Alamedr (Ben ijofef enTont mention, dans, llûftèire desrHeimari- 
x^Ves. Oïi^xtit, qu'il' ne parut pas la moindre brèche râla iame de cette épée 5 - 
\\^tprèk répreuve que Haroun.en eut faite:. ce qui prouve la force de fon bras^ ^ 
^«««^-bien^ue la bonté db L'épée; car Amrou raysmt = autrefois * envoyée à un 
l^lPnneey:^ feiplaîgniti qu'elle. ne faiibit pas FeiFet qu'il tai^ attendoit , ce brave 
JbofloUie lui ^ fit. dke, qu'il ^ ne Mavoit pas envoyé. ion Iwasi avec* fon épée. 

>; CSer Empereur Grec, duquel il éft^âît mention dans cçtte' hiftoîre , . eft Nî- 
. cépftore, J0(|i!telirtftifknt' d'envoyer à'Haroun le tribut que FlmpéAtiTce Trene 
* a^riôât accorflé de 4uy . payer ,' llir fit fçavoir,*par ce prfefent ^'épées . qu'il étoit- 
plus dilpofé à luy faire la guerre, qu'à lui donner de Fargent. Haroun cepen- 
dant 



ao8 H A R Q U N. 

darit tf attendit pas que- Nîcephore la lui déclarât , il vola comme un aîg^e 
julques aux portes de Conftantinc^le & prit la ville d'Heraclée. 

Je ne m'arrête pas beaucoup fur les expéditions militaires de ce Prince, par. 
ce qu'elles font décrites dans Thiftoire Saracenique, dans Abulfarace & dans Eu- 
tychius , qui font entre les mains d'un chacun : mais je tâche de ramafler ce 
que j'ay trouvé de luy dans des Auteurs moins connus. 

Ce Khalife aipoit fort les gens de lettres & cultivoit lui-même les fciences : 



' Dofteur lui dit hardiment , que la fcience ne profitoit pomt aux Grands , à 
moins qu'elle ne fût coinmuniquée aux petits. 
Poiu: mieux connottre l'état que Haroun feifoit des fciences, il faut voir Thi- 

. ftoire de Taovadud Khatoun & de Haroun dans fon titre particulier, auffi^bien 
que divers ouvrages des anciens auteurs qu'il a fait traduire en Arabe, dont le 
détail fe peut voir en plufieurs titres de cette Bibliothèque , qu'il feroit inutile 
& ennuyeux de .repeter ici. 

' Je remarquerai icy cependant les principaux titres , où l'on trouvera des cho- 
Tes confidérables qui regardent ce JChalife. Foyez donc ceux d'Aboa Jofef , d'Af- 
mai, de Manghé, Médecin Indien, de Mobarek , d'Abou Naovas , d'Ebn Ad- 
hem , des Beramekah ou Barmecides , de Mofuli , de Bahaloul , de Sibouieh , de 
Zohak, de Keflài , de Sammàk , de Zebeidah ,* d'Ibrahim , fils de Mahadi , de 

' Giafer & de Fadhel ^ben lahia, d'Iahia, fils de Khaled, de Hagge, de Hadî, de 

Mahadi , &c. 
Ben Caflem remarque, que le fort château de ^affaf dans la .Natolîe , appel- 
' lé aujourd'huy Belegek par les Turcs, fiit pris fur les Grecs par Haroun , qui 
obligea l'Empereur Nîcephore de luy payer tribut ; maïs que 4es Grecs le re- 
prirent fur les Arabes & le conferverent jufqu'au tems d'Othman , fils d'Orto- 
grul , fondateur de la dynaftie des Othmanides. . 
Entre les paroles remarqqables de ce Khalife, on ne peut pas omettre re 
' -qu'il dit , (elon Sâadi , à Amin , fon fils , qui lui demandoit la punition d'un 
'homme qui avoit mal parlé de Zebeidah là mère; car après avoir confulté fes 
' officiers de juftice fur la peine que cet homme meritoit, il confeiUa à fon fils 
de lui pardonner, & lui dit , qu'il feroit en cela Tadion , & le devoir d'un 
grand Prince; mais que s'il ne pouvoit pas ibfolument reprimer fon defir de 
- vangeance , ni fe vaincre foy-méme dans ime fi belle occafion , il pouvoit dî- 
-re autant de mal de la mère de cet homme, que cet homme ^n avoit (fit de 
'la fienne. 

L'Auteur du Rabî alabrar raconte , que Haroun marchant à ^la tête de fon 
.^rmée, une femme vint fe plaindre à Juy de ce que fes foldats avoient pillé 
. fa maifon. Il lui répondit fur le champ : Ne fçavez-vous pas ce qui efl écrit 
.4lans TAlcoran , EnniUmoleuk edha da kîialm keriat afjidwka : Lorfque les Princes 
pafilent en armes par im heu , ils le détruifent. JLa femme lui répliqua ailffi- 
tôt: J'ai lu auffi dans le même livre ces paroles : f^ Tetka hwmhmn Khaoviat 
berna àhàUmm. Mah Us Maifons de ces Princes feront dé/olées y à caufe des injujfiù' 
-,ces quUls ont commifes. Cette repartie hardie & fçavante d'une f^nmefut fi bien 
/eçue par ce Khalife , qii'il donna auf&tôt l'ordre de réparer tout le domiBage 
rfiu'çlle avoit fouffert. 

n 



.'. H A R U N; - — H A R R A N, î^op 

«- fi «^ôH "pHs potir'fon miître en Droit le célèbre' Doâebf Afmfti ^ lequel 
voulant fouvent ' ejeoffîiner les choies à h rigueur de la loy» lui auroit fait fai- 
re fouvent de mauvais pas^ s'il ne fe fût tenu fort fur fes gardes: c'eft pour- 
-quoy fl lui difoit (buverit : Enta àdlem menna u nalm ââkel mennàk^ l^ous êtes 
flMfçayant guemoy ; ftiaif j-ay plus d'efprit^ & de prudence ^.ymSk Fuyez k 
titre (fAfmâi. 

La ville de Tauris^i fi fkmeàfe dans la Perfe, fut bâtîefous le règne deHa- 
Toun Rafchid^ par Zebeidah fa femme , mère du Khalife Amin , qui lui fucceda 
Tan 192 ou 193 de THegîre^ Foyez Tabriz. 

# 

HARO UN Ben Ahmed ^ fumommé Al Menaggem , TAflrologue , eft TAu- 
teiir d^uné. hiftoirè des pluk célèbres Poëtes Arabes / qu'il a intitulée Bari fi 
fchùâra. Il mourut TanaSS de l'Hegire.' 

Hoofiaifi fien.Haroun Gîâfar, eft Auteur de quelques écrite ou diébëes fur la 
loy^ que les Arabes appellent Amali. - j 

HAROIJN, c'eft le nom. d'Aaron, frère de Moyfe ; il s*écrit comme cer 
luy du lÛialife dont Ton vient de parler: mais quand on fait ibention de quel- 
que Auteur Chrétien, comme d'Aaron, Prêtre d'Alexandrie, Médecin , il Vé- 

crit Ahrouo e« Ahron* . , * * 

, . <■ • . . .- I 

HAROUNI, Château de'niraque Babylonienne, aue • le ÏJ^halife Haroun i 
âît Al Vkchek fils de Motaflem, fît bâtir pour y. faire la demeure, après avoir 
quitté celuy de iSermenraî, que fon père avoit fait fortifier. 



^ -j 



^ HAROUSCHIR9 nom d'un Capitaine -général des armées de Houfcbenk, 
troifîème Roy de la première dynaftie de& Perfes , qui pénétra, jufqu'au pays des 
{chtiiyQiteges. . F^yOn k tUfe de Mahtfer. C!eft une tradition fHbuleufè. 

HARRAN, Ville de Mefopotâmîe , que les Latins ont appelle Gif rA^, fort 
fameufe par la défaite de Craflus & des armées Romaines. 
:. Les Tables (fe Nàffii^edJiQ & dVlug B^b luy donnent 73.degrez.de lobgitu- 
de, & 36 degrez, 40 minutes de latitude Septentrionale. 

îiai^r&ni > un homme natif de cette ville & même du pays où elle eft fituée , 
qui eft appelle^ en partidulièr Diir Modhàr , du noin d'une tribu d'Arabes qui 
s'y eft hâbîtttée. * : ^ • 

^ ^Thabeth Ben Ço^rab, qui nous eft cohnu fous le nom de Thebir , eft fur* 
nommé Al'Sâbi Af J^airani , Sabîen de^ Harran. . Foyez f on titre particulier. 

Giaber Ben Sinan porte le même (farnom. FoyezauJjS fon titre. CeftGeber, 
Mohamîned Ben Giaber Ben ^inan y outre le furnom de Harrani , porte auiB 
ceJuy de 'Battani, c'eft Albategnios. FoyezBittBhu . \ ' \ ' * 

•; JLês Sabîens., défqùelf il' fera .parlé dan^ le titre'de Sabi, porèent tous le Ibr- 
tiom de Harrani, à caufé que la Ville dé Hârran étoit, pour âinfî dire, la'Med 
tropole.de; leur Religion:, & comme ils prétendent, que je Patriarche AbraTiani 
toit leur premier Légiflatèur ^ ils iié? font point de difficulté de Fappeller Ibra- 
hîm Al Sabî Al Harrani. 



A ^v ^A i «*•' «■«'• «•«« 4 ^ 



Nous avons encore un Auteur nommé Taldeddin, Ben Teîmiah, furuommé AI 
Harrahî , qui a compofê Ma livré mtit'ulé MeJRia ^fil TCéndis , <^' il traite des 
T0M.EIL Dd .? w . . j.gj.^^^ 



tït> HASCHAISCHL HA3CHXMI0UN. 

Eglilbs des Chrôticm , des Synagogues des Jvàù , àe» Temples, ikt Mlfles « de 

traite la queftioo fi les Maftilmans les doivent démolir Dit aoib 

• ■ , 

HASCHAISCHI* un Botanique, un Herbonftç, Surnom de Takieddin, 
qui js'eft rendu célèbre par U conf^oo de la theriâque p vera Tan éjo de 
THegire. 

Ha&héfch a auffi la même figniScation» i;ba fieitbar^ fametir Botanique, eft 
fumommé Al UafiMcb. 

HASCHEM, nom d'une des plus ancîenties Tribus des Arri>eS, que Fon 
met au nomlH^ de cdies dont il fie xe&e que te nom* « 

C'eil aulE le nom du fils d'Abdafaâeââf». qlit fiit ^re d'Abdalttiotbleb^ père 
d'Abdallah & ayeul de Mahomet le faux Prophète, Les MufuifliaQs iM^fiendent 
que le fepulcre de Hafcbem » biAyeul de Mahomet > eft dan la i^ 4e l^tza' 
tn Paleftine, Foyez le titre de Gaza* \ . . 

Il faut remarquer ici que cet Hafqbem^ qui çft bi(ayeul de Mabtmet,^ feft 
encore d'Ali, qui étoît fils tfAbuthaleb, fils d'Abéalmothleb, fils de flafdiemi 
.auquel defcendent aufl! les Khalifes Abbaifide;, qui le quàliffoient, à eat^ de 
iiette origine. Maternités. 

Aboul Abbas Saffah , premier Klialife de la race d'Abbas , cmi étdit fils de 



'Abdallah ^ donc nous venons ^e po^lw | 
d'Anbar, Mne ville qu^il namma Haicbemi 



eu 



re 
trois 



fan 136 de la même 1 
* Abou glaftir Al Manfw, fon frère & ibn (bcoelftur , demeura mjÊt émi h 
ville de Hafcbemiab , jufqu'en l'ao 145 9 qu'il prit la réfolution de bâtir la vil* 
le de Bagdet. 

HASCH£MIOUN, lee Hafcliemitei. Ceux de le »0e db HftfiAem Ant 
a réputation d'être généreux de libéraux. L'Auteur du Ni^ûari. 
le Vaked ^ qui vivoit foiis le Kbalilat d'AlmaHion ic qjA- flaonrut 

^ire ao7, avoit deux anus, dont Yw étoit Haicbemite) c^eftJ^*^ 

, de la famiUe de Hafchem & ainfi proche pareilt des Abbaffidei { qfte c^ 
fis amis 4toient liez fi étroitement l'un avec l'autre 9 qu'th ne pitroHIbient 
nvoir qu'une ùiàe ame, Cdtoient, ditâ, de cês^amis, >qm font Ibons dans tou» 
les teiw^ e«r dans h^prorperité Y6a jouit ag;rëablement de leur cpo^Maiie % & 
l'on en tire du fecoors â^ de la confolation dans Fadverfîtê : ils font nonaeur 
à la Religi<to & afl&ifôhnenc etk même tems toU9 le$ plaiiks de U vie. 

Dans fe tems que Vaked étiott dans fa plus bafie fortune > eommé 3 n^ 
conte luf-tnêhie , M fête dki Beirafli ^procb^t» fa l^mm^ lui dit: ïe ûe xiiur^ 
inure point contre. la IVoVîdeUc^ de ce, qtfelle nous a réduit à \tn état fi^mifenk 
ble , & je u^p0rte |)aitiemtnënt toutei nos ^grâces : m^ voicy la Ifte qi 
approche , 6t je Vous avoue que j^auray beaucoup de peine k voir mef enfifif 

Îvec des habits déchirez , tandis que ceux de nos plus proches pàrens t&ront 
lien vêtus & parez; il fattdrpic trpiTver ^Ique expédient qui ttûus mît'i coik 
vert de cette triante. • ' - . - 



^ 

i 



Valoed» wpth trok cheiehé hng-toas dua 9m etprît de qooy remédier à 
rinamvenieat que & femme appréhendoie, ne trouva rien de meilleur que d*é* 
tirifs dflui mots i firn ami te Hafijiemltei Ces deux mots fax&it : Se fuit en 
itkeffiU ff la féu é^prod^ 

Aitf <tde que ce généreux ma eût reçu (k lettre , il envo^ pour réponfè 
une boarlh eadietée de fon cachet , iênblable & celles dans lcd|ueUes on envo^ 
les lettres, hqpidle étok pleine d'or^ Vtkeà ûupcis de ce prêtent, fe rçn- 
auJ6-tAt chez fon ar&i , pour apprendre de luy Vil n'y avoit point d'équi- 
voque ( mais rami, attffi-cftt qu'il l'eût ai^rçu, fit appeller leur tioifième ami» 
& leur dit à tous deux : Voioy tout l'aiigent que j'ai diez nwy pre&ntementy 
trouvez bon que nous le partagions entre nous pour Ibbvenir à noa b^oins^ 
communs» 

H ASCHIAR, Frange, Bordute. Cefl: auffi pa» métaphore, la marge d'un 
ttvfe, k oe que Ton écnc deffus pour édatrdr^ ou pour réfuter le texte d'un 
Avteur. 

Ha&hiaC al Ke&htf , les Notes marginales ou Sdralies fiir un Commentaire 
fort ami^e de 1' Alcoran , intitulé KefcUif, 

HASCHISCH, Herbe. Ffget plu$ hm k tUrt âe HaTchailchl. Haft^cfaah, 
Vtfot Beodc. 

Gioun al hafitUfch, leOolfe desHètbes; Vêjn Gioun 6f MirM. Ce Cotte 
«ft é»a- riemcn ou Arabie Heureufe; 

HASNA9 Ville du ptys 4*19^011^9 fituée iM*oche k muraille ôu le rempart* 
qui m été fait pour arrêter les oouriea des Hyperboreens » qui ibnt \e$ Scytfaea 
les i^M SepeeiMTloQaux. Ce pavs ^ aomaié par les Orientaux Ji^ouge & Ma- 
^ouge, eft câhiy d'où doivent iortir .Gm & Magog ^ defqaek ifeft fait mea- 
cioli énk rApowypfes au <:bapitrf %o..rêy» le titre li'Iagîauge. 

HASNOUII, Médecin Chrëcieà , natif de la viHe de Roha ou Edeffe, qut 
fe rendit célèbre dans la Syrie & dans la Méfopotamie, fous le Kbalifat de Mo- 
ûuiSte miah. Il mourut de fut enterré dans l'Elire des |acobites d'AIep Fan 

^ASSAB, Calculateur. Arithméticien. P^vyéz HefISb. 
thî&b & IMeb, nom d'une ville qui t& fur le chemin de Gaour ou Cour, 
à Ja ville de Herat en KhoralTan. 



JRASSA^^ futnom d'Ahmed Ben Amrou, Auteur du livtè intitulé Jhcim 
\0l ûihik fi^ des lojx & des Ordonnances qui remdent les fondations Si les legs 
;fMUZ» q» les JMufuImaœ font aux Mofquées & aux Hôpitaux. 

HAS$ ALBAIf ^ les Turcs ^pellMt tiafl le Qaijoiny gamme odoriferante. 
,Cte ttdt a été dérivé im corronqm et eévff de JBaUé f^cynt ce titre. 

lî A8$ AN, fils ilué d'Ali & petit^fiis de Mabofùtt » Mr fa xnère , ne fut» 
a|)jh6s lu mort de fop père , reconnu Khalife eue dns TArahie & dans flraque 
Babylonienne ou Chaldée. Moavi^, qui p^Tedoit la Syrie & r£gypte, fut pro- 

I>d ft clamé 



»1 



(^é Khalife aVlmt mêbe-^a-Ali'^effi; été t9év'& 'iJ^ réfufa de recoimoîhDe'Haj- 
fan, parce qii^ir'racîtufQk cTâVott 4oérComplk:e de la niart cFOthmani.: 
• Haflknavoit plutôt ^béKÊë de là piété de fon. père que de fa valeur ; car il 
et oit d'une humeur fort pacifique, & très-attaché à la pratflque»& au» exercices do 
là Religion Muûilmanné': de ftmfe queno fo'jugtent pas aflfez foft pour refiftçr à 
Mdâviév' ayant d'î^îUeurfe une très-graiKte Horreur de»:reffufiQn.du fang. des : fidè-: 
les , ■ & fe vô5^ant -maltraité &: lire^ufe abandonné p« les Iraquwns ^ • il s'accpm^ 
niôda avec Moàvre. & Tenonça en. fa fiwreur auKfaalifat; . r: : . i.;; ' 

w Après cette i abdication ^ ii réfplut rfemewt une yiç privée .dans;lar,v^lie jde^ 
Medine, oii il mourut L'an 49 de l'Hegire> empoifonjQé> comme l'oa croit, par 
ft'fefameyqHeAIoayte ai/oît fubori^eu. « <: ..'.'..-.. 

On ne donne au Khalifat de Haflan que fîx mois de durée: cepeadant Içs. 
Perj&ns prétendent ,^ qu'il a été rimàm ou le Chef de la Reb'gion & de TEm- 
pire des Mùnilmans ju(qu'à ficniort, & qu'il lailB» à Houflaîâ,^ loil frâre, la (ac- 
deflroii dans «ette môme dignité c, de forte. qije , felon le. fentimem des Peiûo^ 
& de tous les Schiites ou Sénateurs d*Ali 9 ces deux frères opt été avedeais. 
l5&f e les trois premiers ImiÉnt, ou Chefs du Mufulmanifme. Kbondmir, Foyez 
le titre ^'Imdm. . ^ « • .... ...... 

..Quoyque Haflan fq .fqt abdiqué , il ne laiflbit pas de jouir de fort grands 
bhiis ; car Moâvfe lui avoît affigné- par ^n une peiifîon , qui -moatoit prèfqué à 
la foinme de deux millions. Il employoit la plus grande partie de. .cet argent 
en a^môÀes ; '& étoit fl pcïi attaché aux biens <le' la» terre , qUil.fe defeppro- 
pria deux fois de tout fon bien pendant le. cours. Vie .fa \îe^.&;4«'il le parta- 
gea 9 à moitié avec les pauvres , trois .autres fois. 

Ans, fils de JVlalek, rapporte., qu'une femme luv ayant prefenté 'une botte 
(Tberbes fines ^ il luy demanda fi elle étoit libre : la femme lui ayant réponcte 
qu*ejle étoit eïcfeve; maïs q^ue lé préfent qu'elle lui faifoit étôit rare & exquis: 
Halïan lui donrft la liberté, & ait i ceux', qui étoîent préfens : Nous vivons re-^ 
çu cette ihftruftion de' Dieu même y qu'il feut rehdre à ceux qtii^nous fort des- 
préfens 9 quelque chofe de meilleur, que ce qu'ils nous . donnent, U youloit di- 
re 5 que cette inflruftion de tnorale étoit couchée dans TAlcoraft , que les Mu- 
fulmans, aveuglez qu'ils font, regardent comme la. parole de Dieu. 

L'Auteur du Rabr al àbrar rapporte un exemple rare de la modération .de ce 
Khalife. Un efclave ayant verfé fur lui un plat tout bouillant pendant qu'il 
étoit à table, fe jetta auffi-tôt à fes( genoux & lui dit ces naroles de l'AIcorao: 
Le Paradis e^^^p$^r.xeùx ^ui reprUnent.]leur collre. Haflan luy répondît:. Je ne 
fuis point en bolèrë. X'efclàvé pourfùivit*': Et pour ceux qui pardojkhent les fau^ 
tes. Je vous pardonne les vôtres , lui dit Haflan. L'ejfcfeve achcfvà de dfre le- 
refte du verfetj qui porte.. qu^. Dieu mmjHrrtpui cfux qui font du ^ bien à.cetfx 
qm les ont ofanfezii & Haflan ^conclut auffi: Puifque cek eft ainfi,. je vous doQ«~ 
ne la liberté & 400 -draçliniq? d'argent. j .'-^ ..*'', • 

Hafedh Abru dit au fujet de la mort de" Haflan , que Ié« Conventions-* qu^fl- 
ai^t {iSte^.9}/ec MoavieV)pQ(toiéntT^etl4(Avie;na décUurqrott aucun /fucceileur 
pendant la vie dejJffaflkff., «iriqU'iLep^rpjnçttr^it' réleftion entre Jes mains d^iiiH 
certain nombre de perfonnes que Haflan devoit nommer j comme' àvoit fait 
a^ûtrefois Omar: mais quelMôavié voulant laiiFet le.Khalifât à lezîd,* (bn fils , 
crut qu'il ne poUvoit pas venir à bout de fon deflein tant que JEÎaflau feroic 



ce - éfiic 6iaad£ih,'4[& lèinmev^<parKde>gràteis çréfem9'&rpac;ln'.prome^^ 
fk de la' marier à fezid. Cette méchante femme ayant été atnfi corrompue, 
ftottft fon raaîri «?ec ' un linge emppifonn^ que.Moavie lui,avroît envoyé, & 
fut ainfi caufe de fa mort. .,. . , ^; _ _ 

Moavie ayant appris la mort de Haffan , envoya dnq cent mil drachmes d'ar- 
gent -â Giààdah , pour récompeftfe dô (bnr crime : îmk È fe' 'garda WeA ^é .tiôù- 
ncr une telle femme k fbn fils.' - : i • - . .: .:- :;j . ^^ • . : ^ *: 

Haffan avoit eu vingt enfans , quinze mâles & cinq filles. Il y a' parmi le^: 
Schiités (m feébiteurs d'Ali, des gens qui^ tirent la ligne 'ou de&endance des 
Imams, d'Abdallah un de fes enfans qui eut? un lahia^pour fils, duquel il a été ' 
déjà, parlé ailleurs , & que Ton trouvera auffi plus . bas dans foq propre . tît^e ; 
mais les Perfans veulent , que la fiiccefEbn d[03 Imams foit pi^e de Haffan' à 
Hôuflâisy ^on cadet, duquel oa parlera: auffi dans^Xon propre titre. , ^ 

Un autre des pctits-fils de Hai&n , nommé Hufi^in fils d'AM>.f^ révolta fous 
le Kfaalifot de Hadi, & prétendît q\ie cette dignité lui appartçnoit> , : 
- Haffan s'abdiqua juAement 30 ans après la mort de Mahomet , félon le mê- 
me Auteur, & ce fut alors que l'on entendit le fens des paroles , que le faux 
Prophète avait autrefois prononcées : Le Khalifat durera après moi trente ans. 

Il mourut à Tâge de 47 ans, au mois de Sefer.> la 50' année- de. THegire.y 
Aifdiah, veuve de Mahomet, & les partiians d'*Otbnian .empêchèrent, (iû'il fût ' 
enterré auprès de Ï^Iahpmet; c'efl: pourquoy il fut mis dans le fepulcre 4e "Fa- 
themah fa mère; , 

. Les Mufuhnans citent cette fentence de.Hailan : Qu'il ne faut jamais eifuyer ' 
Teau des larmes que la dévotion fait couler, ni celle qui demeure fur .le corps 
après Tablution légale , parce que cette eau rend éclatante la face des fidèles , ' 
lerfqu'ils fe prtfentent devaût Dieu* 1 . :. \ 

Aprte la mort de Haffan , Moavie n'ayant plus de concurrent;, joiiit paifi- 
blement du Khalifat , qu'il fit paffer de cette forte de la M^ii^ de Majjomet „ 
de laquelle Ali.étoit> comme Ion coufin-germain, du côté paternel, & de plus, 
fon gendre, en celle d'Ommiah , dq laquelle Moavie étoit fflu, & fut ainfi le. 
premier des Khalifes Ommiades. 

Haflan & Houffain , fon frère , tous deux enfans d'Ali &' de Fàthime y fille 
de Mahomet, font reputez enfans véritables- de Mahomet. /%e2.en la raifon: 
au titre de Miriam dans fà généalogie» 

HASSAN Al Askerij onzième Imam^ fils aîné d'AIî Asken%.qui fut le 
di^ème;, nâqfuit à.Medine Tan 23a de THegire , &. fut conduit avec fon 'père' 
& fes frères en la vDle d'Afker. IL mourut &. fut enterré dans la même, viU 
le, auprès de fon père, ran 260 de l'Hegire, & de J. C. 873, âgé feulement 
de 28 ans. 

Cet Imam ne laifia qur'un feul fils nommé Mohammed , &. fUmommé JVfaha* 
di. pi^ le Me^pdi, le dpijzième & le^ dernier des Imamg , qui ne doit. paroîtrCf 
qu'à la fin du monde. On loue beaucoup' cet Haffan pour fa valeur & pour. 
Ui libéralité^, vi^rtus qui le rendirent fi^peâ aa Khalife Môtamed, fils de Mo*' 
taovakel 5 . quinzième Klialife .de la .race, des Abbaffides, & lui firent avancer fes 
jours,, comme l'on croit, par le polfon. 
* Les dttei de . cet Imam font cel4i de Zaki^ 4ui lui elt commun avec fon. 
-, Dd 3 père„ 



%t^ IfASSAtr. 

pèrâ i ûiAfBA iâ Khales , <}ui fignifié âniveur ^ & de Seffge t qui vaut dk« te 
FlAmbdMi. Le premier nnroue la pitf été & rinoocefiee de fe« fiumuf « Le fé- 
cond lui ftit dûQoé dans^ Telpénuice qa'il délivreroic les MufttlillMs de Yopp^et 
Son âM Abbaffidea; & le troifième^ parce ({a'il lei écliiroic par 1» laaûère de 
û foy & de fa doârine. 

HASSAN Ali> fils de Gefaanfehah, fUcceda à fon père, & fut le (yuatriè- 
me &; le dernier SulCaii de la race Turcomane du MouCoo ook) que lea Turcs 
appellent Caracoâilu. 

Api^ 4ue Odianfchah fo» pète eue été furpxis & tûi$ k aù>rc » par Uzua 
Ha(&tt ou UfutaQairan) comme nos Hifloriens rappellent y Tan de TH^re Sj^f 
dt J. C. 14679 il fit une levée de près de deux <ient mil kommes paut vanger 
la lÉorc de ion père 9 qui lut avoic laiflS de graihds creCna. 

Ce Prince mal avifé fut fi prodigue de fon argent^ qii^il paya une année dd 
folde par avafite à coutè fon artnée poar ractacher dwrantage à fes îaeérêta : 
mais Abufaid, Sultan de h^et de Tâmefhti qili regnolt dans I0 Khoraflàn^ ne 
l'eut pas pl&tôc attaqué , qu'une ginitde partie de ces trcnipes meruenaires Ta- 
bandonna & prit lé party de fon enKdmi« 

Une auffi grande perfidie de fes gens Tôbligea de prendre ia fuite devant 
Abufaid, & il fe ferôie fhuvé avec le débris de fon aMiée > s'il ne fût tond^ 
entre leii mains dVmti Ha(&n , lequel k fit périr de mÔme au'il avoit déjs 
fait ûrii père 9 & deux de (es frères Tan de THegire 87}. Ainfi &nt ia dyaai: 
tie du Mouton Noir 9 qui avoit régné dans la Mefbpotamie 9 Mediê à, partie 
de la Perfe environ cînûtiante ans 9 & tous les £ta& pafiferent à celle du Mou- 
ton Blanc 9 de laquelle UfuncafTan a été 9 pour ainfî we, le fondafieur. 

H ASSAGI Al 6akhteri9 Doâeur infigne de la loy 9. duquel Halls^ prête»* 
doit avoir tiié ce ^^il avôit âvaficd touchant la compen&tioik du pèlerinage de 
la Mecque, f^ciyez le tUte de Hallagô. 

II y a encore un célèbre Poët-e Arabe , nommé Ben Bakbteri , qui a été ie 
eoneurrênt d'Abou Temfea* f^eyéz Bakhteri. 

HASSAN Al Bàfri , éft le même qu'Abufiîd Ben Jefl^ïr 9 fik d'un AfFran- 
dû 9 nommé Moula Zeid Ben Tabeth & d'une efckive d'Ômm Salmab , fennne 
de Mahomet 9 laquelle lui ,donnoit fouvent la mammelle) lorique fil mène étoit 
occupée au fervice de fa maîtrefle 9 ce qui relevé extrêmement la réputation 
de c^ Doâeur 9 qui d'aineurs devint fort d6Ae Ai très -dévot dams la rel^on 
Mufulmane , en forte qu'il pafi!e pour le premiei^ Schol'aftique des MahèmeGa&S. 

On le furfiomme Al Bafri 9 parce que fon père étoit eiclave à Maiflàn 9 Botv- 
gade des dépendances de Bafirih ou Bafibra, & qu'il tenoit école dans cette vit 
îe 9 où les Khaovareges ou Seélaires yenoient IbuvQnt difputer contre lui, VaiRI 
Ben Atha9 fon dîfcîple9 s*iéloîffnant dé fes ïenttihens 9 & te poiriTant k bout^ fit 
baiide à part & devint lé chdr de là iefte des Àfota^ales. yéytt k titré il Vgf- 
iel Ben Atha. • 

tiaflan Al Bafri avoit vd le khalife Othman dt Êbn Abbas ; c*eft poutqttoy 
il cite daàs fes ouvrages ce qu'il avoit appris d'eux par tradidocL II mourut Fan 
iio de rHegire9 & nous a Iaifi% un ouvrage intitulé Hadith Scherif^ 06 il • 
raniailé les traditions qu'il fçavoik fuf cfaaquie j^endh^it ou hécépte xM^tcan 

de 



[iifiilmuK, t9 livre ffi» oojjtmt 54\^ ctt Feà^bai.Qtt^ioegtetu 



HASSAN. Buzruk, Halfan le Grand ; Haflàn Kiieîuk , Haflàn le PetiC^ font 
1e$ noms de deux peribnnag^ , -dont le premier eft le çhef-ic le foQdstear de 
Jt djynaftie des fidâttiâèns. f^e» €t tHre ^ c^trid'A^'Vu'V^. 

iji fBÔatià 6ft I» p'PmSae lôb te Tide 4fc de k fdtice dyat^lfe 'dtec^GiiMbafiieDS. 
Foyet le titre de Giovbiniàa. 

r I ! ' * I • • 

HASSAN Onn^faii» âmomaié Pehdévaa, «*«ft4-dfhe, Je fteuK eu ie-Hek 
A», dt i^nièae rmct de Is dynaftié des Subeiamat » >qiri.Vjé)era .du tca» 
de Tamerlan dans le Khoraflàn. f^e» k HOte 4t âMwfar m ^ubedaC 

HASSAN!) ^t Celateddia^ fisi^aie Vritm 6è ht^e^i^^ fW 

^ k n|oe <& dynaftie des Jfia^liens de rirà^ » ^*iift-à -ilir^, deg Ilba^ëlims i^ 
ont {iqgné 6B Pôrfe*' Oq les lèoaiuQe ^linfi pour )œ4ifti^gu^ ^^S'IûlMëiiQm 4*Ar 
firi^w 9 qui ibot les FaâûnM^» 

' • ■ ■• • . . 

HASSAN, fils (te HoufTaio , . rurnommé Akeddin G^banTociz, étoit pefeit*iîls 

de Sàm Al Gàuii ; fou père Hoi4&in ftvoîc lâHIE plufîeurs eitfans , ddqucis il 
étoit ratné, & il les rùroaÛToit toos en efprit & en courage » iiuffi-lâèn qu^en 
Ig^ On lui dQWtf ^ iomam de OeliaoïiHft, <4lii figa^e 4i^ Brûiwr tQU: lUn- 
cendiaire du monde , à cauie de ce qu'il fît à Gaznah^ cm^K XKHls verrong 
dans la fuite. 

Il ne iè cMtenta pas de poflëder le pay& de Gour on Gaoll^en titre de gbu* 
vernement) comme avoit fait fon père^ fous Tautorité des Sultans 'GAzne vides; 
Car il voulue k pt^v^idotr de la folUedb de fes tnsltres ^ de la .dtokiéMe^de 
leurs aSaiieS) qtte le» Sejgîaiàdes leduifoient tous les joues efi^^pliis:iM|ivais état, 
€n fe faifant déclarer Rince & Maître abfolu dans toute l'étaxtue de fon gou- 
vernement 

Hboé f<Xk ambàâon cfoMiitt de jour en jôuf avecfi piMtMe^ ne trâun point 
jg^autres bornea que dans u»e entière indépendance» Fbur cet cffte> après avoir 
ènvaU tat pravince de Zabteftan, il attaqua. la viUe de Ga^nah & capitale ^ oà 
<Mrit le trône Rojral des, Sultans Gasznevidas. 

Beherim Schah, petit-fils d'IlH*ahim > duquel IMàn & HouQ&ftx ton père te* 
noient Yor^n^ ^ le progrès de leur fortmiè , y regnoit al(»5 ^ Hait folble- 
«Heiit Haoto eut bien la hardiàOTe de lui faire la guerfe^ & ajxrè» favôîî vain» 
fQ> de le duftr de fts Etats, qu'S donna à gouverner à 8ôuri> fon frèw. 

Bcjienlm^Schah 9 qui sMèoit reâigié dans llndoûan , prit cependant le tema 
de fs^^nee de JùSkn ^ qui avoit qojtté le paya de Gaznab > où 11 avoit laiflS 
Sourie fôh frère , avec peu ^ titxipes, pour rentrer d^ms &s Eltae^;, & il eon^ 
duifit fon entreprife avec tant d^âdrelfè & de* bonheur , qp'îl fe rendit maître 
dte:la vHie do QiÉBàk^ y Arprit-Sôdri, iiiquiel U fi£^^u8&i une mort cruelle 
At i^idlilbtw&. 

lêffim n'en ^t pas plfitdt appris la nbuveOe^ ^^ retpâma en Afij^enee vérs^ 
Gûstûéi paœ y vatager la mort <ie Ton frère^^d^ Ton dit qu'en iliArchant^ il fit 
Se prononça ee difKqœ en kingne PerôetmA^ car fl éto&fetft bonPoSej-com- 
SK QQDS vçrrons encore plus bas. 

Si 



ti^ É A â is À N. 

' Si je ne ftnvtffe'pai ié'/mi:en. eotiéte ta ville' de GhottUn', âites'fue ji né fub 
pas Haffan, fils de Houjfam. ' • ' • " 



ff • . ♦ ••••••.• j f 



• * > • • 



£q effet, il la prit 9. la {ùlla & la brûla peDda;it fept jours entiers ^ avqc un 
très-grand nombre de bour^^es & de vùlagei» ctevfes.dépei^dances. 

Ce Ait cette terrible, exécution qui \xn %t, danger ïç fiirooa de Çeh^n-fouz, 
ou de Brûleur de monde > duquel il a été déjà pa]:lé. . ^ 

L'an 544 de l'Hegire, de J. C. 1149, HafEm ayant entrepris de faire la guer- 
M à Sangiar j Sukan dès Séigmddes , il fut fait inifbiuiier ; mais ce Sultsin gé- 
néreux le renvoya dans fes Etats fans rançon ^ à caufe de ^a bette humetir, & 
il y mourut paifiblement Tan de l'Hegire 551. 

Noi;is rapporte];on3 icy quelques traits de la belle humeur de ce Frince &. quel- 
ques échantulons ide ia poëfie. Après qu^îl eut' été défait par le Sultan Ssmgiar» 
te: plm brave & le plus généreux Prince de la Maifbn des Selgiuddés , qtti le 
pouvbit faire mourir, fe coMenta de le retenir prifonniei* à -fii Cour. Haflàn 
trop heureux d'avoir fauve fa tête , chercha de témoigner (à reconnoif&ncè & 
Sangiar par toutes fortes de (bûmiflions, & en lui faifîtnt affiduement & cour. 

Il fe jetta un'- jour par terre, baiiànt les pas que le cheval du Sultan avoit 
marquez, & ïuy recita ce quatrain Perfien qu*îl avoit cbmpofë. ^ 



J !.. / ' 



La mar)jue qiie'te pùi di 'i^Pre^i^eyàtaàHjfii Jhr ta paujièr4, me fett mainte 

'' fiant de cwrbnne.'- ' - - • ..:..,.' 

Vmtkou que je pwrte pour marque de mon efclayage ejl devenu mon plus bel orne* 

mmt» 
. Tant quejmtirai le bonheur de haîfpr la pfmffièrp de vos pieds , je çrflifay qui- la 

fortwu we faforîfe de/et plus tendres catejffis , 6? de fes phis chers haù 

■ .ji,,,. : : , :■■■ .... : . ■ ...... .. ; ■. . 

• * 

. Cette flatterie fut fi biefn reçue do Sultan , gfand attateur des louanges & de 
la gloire» q^i'il voulut, depuis j;ç.teins.là,: avoir Haifan auprès de luy, Ce fut 
dans la converiation familière avec l.e Sultan , que HalTan fçut fi bien gagner 
(es bonnes grâces , qu'il obtint enfin de luy la liberté, & peu après un endec 
rétabliâèqient dans iè8 Etats, j :. . ^ » 

. On x^p^rxj^ encore un wtye ;traît de j9fltterie, fort ipirituel, du même Haf* 
fan , , qwl .eft qpe Ssngiar s'étaot apperçu qu'il avoit le poil fort long contre la 
coutume, du .p^ys»'où. on le porte fort court , lui en demanda la raifon , Haf- 
{l)n ^ui répondit agréablement en ces termes: Lorfque ma tête étoit àmoy, mil 
de mes efclaves y prenoient garde & en avoient foin : maintenant que le Sultaa 
en efi^rleniaître comme de celle, de fon efdave, mes eâ^aves lont devenus mes 
giaîtres :e  fopt ce ^i Jeur piaf t. . . . , 

. Càtte liéppEfe fi. bugiÎJei^ Q ^([ogsrte^. valut à Haflan >u|ie.boëte de pierrarie» 
de très-grand prix, que Sangiar lui fit donner, en le renvoyant. dae2 Juy.où M 
mourut, coiQnie Ton a déjà dit , Tan de FIfegire 55 1', laiilant fi couronne à 
N|oh^mmed,.fumommé ^eueddia,.fon. fils,. & par ce^moyen la dyn^e^les Gao^ 
rides., qm, portèrent le titrs de^ Sult^^ Ait entièrement établie. Kbondemir. 
Lebiarikli. Aighiariftan. * " * .:........ 

.'. HASSAN, 






HASSAN- ti7 

'BAS)SAN;~^. âe S»ha! ou de Çobail, comme quelques-uns rappellent, fut 
Gouverneur de Viraque Babylonienne ou 4e la Châldée , pour le Khalife AI. 
Afemoik II étoifr.frèfe de Fndhel Ben Sohal , Vizir .& favory de ce Khalife, 
qui époufa la fille de Hailan^ nommée Touran^Dokht. 

Le Tarîkh Al Abbas » ou l'hiAoire des . Abbaffîdes , raconte fort au long la 
magnificence de ces noces & la dépenfe que Haffan y fit; car ce Seigneur dk>n-: 
na des. I^urfes ou nombrils ^e muu:^ des <3eu& d'mnbré. gris, & des éfclavesde 
Vjm éc de Tautre fexe, à tous les Grands de la Cour; 

* Lorfque le khalife alla prendre fbn éiiôufe pour là conduire, au Palais Impé- 
rial, Haflunf fit couvrir le chemin par où il pafla de nattes d'or & d'argent. Ce 
Prince 1^ trouva affife fur un trône, la tête chargée de mil .perles l dont chacu- 
ne étoit de la groffeur d*un œiif de pigeon, où d*une groffe noCette. Le Kha- 
life vouluf , que cette riche coefi^ure lui fut affignée pour fon douaire. 

On ajoute, que toute la Cour & toutes les troupes de la garde du Khalife 
furent défrayez psfr.Haflkn, pendant tout le tetns qu'il féjouma à' Fommalfa- 
leh, qui ëtoit le lieii. où Ion bleau-père demeui'pit , .& que tous les Poètes de 
ce tems-là, qui firent à fénvi Fun dô Tautre des Epithalames, reçurent de très- 
gros prefèns.de Hailàri. 

. L'on attribue ordinairement à cet Haf&n Ben Salial ou Sohail , que Ton dit 
avoirlétë Viz^.d'Al Mamoji,,Ia tfaduâion du livre Perfîen intitulé Giaviddn 
Khiri.^ en Arabe/ Fojiz jce titre 6? cHuy d'Anovâr Sohaili. 

HASSAN Gaznaovî bu Gaznevî, Poète Perfien , natif de la ville dé Gaz- 
iiah,'fleurifix7it ibus le règne du Sultan Baharamfchah» Voyez ce titre. - 

■ HASSAN Al Gîaurî, furnommé Al Rafadhi, c'eft-à-dire, THeretique, étoit 
Prince de la Ville de Sébzuir en KhoraflTan du tems de Tamerlan. Il eft ,fort 
parlé de lui dans le livre intitulé Agiaib al Macdmr^ fi àkhbàr 'lïmur. 

" .I^ASSAN Delchanî Nuîàn, furnommé Buzruk le GrancJ, 'étojt fils de Scheîkh 
Huï&in ^urkan & touchoit de près à la race GenghizkHani'enne. II époufa. la 
fille, de r£mir Giouban & la répudia par force, pour la donner auSul^ Abu- 
faid, fils d'Algiaptu. 




|û fdq 'çlui^rSj Etats^ & ^9P^ ^ dynafiie ^les Ilekhaniens* Voyez le titre J'Avis. 
^tt Veis. - - • • 

]^ HÂiSSÀN SâMh,/Cbéf de la dynàftie des Ifinaëliens de Perfe, qui ont re- 
ffiê à Roudbar Çc dans tout le pays de Koiifaeibu), qui efl Tliaque Pçrfîenne ou 
rèhaeh'^ys m Pàrfliës; 'H fe rendit maître du fùrx châteaud'Alinôut Tan 4.85 
fie J'Hegire,.de J...C. îo^., & fiait (bn re^e avec ià y^ Jan 518 de l'Ile, 
irey ,4^ Jti p.; 1124.! Kaa Buzrulc lui, Tuccecb. Nous Verrons aiUeuî^ la' vie 
_.é cdrïfâKài, qui étoit .uû gtand impofteur & qui devint le chef des aflàffins, 
jtfont a eft parié çl^ns nos hiftoirés de la.Terre-fiinte, fous le nom du Vieillard 
^Ja nion^gnie:jc4f c'éit aisQ que les Hiftoriens Ladns ont traduit Scheikh ai 

ïi"'"' = - E e Gie: 



* • ' T - * • 



iW H A.5S ANÎ ^^-^ If'ATER 

(^ebil, quî ff^iSëf ëft Ài^âfcV' Rf Së^eùf de rlr^ftllie^ I^tcfiMin»^ oJl^4^'lr ^e 
là plus élevée & iflontUeufë éela Peffè. ' "^ -^^ 

Haflkn Ben MobaMiAed, IbrliomiAé jDhôcroC al dlfcffl > Ait !le qMtrièntf Friil«> 
ce de cette même dynaflie des IfinaSlieàs. 

HASSAN, furiiommé en Arabe Aï iThaouil 6l en Turc Ikm^ c^e&4l4ker 
le Long ou le Grand Nos Hifloriofis rappellent UfuncaflSm. , 

il pafle pour le premier des Princes de la dynaflie des Turcomans fiaianda^ 
liens 5 autrement appeliez de la race dUi Mouton Blanc ^ que les Grecs, moder* 
nés appellent 4fî^^^^^^ » 0^7 9^^^ ^^^^ ^^^ ^ proprement parler %ue k 
Ikième. 

U fuceeda à fi>n frère Gehanghir, fan 872 de THegire, de J. Ci 14(^7 >«>rè» 
avoir défait GenanTchah» Sultan de la race du Mouton Noir ^ auquel il emev% 
t0Ufi les £tats que lui & fes predeceiteurs avoient conquis cïans la Mefopota- 
mie 9 dans la Chaldée & dans k Perfe. H défît aulfi Abuiaid, Sqltàn de la racs 
de Tam^lan, qui polTedoit lé KhoralTan & la Trah^Dxane ; mais ayant vouîa 
attaquer Mahomet 9 (econd du nom^ Sultan des Turcs, dans* la Natolie , il y per- 
dit une bataille fatneufe dans Fhiïtoire Othomané, Tan S^S de f Hégire^ & de J«. 
C 1473 9 auprès d^Arzengian en Natolie. UfuncafTan fe retira 9 après cette perw 
te à Tauris eft Perfe & y moumt Tan 88a 9 après onze ans de règne. îl eut 
^our fucceiTeur Khalil fon fil^, lequel fut tué fix mois apr^â 9 combattant con- 
tre fon frère Jacoub Begh 9 lequel ayant ainfi i^cnfeilly la mccéffioii entière des 
l^tats de ïhBktty Ton p^e^» en jouit peadant treize ans ou envf^oiK 

HASSEK, pedtd ville de ilemeti, fitnée Ibr la i&ér d*Gbnskfi, tis-è.vii 
rifle de Zocotora. L'ancien peuple des Adites habltoit ^ux environs de cette 
Ville, qui n'eft élpiguée que de deux fiiilles d*une autre bottfga<ky noduoée Ca> 
bàf Houd, le Sépulcre de Houd ou de Heber le Pstti-iarche. 

HATKM. Abou Adi Hatem Ben Abdallah Ben Saftd Al Thai^ appelle, onii- 
iiairemént Ifelenl Thai, eSt ttop illuftre parmi ks Arabes poi^ n^eîi pas parler^ 

fçavant 



poiff ainfî dire , perdre le nom k cette 
omme de fa iiberalitéi on k 



le qualifie toû-^ 
jours du nom de Hatetfi Hiai 

Il tivoft avant le MahoihçtHhte & ne fut point Mnfidman; mais Adi 9 (bn fils». 
\t devînt Tan -^ de YHegit^ 9 & on le met au nomlxe des Saliabah 9 c'eft re- 
dire 9 d^ Compagnons on Coutémpoiialns de Msâbomet Oet Adi mourut à Ccn^ 
jfah Pan 68 de rHégire 9 âgé de 12a ans 9 À poltoit le titre dé Oiovàd Bea 
Giaouâd 9 le Libéral 9 fils du libéral par excellence. 

he fumom de Tbaî^ que Hatem porte 9 lui eft donné y parce qur'il ^it iflSit 
de la tribu da famille dé Thai, qm a donné fon nom à unfe contréie bartiettlière- 
àe TAt^bie. On voit encore fbn fepulcre^ qui y eft vlfité de révère » dans unir 
Èbui'gàde qm poïtè le nom tf Àovaredh. 

, Les ëxémpleâ de la libéralité de Hatân ibtit t tôÈtm 9 par les éitvriges 46- 
ISâadi & d*autrés Auteurs, qtsi font maintenant ënttç h» mftiâs dé tcxtt le inoiK 
de 9 qu'il m'a paru inutile de les rapporter icy. Le plus fameu3t efL celui qu^ïk 
donna à un Ambafladeur dé rEmpëreur Grec 9 envmre exprès po^ lui demander 
to dan utL cheval de très-grand prix», de la part de Ion ùàkre i car ce généreux 

Arabe» 



ttA^T/E-M. 



BAtrjCA^L. 



r*i9 



4fX»A fiiaifônit.de qaàf. le resadbr è jcaii& .iu knadvais tems.qui Jui ôtok le 
iHy H i i i B a i y ft <k k canpi^;iie^ avoit £ût luec. fon cheval f<m .mos un feûin'A 
.ibnid^je. 

L'on dit auffi qu'il fàifoit tuer iCvnient : ju^'à 40 «baaieauac cour tiaicer iè« 
voi^iV, !^ .les ft^uvi^ iUabes du .dffert. 

^ H A TE M > ftrmoffliii^ Al AiJSIpîm^ c'eft^^^Urej^îe Sourd,, pprtoit le prénom 
ffAbou Ab^lrahmàn. fi étcnt natif de la ville de Bàîkhe pb, il mourut 
fan 237 de IHSegire, avec la réputation d^im des plus içlignes Doâeurs du 
KhoraffiuL 

ur jfiterrpg^ $1'9Ù ;il tifflît iH Ji^l^Bftviçe , il jrépoodit que Dieu 




^kn dit que le ifiimom 4e lourd lui fut donpé à oaufe qu*il feignit de n!ir 
voir pas entendu quelque bruit qui étoit échappé à fa femme penraat qu'eUe 
^"* pwk>itè 4^ }ui.6t r^et«r p)m haut ce qn'dfe difi>it; on a|dïte que depuia 
tems^jàf Xafi^api, e'eftrà^^ir^r^'il ccmbre&t: toujours le fiwrd. 
ffatxxn Jécote an» ^ttîGuIief de Schalcife Al 43alkhi, autre OpA^ur illuftre 
k>y ^MufidUMie; il tmhT^SSk ft méthode, IfequeMe fut fiîivie depuis par 



4ieivs lUMares. 



par plu. 



;«ff aK)$ Ja 



£M, «ppèUé 
JHiAoriens ibi 



tributaire 



» u; nom oe nsKon. ^.^ muée mç reiiaïc uiDUcaire Oft 

Caan , En^pereur 4es Mogols ou Takaresy de la race de 
.QpiûàaStàhm^Xzxï ifo de THegire , de J. C lasa , deux ans après la priTon 
de ^ Louis, &^. perte de Danaette. 

^^Nbs Hiftoriens ^écri^^ent que ce Prince exhorta Mangu Caan, & tous les iient 
^embraflfer la Religion Chrétienne , & de fe joindre mx Francs pour extermi* 
-tier les Mahometans , & qu'il obtint un grand fecours de Tartares pour leur 
f^ire la guerre. 

Les Orientaux rapportent que Haiton pafTant déguifé avec fon Ambafladeur 
'iisr les terres du Sultan d*Iconie , & ayant été reconnu par un hopme çu 
-Sultan 9 qst Ambafladeur prit la liberté de donx;ier un fomSet à Coa maître» 
pour fiûre croire au Sultan, qu'il n'étoit que fon domeitique. 

JSrAWC^AL. Ebn Haucal, Auteur d*un livre intitulé Gk^^/uA fi m4reM 
mlbolddm. Ceft une Geo^phie fort prolixe. Abulfeda qui lé cite fouvent. Te 
j^int de ce qi/il n'9 p^ defimé aflëz claireipent les noms propres des lieux» 
tante là^ ^èfxe (êrvi des voyelles qui fervent à en fixer la pronondaçion. Cet 
'Auteur :eft zdÊ fort defeéhieux en ce qu'il ne marque ni les longitudes , ni 
les- latitudes des liepx dpnt U parie, défaut qui lui eit commun avec japlûfwt 
des-Geographes de rOriqit quj ont laiflë ce fojji 9fai Ai^opoin». 

. . £e* ^ ^ HAUDH 



9 



v««» -H A ir D" H.: — — - 1* % VTATJtî 

; HAUDfl' cm I£K>udh Ai hiit, la Pifiâfae^ oa' la.F.çi|itàine' de Ia&t4e^ :-£;ivfer 
■compdTé en Indien,. abbregé & traduit en ÂrsUie p» Samarcaiidi?: Cet davngt 
:n'aSL proprement qu'une Philofopiiie corrompue, appuyée, fur les pnn<^ies de k 
Magie & de la Chymie , & remplie d'obfervations &. d'expériences fuperiUtieu&s. 
i II eft dans, la Bibliothèque du: Roy n». 947. \ > ... . :, r ,. 

• * » 

HAUGIAL, le Guide des chemins. Livré qui porté auflr le titre' de Soiir 

•tt akhbar ^l hocatmy les Vies des Phik^iAes. : On y trouve cdle» - df^^rift^te , 

a Alexandre , de Lipcman , de Sàlonio,n , 'dé Jeux B&i Sirakb , dérlSecuqdus^ de 

.Hareth Ben Câb, avec pluûeurs fentences.. Oa trouve ce livre dans la Biblio- 

• theqûe du Roy n^. 924: - 

• HAVAH-, Evô, femme d'Adam, que les HéBreux nammeiit Khhv&K: c^ deux. 
lioms ont la môme figm'ficatîon ; car Tun & Tiutre font dérivez d'une raciDe» qui 

vfigntlîe la vie^ Les Mufulmans, & le* glus - andehs (>iéntaùX' prétendent que le 
prénriet fils^ qtiTEve nrit au monde ^ porta le nom d'Abd al hareth quiifîgnifie 

là. la lettre ferviteur ou fils d'un Jardinier, ou d'un Laboureur, à caufe qu'A-- 
dam fut le premier qui cultiva la terre fuivant ce qui eft porté dans la Genelè^ 

.^ue.Dieu'mit Adami dans.le jardin, appelle Caradis terreilré^ pour l'hahiCer, &. 

• poiûr le. cultiver, . . 

;.. Lés JMahoibetans. fçcDh(b en narrations: fabukufes donnent* unfc «titre raifi» 
de ce nonL,!qui . èfl .apporta par tiiifTain Vàez dans fà parapbrafe lîir le cha- 
^pit^-e-Aâr^fri Ib.^if^ qu'Eve ^:ttoiXVai groflfe tfAdam neuf mois :après . ayoir - 
l^^id^^nde lignée à Dieu par ce^i paroles couchées daiiis le chapitre qui vient. 
d^étré cité« 3i vous nous donnez , Seigneur , un fils qui foit homme de bien^ & 
femblable à nous^ nous vous en rendrons ajfurémenî des grâces trhs ^particulières. 
^ j!i^r;;cçtte npaviÊJie le Diable dégiiUë.ltccoïtâ £ve^ & lui (ïemanda œ qu'elle * 
é%vg\t '4ws:,lç: ventre, .^ lui dit enfuité: Ceft peut-être quelque animal y encore 
« tçie^ {j^ait-pn s'ij^eft dQmoftique;oa farouche. £vi Joi aVoiia £anchement qu'elle 
i'^^&^P^^^ Diable iui. dit .eirfbke-: iSçavé^vous par 

oii doit fortir ce que vous portez, lera-ce par la bouche, par le nez^ ou par 
. rwei.lle;,,ç)u bîeiji.ne. vous feudra^t4l point ouvrir le ventre pour l'en .arradier ? " 
' E^'e, ayant été "épçu vantée, par ces dernières paroleji , vint auÛi- tôt trouver 
' A4^^!iL'& l^î raconta , ce. qu'elle avolt. appris ,, oc Adam lui-même tCH^ia daos : 




tout., ce 
^g^^ de 

vous', & qui vous foit lëmblable : Je vous alTurë dé plus qu'elle l'enfantera aifë- 

meçt, ^.(kps violence;.. mais il faut. quç. vous me.. promettiez* ava^t toute* cho£è$ 
\de lui dopner lê.nom dé ÀbU àl b^-ethl . ' ' .\' . ' - . 

' ^ 'Ivé'I>febIe fecberchoit aVeç. tajcit d^emprelTéiçaent , qy'E\îe doim^ï^ pom^ion 
« fife , ' afiflr qu'elle l'èngageâç par-là . k fotv. ferviçe ; car. .cet Ai^ç^' Apoftat oui . s'ap- 
f'^lle^''aitioar(rhùy ^ar'IesAW^ Te riommoît autréfëîsr^.loffquil étoît 

•encore dans le^ ciel, Hareth j, de forte qu'fl.voulpit.que le. premier fils d'Adam 
-*&'; d'Eve ïu't^qîialîfîé Serviteur de'JHïreth & non pas Abdallah, nom iiui figoifie 

Serviteur de^Bieu,; fiCiqu'Ad^ âvoit deftidélde lui donner. " 
^j^C(»t(e|^ecQnde fraude rcuffit, felQDJerfentiment des Mufulmans, au Démon ^ 



HA VJntrcrUîN. .^: HA;5t3ANL 4^ 

SL ^ dit daks- le mâme ' cfaapîcre ^ ^'tafli^tôt que Diep eut Honoé uq' fils à 

-Adam Àà-Eve^ ces dc90ix:infortimez. Gidla hho {Sfkarc4n\.Q'Q&^.édro.y,donnfrmt 

'Wî cmpagnm à Dieu; non pas qu'ils tombaient .dans T jdolaitije , ce que ûgninc 

cette &çon de parler ; mais parce qu'ils donnèrent à l^ijfç e^s^yde^ 99ms ^ 

fidfoient entqpdfe qu'ils .avQient d*autres Maîtres , & d'autres Seigneurs que Dieu. 

.Nfahomet taxe en cét.'eiKfroic rufage dès aridénVArahes qui'donùéîéàtAIiurs 

enfans les noms d' Abdalfcbam$> Serviteur du Soleil &ci; qui eft une eQ)ece d'idd- 

latrfe à réfflrd dés Mufulmans, > ; - ' 

Les Mufulmans reyerçnt encore aujourd'huy une: grotte de la montagne de 
Gerahem à trois mil pas de la Mecqiie^ qu'ils appellent Gâr Havah , la Grotte 
jd'Eve, où Mahomet. fe retirbit fouvent, & en laifoît ièlon ce qu'ils dUent» fan 
' oratoire. ' • . : 

La Montagne d^Araf^t à' dix milite de la Meocpie^ qui eft une des^flations du 
pèlerinage, a- tiré Ton nom du rencontre, '& de^la reconnoï(&Bce d'Adam & 
' d'Eve, qui fe fit fur fon fommet 

On a pu voir dans le titre de Giuddah ou Giddah, port de la mer rouge le 
plus proche de la Mecque, que les Mufulmans croyent y voir encore le fepul- 
cre d'Eve. 

^ L'on verra dans le* titre de Noé que les eaux du .Déluge commencèrent à 
foqrdre, &^ fortir du fo\ir où Eve avoit cuit autrefois fon pain; car ce fous 9 
' félon- les réverie$- dès mènes Mafulmaiîs , s'étbit cônferré jûfqn'alors & avoit 
^ pSé de main en main d'un. Patriarche à l'autre. 

yoyez le titre (TAdsm dans lequel on trouvera qu'Eve n'enfantoit jamais qu^ 
jumeaux.. , , . 



HAVARTOUN, lés Arabes appellent aihft fei Apôtres <te Jksus-Chris.t.. 
\ Ce mot fignifîe^ proprement des Blanchiflêurs ^ ou des Foulons^ dits dbis la même 
Jan|ue Câlîaroùn. ' 

Quelques Auteurs^ Mùfîilmans ont cru - que ce nom étoit tiré de. leur* profeT- 

fion : maîs^ les plus fenfez prétendent qu'ils ont été ainfi appeliez à caufe que lès 

anciens Chrétiens les reprefentoient dans leurs peintures, vêtus de blanc, & que 

- leur tradition portoit, qu'ils apparoiflbîent aux Fidèles en cette foirme.. Voyez 

le- titre de Maidat. 

Les Apôtres S.* Pîferre & S^- Jean font 1er plus connus dès Mùfuhnans ; Ils ^ 
fbnt peu mention- des autreâ, fi ce n'eft de faint-Mathieu qu'ils comptent parmi ^ 
les. Evangeliftes. Voyez le titre li'Engil ou Ingil. 

Les Arabes donnent' encore aux Aj)ôtre&Je nom d'Ashab IfB,* c'eft-à-dire, . 
de compagnons , ou de difciples^ de J. C. mais jamais celuy de Raflpulon, ou' 
' Mbrfeloim qui fignifie proprement des A{>ôtres, & des Envoyez. Ils refervent 
celuy de Raflbul à leur faux Prophète, & celui de Morfel aux Patriarches, .& . 
aux Prophètes dé l'ancie» Teftament» . 

HA2CANI ou Hârcanr Aboulhal&n, Doétèur célèbre auquel on <k)nne les • 
titres de Scheikh Al Rabbanî , Salek Al Samadani, Aref Al Hakkani, Dôfteur 
du premier rang, marchant ipar les voyes du Seigneur, ^& pénétrant les veritez . 
les plus cachées. . . 

Il étoit le chef d*une ibcieté ^xié Sofis. oa .Religieux MufulmaDs > à^ il leur 



ifiïbft tbfeiNnir qiiVm Sofi eft <SafcinkUoQk, c*db44li«e«^il tffeft fi^t^HiRiii, 
'bfe des chofts créées, pow leur âdve «aténdoe qpâls xfovoieot iSttt lislliiieiit 
ifflis SB Oestear qu'il ne. dem>it reAer rien en eox de la cnttwe* f^^ytuM 
«m ^ 4^iMb éU mdfihêiAt Lettre 4e l'Anant à £on faieaiiiiiié » 4«os Ja Biblitt- 
iSbieqtte 4ls ftdf B^ 7*1* 

H AZEM^ Aboulhazeiii Saimah Ben Din^r.» ^ fiirôopimé AI Ainige , fe 
^knteox. il jeft du nombre de «$ DoStwn que les Mufidoums EopeUenc Xt-. 
baâun^ c'eft-à-dire^ qiii ont fuivi les Sahabah ou contenponiw de Nbliom^ 
lâb ont été leurs diiciples: t»li|7*cy eut pour maître Sahal Ben Saâd , 4m des 
-compagnons duJbux Prophète, dt mourut Ten 133 de rU^re» fbm Je z^bb^ 
«TAbOolabbas Saffidi uemter KbOife des Abhaffides. 

L'on donne à ce Doâeur le titre de CifT, qui figoifie un h<mmie ictnist 
jfcins ririfioiie, de Fon rs^porte de hxy, que Soliman, fils d'Abdalmalek Khalife 
-de^ race des Qmmiades, lui aji^tfit demandé comment Ton fe pouroit iàuver» il 
lui répondit: En ne prenant rien qu'avec juAice,. & ne mettant rien qu'eo & 
véritable place. Lé khalife lui ayant replmtié: Qui peut fiure celât Ce Doc- 
teur hii repartit: Celui qui cherche le Paradis, & qui veut éviter TEnfer. 

Abou Hazem Abdalhamid qui mourut Tan 29a de I*Hegire, étoit Cadbi, 0c 
xompoià' le livre intitulé Jldab tU Caihij des Dévoies diun Csufiii ou Juge &Ion 
•Abou Hanifah. 

£bn Hazem Al Anfari natif de Cardiaeene en Eipagne , & habitant de k 
ville de Tunb , eft TAuteur du livre intitufê Minhage M bolaga u Serrage §1 Ma^ 
la Mediode des Orateurs^ & le Flambeau des Humaniftes. 



HEBAT Allah, don de dieu, ou Dieu donné, ^ Deû iatus^ nom propre 
ite trois Medefins iHuftres, tous trois de région différente ^ osA vécu eofe^ 
-ble vers iân .550 de THecân lôus le rejgne du Khalife Moâafî. 

Le premier furnommé £bn Saêd , & Xbn Tahnid étoit Chrêtietf , & palTolt 
-Mor le plus dèâe perCbuage de ibn terns» polZedant la fiiveur des. phis grands 
Princes qui le condderent ffboQ&eurs & de richeiZês , honobftant Ci Religiop. 
Quc}que84ins le font Prêtre » & d'autœs , Religieux. 

Sa do&tineiScÀ rv£rtu eœdUoient à un tel desré, dit Ben Scbolinah, que 
les Mahometans demeuroient étonnez de ce qu'ail iravoit point embrs^ la S^ 
JËgian MuTulmaoe: mais, JijtXû même Auteur , Dieu écbure par (a grâce celui 
<^tt'il hiiqplak, & abaïKionne -par fa juftice au milieu des tend>res de Teneur 
celui qu'il lui plait. 

Ce grand homme mourut feus le règne de Moftanged , trente^euxiéme Kha« 
life dâ Abbaifides , Tan de THegire 560 ftgé près de cent . ans. Il avoit pour 
ami nn autre ^excellent Médecin Juif qui portoit Je même nom que bu , & 
:iqui étoit fttmoamiéJËbn Melkàn, duquel nous aUons parler. 

Hebat allah eut trois enfans dont Tun nommé Ebn Maifih fiit CatbofîqtMy 
c'eft-à-dire , poflTedant la première dignité Ecclefîaftique après le Patriarche ; im 
c-aucre îK>iAme Abslkbair fut Archidiacre , & le' froifième nommé AtoÛiffan 
Saêd AI Hadhiri fut Médecin du Khalife NaOêr rAbbaflule, & acquit beaucoup 
de réputation Jdsns fon -art, dont . rJtechidiacre ion frère Môât miut pvofeffîoa. 

Aboulfarage rapporte des vers Arabes de Hebat allah qui font voir que œ 
Doâeiir étoftouiÉ &rt JubMe dans les belles ^lettres. . 

HEBAT 



aEn&r. 



BE^^L. 



M3: 



fiedaf étoit lÉi trte^dbftç Mèdedo Joif , contsmpon», & ami <kH<sbat ^Ibih^ 
fib.de Safid'^ qil'H n*inii6ir pas xbns b. fenoeté pour fa RelîgHiix; âar â Taban^ 
draist p|r int^rée^ & He fit Mahom«tan. 

Il fâfoit des cures fi admirables , œfH fut furnMund par les Mahometat»^ 
mêmes Aboiil BerekiiC 9 le P^re des.befiedifticms. Hebat a!Rafa le Cbrêttea' ne 
put foufiûr patiemment cette défertion de Ton ami^ & lui en fit des reptocbei 
fiQgiaDs par dès vers rapportez âains Âbulf^ge^ où II dit -entre imtœscholëst 
qù^ imite fes anciens pères qui erroiçnt dans le defat, .&^ n'en Ibrtoienf 
qoe poor s'égarer > &*s'éloigner de ^iis en pins de leur route. 

n y a un livre qui porte le nom d'Acrabadin > c'eft-àf-dire , d* Antidotes» ou 
Ifèdscameos compofez ^ qoi i pour Auteur un de . ces dotx p^9^ hoams: 
flftis Ben Schonah n'a. pas p6 déterminer auquel des deuK il doit ^e actrAnéi 

Le trôttlème Mededn tfittitoe de ce nom «Il Hebat allab Ben HoaSite Bes 
Ali> fiirnommé à caufe de fonjpays^ Al ËsMani, Uxfael a été auffi Mtrememeol 
loiié par fes contemp(^ns. B mourut d'apoftexie» ^ on le crac trop 1^ mort; 
car le Ueu ofa il étoit en dépdt ayant été ouvert pour le tranfportsr «illeur^^ 
on le trouva affis & mort (ur un des degrez de la cave oà il avok été mis* 

€^ui-ci étoit Mahometan« 

• ' ■ " ' . '. 

HEBATHAH, "ville dès Indes dans la Province appeUée Sind qui eff aust 
environs di> fleuve bidtts wrs Ion embouchure. £Ue écpjt des pins confidenu 
blés du pays, lorique*le Sultan Mahmoud le i5asaievfde la prit Le Midtao que 
quelques uœ cooiprtoneoc dans la Peife> de quelques autres dans findoftan, ea 
eft fortprocbe/ 

HEBBAT iÙcalb, la Giiioe du cmur^^ L'amour propre^ *& la ooncupifirem 
tté qui nous pwte aa pochée Ceft auflkle pedié d^gkie que les Mahome^ 
ttos reooonoiifent être vennd^Adam, nôtre premier père, & ils dîfeot qu'U dt 
le principe de tous les autres pèches. 

Mahomet le vaittoit d'en «voir été délivré par l'Ange Qibriel, qui lui ariacha 
du cœur cetee fisnenee ncwe, de que pw ce moyen il étoit devenu impeccaUe» 

Cette même graine eft encore appellée h noirceur du coeur, fouàdalcalb» 
fie bebbat a] âwda y h graine noire , mot qui convient ai^ k la graine du 
àteîmaham, que nous appelions Niella. 

Le mût de^Saouda ûgcù&e auffi la bile noire 00 mélancolie > & Tamour ex- 
ceffif qui la cauTe. ^ 

REBL Al mètin ndi umid u bim fi abk^ al din , titre moitié Arabe , dp 
apoitié Perlîen d'un livre compofé par Baba edctin Mohammed fur Fefperance & 
]k crainte que les jugemens de Dieu doivent caufer dans les ame^ èk Fidèles.. 

HeblJU. varid» la veine jugulake. B eft dit dans TAlcoran que Dieu eftplm 
jfnehe ^ fa xriêtw:e gu^ cette veine mbd eft y nàkn acr4ib elaihi mm heU al vmriây 
Sm mcfs Saldi dit que c'eft une choie digne ^Tétonnement que Dieu fdt fi 
fw^oie, ia fi intime à rhomme > & que l'homme cependant foit fi éloigné 



\ 



H£BaON> 






.-s:^. 



.«iîiv 



M4 H £ B R O N. H £ D A I A H. 

HEBRON9 ville de Paleftiae qui porte ordinairement le nom de EhalHV 
à caufe qu'Abraham ûirnommé Al IQialil, c'e(tà -dire , T Ami intime de Dieu, 
yeft enterré, (!c que ion fepulcre y eft honoré, A vrftté par les Mufuhmms. 
Ceft ce qui fait que Al Khalil fe prend auffi pour un des quatre pèlerinages 
que les Mufulmans font. Le premier qui eft telui de la Mecque eft d'obliga- 
tion, ^ les trois -autres qui font de Medine, de Jerufalem, & de UeiMron, ne 
Q>nt que de dévotion. 

Il y 2L pluûeurs livres qui .traitent de ces quatre pelerina|[es en gênerai^ ^ 
çn particulier. : Celuy qui eft intitulé Mûthir al garam fi ziarat al KhalU y 
^ Uns ai khalil traitent de celuy de Hebron. Foyez les titres d'Abraham, 
6? de, KhaU). 

' HEDAIX, le Deuil, & les habits de Deuil. Le premier Deuil que les 
Ôriisntaûx Chrétiens, Juif^» ou M^bometans célébrât, eft celuy d'Abel; car ils 
prétendeni^C qu'Adam le porta ou pratiqua en fe /epamnt d'£ye fa femme, pen- 
dant Tefpace de i fto ans pour ptevrer fa mort. 

; Les Perfaos difent que le premier deuil qui aie été porté dans. TOrient , fut 
ireluv de Siavefch , lequel ayant été tué dans le Turkeftan , Kaicaous Roy de 
Herfe de la féconde Âym&io , fon peie , en fit publier un qm fut genend dans 
tous (es Etats , & célébré par le changement d'habits. La couleur bleue fut 
alors choifie pour marquer le deuil ; mais elle a été changée depuis en noir par 
les Mahômetans: dèpruts b mort 4s Houflâin ^ d'Ali, tomme nous; allons* voir. 
. Le.deuil.de HouiTaio, que l'on appelle encore Jaoum Houilain, le jour de 
Houflâin qui tombe au dixième du mois Moliarram , eft célébré tous les ans en 
Perfe avec une fort grande folemnité par les feéhûres ou partifans d'Ali : ce 
jour eft nommé particulièrement Afchour , & Afchoura par les . Arabesl 

Les Abbaifides parens proct^es d'Ali prirent le noir pour leur livrée , lorf. 
qu'ils s'élevereiit xantre les Ommiddes, prétendant vanger le fatagdâ Houlfiin, 
que les Ommiad^ avoient. répandu : binais cependant les defcendans d'Ali & de 
Houflâin en droite. iigne. ont toujours porté leverd, & Je portent encore au- 
jourd'h'uy , prétendans que leur race fubfiftc itoûjonrs avec les droits d'Imam 
/& de chef temporel 9c fpirituel de tout le Mufulmanifme. ployez le titre de 
^amoun, atiquel le changement de noir en verd penfa coûter Ja perte de 1^ 
Etats & m^me celle de (k vie. Ployez .aujji celuy de Houflàiç. 
] Le deuil . dé^ Orientaux tant Chrétiens., .que Jui& &; Mahômetans eft aflez 
lemblable â ceîuydes Anciens;* cai- ils ne fe contentent^ ;pa^ de changer d'ha- 
bits, &..de l€i3 déchirer: maj^ ils s'airâçhent I^ ^cheveux^ Xe.bâtxent les joues, 
/& font dés hurlemens' épouventables. 

HEDAIAH j Manuduftîon & Inftruftipn. D y a plufieurs livres Arabes 

ijuî portent, ce titre. .t. - . ., 

\ Hadaiah fil forôû, livre de la loy Mufulmane cpmpofé par fiorhaneddin Al 
Âlar^hmanî, qiiî mourut Pan 59 j ^e l'Hegire. U eft danfe. îa .Bibliççheque ià 
îtdy n/*. 654. ' ' Jl y a un Commentaire fur cet ouvrage intitolé Dortar' cerner , 
' Hedaîat al hekmdt, cours dç Phllofophre', compojK par Ebii AtWr Ebn Ornai' 
lAHheri^ &*ç6Hunéntë par Mofthafa Befi Jofef furnominé ïhbvqçéh Zadëh«' - 
' Hedaiah u Enaiàh ^ Xîvre de Théologie Scbolaftique- des KAifulmans digéré 
spar queftions. f^oyez le titre ^'Akmal, ou Kemaleddin, qui en eft l'Aàteur. 

c C -^ ' ' HEDIAH* 



H E D I A H. -r— H E G I A G E. 



^^f 



^ HEDIAH, ville du pays des Habafcb , qui eft l'Ethiopie , ou Abiflînief 
Voyez le titre de Hd>afch ou Habafchah. 

HEFT Khdn, ou Heffc Khovàn, en Perfien les fept Tables, nom de la 
ville capitale du Turkeftan, ou Argiasb, fils d'Afrafiab, Roy de ce pays-là, 
tenoit fa Cour du tems. de Kifchtasb Roy de Perfe. 

L'on auroit pu pafler par cette ville pour aller à Rovin Diz ou Château 
d'airain , le plus fort Château de tout le pays , comme étant le plus court che- * 
min, fi les neiges, les précipices, & les bêtes farouches ne l'cuflent rendu im- 
pratiquable. y oyez le titre de Kifchtasb. 

HEFT Peigher, en Perfien, les fept fontaines. C'eft le nom d'un Roman 
Perfien , compofé en vers par le célèbre Poète nommé Nadhâmi , ou pour pro- 
noncer à la Perfienne, Nazomi. 

Nous avons encore en langue Perfienne le Hefc Peigher de Hatefi , & en 
langue Turque celuy de Lamài. 

HEFT AKHTER. Heft Iclim, Heft Aurenk, font livres Perfîens. Heft 
Khovân , Heft Daftan , & Heft Meglis font livres Turcs , defquels il fera 
parlé ailleurs, 

HEGIAGE Ben Jofef Al Thakefi, un des plus vaillans, .& des plus élo- 
quens Capitaines qu'ayent eus les Arabes au tems des Khalifes. ïl fut fait Gou- 
verneur de l'Arabie, & de Tlraque Arabique par Abdalmalec, cinquième Khalife 
des Gmmiades, après qu'il eut défait Abdallah Ben Zobair qui avoit pris le titre 
de Khalife. 

Un jour qu'il fç promenoit à la campagne , il fit rencontre d'un Arabe du 
defert qui ne le connoiflbit point, & lui demanda quel homme étoit cet Hegiage 
duquel on parloit tant. L'Arabe lui répondit que c'étoit un méchant homme. 
Hegiage lui dît alors : Ne me connois-tu point ? L'Arabe luy ayant répondu , 
î«Jon. He bien, lui dit Hegiage, fçaches que c'efl: Hegiage même à qui tu parles. 

L'Arabe , après l'avoir entendu parler de cette forte , fans témoigner aucun 
étonnement, lui dit: Et vous, fçavez-vous qui je fuisV Non, lui répliqua He- 
giage. Je fuis, lui dit l'Arabe, de la Maifon de Zobair, dont tous les defcen- 
dans deviennent fols trois jours de l'année , & cette journé'e-cy eft ^l'une des 
trois. Hegiage ne put s'empêcher de rire, & d'admirer une défaite aufE inge- 
Tiieufe que celle- cy : de forte qu'encore qu'il fut extrêmement fevere, & qu'il 
paflât même pour cruel, car l'on dit qu'il avoit fait mourir cent & vingt mil 
.pefribnnes, & que lors qu'il mourut, il y en avoit cinquante mil dans fes prifons, 
-cependant il fit grâce à cet Arabe, dont il eilima Tefprit & le courage. 

Voicy une autre rencontre dans laquelle Hegiage fit bien connoître quel il 

ëtoit. Ayant fait plufieurs Officiers prifonniers dans la bataille qu'il gagna en 

Arabie fur Abdalndunan qui s'étoit révolté contre le Khalife Abdahnalek , il prit 

la refolutioû de les faire tous paffer par le fil de l'épée. Un de c^ prifomiiers 

^u'on alloit exécuter , s'écria, qu'il avoit une juftice à demander à Hegiage. 

Hegiage bien furpris de ce difcours , demanda à cet homme ce qu'if préten- 
•-âoit de lui ? C'eft , dft le prifonnier , qu' Abdalrahman nôtre General s'étant em- 
porté un jour de paroles contre vous , je lui dis qu'il avoit tort. Sur cecy 
He^age (femanda au prifonnier , s'il avoit quelque témoin de fon aélion , Guy , 

Tome IL Ff ' lui 



t%6 '^ titQîAGTt. 

lui répondit le prifonnior , ft aontm un de Ces ctnmnietet deftiné à b SKfrt 
auffi-bien que luy, qui y avoit été prefent. Hegiage ayant appf» it vérité dU; 
fait , dit au témoin : Et toy, pourquoi n'en fis-tu pas autant que ton camarade T 
Cet honime intrépide lui répondit fièrement : Je ne Tai pas fiut , parce que vous 
étiez mon ennemi. Hegiage leur donna la vie à tous deux, à Fun pourrecon- 
noître l'obligation qu'il lui avoit , & à Tautre parce qa^il avoit avotlé fi fitm- 
cheraent, & avec tant de courage la vérité. 

Quelques-uns s*étant plaints des violences que Hegiage exerçoit coatK fes 
fujets , & lui ayant mis devant les yeux la crainte de Dieu , il monta auifi-tôt 
fur la tribune pour haranguer le peuple , & fans s'être préparé , leur fit avec 
fon éloquence ordinaire ce difcours. Dieu m'a donné maintenant la puifiance 
fi^ vous ^ & fi je l'exerce avec quelque feverité , ne croyez pas qu^après xosl 
mort vous en ayez meilleur marché- De la manière ^ue vous vivez > vous 
ii^rez. toujours maltraitez; car Dieu a beaucoup db ferviteurs, & quand je fêraf 
mort, il vous envoyera un autre qui exécutera fes ordres contre vous peut-- 
Étre encore avec plus de rigueur. Voulez- vous que le Prince foit doux & mo~ 
deré, exercez entre vous la jufUce, & obeiiSez à fes ordres. Faites état que vos. 
déportemens font k principe > & la caufe du bon ou du mauvais traitement que 
vous recevez de lui. Le Prince peut être comparé juftement à h glace d'un- 
miroir;. tout ce q^ue vous voyez dans cette glace n'efl; qu'un renvoy des objets^ 
que vous lui prefentez. 

* Cecy eil rapporté dans le Bahariftan de Giami , où nous trouvons encore 
fhiftoire qui fuit. Hegiage étant à la chaflTe, s^égara de ks gens^ & fe trouva- 
féul fort altéré en un lieu écarté où un Arabe fs^oit pattre fes ch^tneauz.. 
Auffi-tôt qu'il parut, les chameaux s'efEaroucherent, ce qui obligea l'Arabe atten-^ 
tif à autre chofe de lever la tête tout en colère , & de dire : Qui eft cet hom- 
me avec &s beaux habits qui vient dans te defert effaroucher tôes diaineaux? 
La^ malçdîéHott de Dieu puîffe tomber fur lui. 

Hegiage fins s'arrêter k ces paroles , s'approcha de l'Arabe, & le ialQa fort 
civilement, en lui fouhaitant la pabc: mais celuy-cy au lieu de lui rendre le fa- 
lut, lui repartit brufquement quil ne luy fouhaitoît ni la paix, ni aucune bene^ 
diâion de Dieu.. Hegiage ne fit pas fenî^lant de l'entendre, & lui demanda fort. 
humblement de l'eau à boire. L'Arabe lui dit: Hé bien, d vous voulez boire ^ 
prenez la peine de vous bailler, & d'en puifer vous-même; car je ne luis ni. 
vôtre camarade , ni vôtre ferviteur. Hegiage obéît à l'Arabe ; Se après avoir bû » 
lui fit cette demande. <^ai çroyez-vous être le plus grand & le plus exceU^oit 
de tous les hommes? Ceft le Prophète envoyé de Dieu, en deulfiez-vous cre- 
ver de dépit, lui répliqua l'Arabe, 4;. que dite$-vous d'Ali, ajouta Hegiwe ?. On, 
ne peut aflèz exprimer de bouche fon excellence , repartit l'Arabe. Hegia^ 
continuant fon difcours , lui demanda ce qu'ih penfoit d*Abdalmalek , fils de A 
van, c'étoit le Khalife qui regnoit alors^ duquel Hegiage étcMt Lieutenant Ge- 
neral, & Gouverneur pr^que abfohi dans l'Iraque Arabique. UArabe ne ji^poQ- 
dit rien, d'abord ; mais étant préfixé, il fe laiflà échapper qu'il le tenoit pour un 
mauvais Prince. Et pourquoi, répliqua Hegiage? Ceft parce qu'il nous a en- 
voyé pour Gouverneur le plus méchant homme qui jfoit fous le cieL. 

Hegiage connoilTant que l'Arabe parloit de lui, ne lui difoit plus rien, loriV 
j^u'ii arriva qu'Un oyfeau volant delTus leurs têtes, fit un certain cry, que TA— 
rabe n'eut pas plutôt eRtendtt> qu'il regarda fixement Hegiage, &.lui <kmaxida 



qtii 3 énitt. Regkge hii ayant auffi demandé poutquùf fi loi Mbit httte 
queftion. Ceft, dut TArabe, parce que cet oyfetu qui vient de pafler, m*a dit 
qu'il y avoit près d-icy une troupe de gens 9 & que vous pourriez bien en 
être le chef. L^Arabe n*eut pas plûtoft fini ce difcours, que les gens de He- 
gîage arrivèrent, & reçurent ordre de lui, d'emmener TArabe avec eur. 

Le lendemain Hemage le fît appeller , le fit aflfeoir à fa table, & lui com- 
manda de manger. i/Arabe avant que de commencer à manger, fit & bene- 
diâion ordinaire, & dit: Dieu vetdUe que la fin 4u repês fiit mffi heureufe que 
r mirée. 

Pendant le repas Hegîage lui demanda s'il fe fouvenoit des difcours qu^ik 
avoîent tenus enfemble le jour précèdent. L'Arabe lui répondit aufli-tAt: 
Dieu vous fafTe pn)Q)èrer en toutes chofes; mais quant au fecret d'hier j gar« 
dez-vaus bien de le divulguer aujourd'huy. Je le veux bien , dit Hegiage» 
mais il' faut que vous choiiiflêz l'un, de ces deux partis,- ou de me reconnoître 
pour vôtre maître, & alors je vous retiendrai à mon fervice , ou bien d'être 
envoie à Abdalmalek, auquel je ferai fçavoir tout ce que vous avez dit de luy. 
L'Arabe ayant ouy la propoiition de' Hegiage , lui repartit auffî-tôt : Il y a un 
troifième parti que vous pourriez prendre^ & qui me paroît b^tucoup meilleur. 
Hé quel eft-il, infifla Hegiage. Ce feroit, lui dit TArabe, de me renvoyer 
/chez moy, & que nous ne nous viflions jamais plus ni l'un m 4'autre. Hegiage 
tout farouche qu'il étoit , prit plaifir aux paroles pleines d'efprit de cet homme > 
lui fit donner dix mille drachi^ d'argent , & le renvoya chez lui comme il 
le fouhaitoit 

Il fera bon de remarquer fur le fujet de cet oyfeau qui fk fit entendre à l'A- 
rabe , qu'il y a parmi les peuples de l'Arabie des gens qui prétendent fçavoir 
le langage des oyfeaux; Us difent que cette fcience leur eH connue depuis le 
tems de Salomon» & de la Reine de Saba, lefquels avoient un oyfeau, nommé 
Hudhud , qui eft la * Houppe , pour meflager de leurs amours. 

Kumeil ms de Ziéd étoit un homme de bel efprit , qui vivoit du tems ât 
Hegiage ^ duquel il n'approuvoit pas la conditite. Hegiage !e fit venir un jour 
devant luy , & lai "reprocha que dans un tel jardin , & devant telles & telles 
perfonnes qu'il lui nomma, il avoit fait plufîeurs imprecaftions contre lui , en 
difant : Que le Seigneur noircifre fa face , c'eft4-dire , qu'il foit chargé de 
honte, & de confufion; qu'il ait lercol coupé, & que fon fkng foit répandu. 

Ktmiéîl qui avoit l'efprit fort prefent, hii répondit auffi^^toft: Il eft vray que 
''l^ay (fit ces paroles clans un tel jardin ; mais j'étois fous une treille » & je regard 
dois des grappes de raifin qui n^étoient pas encore meures , & je fouhaitois 
qu^eOes darinâent bien-tôt noires, afin qu'on les couppât^ & qu'on en fift du 
Tin. Cette explication ingenieufe plut fi fort à Hegiage, qu'il renvoya Kuméil 
chez luy & ie rétablit dans fes bonnes grâces. Lamài. 

Le riabt al abrar rapporte que flegis^ difoit fbuventpour excufêr la rigueur 
- dont ii ttfoit envers les peujrfes qui lui étoient jfoûoàis , que le gouvememeût 
X^Ntxt y & même violent d'un Prince , eft preferflÂ)le au gouvernement f oible & 
tropiDdofiigKint; parce que cehiy-Hi ne fait tort qu'à quelques particuliers , & 
cehiy-0^ uefl!e & offenfe tout fe peu|rfe en gênerai. Giaur Ùair mm dhaùf 
ieerma mék hkhaff u haiha iûinm. 

il difoit auffi que l'obéïflànce due aux Princes efl phis abfolue^ & plus m* 
ee&ke qae ceUe que Ton doit à Dieu, félon l'Alcoran; car il ^ dit de celle-cy : 

Ff2 Obtijez 



îi8 H E G I A € R 

'ObétJJéz'à DkU autant que yous pouvez, Faettakou àUah ma ajlathdtim^ «daos Ie{^ 

. quelles paroles H y a une condition ou exception ; mais de celle qui regarde 

les Princes , il eft dît : Ecoutez â? obéïjfez , fins aucune exception , de forte 

que,' difoit-il , fi je commande à quelqu'un de pafler par- là > & qu'il refufe 

de le faire , il eft coupable de defobéïffance , &, par conséquent digne de mort* 

- (Quelqu'un, api-ès l'avoir entendu parler ainfi , lui dit.: Vous êtes donc un en- 

• vieux & un ambitieux , puifque vous prétendez avoir une plus grande autori- 

•té que les autres. Sur quoy il répliqua: Celuy-là eft encore plus envieux ,. & 

plus ambitieux que moy, qui dit à Dieu: Donnez-moy^ Seigneur y un état duquel 

perfonne ne puijje jouir après moy^ 

f^oyez fur cecy ce qu'il dit à Ebn Corrah , & ce que les Grands dirent de 
luy à Abougiafar Aln^nibr^ Khalife Abbaffide,, dans les titres de Corrah & de 

Manfor. 

' . Le Dofteur Schâbi blâmant Hegidge de fa feverité , il reçut de lui une piè- 
ce d'or de bon. alay, avec, ordre de l'aller porter chez les Changeurs, Ce Doc- 
teur y alla ; les: Changeurs lui dirent , que c'étoit une monnoye de Hegiage , 
dont faloy n'étoit pas bon. D retourna donc dire à Hegiàge ce qui lui étoit 
arrivé. ' Hegiàge lui dit : AJlez en ua tel quartier de la ville , & prefentezrla à 
uq tel pour la changer. Scliâbi y alla ) & cet homme prit la pièce pour bcm- 
ne , telle qu'elle étoit , & la changea. Schâbi fort furoris demanda au Chan- 
igeuf , fi Hegiàge ne luy avoit jamais fait d'injuftice : Non , luy répondit, il , 
tant s'en faut , depuis qu'il gouverne ce pays-cy , il empêche qu'aucun ne m'en 
fafle. 

' Cependant Sâdi rapporte , que Hegiàge s'étant recommandé aux prières d'un. 
•Religieux Mufulman , celuy - cy pria auiïï - tôt Dieu qu'il luy plût de le faire 
mourir promptement , parce , dilbit -il , qu'il ne pouvait rien arriver de plus 
«avantageux ny pour lui , ny pour les- peuples.. 

Mirkhond écrit, que Hegiàge fe trouvant allité de fa dernière maladie, coa- 
fulta fôn Affrologue pour fçavoir de lUy s'il ne. trou voit point dans tés Ephe- 
merides que quelque grand Capitaine dût bien-tôt finir fes jours. L'Aftrologue 
lui répondit qu'un grand Seigneur , npmmé Kolaib , étoit menacé fuivant fes 
'obfervations de mourir bien-tôt. Hegiàge lui répliqua: Voilà juftement le nom 
que ma^ mère me donnoit , lorfque j'étoi^ encore enfant. Ce mot fignifie en 
Arabe un petit chien. 

L'Aftrologue auffi imprudent à parler, qu!il étoit habile dans fon art, lui dît 
là^deflTus fort brufquement. C'eft donc vou^ qui devez mourir, vous n'avez au- 
cun lieu d'en douter. Hegiàge ofFenfé de ce difcours , dit auffi-tôt à l'AHrolo- 
gue : Puifque je dois mourir , & que vous êtes fi habile dans vos prediâbions , 
je veux vous envoyer devant moy en l'autre monde, afin que je.puiflTe me^fer- 
vir de vous, & donna ordre en même tems qu'on le dépêchât 

Lé même Auteur met la mort de Hegiagp l'an de THegire. ^5 y dans le 54 
de. fon âge ,. & dit de luy qu'il naquit fermé par en bas j, de forte quH fallut 
l'ouvrir avec des inftrum^ns de chirurgie^ 

Dans le livre intitulé 4ovaily l'Auteur écrit, que Hegiage étoit fi magnifique 
dans fes feftins , qu'il y avoit quelquefois jufqu'à mille tables drefTées , & quTil 
faifoit de fi gros prefens à Ces amis , qu'il leur donnoit, jufqu'à un million de 
ftateres ou réaux d'argent ep une feule fois. 

li'on peut voir dans, le titre de la Mecque ^^ que Hegiagp ayant aifiegd Abdal-. 



• 



Ith V fil^ ^ Zobair') fate Khalife , .dtos la ville de la Mecq^ il en brûla le 
temple qu* Abdallah avoit augmeàté ^ & le fit rebâtir tel qu'il étoit. auparavanCt 
ybyet le fonge qu'il eut fur cette aétiôn* f^oyez aujjî VafTeth , nom d'une ville 
^ii'îl bâtit for le* Tigre , ^ntre Coufah •& Bafrah. 

Aboulfarage remarque, que Hegiage tomba malade pour avoir trop mangé de 
boue. CetCeboue eft la terre ûgUlée, Terra Lemy^iaj que les Arabes, appellent 
Thin 5 & Thin makhtkoum , Luium & Uikum SigUloÊum. L'ufage de cette terre 
le fit tomh^ en phtifie dcMit il m0Ut:iH;i 

Abou Obeidâh Mâriiar Ben Al Mothanî a écrit la' vie de Hegiage^ fôns le 
titre A'Akbér Hegiage. Cet Autexir étoit. natif de Bagdet > & taourut l'an 209 
de l'Hegire. 

Hegiage laifla un fils qui fe fît une Principauté, compo(5e de fept petites vit- 
les ouibouii^des, dbn& ferGéb^l Mi^Iraque Perfienne; L?on dit, que ces villes 
g'étant rainées peuvà^peu, les habitaos fe retirèrent en un feul endroit, où ik 
en bâtirent une qui fut comp0fée:des fept autres ; cette ville s'appelle aujour- 
d'huy Com. Voyez ce titre^ • 

HEGIAGE» Abou Omar E6n Higgiage , ell un des premiers Auteurs Ara- 
bes qui ait écrit de l'Agriculture. Voyez le titre de Falahah^ 

HEGIAGE Ben Artiat, fumommé AI Coufi, qui porte le titre d'Aï Fafcîh 
Al Haffadh, c'eft-à-dîre, le Jurifconfulte, doué d'une excellentie mémoire , avoit 
été difciple de Thouri. 

HEGIAGE Jofèf , fumommé auffi AI Coirfî, natif de la ville de Coufah^ 
eft l'Auteur de deux traduftîons Arabiques d'Euclide. Il intitula la première 
Barouni , & la féconde Mamouni , du nom des deux Khalifes Haroufi & Ma.- 
jmoun, pour lefqucls il les avoit fëiteSb 

HÉGIARAT Bardûil, lieu bù Baudouin, Roy de Jerufilem, mourut, fitué 
entre les villes d'Arifch & de Farma en Egypte ;. fes entrailles y furent enteu- 
tées & fon corps porté à Jeru&Iem. Voyez te titre de Bardûil. 

Heriarat Soud , Pierre noire. C'eft du charbon de pierre dont il y a des mi- 
Bes abondantes dans les montagnes de Farganah. 

HEGIAZ. ou Higiaz, nom d'une province de l'Arabie, que nous appelions 
Pierreufe , où font fîtuées les villes de* la Mecque , de Medine , de Thaif & 
cTIemamah , laquelle a eu fes Roys particuliers^ aufll anciens que ceux de l'Ie- 
men , qui eflr l'Arabie Heureufe. 

Giorham, Ion premier Roy, elt réputé frère de Jârab, duquel l'Arabie a ti- 
ré fon nom, & celuy-cy étoit fils de-Cahtan eu Joftan, ou Jeâan, fils deHe- 
ber , & frère cadet de Pbaleg , duquel il eft fait mention au chapitre dixième 
de la Genefe. 

Ge fût avec. la pofterîté de Gîorham que s'allià' Ifinaël , Ibrfqu'il vînt en Ar». 
"bie; de forte que les defccndans de ces deux Patriarches Heber, père d'Ioâan, 
& Ifmaël, fils d^Abraham , bompoferent une feule nation, de laquelle tous les* 
Arabes d'aujourdTiuy font iflus. - 

Dans la première partie de l'hiftoire générale de Ben Schohnah ^ qui eft com^ 
me la préface de fon Raoudhat almena&ir , on peut voir une lifte <ies races 

Ffi illuf^ 



%^é HEGIRÀTAN. «EGRAH. 

lUuftres qui ibnt dépendues de cette fotiche primitive des Arabes^ Cet Auteut 
remarque, qu'Ifmaël eut douze enfans mâles, dont Kedar, qui étoit Taioé, fut 
reconnu par* fes frères & par leur pofterité pour Roy de la province de Hcr 

Siaz, dont nous parlons, & pour ^rdien Bc adminiftrateur perpétuel du temple 
e la Mecque , qu'Ifmaei avoit bftti avec Abraham , fou père. 
Outre les villes defquelles on a déjà parlé , celles d'Ianboû , de Giddah , dé 
Khalbar, de Bathen mor & de Corah, font encore comprifes dans THttiiz. U 
eft pourtant vray, que quelques-unes font fituées dans la partie de T Arabie, que 
nous appelions Deferte. 

Perdeh Higiaz eft chez les Perfes un air de mufique , qui leur eft venu de 
cette contrée particuUère de l'Arabie. 



HEGIRATAN, les deux Fuites. Ebn Maflbûd, un des premiers 
& compagnons de Mahomet, porte la qualité de Hageral hègiratan» pour s'être 
trouvé dans les deux fuites , de même qu*il avoit prié fi kddatm y c*eft«à-dûre , 
aux deux Keblés. 

Pour entendre ce que fignifie cette qualité , il faut remarquer que Mahomet 
étoit âgé de 54 ans , lorfqu'il fe fauva à Medine , & qu'il avoit commencé à 
prêcher fa fâufle doflrîne dès Tan quarantième de fon fige : de forte que dam 
cQt efpace de quatorze ans , il avoît efTuyé beaucoup de cantradlâions & de 
traverles de la part des Coraifchites fes condtoyens , qui le regardoient comnie 
un Novateur & un Perturbateur du repos public. 

Plufîeurs de fes difciples qui ne pouvoient (buffrir d'être regardez par leurs 
compatriotes , comme les fettateurs d'un impofteur , luy demandèrent k permif- 
èon d'abandonner leur ville , pour n'être pas obligez de renonce à leur Reli- 
^on. Mahomet la leur accorda , à condition qu'ils fe retireroient en Ethiopie 
auprès du Negiafchi, c'eft-à-dire, de rEpapcreuf des Abiffins, avec lequel il eor 
tretenoit correfpondance. 

Ceft oecce retraite qui eft i^peliée la première Hégire : mais ces refqg'ez ne 
pouvoient pas bien trouver leur compte avec un Prince qui faifoit profemon de 
la Religion Chrétienne, quoyque corrompue par rEutycfaianifme , que Dia(co- 
Te, Patriarche d'Alexandrie & par confequcnt d'Ethiopie, y avoit introduit; 
c'eft pourquoy, lorfque Mahomet fe retira à l^edine, ils allèrent le joindre & 
augmentèrent ainiî beaucoup le nombre des Mufulmans. 

Quant aux deux Kheblés , oii Ebn Maflbûd pria , voyt% k titre de KehkaiL 

HECfRAH ou Hegirah, rifegire, ou la fuite de Mahomet. C'eft le te» 
auquel Mahomet , le faux Prophète , fe retira de la Mecque avec fes nouveaux 
^ofelyces, pour éviter la perfecution desCoraifchites, qui étoient alors les plus 
pviffiins dans la ville , & qui ne pouvoient fbuffrir, que Mahomet abolit udo^ 
fotrie p(xtr y étabhV fa nouvelle Religion. 

Cette fuite, qui ne fut pas la première, comme nous verrons plus bas, a été 
4Deiuimoitis la plus confiderable , & arriva la quatorzième année depuis que Ma- 
homet fe fut déclaré Prophète & Envoyé de Dieu, publiant TAlœran & pt^ 
chant le Mufufanasilhie , que nous appelions de fon nom la Religion Mabome- 
tane. Elle fe fit en plein midy , félon quelques-uns , & en compagnie de peu 
ée përfeanes : mais eUe fut fiiivie de phtfeuia qui ne fe crurott pas en i&retii 
liaM la Mecque. 

Maho- 



. Ms&omeir dé retira à bthrab^ car c'eil ainfî que la ville de Medine s'appel- 
loit avant que le faux rrophete y eût ëtaBlî fa demeure , & y arriva le dbu- 
xîème jour du mois dd Rabi al aoual 9 A^ ^^ ^^ troiGème de l'année dos Axa- 
fces qui eft purement Lunaire ^ & par confequent de 354. jours. K eft vray 



y 




peut appeller TiSre Mahometane,- & cela conformément aux fentimeos de tios 
plus habiles Chronologiûes^ 

- Les Orientaux ne s'accordent pas avec nous touchant ce calcul. Entre les 
Mahometans > AmafE prétend que THegire ou la fuite de Mahomet fe fit 
Fan 630 depuis la naiflance de Jesus-Christ, 2347 ans depuis la mort de 
Moyfe y & Ben Caflem la met Tan du monde 5800 , ce qui fe doit entendre 
£elon la fupputation des . Grecs ;. car^ félon celle des Latins > elle doit être mar- 
quée Tan 4571. ' ^ 

Entre les Chrétiens, Saîd Ebn Batrik met le commencement de THegire Tan 
614. de J. Co 33^ de Dîocletien, 933 d'Alexandre & 61 14 depuis la création* 
du monde ; mais fon calcul , laiilant à part les ans du monde qu il compte felcm 
les Grecs , n'efl: pas jufte : car, felon la fupputation des années de Diocletren » 
la première année de THegire concourt avec la fix cent vingt - deuxième de J. 
G. 9 ce qui e& vray , & non* pas avec l'an 614 ^ coimne il le dit : & felon celle 
dfes années d'Alexandre, qui commencent 309 ou 310 avant J. C.,, la première 
iannée de FHegire tomberoit fur l'année 623 ou 624- ^ 

KhomJemir écrit que ce fot Omar, fécond KhaKfe , qui ordoima que l'on fop- 
'puteroit les années depuis la fuite de Mahomet , dont il y en avoit déjà diX'^ 
fspt d^écoulées depuis cette ordonnance. Les Mahometans établirent cette épo- 
que à l'iimtatiou des Chrétiens, lefquels comptoiçnt alors leurs années depuis 
là periecution que EMocttien- avoit commencée Tan de J. C, 284, & la nom*' 
moient YJExe des Martyrs : Ainfr les Mufulmans voulurent fîgnaler leur Mté 
eu la fupputation de leurs années par la plus mémorable perfecutaon qu'ils euf- 
"fent foufferte. 

Voyons maintenant comment cette fuite de Mahomet & de fes feftateurs 
s'exécuta , & les faux miracles foûtenus de traditions fâbuleufes , dont les Muful-r 
mans ont embelli cette hiftoire. 

- HouflSiîn Vaéz, qui dit avoir emprunté ce récit des plus anciens Dôéèeurs du- 
'Mufuknaniiine &: des yAxjs habiles Interprètes de l'Alcoran, aflure que Mahomet 
ayant pris la rdblution de quitter la vîtle de la Mecque pour fe réfugier à Me- 
^£ne, fortit \xi foir, qui fut la première nuit de la lune, ou du mois appelle 
par les Arabes Rabi al aoval , de la maifon d* Aboubecre , fon beau-père , & ac- 
compagné de luy feul , pour paffer la nuit dans^ une grotte de la montagne 
'BOfBSBée Tliour , diilante cTune heure de chemin de la ville de la Mecque, du^ 
côté de riemen ou Arabie Hèoreufe. 

Auffi-tôt que l'on eut appris dans la Mecque fa retraite , les CbraîfeMtfes, fés^" 
ennemis déclarez, fe mirent en campagne pour fe faifîr de ft perfonne, & arri- 
vèrent jufqu'à rentrée de h caverne où il s'étoit caché, dès le grand matin du^ 
jour fui vaut. Ee premier miracle qui fe fit, fut que cette même nuit, en ver- 
- m de la toute-puiflance dé Dieu, un arbre d'Acacia ou dfe Gagfe étoit crû k 
^SbnCrée de la grotte, ^'une paire de p%eoQs. ramiera y avoient déjà fiit leur 
*' -* nidy 



riîd , ce qui reftoît d'ouverture à la caverne fe trouva de plus fermé d'une toU 
lé d'araignée. 

Toutes ces chofes étant des mvques certaines qu'il n'y avoit perfonne dans 
ce trou , ôterent la, penfée aux Coraifchites d'y fouillen Aboubecre , duquel il 
eft dit dans un chapitre de TAlcoran , intitulé Taoubat , qui étoit le fécond des 
deux qui fe trouvèrent dans la caverne , fut faifî d'une fort grande peur, lort 
qull vit approcher leurs ennemis fi près dil lieu où ils étoient , & dit' à Ma- 
homet: Avec tout ce qui nous cache, fi ces gens-là baiflToient leur tête, ils nous 
verroîent infailliblement Mahomet lui répondit d'un grand courage : Vous cto^ 
yez que nous ne fommes ici que deux , mais il y en a un troifième , & c'eft 
Dieu qui eft au milieu de nous & qui nous protégera. 

Alors , félon ce qui eft porté dans le même chapitre , Jnzal Allah feMnatho 
dlaihiy Dieu fit defcendre fon faint-Efprit fur Aboubecre , qui le fortifia & le 
confola. Ferideddin Atthar explique ainfi ce verfet en vers Perfiens. 

Le premier DoQeur de la loy Mufuhnane^ qui a été le premier Mufuhnan, k pre-^ 
mier compagnon de Mahomet , & fen premier fucceffeur w f^icaire , itoit 
le fécond des deux dans la grotte avec lui. 

Ce fut fur lui fue PEfprit de Ditu vint repofer , fif alors toutes fes craintes Éf 
toutes fes peines s'évanouirent en un moment. 

Ce mot de Sekinah, qui fignifiè TEfprit de Dieu ou le faînt-Efprit , eft pris 
des Hébreux. Les Mufulmans difent qu'il eft ainfi appelle , parce qu'ii conlble 
& met en repos les âmes des fidèles ; c'eft la fknification du mot Grec Para- 
clet, & Teskin en Arabe, d'où vient Seldnah, ugnifie mettre en repos & coo- 
foler. 

. Mirkhond & Khondemir écrivent , que lorfque Mahomet eut donné la per- 
miflion à fes compagnons de quitter la Mecque & de fe retirer à Medine, il 
demeura dans la ville accompagné feulement dAboubecre & d'Ali. Les Corai- 
fchites fiirpris & fâchez de cetce defertion , tenant confeil dans la maifon po- 
l)lique , fur ce qu'ils feroient de luy , le Démon ne manqua pas de fe trouver 
dans cette aflemblée , fous la figure d'un vieillard habile & expérimenté , & y 
donna fon avis comme îès autres. 

Quelqu'un ayant propofé dans ce confeil qu'il falloit l'enfermer dans une mai- 
fon dont on mureroit la porte , cmli l'on lui . pafiferoit feulement à manger & i 
.boire par une fort petite ouverture, & que l'on lui feroit ainfi palTer le refte 
de fes jours , le Démon ne fut pas de cet avis ; & il dit , que Mahomet ayant 
beaucoup de feâateurs cachez dans la ville , & la famille des Hafchemites , de 
laquelle il étoit , étant fort nombreufe , il fe fonneroit aifément un party , qui 
:Je délivreroit infailliblement de leurs mains , d'autant plus qu'il feroit fomenté 
par les Medinois, qui étoient déjà prefque tous Mufulmans. 

Un autre propofa qu'il le falloit bannir & le laifler en liberté d'aller où 3 
voudroit: mais le Démon s'oppofa encore à cet avis, alléguant que par-tout où» 
il iroit, él feduiroit beaucoup de gens par fes impoftures , & que fe mettant à 
la tête de ces gens-là, il feroit en état de leur faire la guerre. 

Abou gehel , un des plus grands ennemis de Mahomet , dit que pour luy 3 
«ftimoit que pour procéder f&emenc en cette affaire , il &lloit que chaque tri- 



j- 



HEKAM. HEKMAa Ma. 

\d des habkaos envoyât un fyndic ou député de fa part> pour compoler 
une cour de juftice y qui p&t légitimement le condamner à la mort comme un 
impotteur ; car fls fe délivreroient par ce moyen d'une guerre civile & domef- 
tique, les Halchemites ne pouvant pas faire eux feuls la guerre à toutes les au- 
tres tribus , & fe trouvant par comëquent obligez à recevoir ce que les loix 
des Arabes ordonnent pour la compeiààtion , & pour Texpiation du fàng de leur 
parent. 

Le Démon approuva cet avis , & dit que c^étoît le feul bon piarty qu'il y 
avoit à prendre dans cette affaire : mais TÂnge Gabriel ne manqua pas d'aver- 
tir Mahomet de tout ce qui fe paflbit , de forte qu'avant que la refolution pri- 
fe pût être exécutée , il fe retira avec Âboubecre dans une grotte hors la vil^ 
le 9 comme nous avons vu , & aprè» qu'Ali fut arrivé , il le fit coucher dans 
le même lit avec lili ; Ali dont la valeur merveiUeufe eft fi fort vantée par 
tous les Mufiihnans. 

N,ous avons une hiiloire de cette foiee de Mahomet , décrite fort àmpleme&t 
arvec plufieurs autres circonfiances de même nature 9 par Mergiàn, Auteur Ara* 
he & Mufulman , fumommé Al Corthobi y parce qu'il étoit natif de Cordoue en 
Andaloufîe. Cette hiftodre porte le titre de Bahagjat al no fous » la récréation 
des elprits. . 

H£KAM Al Atbaiiah, Recueil de fentenees Thëologiques , moral», fpîrituel* 
les & myftiques , fait par £bn Athar allah. U eft dans la BÀliotheque du Roy^ 

HEKMAH y la Sagefle. On lit dans TAIcoran ces paroles y a lacad êtina 
Z^êcman alhtkmat. Nous wons donné la fageffe à Locman. hos Interprètes infe^ 
rent de ce* paflàge , que Locman n'étoit pas Nabi y Prophète , mais feulement 
Hakim y Sage , & ils définiffent la %sfle > Al KenuU al âmli ma al ébn. Une 
vertu pratique jointe à la fcience. 

Les Scholafljques Mufulmans la décrivent plus amplement, en di(ant, que c'eft 
Hne conaoiflànce de la vérité des chofes qu'elle contemple, & une habitude par- 
faite dans l'exercice & dans la pratique des aétions exicellentes. Voyez le titre 
de Locman. 

Le mot de Hekmah a encore une fignificatioo phis étendue ; car il fîgnifîe 
en Arabe la Pbilolbphle avec toutes fes parties , & lorfque les Mufulmans par* 
lent de la Trinité que nous adorons, ils ne font point de difficulté de dire, que 
la première Perfonne, qui eft le Père, eft l'eflence de Dieu ; la féconde y qui 
l le Fils, eft la faœfle; & la troifième, ou le làint-Efprit, eft fa vie. 
Heknat AI afehrâf ^ Aouâf al afdiraf , la Sagefle ou la Philoibphie des Grands ; 
c^ejft un livre compofé par Nai&reddin Al Tfa^uffi , & commère par Schirazi, 
'ton diiciple. 

Cazuini, difciple du même Thofiifi, a compofë auffi le livre intitulé Hacmat 
ml âUéy la Sagefle dans fa fource. 

Le hvre de la Sagefle, que nous appelions de Salomon , eft attribué par les 
Af dfuhnans à Locman. 

Jjà Sagefle étemelle, Giandan Kiriy eft un livre de morale, écrit en langue 
perfienne & traduit de l'Indien. Voyez le titre de Giavidin. 

Les Mufuhnans difent, que Dieu a deux trônes, comme l'on peut voir», 
X<>ME IL G g dans 



^ ri'Et ÂL. -^*— HÏÎtlAlr. 

\ 

danis îès tîtfeJ à*Atich & de Corfi, qfué le ^ecotid , qin feift le CôfA , ^èft telily- 
<!e fa SagelTe & de fà .Providence , qtd gouverne lé monde , -& te itfemîér cè^ 
lù^ de fa Gloire, 

Nous avons déjà vu quelque part , qUe les Mahometan^ croyent qufc la plft. 
fart des fols fbht Saints, ils ajoutent de meilteur fens, que la vélritebte faigeffc 
ett réputée folie par les cens du hlônde , & que cette même Sarefle tonfife 
4an^ la foliç. Ces deux lentimens font. tout-à-fait dignes du Chrilcîaniûœ, & 
16 dernier e'ft de Saint-Paul tout l)ur. Vr^ytz Mir Divinèh. 

HELAL^ furhom d'Abou Mohammed S(^n Ben Aiinah AlKonfî., Bofteor 
célèbre, ^ l^ge.de feize ans. Il fut diftiple de Zofaari &. maître d'Aamifth, 
de Thonri & de Scbitfêî , les plik iHiâlres Doifteurs -an- Mufufannrifine : il leur 
difoitibuvent: Je hfii fuis que le narra&rar'des traditic^s; nsiis peur "vois s&itra 
Douleurs, vous^en êtes les Mkîtres : il vouloit dire, par un exœz de Inodeftie^ 
^11 ne ftifoit \]ae prbpofer, & 4u% 'svoient l'autorité de dedden 

Ce Doâèur étoit U abftineot y quil ne âiangeoit , pour toute pitance, q(ie. 
deux petits pains d'orge par jour. Il étdt nàidrde la viHe de Q>ii&h<, oii i 
mourut, fan 2^07 de rifegîre, âgé de plâs de cent ans.. 

H EL AL Ben Ibrahim. Ben 21ahroun, Médecin fôrt eiipert db-Tozun le Turc,. 
qdi *gbtt«emoit:Ie Kbalifat fcbs Moftacfi l'Abbaffide , Pth 33^ db Ffk^^: Il 
^toit'Saibicn & iion MahomeMn de. religlîoii» 

H EL AL B&n Thabet Ben Senin^ Hiftorien & Sabien de Religion^ aùf54)îen 
que fon pèrç Thabet^ qui étoit un excelteat Phîiofqphe & Médecin , qtielious. 
CpnnoiÎTons (bus le noin de Thebit Htslal iioiss a donné im fupplen^eat à Thif- 
toire qi^ fba |)è[re avoit écrite depuis Tw a^ ju^u'dn 363, de THegire. 

ITELAiL, dît. Abôùlgànaîm., Aïlrolôgùe, qiii^a fait un traité de rAftroIogfe^ 
Judiciaire, intitulé Ekhtiaràt. 

HELALI fortidm d*Ebn Ketrîat, le plus étoqueiûit KoÉinfe de fôn tétts. B- 
ivk>it ^ne mémoire fi lîèureufe , qu'elle -a paffé en proverbe ; ^ar les Ar^ 
difent Jihfaih mm Ebn Ktrriat ,. il furpaflê en mémoire Ebn Kçrrîat. 

Hëgiage le fit ôidtirîr. Foyez k titre de Keitîat. On dte de lui cetSe fen- 
tpnce, :àl dahd ttgtartâ al gtijjat u iëeyàkMu al furfit y Tbômme iage -& pruàeàt 
*iralle Ion ChagMn &. attend: rôcéafîon., 

HELA.LI, Poète Periien Myftiquev Auteur Ai livre InÉttitlé Sefat àl ^ck^ 
Un^ -des qualitcz. des Alliants, tlans leqpel il fif^^ôrte toutes (tes VkrtusîVa^ 
vour que ^^s interpijetes veulent ^re le Djvjn.. 

HE LAN! &. Hàilani 9 ;& Hâilanah, Hélène;^ ]^ère^ de Gbnibn«în. JSUe étoit 
native d'Edëflc., ville appellëê.pàr les' Orientaux Koha. f^z^U lî/r^ ie Kfifiàt 
Hailanah*. , 

HELIAT AI àbrit u Schiàf al akhiât, tivre de Nad^ôvi , qui' contient 
553^ chapSrés^ où l'on Tirotivè dès' jfnièfts bottrfgutès les àifiHons'dû jour &dc; 
k riuit^ H a 4té abrégé pat Soiduthi. Voyez /e •*/)*« '<^'Aàh(î5îr al atihcdr daœ 



«MipolS P^r'A^V N4ip, Ahmed A^ EtSmia^ U è^ d^ la Bib^Qfiiéq^^ d^ 

«oy, a', ««3, 

le préflédeafiw fat i>e.4(<4P:® gu.'^'p. fi»rtie. 

HE LIAT Al Cornait & Holbat al cornait. Livre fdr les qualitez 6c les loQa»' 

{efr du vifi, çomjpofé oar Sç^itqiMdiA Napy^i^i» U eft,^^ 1(^ fip^^t^e^t^ du 
Loy, q", lofijj 4 ïJ«a.. , ■ . \ 

HELLAH, Ville de l'Iraqae Babylonienne ou Arabifue, qw- dlh Chaldd», 
fituée fuip le Tigie eQtrq Çagdpt ^ Çouf^h, da^$ Uf (roifième ç)iom, 
Elle a été ea^bçllie mç Saifeddo^ilat Sadaca, qxi\ v fit hâti]-,ime trés-beUe M(^ 

qyée ^ w Wpit4, Ce ^aifeddQuIat; étQît èU 4a Bain^eddoùl^t ,JmnfbT\ & pe,« 

(it-fil4 de Dobals , qui y avpit établi une. petite PdnclpgUité qvCil gauvema sf 
«ns, ^quw ep l'an 474 de lIHegire, qifi| piounit fous le (ui(^at de Mo^ 
di , j^ 4e Caiem bçemîiUaU TAbb^Oîçle. 

C^tte ville avoiç t^n ppqt fur le Ti^e, qui fervit 1^ Ahinéd Ben Avis pour 
lê &uvcr des mains de Tasierlan , qui avoit pris Bagdet ^ ^ui le .feifoit pow 
ftiivre par fçs Tartares. Voyez fe titre d*Ahmed Ben Avis. " 

HCMAM Tabrizi 5 Foët» Peffira, tsè^elèbre à Tauris dont a étoit hatift 
ic contemporain de Saâdi, natif de Schiràz. Il moumt l'an de l'Hegife 71^, ait 
t^Q» w'AlçiwtUa dit auÊrement Mohammed, Ben Argoun^ EmpercHr . de^ Mo^ls 
<îenghJ2y»mçns , tenoit fou pége royal à Tauris , qui eft r an 1313^ ou 1314. 

de f C . ... 

II étoit fi riche qu'ayant convié le Khovageh Haroun , fils de Schamftd^in ^ 

chef des cpnfeils d'Algi^ptU» à un banquet, il lui fit f^ryir quatre pent plapf ôa 

l^ffins 4^ porcelaine, & il chanta yne tr^s-belle chanfbn ^ qu'p compofît vft Iç 

champ à 1? bQiange de. ce Seignenr. . 

Ce Poète s^étant trouvé fortuitement dans un bain avec SsAâx, 9 fifiis k çon<* 
naître, ils & dirent d'abord quelques mots piquants Tun ^ Tartre ; puis éjtani 
(ôrtRf du bjin & prenants leurs hgbits, Hemâm ayant Ton fils à fa droite & Saâ<« 
dî , qu'il prenoèt pour un Dervifçhe du commun , à 6 gauche , ^'informa de fon 
p$ys ^ & apprit-qv'il étoit de Çchirilz , ilirquoy il lui demanda i/il ne ^airolc 
point qud^es vers des plus nouveaux de Sftadi^ â: le Derviiche lui en récita 
des plus beauy. 

Hemim Ipi ^emanda enfuit^ , Q on f^ifoit quelque état à Schiriz dé ceax de 
Hemim , t& s'il en fçavoit quelques-uns ^ Le DeiVi fche lui recita aUffi - tôt ce 
disque , ^ui étoit dé la comppfitiofî de Hemim. 

MtOifi cibty fUi faime ff $my U y a y Hemdm , «t vriU qui fums fipare i mais 
il efi tems déformais que je U tire p$m jaisSr pleinemenS de fa vie» 



Saâdi n^eut pas plutôt achevé ce diflique , que Hemâm le reconi^ut & hu fiç 
fliUte «af!fflQ9* 

L'A^tevr dy Pefter {^thaif , qjoi rapporte cette hiftoire^ dit que te voilç 
ékmt il ^ parlé , e^ ie .corps qui nous empêche de voir Dieu f & que ces vers 
lignifient, le tems de ma mort approdbe.- Payez U titre f(e S^^. 

Ggx HEMAM 



àJ(J HÈKiÀM. — -nYltîAK 

' HE'Kf AM Kemàleddin Mohammed Ben Àbdal vaheb , qualifié, pà AHfaMha& 

Hm des plus illuftres Dofteurs du nombre des Sbdât, c*eft.à-diré, de ht raœ 

tf Ali. Il vivoic du tems de Jamerlan & mourut l'an 86i de THegire. Nous 

tvon» de luy le- Mvre intitulé Zàd al fakir , la provifion du pauvre M du Re- 

figieux^, qui eft dans la Bibliothèque da Roy, n^. 6o2r. Cet Auteur eft appd. 



lé auiU Hemàmeddin.. 

■ il. 

rfEMAM, dit ITiabib Al Tkbrizf , te Médecin de Tauris. H eft FAuteur 
du livre qui porte le titre ^Effchdd fi mirefat al aiàd Ihtroduftion à la fâe»- 
ce de^ nombres. 

HE M Ait, un Afne domeftique ou fauvage. Ce mot fè prend chez les 
Orientaux en. bonne & en mauvaHe part; car Mahomet d*un côté dit, que k 
yoLv dk i'Afne eft la plus defagre^ble de toutes , & même que c'eft celle èi 
Diable : cependant TAfne du Meffle x cehiy de Balaam , & celuy d^Efdras ou 
02àir , ibnt fort eftimêz par les Mahomëtans , & Balchar Al Mariffi , Doâeur 
infigne , a décidé , que la diair. de rafne étoit petmife dans le MufuUnaniûne. 

Mervaa > dernier Khalife des Ommiades , fut furnommé Hemàr , rAfne , & 
V Afne de Mefopotamie , à caufe de la forcé iSc de fa vigueur. Voyez fin titre. 

Les Orientaux tiennent , que Tafne fauvage furpalTe tous les autres animaux 
en vîcéflê.. BafasMiinL; Roy dePerfe, fut furnommé Gour , mot q/â li|xûfie ea 

S^riîen. afœ làuvage* Voyez h titre de Baharàm; 

' ■ 

If É M I AR , un des enfâns de Saba , fils de Cahtapf ou. Joélan , qui fût k 
chef de la plus grande & plus noble tribu des Arabes dé Ilemen. II a don- 
né fon nom aut peuples. appeUez^ Hemiarites, qui font les Homerita. dont parife 
PtoloAée.. 

! Âbdalmaiek Ben Hefchfm a écrit un livre fntftulé Anjab Bennar u imtouHâ^ 
les Gréhealogies des Hemiarites & de leurs Roys. Haflan Ben Jacob Al leme* 
ni, qui mourut l'an 334, a compofé auflî un ouvrage fur le même fujeC, au- 
quel il a donné le titre d'Eklil fil anfdb^ Couronne des généalogies, &c. V^ 
àuffi le livré intitulé Boghiat al moftafii. 

La langue & les caraétères des Hemiarites- (ont très-anciens; Al Bergeodire.- 
mafquie > qu'il y avoit de fon tems une in&ription fur la porte de la ville de 
Samarçand^ en ce$ carafbères , que perfonne n'entendoit^ Il y a un proverbe 
parmi ces peuples qui porte , que celuy qui vient demeurer parmi eux , doit 
app/endre leur langue;, parce qu^elle eft fort- différente de celle des autres Ara- 
bes.. Fokok nous a donné un catsdogue des Roys de la'dynaftie des Hemiarites.. 

Seid Hemiari , Auteur d^une fefte particulière parmi les Schiites ou Partifans 
d'Ali, qui publioit que Mohammed fils de Hanifâh, troifième fils d'Ali, n'étoit. 
pas mort, & qu'U devoir reparer toutes chofès fbit dto- la Religion, foit^daos 
l^Etat. . Voy» le titu de Mohammed Ben Hani^. 

Haffan Sabàh , qui a fondé la dynaftie. des Ifmaëliens de Perfe , prétendoit 
être Hèmîàrî d^orîgine; * 

Les Arabes Hemiarites prétendent aufli avoir .conquis l'Afrique , A- y avot 
établi leur langue avant que les Mkhometans s'en foient rendus les mafores: 
teur prétention *eft fort conteftée par les Phœnidens ; fi l'on avoit des Kvres 
90^ anciens ^ l'on^ pourroit décider ce différends. 

fiJEMIGHEKi^ 



H E M I G HCER. -4*— . H IT NiX i$r 



f :HEMI6HB2l9 Omioci cPim Poëte PerfiA ton cmufin i tfoOêé Mzf^d^ 
j&L : iLbn ittt ^ que TAcabdCj Salgar icfaah luy ayant fik préâit d'une de fes 
"veflss teâ plus prétieufts y mais qui étoit fort vieiHe> fur Jaquèlle lés parolet 
de la profeffion de fbydes' Mufulaians: étxmiptrtirodé» en Qtf on en lifoit feu^ 
jeme&t le cGîttuftenceniefit, qui porte: Il n^y a point de Qiâu. finon Dieu, Lae- 
iàh 9ifatêb. Quelqties^HUis^ donnez de: n'y Voir point ce qui fuît; tûûjoors^ immé^ 
ii^Eement après : Mahomet eft TEnvoyé de Oteu^ J!^hmn»ik raffûul aUdh y qm 
les ^tannés apparemment avojent' congés Ueinigher leur dît agréablement > c!eft 
^ue oettê vefte a été âite avant le tems dé Mahûmet^:' 

• • 

r HEMS^Emefle^ ville de Syrie^ fituée è 70* disgres >. 45 mimstes (fe Imigl* 
tude^ de à. 34 degrés de latitude Septentrionale. 

' Lœ Orieiltanl veulent ,. ^u'Hippocrate ait ùib foù féjour oixlinaire en cette 
infie^. d'où il venoit fouvent à £Hànas;.& les Cfarèdens du pays diiient aufli que 
là tête de âœt^Jeaa fiaptijfte fut trouvée dans la.. même ville» fi>us le cegue de 
IFheodo& le Jieutie^ , , 

La ville de Hems a été célèbre au: tems dm I^ganifme par le ten^le dir Se^ 
leil 9 qui y étoit fervi par des cérémonies particulières fous le nom d'Eiaii ga^ 
Ixilah.^ duquel TEnipeteur Romain^ nommé Hdiogabale 9. à tiré lé fien«. 
t Elle fut prife par les Francs fur les Mufufanans > dans h, même année que 
ceUe d'Andoche, k Cp^/oitr Ydxt de: THegiœ 49 r^ de J. C 1098. Saladin la 
jrepdt Fan 583 de THegire, de J« C. 11 87. Les Tartares en dépouillèrent lei 
Mufulmans Tan 657 de l'Hegire , de J. C. 1258. Elle paflTa depuis entre les 
mains des Mamlucs , & de ceux-cy aux Turcs qu| la. poffîdent encore au^ 
jpurd*hny- ... 

La. ville d!&nei& fut renverfée par un horrible tremblement de terre > avec 

celles de Hamah y de Tripoli , d'Apamée , de Laodicée 9 d*Antioche ^ ^c. Fan 

de THegirë s 5^9 àt J. C 1157^ pendant (^ue les François ou Latins occupoient 

* Syjie.. 

_ t 

HEMTEN*, en Ferfen ûgniGe un compagnon inféparable. Cefl: le titpt 

•u fumom- que Eaicaous 9 Roy de Perfe de la féconde dynafUe , donna à Ro- 

ttioûf, après que ce Héros , le plus fameux de l'Orient , l'eût délivré des mains 

de Dhoulzagar,. Roy de Flemen, qui avoit fût une-grande irruptionien Perfe.. 

. H END» a Send , & Hind ve- Sind y c-eft ce que ncMis appeUôns d'un mot 

Séneral les Indes Orientales , qui font partagées par les Orientaux en ces deux: 
ifférens noms Hend & Send. Le pays de Hend eft l'Orient de celuy de Send^ 
& a à.fon Couchant le Golfc de Perfe,. au Mtdjr l^cean Indien , à: l'Orient de 
fort grands, déferts. qui le feparent de la Chine, &. au* Septentrion l^ pays des* 
Azic ou TartareSé 

Il paroît. par cette- pofition y, que le Send^ eft feulement ce qui s'étend* de-cjb 
&.de-là. le long du fleuve Indus ^ particulièrement vers &a emhoueheures^ fV 
yu le titre de Send. 

Tout le pays de Hend & de Send* pris enfemble fe^ divifé en trois parties;. 
ijSL m^mière s'appelle .Giuzuràt > que nous appelions Guzerate ou Decan ; elle 
«pnnne avec les pays de Gàznen y de. Multan^ & de Ma]duaa> & e& la plus* 

<3>£,3, fiai 



to*irr»(v,|i^: 



LSr fikèiKfe poste feiioiii Ae UmAir^ que uns iVpeiloQft;lè MaUkà-.; die 
eft à rOrienc &m HGdy 4u Guaerabr, & oir l^ippdte enooro Bdad al'fulM^ 
k pays du poivre, parce que c^eftJà CNti il vient ea rixmcfanœ : Fubre qui le 
pottt s'tttaeto unr jamrv ù: its: BwbnSk connue ie" ieirej 

I^ trcoMièiBe partie &Ja. pbiB Onencale ^appellq Mttar' oq Mèlnr,. mot qui 
ilgulfie^ 0D Aai» lé tratet & J« P^^^^i à caufe que Ûon 0ifle:4e cette paiâi 
dlss^ Iddei^ à la Chtee: elle eib toute entière aii cfeJà: do Golfe de Bsixgale, de t 
pour cqiitale ùl grsâie ville de Caubcor ci; Cancanon' Ceft^idt que ^Énpo^ 
reur ou le plus grand Rûy dea Indei fipt fan féjMir^ âloa TAu 



Ik eft Bintayral, -dit te màne i^teur*^ qu «iTKUt* avant que 

de Tamerlan fe fuiTent rendus ka maîtres de la jdm grande partie des Jndet 




on va jufipi'au Tonbitt) ou Tebet, en quatre mois de chemin y k jooniétt de 
Caravane. . , . 

Le même Géographe dit^ que les Rojrs des Indes portent le nom de Raiio, 
nxis tes appelions Ragias; mais que le plus puiflkitt, & comme l'Empereur de 
tous^ s^appelle fielhar. U marque .entre les principales viflea de ce pays-là Kan» 
baiat, c'eft Càmbaya, Soomenét^ Manfounit ou Mahourat^ft Canoge ouKcc- 
nauge. 

Il 



_ auffi que les iflqs .prindpalea de la mer Indienne font Cameron, qm 

^ft le Cap de Comorin , car les ifles & les prefqu'iflcs chez* les Orientaux s'ap- 
pellent du mâme nom, Stla ou Sili ^ Giamcout, Serandib ^ qui eft Zeilan, La- 
mer l> Kala ou Kalê , qui eft peut-être Calecut & MeheragQ. 

Hend & Sând j ou les Indes font ièparées de la Chine , &}an les Auteois 
Orientaux y par le Cap de Comorin ; car les Anciens donnoient ie nom dç ^ 
en Arabe , & de Tchin en Perfîen , aux pays de Siam > de Pegu y « de Tuoquia 
& de la Conchinchine. f^oyez le titrs de Sila ou Sili. 

Les Orientaux ont ^quelquefois compris TEthiopie fous le nom des Indes ^ k 
les Perfans appellent encore aujourd'huy un Ethiopien Siah Hindou ou Hindi, 
un Indien noir. Leurs hiftoires portent ^ que les Indiens demandèrent des Evé^ 
-ques à Simon le Syrien , Patriarche Jacobite d'Alexandrie. Il ne faut point- dou- 
ter que ces Indiens ne foient jes Abiffins : car nos hiftoires Grecques & I^atir 
Oes portent, que iaint-FrumentiuS) qui pafla en Ethiopie, fut envoyé par iaiA& 
Athanafe aux Indiens. 

Une partie des Indes fut rendue tributaire aux Arabes fous le règne de Va- 
lid, fixième Khalife de la race des Ommiades, comme l'oo peut voir dans foa 
titre particulier; mais elles ne furent fubjuguées entièrement que par Mahmoud, 
fils de Sebekteghin^ lequel y pénétra bieni avant de au moins jdqu^au Gangp, 
<e qae n'avolt encore fût aucon Prince étranger depuis Alexandre le Grâd. 
Ceft ce qui fait qu'Ebn Amid n'appelle jamais ^ Mahmoud , Roy de Gararii êa 
Sultan de Ga2:nin , mais todjouis Roy des Indes. Idbofrou Schah , dernier 
Sxdtan dee Gaanevides , fonda le Royaume de Lahaver ou Lahor. Fhyez tel 
9kres ^^*Malimoad ^ âe ILofroa Schah. 

Les Orientaux appellent Bahar Al Hend , la mer des Indes , & hxi donnent 

auiE 



HEND AS^S:A\Bi~-^HER ah: é^ 

wffi.leiKHn^'ilci^keQd. : Sekenf Al S^fli éctky iguç ^Mtte mw.stét^nd' de- 
puis les d^de là Çhiœ^ jir^» comme nom av^^i^s. v^ cgM^fits , jui^^ T^o- 
trée du Golphe Arabique qu Afer. rouge. I«es AAcieo^ K)Qt donpié fcecte mêm^ 
étendue à ce <)u'ils «i^elloîeot Man E^rythr^nm , comaie H parqît par ie Péri- 
ple d^Arrien ^ ifc. y oHt compm «uffi-bien^ue les Arabes >s. deux GolphescAïa- 
b^œ 'à^ Pepfiqoe. . I^d^m ùf tUns de ;Macdifidaffla ^ >& MahWQud^ 

: HEN*1>AS&AH. Haûdaflâli.- 

^ ^ÏÏÏBE'CA'N > Vflle -de la province -de Pferife proprement tfice , 4ans la- 
quelle il y a un puits qpi exhale une vapeur peftilente. . Voyez le titrt^Fzrs. 

'HENd^l & Hendovd^ & Hindou., am Indien o<t.Qecqmrâ9i(r d» JindfiSj» ansk 

se Dohini eft ce qui nént.tie db Chine.. ^ . . 
iilanicah AI HendL ^/Tojm Kaidrah. 
Ahmed Xhoidetafaadi^ eil TCBOore -appelle ^ScfadiAedlin ai Hea&L fkya Dom- 

istahéd. . 

Sët^e al Hcndi efl: Antenr du livre intitulé Schmi M Bedâk 
IQ}ircat:al bendi, une Indienne ^ (feft propconent une ro£e déchiiée, 
Giaouz al hendi en- Arabe,. & Hidoftan Cozi en Turc eft un Cocos, que le» 

Satins appellent confonnement à: la fignificadon 4u mot Arabe & du mot lïirc 

Nu% inàisa;\^ Arabes & les Perfiens ie liomoient eocom Nar^l ^Meroge: ornais 

— deux mots /font. Perfieûs ^'origine. 



HËNDOV^^, Quartier de la ville dè.Balkhe, C^tale du Khom^n, du^ 
guel étoit natif un Doâeur Mufulman fort célèbre, furnommé Hendovani. Soa^ 
aom itoit Abougiâfar Mohammed fien Abdallah Ben Omar. 

Ilétoit il fçavant dans le Droit des ,Mufuknan& , qu'il parvint à la diffliité 
île Miifti^ non rëulement à Balkhe ^ mais encore dans toute la j)rovîni;e Tran- 
ibxane, & fut furoommié encore Abou< Hanifah le Jeuae. U avoir reçu fes toa- 
ditions d'Aâmafche , de Ben Salamah & de Giouzgiani , & mourut l'an ^^(i%' de- 
rHegire, dans la ville de Bokharah. Lfon dit, que le jour de fa mort un grand 
nombre de Mages &. de Jui£i fe convertirent au/Mufubnaniime ». œ vue de (a 
grande pieté & abftinence. 

HLE'NRU & Hindo*, un Indien-. C'eft auflî le nom d*nn Roy de Hîrah''enu 
Afîft)ie, fils ;de Noomin, fon prédeceflfeur , qui prit fbin de réducatioBi de^Ba-- 
haram Gour, Roy de Perfe. Vùyzz le 'titre de Baharam. 

jHENDUGHE. Khalil Hendughé étoît un dés principaux ligueurs de la: 
CSÔur de 3abm* oii jBabor , Sultan de Pérfe^ de la race dé TàmeHan. II fe re- 
v^^Ata- ^cOMre le Sultan f à. qui il livra bataille &. y fut tué par Ali^Behadir. f^4^ 
yatles titres de Babur 6P» A Khalil. 

'HEJ^A^, lierftt& Iferi, cleft là v^e .que des AnciensToat erasmeilous lè^ 
iiom. d'Ana, r^ui a doisné kaorn à toute.Ja, provinoe ipÀtn dâpettdoit, appel-- 
lée , par Ptolomée, Ai:iana , laquelle jointe >à laDrangiane ft^à^laoBiÀriane^ 
Ait Kgiande provmce que /nous connoillbas ai^Qurd\hHy fpvs M\ non 4d Kho-- 

liait z toujours été ;U9e\de fef ^Hî^P^^ ^^^ ^ & »»iC9mffio ieAiPejia»'P^i«^ 



1 



%4'^ n £ R A Ht 

lentV nne dé fes qtiatfe Capitales. Scm terroir ample de fpaôeut pâte potar 
une province particulière, que l'on nomme fouvent Heriy où phifieors Sultam 
de la race de Tamerlan ont fak leur féjour ordinaire. 

Khpndemir , qui étoit natif de cette ville j dont il a fait la defcription à h 
fin de fon hiftoire, rapporte que fous le règne d* Abdallah ^ Prince de la dyna- 
lïie des Taherites, il y avoit auprès de Herat un Temple des Mages ou Adon. 
teurs du feu 9 qui étoit d'une ftiuéhire magnifique, pour la confervation duquel, 
ces Idolâtres payoient tous les ans un fort gros tribut aux Mufulmans , & que 
fort pnxhe de ce Temple on y voyoit une Mofquée des Mahobetans qui étoit 
très-dietive» 

La m^pficence de ce Temple ou Maîibn du feu , comme les Perfans Tsippel 
lent, fauoit un trës-gnmd concours de Mages on de Ghebres , comme on les 
appelle , qui y abordoient en foule de toutes parts. Un jour l'Imam , qui fiû- 
foit le fervice de la Mofquée » tranfporté de zèle pour (a religion , dit dans fon 
Ibrmon , avec beaucoup de cbaleiir , qu'il ne £dioît pas. s'étonner fi la religion 
Mufulmane languifibit & ^'affoibliilbit tous les jours dans la ville de Herat , 
puifque le temple des Idolâtres étoit fi proche de celuy des IBldèles , & qu'il ne 
fe trouvoît aucun Mufulman aflez zélé ou aiTez q>puyé qui ofât entreprendre 
de le renverfer. 

Les Auditeurs animez de ce difcours , ne manouerent pas de vemr la nuit 
Suivante mettre le feu à ce temple » & il fut brûlé entièrement avec la Mof- 
quée voifine^ qui fut , par cette occafion , rebâtie beaucoup plus belle qu'elle 
n'étoit. . . 

1res Gbe1>res on Mages ne manquèrent pas de porter leurs plaintes k Abdal- 
lah > contre la violence des Mttfulmans. Ce Prince commanda que l'on infor- 
mât du fait 9 & fît; citer devant luy quatre mil habitans de la ville , pour df* 
prendre par leurs dépofitions comment la chofe ^'étoit paiISc : mais il n'y eut 
pas un de ces quatre mil qui ne luy aflurat de n'avoir jamais vu aucun Tem- 
ple de <jhebres dans ce lieu y mais feulement h Mofquée qui lui étoit prefque 
contigue. Sur un témoignage fi autentlque & fi folemnel, quoy que faux , te 
Ghebres furent déboutez de leur demande , ^ leur Temple ne fut jamais plus 
rebâti depuis ce tems-là. 

Si la Mofquée » de laquelle on vient de parler , étoit chetive ^ celle que Gaia* 
^eddin. Sultan de la dynafiie des Gaourides, y fit bâtie long-tems après » paf- 
fbit pour un des plus beaux ouvrages de tout TOrient ; cependant elle fut hrà* 
lée par les Tartares de Genghizkhan. frayez fur cela le titre de Mohammed) 
Sultan de la dynailie des Khovarezmiens , où la défolation entière de cette grao- 
de ville eft décrite. 

Herat fut encore prîfe depuis ce tems-lik par Tamerlan, & les proçnoftics des 
grands .malheurs auxquels cette ville devoit être fujette , félon (on horofcopCf 
ne furent que trop vérifiez, royez le titre ^de Babur. 

Les Hifloriographes de Perfe écrivent tous unanimement cependaiit , que b 
ville de Herat eft une des villes auxquelles Alexandre donna ion nom en labâ- 
-tilTant,^ fl eft difficile à croire ,' que l'on ait pu conferver la mémoire de li 
xx>nftéllation ftus laquelle il en fit jetter les fondionens. 

Herat eft ûmét , fëlon les Tables Arabiques , à 94 degrez 9 210 minutes de 
longitude ^ & & 34 degrez , 30 minutes de latitude Septentrionale, pn appdie 

*« % ufi ^oaune natif de la viÛe 4e Herat. /^<fe plus bas. 

HEKAIU 



/ 



HERAtili-^fl ÊRMES. i4i 

• » » • • ^ ♦ 

Vfiimom ée Pakhreddin Abodlhaflàn Àll , dit éDCore Al Tegîbi 
Al Sofi. Il étpît Sofi, comme Ion fi^nom le. porte, c*eft4i-dire, faifânt profef 
fion de la vîe retirée & contemplative. Nous avons de luy un recueil de fept 
tndtes de ta' fëience -myllique dans la Bibliothèque du Roy. n^. 5i6. 

.: HERAO Vi, «Mitif ou originaire de h viUe de Herat Nagmeddin Omar Ben 
Al Imâm Al Fadhel , Al Kamel Al Heraovi , efl Auteur d*un livre fur la Gram- 
ntaùre Arabique iiltitulé AÉokhtaffary on Abbregé, qui eft dans la Bibliothèque 
4^ R9y n^ iiiç. 

Mohammed Ben Ali Al Ho^ovi eft TAuteur d'un petit traité fur tous les 
mots Arabes qui fignifient Ei)ée ou Poignard; il s'intitule Efma ni feif. Cet 
Auteur mourut l'an de rHegiœ 43 3^ 

Abou Ifmlil Abdallah AI Heraovi eft Auteur d'un Ouvrage intitulé Arbdin^ 
ou les quarante^ Traditions, y oyez emcte te titre dé Pir Hehlt. 

Ebadi Ahoa AlTém eft aufli fiirnommé Al Herâdvi. 

HERKEND, nom d'une partie de la mer des Indes, qui porte encore le 
iiom de mer d'Oman. C'eft plutôt la mer qui s'étend le long de la côte 
d'Oman en Arabie. 

HERMES, Mercure, i-e^ Arabes & autres Orientaux ont retenu ce nom 
qui èft Grec; ils ne le donnent pas cependant à la planète que nous connoiiTons 
^us le i^oifi de Merture , mais leulement ^ux perfonnes , car Je nom Arabe de 
pianete eft Ethatcd. 

Le premier perfonna|;e ^m , felon leur tradition, a porte ce nom,, eft Hermès, 
premier dû nom qui vi voit mil ans ou environ après Adam , au* commencement 
da fecond millénaire folaire du monde , & celuy-cy n'eft autre qu'Edris ou Enoch , 
furnommé par les Chaldeens Ourîai ou Douvanai , c'eft-à-dire , le Grand Maître , 
titre qu'ils ne donnent qu'aux plus grands Phîlofophes , ou Saçes qui ayent vécu. 
.Le fécond a paru au commencement du troifîème millénaire folaire, & eft 
appelle Hermès Thani , le fecond Mercure , & le fecond Ouriai ou Douvanaf , 
c'eft-à-dire , Dodteur du monde , pour le diftinguer de Hermès Alaoval qui eft 
le premier. C'eft celuy qui eft encore furnommé par les Arabes Al Motha- 
leth al hecmat , trois fois grand en fcîenoe , & en fagefle , & Trîfinegiïfe pat 

îcstîsar 

Enfin c'eft l'Orus des Egyptiens d'où le nom d'Ouriai ou d'Ouroîo qui fîgnîfie 
Maître & Do6Uur en langue Chaldaïque & Syriaque 9 luy a été donné. Je lailTe 
pourtant à décider fi Ouroio vient d'Oros , ou fi Orus vient d'Ouroio ; car il 
n'eft pas aifé à juger quelle nation eft la plus ancieni^ des Chaldeens ou des 
Egyptiens. 

Ce fecond Mercure eft encore appelle par les Chaldeens, comme nous avons 
déjà dit, Oouvanai, que le livre intitulé Âfrar Hermès^ les fecrets de Hermès, 
explique, le libérateur des hommes, quoy qu'il ne fût ny Ange, ny Prophète, 
comme il parle : mais c'eft à caufe qu'il les avoit délivrez de l'erreur. 

.Le même livre qui eft attribué, à Hermès , dit qu'il naquit dans la grande 

4:on}onâbion du Soleil avec Mercure , & c'eft à cette occafion qu'il nous pro» 

pofe Je Thème de la nativité dumonde : mais il y a grande apparence que ce 

îj vre de Hermès , auflî-bien que les autres , a été fuppofé par les. Arabes , de 

.ToM£ IL H h même 



■ 



^^ W^' 



^4» fH^Rli^% : . 

{nême (fffi cewT que noqs avons du (pâme Aatem^ Toot éti pirfe* Givcsfiui 

ie nom do Trîfroçgî;(lo, . , 

Tout ce que qpus venons de dire de Hennés eft tiré du Keril> alkeranit ou 
livre des grandes conjonftions des planètes ; mais Abulfarage écrie dans {oa 
abrégé des dynafties qu'il y a eu trois Hermès , dont le premier eft Edris on 
{;noch, & le troiûème eft cduar q^ W>us wom marqué poitr le feceoil àfça^ 
voir Trifmegifte, 

Le fécond, félon luy 9 eft un Hermès Babylonien oa Qiatdeen , qni.vivoif 
quelques ûecles après le déluge , & demeuroit à Calovdz., ville de la Chaldéis : c'^ 
à celuy-cy que les Philofc^hes Chaldeons rapportoient les principales connoîffiui. 
ces qu'ils avaient des aftres, & ils ne fâiibii^ point dé difficulté de luy attri- 
buer le rétabliflèment de fiabel que Nembrod avoit fondé , & qui avoit éxi 
^ ^ , , xuinée de fon %ewfi. 

Les Sabiens , defquels il; fera parlé dam leur titre particulier , ont par une 

^ ' tradition fûperftitieufe , qu'Edris ou Enoch avoit appris de Seth , fils d'Adam, 

r Aftronomie , & le culte de la Religion qu'ils profeflent ; c*eft pourquoy ib 

confervent fort oirieufement la mémoire de ce premier Hermès dans le livre 

qu'ils attribuent fauflèment à Adam. 

Le premier Hermès eft appelle des Arabes , par excellence Hermès al Hera-^ 
meffah, THerm^ des Hermès > ou bien Hermé^ Al ^bar>.leGrai^ Iknne& 
Giabuberi dans fon traité intitulé Reml megmari V dît qu'il fut fùrnommé aiÉ 
AJ. Mothaleth , ou Triûne^ifte , à Cdufe des trois noms q^^il pocte d'AJbkiK^ 
ou ISîiddrr d^Edris , & de Hermès , & à raifbn de fes trois; quajitez 'de Roy^ 
de Sage, ou Phnofopbgj^ & de Prophète. • -, 

^ Les briéiltaux . prétendent que cet Hermès ou Edris a été la première caufe: 
. .^ cccafionnelle de Tidolatrie; parce qu'ATclepiades fon difçiple hif ayant. dreOéune- 
ftatue après fa mort, & demeurant aflUuemçnt auprès dtelle^ il fembloit l'ado* 
rer , ce qui fut imité fuperftitieufement par les autFe&.^^/^oytt le titre d'Edris. 

On trouve en Arabe uxx livre intitulé Jfrêr Kilkit Uèrtms ^ les paroles fecre« 
tel de Hermès, qui eft le même ouvrs^ que nom attribuons à Meraire Txif- 
megifte. U traite des grandes conjosioions des planètes , & de leurs effets^ 
Son titre porte qu'il a été compofé par Hermès^ ou Mercure fécond du.nolO^ 
que les Grecs ont appelle Triûi^gifte , & les Chakieen» Dhouvanai 

Le Traduâeur Arabe dit que ce mot Dhouvanai lignifie en Chaldeen Mok^ 
halles albgfchar , c'eic-à^ire, le Sauveur des hoiiHnes> à caufe que ce Mercure 
à prefarvé les hommes de pluûeurs calamitez ^ fok en les avertiflbnt avant qu'el* 
les arrivaifent, foit en leur procurant lès moyens de s'en garentir. 

Ce furnom poiMToit fort bien convenir'au' Fatriacçbe Jofeph que les Egyp-^ 
tiens qualifièrent Pfonthom. Phanees , ce qui figniiîe dans leur langue Sauveur 
du monde: par où il paroît que ces peuples attendoient un Satfveor, & qu'ils^ 
donnoient. par avance ce titre à ceusc defquels ils recevaient de grands biennits,. 
jg;norant celuy qui deveât porter ce^npm par excettrace. 

Le livre intitvilé Bâiàn fi^tholoû atfèhiraaljemémakj traité du lever àerétolle 
ai^^dlée par les Grecs 9 & par tes Latins Sirius^ ou Syrias qui eft le. Omis major 
de nos Aftronomes, eft attribué à Hermès al Harameflah, au premier des Her- 
n^ qui eft TEdris des Arabes. Il eft dans la Bibliothèque du Roy n^ 1033- 

HERMES.. 



/ 



H E R M t'S, — ^'rf Ê iC H A M. 145 

HERMES. Saint rtermes ott'Mehnirè ÎVfertyr', qtii'fotiffrlt fous laperfèéu- 
tîon de Dece dans la ville de Cefatéè. Lés Ôrientaui, & même les Mahome- 
tans lay p ortent un grand honneur; ceux-cy difent que ce faint Martyr trânf- 
Aorca un notnmé Smhed , fils de Ragia , en une nuit de la Mecque en fon 
Eriife, -J^oyex le tttte de Schâhed. 

Les C3ffètiens rapportent beaucoïirp de faits fiibuleux de ce Saint, & particu- 
lièrement toûdianr la dévotion que Chofroés Roy de Perfô luy portoit , & les 
Êreftns ' qtf il luy fit La Chf onlque d'Alexandrie dit que faint Hermès tua Ju- 
en rApdftaC par Poidre exp^ de Dieu, & cite Une révélation de feint Bafîle 
ûir ce lujct. , 

HERME& AWbî Hôritte^^ doits de Hernie, ou de Mercure. Cô font de^ 
facitM fédies j& UaAcheé d'une pHanèe . Autotnnale oommée par les Grecs & par 
les Latins Colchicum. On les appelle vulgairement dans les boutiques Hermo« 
dattes. Ce Golchicum eft différent de celuy qui porte Je fumom de Nigrum^ 

^ à' EphmërtUn 3 & que Ton met au nombi^ dçs plantes dangereùfes. 

• 

HERZEK^ lei Turcs appeflent ainfi là Boffine qui fe diviTe en Royaume» 
& en Duché. C^ mot vient de TEfclavon Herze gouina qui lignifie proprement 
le Dochét -Herzekogli eft le nom d'un Renerat qui étoit fils d'un Duc de 
BoiEne qui devint gendre de Bajazet fécond Siuiao des Turcs > & fieghilerbegh 
as Romanic 

HESCHAM5 fils d'Aixlaltahmani a été le fécond Khalife de la race des 
Ommiadâs.en Efpagne. U fucceda à fon père Tan 172 de TH^ire , de J. C. 788 9 
pendant que Haroun Rafchid l'AbbaiEde tenoit le Khalifat à Bagdet. 

Ce Khalife que Rod^ic de Tolède Appelle par corruption Ifen , foûtint pen* 
dant quelque tems la guerre que fes deux .frères nommez Soliman & Abdallah 
luy firent; il les chaiTa enfin d'Efpagne, de les obligea de l'enfuir en Afrique. 
Il fît Tan 175 de THegire de ^r9iÀs courfes en Galliçe. 

L'an 177 de THegire, il prit Girone & Narbonne fur les Chrétiens; mais il 
ne garda pas long-tems la féconde d'où les François ou Gaicons le chafierent 
avant fa mort, qui arriva l'an 179 de l'Hegire» après qu'il eut été défait par 
AJphonfe» Roy de Gallice^ &des Afturies. 

Ceft cet Hefchàm qui acheva la fuperbe . Mofquée qu'Abdalrahman avoit com- 
mencée dans la ville de Cordoue; il y fit conftruire aufli un fécond pont, & l'on 
dit qu'il fe fervit dans ces bâtimens des Chrétiens qu'il faifbît venir de la Gaule 
Narbonnoife pour y travailler* U eut pour fucceifeiu: Hakem, premier du nom^ 
duquel on a déjà parlé. 

HESCH ANf^ fécond du nom, fils de Hakem, auffi fécond du nom 9 a été le 
dfcrième Khalffe Vie la raœ des Ommiades en Efpagne. D fucceda à fon père 
•Fan 365 de l'Hère, de J. C. 075, âgé de dix ans, & huit mois feulement. 

11 eut pour Gouverneur & Kegent de (es Etats un Ebn Amer qui avoit la 
qoaKté dé Hageb, où de Grand Qiafnbellan, &,qui dans la fuite porta le titre 
cTAlmanfor, à caufe des grandes vi^oires qu'il remporta fur les Êfpagnols, & 
îlrr les Arabes rebelles qui fe foûlevoient de tems en tems. *^ 

Ce Prince, après trente-trois ans de règne qu'il avoit paifés dans une. entière 
dépendance de ceux qui prénoient la qualité de Hageb dans fa Cour, tomba en- 

Hh a fin 



/ 



t* 



MM H E 9 CEI A' M. ■ 

fin ^entre 4es mains d*un Almabadi* qui renfecma dans ub lieu, fort fecr^t> fequî 
fit courir le bruit qa'il étoit mort , eh failant même enterrer un. autre, pout 
luy dans le tombeau de fes predecelTeurs. 

Mais Almahadi, apfès ayoîr jôuy quelque tems de la puîflance iûuveraîne,ne 
put pas fc défendre d'une grolïe faftion d^Arabes qui s'éJeva contre luy. Ceux» 
cy refolurent. de. rétablir Hefcbâm fur le trône , qui nû manqua pas de fe défaire 
auffi-tôt d'Almahadi, & d*envoyer fa tête à Soliman fon neveu, lequel pecydant 
fa prifbn , avoit pris le titre de Roy à la faveur des Arabes de la canjpagne, 

Hefchâm étant remonté fur fQn trône , fit Al Ameri fon Hageb ^ oû premier 
Miniftre : mais lès habitans de TDlede s'étant révoltez contre Juy , & ayant pro- 
clamé Roy Obeidallah , fils d'Almahad, & ceux de Cordoue' ayant àuffi appelle 
Soliman fon oeveu, il fut obligé d'en defcendre une féconde fois, &depaftr 
en Afrique. Soliman alors fut reconnu, par tous. le$ Arabes d'JE)Qpagpç pour te 
feul Roy & KhaUfe légitime.. 

HESCHJAM Ben Abdalmalek, dixième Khalife de la race des Ommiadej^ 
fucceda à fon frère lezid, & fut le quatrième fils d'Abdalmalek qui jouit du 
Khalifat. Il remporta plufieurs viftoires fignaléô fur le Roy do Turkeftan pom- 
mé, ou plutôt furnommé Khacân, lequel fut tué dans un combat par Affad^ 
fils d'Abdallah General de fes armées.- Il défit auffiZeid, petit-fils de Houflàin^ 
fils d'Ali, lequel avoit été proclamé Khalife dans- la ville de Coufah. 

La durée de fon règne fût de dix-neuf ans , &. huit ou neuf mois ; car une* 
efquinancie le.fuffoqua l'an dç l'Hegire 125, de J. C. 842. Khon^ir. 

Mohammed , ou Ahmed Ebn Sirin , l'Auteur des Oneirocritiques en Arabe,^ 
qu'Ebn Schohnah dit avoit été fils d'Abdaluns , fils de Malek , vivoit fous le' 
règne de ce Khalife. 

Cet Auteur a traduit Artemidore^ & a ajouté beaucoup de fes obfervaëons 
particulières à l'original, l^oyez le titre de Taâbir. 

Hefchâm a paffé dans Thiftoire pour un Prince des plus avares. Khondemir^ 
dit qu'il gardojt luy. même les clefe de fes ferefors, & généralement de tous fer 
coflres; de forte qu'on eut de la peine à trouver un linceul pour Tenfevelir, 
parce que tout étoit enfermé fou^ la clef. Il afmoit cependant extrêmement- 
les chevaux , & en nourrilToît jufqu'à quatre mil dans iks écuries. • H étoit lou- 
che, mais d'une manière qui 4uy fieoit bien* ' Ben Schohnah appelle ce défauts 
Ahoval bein haoval , entre te louche & le bigle , nous dirions en François 
Louchet. 

Ebn Amid parlant de (bn avarice dît qu'il avoit fept cent coffres pleins de 
meubles, de- linges & d'habits qui étoient tous fcellez- de- fon lèeau , & que l'oa 
ne trouva pas à fa mort de quoy Tenfevelir. 

Le même Auteur dit que Hefchdm ayant donné le. commandement de fes ar- 
mées à deux dé fes enfans, les envoya ftire la guerre aux Romains, c'eft-à-dirc,. 
aux Grecs, & que l'Empereur . Conftan tin , c'étoit le. fik de Léon Ifaurique^ . 
furnommé Copronymç, étant verni au devant d'eux avoit été enveloppé, d(5- 
fait, & pris prifonniêr, ce qui eft tout -à- fait, contraire à ce que lcs,HulcM:ien$ 
Grecs & Latins rapportent de cet Empereur. 

Hefchâm eut pour fucceffcur Valid fon neveu, fils d'Iezîd fon predçcefleuc 
qiiî 1 avoit ainfi ordonné au préjudice des propres enfans de Hefchâm, 

5t)Us.le Khajifat de Hcfchdmle pays qui comprend la côte. Occidentale de lai 

' ' .■.'■-■ mer. 



HE^SAB. H'IRAH. 04^ 

siér Caipiênne, où left la ville de Derbend au pîéd du mont Càxua&j fittcoQ* 
quis par les Arabes. Ce pays fait une partie du Schirvan , &; oft appelé ea 
pardculier par les Arabes Serir aldheheb^le pays du trône d'or. ^ Vûyez $t titre. 
Le trait de ce Khalife efl mémorable touchant la pieté; ca; un de fès enfatis 
ne «'étant .pas trouvé à la Mofquée faute de monture, il luy dit d'un ton foiitt 
fbvere qu'il y devoit veniT' à pied , JBc luy défendit en môme tems de marcher 

autrement pendant lïn an. 

» ' ■ 

. HESSAB, un Nombre, & la fcîence des nombres, TArithmetique, & fart 
{iipe^tieux -de deviner par les nombres» 

Il y a parmi les Arabes un livre fuppofé d'Ariftote , qui eft une lettre de 
oe Philofophe ji Alexandre intitulé Heffab al galeb u al magloubj pour connoitre 
par la ûipputation des nombres qui doit être le viélorieux & le vaincu dans un 
combat Ce Mdnufcrit eft dans, la Bibliothèque tlu Roy n^. 670- 
• Samftni acompoië un ouvrage intitulé Mab fi eftimâl al Haffiby^ des. qualitez 
d'un bon computifte.. 

Heflabiàt u Kliathâin, la Rerie des faufles poiitions. 
. Eftiâb fil Heffdb, traité d'Arithmétique. Voyez ce titre ^ 6P celui i'Eftecfa fit 
gebr u mocabelah qui eft un traité d'Algèbre 

Le célèbre Dofteur Hendovani , duquel on a parlé cy-deflus , difoît qu'il avoît 
trouvé un Doâeur à Bokh^re , à fça voir y Meidani > & Un demy Dofteur nom- 
mé Bes Fadhl> qui écoit: cependant fort eftimé ;. mais Hendovani le qualifioit 
Mnfi, parcequ'îl ne fçavoît pas ôlm al héflabiat j k fcieûce des nombres. Ce 
jugement de Hendovani fit que Ben FaJhels'y applicjua, & y devint très-habile.. 

f^oyez aujft le titre de Diophahtous dont FOuvrage fur les nombres a été tra- 
duit en Arabe, fans parler de beaucoup d'autres, entte lefquels.il s'en rencontre 
un grand nombre de fuperftitîeux. 

HIRAH. Au tems, que les Molouk Thaovaif qui font les fuccefleurs d'Alex- 
andre le Grand, regnoient dans la Perfe , Malek fils de Faham dcja tribu ou-^ 
famille d'Azed , & de la pofterité de Cahelan , fils de Saba , Roy "de Tlemen , 
s'écablit dans l'Iraque ou. Chaldée , & y bâuç la ville de Hirah à deux lieues de 
Coufah, où après avoir régné quelque, temsy il eût pour fucçeflTejar fon frère 

nommé Amrou. 

Gîodhaimah fils de Malek fucceda à Amrou fon oncle , & il fut furnommé- 
Al Abras > parce, qu'il- étoit lépreux. Ce Prince eut une fœur nommée Ra- 
cafch , qu'il maria étant yvre , à un Arabe nommé Adi, fils de Nafler, de la^ 
fannlle des Lakhmites , dans laquelle le Royaume de Hirah- paflFa dans ïa fui te , 
quoy que GioJhaimah fe fut repenti dé ce mariage , & qu'il n'y confcntit après,. 
qu'avec peine. 

11 y a eu plùfieurs Princes de cette famille des Lakhmites qui ont fuccedé.* 
Içs uns. aux autres dans le Royaume de Hirah-, .entre lefquels. . Amrilcais ^ &. 
Noomin font célèbres. 

" Tous ces Roys font' appeliez par lies Arabes Al Mbnadherah, c'eft-à^dire, les* 
Mondars ou Mondirs, à caufe que tous portèrent le nom de Mondar avec quel- 




H h î CUL. 



^a HiT. ttITHL 

eut p9ûr , fikcûdSèur Ainr(hi fou fils y gui fut fomommé Modharetfa aHie^mt, 
fous lec^l naquit Mahomet 

. Amrou eut trois fucceûTeurs dont le dertâer fut dépouillé par Khaled fils ô$ 
Valid> Capitaine gênerai de Tarmée des MuTulmans. Tous ces derniers Rjoj^de 
Hirah n'étedent proprement que des Lieuterans^getierauic, & Gouverneurs pour 
les Roys (te Pêne quiavoient ilibjugué leurs Etats, de la mèjoie manière que 
les Roys Arabes de Gailàn en Syrie, l'étoieiît des Empereurs Grecs > avant que 
la Syrie fût conquiie par les Mufulinans. 

Ces- fuccelTettrs d'^^rou ^ portei'ent tous trois le nom de Noôman - Khofit)es. 
Noufchirvan tua en bataille un des trois que Ton appelloit Aboul «Cabous pour 
le diftinguer des autres. 

* La ville de Hkah fut ruinée par Sâad Ben Abi Vacds Tan 17^ de lUegire , 
fous le Khalifat d'Omar, & ne s'eft point relevée, ny rebâtie depuis ce tems-li 

Les derniers Roys de Hirab auffî-%ien que la plupart de lears fujets étoieoc 
Chrêeiens. Le Jud^Tme avoit fait aufli de fort graAds progrez dans tout ce 
pays-là, au tems de Mahomet Novairi a écrit Thiftoire de ces Roys, 

Le Palais ou Château connu des Arabes fous le nom de Khaovarnak , qui 
étoic Totivrage de Noéman, fils de Monder Roy de Hirah, avoit été bâti chas 
cette ville , & non dans celle de Coufah , comme quelques-uns Tonf écriL 
" Ishak père de Honain étolt natif de Hirah , da nombre de ces Chrétiens que 
Ton appelloit Ebâd, c*eft.à-dire. Serviteurs de Dieu, parce qu'ils s'étoient reti- 
rez aux environs de cette vHlef pour avoir un exercice plus libre de leur reli- 
gion. Ibhanna Ebn Mafoviah dit par reproche à Honain qui le fervoit, que la 
Médecine n'étoit pas faite pour les gens de fon pays, 

HIT, nom d*uhe: ville Je la Province nommée en Arabe Erâc, qui eftl'Ira* 
que, ou Chaldée. Elle eft fituée fur un des bords de TEuphrate, lequel en fe 
.courbant regarde le Septentrion, & elle tfeft éloignée de la ville de Cadefie 
où fe' donna ce ^and coiAbat qui décida de la fortune de Perfe, que de huit 
parafiingôs qui font feîze de nois lieues communes. 

Cette ville a, félon les Géographes Orientaux, deux chofes remarquables. La 
première eft une fontaine ou fource de Naphthe que les Perfans appellent 
Tchechmeh Kir , Fontaine de poix. Les Turcs pour diftinguer la Naphthe de 
la poix , rappellent Carah fakiz , du maftic . noir. La féconde choie que tes 
Mahomctans trouvent confiderablé à Hit eft le fepulcre d'un Mufiilman dont 
la fainteté eft en grande réputation chez eux ; il s'appelloit Abdallah , fils de^ 
Mobarek. 

• L'Auteur de la Géographie Perfiénne . dans fon troifîème climat , dit que la 
Naphthe fort des fontaines de terre , comme TAmbre gris fort de celles de h 
mer. Voyez auffi Edriffi dans la partie feptième du premier climat Ces Auteurt 
difent que ce fut avec cette Naphte, ou efpece de Bitume, que Ton bâtit les 
totivsj Se les murailles de la ville de Babel ou Babylone. Oioun Hit, les fon- 
taines de Hit d'où fortdt cette .Naphthe , font célèbres parmy les Arabes , & 
parmy les Perfans. 

HITHI, nom ou plûtoft titre de l'Empereur cîes Abîflîns^ comme autrefob 
Pharaon & Ptoloraée étoit le nom ou titre gênerai des Roys d'Egypte : Cepen- 
dant il eft ajppellé dans TAIcoran Negîafchi qui vient de l'Ethiopien Negîoufcho 

qui 



BJV/^T. — -.ROlBAr: I ^^ 

loi figafie-Roy; Ceft de ce nom ]qoe s'eft foraié cah^ de Nejmr q^^ noi» 
£mnom,à.ce Pnnce. 

HIVAT. r^^s; le titres de Hàiât qui figpifie la Vie. Hivat al haivan eft 
fouvrage de rhiftoîre des animaux, compose par Demlri : Il y en a deux 
alitions, Tune nommée Cobra^ la grande, & Tautxe Sogra, la petite. 

HOBAIRAH, nom propre. Cafr Ebn Hobairah*, Château ou Ville bâtie 
dans riraque Arabique par Afaou lezid Ben Ahot» Ben I^baitalL « Ft^ei le 
titre de Cafr. Il eft dans le troifième climat , & non pas dans le quatrième ^ 
comme Ton a marqué dans le titre de Cafr. 

Abou ModhafTer lahia, dit Ebn Hobairah , eft TAuteur d*un livre intitulé 
Efckràf dla medhaheb al afchrdf, qui eft un traité fur les quatre feéèes reconnues, 
& reçues comme Orthodoxes par les Mufulmans. II a âuffi abrégé le Hvrequi 
porte le nom à'Ekhteldf al ôlatna , des diverfes opinions des Dofteurs Mahome^ 
tans. Cet Auteur porte la qualité dp Vizir.. Il mourut fous le Khalifet de 
Moftafi.ran S5S de THegire.. 

HOBAISCH Bfen AâflTàm, Neveu de H6«ain Ben Ishak, leqàel conjointe- 
ment avec Honain a traduit bea^coup de livres Grecs & Syriens en Arabe. U 
y en a même plufîeurs de fa fèiçon , qui font attribuez à Honain fon oncle. 

U y a eu un Ebn Hbbaifch Aboulfadhl qui a excellé dans la Medechieé II 
étoît Médecin à Teflis, ville capitale dé la Géorgie; c'eft pourqâoy on' le nom- 
me ordinàîremerit Al Thabib Al Tafliffi. * ^ . 

Hobaifch eft le diminutif de Hobafch, qui fignifiè un petit Abîffiti, & un Coq 
d£ Numidie que les Latins, appellent Meirâgris, & les^^ Franç(»â , Coq d-Icrde^ 
yoyez Hobafch., 

HOBAL, Idole des andçns Ambes entouré de y6o autres, plis, petits ^ui^ 
rcprefentoient les Divinitez qui pouvoient être invoquées comme preftdentes à: 
chaque iour de Tannée, Cet Idole fut renverfé par Mahomet aprè§. .qu'il fe ^ 
fiât rendu maître de la Mecque. 

Ebn Hobal, Médecin célèbre de Bagdet, Auteur du livre )j\txtdié' Moihtâr y 
0*eft-à-dîre, Recueil de matières choifies fur la Médecine» Il mourut Tatti 6io* 
de THêgire.. On l'appelloit autrement Aboulhaifan Ali Eha Ahmed.- 

HOBASCir, eft le même que Hobaifch. Aboulfadhl Bên Ibrahim Al Tafliffi^ 
atft auffi. nommé Hobafch. Il a compofé le livre inûtxAé Beian al nogioum qui* 
eft une Théorie, ou Defcription des étoUes fixes &• ertwtes. . On â auffideluy'^ 
ua livre de Morale fous le nom ■ de Canoun al (Aad. . 

HOflB & Hobbat Allah, l'Atnoor de Dieu. On lit au fèrond chapitra dé 
l\Alooran ces paroles, t^aUaihin amamu.afçhodd hMan Mah^ VAimur pour DktL^ 
ceux quicroyent eft le plus difficile. 

Houffitm Vàêz . rend k raifon de cette difficulté en ^ cBfkht que Tfiifidéle vo^t y -i 
aime ce qu'il voit ; mais le Fidèle aime ce qa'il^ ne voit pas : ; (k de ^Itlrs, > 
'eft que l'homme ne peut aimer Dieu , iî Dieu ne l'aime auparavant , ftiivant 
qui eft dit dans un autre verfet ^ohebh$m u iobdwmh^ • Jûie$L les^ aime^ 6f'' 
éÂs faimermt.. 



1 



t4» HODH AIL.— HOi AGU. 

Il (fit enfidte métaphoriquement, que fi la fcmence <Iu premier amour tfaétf 
jettée , la plante du fécond ne germera point ; & un autre Dofteur mjÏKqae 
dit : C'eft un trait du regard de cet amy qui m'a frappé , avant que mon œil 
fe foit tourné vers luy: expreffion qui paroît être tirée du Cantique des Can- 
tiques. Il faut voir fur le fujet de l'amour de Dieu le titre EfchkaÛah. 

HODHAIL. Foyez\p titre de Ta.it ou Zafar. 

. HODOUD, les Définitions des chofes, Hadd ou Hodoud al âd , Ouvnçe 
dans lequel on trouve les définitions principales de tout ce qui : regarde la r^- 
gion & la pieté. Il eft dans la Bibliothèque du RoyTi*. 723. 

HO FF AD H. Plurier de Hafedh. Voyez U titre Thabacàt alTioffàdh, Hi- 
ftoire de ceux qui ont confervé & communiqué aux autres les traditioQs reçues 
de Mahomet: Dhahabl en eil T Auteur. 

HOGGÏAH &; Heggîah, Sentence decifive d'un procez , Preuve convain- 
quante & demonftrative. Mohammed Al Gazali , Dofteur infigne parmi les Mu- 
fiilmans ^ a été qualifié du titre de Hoggiat al eflâm qui figmne . la preuve & la 
décifion du Mufulmanifrae, c'eft-à-dire, le Doéleur le plus decifif. 

Ce mot eft auffi devenu un nom propre. Takieddin Abubecr Ali Al Ha- 
maoyi eft auffi furnommé Ebn Hoggiah. Il eft Auteur d'un Ouvrage intitulé 
Bediah y Chofe nouvelle ^ que l'on nomme encore ïacdîm Aboi&ecr , & d'un 
autre qui porte le nom de ITiamarât al amrdk fil nwhadherât , les fruits des 
féiîillçs fur les contentions litigieofes, & fur les difputes. Le premier de ces 
Ouvrages eft dans la Bibliothèque du Roy n^. 1078, & le fecond au n\ 1155, 
le mot de feuilles fe prend pour celuy de livre. 

Il y a encore dans la même Bibliothèque n^ 11 35, un Enfcha du même Au- 
teur, qui eft un.Formulaîire fort ample de lettres patentes des Priaces , & de 
miffives des particuliers. 

• • 

HOGIENDI, furnôm de Borhaneddin Ibrahim, Ben Ahmed Al Medeniqui 
eft Auteur d'un Commentaire fur les Arbâin ou Quarante Traditions. D mou- 
rut Tan 851 de l'tiegire. 

HOLAGU, cinquième Empereur des Mogols, étoit fils de Tuïï Khan, qua- 
trième fils de Gengbizkhan y- & iucceda à fon frère Mongaca , ou Mangu Caan. 
Il fut furnommé Ilkhdh , Se c'eft de lui que d.efcend la branche ou dynaÏHe des 
Mogols nommée llekhanîenne. 

Il partît de Cara'moram en Turkeftan, oii Mangu Caan faifoit fa refîdence, 
& paffa dans l'Occident, c'eft-à-dire, enPerfc l'an 651 de l'Hégire, de J. C. 1253» 
avec une armée que fon frère lui donna , compofée de l'élite de tous les au- 
tres camps des Mogolç , dont on avoit tiré deux foldats par dixaine. Il con- 
quit avec ces troupes tout ce que nous appelions aujoUrd'huy la Perfe , la Syrie, 
^ Ôaldée, la Mefopotamie & une grande partie de Ja Natoiie; car ce fut fous 
Mangif Caan, & n'étant encore que particulier, qu^il fit ces grandes conquêtes* 

Il les commença par Textermination de cette feéle deteftable des Ilhiaëliem 
de l'Iran., aufquels on jse donnoit point d'autre nom que celui de Molabedab, 
dc^eft-à-dire 5 d'impies, & il dépouilla leur Prince, nommé Rocneddîn Khuz.fchah, 

de 



HOLAGU. 

de tous tes châteaux qu'à poi&dbît dans le Gebil y on la lAorOagne^ qui eft. 
Unique Perlienne 9 ancien pays des Parthes , lieux forts & bien munis de toutes 
cfaofes. Cecy arriva Taii 654 de FHegire ; car Holagu n'avoit patTé le fleuve 
Gihon ou Oxus qui fepare la Perfe du Turkeftan , qu'en Tan 653 , dans lequel 
il écrivit ail Khalife qu'il lui envoyât -des troupes pour forcer ces rebelles 
dans leurs montagnes» . 

Après la défaite des Ifmaëliens , Holagu ayoit- delTéin de venir par la Natolie 
droit k Ccmftantinople; mais Naffireddin AlThouffi, ce fameux Aftronome, qui 
dreiTa enfuite les tables Ilekhaniennés fur les obfervations qui fe firent à Ma- 
ragah fous l'autorité du même Prince ) l'en difluada, & lui confeilla de porter 
tes armes contre le Khalife Moftâaflem duquel il étoit mal fatisfait en foa 
particulier. 

L'asn 6s 5 de THegire, Holagu s'approcha de Bagdet, & écrivit au Khalife 
pour lui reprocher le refus du fecours qu'il lui avoit demandé contre les Ifmaë» 
liens, ennemis déclarez de la religion Mufulmane, & par confequent du Khalife. 

ï,es principaux Officiers du Khahfe ayant fait faire une réponfe très-i^jurieufe 
à fes lettres, & l'ayant même menacé de la colère de Dieu, & de celle du Kha** 
life pour avoir ofé mettre le pied fur fes terres , Holagu qui connoiflbit fes for- 
ces, & celles du Khalife, ne fut pas moins indigné, -qu'irrité de leur infolence, 
& commanda à fes Generaux.de marcher des deux cotez du Tigre pour affieger 
le Khalife dans Bagdet 

Il faut remarquer id que cette année ;6ss ^^ THegîre qui répond à la 1^57 
de J. C. eft marquée par les Orientaux pour celle dans laquelle Conftantinople 
fut recouvrée par les Grecs fur les Latins , quoyque plufieurs de nos Hilboriens 
ne la mettent que cinq ans aprèç/ 

Ahmed Ben 'Mohammed Ben Abdalgaf^r Al Cazuini rapporte dans fon Ni- 
ghiarijftan , au fujet de la prife de Bagdet , & de la fin miferable du Khalife 
MoftâaiTem, qu'un an avant la prifë de Bagdet par Holagu j c'eft-à-dire , l'an 
6S5 de l'Hegire, il y avoit un Gouvernetjr dans la ville d'Iâcoubah , ou d'A* 
coubah, qui n'eft pas beaucoup éloignée de cette capicale, qui avoit accoutumé, 
félon l'ufage aflèz ordinaire du Levant, de fe faire gratter les pieds pour s'en- 
^doTToir. Il employoit à cet ufage un de fes efclaves nommé Atoudeh Ben Am« 
ràn., lequel s'étant un jour endormy en faifant cet office, fon maître lui donna 
un roup de pied pour le reveiller. 

£bn Amràn s'étant reveillé, demanda pardon à fon maître , & lui dit qu*il 
avoit fongé en dormant que la Maifon des Abbaffides étoit fuf le point de 
tomber, & d'efclave qu'il étoit, il deviendroit maître de l'Ëtat des Khalifes, & 
de la ville de Bagdet. 

.£e Gouverneur fe mocqua du fonge de 'fcn efclave: cependant Holagu étant 
venu l'année fuivante mettre le fiege devant Bagdet , . les Mogols , ou Tartares > 
dent le nombre croifiToit tous les jours, firent un tel dégât aux enviroas, que 
le pays fut en peu de tems entièrement ruiné, en forte qu'à peine y pouvoit- 
on trouver de l'herbe ; car pour l'orge & la paille , on n'en parloit plus. 

L'armée des Tartares qui ne confiAoit qu'en Cavalerie , n'ayant plus de quoy 
fubfifter , Holagu eût été obligé de lever le fiege , & de fe retirer avec honte , 
& perte ^ fans la trahifon dont nous allons parler. 

£bn Amràn fe trouait pour lors du nombre des affiegez dans B^det , & 
il n'eut pas plutôt appris l'état de l'armée des ennemis > que par un hiUet qu'il 

TqmeIL îi écrivit 



S5^ HOLA^GU. 

écrivit & attaelha àù bout d'une ilechè^ qdi fut enfuite tirée dsns le Czmp d^- 
ennemis ^ il fit fçavair à Holagu que s'il vouloit <iemander au Khalife qu'il \\i 
envoyât un nommé Ebn Amran qui lui avoîc écrit ce billet , il trouyercdt le 
moyen de faire fubfifter aifément toute Ton armée un mois entier.. 

Holagu fur cet avis ne ^ manqua pas d'envoyer demander cet homme m 
Khalife Moftâaflem. Ce Prince qui fe trouvoit réduit à une telle extrémité, 
(^e fi on lui eût' demandé fon propre fils, il l'auroit accordé, fit chercfaer*ce 
Ben Amran avec tant de diligence qu'ayant ité enfin trouvé, il le hn eiivoyl 
aulfi-tôt* 

Cet efclave étant arrivé au camp des. ennemis , fut conduit devant Holago, 
& lui découvrit qu'il y avoit des puits' dans la ville d'Iâcoubah où Ton avoit 
ferré une prodigieufe quantité de grains. Cet avis qui étoit fidèle, fit que les 
Tartares affamez trouvèrent "de quoy fiibfifter & qu'ils emportèrent de force 
cette grande ville qui fut pillée & ruinée entièrement l'an 6s6 dei'Hegpre, de 
J/C. 1258. 

• Holagu qui devoit la prUë dis Bigdet à la tcahifon d'Ebn Amran , qnA ne 
pouvoir mieux recompenfer cet efclave qu^en luy donnant le gouvernement de 
la même ville, & de fes dépendances: ainfi fe vérifia le (bnge ou'Ëbn Amràa« 
avoit fait Tannée précédente, frayez la mort du Khalife y & 1 extinâion du> 
Khalifàt dans, le titre de Moltâallêm. 

La prife de Bagdet fut bien-tôt fuiyie de celle de Mouffal ou Moful, & de 
toute la I^efopotamie, car Bedfeddin ^ x^ui en étoit Sultan, n'attendit pas c^ue 
tes Mogols fe prefencafient devant fa place; il alla rem^e en perfonne fes^ 
hommages à Holagu, lequel peu de jDems après ft jetter des ponts (hr TËupIffate, 
& paiTâ en Syrie. 

Ce fut dans ce tems-là quî*eft l'an i6s7 de liîeghie, que Holagu focceda 
dans l'Empire des Mogols à Mangu Caàn jGni frère, décédé dans l'Orde de 
Genghizkhan à Caromoram,^ ville du Turkeflan, & ce fut duns la môme année^ 
qu'il prit aufli les villes de Damas & d'Âlep qui âirent toutes deux dbfolées. 

Après la conquête de la Syrie , Holagu ' vouhit aller donner ordre aux affiad-^ 
res de l'Orient dont la fucceffion lui étoit échue: pour cet effet il laifTa uo: 
des Généraux nommé Ketboga avec un fi^ros corps de Tartares dans la Syrie; 
mais ce General eut à faire à un nouvel ennemi qu'il mé{>rifa. Cet ennemi 
fut Cotouz, fumommé Al Malek Al Modhaffer Seifeddin, troifième Sultan des. 
Mamlucs Turcs d'Egypte , lequel en l'an 658 9 donna bataille à Ketbogt , le 
défit, lui ôta la vie, & fit iès enfkns priibnniers; ce qui fit retourner la ^e 
fous la domination des Mufulmans». ^ ' 

Les Hiftoriehs remarquent cette défaite des Tartares pour la première qu'ils 
enflent fouiFèrte jufqu'alors ; niais cfttte perte fut bîen-tot reparée par le retour 
de Holagu qui reconquit la Syrie dans Tannée fiiivante 659. 

Quelque tems après cette féconde expédition de la Syrie, Holagu pailà daos^ 
la Province d'Adherbigian pour y prendre quelque repos , & ce fiit-là qu'il 
aiTembla les pkis grands Aftronomes^ du Mufulmanifme , aufquels^ il donna de- 
gros appointemens , & leur fournit tous les inftrumens necefl^es pour y feirc 
de nouvelles obfervations. La ville de Maragah afiez proche de celle de Tau- 
ris fut choifie pour la conftruftion ^ d'un Obièrvatoire , & ce fut dans cette 
même ville que Holagu, Prince fage & intelligent, mouwt entre les bras de ces 
grands hommes qu'il avoit, comblés dç bjen-£Mts, l'an de Tlie^re 663^ ou 6649 



HOL AGU.: J lyt 

XekM qttelqoet KvtfSox^f ce qui & rapparie à Fan 9e J. C/ ia64 ôii iié^^, 
après fisL ans de règne abfolu, depuis hi mort de fon frère. 

Dùghor KhatDQii ^ une des principales femmes de de Monarque , qui étoit 
Chrétienne , raccompagna dans toutes fes expéditions militaires ; fa prudence > 
& fa fcience la firent ibeaucoup confiderer par fon mary qui lui donnoit part 
dans fes confçîls , & la mît par ce moyen en état de procurer plufiem's avan- 
tages aux Chràtdens : elle furvéquît peu de tems à Holagu , & fut enterrée auprès 
de luy dans la même ville de Maragak en la Province d'Adherbigian. 

L'on dit que Holagu avoit demandé en mariage la fille de Michel Paleologue^ 
Empereur de Conflantinople qui avoit chafl!ë les Francs de cette ville, comme 
nous avons vu plus haut : TEmpereur Gfec la lui envosra ; mais cette nouvelle 
eppufe le trouva mort U y a cependant plus d'apparence qtf il Tavoit deman- 
dée pour fon fils ; car en effet Ahaka Bkhài qui fucceda immédiatement à fon 
père 9 Vépouâ dans Tannée 664. . . 

Ben Schohnah fait le dénombrement des Etats que Holagu laiflTa en mourant 
à fon fils, & unique héritier Abaka, ou Abga Khan Fan 663 de THegire. 

La grande Province nommée Khoralfan dont la capitale étoit pour lors la 
ville de Nifchabour. 

Le Gebil^ ou Unique Pérfîenne, pays des Parthes, qui avoit pour capitale la 
ville d*fipahan. 

Llraque Arabique qui comprend TAflyrie, & la Chaldée, & que Ton nommt 
mfll rinque Babylonienne 9 dont Bagdet étoit la capitale. 

L'Adherbigian ou la Medie dcAit la capitale écoit pour lors la viOe de Tabri^ 
ou Tauris, 

La Perfe proprement dite , dont la capitale étoit alors la ville de Schiràz^ 
autrefois dite Cyropolis; car Eftekhdr ou Perfepolis étoit déjà ruinée. 

Le Khoureftàn ou Khouziftan qui efl l'ancienne Sufiane , dont la capitale 
étoit Tc^r ou Schufter , autrefois dite Sufe de Perfe. 

Le Diarbékir qui comprend une partie de TAflyrie ou Curdiftan » & la Me- 
ibpotamîe ^ dont la capitale étoit Mouflal ou Moful y bâtie auprès de Tan- 
oenne Ninive. 

Le pays de Roum ou des Grecs qui cômprenoit l'Arménie , la Géorgie , •& 
TAfîe Mineure dont la capitale étoit Conia qui eft l'ancienne ville d'Iconium 
en Cappadoce , où les Sultans Selgiucides avoient établi leur fiege Royal , & 
d*oti les Turcs Ottomans ont tiré' forigine de leur première grandeur. 

VoiÛ ce que les Mogols, que nous connoiiTons mieux fous le nom de Tar» 
tares, a^ix»ent conquis dan& TAfîe en fi peu de tems, fans compter ce qu'ils 
avoient déjà pris dans les pays du Nord au defius, & au de4à de la mer Ca- 
fpienne, en Mofcovie, en Pologne, en Moravie , & dans TOrient le Tebet, 
& la Chine même dont ils étoient tes maîtres. 

Le même Auteur a remarqué auffi que les Tartares ne furent défaits qu^une 
iaile^ois pendant qu'ils firent toutes ces grandes conquêtes, à. fçavoir par Ko- 
touz fumommé Al Malek Al ModhaflTer y troifième Sultan d'Egypte de \z, dynaftie 
des Mamlucs Turcs ou Baherites ; car ce Sidtan remporta une viéloire fignalée 
for Ketboga^ Lieutenant gênerai de Holagu en Syrie fan de l'Hegire 658, de 
J^ C. 1259, durant le règne de Sajnt-Loîlis ^ comme nous avons déjà vA 
^-deâbs. 

li a HOLBÀT 



1 



ï5* HO LB.AT.-iii.HOM A I. 

HOLBAT Al Conufft^ traité du vin, & de la débauche en aj: chapîtteav 
dont la conclufion eft comme une retraftation de tout ce que Tauteur a dit , 
& une deteftation du vin comme d'une chofe défendue par la loy. Il eft 
dans la Bibliothèque du Roy n*. 1182. f^oyez le titre de Heliat. 

HOLVAN, & Hulvan, Ville de Tlraque Babylonienne , c'eftJi-dire, de 
KAlFyrie , ou de la Chaldée , fituée à 34 dcCTez de latitude Septentrionale, où 
les Khalifes venoient prendre le £rais en été ; car elle e& dans les montagnes 
qui feparent Tlraque Babylonienne de la Perfienne y. dans laquelle cependant 
quelques Géographes la mettent. 

Cette ville eft à quatre ou cinq journées de Bagdèt en tirant vers le Septen- 
trion :, on tient que Cobad , fils de Firouz Roy de Perfe de la quatrième dyna- 
ftie, appellée des Khofroes t)u des Saflànides , en a été le fondateur, & lesTar- 
tares ou Mogols de Genghizkhan les deftrufteurs. Le fepulcre de Hamzah y 
eft fréquenté , & vifité. 

Les Mufulmans croyent que le Prophète Eliè qu'ils tiennent vivant , fait ft 
demeure dans une montagne proche de flolvan. f^oyez le titre de Zerib 
Bar Elia. 

Hpl vani eft- le furnom d' Abdalâzîz. Ben Ahmed qui a commenté le livre d'Ia- 
coub Ben Ibrahim, intitulé Adab Al Cadhi^ des qualitez que' doit avoir un bon 
Juge. Cet Auteur mourut Tan 450 de THegire. 

SeUnan qui a compofé des Amali ou des Diftées fur plufieurs matières diffci 
Kntes , & qui mourut Tan 492 de THegire, eft auffifumommé Hôlvanl 

HOMACA, plurier de Ahmac qui lignifie en Arabe un Fol , un Sot ^ rnr 
Ignçrant, & ce que nous appelions en François un Innocent. 

Ketab al homaca u al mogafelin, traité des fols & des ftupides, Ouvrage 
d'AbulcaiTçm. Ben Al Giouzi qui fe trouve dans la. Bibliothèque du Roy tf. 86a. 

HO M Ai & Humai, mot Perfien qui fijgnifie le plus noble: oyfeau que les 
Orientaux connoiflent. Les Perfans -rappellent auflî Bad Khour , à caufe qu*il 
ne vit, & ne fe repaît, à ce qu'ils difent, que de Fâir & du vent 

Il pourroit fembler que ce fût J'oyfeau que nous appelions de Paradis, nom- 
mé par le$ Latips Manucodiatay fi plufieurs Auteurs Arabes & Perfiens tfaffu- 
roient que le Humai eftv une efpece d'aigle fbyale qui ne mange point les au-» 
très oyfeaux.) & qui fe nourrit feulement des os qu'elle trouve. Saadl dit qu'il 
eit eftîmé le plus excellent des oyfeaux, parce qu'il aefait maLà,aucun animalr 
& quil fe contente de manger les os qu'il trouve. 

Il ne faut pas. pourtant confondre cet oyfeau. avec œlui que les Perfiens ap- 
pellent Uftukhan-khour, le mangeur d'os; car celqy-c.y eft l'OiGfraga des Latins 
que 'nous appelions . l'Orf raye , qui déterre les corps, &. mange leurs 05 dans les 
cimetières ; ce qui lui a fait donner auffi- le nom à' Avis Bujiuaria chez les 
Latins. 

]^ Ceft du nom de cette Aigle Royale ou. Humai que fe forma le mot de 
Éumaioun qui fignifie en Perfien, Noble, Heureux^ Excellent, & Augufte, ^ 
caufe que l'ombre faite par cet oyfeau j en volant fur la tâte de quelqu'un, lui 
aftj felôn la tradition des Orientaux , un prognoftîque certain de fottune , & 
de. grandeur^ ce qui fait dire au même. Sâadi, que pcrfopne ne recherchera 



H O M A t 153 

jamais Tombre du Chathuant, quand bien même il n'y auroit point de Humai 
dans l'univers. 

HOMA.I, & Khamani, furnommée auffi Tcheherzad, eft une Rcyne de Perfe 
qui tient le feptième rang dans la dynaftie des Kaianides. Elle étoit fille d' Ardi 
fchir Bahsunan, iixième Roy de la même fiamille, & devint grofle du fait de 
fon père qui la déclara en mourant Ton héritière ^ jufqu'à ce qu'elle accouchât 
ëîun fils qui lui pût fucceder- 

Elle en eut un eaeflSet; mais elle rexpofâ dans mv coffre qu'elle mit avec plu- 
fieurs joyaux fur les bords du fleuve Gihon^ au tems de fa crue. Les eaux em- 
portèrent auflî-tôt dans leur courant ce coffre où étoit l'enfant , &le jetterent 
en un endroit où un Teinturier la voit fes étoffes. 

Le Teinturier ayant ouvert lé coffre, y trouva l'enfant, qu'il jugea être de 
grande naiffance par les pierreries de prix , que la Reyne y avoit mifes , afin 
que celui qui le trouveroit eût de quoi faire nourrir Tenfant. Il en prit donc 
un très-grand foin, & le nomma Darâb, à caufe de cette avanture». f^oyez U 

titre de Uarabi 
Lorfque cet enÊànt eut atteint l'âge de puberté, lé Teinturier qui étoit fon 




pnt 
pour s'énrôUer dans fe& troupes. 

Il donna d'abord , quoique fort jeune , des preuves de fbn* courage. ; en forte 
qu'U fut dès- lors diflingué par les CTommandans de l'armée. Lorfqu'il fut plus 
avancé en âge , il fit des actions d'une fi grande valeur , que le Général , qui 
remarquoit en luy des fignes d'une naiffance. élevée 'au deffus de la conditioa 
d'un fimple foldat, crut en devoir donner part à la Reyne. 

Cette Princeife fît venir ce brave foldat en fa prefènce, & jugea auffi- 
tofl par fon grand air , & par fon âge qu'il pouvoit être cet enfant que 
lîambition de régner lui avoit fait expofer.. Pour s'en éclaircir entièrement, 
elle fit faire une exafte recherche de fon éducation. Le Teinturier fut appelle ,,, 
& déclara l'avanture du coffre ; on reconnut encore quelques joyaux de ceux 
que la R>eyne y avoit mis , & enfin & naiffance fut fi pleinement vérifiée ,« 
qu'il fut reconnu pour véritable fils d'Ardfchir.. 

Homai fa mère qui avoit déjà régné 32 ans, luy mit elle-même la couronner 
de Perfe qui lui appartenoit, fur la tête, & fe retira enfuite de la Cour, choi- 
ffllant un lieu écarté où elle paffa le refle de fes jours dans une vie privée. 
- Cette Reine mérita^ de régner par les grandes qualitez qu'elle pofledoit i on'' 
M attribue les plus beaux ouvrages qui fe voient aujourd'huy ew P-erfe , car 
l'on croit qu'elle fit bâtir le fuperbe Palais des 40 colomnes appelle Tchihîî 
menirat, ou vulgairement Tchilminâr, au milieu de la ville d'Eflekhâr qui efl^ 
l'ancienne Perfepolis, dont les Mufulmans ayant fait une Mbfquéé, le tems n'a^ 
pas plus épargné Tune que Tautre, & les a détruits tous deux également. 

Homai fit bâtî'r auffi là ville de Semrem, ou.Serairamis, au^ rapport du livre 
intitulé Leb^ altaoyarikh y ce qui fait juger que cette Prînceflè eft la Semiramis* 

des Grecs» 
Le Tarikh Cozideh ou Mbntekheb ne fait aucune, mcntioa.de cette Reîne 

dàxis la dyaaftîe 'des- Câianfde.^^ 

I.i 3l: HDMiVIDArE. 



S54 HOMAIDAH. HOMAIOUN. 

HOMAIDAH. Abouthai lahîa Bea Homaidah eft cité comme FAotev 
d'un Tarikh ou Hiftoire. 

HOMAIDI, fiirnom de Mohammed Ben Abou Nafr qui a compoC une 
hiftoire , qui commence à la naifTance du Mufulmaniûne y & finie au Khaiifiit de 
Moftarfched TAbbaflide: Elle efl intitulée Jiolg^t almojiâmd. 

HOMAIOUN, & Humaioun; ce mot fignifie proprement en PefCen» Heu. 
reux y Royal , & Augufte. C'eft auflï le nom propre d'un Sultan fils de Babor 
ou Pabur y fils d'Omar Scheikh, fils d'Abufaidmed , fils de Miranfchah, Sis de 
Timur ou Tamerlan, félon Mirkhond, & Kbondemir. 

Nous mettons icy cette généalogie entière , parce qu'elle efl: importante pour 
fçavoir la véritable defcendance des Grands Mogols qui ont régné, & qui régnent 
encore dans les Indes , laquelle eft fort corrompue y & embrouillée dans la plû: 
part des relations de nos voyageurs. 

Babur fils d'Omarfcheikh qui ne régna point y fycceda à fon oncle Ahmed, 
fils d'Abufaid , dans les pays de la Tranfoxanç , Tan 899 do^ THegire , & 
J, C- 1493. D fut chafTé de fes Etats Tan 9Q4 de la même Hégire par Schai- 
beg Khan qui prétendoit être fils d'Ahmed , & avoir été enlevé y & nourry 
parmi les Uzbeks. Babur fut obligé de s'enfuir avec ce qui lui refh de trou- 
pes fidèles au pays de Gaznah , & de-là aux Indes où il régna jufqu'en 937, 
& laiflà pour fuccefleurs deux fils nommez Homaioun, & Camorân. 

Homaioun ayant fuccedé à Babur fon père Tan de J. C. 1530 y ne fut pas 
long-teras paifible dans fes Etats; car Schir khan fon Vizir s'étant lié d'intérêt 
avec Camoran fon frère, firent enfemble un complot pour le dépouiller. Cette 
.conjuration l'obligea de s'enfuir en Perfe auprès de Schah Thamas qui y regnoit 
pour lors. 

Schah Thamas ufa d'une très-grande gençrofité envers ce Prince , car il lui 
donna un puifiant fecours fous la conduite de Baharam Khan , par le moyen 
duquel il vint à bout de tous fes ennemis , fut rétabli fur fon trône , & régna 
jufqu'en l'an 960 de THegire, de J. C. 155a* 

Homaioun fqt père de Gelaleddin Akbar , celuy-cy de Gehanghir père de 
Schahgehdn , qui eut pour fils Aurenk Zeb ou Orangieb y qui règne en- 
core aujourd'huy dans les Indes y & que nous appelions ordinairement le 
Grand Mogol. 

HOMAIOUN Nameh, ou Humaioun Nameh, le Livre Royal , ou Auguile. 
Cefl la traduftion Perfienne du livre intitulé Kalilah ye Damnah. 

Ce livre qui n'efl qu'un tiffu d'Apologues , & de fables tirées des propriété! 
des animaux , fut compofé par un Phitofophe Indien nommé Bidpai pour un 
£Loy des Indes qui portoit le nom de Dabfchelim. Il eft rempli de préceptes 
miârauX) & politiques. 

TJoufchirvan y Roy de Perfe y envoya fon Médecin nommé Buzrvieh exprès pour 
recouvrer ce^ livre qui étoit gardé foignoufement dans la Bibliothèque des Roys 
des Indes , & l'ayant entre t les mains , il le fit traduire de l'Indien en langue 
Pehelevienne qui eft Tancien Perfîen ) & lui donna le nom de Humaioun 
îîameh. 

Abougiàfar Almanfor, fécond Khalife des AbbaiBdes, le fit eofuite traduire de 

râu- 



TkBcvsn Perfieo en Arabe^ par rimàm Abulliaflim Abdallah Bèh Mbcinnâ, four 
le titre de Kalilah & Damnak 

Quelque tems après, le Sultaa Naflef Ben Ahmed, de la dynailie des Sama- 
nides , le fit encore traduire de la langue Arabique en Perfien plus moderne , 
par un Docteur intonnu; & cette verlion Yut mife auflî-tôt en vers, par le ce- 
liH^re Poëte Perfien nommé RoùdekL 

fiaharam fchah^ fîls de Maflbûd^ Sultan de la dynaftie des Ga^evides^ non 
content de cette verfion Perfienne, fit travailler Wafrallah Aboiimâala, le phis 
éloqikent homme defon tems^» fur le texte Arabique de Mocannâ, & c'eft cet- 
te verlion Perfienne que nous avons aujourd'huy fous Je dtre de Kalilah va 
Damnah.^ t^oyez le titre de Calilah w Kalilah. 

Ce livre a acquis une fi grande eftime dans TOrient, que dans la fin du neu- 
vième Tiècle de rHegire> TEmir Sohaili , Géneraliffime des armées de Houflkin 
Ben Manfoyr^ Ben Baicarah ou Baiera, SulOm de Khoraflkn, qui étoit de la 
pofterité de Tamerlan , entreprit d'en faire faire une nouvelle veriion , par le 
Do^ur HuiTain Vaêz , dit Al Kafchefî , laquelle furpallè toutes les autres en 
élégance & en clarté. 

Cette nouvelle verfion porte le nom d'jlnvitr Sohaili , les Splendeurs ou les 
Lumières de Canopus, à caufe qu'elle fut faite à Tinftance de l'Emir, qilipor- 
toit le nom de cette confl:ellatîon , & a été traduite en langue Turquefque en 
profe & en vers. f 

Gemali Ta mife en vers pour Baj«zeth, fécond du nom, Sultan de la race des 
Ottomans. 

n y a un autre Humaioun Nameh , qui efl: un formulaire, de lettres dans la ' 
langue &. dans le ftyle des Perfans ; c'eft un Mohammed Ben Ali , connu fous 
tè nom de Schehabeddin AI Monfchi, qui en eft FAuteur., 

* . > . , » 

HO NAIN. Abouzeîd Abdalrahman Honain Ben Ishak Ben Honaîn, Méde- 
cin Chrétien, célèbre dans fon art , niais encore plus illuftre par. la traduftion' 
qu'il a faite des, livres Grecs en Syriaque & en Arabp. , ; 

Il étoit fils d'un Ishak, & fût père d'un autre Ishak, que Pon quaKfioit' Ben* 
Monain, & lui-même étoit petit-fils aùffi d'un Honain, Il étoit Ebadi ou Eba- 
dien , c'eft-à-dire , de ces Chrétiens , connus fous le titre de Serviteurs de Dieu y 
lèfquels s'étoient ramaflez de plufteurs endroits de la Syrie & dç l'Arabie , & 
avoienc choifi leur demeuré dans l'Iraque Babylonienne ou, Chaldée aux envi-; 
rons de Hîrah & de Coufah. 

D fut Médecin du Khalife Motavakkel, & mourut fous le Khalîfat. de Moca-: 
œed Fan 260 ou 261 de THegire, excommunié par le Patriarche pour une gran-- 
de irrévérence qu'il avoit commife contre les images. 

Il avoit été difciple de.J^an, fils de Màflbviah , que nous appelions Me fuéi 
lequel parut lui envier fa doftrîne , & il fe ifervit beaucoup d'ishak fon fils &: 
de Hobafe fon neveu dans les verfions qu'îl^entreprît.- i 

Nous avons de luy, dit Ben Schonah , l'Euclide & l'AImageile^de Ptolemée: 
k Arabe, que Thabet Ben Corrah , le Sabich, a. revu & corrigé après lùy.v 
La plus grande partie des* ouvrages dîlipocrate ^& de Galien^ que l'on a eh- 
>irabe, eft fortie de l'école de Honain: car il a\^oit plufîeurs dàciples quifefai^- 
"^ îent honneur de faire pafler teurs traductions fous fon nom. 

M Z ^ààn$ la B9>Uotheque du.Aoy plciiieucs ouvrages da même Auteur ^ conu*- 



\ 



ts6 H R M O U Z. 

me Kefaiat al naik & Hamafchi mjfail al hakim Honain U Abifadék , o^. 86($. On 
attribue auflî la traduftion des Analytiques d'Ariflote , & du Traité de l'inter- 
pretation à Honain & à Ton fils. JLes Arabes appellent le premier ouvijige Am- 
louthicay & le fécond Bari Arminias^ noms corrompus du Grec. 

HORMOUZ, Ville que nous appelions aujourd'huy Onnnz, fituée fur le Gol- 
fe de Perfe. Le Géographe Perfien, dans le Meffahat al ardh aa troifième cli- 
mat, parle en ces termes de la ville d'Ormuz. 

Cette ville eft très-ancienne & appartient à la province de Kerman , qui eft 
la Caramanie Perfique 9 iituée au milieu d'une plaine très -fertile en palmiem 
d'Inde. Après que les Francs ou Européens l'eurent ruinée > les habitans paf- 
rent dans une 'ifle du Golphe Perfique 9 qui en étoit fort proche du côté àt 
l'Occident» & y.bâdrent une nouvelle ville, à laquelle ils d(xinerent le même 
nom , & l'on ne voit plus préfentement que le tour des murailles prefque tou- 
tes ruinées de l'ancien Ormuz. 

•Teixera dans fon hiftoire d'Ormuz dit, que ce furent les Turcs, c*eft-à-dîre, 
les SelgiucideSy qui ^ par leurs pilleries obligèrent les habitans de le retirer dans 
FIfle de Gerun, où ils bâtirent la ville dite aujourd'huy Ormuz. 

Jean de Barros écrit que , lorfque les Portugais arrivèrent aux Indes , ils ne 
trouvèrent point d'autre Ormuz que celle qui étoit bâtie dans l'ifle , celle du 
Continent étant déjà ruinée , de forte qu'il feroit fort difficile de deviner qui 
font ces Francs ou Européens , lefquek ,, félon le Géographe Perfien , l'auroient 
pu démolir; de forte qu'il eft plus fur de s'en tenir aux annales de Touranfchah 
d'où Teixera a tiré ce que nous en avons déjà rapporté. 

Le nom de cette ville s'écrit en Perfien , de même que celui de quelques Rois 
de Perfe , connus par \qs Hiftorîens Grecs & Latins 9 foiis celui de Hormizdas. 
Les Perfans attribuent .à l'un d'eux la fondation de cette ville, ^oyez Hormouz, 
fils de 5chabour, & Horiiïouz, fils de Narfi. 

Les Annales de Touran fchah attribuent la fondation de cette vîlle à un Mo- 
hammed, Prince de l'Iemèn de la famille de Saba, fils de Joftan, fils deHéber, 
lequel ayant été défait par un autre Prince de £qs voifins , traverfà le Golphe 
Perfique & s'habitua dans la province de Kerman , où il bâtit cette ville qui 
n'étoit pas éloignée de la mer. Ce Prince fut furnommé Dîthem kûb, à caufe 
des drachmes, monnoje d'argent, qu'il fit battre , & non pas Dramcu, comme 
rappelle Teixera. 

La nouvelle Ormuz a une fort haute montagne qui couppe Tifle d*une mer 
i.'4'autre: Ja forterefl!e, que les Portugais y ont bâtie, regarde le Nord, & fut 
prife par Schah Abbas , Roy de Perfe , fur les Portugais , qui n'y font point 
rentrez depuis. Tout le commerce de cette ville, dont le terroir n'eitque fd 
& foufFre qui y rendertt la chaleur infupportable , a été transféré par les Per- 
ifans au Bender Abbafii^ qui eft fur le même Golfe un peu plus vers Iftl^rd 

HORMOUZ, fils de Schabour& petit-fils d'Ardfchir Babegàn , eft celui que 
tios Hiftoriens appellent Hormizdas , fils de Sapor , troifième Roy de Perfe de 
la. x^cc des Safl[anides on Khofroes. 

Cétoit un Prince de très- bonne mine, robufte & de belle taille. II s'addoo- 

jia à l'étude j: mais fa fcience l^i nuifit : car elle le fit toxaber dans les erreun 

de 



HORMOUZ. 157 

4e Mffîés, qui prétendoit avoir raffiùé fur la doâxme de Zoroaftrei Légiflateur 
des Mages, en la mêlant avec ceUe des Chrétiens. 

Ce Prince fut tellement prévenu en faveur de cet impofteur 9 qu'il fît bâtir 
exprès une plaça forte entre Bagdet & la Sufiane, pour lui fervir de retraite 
contre ceux qui le pourfuivoient juflèment à cai^fe de fon impiété: ce château 
fut appelle Defkereh, nom qui efl demeuré depuis ce tems-là à tous les châteaux 
en général, « ^ 

On tient aufli que ce Prince a été le fondateur de l'ancienne ville de Hor- 
mouz ou Ormuz, & qu'il lui donn^ fon nom: Elle étoit bâtie dans la terre (enr 
me, & on Tappelloit Scheher Hormouz , la ville de Hormouz, pour la diftin- 
giier de Gezirat Hormouz, Tlfle de Hormouz, où on a depuis bâti une ville 
du même nom. l^oyez encore Hormouz^ fils de Narfi. » 

Ce Prince, du confentement de tous les Hifloriens, n^a régné que deux ans 
au plus; car quelques-uns ne lui donnent qu'un an & dix mois de règne, & 
marquent fa mort en la deuxième année de TËmpire de Maximin. Baharam». 
£on fils, lui fucceda. 

L'Auteur du Baharillan rapporte dans fon troifîème chapitre , qu'un des. Mi-, 
niftres de Hormouz ayant acheté pour luy une partie de Diamants cent mil di- 
nars d'or , & ayant appris qu'il n'en vouloit point , lui écrivit qu'il trouvoit k 
les vendre au doqble du prix qu'ils avoient coûté; c'eft-à-dire, qu'il y avoit, 
comme parlent les Marchands , cent pour cent à gagner. Ce Prince Ëige & 
defîntereifé lui fît réponfe en ces termes. Ni cent , ni mil de profit ne me 
font rien: mais û je me mêle de faire le négoce, qui eft-ce qui fera le métier 
de Roy? Et que deviendrons les Marchands? 

L'on lit dans le Rabi al abrar une de ces maximes , que Toti appelle Apoph- 
thegmes , qui lui eft attribuée , à fçavoir , que les Princes fontT femblables au 
feu qui brûle ceux qui s'en approchent de trop près , & qui iert beaucoup à 
ceux qui s'en éloignent à une diftance convenable. Les termes Arabes font Mani 
carebba Kadier âlaihi dhararha u man baêdha entefâ bihi. 

Ce Prince eft furnommé par quelques Hifloriens Al Horri , & par quelques 
aotres Al Giarri ; mais ce dernier mot peut être corrompu par la tranfpofition 
des points : Le premier fignifie libre & libéral. Ce fut lui qui établit Nômân , 
fils de Mondar, furnommé Aboulcdbous , dans le Royaume de Hirah en Chai- 
dée , lequel fut tué enfuite par Khofrou Parviz , félon le Rabi al abrar ; mais il 
y a bien plus d'apparence que ce fut Hormouz , fiis de Noufchirvan , & non 
pas le fils de Schabour qui donna la. couronne à Nômàn. L'on parlera de cet 
Hormouz après Hormouz, fils de Narfi. frayez Schabour fils d'Ardfchir. 

* • 

HORMOUZ, fils de Narfi. Ceft Hormizdas, fils de Narfes, comme l'ap- 
pellent les Grecs. 11 étoit petit-fils de Baharam Sc^fut le huitième Roy de Per- 
le de la famille ou dynaitie des Sa0ànides. 

. Ce Prince pallè pour avoir ^té doué de toutes les vertus royales ; car il ai* 
moit extrêmement la juftice qui en eft la principale , & en donna des marquet 
éclatantes par l'établi^^ment qu^il fit le premier d'entre tous les Roys de cette 
dy naftie 9 d'une Cour de juflàce créée expreflement pour reparer les torts que les 
Grands faifoient aux plus petits. Il ne fe contenta pas d'avoir érigé ce tribu- 
nal contre fes propres Officiers; mais il y venoit fouvent préfider lui-même, 
pour imprimer plus de terreur à ceux qui ^bufoient de leur autorité. 

IToMK IL K k ' Hor- 



tst HORMOUZ. 

Hormoux re^ Pd|>aoe de neuf ms pcndm: tefijuels ff étendit lieaacw^ 

limites de fon Empire. II bâdt ptolieurs villes dans le Kboalbui, quîtÀb.^ 
fiane, & Je Tarikh Côzideb auffi-bien que le Lebtarikfe difenC y qufil eft pe«t. 
^re auflî k fondateur de randenoe ville de H(Minouz.> fituée-danf la provînt 
ce de Kermà-n , quoyque pfeifieurs attribuent la fondation dé cette vflle à Hor- 
mouz, fils de Schaboar , un de iès prédecefleurs ^ qui a été le troifîème Roy 
de la môme dynaffîe des Saflanides. 

Ebn ëatrik (fit, qu'il régna fepc ans & cinq nds fur b fin del'Emim^ 4e Gai- 
]ibn ) c^efl-à>dire , dans fa quatm-ziôfiie année« 

BORMOUZ^ fiJs de NouTchirvàn. Les Perians le nomment auffi Honnazd>, 
d'où les Grecs ont fait Hormîzdas. Il étoit fils de Khofroes , furnommé Noik 
fchif^«9, & fîit le père de Khofroes, fumommé Psffvizoïi Aparuiz. 

Ce Prince rendit aflez bonne juftice à fes peoplcs dans les premières année» 
de^ foo règne ; mais il devint dans la fuite cruel j de partkulièreiQent emnen )a. 
Grands de la Perfe , dont il fît mourir un û grand nombre ^ que quelques WC- 
tomns le font monter jufqufà* treize mille. 

Il prétendoit auffi £e pouvoir palier de gens ds Joftîce y finir prétexte qa'ït 
là voukàt rendre lui -même en perfohne à tous fes fujets , ce qiu fut la caofe 
des grands defordres, qui arrivèrent depuis dans fes Etats. Sa trop grancte ié^ 
vérité aliéna tellement les efprits , & les cceuts de tous les Seigneurs refiez en 
vie , dt enfiiite de tous fes fu|ets y qu'une averûon fi générale de fan goaver* 
Dément fit naître à fès voifins le deflêin d'entreprendre fur fa cooconne. 

Schabé Schiah , fon coufin-germain y fiis du IQiacàn oa Empereur des Turcs 
Oientâux, duquel Noufchirvàn, fbn père , avoit époulë la fille y fiiit celui qui. 
Pig^taqua te prelnien Ce Prince, après avoir paffé le Gibon, entra dans la Fer- 
ft avec urne armée de trois c&iî mil hommes , ce qui obligea Hormooi y félon 
k ra^>port àt Khondemir y de tenir }ici grand confèil de guerre pour déUberec 
des moyens qu'il y avoit à prendre pour s'oppofèr à de fi grandes fiorces. 

Pendant qme le^ Rtoy tenoit fon confèîi ^ un de fes Minifis^es loi dit y que fba: 
pèfre, honHne déjà fort avancé en âge , ^avoît qudqoe diofe aiiëz importants 
fur le fujet de cette guerre, dont il defîroit entretenir le Prince en particulier». 
Le Roy commanda auffi- tôt quTil fiûtt appelle pour être entendu., & voicy le: 
difcoufs que le vieillard loi tint. 

Lorfque Noufchirvàn , père de vôtre Majefté , m*e»voya de fe part vers te- 
Khacan des Tuircst pour hiy demander une de &9 filles en mariage , ce Prince 
fit venir devant moy toutes (es filles s afih que je fiffe.le cboc» de celle ^qve je 
trouverois la mieux faite , & la plus fortaWe pour le Roy mon mattre. 

Une des Reines , femmes du Khacan , qui efl maintenant vôtre ayente , ne: 
pouvant le refoudre à; fb fep*er de fa fille , qui eft aujourd'huy la R^ine , vô- 
tre mère, ufa d'artifice, afin que je n'en fis pas le choiî, & fit en forte qu'd- 
le parût devant ffloy , ians; auccm siutn^ wneniefàt qae celui de fk beauté m^- 
telle , pendant que les fill^ des autres Reines d préfenterent avec. la paiwe,. 
eu avec tous les ajofljemena qui coûvenoknt à léUr faé & à leur rang*. 

Je ne me laiffôy point cependant furprendre 5 ni ébtoUîr par Féclac de tout 
cet appareil extérieur, &. je m'arrêtai uniquement à celle qui me parut la pte 
fcelle, quoyque la plus négligée ; je la demandai au Roy fon père , & elle me 
Sût accordée dans le mêSK tems. H arriva donc pour lors k mon égard ceqi» 

"" dit 



HëttMàtfTS, %S9 

^ <|t tai àe UM Vàëtié : ftfoh cœur «^ tdorné plàfieurs fois 4 êrcHt & 5 gau- 
che j mtâs enfin , il a laîfië toutes les autres beautez à .part pour s'attadhcr % 
TOUS fedc* 

La Princeflfe m'ayant été confiée , le Roy fon père fît fidre , fuîvant Pufage 
in pays, fon horoicope , par les plus habiles Aftrologues, pour apprendre <fettx 
fluçlle deftinée ellç aurQJt en Perfe. Ils s^accorderent tous en ce poîrtt, qu'eïte 
Revoit mettre au monié un Prince qiri fùrpafferoit en grandeur & .en puiflan* 
*^e tous fès ancêtres; que ce Prince fèroit mr jour attaqué py un des Roys du 
Torqueftaii, fur qui il renipoiteroît une viftoire fignalée, par la valeur d'un de 
-fts Capitaines qui auroit la pbyfionomie d'un chat fauvage. 

"Les Devins dirent de plus,, que ce C^taîne feroît.vn hoimne de haute fti-i 
tore, qui àuroît le front largue, les çheYeûx épais , lé^ ^ifage pldn , le teintât 
^ brqn, les (butcîls joints^ enfemblê , & taille fort dégagée, & porteroft en Utt 
mot Ja phydonomie de cet ahimaL ' \ [ 

- Ce rapport, pourfurvît le viieill^d , ayant été feit au Khacan y je pris congé 
de lui, & Je çonduilis la Prîncefle en Perfe , & il n'eût pas plûtôc -achevé cet 
laots, diofe, étrange, au'il tomba roide mort aux pieds du Roy. Si ce Prince 
ftt Ûxrptis de cet accident , il ne fut pas moins empreffé d^apprendre le ne» 
de ce Capitaine qui devoît combattre & vaincre fes ennemis ; il fit chercher 
ivec une extrême dlKgence celui que fon trouveroit avoir les fignes que les Aftro^ 
logues àc les Devins du Turteftan avoient marquez , & comme , après une exac« 
le recherdie ^ ils fe rencontrèrent tous dans la perfomie de Baharam , fumont» 
me Tchoubin ou Khounin , félon quelques exemplaires , car ces deux mots s*é* 
crivent avec Us mêmes caraÉbères marquez de différens points , on ne douta 
point qtf il ne fût cehiy que les Aftrologues & les Devins avoient prédit. 

îiomïaz lui deftÎHaidonc le commandement de fon armée, & lui donna eft 
iBÔme teins !è pout^oîr de chbifir entre toutes fes troupes celles quHl jugeroit 
les meâlleuTQS' pour combattre les Turcs ; maïs il demeura fort étonné , lord 

3[U'îI vit que Baharam ne choifit que douze mil 'hommes d*entre les jfrfus.bravea 
e toute Tarmée , avec lefquels il prétendoit d'en battre une que l'on faifoît 
monter jufqu'au nombre de trois cent mil. 

Ce grand Capitaine, qui étoit de la race des Princes de Rei, gouvemoit pour 
lors b province d'Adherbigian ou Mçdie. Il partit de ce pays-là, d'où s'étanÇ 
avancé vers Ife csmp des Turcs , il ne fut pas plutôt en préfence , qu'il leûf 
prefenta bataille, Jl tua d\ibord le Prince Schabé Schiah d'un coup de flèche 
de Gl maîn, fit enfuite .prifonniér fon fils, qui s'étoit jette le plus avant dans là 
mêlée pour vafi^ la mort de fon père , & il mît, par ce double luccez î 
avants^ux & fi inopiné , les Turcs en un tel dèfordre , que n'ayant plus dç 
Généraux à leur tête pour les faire agir , ils prirent la fuite & abandonnèrent 
leurs fcagages aux *Pçrians. 

Baharam , après ^être rendu maître de leur camp & avoir fait un très-groi 
bntin, envoya le Prince fon prifonniér à Hormouz, avec ce^u'il avoit trouvé 
de plus pretieux parmi les dq)0ûines des ennemis , & le Roy, fort content dé 
fbn a^on , lui donna les louanges qu'il avoit méritées , par une viftoire qui avoit 
fknvé la Pferfe des mains des Turcs : mais les envieux de la gloire du vainqueur 
mn étôîent auprès du Roy, & entr'autres Jezdàn Bakfche, Ion premier Vizir ^ 
foi firent entendre , que BaJiaram ne lui avoit envoyé que la moindre partie du 
hutàa^ A gu'S s'était tefervé piofieure pièces d^un prix ineftimable» 

K k A Ces 



a(io H B, M O U Z. . 

■♦ - • ' - ' 

Ces mauvais offices firent ua tel effet fur refprit de oe Prince ^ qui ét»it 
.avare, qu'oubliant le grand fervice que Baharam venoit de lui rendre> il perdit 
tout d'un coup Teftime qu'il ayoit fi juftement conçue pour un fî grand Capl 
taine ; de forte que pour le deshonorer entièrement , en échange de fes pré. 
fens^ il lui en envoya un^ qui confiftoit ea quenouilles ^ en fuièaux & en autres 
kiftrumens, propres aux femmes pour filer. 

Baharàm outré au dernier point de TinmtitudQ du Ro^, & fe trouvant à \i 
tête d'aufli Iiraves foldats qu'étoient les uens , crut qu'il étoit en état de fe 
venger de cet affront ; il parut auffi-tôt au milieu de fes troupes paré de tout 
cet appareil féminin , qup le Roy lui avoit^ envoyé , & leur donna part de tout 
.ce qui s^étoit paûTé entre le Roy & lui, leur faifant entendre qu'ils parta^eoient 
cet affront avec lui. Ce fpeâacle accompagné des difcours féditieux de Baba- 
ram^ irrita tellement fes troupes, qui ne pouvoient. fbuffrir patiemment un trad- 
tément fi indigne ùit k ieur Général & à tout leur corps , que tous les Ofi. 
xiers lui jurèrent avec de grands fermens qu'ils le fuîvroient pan -tout oU fon. 
reifentiment le pourroit pouffer. --. 

Baharàm s'étant ainfi aflTuré de la fidélité de fbn armée, fe foi&eva hautement 
contre le Roy, fit battre mohhoye au coin de Khofrou Parviz.., fijn fils aîné^ 
& la fit répandre en fort peu de tems par toute la Periè. 

Hormou2i toi^rna auili-tôt tout fon reilentiment contre Khofrou fon fils, dui- ( 

Juel les rebelles prenoient le nom pour liii faire la guerre > ce qui obligea ce 
rince à quitter la Cour , & à fe r^ugier en Adherbigiah ou Medie , pour évl 
ter Ja colère du Roy fon père, La guerre s'échauffant cependant entre les deux 
p^tys, .Hormuz fiit défait par Baharam : mais fon malheur ne s'arrêta pas-îà^ 
car lorfqu'il voulut fe fauver dans une de fes places , il fut faîfî par une trou- 
pe de faftieux , qui l'ayant mis fous fûre garde , lui firent crever les yeux* 
, Khpzrou Parviz n'eut pas plutôt appris la difgrace de fon père , qu'il prit la ^ 
jqucalitjé de Roy, & l'allé trouver, pour fe purger de tout ce qu'on lui pouvoit 
jmputer fur ce qui s'étoît paffé. Hofmouz lui dit, qu'il recevoit fes excufes, à 
«foncHtion qu'il fit châtier ceux qui l'avoient réduit en cet état : & fon fils le 
lui ayant promis , les troubles ceflerent , & le règne de Khofrou Parviii cool- 
mença, après douze ans du règne dé fon père. 

Ce qui a été dit jufqu'icy de Hormouz , efl tiré de Khondemîr. Il faut voir 
le relie, des avantures de Baharam & de Khofrou Parviz ou Aparviz (kns leuis 
titres particuliers. Aboullarage , & plufieurs autres Hiftoriens furnomment Baha- 
ram, qui ufurpa dans la fuite la couronne, de Perfe, Marzaban 9, mot qui figpi- 
JSe- Gouverneur, & Lieutenant -Général de province & d'armée.. 
^ Nôufchirvan avoit donné pour Gouverneur à Hormouz, foa fîLs, pendant û 
jeuneflè> Buzurge mihir, homme doué de fi3rt grands, talens.. Payez dans fon tù 
tre particulier , le tour que lui fit fon difciple , auquel ce fàge (jouvemeui i^ 
iQpmmandoit fur toutes chofes la vigilance & l'application aux. affaires. 

Hoffliouz fils de Nôufchirvan,. duquel nous parlons , fut fumondnîé TagedSff., 
le Porte-CQuronne j. à caufe de la coutume qu'il avoit de s'en fervir continuel 
iement , ce que fes prédecefleurs. ne pratiquoient pas ;. car ils. ne la prenovent 
gue lorfqu'ils, rendoient juftice à leurs fujetsrc'efl pourquoy il femble qu'il eût 
pris cette coûtûaie, à caufe qu'il vouloit la rendre luy feul, ayante pour cet 
effet, caffé tous, les Officiers fubal ternes qui Tadminifiroient Ibus fbn autorité. • 

I^Ion. dit, (juQ.ce Prince étant interrogé pourquoy U ufoit d!iuie fi grande 

ïcve-5- 



H.O a. V ArT; -.-^'.H O s H I. tÇi 

fiverftë envers les Séîgheui* de ià* Cour, "dont iï fcnoit un- grand nombre dans 
les priions, répondit qu'il le faifoic, à catife quMls témoignoient de le craiiKire 
trop , & qu'il trouvent bon de fe défier toujours de ceur - .qui ne prenoient 
point de confiance en lu^r. ' frayez auffi Us titres d^Ormoz& d'Onnozd. 

< HORVAT & Harvàt Honrat Vilideti. Les. Turc$ appellent ainîi en leur 
hngue la Croatie qû^ils confondent fouvent. avec ,1a Boffine, quoy que celie*cy 
ait néanmoins fcm 'nom- particulier de Hêrzek & de Herzegoyina« 

Les Turcs appellent auffi Drenzil Ban, le Priilce ou Gouverneur de la Croa- 
tie , à caufe de Drenzen» , Comte de Cilley en Croatjfç , qui fut défait & pris 
prifonnier, par le Bâcha de la Boflîne fous Bajazet Second, l'an de l'He^îe 899, 
ée J. Ç 1493:.' , ' t 

' Les Grecs moiernes, comme Cedrenus, & auttâs , ^pellqtf les Croajtes Bor^ 
yaiœ ôc Cknyatée.. ; ^ 

HOSN al menakeb, &c. men a] fairat al Dhaheriat. La Vie & le Règne 
du quatrième Sultan des Mamlucs , Turcomans d'Egypte , nommé Bibars , fiir-^ 
nommé Al Malek Al Dhaher & Al Bondokdari , qui commença fon règne Tan 
(Ssi de THegire & le finit en 676 y qui eft de J. C le. 1277. Ce livre a pour 
î&uteur Schafagp Ben. Ali, & fe trouve dans la Bibliothèque du Roy, n^. 81 S. 

.: HOSN^ AI mohadherat fi akhbdr Mefr u af Caherat, Hîftoîre du vieil &da 
nouveau Caire d'Egypte, recueillie des ouvrages de 28 difi^érens Auteurs , par 
Gel^leddin Al Soiouthi. Elle efl dans la Bibliothèque du Roy, n'. 824. 

H OS NI ou HiSTni , iïimom de Tàkieddin Aboubecre Al Hôflainî , natif de 
Damas , qui mourut Tan 820 de THegire; Nous avons de lui deux ouvrag«^ 
dans la Bibliothèque du Roy, n\ 686« 

JLe premier efl intitulé , Soiar al falecdt al mùtmmât àl khairit , les Vies des 
iaintes Mufulmanes* 

Le fécond porte le titre, de Seîr al fakk fi ajha al mej/alek^^ là vie que doit 
mener un homme qui s'applique à la dévotion. 

H OS RI, fumom de Sââd Ben, que Ton appelle auflî fouvent Al Ovamifc,^ 
TEcrivain. If eft différent d'Ibrahim Ben Ali , duquel on parlera immédiate-' 
ment après celuy-ci , qui eft Auteur du livre intitulé Ltfdhiàt mm al MecamAt 
M Hariridt, c'eft-à-dîre , explication. & Prononciation des mots difficiles du li; 
tre de Hàriri, intitulé JÉf^r^YT^.. 

HOSRI, furriom- d'Ibrahim Ben Ali Bèn Ttemîm , qui eft plus connu fous 
le nom de Cairovani^ à caufè qu'il étoit natif de la ville de Cairoan ou de 
Cyrene en Afrique. II étoit excellent Poète, & nous avons de lui un Divan 
en Arabe qui porte fon nom. 

' Il compo(à auili en profè , dans la^ même langue , plufieurs ouvrages , dont 
les principaux font Zaber al addb ou Schaher al albàb*, les Fleurs des bonnes 
mœurs & les lumières des cœurs. Ce livre , qui eft un traité de. morale forte 
complet, eft divifé en trois parties. 

: Il en fit un autre , qpi eft compris dans un feul volume , intitulé ICetdb M 
0ÊBiffwr^ fi fin at h(min al miknoun^ le livre cadié, touchant le fecret de Thu^ 
• - • K k a^ milité^^ 






iH H es S AN. -.T-^HiDO. 

milité & lie là donceor. Ce liKr]^ €!ft fort fe(ltei#t ^ Be^ 
vent Jam fon ouvrage» intitulé Al Àmmdage. 

Ce Doâeur, fehu quelques- um > oioufuc d^n la ?ille de Cairou ft patm 
Tan de TUegire 413 9 maî^ plufieun ont-écrit ^!il publia Ççuti livre dç TaWal 
adàb feulement dans Tan 450 9 ce qui favoiife le fentiment de ceux qui aflo* 
ireat ^'il ne inounit qu'en Fae 453. C'efi aînfi ^'eo parie ISkA Bafflbl A» 
fim li¥re iotimlé M Ùakhir^y ou Tféfor. 

Cet Ibrahim eft iUmoidmé Uofti ^^à caife > qu'il ifinfoittm rendoie ce vw lei 
Arabes appellent Albofhi^ plurier de Hafiîr > qui (ignifie une tmtte faite de joie, 
de Milles de palimer ou d'écorce de pannes » iur laquelle Ton s'«(B$d » o« Toi 
fe coudie. 

Un autre Ibrahim , natif de Bagdad ou Bagdet , Dofteur très-içairant iaif& % 
lop & dans la mofâk des Moftafanns , fut foricanmé Al Zagîige » k Vem>r, 
à caufe que lui ou fes ancêtres faifdient pxofeifion de polir &.finHriîUtr|pveir 
re. J^m. K}iakcin. Foyez ai^fli |Cairoan. 

HOSSAJ>L £bn Beithir cite fouveat dans fon Mpgni un Auteur qui s 
écrit en Médecine . nommé £bii HoBXin ou Huffào. 



HOSSAS, furnom d'Aboubecre Ahmed Ebn Ati , qui eft cité fouvent foui 
le nom de HoïTas Al Razi , à caufe qu'il étoit natif de la ville de Rei. 3B t 
jcûm^ofé un ouvrage, intitulé Akcdm JUtofo». Foyet u titre. ' Cet Autsur nou- 

rufc Vdn de THegife 370, 

î 

HOSSOUN Al çebil al raovaflî, nom d'une place trèS-forte dû pays ci 

'Royaume de Lar, qui eft proche du Golfe Perfique. Elle porte encore le ttom 

de BuTi^efd » ieloâ Arabfchah > qui appelle ce pays- là Belad al Lour , o« 

Laour. 

HOO & Hii; ce mot Arabe a plufî^^rs fîgnîficatidns , lefîiueHes s'entendront 
beaucoup mieux , par le récit que Ton va faire , que par quelque explication 
littérale que Ton lui pût donner. Il y avoit parmy les Tutcs en Natolie un de 
ces Abdais eu Ëxtafiez, duquel on a déjà dit un mot dans la lettre B, que 
Von nommoit Baba Bazarlu 9 lequel fe tenoit ordinairement enfermé dans la 
cellule^ 4^ ne fe ^fervoit point d^autre livre que de fa muraille ^ fur laquelle 1 
avoit fait écrire un fbul mot de deux lettres ^qui en occupoit toute la fui^ce 
par li^ groâèur ôc par la grandeur de fes caraaères. 

Ce mot eft Hd 9 que 1 on prononce Hou , lequel étant quelquefois le pro* 
nom de la troifîème perfonne 9 & quelquefois le verbe fubftantif pour expri- 
mer ce fens: i/ 1/^, dte forte que «e mot devient auffi un des noms deDieu» 
parce qu'il marque fon eifence fmiple & abfolue y de répond au nom que Din 
le donne à luy-même : Je JuU celny qui Jms <>û raî eft. 

Les Mufulmans , pour remarquer cecy en paflant , mettent or dinaireœnt ci 
mot au commencement de tous leurs ouvrages , & il fe trouve en tête de toui 
les Refcripts » Pafleports » & Lettres Patentes des Princes & its Gouveraewl 
Mahometans. 

Ceux qui font profeflîon d'une vie {dus retirée & plus religiei^ , -en fott 
l'entretien de Jeur dévotion ; ils le prononcent ft>uv^ dans leurs prières & 
dans leurs élévations d'tfprit : tl y en ft qui te répètent d torcat» & avec tant 

4t 



H.QUm 



^ 



feot: & traitent ibujirenc (igns ites fyqcQJpesr^ qu'ils âpjppUeqC i^tit^ 

Quelques gens d'efprit écant venus un jour^vifiter Bazarlu, lui direitt en raM^ 
lut: Ce grand Hou 9 qui eft écrît dans vôtre œHnlo^, ne p9u( jpJw- fet ni^pQr- 
ter. à aocua nom» ni à aucun verbe tant il eâ grand : c^r il faut remarqiD^r 
qiae ce pronom, eft ib^veot relatif â^ s'attacbe ^ m fin.de^Q9ny m ë^^verliies^» 
ce (^li lus donnç le nom d^a^xf^» & il fa^roi(., jlui datent -lijis vQiie I4 parole 
oit il feroit attaché, fût couchée^lf^s ud ^fpacp destefim! , : fi Ji'oo voidoit x 
l^ffi&r quelque proportion . : . , f . ^ 

Bazarlu, qui ne manquoit pas d'efprit, leur répondit » faiiant. aHufion aùrnom 
de DieU) que ce proacxn i^;nîfiè :. Mes amis , fçacbâi ^ue ce loot ne iè rap- 
porte k ajticun autre , & que tous les autres iè rapportent à lu]} ,( & U leur eX'^ 
jjBqaaL fkp&n&e par ces vers en langue Turque(q)^. 

jU gamdem du Pshis répond 4: ^ puifana^ de ctiuy qm ^JnilfHi r dfi même fu 
chaque nid eft proportionné M fon oyfeau^ 

Ne penfez. pas non, pba qite les liommes fe gouvernent ou fiknÈ emportez ^ ccrnme 
ton dit ordinairement, par le tems } car c\Jl le tems qui s'accommode aux 
hommes j qui dij^feiit de luy a^mme étant fait pour eux. 



s. • 



HOUDl^'eft le nom qtie Ics; Arabes donnent an Patriarche ^ que les Hé^ 
^reux appdlent Heber ; car il a phi à JV^omet d'appelkr aiafi ce Patriarche , 
ptroe que croyant ^ comme Tont cru plufieurs de nos. Aufieurs , que le nom- 
d^Hebf eia étoit dérivé de cehiy du^ ^triarché Heber , par la même raifon celuy 
éfo khond, qui fignifia Juif^ devoit être formé de celuy de Hôad, & qu'ainfi- 
Hcud ^ Hëber étoiênt le même nom.. 

Hond étoît fik dé Saleh , fila d'Atphaxad ^ fils de Sem^^ fils de Noé. Dieu^ 
f envioya prêieber auK peuples d'Ad & de Schedéd : mais il y fit peu de firuit, 
trouvant même fort petf de gens qui l'écoutaflent ^ & encote moins <ie cent 
qui ajoutaient foy à fes paroles. L'incrédulité de ces peuples irrita teilemeqt: 
te Seigneur 9 qu'il envoya un vent brûlant, nostuné Rih âkim dans TAlcorany, 
opû les. fit prefque tous périr. . « 

Après cette punition , Houd fe retira , félon dfbelques Auteurs , avec un pe* 
dt nombre de fidèles à la. Mecque , où il établit fa demeure ; mais , félon les 
autres , il pafla d^ns la province nommée Hatfarmavet ou Hàdhramuth , où il 
fibit^ joues. 

-£n effiâ:> on voir encore (on (èpulcre dans la province dlemen ou Arabie 
Heureufe , pnxdte là ville de Mirbatb : il y a même une petite ville bâtie à 
rcntxxir, qui parte encore le nom de Cabar Houd , le fepulcre de Hoùd. Ce 
Patriarche vivoît àa tems que Gfam fchid regnoit en Pêne , félon lé Tarikh 
MoBtekheb ou Co2!tdeb«.' 

Ce 4|iie noqs avonr- rapptMté cy-de^s^ n'efl qu'un abfegé qui eft couché dans 
là. Chronique choifîe 9 ou Tarikh Montekheb , que Ton vient dé citer •: mais 
IjCb tsoi^ve rhiftoîre . de Houd Uen plus éCendne dans Khpndemir ^ & dans la ^ 
para^hiaiê de Hôufl&iû Vàéz ^ fur le chapitre de TAlcoran quf porte fon nom; 

II» di&ot donc ? que le Patriarche ou Prophète Houd , car c'eft ainfi qu'ils 
i^ippeUenti.étoit fils deSdialekh» fils d'Acphaxad, fils dé Sem, fils de Noë,. 



7i6^ Houa 

& qu*il hlquit dans TÂmbie parmi le peuple nommé Âd, c^eft-&.dife, les A** 
dites qui defcendolent d'Ad fils de Aous ou Hus, fils d'Anun, fils deSesi) 
fils de Nos. 

Dieu 9 fiiivant la tradition Mufiilmane tirée du chapitre Aaraf ^ le deftina pour 
prêdier à ce peuple Tunité de fon eflènce, &, pour le détourner du odte dtt 
idoles. Ces idoles étoient Sakiah qu*ils invoquoient pour avoir de la pluye: Ha- 
fedhah h qui ils recouroient polir être prefervez de mauvaifes rencontres pen- 
dant leurs voj^ges : Razceah qu'ils crbyoieql^ leur fournir les cbofes necéflaires 
à la vie; & Salemah qu'ils imploroient pour le recouvrement de la fancé, quand 
ils étoient malades. 

Ces Adites habitoient dans TArabie Heureufe en une contrée nommée Ahcaf; 
mot qui fîgnifie en Arabe des collines de fable 9 dont tout le terroir qui s'étend 
depuis la province de Hadhramut jufqu'à celle d'Oman fur les bords du Golfe 
Ferfique, efl; entièrement couvert. Houd prêcha inutilement à ce peuple 
pendant pilleurs années , jufqu'à ce que Dieu enfin fe lafla de les attendre à 
pénitence.' 

La, première punition que Dieu leur envoya, fut une famine de trois ^ 
confecutifs, pendant lefquels le ciel fut fermé pour eux. Cette famine jointe 
à beaucoup d autres maux qu'elle caufa, emporta une grande partie de ce peu- 
ple qui étoit le plus fort, le plus<iche, & le plus puilTant de toute l'Arabie. 

Les Adites fe voyant réduits à une telle extrémité 9 &^ ne recevant aucun 
fecours de leurs fauffes Divihitez 9 refolurent de faire un pèlerinage en un lieu 
de la province de Hegiàz où efl: fituée prefentement la Mecque. Il s'élevoit 
pour lors en ce lieu une colline de fable rouge , autour de laquelle on voyoit 
toujours un grand concours de divers peuples : & toutes ces nations tant fidel- 
les qu'înfidelles , croyoient obtenir de Dieu, en le vifitant avec dévotion, tout 
ce quMls lui demandolent concernant les befoins , & les neceffitez de la vie. 

Les Adites ayant donc refolu d'entreprendre ce voyage religieux , _ choifirent 
foixante-dix hommes, à la tête defqucis ils mirent Mortadh & Kiiles, deux 
plus confiderables perfonages du pays, pour s'acquiter au nom de tout le peu- 
ple de ce devoir, & obtenir du ciel par ce moyen, la pluye fans laquelle tout 
étoit perdu chez eux. Ces gens étant partis, arrivèrent auprès de Moavie, qui 
regnoit pour lors dans la prdVince.dc Hegiaz, & en furent très -bien reçus. 
Ils lui expoferent le fujct de leur voyage , & lui demandèrent la permiffion a al- 
ler faire lexirs dévotions à la colline rouge , pour obtenir de la pluye. 

Morthad qui étoit le plus fage de cette troupe, & qui avoit été pcrfiiadé 
par les prédications dû Prophète Houd , remontroit fouvent à fes compagnons, 
qu il étoit inutiUe d'aller faire des prières en ce lieu là, fi auparavant on n'ad- 
heroit aux veritez. que le Prophète Houd leur- prêchoit, & fi Ton ne faifoit 
une ferieufe pénitence de leur péché d'incrédulité: car comment voulez -vous, 
leur difoit-il, que Dieu répande fur nous la pluye abondante de là mifericor- 
de, fi nous refufons d'écouter la voix de ccluy qu'il a envoyé pour nousiû- 
itruîre. 

Kil qui .étoit des plus obfl:rnéz dans fon -erreur, & par conféquent des pte 
<:ontraires au Prophète, entendant les difcours de fon collègue, pria auffitôt le 
Roy Moavie de retenir prifonnier Mortadh , pendant que lui & les fiens iroient 
faire leurs prières fur la colline. Moavie le rendît à fes inftances, & retenant 

celui- 



\ 



V 



HQUD. . \ : tôs, 



«îoi-cyprifiMinîer^.permk aux autres: de pottrfuîvfô leur voyage, & d-accom- 

plîr leur vœu. 

JCil demeuré feuL chef de. ces fourvoyez., étant arrivé avec les /lens fur le 
lieu, fit ainû fa prière: Seigneur dotin z au peuple d'^d de la pluye telle quHl vous 
plaira y & il ne l'eut pas plutôt achevée, qu'il parut trois nuées au ciel, Tune 
Manche , Tautre rouge, & la troilième noire. En même tem^ on entendit re- 
tentîr du ciel ces paroles : Cbai/is laquelle tu yeux de. ces- trois. KiL ehoifit la 
Noire, qu'il croyoit la plus chargée, & la plus abondante en eau dont ils 
avoient 'un extrême befoin, & après avoh* fait ce choix, il quitta auffi-tôt cet 
endroit , pour prendre la route de fon pays , fe flattant du fuccez heureux qu'a- 
voît eu ion voyage. 

Auffi-tât que Kil fut arrivé dans la vallée de Mogaith, une des contrées du 
pays des Adites, il donna part à fes compatriotes de la réponfe favorable qu'il 
avoif reçue, & de la nuée qui devoît arroufer bientôt toutes leurs terres: ces 
peuples infenlèz fortirent tous de leurs habitations pour la recevoir ; mais cette 
nuée qui n'étoit grofle que de la vangeance Divine , ne produifit qu'un vent 
très- froid &. très-violeut que les Arabes appellent Sarfar, lequel foufflant pen- 
dant fept nuits, & fept jours entiers, extermina tous les Infidèles du pays, & 
ne laîfla en vie que le Prophète HouJ avec ceux qui l'avoient écouté , & em- 
braflë la foy.- 

Ceft ce que fignîfient ces paroles qui terminent Thiftoire de Houd dans le 
chapitre qui porte^ fon nom. Nous avons délivré Houd 6f tous les Jiens par nôtre 
mftricorde y tf ftous avbns îxtermini mticrement ceux qui ont méprifé nos fignes^ 
ïf qui font demeuré dans rinfideliîé. 

Houd ou Heber dit dans Je chapitre de TAIcoran qui porte fon nom^ au 
peuple auqud il prêchoit la parole de Dieu, & qui le menaçoit du derrner 
fupplice^ ces narolcs couchées dans fon chapitre: J^ay mis toute ma confiance 
en Dieu qui e/î mon Seigneur & le vôtre; car il ri y a aucune créature fur terre ^ 
qu^ll ne tienne erttre fes mains par la' touffe des cheveux de^ fon front ^ pour ks con^ 
duire par le droit chemin où il lui plait. 

Les Interpret& de ce paflage difent que cette façon de parler , tenir quelqu'un 
nar les cheveux du devant de fa tête , fignifîe que Ton eft maître abfolu de fa 
perfonne, en forte qu'il ne puifle rien faire que ce qu'ir plaît à celuy qui le 
tient par* cet endroit. 

L'Auteur du Bahar aThacaîk*dît que ce chemin droit eft celui qui conduit, 
& qui fe termine à Dieu exclufivement à tout autre fuivant ce paflage où il 
eft dit : U enn ela rabbeka montehi : - Ç'eft à Dieu feul que toutes chofes fe 
rapportent. 

Dans le livre intitulé Ndcd al noffous^ qui efl: une compilation de plufieurs 
commentaires de l'AIcoran, dans le chap. qui traite de l'unité, des a6Uons, c'eft- 
à -dire, de quelle mamere Dieu agît dans l'homme, & de quelle façon l'hom- 
jne coopère avec Dieu dans la produftiom jde fes aftions , l'on trouve félon le 
ientiment des Doâeurs Mufulmans qui paffent pour les plus Orthodoxes ; que 
le Souverain Etre élevé au deflus de toutes chofes, à fçavôir Dieu, eft effec- 
«vement l'Auteur , & le principe de toutes les aâbions des créatures , & même 
de toutes leurs coopérations; que c'efl: lui-feul^ lequel par l'ordre de là provl^ 
dence, & avec le concours des caufes fécondes qu'il a établi, attire chaque 
cliofe à'foy, febn la capacité & les difpofitions du iuiet,.& qu!eA secy coofifle 

ToMïlI. Ll riu- 



*¥* 



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H IT S. -H O U S S A I N. 



rintelligence de ce vdribt ot'le Prophète HtoQd âk <ipe VimtMùk m chtcm 
par les chevaux de Ton fronts & le porte infailliblement & diredemeot otril 
hii plait. Un Podte myftique explique ce fentiment en im feul ven qû eS 
moitié Perfien & moitié Arabe. 

Dieu a aitiré premeremmt celui qui a attiré ceux par ^ imis^ êtes attiré fMfib 
ménUf afin que teus aUlent ff retcumcfU à luy. 

Un autre ft dit fur lie même fujetj Puiique tons les chemins qui fe tnniveot 
foit à droit, ihit'à gauche, tendent à lui, tu as beau &ire, quelque cheiw 
que tu prennes, tu iras vers luy, ou pour être recompenfé,li. tu as pris la droi* 
te, ou pour êtte puni & tu as pris la gauche.. Comme ùwC prend fim. origine 
de lui, il fisuit auffi que tout s'y termine». 

Il y a plufiâirs pafiàges dans ce même chapitre intitulé Houd fsouchant la pi^ 
deituiation , & la réprobation pofltive , qui ont fait dire i Timpoiteur qm 
Fa fabriqué i par une hypocriiie qui nJa point & pareille ,. que le diapitte Houd 
lui avoit fait venir les cheveux gris avant \e tems , tant il* en ayoit été 
effrayé. 

Il y a un Carah Giâfàr AI Càfchiri qui eft fur-fiommé £hii Houd Al Nifci». 
bouri. J^oyez k titre de Carah Giâfar., 




HOUSSAIN, Second fils d'Alî , & frère de Haflàn, lequel ayant reftifé de 
leconnoître lezid fils de Maovie pour Khalife légitime > tut oUigé de quitta 
la ville de Nfedine, &. de fe rétirer à la Mecque. Les habitans de Couâh} 
àont la plus grande partie avoit beaucoup d'inclînation pour la famille d' Ali ». 
ayant appris m retraite dé Houflain, le convièrent de venir chez eux, après 
ravoir prodamé, & reconnu unanimement pour i2bah'fe légitime ^. & déclaré 
Jezid pour un ufurpateun. . 

' lezia n'eut pas plutôt appris èette nou\^lle, quiîl dépêcha un de.fb Capitait 
nés nommé Obeidallah, avec dts troupes pour aller au Rêvant de lui,..* Ce Ca- 
pitaine ayant -rencontré Houflain dans la niaine de Kerbela qu^l traverfoit pour^ 
venir à Côufàh à grandes journées avec, fbixante,- douze perîbnnes feulement de: 
ik famille, le tua lui & tous. les fiëns, if an 6i de THegire. 

Cette mort de H'ouflaiin que les Perfans appellent Schehadct, c-eft-à-dSre, le 
Martynst par excellence, eft déplorée tous les ans parmi eux le dixiènie jour 
du mois nommé Moharram, & a été la caufe de la haine implacable des Kha- 
lifes AbbaiCdes, contre les Ommiadés< Cecy d'étant qu'un abrégé de rhiiloire 
die Houflain,. nous ea. allons voîr quelques autres paxticularitez. des. plus re*- 
mrquables» 

-.Houflain fécond fils d^AIi,. que les P^fam dii^nt ôtre le troiirème lioàùi ou 
Pondfe de la loy Mufulmane , naquit -à Medine la quatrième aimëe de THegire,^ 
n'ayant été; que fix mois^ dans Ife Centre de fa mère Fathem^ fidJe de Maho- 
met. Sd: naiflance pafle chez les Përians pour miracuteu£e| car ils avancent, 
iandimient^u'aucup eQ^ja'fift.i]^ dam ce lerme ayant. lui> à J^ ï^tv^ dla^ 



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HOU5S AIR ^t67 

h\iL\ «ai èû (UtiNJfein Baptifte. Us dife^t aiiffi que h mort tiolénte qvfit de- 
voit fouffrir pour h juftice de fon droits & pour la Religion, mort que le» 
MuTuImaos qualifient du nom de Sdbedadat, qui figniâe témoignage , ou marty- 
re, hil fut annoncée par Gabriel 5 lorsqu'il étoit encore dans le temsde fon en- 
fance , & que cette nouvelle lui donna dès ce teins - là un air morne & trille 
qu'il conferva toute (a vie. 

Houflain étoit i^é de huit aœ, lorfque Mahomet mourut, êc de trente-fept 
au tems qu'Ali fon père fut afiàifiné. Le refte de & vie qui fut encore d'en- 
viron vingt ans, fe paffa afiez paffiblement fous le Khalifât de Maovie: mais 
lezid fon iils, & fon fuccelTeur ayant commencé à régner l'an 60 de THegire, 
<:et impie qui s'étoit déclaré ouvertement l'eimemy de Mahomet , dc^ de fit mai* 
ion , envoya fes ordres à Medine pow ^kre mourir Houilkin & Abdallah fils 
de Zobair qui pouvoient lui difputer )e KhaHfat. ^ v 

Ces oirdres ne furent pa^ fi feerets, quMls ne vinfient à la ctMinoiflknce de 
ces deux perfonnages; c'eft ppurqiKjy, après avoir délibéré conjointement fiiree 

r[tt^l y avoit à faire , ils prh*ent la refi^ion de fe réfugier à la Mecque , àp ^ 
e^ déclarer tous éeux ouvertement contre lezid, & de i^e le regarder plus que 
gramme un Uforpateur, 

Les habitans de la ville de Coufah ayant appris d'un côté la periccution 
qu'Ie2id faifoit i Houfllûn, & de l'autre, que les Medinois avoient proclamé 
Khalife Abdatrah file de Zobair, firent Ravoir à Houfllàin que s'il vouloit ffc 
tramfporter chez eux, il y Ibroit non feulement en fureté de fa perfonne, mais 
qu*en coufideration de Teflime qu'ils avoient pour AH fon père, & pour fSi 
na%^n, ib lui rehdroîent leurs hommages^, & le reconnoitroient pour le leul 
légitime & véritable KhaUfe; HoufTain prit le partyde les alla: trouver. 

n fortit pour cet effet fort fëcretement de la Àf ecque , accompagné feulement 
de {cÀxstntB-âoaze Cavaliers qui écoient tous iës enfans, ou proches parens > 
efcorté de quelques troupes d'infanterie Arabe, prenant /le chemin dudefertqui 
' eft entre Coufah & la Mecque; mats il ne put û bien cacher fz marche, 
^uXDbeidalIah un des Généraux des armées d'Iezid qui commandoit les troupes 
d'Arabie, n'en eât avis. Ce General lui coupa le chemin par la Chaldée^ que l'on 
appelle aujourd'buy l'Iraque Arabique & Babylonienne, & le rencontra datns 1« 
campagne de Kerbîela, où plufieurs troupes tétant jointes à luy, Houflain fe vit 
mv^ tout d'un coup par dix mil chevaux. 

Il falloit dans une telle conjonélure , ou fe rendre ou périr en combattant; 
HoufBiin chofit le detnîcr party, & Ce fut en cette extrémité qu'après avoir 
^(Hnbatta avec une bravoure incroyable , Ôc vendu bien chèrement fa vie à fes 
ennemis , il fut mis en {neces M du les fiens te dixième jour du mois Moharram 
^ms la fixante -unième année deTHegire. 

Cette datte eft fi célèbre P^rnii les Perfans, qu'ils rappellent encore au- 
jourdTmy, la jotfrnéede*Houffaîn, Jaum Houffiài, de Rouz MouiSain, jour ce- 
pendant que les autres Mufulmans appellent Afchour, & Afchoura. La mé- 
moire , & le Ileuil de cette mort ion encore célébrez foliefinnellement tous les 
tms psHmi eux , & c'efl eet anniverfaire de pleurs & de lamentations extrava^ 

tntes qui entretient encore aujourd'huy faverfîon de cette nation, pour toud 
Mufuhnans qui ne font pas dans leurs fentimens, de même qu'elte caufa pour 
lors une haine impfoeable entre les Ommiades, & le£ AbbalBdes, commte Ton 
ipeut voir en ^hifienrs en<h^its^ de cet ouvrage. 

Ll 2 La 




t6t 



HO'ITSS AI N. 



Ltt téter dé Houflkîn fut envoyée par Dbeidallah à lezîd qui lui ififulta^ & ne 

; permit qu'avec peine qu'elle fut enterrée dans la ville de Damas. Elle fut 

. mife d'abord en un lieu nommé Bab al faradis, la porte des Jardins, d'où elle 

. fut tranfportée à Afcalon. en Paleftine, & de-là au Caire nar les Khalifes Faths- 

.initps maîtres. de la Syrie,. & de l'Egypte, dans une Mofquée bâtie exprès fous 

le nom de Mafchehad Houflain, c'efl-à-dire le fepulcre da Martyr Hpuffain. 

.^ Son corps fut inhumé. dans la plaine de Kerbela où Adhadeddoulat, premier 

. Sultan de la race des Bouides, fit bâtir un fomptueux monument , qui efl eDcore 

auioui-d'huy vifité aViec grande dévotion par les Perfàns. Ce Sultan donna à 

. fon édifice le noim de Kunbud Faiz qui fignifîe en langue Perfienne , le Domc 

ou la Youte ^magnifique ; mais on l'appelle aujourd'hui, communément en Arabe 

Mafchehad liouffain , le lieu du martyre de Houflain, quin'eft pas fort éloif 

gné du Mafchehad Ali qui eft.ie Sépulcre de fon pore Ali, 

' La iftôrt de Houffain ne demeura pas long-tems fans être vangée:,car peu 

-après qu'elle fut arrivée, fous le règne même des Oramiades, il s'éleva plufieuK 

•partys qui demandèrent le fang de Houfiain; car c'efl ainfi que, les Mufulmaus 

parlent, quand on fe porte pour vangeur de la mort de quelqu'un, &Mokhtar, 

un des chefs de ces faftieux, fe vanta d'avoir fait mourir lui-feul, près de 50 

:mîl des ennemis de la Maifon d'Ali. 

Les deux titres que l'on donne en Perfe ordinairement à Houffain, font ce» 
luy de Schehid, le Martir, & celui de Seid., le Seigneur, & par le motd'Al 
£eidani, qui fignifie, les deux Seigneurs, fans y rien ajouter, on entend toù<r 
jours les deux fils aînez d'Ali qui font Haflan &Houfirain« 
: Ben Schonah rapporte entre les autres aâions de pieté que HouiTain prad- 
quoit,, qulil. faifoit .tous Jes jours en 24 heures .mil adorations, ou proUra- 
tions devant Dieu, & qu'à l'âge de $5 ^^^ ^^ ^^oit fait vingt -cing foi^le pe- 
Jerioage de la Mecque qu'un bon JMufulman n'eft obligé, de faire qu'une foK 
tn fil vie. 

Jezdi daaç fon- livre intitulé Reffalat fi beiaç almskabbatj qui efl: un traité de 
l'amour de Dieu , rapporte que Houflain ayant demandé un jour, à Ali fon père 
s'il l'aimoit, & Ali lui ayant répondu qu'il Taimoit tendrement , Houflain lui de-, 
manda derechef s'il aimoit Dieu , & qu'Ali lui ayant auffi répondu affirmative- 
ment, Houflkin. lui dit: Deux amours -ne peuvent pas fe rencontrer dans un mê- 
me cœur; ni Dieu n'a pas donné deux cœurs k l'iiomme.. A ces paroles le 
cœur d'Aï} s'attendrit,. & l'on- die même qu'il pleura» 

Houlfaio touché des larmes de fon père, reprit la parole , &: lui dit, pour te 
confolet: Si vous aviez à choifir entre le. péché d'infidélité envers Dieu, où 
ma mort,: que fanez vous? Je choifirois de vous donner plutôt la mort, que 
d'abandonner ma foy , repartit Ali ; vous pouvez donc reconnoître par cette 
marqua, lui répliqua Houlfaîn, que l'amour que vous avez. pour moy n'eft 
qu'^n^e tenidrcfle naturelle y, & que. celuy que vvous portez à Dieu^ eu un ve-r 
ritpble. îmiôur. . . 

• Houlfein- Vaêz d?ns fa Parapbrafe Pcrfienne de l'Alcoran, attribue à Houffain 
ee qui- a déjà été dit de Haflan fon frère, au fajet de l'efclave auquel il par- 
donna une faute puniiFablei II importe peu de fçavoir precifément lequel des 
deux frères a fajt cette aftion qui.eft fort hcile dans les perfonnes même de la plus 
haffe qualité ^mais ce. que dit, le. même Auteur touchant ces deux frères., quoj 
qu'il, femble être à l'honneur de.j£susrCaRi5Ta- eft tout- il fait impertinenu 

H. 



•• tt pofe jiôur pricfcirpe qiie felbrirEcritiire feinte Tôirpeuf fort bîentirèr la 
^néologie de quelqu'un dû côté de (à niere, puifque J&s us. Chkist eft dit 
fils d'Abraham, quoy qu'il ne defcende de luy que par la bienheureufe Maria 
ià mère; -ce font les propres^paroies de: cet Auteuf, & qu*ainfi' Fon- peut foû- 
tenir avec verîté que Haffan &. Houflain font véritables ffls de Afcihomet , quoy 
qu'ils ne defcendent de lui que par Fathcmah leur mère. Voyez le. titre de Mi- 
riam, qui eft la Ikintc Vierge^ :où Ton peut voicles fentimens desMufulmansj 
fur fon fujet. ."..,, 

. Avant que de finir cet article, fy ajouterai que les Mouaheditès ,• Princes qui 
ont régné en Afrique, & en Efpagne, qui font plus connus daùs nos hiftoire» 
£>ùs lé nom dIAlmolmdes, prétendoient defcendre en ligne direâe & mafcuîine 
de Houflain. 

HOUS SAIN Ben Sâm, Ceft le nôifc du^ Fondateur de la dyniffie des Gàu- 
«des. U faut voir les avantures de fon père dans, le titre, de Sâm , & pour part 
1er de- celles de Houflain fon fils, je fuivray ce que Khondemir en a écrit. 

Houflain s'étant ikuvé feul d'un naufrage avec un tigre , lequel quoy qu'affamé 
de trois jours, le quitta, & s'enfuit dans le bois auffi-tôt qu'il fut à terre, 
^gna comme il pût ufie ville qui n'étok pas éloignée du rivage de la 
mer. Se trouvant étrai^er & dénué de toutes fortes de commoditez en 
pe lieu, il fut obligé de coucher pendant la nuit fur le pas d'une 
boutique, où le Guet qui faifoît la ronde l'ayant trouvé, il fut pris pour 
im voleur de nuit, &. mené, en' cette, qualité dans les prifons de- la ville. U 
demeura en cet ét^ l'efpace de fkpt mois, au bout defquels le Prince de ce 
pays -là étant tombé maUde, & ayant fait^ par charité, fortir des prifons tous 
ceux qui s'y trouvoient enfermez, Houflain fut délivré avec les autres. 

Àuffi-tôt qu'il eut recouvré & liberté, il prit le chemin de Gaznah, fiege ro- 
yal des Sultans Gaznevides de- la Maifon- de Sebefteghin ^ dont la Cour étoit 
alors très •- floriffunte ; mais il n'eut pas fait une journée de chemin, qu'il tom- 
ba entre, les mains- dîme bande de voleurs- de grand chemin , qui le voyant 
homme robufl?e, & de bonne mine, lui donnèrent auffi-tôt un cheval^ & des 
armes, & le "firent marcher avec eux. 

Il y avoit fort peu de tems que Houffain ^toit enrôlé parmi ces brigands,- 
lorfque 1^ gardes du Sultan Ibrahim fils de Maflbûd qui regnoit dès Tan 450 
de l'Hegire , tombèrent fur eux , & les conduifirent tous prifonmers à Gaz^ 
nah où ils furent condamnez à la morti Houflain étant conduit au lieu du fup^ 
plice avec les autres , fit fô prière j & dit à Dieu : Seigneur vous ne faites ja- 
mais (Tinjufticey 6f vous ne tombez jamais dans Verreur^ pennettrez^yous qu^un in^ 
nocent foit enveloppé dans le crime- du coupables ? 

Les gens du Sultan entendant ces paroles , s'informèrent de lui par quel ren- 
contre- étant innocent , il s'étoit trouvé en fi mauvaîfe compagnie : Houflain . 
leur raconta le détail de toutes fes difgraces, & de ceires de. fa famille, de fon 
naufrage, de fon premier emprifonnement dans une ville des Indes, & enfin 
de la compagnie de ces voleurs. Les Officiers de la juftice entendant le récit 
de fes avantures, en furent touchez, & après l'avoir tiré des mains de rexecu»- 
teur, le . prefenterent au Sultan, qui voulut apprendre de fa bouche même Thl-» 
itbire de fes infortunes. 

Après que Houflain la lui eut expoféc, le Sultan qui étoit d'un naturel fort 
inonain, étant perfuadé de la vérité de fon récit, fut touché en même tems de^ 

Ll i foaî 



tr^ ^ôVSÈAin, 



SoTi iondtttics ^ Se ftyttt Tceonou dans fa phifionofluo qodh^tt traits ^ ter- 
quoient la gtandeor de fan ame, voulut prendre le ûnn de f& fbrtfune & lar^ 
tint à fa Cour. 

Houflain profita fi bien des premières faveors du Sultan 9 qu'il gagna en pei 
de tems fa confiance <. & s'avahca de devrez on devrez tofaa'aax Dremîem 



qoarant&<]eux ans de 
CMafibûd tes 



règne ran de liiegîre 492 9 qui répond à I an 1098 de J. C Maflbûd troifième 
du nom 9 fils & fuccefleur dlbrahim 9 le fit Gouverneur gênerai de h grande 
Province de Gaour , ou Gaur dont il étoit originaire 9 dt o£ fe$ anc&ûres a^nt 
autrefois r^né. y^yez tes titres de Gaûr, (f de Sàm. 

Ilaufiàin9 fils de Sim 9 eut un fik aîné qui pcMta le nsftine nom 9 & fut fiis* 
nommé Âlaeddin Gehanfouz. Foyez le titre de Gebanfouz. 

HOUSSAIN Ben Avis; ou Ben VeJ5 9 étoit le fils àto^ de ScbeiEft Avis, 
& portoit le titre de Kurkan, parce qu'il étoit paœnt proche des Sultans Mor 
gols de la race de Genghlzkban 9 stuffi - bien que cehiy dllkh&ii 9 à caufe qrï 
defcendoit de Holagu qui portoit le titre d'Ilklian. U fut le troifième Prince 
des Ilefchaniens. 

Il fe rendit maître de Bagdet9 de llraque Babyloni^ine ou Ae2bique9 à de 
fAdherbigiàn ; mais il fut dépo«mié de tous ces Etats 9 A mis à mort par Aih 
med fon frère puîné Tan de THegire 7839 de J. C. 1381. f^yez les titres i!Am^ 
.de Veîs9 (f if Ahmed Ben Avis. 

Houflidn Kurkin II Khani fut père de Scheikh Hafilm 9 mary de Bagdad Klou 
toun; il défit Baifllir & le chafià enfuite de toute ta Province de Khoraffiui 
jbus le Sultan Abâfaid Ben Algiaptu. Foyez le titre de ce SuUm. 

HOUSSAIN S<rithdn9 Prince de la race de Grenghizkhan qui regnoit dans une 
partie du Khorall?»!), dont la ville derBalkhe efi: la capitale 9 & dans la Traor 
ibxane^ L'on tient communément que Timur ou Tamerlan étoit à fon ièr- 
vice 9 & qu'il fe révolta contte lui. Quoy qu'il en ibit 9 il efl certain qu'il fut 
.défait & tué par Tamerlan l'an de l!Hcgire 771 9 de J. C. 13699 depuis lequel. 
;tems on .compte le règne de ce Conquérant jui^u'en i'an 807 9 qu'il mourut 
Houflkîn avoit été fait prifonnier à Balkhe.pù Tamerlan Tavoit affiegé. 

Tamerlan n'ofa pas après la mort de Houflain prendre le titre de Kban9 ni 
de Sultan .; . mais il donna ce titre à Soiorgatmifche qui étoit aufli de la raûe 
^Genghizkhanienne 9 quoy qu'il poiFedât cependant toute Tautorité dans fes Etats. 
. Quelques Auteurs font cet Houllàin Sultan de Hcrat9 & lui donnent un fils 
^nommé Galatheddin qu'ils difent avoir autrefois fauve Tamerlan du gibet loc 
qu'il fut pris dans fes Etats comme un voleur. 

HOUSSAIN Sofî, Sultan de Khovarezrae9 lequel ayant été long-tems épar- 
:gné par Tamerlan , mourut enfin paifîblement dans fes Etats 9 & laiflTa la cou- 
ronne à fon fils Jofef Sofî ; mdis celuy-cy fut affiegé & pris daos fa capitale 
par Tamerlan qui le fît mourir, & fe rendit par ce moyen m^tre de tout et 
^rand pays. 

Ces deux Sultans ne faîfoient pas profeffion de la Religion Orthodoxe des 
Mufulmans 9 & le titre de Sofî qu'ils portoient 9 marque qu ils étoient Scbiit» 
.&• Sénateurs d'AlL 

HOUSSAIN 



HOU S S A ï VL • •: HïTSiC ffE NK «jn 

' nOUS^ AIN Beil Msofôbr ou Manfbr. Cdk te liooi^ d'an peilbmteée qui 
f: fait graid bruit daob le -Mufiilnumifine iîir le. fiijet de ùl éo&tiàs. - 41 portait 
ifi furnom <k ifallltge». f^yai çt titre,.* 

HOySSA^IN Mîrza^ Sis de Minfour oa d'AImanfor^ fils de fiaikarah, fils 
tfOniaf Scheikh, fecond fils deTimur, ou Tamerlan. Il fut furnommé AbouV 
g^ à çaufe de Tes vibres; car il défit & fie mourir ladighiir iik de Moham- 
med Mirza^ fils de Bail2âûc6r> fils de Scharokh^ quatrième fiis de Tamerlan ùm 
proche parent » qui s^étcit empsré du Khorai&a , & tle la ville de Herat & 
capitale en Fan 875 de l'Hegire, de J. C 1470* 

Il foûtint auflî plufieurs guerres , &. remporta des vîâoire» fîgoalées fur les 
T&rtares Uzbecs qui faifoient de frequeqtes çoiufes fiir fes terres ^ & avoient 
déjà <:haffî Babur de la. Traûfbxane, Ce Prince étoit amî de la vertu , & dea 
fbiences j & c'èll par luv que Khondemir fiait ïoû hifloire «n Fan 904 dé 
THegire, Cependant il vequit, & régna jufqu'en Fan 911, oui eft Tan 1505 
de J, C. dans le Khoraflan, & laiiia pluueurs enfans dont T^né nommé Bedi. 
al zamân Tut dépouillé par les Uzbecs de la focceÛion du Sultan HouÛàin fou 
père, & fut obligé de fe refi^ier auprès de Schàh Ifmaêl Sofi Roy de Perie, 
<)Ui lui aiOgna la ville de Tàuris pour fa demeure. Ce I^rince fit fon fejour en ^ 
rerfe jufqu'ën Tan jmo^ 4- mourut troi& ans après à Cofiàantioople. 

HU:SCH£NK^ & ftotifchengh, fils de Sîamek, fils de Caïutoarath, eft' le- 
fecond Priûce* de la première dynaftie^ ou- de la plus ancienne race des Rbys de 
Ferfe ,, û Ton ne compte pas k règne de Siamek» fils de Caiumarath, comme 
A'ayant régné que peu d'années pendant la retraite de foa père, & étant mort: 
avant lui. . 

Lenom.de Hufchenk fignîfie enr langue Pérfîenne» Sage, *& Prudent,. auflî- 
Dien que celui de Firhenk^ que quelques-uns lui donnent, &J*on y ajouta, dû ^ 
confentement des peuples , le titre ou furnom de Pifchdâd , qui fignîfie dans la- 
«ême langue le Tufte, où le Legîflateur, parce qu'il fut Tauteur des plus an-- 
©îennes loix de INDrîent, fuîvant lefquelles il gouverna fesTujels, & regUi admi-- 
nblement la police de. fes Etats. vCé titre honorable pdfa de lui à fes fuccef- 
feurs qui ne furent pas tous cependant fi bons Jufticiers que lui, & on a tou- 
jours depuis, en fa conûderation , qualifié cette première dynaftie fabuleufedes 
Roys de Perle, ou plûtoft des- plus anciens Roys de FAlie, &. même du mon- 
ée,^u nom de Pifchdadiens.. 

lous les HIftoriens de Perfe marquent un interrègne , entre Caîumarath ât: 
loi, qui a duré deux cent ans, &^,donnent unanimement à ce Prince cinq cens - 
sns de vfe, quoique félon eux il n'en ait régné que quarante , ou cinquante 
ftriement. . Ik dîfent que ce fut fous fon règne que l'on* commença à fouiller * 
les mines, pour en tirer les métaux qui fervent, k la fabrique des armes , » & à^ 
celle des inftrumens neceflaires h l'Agriculture. ' On lut attribue auflî l'inven- 
tion deis canauK threz des rivières pour arroièr les campagnes, dont l^uiàge elb': 
-encore anjourd'hoy fort fréquent en Perle, à caufe de la féchereffe flu pays» 
H fat ftuffi le premier qui fit drefîfer & inftruire des chiens , & des léopards - 
pour lachafiTe, & qui introduifit Tufage des fourures tirées, des dépouilles des 
animaux; 

Quelques Hîfloriens le font auflî fondateur dé la ville de Sous que l'on nom- 
JBftjaiyoïtrd'huy Tofter, Soulter, &^Schouli;er qui e(t la marne q^eSuIë, capitale 
' • ^' ' • ' d'une 



i * 






V 



^7* H US CHENK. • 

d'une des Provinces de la Perfe connue par les Grecs, & par les Latins foos 
le nom de Sufiane , & ^qui porte aiijourd'huy le nom de KhuzilUn. On dif 
même quMI jetta les premiers fondemens des villes de Brf>el ou Babylone, & 
d'Ifpahan ; mais ces origines font fort incertaines d'autant plus que ces mêmes 
Hiftoriens font Hufchenk contemporain d'Edris ou d'Enoch qui a vécu avaot 

II eft encore auffi peu vrai-femtlable que ce Prinde (bit rAuteur d'un livre 
intitulé Giiviian Khiri^ la SâgefTe étemelle, ou de tous les teras, auquel on a 
donné auffi le nom de Teftament de Hufchenk; mais l'ancienneté, & la répu- 
tation de ce Monarque ont fait emprunter fon nom pour donner plus d'auto- 
fité à cet Ouvrage, qui eft d'ailleurs fort eftimable , & lequel eft parvenu jut 
qu'à nous fous le titre de Humaicun Nameh. Voyez ce titre. 

Les expéditions militaires & chimériques de cet anden Monarque font décri- 
tes fort au long dans un livre Perfien intitulé Hufckehk Nameh , ou Hiiloirc 
de Hufchenk, qui a été traduit en langue Turquefque: mais comme cetOuvra|e 
•eft un pur Roman, je me contenteray de dife que ce Héros Exploita tous fes 
-hauts faits monté fur -un animal à douze pieds qu'il eut beaucoup de peine à 
dompter. Cet aninial eft nommé- Rakhfëhe , il fut trouvé dans Tlfle féche, ou 
nouveau Continent, où il fortit de l'accouplement, d'un crocodile,. & delà 
femelle d'un Hippopotame ; on dit auffi qu'il ne fe nouriflbît que de la chair 
^s. ferpens. & des dragons. Il fallut que Hufchenk employât non feulement 
toutes fes forces; mais encore plufieurs ftratagemes pour combattre ce nwnftre 
avant qu'il pût s'en rendre le maître : auffi après l'avoir dompté , il ne rencontra 
point de géant fi terrible, ni de monftre fi épouventable , qu'il ne terraflat; il 
palFa même monté fur cet animal jufqu'aupays des Mahifer, peuples ainfi nom* 
mez, à caufe qu'ils ont la tête de poiflon,.ce font peut-être ceux que nous 
jippellons les Ichthyopïages ; il fubjugua cette nation de figure horrible, fur h- 
quelle l'on peut voir los titres de Ramac , & de Mahifer/ 

Enfin ce Monarque invincible » après avoir étendu fes conquêtes de tous 
cotez jufqu'aux extremitez de la terre , & fait fleurir la juftice , & les arts dans ' 
fes Etats , fut tué , ou plutôt éçrafé par un grand quartier de roche que les 
Geans fes ennemis mortels , qui occupaient les détroits des montagnes de Dama- 
.vend, lancèrent fur lui. 

Il laifia un fils nommé Martakend qui fut pcre d'Anoughiàn , que quelques 
Hiftoriens Arabes , pour accommoder fon nom à leur langue^ appellent Boul- 

gehan & AbUlgehan. 

Ni l'un, ni l'autre de ces deux Princes ne fucceda i Hufchenk, au moins 
ne les trouve-t-on point dans la fuite de cette dynaftic , ils ne laiflerent pas 
cependant de fe fignz^er dans les guerres des Geans , mais Jes enfans d'Anougibîn, 
à fçavoîr , Tahmurath furnommé Divbend , c'eft-à-dire , Je vainqueur, & le 
Deftruaeur des Qeans , & OiamCchid fon fils tiennent Je troifième , & le qua- 
trième rang dans cette dynaftie. 

Il eft cependant fort incertain, félon quelques Hiftoriens, fi Tahmurath étoit 
fils d'Anougihân, & petit-fils de Hufchenk,. ou 'de Leilanfchah , fils d'un autre 
Tahmurath, fils de Siamek , fils de Caiumarath : mais cecy regarde plutôt te 
$itre de Tahmurath que celui de Hufchenk. 

JACOB. 



JACOB. JACbUB. 2^5 



JACOB. J A C O U B. 

4N9H1^ A C B 9 fils d'Ifaac. Les Arabes rappellent en leur langue Jacoub 

CT % Ben IshÀ, & difent , félon le Tarikh > Montekheb > qu'il eft nommé 
J $ Uraël en langue Syriaque, & qu'il eft le père de douze ènfans mares » 
«p^^M^ * que Ton appelle ordinairement Asbith , c'eft-à-dire , les Tribus > i 
caùfe qu'ils furent les pères y & les chefs des douze tribus du peuple Juif , &; 
que de la race de ce Patriarche font fortis tous les Prophètes, à la reierve de> 
trois qui font Aioub ou Job , SchioaSb , ou Jethro , beaupere de Moyfe , & Ma* 
homet; car ces trois deftendoient d'Ifmael, & étoient Arabes de nation. 

Ce même Auteur ajoute que non feulement la prophétie demeura parmi les 
etrfans de Jacob , ou dlfrael , mais encore la Royauté , & qu'elle dura parmi 
eux jufqu'au tems dlahia, & d'Iffa, c'eft-à-dire, de faint-Jean Baptifte, & de 
Jesus-Ghrist, après lefquels les Romains, & les Perfes ruinèrent leur pays. 

Jacob mourut en Egypte, felon le même Auteur: mais Jofeph fon fils en- 
voya fon corps au pays de Chanaan pour être inhumé auprès de cekiy d'Ishak 
fon père , dans la caverne d'Abraham à Hebron. 

Les Mufulmans difent que la lumière de la foy pafla d'Abraham à Ifaac fon 
fils d'une part, & i Ifmael fon autre fils , qu'ils nomment toujours le premier 
comme l'aîné. Les Tribus des Juifs font defoendues d'Abraham par Ilaac fon 
jeune fils, & celles des Arabes d'Abraham aulB par Ifmaël fon fils atné. 

Il eft beaucoup parlé de Jacob dans Thiftoire de Jofêph, & de Zoleikhaque 
BOUS verrons ailleurs. Je diray feulement icy que Jacob ayant été interrogé, 
comment il fo pouvoit faire qu'il eût fenti dans la terre de Chanaan Todeur 
excellente de la chemife de fon fils Jofeph qui étoit en Egypte, & qu'il ne s'en 
ffk point apperçu pendant qu'il ét<»t dans le puits où fes frères l'avoient mis, 
œ Patriarche répondit que la lumière de la prophétie étoit comme un éclair 
dont rilluftration ne dure qu'un moment, & laifle aulC-tAt le Prophète dans 
robfcurité. .Quelquefois le Prophète perce jufques dans le ciel , & y voit -des 
chofe€ meiveilleuibs , &, fouvent dans un autre cems il ne voit pas ce qui eft à 
fès pieds. ^ 

JACOUB Ben Laith, Jacob fils de Leits, premier Prince & Fondateur de 
la dynaftie qui porte le nom de Sofiarides , ou Suffarîdes j parce que foti père 
iKimmé Leits étoit Soffdr, c'eft-à-dire. Ouvrier en t:idvre, ou Chaudronnier, & 
lui-même a voit exercé cet ait pendant ^elque tzms^ 

' Ce Jacob s'ennuyant dans fa boutique,, prit les armes, & fe fit Bandoulier. 
<^uoy qu'il menât une aulfi méchante vie, il iie laiflbit pas de garder. quelque 
honnêteté; car il avoit accoutumé de laiffer toujours quelque choie. à ceux qu'il 
détroulFoit, & ne les dépoûilloit jamais entièrement. 

Etant entré une nuit dans le Palais de Darham , Prince de la Province de Se- 

çeflan, & y ayant déjà ramaffé un aflez gros butin qu'il emportoit , fon pied 

Home IL Mm . i donna 



^ 



474r JAÇplXR 

donna contre une pierre qui le fit broncher. Jacob crut d'abord que c'étoit 
quelque pierre precieufe , que robfcuricé de la nuit lui çachoît ) H b msaSà^ 
& la porta auffi-tôt à fa bouche pour s'éclaîrcir de fon doute ; mais il n'en eut 
pas plutôt approché fa langue , qu'il s'apperçut que s'étoit du fel , & fa religioiri 
où plûtoft fiK)erftitioij, pour le fel , qui eft parmi les Orientaux le fymbole & le 
gage de rhoipicalité^fus fl grande^ qa'il abandbnna mtkpemint fçn budn , & 
fe retira chez luy fens rien emporter. ' 

Le lendemain on s'apperçut dans le Palais du danger qu'on avoit couni de: 
per^f^rde» c^ofe» fort pi«deufes, & 09 étoît en poine d^ copooifirQ cévgi ^ 
^oit manqua un f) beau eoi|p; «&fin aprè^ une exaéb recherche y on vint 1^ 
fçavoûr que ç'écptl: Jaoob, ieque) ayant raconté ÛMefement au Prjace cçimienC 
1% chûfe s'étQÎt paffée ) il s'acquît une fi graode c^Ume auprès ^ lui 9 qu^ foQ^ 
peut aâbrer mvi^c verit4 que ^, reQ^ qu'il emt pour te ieiyùit la cattfe de 

£11 effet D«ili9a l'emi^oya comme ua hom» àfc cqmr ^ d^Quit- ^ piu^ 
fleurs eotreprife^ ^ & voyant que tout T^naJBSffoii eotre 19k npi&s , H Téleya peui 
à^ pâi îufqu'aux pt'eoùers iKmneu» de la milice ^ de forte qtiç J«Qob & trouva, 
siu tems de la mort de ce Prince, Çoaimandani: eq chef 4e tQi^e^ ks troupes 
du S^geftan. Il acquit tant de crédit parmi elle$ que napquaot toutes à la 
fidélité qu'elles dévoient aus enfap^ de JDarhaoat ,, pour le fiuvre , il fe rendit 
par leur moyen maître abfolu duSe^sçilfin dont il d^poitiS^ Istpofterité defoo 
ataitre. & de fon bieniàiéieur. 

Jacob étant déjà en pofrefUon d'im gifao^ Etat ^.. afei^qua pe«; après iès 
voifins» &^nt ftir eux les villes de Herat^ ^ du I^ufdwqee , «vec une partie 
^ Khora(&n4 U fe trouva ajnH en fort pei» de teos en état de âûre lafoerre 
M Khalife toême^ & pour cet eâ^t il entra: l'an de TH^pre $^59 de ]• C. 868 ^ 
' dans la Perfe qu'il conquit prefque toute eiMjere ^ & y fit prîfonnier œluy qui 
apnuMaidait de la part du Khalife. dans Scfaîniz. q<u pour Igr^en étoat la cppicale.. 

En l'an 257 de THceire^, il conquit le içjfte du Khoraflaïi , firitJa vâle de: 
Balkbe fa capitale > iiege Royal des Sultans Thaherites» Se pailÀ d^à en laPxo* 
vince de Thabareitàti qui ne Ixii r^Aa pas k>ng-tems. Il finit dette gmj^ P^^ 
la viâoire qu'il gagna l'an 259 fur Mohammed, fils de Th^er qui fegnoit dai»- 
toutes les Provinces qu'il venoit de fuhjuguer, & l'ayant. £dt ion prisonnier », 
il termina en fa paonne la puifTancc, & la dynaftie des Thaherites j q^i ^' 
place par; ce moyen à; celte des Soffarides fucceiTeurs de Jacola,. 

L'an ^60.9 Jacob fils de £^its fut déclaré rebelle par le Khalife Môtamed». 
ce qui s l'obligea de marcher avec fon armée du côté de l'Iraque Babylonienne 5 k^~ / 
deflein de l'àffieger dans Bagdet. Le Khalife envoya au devant dç lui fon frère 
MoafiPek grand Capitaine , &. qui gouvemoit toutes les affaires du Kbali&t ^' 
nom de ion ftere. Moaffek Dçut il bien prendre^ tous fes avantages foit pouc 
le campement, foit pour l'attaque, que Jacob- tout habite. quUl étoitpjvft cafl- 
traint de fe retirer avec perte, d'une grande partte de fes troupes. ^ 

> L'an i6Sy Jacob ayant remis fur piediune ptuflante armée, mprd» uoe fecwi- 
4? fois vers Bagdet;. maia ayant été furpris m chemin d'une chotique fiôrt vîo» 
tente, il mourut après avoir régné onze ans depuis fa première entrée daos b 
Perfe, & laiffé là. fucceffion de {es Etats à. fon frère nommé Amrcm Ben JUith^ 
eu, Amrou; Leith., f^oyez a titrgy 6f, ccluy i€S Sumanidea qui. fuccedereni; aux. 
Suffwideç» 



JACOlSK t7s 

Ce Prioœ étolt màttre de tous les «rhevMx dé fcn ttrmèey ôi les hoûrtKfbit 
âe fes prennes ^eaiers y ce qui rendoic fa cavalerie toujours Irien montée. Il 
tboiût panni toutes fes troupes deut mil Cavaliers qu*il divi(a en deux bandes 
égales, & donna à ceux de b première des malTes d'armes d*or, dont chacune 
pefoit mil drachmes, ou mil écus d*or, & à ceuic de la feconde de^ maffia d'ar- 

fent du même poids. Ces àeux ba^es ou brigades lui (èrvolent de gainle or- 
inan-e, & dans les cérémonies ^traordinaire» chacun de ces Cavaliers portait 
fa maffe. d'armes fur Tépaule. 

Lorfiine ce Prince campoit , II montmt fur une efpece de théâtre élevé aa 
deiOis de toitt fon camp , & (ibScouvroit ainfi tout ce qui sV paiToit ; de forte 
qu'il fie pouvoit s'élever aucune mutinerie parmi fes fokkts , à laquelle il ne 
^t en éeit de remédier auffi-tôt L'on dit auffi qu'il n'avoît dans fà tente 
^'un ts^MS, & une paire d'armes pour tout fon équipage, & qu^l ne pennet- 
toit k aucuQ de Ces Ibldats , après une bataille ga^ée , de piller 6ns un congé 
exprès. U ne faifoit jamais part .de ion fecret, ni. de iês refolutions à pepfoA- 
ne} c'eft pourquoy ^ ne tenpit jamais confeU.de gùçrre ^vec les Officier; de 
fon armée. 

L*on rapporte mffi de lui qu^un ftrkice étranger s'étonnant de ce qu'il o^avoft 
dans fa tmte qu'nn leul tac^ qui lujf fenroit de chaife, de taUe, & de lit avec 
wie peiife «dHiimes ^ 4 lui dît : Je me contente de cecy , afin que les Officiers 
qui fui vent toujours l'exemple de leur Général, ayent hoqte d'en avoir davan- 
t^e; car 11 ftA^é^ plus ât cofikmoditez dans ma tente, ils en voudroient tous 
tr<Fdir astant, ft il n'y « Tien qui embarrafle ^us une armée, que la groflew dés 
'cquipM^s. 

Mohammed ISs <fe THaher Iih ^ant faàt denidiider s^ ttVdit reçu des ordres 
du Khalife pour entrer armé dans fes Etats : û répondit fièrement a fon Envoyjé 
«n timnt l'ëpée de fon fburreau-. Voici k patente en vfcrtu de laquelle je fais 
4a gafenre 4 v^tm mettre, car je ne reçois des ordres dé qui que pe fplt. 

îi étoit cepeniiaflt jufte èc modéré en i>eaucoup de chofês , ^ Abou Jofef 
«Bën Se^an ayant été accufé devaQt lui d'avoir parlé d'Othman le troifième 
^S9iiàUfe i^rès Mlhomet , comme d'im ufurpateur , Jacob était prêt de le faire 
'ffixrâr , lorfijuc fon Vizir fui reprefenta que ce Ôofteur n'avoit parlé de ce 
Khafife qu'hâftoriquement , & fui vaut ie fent ime nt des Sdmtes , .& non pas 4e 
fieflL Sûr cëta ce Prince déclara qu'il ne vouloît pas entrer plus avant àaBs la 
tromfdflf^ïee de <*ei^b dShire , & le renvoya Bbfoi^s. 



JACOUB ^Beti îjcffef, c*^ le -petît-fîte d'Abdalmouineh fondateur de la 

-naïtie des Almcrfiades en Afrique. Jacoub ayant été défait Pan de l'Hegire 591 , 

J. C. 1*943 ^ AlfoHfe, neuvième Roy de CaiWlle, paBa d'Afrique en Efpà- 

_^ t ^ dé6t Jes Caftfllans , & le -refte -â&s Almoravides qui étaient fort divifez 

^iitr^^lK^ '%: établit k dyn^ie ^es Almohoides fjtti dum jufi]U'en l'an 671 es 

.^Hegke, qui «ft le 1^73 ^ J. C Ce ^6b p^ftt le titre d'Almanfidn 

f lArC^QPf?* ^^sh , fécond fite- «de fiâf&n Begh ^ qui eft UfoncafTan , fat te 

huitième Prince de la féconde dynaftie des Turçomans d'AGe , furnommée d^ 

^Mousôn blanc. 'Il commença à regnel' Tan de l'Hedre 886, après la mort dfi 

Shafil Ton ^'fipere «uquel il fâfbit la ^erire, ce fat nn de J. C. 1481. . 

Oe^9riace, qilî ojfBtb été fait -par Ton ftere' aîné KSouvemeiir -du Diarbekr, 

M m "a c'eft* 



!q6 J A C a U Bw 

c*eft.à-dîre, de la Mefopotande, fe révolta contre lui, '& ayant pris» pôUr coat. 
plice de â rébellion up autre de Tes frères nonuné Màcfoud » lui donna bataille» 
& le. vainquit. Khalil fuyant après fa défeite, fut .pourfuivi & tué par Mac- 
Ibud. proche la ville de Tauris, après fix mois feulement de règne* 

Jacoub Beg fecourut fi à propos Ferokhzad Roy du Gurgiftan ou Géorgie, 
attaqué par Ha^dar, père d'Iunael Sofi, aue ce Prince défit & tua fon ennemi, 
. &. prit ^s deux enfans Ali Mirza> & Schah lûnael prifooniers. Quelques Hifto- 
riens font Ferokhzad auffi Roy de Schirvàn. 

Ce Sultan inflruit par l'exemple d'Ufuncailan fon père , qui avoit été défait 
par Mahonjejt fécond Sultan des Turcs, entretint toujours bonne intelligence 
avec Bajazetlv fécond , fon fils & fon fuccefleun II mourut à Carabagh dans le 
voifmage de Tauris à Tâge de 28 ans , emppifonné^ craime Ton crut, par te 
.fiens. Tan de THegire 8965 de J. C. 1490. Il laifla à Baifancor. fon fils des 
• Etats d*une fort grande étendue, lefquels pafferent peu de tems apr&s entre les 
mains de ce Schab Khwel qui aypit été fbn prifonnien 

JACOUB Ben David, Jacob fils de David fumonnnë MaKamafb; Cétoit 

rua homme d'efprit, & d'un entretien charmant, qui s'étoit rendu fi agréable 

au Khalifè Mahaii fils d'Almanfor que ce Prince Tavoit admis dans tous fes 

\ divertifi*emens , vivant très-familierement avec luy , & ayant peine à. fe paifer de 

là compagnie. 

Cette âveur, qui lui avoit attiré Tenvie é^s principaux Seigneurs ,& Miniftres 
de la Cour, donna, lieu à plufieurs cabales qui fe firent nour renverfer fa for- 
tune , n'y ayant rien de plus vray que cette fentence : Le bois ne reçoit pas 

du feu qui hii efl; attaché, que le cœur de 1 homme 
quand il en efl: une fois faifi^ 

Il arriva un jour que JacoI> étant forti du Palais, pour fe retirer chez \\sf^ 
reçut du chevaj qu'il vouloit, monter un coup de pied qui lui cafib la cuiiTe. 
Le Khalife n'eut pas plutôt appris cet accident, qa'il courut à grande hâte, & 
même fans chaufiure , ju^u'au lieu bù il étoit pour le confoler , &; pour fiuFe 
mettre en diligence le premier appareil à fon mal. Il le fit tMmfporter enfuite 
avec grand foin dans (on propre brancart jufqu'à ion logis , & lui donna toutes 
tes marques non. feulement d*un bon maître ,. mais encore d'un parfait ami. 
- Ses ennemis cependant trouvèrent pendant le cours de fan^iladie qui futloiv 
gue , plufieurs ôccafions de lui nuire , en lui rendant beaucoup de mauvais 
offices auprès du Khalife. La plus puifi!ante machine qu'ils en^ployerent pour 
le renverfer , ' fut de Taccufer d'êti:e' partifan fecret. jde la feâe des ScbiiteS) 
ennemis capitaux^ des Abbailîdes ,. qu^'ijs regardoient comme les ufurpatei^ àt 
Khalifat fur la famille d'Ali. Kbondemjr ait que. cette acoufation lui faifoit 
beaucoup d'honneur, puifqu^ l'amour & le refpeé^ que l'on a pour les enfans 
4e la Mfiifon ^ du Prophetç , ne peut jamais être uae herefie , & fi par impoi&ble 
cela étoit , l'on . pourroit appeler bien-heureux celui^ui en feroit noté. Tel 
efl le fentiment des Perfans, bien oppofé à celui des Turcs, & des autres Mu* 
fulnwis appeliez Sunnite; ,. qui font; , pppr :aiQfi dire , le$ Orthodoxes^ dans le 
Mahometiune, 




Erims: 



*9rrQce ^ohiC ç'édai^ir de la vérité tiu futV It \w oon«»n4a pour Téprou- 

.^er, qu'il eût à le délivrer de la peiae que lui faifoît un Certain peribnnage dç 
b race d'Alix qu'il ne pôavoit plus fouffrir en vie; & pour l'obliger davanta- 
B à lui rendre ce fervice , il lui fit prefent de cent mil drachmes- d'agent , & 
li donna en mariage une très-belle fille qu'il tira de fon propre Serrail. 
Jacàb reçut avec reQ>eâ: le commandement du J^halife , & hii ^promit d'exé* 
caceî fcmiShieliement fes ordres^ ce qui étoit cependant bien élgi^é de fa pen«. 
fée. H'-ftt cependant conduire dans fon logis Qs.pareat d'Ali <|u'il traita fort 

-Men, & il arriva qu'étant un jour en converfatioo avec luy, ce nouvel hôte, 

.qui fe doutoit . bien de l'ordre que Jacob avoit reçu du Khiife , lui dit: Doo- 
uei-moy la vie que vous pouvez m'ôter 9 & vous éviterez par ce moyen la 
confufion que vous iecevriez fans doute au jour du jugement de la part d'Ali 

-mon ayeul, ft vous vqrfiez; mon fang qu'il regarde , comme le fiep propre. 
Ces paroles touchèrent fi fort le cœur de Jacob , qui éjto^t déjà, très- difpofi^ 

•MiTa'&veiir, .qv^il M diCr Vpici- les cent mil drachmes que le KhaMfei^'a don* 
nées pour vous faire mourir, prenez -les .& fauyez-vous au plutôt : car je fui$ 
perfiiadé de la vérité de cet oracle 5^ qui a été autrefois prononcé par Hakani, 
cet exceffent homme: Aiinez toujours Ali & fa race, parce qu'elle excelle tel- 
lement au-defliis des autres , que le pire d'entr'eux Vaut mieux qu'un homme 
de bien du cMimcin ,' & que ^celui des Alides , qui furpafie les autres de cette 
famille en vertu, eft plus paifait qu'un Ange. Voilà jufqu'oii les /eé^res' d'Ali 
pouffent leurs excez ; c'eft pourquoy il ne faut pas s'étonner fi les autres Mu^ 

'ftlmans le^ deteftent & les traitent,- comme les. pluâ goandâ enœmis du Maho- 
metifine^ • r . 

Pour reprendre le fii de nôtre hiftoire^, il feut fçavoir que cette fille don*- 
née par le Khalife ea mariage à Jacob , (cachant la manière avec laquelle l'A^ 
lide avoit été traité chez luy , ne manqua pas d'en donner avis à la Cour. Le 
Khalife informé de l'évafîon du- prifonnier & du procédé de Jacob envers lui , 
ordonna à-fes-gens de chercher l'Alide, & de l'arrêter en quelque lieu qu'ils 
te puflënt trouver. L'ordre du Khalife, fut exeœté promptement , car: l'Alide 
fut trouvé & gardé foigneufement dans la Palais. - 

Un peu après, le Kmlife fit appeller Jaeob^ & lui demanda ee qu41 avoit fiât 

de fon hôte? 

Jacob lui répondit^ qu'il avoit. exécuta fes ordres, & jura même » par la tê»- 
te & par la vie du Khalife , qu'il l'avoit fait mourir ; alors le Khalife irrité 
aa dernier point du faux ferment qu'il velioît de fake , voulant le couvrir en- 
^tièrement de ix>nte & le convaincre de fon parjure , fit paroître devant lui 
TAlide. Jacob demeura confus à cette vue, ^fut mené au0i-tôt en pri(bn, 
où, après avoir fouffer t. beaucoup^ de . mauvais traitement, il finit miferaUlemenC 

ik Vte. * 

Nezàm al mulk rapporte cet exemple dans fon livre ^ intitulé f^affwt^ pour 
enlbigner at» favoris :desvPrinces, combien il eft darçereux d*abufer'de leur 
crédit 3. iè:. de manquer au>prinfiipal devoir d'ua.fiijet ^ qvl eft b. fidélité... 

, * • r • 

JACOUB Gerkhi,où Tcherkhî , Dofteur célèbre , Auteur du livre -intitulé 
Ssbark al ejhui^ qui eft- une expHcâti(MT des noms ou. attributs de Dieu. 

Ce Doâeur expliquant ces paroles remarifuàbles du chapitre de TAlcorMS 
ifititulé iioiMi:^^/tMn^¥.iï^Nlp».d^Ji0^ p^^s à. Dm^ fuk chmgezrde yU , y(m 

Mm 3[. unifr' 



t^ JACOUH 

unifàni à M par U fmùpè du btmiês tiunesj faâtemus Je U fof:. mi^m 
Seigna& qui fait mJîrUvrit , qui aim fes ertatures i^ qtd m veut être mmt^ dit» 
qae lé dernier mot de ce vetfeC, ii ^voir Voudood , 6ft un attribot put»» 
lier tle Dieu , leqdel ott ne peitt .expliquer que par 'les mots fùivants. 

Dieu efl; (Te fouvétain être qui aime géoeralcment toutes iès crestuiei & leur 
ikit du bien , il eft en particulier rtoii de toos Jes >ca»uts puis de fioeèm qu' 
f aiment : mais, pâtnfbit ce€ iluteur, l'amour que les creamms ont poor Dieu, 
fa'efl: qu'une produftion & un etfet de Tamour que le Créateur a poor ellet; 
f>aroe qttë 11 nôUs confiderois la che/St telle qa'eUe eft , nous ne pouvons it> 
trfbuer ta le bien qui eft e& nous, ai ^eekii q«e nous liions à autre , ^1 Dieu 
fbul ; dé fôitè qu'il eft vrai de dite , que Dieu a'anne prqpreneot que toi- 
teême éfi noi» aâoaiM;. 

L'oh béat ^Cfk ce qui a 'été JBt de ce double amMir , dns le tilae d'Efcb- 
IcallBh, mr le verfët, U ks aime S ^i l'^itmm. 

Al Valad Al Aàz , A&teuir myftiquc dt davoc , qai f aie popr ie iifato fpM- 
itnel des MfiPaâliht^ , dît fur ce ^je«^ 

Çdjl Dieu fm communique quelque tMiiM fa beâuU aux ^qf^hs ^ if qui fât 
fart ék quelque iUrmlk Je fin attmtr mm Joe^^ ^ 

V^eft liH Mfin, fi nous y fetfims utteettUm 9 ipd efi étm U^mmemu de tmour^ 
£f ramanty (f lé bkn aUné tout ^it^ttMe. ^ 



J ACOUB £eci Sakit» Jtcob ûh lie Sakrt Ce Doâour eft -v^girJé p«r les 
Mufulmans pour un des plus grands hommes , en matière de langue & « éle^ 
.^lUéiice qu6 Vee AffbëS ayerit «usb 1\ vivoit foœ le rbgtfk île Mefiftvakel, Mh» 
ifie Khalife dM AblR^d^, <âc éeciit ibrt éttadié à la icAe tl -AJIi^ {{ue 02 £faaJi* 
fe pei^M^iitdit <le tout ifoo pouvoir. 

L'sm ^44 #d Itle^ire , jtfottftokel l'ayant -fiiic Venir ^ fa pféfeaoe i^ loi de^ 
Jtnanda 9 lelbudB il aimok le itiietix des deut Princes fes ^nftm ,- nommez Mfr- 
tiz & Mo\n»â>, im -des ^us «nfkns d^Ali , HàflTirik ft HoiÎTaiD. Ce Oeâeur In 
ayant répondu fièrement: £n vérité , Ombar raffrànchi d'Ali ^ralertt mieux, ic- 
lon mon î^ftlàtÊtbrst 9 qiie \r0US9 ni vois enfans tous enfenjble ; le Khalife Iffité 
de ce mépris, commanda auffi-tôt ou'on lui attachât la langue par tierriàre b 
tlête, ee qid ayant <té ekecuté hii Ota k vi& fien 'Sdiobnali. 

JACOUB Bui I^ak Al Kéndi^ c^éfl ce?ui qui nous èfl bomia foiis^cnM 
«ia'Alkindas, & qui psËffe parmi nous pbur un ftmieuz MigioâMi: lùafs hcréeâ 
éSk^ qu'il étoit fe plus grand Aftrologtre de fon ttins. il vivent foiis le Kbidi- 
9fot d'Al Mffimôn , & comme il étoic Jirif <ie . Haiffiuice & cte Â^igiaù 9 il M 
fouvent des diffêrens avec \t^ Ddâeurs Mufulmans 9 qui attribuoient à la Mh 
pe tout ce qu^il 6)!»Q}t de metveflîèut. 

Vn ylé c«s Ôofteurs foi dit: un Jour en préfeâce det iChaltfb : Qefel-eft ^drac 
ce grai»] nieriez qâ! .vDus iléve tiscr-defllis les autrïfi? JaCtfb M ré{3«&f9Kc : C<ft 
que vous ne fçavez pas ce que je fçai ^ & que je fçai ce que vous ne Tça* 
^ezpas. 

Le Dbaietor luy lipiM: rfcpBiqué là- deffbs : Venbfts-en à ^tiektïte cslçéftefl* 
^Ams ^iWt où vous ésiQellëz iê plQSy ^ eft la df^^Mïi ft iw^ôn» ce^œ 
vous l^?a?^ 'Ibire. AlkindM ««cepta le 4éfi 9 4t «bacun -tf 'eiur ^i^tant ^Attm 

. . cet' 



/ 

/ 






•yi /. X i» 



.) 



&^4 SH'ii pi^^fiHtft M Kh^lîie^ppé&nfc Jt iseOe di^iite ,' afia 41»^ Jacob devi. 
nât ce qui y éttrit jécwt. '• 

Uépreuve étoit çlifficile ;. cepenjdànt Jaçpb prit fes livres & Ç^ içftmmfin? de 
Mathcnjatique, &.aprt5 «voir rêvé quelcjue tejns', dit hardîflient âii Dofteur : 
Des (feux ri»ts que vous avez écries fat ie papier,' le prenjxer fignifie une plan- 
te, & k ftcond ua animal ' 

Al Mamon ouvrit auffi-tôt le papier, & vît que le Dofteur y avpît écrit Af- 
^ l^ouflà^ la Verge dç Môyfe^ ce qui n^ h)î doon;^ pas 'miins d'étonneinent, 
que d'eftime pour Jacob, Çâ^y.cy tout ^ du Aicce; 4^ la di^ute > 4c voyant 
encore }e PoaeUr dans fop crrclç, oti il ji'qp^ifKfip: fjeii, dits paf f^laifant^ie au 
Ëlbatli^^ fjqç ^'il }ç vc^cit ponn^ttre ^ ppiyr ^xqmy^ e^cor^ 4af^Q^'S <^ <iu'£l 
fcâvoit piire , &. cç^'il meri^it «^4e(Il{9 4^J>f^gij^y U pirfpdroit fie vei^e. 
dbâoir^e & s'çn feroit des chwûe;^^ 

C^tt» raîU^ie s'4laii(; $yu^ée idvo» la. viile .de B&lkhe en^Khoraffi^i^ u»; 
V4»^^ V^ 4£pit difcipte à» c^ Dioâeur, en conçut une celle ifidignadon eon- 

qu'elle le porta jufqu'àpartir de BaUche, & à> venir expi^ 
Jacgl)» pour le tuer; il fe chargea pour cet effet d'un coû-- 
bpftUi ^ vint 1^ jour ^'tl y aroit uncgrand moode d^ez Jacob ^ & rabQi:4a 
daps la poi^jiQ^ d'un écolier qui vouloir apprendre de lui rAftronomie^ 

L'on àity iHsT^M^èt qxie }^\x Peut vu & entendu 9 il lui dît d'un ton fer-- 
met Vous êtes entré ici dans l'intention de me tuer 9 xnafs quîtcte promptement 
œttfe refoli/^jon avec. le cc^lteau que vous portez, i& je vous ei^gnemy rAf-* 
QroQomie. Cet .hoQimfr étonaé au dernier point ^ jetta ion couteau par terre 5 
&. ià mit eSeâivement aunoaibre de fes écoliers , parmi Icfifaeto fl excella k 
m poiat qu'il fuffit de dire, que ce fut Abou, Mâal^»r Al BaUbIh^ ^ue f>m^ 
29^^èk>p& Q(4iiiairesieiit ^ OH» d'Alhumafan . 

JACOUB Almanfour.. ^^3^^» Manfour, qui eft Almanfor. 

JACOUB Ben Ibrahim, eftle même qu'Aboii Jofef, dit Al Im^lm 
fi & Al Cadhi Al Mogtahad Al Haneg. Il fut fait Cadbî al. Codhit, Juge 
dîes Juges, ou Chancelier de l'Empire des Khalifes par Hadi, & confinué par/ 
Haroun AL Rafchid, tous deux de la race des Abbailides. 

U a porté le premier cette qualité > comme fl a été au(fi lé premier» qùi^ a^ 
donné -un habit particulier aux Dofteurs de la lay Mufulmane ^ & qui a mîr^ 
efi vogue la doéhine d'Abou Hanifah, qui avoit été jufqu'alors négligée. 




Ibrahim Bën fiabib. 



J ACOiJB Al Firouzabadî, c^isft l'Auteur dû Cornus. Vhyez. ce tkn & cdiéyi- 
éfe Fkouiabadi» . 

JACOUB IVha Ben Khedher Begh, eft FAùteur d*un commentaire fia* ' 
f^uxragç de Borliao edcUn.) jntôtulé .^2 Ftccdah^. f^oy^ u titre.-. 

JACOUB: 



2«o : JACOUB. JADIGHIAR. 




J ACOUB AI Sarougi, nom d'un Evêque de la ville de Sarouge> qui a fait 
plufieurs difcourSj oU fermons. Il y en a un fur le Laff al jamin ^ qui eft te 
bon Larron 9 que Ton trouve dans la Bibliothèque du Hoy. J^oyez k tUrt 
deLaiL 

JACOUB Al BardSi ou Al Baradêi , Difdple de Severe , Patnarche d'An- 
ttoche , intrus par TEmpereur Analtafe. Jaoob alh prêcher Therefie d*Etity- 
dies & de Severe dans la Mefopotamie & dans l'Arménie , & c'efl de hiy que 
les Eutychiens prirent le nom de Jacôbites , quMls portent encore aujourd'hui. 

Ce faux Miffionnaire fut furnommé 6ar<ài , à caufe qu'il aDôit vêtu d'une 
étoffe pareille à celle dont on fe fert pour mettre fous le bât des bêtes de voi- 
ture , que les Arabes appellent Barda 9 aui efl une 'efpèce de feutre. Cependant 
il eft plus probable qu'il avoit tiré ce (umom de la ville de fiarcMa en Anne- 
nie 9 dont il étoît originaire ou. natif. 

Lqs Chrétiens d'Arabie étoient Jacôbites, fous les Roys appeliez Mondars, 
dont on a parlé dans le titre de Hirah , & leur divifion d'avec les Melchites 
ou Orthodoxes y qui fit bruit fous TEmpereur Juftinien & fes fuccefleurs , dif- 
poia, & prépara, pour aiofi dire^ leurs elprits déjà corrompus, au Mahometif- 
me qui éckta dans le fiécle fiiivant 

• Los Jacôbites pofièderent ies EgUfes d'Egypte & de Syrie depuis que les Anh 
bes fe furent rendus mattres de ces provinces pendant l'efpace de près de cent 
ans, jufqu'à ce que le Khalife Hefchdm, fils d'Abdalmalek , y rétablit les Mel- 
chites. Diofcdre , Patriarche d'Alexandrie, avoit infeâé h plus grande partie de 
ces peuples de Thérefie d'Eutyches.> & avoit envoyé ^des Evêques hérétiques eo 
Nubie & en Ethiopie. 

, JACOUB Ofcof Naffibin, Saint Jacques , Evêque de Nifibe, qui délivra, 
par fes prières, cette ville du fîége que Schâbour Ben Hormouz, Roy de Per- 
fe, y avoit mis du tems du Grand Conftantîn. Saint - Ephrem , que les Arabes 
appellent Mar Afram ou Afrim, étoit fon difciple. 

J ADIGHIAR Mirza, fils de Mirza Mohaiûmed , iOs de Baifankhor, filsde 
Scharokh, fils de TamerJan. 

Il fit la guerre à Aboufaid, fils de Mohammed, fils de Miranfchah , troifièmc 
fils de Tamerlan , en fe joignant à Haflfan Begh , qui eft Ufuacaflan , & après 
l'avoir tué, il alla l'an 873 de l'Hegire affiéger la ville d'Afterabad : mais il y 
trouva Houflliin Mirza, Roy de Khoraflan, qui defcendoit d'Omar Scheich, fé- 
cond fils de Tamerlan , qui la fecourut & le défit. 

En 874, ladighiar fe réfugia à Tauris vers Ufunçaflan, qui le fecourut poi]^ 
te féconde feis, & Jui donna des troupes avec lelquelles il défit Houflain , & 
Tobligea de s'enfuir du côté de Fariab & de Balkhe : mais ce Prince étant de- 
venu par cette viftoire le maître du Khoraflan , s'abandonna tellement à les 
^laifirs, en négligeant entièrement fes aflTaires, & ne prenant aucune précaution, 
^que Houflain eut le loîfir de prendre fon tems pour l'attaquer à Timpourvu; il 

h fit .avec mil chevaux feulement, le furprit au milieu de fes débauches, & to 

ota 



JAPEL=iIAGI0UG5. ,8, 

Prince fut le demfet? de la:faiBille de Schah- 



Khonàmi\ 



de THeinre; il dk qualifia 



dpal eft celui qui commence à la première anoée de l'Hegire & finit dans la 
750. Cette hiitoire eft intitulée Ramdh al rithin, & contient les vies de ceux 
que les Mufufaiians eftiment iàints. II eft aulG TAuteur de Meràt al eianân 
<Ie Afi» al mecaftèd fur la vie d'Abdalcader & d'Athràf al taouarikH, 

I 

JAFETH Ben Nouh, c'eft Japhet , fils du Patriarche Noé. Mirkhond & 
Khondemir écrivent , que Japhet étmt le fils aine de Noé , & qu'après que? 
rarche ife fût arrêtée fur la montagne de Gioudi en Arménie^ fon père lui don- 
na en partage les pays qui étoient à TOrient & au Septentrion de cette pro- 
vince. 

Avant que Japhet pSutit avec fi famille pour aller peupler ces contrées, Noé 
lui fit prefent d'une pierre , que les Turcs Orientaux appellent Giudé Tafch & 
Senk ledé, fur laquelle il avoit écrit le grand nom de /Dieu , Efm Addhm ou 
Mzm , pat la vertu duquel celui qui la pofledoit, pouvoit faire defcendre la 
pluye du ciel à ùl difcredom Voyez le titre de cette pierre fiiperftitieufe, qui 
s'eft confervée loog-tems parmi les Morols. 

Japhet eil furnommé Aboulturk, c'eft-à-dire , Père de Turk, parce qu'il eut 
un eus de ce nom, qui eft reconnu pour le premier père des peuples compris 
ibus le nom général de Tims. 

Japhet eut onze enfans mâles, dont les noms font Gin ou Tchîn & Sin, du- 
quel defcendent les Chinois; Seklàb, duquel font iflus les Efclavons; Manfchu- 
ge , d'où viennent les Goths ou Scythes , appeliez lagîouge & Ma^iouge ; Go- 
fliari , le Gomer de la Genefe ; Turk , dont l'on a déjà parlé j Khalage , race 
de Turcs; Khozar, duquel font defcendus les Kbozariens; Rous, Père des Ruf- 
lès <XL Mofcovites : Souilan^ Ghaz & Tarage, defauek foni- fnrHc Iac Tur/^/v 



Japhet maria fes enfans i leurs propres fœurs avant qu'ils partiflent^ afin que 
par ce moyen ils puflent fe multiplier plus aifément; & en effet il arriva que 
les pays de l'Orient & de la plus grande partie du Septentrion , furent les pre- 
miers peuplez. Ce Patriarche eft mis par les Mufuhnans au nombre des Pro- 
phètes envoyez de Dieu. 

lAGIOUGE &.Magiouge. Gog & Magog , dont la pofterité qui defcend 
de Japhet, habite los pays les plus Septentrionaux de l'Afie. Ebn Alovardi, 
dans f<Hi livre intitulé Khiridat al agiaiby pariant de ces pays , dit : L'on trou- 
v« les peuples de Gog & Magog dans le plus haut du Septentrion , après avoir 
traverfé le pays des iTaimakiens & celui des Seclables. 

Les premiers de ces peuples font, les Tvtares , que nous appelions aujour- 
a'huy Cahnuques. Les féconds font les Chalybes des anciens , que nous appel- 
Ions Sdaves ou Efclavons. Ceux-cy demeuroient dans l'Afie: mais ils fortirent 
de leur pays pour en venir peupler un autre plus proche de nous , auquel ils 
ont donné leur nom. 

Tome IL N a Ces 



tU tA ai ou GEL 

C^ pwpl^^ dit lé méine Auteur 9 habitoient fpr ée$ ttdntigiief tsb-lwABS 
& efcarpées , où aucune bête de voiture ne pouvxùt alleir; de fortse cpi^an tap, 
"port d'Abou Ishak qui y fut envoyé par le Roy de ChoraflSn, toutes les den- 
rées, & mardiandife» dont Fon negptioit avec eiix^ fe portoient Tur le dos des^ 




jufqu'à^ cette nation, ce que ion na pu trouver aucun dentreu^ juiquà _ 
qui ait voulu, dcMiner la- moindre connoiflance dès chofes qui tes regàrdtnu Q. 
y a grande apparence que ces peuples font ceux que les Opecs ont appeUé Hy* 
perboréens.. 

L'Auteur du livre intitulé' ,iV!p«<iAf^ al côloub c^te un autre livre intitulé iCrtofr 
al meffakk val memdieky dans le<}uei il çft rapporté qjie Vathek, neuvième Ehalife- 
de la r^ce des AbWffides, ayant h, curiofité de fçsvoic au vray ce que c^étoit 
que le fameux rampart dç lagiouge , & de Magîoiçe , ou de G<^ & de Magog , 
bâti autrefois par Alexandre le Grand ,. pour reflerm les. natio» bartiues du 
Septentrion , & les empêcher par ce moyen dç faire dès irruptions dans le omn 
de PAfte , ce Khalife donna la cpmmiffion à. un nommé Salam fou iMe^rece, de 
chercher up ouvrage û fort vanté dans lej anciennes hiftoiires , & de lui en fidre • 
up fidèle rapport;; 

' Salam partit avec un équipage de cinquante perfbnaes pourvues dô toutses^ 
les diofes neceifaH'es pour un tel voyage , de la vîfle nommée Sermenrai ' ou Sa^- 
mara en Chaldée, oti.Vathek ftuToîv f9 demeure ordinaire 1*^ d0 PHêgIre i^&. 
qui eft de J; C:B42^ &. ail» trouvçr d'abord le Roy cPA^neai» dans & ville 
capitale de Sis. 

Ap^èç avoir quitté rAtmenie> il prit la route du^Sehirvan ou Medie Sêptea«< 
trionale dans laquelle Filàn fçhah regnoit pour \ors. Du Sebirvàa il paffa cbez : 
le Roy des Aiàn ou Alains, peu|>les qui ont confervé leur nom jufqu'ft nous, âp: 
alla ehfuîte vifiter le Prince qui .porte le titrç de Maître du tir6ne d*OF, qui 
Qpiupiaqde dans layUle de Bàb al aboui>, ç'eft-à-dire, aux portes^. Cal|»ieiioes; 
appellées autrement Derbend en Perfien, fie DejAir capi en Tiïw.. 

rendant qu'il fut à Derbend^ le Prince de ce paysJà, félon le rappoFt àâ Ca*. 
Z:iuini dans ton: livre intitulé ^grVi/Â al makbToukhât^ alla àja pêche fur la mer - 
Gafpiennev Se mena avec lui Salam; on prit dans cette pêcbe un fort giapdi 
poiflTbn dans le ventre duquel on trouva un autre poifibia encore vivant, qiiii 
avoit la figure d'une fille toute nue jufqu'à la ceinture , & qui poctoiit jul^'aux.: 
genoux uôe efpeee de calleçons fîdts d'une peau fèmblable à;celle d'un hqiBme;; 
elle tenoit fes mains fiir fon viiàge, fe tiroit les cheveux , &. podS>it de graack; 
foupirs; mais elle ne fut pas long-tems en vie. Le même Cazuù% ajoute que- 
le Tarikh Magreb qui eft une hittoire d'Afrique, confirmie cettie 'nératioô . pir- 
d'autres femWables qu'il rapporte fur le fujet des.. Sirènes. 

Le Roy du trône d'or nommé Tarkhàn donna à Salàm (tes guidas poiiç le« 
conduire pkii avant dans le Nprd> où ayant marché 26 jours, il'arnva en'ua 
pays qui. fentoit fort mauvais. À; dix , jbuïpéès de-là: il trouva des vflles> oui 
Ton dit qu'étoit l'ancienne demeure despeupksllyperboi^en» nommwJ[i^<M|ge9* 
& Magioûge; mais dlès n'étoient plus que des mazuses iàns habitant: après ^'il ; 
eut fait 27 journées^, il arriva enfin à Hàfna, lieu dnfiappellé parles Arabes, ^ 
àf caufe de fon ai&^tte qui eil^;: très -fierté ^ &prefqu9 inacçeffible., 

On.voyoic alTez.près de. ce. fort Jes rçftes du, rempart: que nos; voyagmirs ; 



I A H I A. * itXt 

elierâiâtefït, & Stlâin «^y étant fait porter, & ayant reccuna o^t ojivm^^ mer^ 
veiUeax^ il le trouva tel qu'il étolt décrit dans les livres qu'il âvott apportés^ 
i^ipre^ment pour les veriner, & n'aj^ot plus rien à faire après une fi curicufê'. 
découverte , il prit la r^oluti^n <le retom'ner. à Tamara par un autre chemin 
^tte celui quHl avoit 4éja ùdL. U tira vers TOrient au-deflus de la mer Caf- 
pienne, & arriva après deux mois de chemin avec fe petite caravane, à fept 
Jm^att^s qui font quatorze lieùës Fr&h^fbs dé Samarcande, d'où ayant pris 
la rottte du Khoraflkn, il retourna aupràs du Khalife fon mattre, n'aywt emplo- 
yé ea tout fon vojri^e que deux ans, & quatre mois. 

lAHIA Ben Zacaria, Jean fils de 21acarie que les Ara1>es appellent aufli k 
rimîtation des Svriens, Johanna & Mar Johanna. CeU ainfi que' les Mufut 
iMJK Qomsieot iaiixt -Jean Baptifte 9 d'un jsom qui fignifîe 9 Donnant la vie , à 
CEtttfe» difent^ Jk y qu'il a fait vivre le nom , & la mémoire de Zacharie fon père; 
ou parce que la véritable rçl^gion > ou la foy au Meflie ont reçu de lui une 
jiouvelle vie. 

On lit danfi le clu^tre intitulé De la famiUe é^Amrm , que Zacharie priant 
dans le.Meiiérafoi ou Oratoire de Marie 9 dont il avoit pour lors le foin ^ la 
^fde^ Lti ^9^^ l^ fr omirent de la part de Dieu tm fils fut devait être nowmié 
%Jna% parc% qu'il verifieroit^ (f car^nneroit la, parole ou le féerie y qu'U deyiendroit 
4;hef cf Pmiltfe âe la SMigimàu Mejj^t, fu^U /e qt^erveroU pur ff Joint ^ ^.fe^ 
weit e^ um des plus grands Prophètes forais de la lignée des gen^ de bien* 
. Hôuâbtn Va^ pers^hrafe.ce paffiige dans les termes fi^vana. Jeatf fiaptîfte 
vôtre fils publiera & autorifera la foy au Meffie 9 Jefus fils de Marie 9^ qui eft la 
parMe de lDieu9 ou le Verbe procédant de Dieu; ou: il fera le premier qui 
croira en lui. Il deviendra Chef & Pontife par £a fcience 9 par l'auèerité de fil 
yte^ & par la douceur de fes maeqrsy qui font le$ trois qualités rçquiies pour 
^tre Imam ovC Pontife de la loy de Dieu. H fe feparèra de tout commercé 
avdc k» femmes 9 & s'2A>(tjendra de tous les plaigrs des fens» & enfin il (ëra 
im Prophète iiTu de .gens de bien 9 tels qu'cmt été Zacharie (on pete 9 & ^aleh 
{im ayeui9 enfeignaot aux hommes les voyes de la juilice & du falut. 

Il e(t rraiarqué dans le Tarikh Motekbeb que faint Jean BaptiAe ayant eu la 
téce tranchée par le comm^amdement d'un Roy de Judée 9 le fimg qui fortoit de 
£m cei^ ne put s'étancher,. jufi}ues à ce qu'il fût v^i^é p»r une très -grande 
de^3lalian que Dieu envoya au pei^e Juif 9 Çc qu'il fut le dernier Prophète 
de' fe nation, . * , 

Khondemir ]:appQrte dans la vie de Mahomet: que les Juifis qui habitoient l'He- 



€& ficuéd9 confervoient parmi eux une tunique blanche de iaint-Jean Baptifte 
qm étoit encore teinte oe fon faAg^ dont il en diflilloit de tems en tems queU 
que gouttes, & qu'une ancfenne tradition s'étoit çopTervée parmi eux, (èlon la- 
quelle <;e i^ng devoit toûjourir couler jufqu'à la «ai^nce d'un hqmme n^mo^ 
Abdallah 9 qui devoit être le père <ïu dernier des ?rx^hetes, 




croire q^ Queique$ ^uirs 

iiens^ car if eft très-cei;tain que les Juifs ont été les premiers, & les principaux 
auteurs du Mufiilmaniime 9 comme Ton peut voir ^n? le titre de l'Alcoran. 
i^ Ô^gn^^ Jfexfkn. pariant de Damas, ^rit ^ la ût^ de fajntrje^n Bpp^ 
. •' " - • '*:Na 2 tille 



V 



I A H ï A. 

tifte fut nrife dans un temple de cette ville que tes Sabîens y bâtirent 1 fou 
honneur, & qu'eUe y a été toujours fort révérée par les Chrétiens ^ à.parte 
Mufulraans dans la fuite des tems;. frayez le titre de Damas , & remarquez que 
ces Sabiens font les Mendai labia que nous appelions les Chrétiens defàint-Jean, 
dont plufieurs habitent oncore aujourd-huy dans la ville & dans le territoire de 
Baflbra. " . . 

Saadi fait mention dans Ton Guliihn du^ fepulcre de S.. Jîean Baptifte qm étcHt 
révéré dans le temple de Damas» & l'appelle Turbet ïahia . Peghember en >b* 
gue Perfienhe; il y faifoit fes prières, & rapporte celles d'un* Roy des Arabes 

2ui y étoit venu en pèlerinage. Le Khalife Abdalmalek voulut achepter cette 
Iglifé de la main des Chrétiens, & il ne s'en empara par force qu'après tere- 
fus qu'ils firent de quarante mil dinars , ou piftoles d'or qu'il leur avoit offertes. 
Ce Temple qui -eft prefentement une Mofquée , étoit dédié à Zacharie pew 
d'Iahia, & il n'a porté le nom de lâint-Jean Baptifte que depuis que fit tête 
qui fut trouvée dans la ville de Hems fous l'Empire de Theodofe d6 ^une, y 
eût été transférée. C'eft ce qui a trompé TAuteur du Tarikh Cozfdeh, lequel 
voyant cette EgUle de Zacharie père de faint Jean Baptifte, a cru que la mort 
de ce laint Précurfeur fût vangée par Gudarz RojT d'Orient ou de Perfe, de b 
race des Molouk Thaovaif, par la ruine de Jerufalem, ce qui doit être rapporté 
à la mort de &charie , grand Pontifb des Juift , que Joas fit lapider dans le tem^ 
pie , nonobftant les grands fervices qu'il avbit reçiis de Jojada Con père.- ' 

Cette mort de Zacharie fils de Jojada, ou de.Barachia^ félon fain^Matliieu^ 
a été tellement marquée dans les livres fkints par ces mots^ qu'il dit en mourant:. 
yideat Dmdnus £f requirat , que les Mufîihnans ont fait venir eirprès Gudarz qui 
eft NabuchodonofoF pour la vanger, & il ne s'en faut pas étonner, puifque 
J>£sùs- Christ* même la reprocha encore aux Juifs de ion tems-: on ne peut 
que blâmer leur ignorance de confondre ce Zacharie avec le père de 6ifit Jean 
Baptiftcf; mais leurs hifloires font pleines de ces anachronifines» 
i Les Mahometans citent plusieurs paroles de fsunt - Jean Baptifte , lêfqaelles ibn^ 
de J2su s- Christ même, telles que nous les trouvons couchées dans lesEvan- 
[eliftesv lis ont auffi inventé des dialogues entre Jesus-Christ & faint Jeai> 
Jàptifte, Il y en a un dans lequel Jesus-Christ eft reprefenté Svec un air 
rai &c agréable, & fâint Jean Baptifte avec un vifage trifte & auftere. Saint 
Jean dit ces paroles remarquables à nôtre Seigneur :: il panttbim^ Seigneur ^ f^ 
mit JMiJféz pleinement dès cette vie de la ghiti^ (f duh^nheui^ étemel y pendmt ju» 
yûtre feryiteur eji encore dans la veye^ (f dans les exercices de la pénitence^ 

Iles Mufulmans donnent plufieurs titres k faint Jean Baptiftfe;- car outre cdui^ 
de Nabi bu Prophète qui lui eft commun avec plufîèurs autres,' ils le fumom^ 
ment particulièrement Àiffem & Mâaflbum , mot qui fignifie propremeôt prefer- 
vé,' exempt, &. affranchi de tout, péché, ce qui a rapport non fetdement à Tini' 
nocence & àr l'aufterité dé fa vie, mats encore à' jfa fanftîfication dans le ven- 
tre de fat mère; H eft bon de rentarquer que les mêmes Mufulmans donnent 
encore ce titre à la fainte Vierge ^ fur quoy Foyez le titre de Mhiam. 

Les ChêtienS' Orientaux célèbrent la fête de la Nativité de faint Jean Bap- 
tifte le 21 jour du mois appelle dans le Calendrier Sj^'en Hazîràn qui, corref 
piond à nôtre mois de Juin; Cette fête eft marquée dans les, éphemerides des 
Mahometans fous le nom de Mîidd lahia. 
' L*. fête quç nous appelions la DécoU^fion^ de faînt Jean B^tiftô^ & qtfS^- 



iUJiliitt 



. 'T A H I A» %$g 

Méâal Iabia>eft: marquée daos le mène Çalendfler le i;^ damais Ab 
qui eôrrefpond à nôtre mois d*Aoûc. 

Lss Difciples de ùmL Jean Bapciile qui furent appeliez dans les premiers tems 
ék VEgUfk-j Hemerobaptiftea^ & donc le nombre eft conûderable parmi les 
Jui&9 ont fait, depuis ce tenu -là une feâe, ou plutôt une ReÛgioi} à part fous 
le .nom de Mandai lahia. Voyez ce titre. Gés gens* à que. nos voyageurs ap- 
pellent Chêtiens de âint Jean Baptiite» à: caufe d'une efpece de baptême fort 
différent du. nôtre, dont ils fe fervent, ont été confondus avec les Sabiens'qui font 
eepéndîant une feâe bien différente; c^eft pourquoy ' il- faut voir fÂ* ce fujet 
le titre de Sabl. 

lAHIA Ben Abdallah. Fahia fils d'Abdallah, & petit- fils de Haflan fils d*Ali4 
^ celui du^el quelqups-uns tirent la ligne drcrite des Imams^ ^ caufe qu'il 
defcendoit de Tàîné des enfans d'Ali ; mais les Perfans * la tireijt de la bran* 
che du cadet,, à fçavoir de Houffain, fécond fils d Ali, parce quil fut pror 
damé Khalife dans Coufab, conme nous. avons vu CK-deffiis.J!^(^«« lafuite de 
ces Imams vrays ou faux , au titre d'Imam. 

Cet lahia dont ifeft queflion parut au tems du Khalife Haroun. Rafchid dans 
k province de Ghilan fur. la. mer Caipienne^ .où il avoit déjà attiré beaucoup 
de gens à fa fîiite qui faifoient tous une profeiSon ouverte de la feâe d'Ali. 
Pour couper la racine.de cette nouvelle fadion, ce Khalife voulant ufer de dou^ 
ceur, dépêcha vers lui un liomme de confiance avec un paffeport fort ample 
fcellé desfceaux de tous les Çadhis,, ou Juges principaux de TEtat, & foufcrit 
dies feing$ ou.figpatures des principaux Seigneurs des deux Maifons deHafchem- 
& d'Abbas , qui étoient tous fes parens , afin qu'il pût fe rendre- en toute feureté 
auprès du. Khalife. 

Il ne falloit pas prendre moins de précaution dans luie affaire aufli dejicate que 
celle - cy > pour prévenir les deflfeins des faftieux , qui avortèrent en effet , aulE- 
tôt que cet Imam, lequel d'ailleurs n'avoit point. d'ambition, fût entre les mains 
duKhalifa . ^ 

Cetxe hiftoire, qui ef! rapportée dans la Chronique des Abbai&des, fait ailèz voii> 
en quelle vénération étoient les Chefs de la Maifon d'Ali, & les grands pro*- 
grez que faifbit déjà cette fëâe;. mais la iiiité fera encore beaucoup mieux con-^ 
Dokre de. quelle importance étoit cette affiiire pour le Khalifeu 

lahia ayant reçu de telles affurances de la part deHaroun> ne: fit aucune difv^ 
fiedté de fe- rendre à^ la Cour; mais il n'y Ait i»s plutôt arrivé que l'on lui 
dreffa un piège/. Un certain Abdallah de la famille de Zobair^ famille qui dà 
tout tems s'é^itr déclarée ennemie de celle d'Ali , accuft lahia <fe s'être dit Pro-> 
phete, & de l'avoir voulu attirer àfon partr^ addt^effant ces paroles au Khalife:. 
Voœ pouvez juger. Seigneur, s'i|s'eft ouvert* à fes amis, puis qu?il n'a point. 
fait de difficulté de fe dédarer k fon ennemi même, tel qu'il fçalt que je fuis^ 
A: combien il faut qu*il ait déjà gagné de gens pour en venir jufqu'à ce point. • 

Le Khalife qui étoit ftirt prudent v voulut poui^ s'édaircir pleinement; de las^ 
dhdfe, que Pon' fiit venir devant loi l'accu&teur, &' l'accufé. Le premier per-^ 
iifta dans fon accuAition, & le fécond, après avoir nié conftamment le fait^^ 
&- fait fa prière avec les cérémonies ordinaires^ pour fe préparer au: ferment*^^ 
dont il fe devoit purger , s'approcha de fon adverfàire , mit les doigts de fa main> 
dtoîtee entre .ceux de cielle> de fon accuûteur^ & prononça ces v^ok^i-Seignu^^' 



\ 



ig« I A H 1 A. 

fif Creieu» Mit ^pufffhfa , Ji fay jamah convié at himmi i. me fii^t^n à m 
'Teconnoiftre pour FrophetCj faites par vôtre juJiUe /wvmri» quf je ptri§k m^eNikf 
9nent ; mais fi cela fCeft pas , ptJ»Uffez mn €tccufsuwr de la mhu pknt. 

Son adveHàire ayant été obligé de faire le même iènaeiiC, de étant mort k 
même jour ^ on ne douta poiût quHl n'eût reçu la minîtion de ùm patjare, de 
forte que le KhalSe fit depuis ce tems-là de grands boiuieurs à lahia ^ qu'il re* 
xonnât pour un fiûnt homme dont Dieu exauçoit ks prières. 

lAHIA Beo Kbalçd Al Banneki, Les Barmekides» on Barmecîdes ^ les 
Arabes appellent Baramecah, & les Perfans Barmekiàn, tiroient leur origine det 
anciens Roys de Perfe, félon Khondemir' dans la vie du Khalife Haroun Al 
>Rafchid« 

Cette famille qui n'a pmduît que des gens de grand mérite, commença à pi* 
roître fur te théâtre da monde^ en la peribnœ d*Iahîa fils de Khaied , «Mme 
d\m mérite eJctrtordinâk^ , qui av<A réuni en (by toutes lefl vertus cMles & 
imilîtaîres, aUfqnelles il dônnoît encore un wraveî éclat par fa magnificence, & 
par. fa generofité incora^parable, , 

Fadhel fon fils atné fut ufi des plus grands Qipitaines de (on tems, & fon 
fécond fils nommé Giafar, outre qu'il pdftdoit à un fouveraîn degné les vertus 
héréditaires de fa Maifi>n, païïbk pour le plus bloquent de le plus poH Ecrivain 
de fon fiecte. Les deux deniers de fes enftnsTwmmez Mohammed, ^Môtifli, 
ne degeneroîent point d'une fi bonne race , & poflfedoîent les premiers empîoys 
dans Fadminiftration des affaires de FEtat & de la guerre. 

Le SKhalife Haroun Rafchid fe repofa entièrement pendant Fefpace de 17 ans, 
c'«ft-à-dire, depuis Tan 170 de l'Hegîre jufqu'en 187, de toutes chofcs fur 
lahia, & fur fes quatre enfans, dont Giafar, qui étoit le fécond, poSèdoithâ» 
vveui" & les bonnes grâces de fon maître à un tel point , qu'il n'y a point d'exon- 
ple d'aucim Prince qui en ait u(é avec tant de familiarité , & tant de heùté avec 
fon favory. Feyêz le titre ife Giafar ben lahia. 

Ben Schohnah rapporte que lorfqu'Iahia vit la fortune de (a maifon renverféc, 
(es enfans ou tuez ou empriibnnez ^ fa liberté perdue , & tous &s grands biens 
conâîquez, îl dit à iès amis: La puifiance & les richefles font des prêts qoeh 
'fortune fait aux hommes: Nous devons nous contenter de ce dont nous avons 
jouy par le palfé, & nous confoter fur ce que nous hdâbos pour l'avenir uot 
grande infiruâion à ceux qui viendront après nous. 

Ce grand peribnnage a voit ^]e\^é ùl Maifon à un tel.^cHnt de grandeur, (p0 
lui '& fes eitfans diff^oîent abfohiment dç TE^pire deis Khalifes ; mais ils ufe* 
xent de cette autorité avec tant de Agefle , de de modération , de difpaifereot 
leurs grandes richefi[es avec tant de g^erofité & de magnificence, que leurdif- 
grace fut pleurée par tous les grands hommes de leur iîecle, & leurs vertus.louéei 
par tous ceux qui les avoient connus, f^oyez le Htre des Baraiecides. 

Le E^î al Aîchiàr cite un ^atndn Arabique fait à la loiiange ' d'Iahia dont 
le &ns eft: J'ay demandé à k rofôe ( fymbole de la libéralité) fi elle étoit 
(libre, tSk me répondit, Non; car je fois Te&lave d'Iahia fils ;de Kh^led. Sur 
•cette répoinft je M dis: Je veux donc vous^heter de hii, & eUe me reph'qua: 
Cela n'efl: pas poffible; car H me poflède comme un héritage fubftitué de père 
en fils dans & famille. 

Zama%h&bai1 dam fim ISme iaâtulé RM al abrmr nom donne }e 4iom, &lft 

genea- 



ft Kllchtdsb,- Bm -i^masb^ & d}6 que '4« K^â^fi^ Mateidi: to dimoa poun Gou^^ 
veraeur à fon fils Haroun, lequel étant devenu. Kll^ife apfès^l2( mort de Ma. 
hadj, (rjita lahia commç il ai^pit faSt fpo propre père, lui conga foft fçe^u, 
^ fei donna r^dminiftra^on générale de tofutqs les . ^fl^îres du Klialifkt^ ' 
' Le même Auteur rapporte auffi' qu-îàhra ayanç été dîfgraçié, ScxOii en prifôo 
par Haroun> un dfe fés enfens qui étoit 'enveloppé dans le même ddïàftré, lui 
dit m hm*^ ÇDHîm§flt eft-ii pqffifeïe qu'àpits. ^voipfeïvî ^i^ . &/ If Etjt . de 
D^e meusiy ^ fait. 4a \At» k tq^t le môH^e, i^ou^ . iJoyoyç» reijuits à nja^ teUo^ 
mifere ? îahia lui fit cette réppnfe : Il fe peyç f^iv^ (^ la voiy ^ qu^l^K^ 
afflué qui auia foufiert de nous quelque tort, ait été entendue de Dieu pen*- 

dant qu^ nous n^ipfm de Uû xe^^dm juftie^i.. ' 

iafaia dibit fouvent à fes enfixift: Soyelz hhefausi dfe vos là&m^ dans le tempr 
de vôtre profperité , & ils. ne diminoeroat ppint: Oonnexiâuffii durant: vôtre 
adverdté; car fi vpus yous abA^iu^. alors -de donner,. U n^ vous ei^ ];eft$ra: 
rien du ' tout. 

' L'on trouva; dans le fbin d'ïàhîa après femort^ un papier dans lequel il avoîf* 
éerit ces mots de fa propre main en Arabe : L'accufé pafle le premier, Paccù»^ 
ûtew Iç fuiviQ dfi prè$, & ils {iaroîpronti tous dei^^ d^vapt; im Ji^:ai|pfès 
duquel ni les écritures ni les proçedyie? ne fervirbnt..dQ riei)« Cç. P^pier-:^.^^ 
été porté" au. Khalife^ il a'an put &îre la lecture fans vêrfer des lanjîés. 

« 

IAHIA Bên Aktem.- Cadhi dA% Ç»M». ou^ Chanoslkf ito.fibsdîfô 40imÊ£*ïy. 
ftit celuy qui jBt changer ce Prince y fur Tôpinion qu]il ayoit c^ue |e . mgLrvà^^ £^ 
tems eilant licite, pouvoit eftre eiMM. 

Cette fopte de. mariage ^appeV^ en Aré^ - Alqiet^àh i 4s le ig^Ufé' éit<yt^ Ijdr * 
le point d'en publier la permiflièn , lorique le Cadhi fe fervit d'un paflage de 

|)tt a^iblumefft ceOse efpeçe die mariage ^ 4 dit &Hyieaojit qj^^îl.oe £a^ j^ fe^ 
contraindre les femmes dans leur Religion j &. qu'il ne paroît. psa^ qijç çc^i qv^ 
fe fert d'une femme feulement pour un tems, puilTe. être açpeUé véritablement 
ton mari, ni qu'il ait une eadere puii&ace iur efie, conune fcûr une ehbfe qu^il i 
poflede pleîneBisnt ou l^gilQaement. . 

Ce C^dbi- fit & publia cependant une lôy contre cétte^ Sorte àé mariaged^^ 
qaUl difoit être condamnez dkns l'Alcoran : nonobftant quoy ils ne îaîile'nt pa^^ 
d'être f 00: errui^e parmi les MufuUnans. Lgs - Chrétien^ mêmes 4u L^yapt: 
lés çfl^tiquent quelquefois , quoyque très-défeodys par les loîx de F^Iife ,. &, 
lis les. appellent des mariages faits all^ carta^ c'efi-à-dire ^^ par une promeÛT^* 
écrite, &;atitxDnTéè par le Cadhi, en vertu de laquelle l'hoiiiimô s'oblige envers ^ 
la femme qu'il prend, de k tenir pendant. un tel tems., moyennant une- telle ^' 
fbjroŒ!p-4yge»t ftîppjéê ,. 

' Çqi Çadljji^mo.ufut l'an .dp THegi^ ^4^1, ibus^Je. Kl^alife" Motavîiel^ . . 

• - • 

• îAtîiA^Ben- Ali Al Mônaggem^^ Homme de bonne compagnie qui sMtbît: 
£àfTt avancé dans les^ bonnes grâces du Khalife iVloâa&s, d'où ' viçat qye Ton 'le : 
ruG^^QJBjm ordiBairement Nodim Al. 1^0^^ à^.ç9i)fe^ qge t&^^ripfi^ le* faifoit: 
fîlUïent, manger &,.I>oire.av^ll«ju . 



a68 1 A H I A 

Noœ avofis de Idi unehifioire desPoëtes Arabes qui commence par Bafchifi 
& finit par Marvan : elle eft intitulée Baher fi akhSdr al/choâra. Cet Auteur 
mourut Tan 300 de rHegîre. 

lAHIA Ben AU Bea Gezalahp Auteur d'un livre de Médecine dont les ma- 
tières font rangées par tables à Tinitar de celles des Ëphemerides; fl s'intitule 
Tacovim aL abddn fi tadbir al énfàn. . 

y lAHIA fien Adda, Chrétien Jacobite natif de la vîHe de Taorit en Mefo- 
-^ potamie. Il étoit Philofbphe Peripatëticien , & a traduit plufîeurs ouvrages cf A* 
riftote^ en langue Syriaque & Arabique. 

lAHIA Aboulmànfour , fumommé Al Mouflali, parce qu'il étoit natif de 
Moful eh Méfopotaînie, eft l'Auteur du livre intitulé jigdni. C'efl unReoieil 
de chanibns Arabiques difpofées par ordre Alphabétique* 

lAHIA Ben Iakhfchi Ben Ibrahim. C'eft TAuteur d'un Scharh ou commen- 
taire fur le livre intitulé Scherâat al ejldm i ce Scharh efl: dans la Bibliothèque 
du Roy n^. 590. 

lAHIA , fumommé Al J^ahaovi, a traduit & expliqué en Arabe le livre 
d'Ariftote, qu'il nomme Bari arminiâs^ mot corrompu du Grec qui ûgmfîeDe 
Interpretatime. 

f AHIA Ben Abdahnatha. f^tz Zaovaovi. 
lAHIA Ben Geifch. f^oyez Schaharvardî. 
lAHïA Affendi. Fbyez Mohieddin Al Thabari. 

lAHIA Ben Abilmanfour, c'eft le nom d'an des plus grands Attronomes 
qui ayent vécu fous le Khalifat d'Almamoun. Abukaalfar en faîfoit grand état, 
& le cite fouvent. • 

lAHIA Ben Mohammed, huitième Khalife ou Empereur des Moahedites ou 
AI Mohades, comme les Ëfpagnols les appellent, qui a r^né en Afrique, & 
en Efpagne , ce que les Arabes appellent Magreb u Anddous. rb^êz le titre 
de Mc^ranedia 

lAHIA Ben ModhafFer, Ben Mobarez. C'eft le nom du fixîème Prince ou 
Sultan de la dynaftie des Modhaferiens ou Mozafferiens en Perfe. Cette 
dynaftie fUt abolie fous les Sultans Schah fchegiâ » & Schah Manfbur , par Ta^ 
merlan, royez Modhafferioun. 

lAHIA Ben Haidar Carati^ feptième Prince de la petite dynaftie qui s'éta- 
blit dans le Khoraflan au tems des conquêtes de Tamerlan , fous le nom de 
Sarbedariens, 6:; qui fut maintenue par ce même Conquérant Foyez Sarbedarén 

JAHIA Ben Ifrail a écrit lur l'Ifagoge de Porphyre. 
. -" Abou Jacob Ishak, Ben Soliman difraili, furnommé al Thabib^ le Médecin, 
eft auteur du Boftas alhekmat, Jardin fhilofopfaique. 

Le 



I A H K é m; -i— i I A HO U T>. îï8f 

r L^ furnoitt d^IfraiU eft fouyent donné aux Aâtears Juifs qui font eftimez par 
les MuûilmMs. . .. \ 

lAHKEM Ma cânî, Turc de nation, lequel ayant été efclave de Mardavige 
Sultan de Dîlem , & depuis fon affranchi , & élevé par lui jufqu'aux premières 
charges de la milice, tua fbn maître,, & s'empara .de fés Etat?. 

Il s'approcha ^enfui te de Bagdet, d'où il chaffa Raiek qui tenoit le Khalife 
Radhi fous fa puîiTance, & prit lui-même fa place fous le titre d'Emir al omara, 
c'eft-^-dire. Commandant des Commandans, ou^ Prince des Priaces* Il gouverna 
le Khalifat avec tant d'autorité qu'il faifoit faire . la charge de Vizir par fon 
Secrétaire. 

lAHOUD & lahoudi, un Juif que les Turcs appellent d'un terme de mé- 
pris Tchifout ou Tchufut. f^oyez l'origine du mot lahoud dans le titre de Houd, 
Les Juifs' ont été condamnez à une captivité perpétuelle , à caufe de leur 
rébellion contre Dieu, & pour n'avoir pas reçu, ni réconnu Jesus-Christ 
pour MefEe. Ceft le fentimént de tous .les Mufulmans fondé fiir l'Alcoran,' 
dans lequel au chapitre Aâraf Mahomet dit , que Dieu à fait connoiftre qu'il 
enyoyeroit toujours jufqU^au jour du jugement quelqu'un qui chdtieroit fcverement les 
jfuifs , 6? qu^il l^s a difperjez parmi toutes les nations du monde. 

Les Interprètes de ce paflage difent tous unanimement que les Juifs ont tou- 
jours été fujets depuis leur rd)éllîon à être ou tuez, ou tenus efclaves, ou au 
moins obligez i payer tribut. Nabiichodonofor , & après lui les Roys de Chai- 
dée 5 de Perfe , & les Romains les ont ainfi traitez ; & enfin les Mufulmans 
ont receu l'ordre de Dieu , apporté par Mahomet , de leur faire la guerre y- Se 
de les maltraiter jufqu'à ce qu'ils embraflent le Mufulmanifme , ou payent le 
tribut : ce qui doit durer , & fubfifter , ajoûtent-ils , jufqu'à la confommation 
des fiecles. 

Quant à leur difperfîon, les Mahometans aïfurent qu'il n'y a point de pays, 

où il ne fe trouve quelque Juif. Le même texte fait dire à Dieu les paroles 

fuivantes: Dans cet état de captivité nous ne laijferons pas de les éprouver , ou en 

leur faifant part de (quelques biens temporels ^ ou en les affligeant de peines extraor-^ 

dinaires , car il y en aura parmi eux de bons ~& de mauvais. Les bons , lors qu'ils 

feront dans l'abondance des biens nous remercieront ,, & lorfqu'ils tomberont 

dans la mifere,ils prendront patience dans leurs maux: mais les méchans, loif- 

gu'ils fe verront comblez de richeifes , diront : // faut que Dieu foit pauvre ^ puis 

qu^il fie nous donne rien ; nous ne manquons cependant d'aucune chofe ; car nous ac'^ 

querrans des biens par nôtre propre indujiriei ^ lorfquils fe verront prejjez par la 

necefflté^ ils diront: La main de Dieu efi racourciey elle eji attachée à fon col: Une 

feut^ ou ne veut pas nous faire du bien. 

Ijà concluDon de ce verfet : Nous en ufons ainfi afin qu'ils retournent à nous ^ 
car cette épreuve efi la pierre de touche qui fait connoiftre le prix d*un chacun. Ceft 
de ce paflage que le Methnevi a emprunté ce beau diflique : La volonté', & le 
bon plaifir de Dieu eft la pierre de touche qui nous éprouve , afin que celui 
qui n*eft pas de bon aloy fafle paroïtre au dehors la noirceur qu'il cache au 
dedans, comme fait une pièce faufle. - 

Mahomet ayant contrafté des obligations particulières avec les Juifs qui luy 

avaient fourni des mémoires pour fon Alcoran , '& qui voulolt les ménager 

Tome IL o pour 



sp^ I A H O U. D. 

pour im tems, après avoir parlé de ceux qui ont violé la loy deMosrft^ ^i» 

le chapitre Aârdf , qui vient d'être cité, ajoute aufli ce verCetilly a une raçê 
parm le peuple de Moyfe fui montre aux autres la vérité ^ (f qui f€ gouverne avec 
jtijtice & équité. 

Les Interprètes dîfent fur ce paffage , qu'après la mort de Moyfe & de Jolué 
fon fuccefleur, il y eut une grande confufion parmi le peuple Juif ; car il? 
tomba dans Tidolatrie , fi; fe fouilla les mains du fang des Prophète^ que Dieu- 
fufcîtoit de tems en tems pour le ramener à fon devoir, Cepencfant un nom- 
bre confîderabie d'entr*eux obfervoît exaftement la loy , n*adoroit que le veri^ 
table Dieu de leurs pères, & faifoit continuellement des vœux Se des prières à 
ce quMl plût à la Divine bonté de les feparer des impies dont ils ne pouvoîent 
plus fupporter la compagnie^ 

Dieu exauça leurs prières , & par un miracle bien (hrprenant^ leur ornait un 
grand chemin fort fpatieux par lequel , s'étant tous mis en Voyage , ils arrive- 
rent aifément jufqu'aux extremitez de IKDrient, au de-là de la Chine, où: s*étant 
arrêtez , ils firent un établiflèment , dont il reile encore jofqu'à prefent, quel- 
ques reftes félon le rapport de nos voyageurs. 

Quelques Interprètes ajoutent à cette fîftion une autre faHe encore plus im- 
pertinente, à fçavoîr que Mahomet dans ce voyage myfterieux> ou plûtoft ima* 
ginaire qu'il fit en une nuit vers le ciel, vit en paflant ces gens-là, & que leur 
ayant lu dix verfets de foh Alcorân , il les, convertit à la lov Mufuhnane, & 
que c*eft de ces Juifs- là qu'il eft parlé dans le chapitre AJrafC 

Ceft une tradition allez univerfelle dans tout TOrlent, & qui n*eft pas nou- 
velle , comme il paroît parce que Ton vient de dire , qu'il y a des Juifs dans 
la Chine, & fes environs, & dans la partie la plus Orientale de la Tartane», 
Les Européens croyent que ce font des defcendans des dix tribus qui ftirent 
tranfportées en Medîe , au de-là du fleuve Gozan , par Salmanazar Roy d'Aflyric. 

11 auroit pu arriver effeftivement que ces Juin , ou une partie d'entreux 
fût paffée de la Medie au deffus de la mer Cafpîenne dans te pays de Kbour^ 
& eût pénétré de-là jufques dans les endroits les plus reculez dé la Tartane ^. 
qui ne font pas fi éloignez de la mer Cafpienne, que l'on a cru jufqu'à prefent. 
Les Mahomatans , & fur tout les Alcoraniftes qui font très-ighorans dans la 
Géographie,» ont cru qu'il falloit un chemin fait exprès par la toute- puîflincc. 
de Uieu , pour faire palfer les Juifs de la Paleftine en la Chine» 

Les Mufulmans , entre les reproches qtf ils font aux Juifs , & entre les cauf» 
principales de leur punition , mettent le violement du Sabbat , dont Toblerva- 
tion exa6te leur avoit été fi étroitement commandée ; c*eft ce qui fait dire k^ 
Mahomet dans ce même chapitre AAraf , quelques paroles qui. ont fourni à !«- 
Interprètes le fujet de Thiftoire fuivante. 

Dan? une des villes maritimes de la Judée, on voyoit paroître Ordinairement: 
beaucoup de poiflbns le jour du Sabbat, lefquels s'écartoîent pendant les autres 
jours de la femaine ; ce que Dieu avoit ainfi ordonné pour éprouver TobeïilàDce- 
de fon peuple. Une grande partie des habitans de la vilfe pour profiter de 
Tabondance de ces poilibns fans violer les droits du Sabbath , creufercnt fur le 
bord de la mer plufieurs fofles, oii les eaux de la mer tomboientpar le moyen 
de certains canaux qui les conduifoient avec une grande quantité de poi/Ibns> 
le jour du Sabbat. Ces poiflbns ne pouvant plus retourner à la Ynet^ à caufe 
qu'ils étoient arrêtez, par dese filets qu'ils trouvoient fur leur paflàge , les Juîft 



. V 



: I A H O U D. 291 

;tes tSroiçût le lendemain de ces fofles , & prétendolent n*àvôîr point violé le 
Tabbat par la pêche. 

D s'en trouva plufîeurs qui s*oppoferent à cette fraude que Ton faifoit à la 
loy de Dîeu: mais cette oppofition ne détourna point ceux qui en profitoient 
de la pratiquer, ils firent au contraire beaucoup pis ;'car voyant que Dieu ne 
puniffbit pas, leur aélion, ils fe portèrent jufqu*à violer ouvertement le fabbat, 
Cl t exercer ce jour-là publiquement la pêche. Ceux qui avoient defapprouvé 
la première aAion , furent fi touchez de cette prévarication fcandaleufe, qu'ils 
ne voulurent plus depuis ce tems-là avoir aucune communication avec ceux qui 
en étoient les auteurs. 

Ils s'enfermèrent pour cet effet dans un quartier feparé des autres, d'où étant 
après quelque teiçs fortîs, ils furent bien furpris de ne trouver perfonne dans* 
le refte de la ville ; car tous ces infrafteurs de la loy avoient été par la toute- 

{>uîflrance de Dieu metamorphofez en finges lefquels s'approchants de leurs amis , 
es frotoienf de leurs têtes eu pleurant ; cette transformation ne dura qpe trois 
jours, au bout defquels tous ces miferables perdirent la vie. C'efl ici une des 
plus ridicules metamorphofes dont Mahomet ait réjoui fes difciples aux dépens 
des Juifs, dans fon Alcoran. 

Le Judaïfrae , félon Algianabî & Aboulfeda fut introduit dans TArabie par 
Abou Kerb Allîad, 32^ Roy de Tlemen, ou Arabfe Heureufe • fept cens ans 
avant Mahomet. Ce Prince étoit de la famille de Hemiar , duquel les Ara- 
bes fes fujets furent appeliez Hemiarites , ou comme les Grecs les nomment , 
Homerîfcs. 

Dhou Naovas , 43^. Roy de la même race ou dynaflie fUt fi zélé pour 
le Judaïfme , qu'il faifoit jetter dans des fofles , ^ ou fournaifes de feu ceux 
qui refufoîent d*en faire profefEon. Il efl fait mention de lui dans TAlcoran 
fous le nom de Saheb al okhdoud , c'eit-à-dire , l'auteur ^ & l'inventeur des 
foffes ardentes. 

AI Gîanabi dît qu*îl fut le dernier des Roys Hemiarites ,. & que fa cruauté 
envers les Chrétiens qui refufoient de fe faire Juifs ; obligea le Negiafchi, ou 
rÊmpereur d^Ethiopie qui étoit Chrétien , de lui faire la guerre , & de le 
dépouiller de fes Etats , lefquels demeurèrent entre les mains des Chrétiens 
durant TeTpace de 72 ans. L'on compte quatre de ces Ethiopiens qui ont 
régné dans Flemen, ou Arabie Heureufe, à fçavoir Jakfoutn> Abrahah, Ariath ' 
& Mafrouk. Fuyez les vies d'Arethas 6? d'Elesbaan au 24 Oftobre dans Me- 
taphraflie. 

JLorfqoe Mahomet parut , U y âvoit beaucoup de Juifs en Arabie. Ils étoient 
fi puifiants , qu'ils y poflfedoient plufîeurs chûlteaux dû ils commandoient en Prin- 
ces. Ben Schohna^ remarque dans la vie de Mahomet qu'en l'année troifième 
de THegire, Mahomet fît la guerre à plufîeurs Princes Juifs de l'Arabie, & 
que les ayant fîibjugez, ils les reduifît tous avec leurs lùjets en dclavage. 

La quatrième année de U même Hegîre , Mahomet donna un eombat con- 
tre lea Nac&nràeos ou Nazireens qui étoiem: Juifs; il en défit un grand nom^ 
fare ^ & d^ligea les mtnes d'abandoôner leur patys , & de fe retirer dans celuy 
àc Khaîbar. 

Mahomet eut encom depuis ce tems-là plufîeurs affaires avec eux ; mais il 

w O o a leur 



,leOT donna enfin quartier 5 avec des lettres de fauvegarde , àdeproteftion^ tant 
à caufe qu'ils a voient été autrefois dé fes amis, que pour les avoir çommç 
autant de témoins de fa doélrine, ou plûtoft de fes impoftures. 

Ces Nazireens , dont il efi: fait mention cy-defliis , pourroient' bien être te 
Nazaréens qui ont paru dans les premiers Cèdes de FEglife , & qui faifoient 
profeflîon d'allier les obfervances Judaïques avec la doctrine de jEsas-CaRist; 
car , comme nous avons vu cy-dclFus , il y avoit beaucoup de Chrétiens & de 
Juifs dans TArabie plufieurs fîécles avant Mahopiet, 

Ben Cafchem dit que Paréhzerd, qui fignifie en Perfîen une pièce jaune , eft' 
une étoffe que les Juifs font obligez de coudre fur leur épaule , pour fe faire 
connoître & diftinguer entre les autres nations du Levant ; cette marque eiî 
nommée par les Arabes Ghiar , nom gênerai qui convient à tous les fignes qui 
fervent de diftinftîon ; en forte que ce mot fignifie auflî la couleur particulière 
que les foldats portent, pour faire reconnoître de quel party ils font, aînfi 
que parmi nous l'écharpe blanche,. noire, rouge, &c. en un mot, tout ce qui 
fert de fîgnal aux perfonnes^ pour faire connoître de quelle nation , religion ou 
party ils font. 

Les Chrétiens , par l'ordonnance des Khalifes , portoiert > & portent enco- 
re aujourd'hui dans l'Orient de -larges ceintures de cuir , quoyque cette dif- 
tinflion ait été abolie par quelques Princes. Les Juifs étoient connus par la 
pièce jaune fur l'épaule , & par le chapeau jaune, rouge ou orangé en plu- 
fieurs endroits; mais aujourd'huy, dans les Etats du Turc à Conftantinople & 
ailleurs, ils font obligez de porter un chapeau de feutre fans bords, que les 
Turcs appellent par dériûon Haurouz , qui fignifie en leur langue un baflîn cfc 
garde robe. 

Burkâi fit porter à fes feébteurs des étoffées blanches > parce que. les Abbaffides 
en portoient de noires , & les Scherifs , qui fe difent être de la poflerité d'A- 
li, ou par les mafles ou par les femelles, ont confervé le verd dans leurs bon- 
nets ou turbans , à l'exclufion de tous les autres Mufulmans : . mais la marque 
la plus honteufe de toutes eft celle d'un fer à cheval , que Malekfchah le Sel- 
glucide, fit porter pendu à l'oreille, aux Géorgiens ciui étoient Chrétiens. 

Les Jufs du premier fiècle du Mahometifme , voyant les di vifîons- furvenueS 
entre les Mufulmans , au fujet de la religion & du gouvernement , demandè- 
rent à Ali d'où venoit qu'à peine douze ou quinze ans s'étoient écoulez depuis 
la mort de leur Prophète, quils fe déchiroient les uns les autres par desguecr 
res civiles & domeftiques. 

Ali leur répondit fur le chiamp : D'où vient que vous Juîfe , qui vous glori- 
fiez d'être le peuple de Ditu , aviez encore à peine vos pieds fecs du pmge 
de' la mer rouge, lorfque voyant les idoles d'Abda & de Hinda, que -les Idolâ- 
tres adoroicnt , vous demandâtes à Moyfe qu'il vous fît des Dieux. comme les 
autres, peuples de la terre en avoient ? 

-' Cette réponfe les rendit muets & confus> de même que les Qirêtîen* le fu- 
«nt, dit tamâi. Auteur de ce Dialogue d'Ali avec les Juifs, Iorfï}ue ceux-cy 
rcproehante aux Mufulmans quelques mauvais difcôurs , qui fe tenoient fur le 
fijjet dAifchah, femme de leur Prophète, on leur répondit, qu'il y avoit dcB 
'^eiis parmi, eux, ce fout, quelques anciens hérétiques ^ qui n'a voient pas épargné 



; : I AI A H, I A I T Z A ! / a93 

la plus pure de toutes les créatures, car c'eft aiiifi que cet Auteur Mahometaa 
quîàifie la Sainte- Vierge, 

Ces idolâtres qui adoroient Abda & Hinda font les Madianites , . appeliez par 
les Arabes Caoum Midian , peuple qui habîtoit la côte de la mer rouge , où 
les Ifraëlites abordèrent après leur paiTage de la mer rouge. 

On lit dans l'Alcoran , que ce qui eft refté de Juifs de la famille de Moyfé 
& <fAaron fera porté par les Anges dans le ciel. On rapportera fur' le fujet 
de ce verfet un trait agréable , que fit un homme d'eiprit de la. Cour du Sul^ 
tan Abufaid. Ce Prince avoit pour Médecin ordin^re un Juif, très-habile dans 
fon art , & duquel il faifoit grand état. Il arriva qu'ayant un jour befoin- de 
hiy , il renvoya quérir par &s pages qui le portèrent en chaiiè, à caufe que 
- les gouttes Tempéchoient de marcher. 

Dans le tems que le Juif arriva , Mozaffer le Poëte , qui étoît cet homme 
d'efprit , fe trouvant en la compagnie du Sultan , & voyant paroître le Juif en 
cet équipage, fe proftema auffi-tôt devant lui, & allégua pour raifon de fon ac- 
tion, qu'affurément ce ne pouvojt être qu'un de ces Ifraëlites porté par autant 
d'Anges qu il voyoit de pages , & prononça en même tems ce verfet de l'Al- 
coran : Foicy ce qui eft refté de la Maifon de Moyfe & de eelle ffAanm , que les 
Anges portent. Ce refte de Juifs porté par les Anges femWe fignifier ce qu'a 
cfit faint-Paul, lorfque parlant d'eux, il cite la proplStie d'Iûie, Reliquia falya 
fient j felton laquelle il paroît, qu'il y aura un refte de Juifs fauve.. 

Les Mahometans mettent les Juifs dans un étage plus bas que les Qirêtiens 
en enfer , & un Juif Apbftat nommé Samuel Ben lehuda ,, Efpagnol & Mogre- 
bîD , qui a écrit contre les Juifs , en rend la raifon , qui . eft d'avoir corrompu 
le texte de plufieurs endroits de TEcriture fainte. Ce Juif Mahometan vivoit 
dans Tan 570 de THegire. 

« 

lAIAH ,. Caffidàh ou Poëme, dont toutes les rîmes font en I confone pu: 
voyelle ^ compofé par le célèbre Poëte Arabe nommé Ebn Faredh. Cet ou- 
vrage commenté par un inconnu, fe trouve dans la BU>liotheque royale,. 
u'\ 617^ 

lAIN Kèmoutehi , fumom JEzzeddouIat Saâd Ben Manfbur , Auteur â'un 
-irommentaire fiir les Efcharàt & Tenbihât d'Ebn Sina ou Avicenne. Le fur- 
nom de cet Auteur eft bizarre ;. car il figpifie un homme qui meurt dans fon 
tems, c'eftrà-dire, dans le terme jue Dieu a prefcriL. 

lAITZA, Ville capkale du Royaume de Boffine ou Bofnie.. Les Turcs- 
rappellent plus ordinairement Khaovatza , & nos Géographes laycza. 

Elle fut prife par Mahomet Second , Sultan des Turcs, l'an 869 de l'Hegire,. 
de J. C. 14645 onze ans après la prife de Conftantinople. Mahomet fit périr 
Eftienne, fon dernier Roy, qui avoit dépouillé & chaffé fon propre père. 

MathiaS) Roy de Hongrie-, la reprit peu de tems après fur les Turcs : mais 
Bajazeth fécond s'en rendit derechef le maître, auiS-bien que de Herzegovina/, 
qui étoit la capitale du. Duché de faint-Sabas, que l'on peut appeller la Boffine. 
Supérieure. 

. Nos Hiftoriens.^ comme Bonfinius & autres ,. écrivent > que cette villa fut 

003^ affic»- 



»94 



I AL A M L A M. — -. I A M A N. 



alBegëe «ne féconde fois en vain pv Mahomet Second , lequel efi leva , di. 
fenSls, le fiege auffi-tôt que le Roy Mathiass'en approcha pour la fecourir. 

lALAMLAM, Lieu de Hemen qui eft l'Arabie Heureufe, oU les pèlerins 
du pays, qui vont à la Mecque, s'aflemblent & forment leur caravane, ce qui 
lui fait donner le nom de Micàt ahel lemen , Entrepos des Jemanites. 

« 

JALDA & JELDA, la Nuit ou la Fête de' Noël chez les OrientiuTi 
foit Chrétiens ^ foit Mahometans. Les Arabes appellent encore cette fête Al 
Milàd, la naiflknce par excellence, & les Perians Scheb laldai, que l'Auteur du 
Mircat allogat explique en Arabe Deigiour , mot qui fignifîe une nuit claire & 
lumineufe , à caufe de la defcente des Anges revêtus de lumière , qui fe fit fé- 
lon TEvangile à la naiflknce de Jesus-Christ en BethleheiiL 

lALL Abou lali Ben Abdallah & Ben Harebat. Ployez Khalîl. 

lAM & lem. Les Cathaiens & les Turcs Orientaux appellent ainfi le troi. 
fième Tchagh de leur cycle duodenaire y qui comprend les vingt - quatre heures 
du jour & de la nuit, & qui contient auflî douze années , à chacune defquel. 
les ils donnent un nom particulier. 

Ces douze parties du jour, & les douze années de ce cycle portent les noms 
de douze animaux. Jam , dont nous parlons , fignifie en \2nm1e Cathaienne, 
ce que les Turcs Orientaux & les Perfans appellent Pare , les Latins Pardus & 
BOUS autres un Léopard, f^oyez Giagh. 

lAMAMAH, Ville de la province qui porte le nom de Hegiaz ouH^a- 
xe, où les villes de la Mecque & de Medine font fitu^es. (Quelques Auteure 
attribuent cette ville à la province de Hagr , qui eft proprement TArabie Pe- 
trée. Elle eft éloignée de BalTora de 18 journées en tirant vers rOccident, 
^ les Tables Arabiques lui donnent 82 degrez, 30 minutes de longitude, & 
23 degrez de latitude Septentrionale. Quelques Auteurs font auflî de Jamamah 
ijne petite province. 

I AM AN ou leraen , Province de l'Arabie , qui fait la troifîême & la plus 
grap^Je partie de ce vafte pays : nous rappelions TArabie Heureufe , à caufe des 
ârogues précieufes qu'elle produit. 

Ben Schohnah dit, au'après la divifion des langues Cahthan ou Jocthan, fils 
de Gaber ou Heber, nls de Saleh, vint en lemen, où il régna, & que fon fils 
Jârab , qui lui fucceda , parla le premier la langue Arabique , qui a tiré de lui 

fon nom. 

Le troifième Roy de llemen fut lafchab , fils de lârab , auquel fucceda auflî 
foTi fils nommé Abdalfchams , Prince fort vaillant , qui aflbjetit à fon empire 
tous fes voifuis , à caufe de quoi il fut furnommé Saba ; il bâtit la ville qui 
porte fon nom , & c'eft de lui que les Sabeens , qu^il ne faut pas confondre 
avec lee Sabiens, font deicendus. 

Saba eut pour fucceflleur fon fik Hemiar , qui a donné le nom aax Hemia- 
rites ou Homerites , defquds il a déjà été parlé plus haut. Elntre les deicea- 
dans de celui-cy , Schedàd , fils d'Ad , qui a bâti des villes & des palais fabu- 
leux, s'eft rendu célèbre dans l'Orient. 

Afril(is ou AfriJcin, un de ces Roys Hemiarites de Tlemea, paflEi d'Arabie en 

Afi> 



, . ■ I A M A N. . 495 

■ 

Afijqae & h fbb)ixgua% on ilit qu'il lui a laiflë Ton notn. H étùit fib de IXhoul- 
menàr Âbrahafar duquel defcendoit aufli Hadhàd^ Père de Ja Reine Balkis, feni'^ 
mè de SaloAon*, que led Arabes croyent être celle que récriture fainte appel- 
le la Reine de Saba. 

Dhoulnàs ou Ohonlnaovàs » qui jettoic ceux^ qui re^ufoient de fe faire Juifs > 
dans des foumaifes ardentes , & Ohoulgedan , Ton fils , fiB'ent les derniers Roys 
des Hemiarites y qui y félon le calcul des Arabes ^ reguerëot 2020 anâ dans 
Flemen. 

Les Ethtopîeiis appelles par les ChrStiehs qui fouffrcÂeitt une periecutioa 
cruelle fous ces derniers Roys y les dépouillèrent & chaiftrent de leurs Etats i 
dont s^tant rendus les maîtres ^ il y eut des Roys de leur natioi> qui régnèrent 
dans riemen. 

Le premier fut Ârtakh^ fils d'Abrahah , fumoimné Al Aichram & Saheb AI- 
fil , qui avoit en vain aflîegé la Mecque, f^ùyez le titre ^Abrahafh. 

Le fécond fut Macfoucr , fils d'Ariàkh- , & le troifîème Afefrouk y fils auflî^ 

• d'Abrahah & oncle de Macfoum ; ce fut fous lé règne de Mafrouk que Seif y 

(Us de Dhou Izen, Hemiarite de race, implora le fecours de Npufchirvah , Roy 

de Perfe , qui te rétablit dans le Royaume de fes ancêtres , fous la dépendance 

néanmoins de celui de Pèrfe. . . 

ladàn fut le demfer de la polterité de Seif, & fe fit Mufulman du tems de; 
Mahomet : depuis ce tems - là les Arabes de llemen & des autres provinces de 
TArabie font toujours cfemeurez fous Fbbéïflance'des Khalifes, ou de flagdet, 
ou d'Egypte, tant que le Khalifat a duré- * : .- , 

Les villes principales de cette province font , au- rapport de la Géograçhia 
Perfîénne, intitulée Mejffahet al ardhy Sanâa, Sâada, Cabar Houd , c'eft-a-dire, 
fe fepdcre du Prophète Hôud, qui eff le Patriarche Hebefr, Mareb, Dhaffàr, 
Aden, Gîurfch, Mehegiem, Dhamar Giound, Gioi^faelat, Schiai:gitt,Sitrin,Ne-r 
gîrdn, Zabid ou Zibit, Maharah, Mirbath, qui eft fituée entre TEquateur & le 
premier Climat , & d*où vient h plus grande quantité du meilleur encens ) 
Rkdharmouth, qui a donné le nom à l'Hadramytene dé Ptotômée, iSchibàîn, &c. 

La mer d'Iemen eff entre la mer rouge & celle d'Oman , celle- cy eft pluff 
proche du Golfe de Perfe. Plufieurs cependant confondent ces deux mers , & 
veulent que TOman , province de l'Arabie qui s'étend le long du Golfe de Per^ 
fe, fafle auiîî une partie de celle d'Iemen. 

Selon ce dernier féntiment , les villes de Cathif , de Baharain , de AhaflTa , 
appellée vulgairement Lahafla, & dé Mafcàth appartrendroient à Tlemen. 

Les Arabes difént , que ce pays a une efpète de cailtes que l'on ne voîtr 
point ailleurs; ils les appellent Salova, & croyent que celles que Dieu envoya 
aux Ifraëlites pour les nourrir dans le défert , furent pouiTées par un vent du' 
Mldy de flemen juf^u'à leur camp. Ils écrivent que ces caffles n'ont point- 
fos, & qu'elles fe mangent toutes entières. 

Plufieurs Auteurs ont écrit Hiiftoire de Flemen. Mohammed Ben Abdalha^ 
mid a ramaffé quarante Hadîth ou Traditions Prophétiques , comme les Muful- 
mans les appellent, à la louange de llemen. Cet Auteur étoit Ai Coraîfchi AI 
iSlefri, c'èft-à-dire, Coraifchite de race & Egyptien de nation. 

Mohaûmied Ben Ifraail Al Jemeni eft Auteur d'uû livre qui a pour titre F% 
fââhl al Itmmy^ de l'excellence de riemen*. 

HoUain y 



\ 



iptî I A N A N A h; — ^ J A N C a U. 

Hoftaîni fon fils; qui étoît habitant , & Cadhi de la ville de SariaKa, atraî; 
té auflî le même fujet. 

Dhia eddih £bn al Me^id en a donné aufli une hiftoire très *ample , fous le 
titre de Bahagiat zaman fi akhbdr laman. 

Vagieddin Ben Rabî Al Jeraeni a continué cette hiftoire jufqu'en Tan 923 
de THegire , fous le nom de Boghiat al mojiafid fi akhbdr Zebid. 

Cothbeddin al Mekki, qui eft mort Tan 988 de l'Hegire, a le dernier de tous 
écrit cette hiftoire, fous le nom de Bark aliamani fil feth al Othmaniy qui com- 
mence feulement au dixième fiècle de FHegire; elle eft dédiée à Sinân Pafcha, 
qui fit la conquête de ce pays-là fous Selim premier , Sultan des Othmanides. 
Ce dixième fiècle de THegire commence l'an de J. C. 1495. . 

Outre la ville de Tlemen , qui porte le nom du Patriarche Houd ou Heber, 
les Mufulmans prétendent encore que 5eth, fils de Noé, y bâtit auili une ville 
où il habita. Voyez le titre rf^'Scheith 

Dhoulzagar , ancien Roy de l'Iemen , fit autrefois la guerre i Caicaous , Roy 
de la féconde dynaftie de Perfe. Voyez le titre de ce Prince. 

Les Aioubites , Princes de la pofterité de Saladin , ont poflTedé Tlemen long- 
tems , après que les Mamlucs fe furent rendus maîtres de l'Egypte , & les en 
eurent dépouillez. Cette grande province eut depuis ce tems-là plufiéurs petits 
Pxinces, lefquels ne portent plus maintenant que le titre de Bâchas, quoy qu'ils 
foient pour la plupart perpétuels & abfolus , depuis que les Sultans de Con* 
ftantinople, Selim Premier & fbn fils Soliman, Font conquife. 

I AN AN AH, Ville d'un pays d'Afrique, que les Arabes appellent Vac(v 
vâk. Voyez ce titre^ 

lANARIS, les Turcs appellent aînfî nôtre mois de Janvier, lorfqu'ils fe 
fervent du Calendrier Julien, pour régler leurs Ephemerides. 

. JANBOU, la Source d'une fontaine, & le nom d'un château ûtvté dans 
une des provinces de l'Arabie, appellée Higiaz. Il n'eft éloigné de la ville de 
Medine que de huit journées de caravanne y & c'eft une des ftatîons ou cou- 
chées des pèlerins de la Mecque , qui s'y arrêtent toujours , à caufe de la four- 
ce d'eau d'où elle a pris fon nom. 

Ce château n'eft éloigné de la mer rouge ou Golfe Arabique que d'une jour- 
née; c'eft pourquoy les Afriquaîns, qui s'embarquent fiir cette mer, viennent join- 
dre en ce lieu la Caravane des pèlerins qui viennent de Turquie à la Mecque. Les 
environs de. ce lieu font moins fteriles que les autres qui fe rencontrent fur 
cette route; car on y trouve grande quantité de palmiers qui portent de ttès- 
excellentes dattes, & des terres labourables qui portent de fort bon bled. 

Janbôu eft auflî le titre d'un commentaire fur l'Alcoran , compofé par Mo- 
hammed Ebn DhafFer, furnommé Al Mekkî, parce qu'il étoit natif de la Mecque. 

Janboû al hekmat , la Source de la fagefle , ouvrage moral , compofé par Af- 
faf Ben Barakhia. Ce nom fent fort le Juif , quoyque l'Auteur fe faiffe hoa- 
neur du nom Giaouberî^ 

J AN COU & Jancous; les Turcs appellent ainfi celui que Chalcondyle & les 
autres Grecs nomment Jangous Choniates , lancous Vaivoda & lancous Banus. 

C'eft Jean Hunniade, Prince de Tranfilvanie, père de Mathias Corvin, RoJ 

de 



«é^ Hongrie, 'qitt 5è reVoft«rf'fe'Iîfoiaaviè,' ac.'la VabcHe 'ébtitré Âmmà W 

concK «''•»'• i - ^ . . -. - 

-B défçndit te'vflle tfe Bélgrafe ébnltre ce Sùlttn, qtffl obligea d'en lever te 
fiege fan dç l'Hégire 843 » de J. "C. 1439 , Bàîttines «Gëheraofdé ce Sultan' 
en 845 & 845. , & fut enfuite .^fait avec le Roy Ladiflas , à Varna ; Tan 848 
qui répond à lan de J. G. 1444. 

Il le fut encore une féconde fois, Pan 853- âe THegîre, de |. €. 1449, P^ 
le même Sultan à Çofova, que nos Hiftoriew app^sUent le Qiamp des^ Merles » 
entre Ic^^Rafine on 5eme,"&1a Bulgarie,* mais MahotaetSecoiid, fils d'Amu- 
râthj ajrînt affiegé* Befotade Pan 8(56, cinq aqs après la mort de fon père, avec 
un appareil de guerre formidable tant fur terre, que fur le DanuT)e, JéanHun- 
niade lui tua 40 mil hommes , lui enleva deux cent vaifleaux^ & Poblig^ de 
fuir avec une très-grande précipitation, tôtit tieffé qu'il ëtoît. 

Cette viâoire 4gnM^^ fut remportée par Jean Hunniade.,. foûtenu du zèle 
de Sainf-Jean de Càpiftraû^ lé fixfëme jour JAbût <ie Pan 1456, jour qui fut 
confacrë, par/Calî^tê troisième', à' la mémoire jde Ja^ Transfiguration de N. S,, 
en aiftion de grâces diin fi grand avantage. ' • ' 

Le VaiUarit Jean Hunhiade, qui n'étoit que Vicë^roy de Hongrie, étant mort 
la même année, laifla dei^ enfans, IJuliflas qui eut la tête tranchée à Bude,' 
pour avoir tué le Comte 4e Cilléy^ &.Mathia&, lequel de prifonnier , qu'il étoit 
à Vienne, fûÉ'élu Roy de Hongrie ta)rès la mort de Ladiflas, Roy de Hongrie 
& de Bohême Pan 1458. 

IANlÀÏI*le$ Turcs appéllexit ainlî une ville de PAIbame, que les nÔ&fes 

nomment ordinairement Joannina & lanina. 

# 

JAÔÛSCHI, Noureddîn AH Ben Japufchî , qui mourut Pan 850 de PHe- 
gire, dKP Auteur du livre intitulé Jînoyarleânul alabrar^ les lumières ^ dont les 
îuftes font ou doivent être éclairez dans ïeurt sfftions. 



• JA'R Ali; fils d'Efcander & petit-fils de Cara DTuf , tous deux Princes Tur- 
comans dé la dyaaftie du Mouton Noir. Ce Prince voyant la déroute de fon 
père, défait par Schahrokh fils de Tamerlan, fe réfugia auprès de Schirvan 
Schah; mais çeluy-ci le trahit. & le mit entre les mains de Schahrokh, qui Pen- 
▼oya prifonnier en la ^Ue de 5amarcand où il mourut. Voyez Baifancor , fils 
de^hafarbkfa. 

JARALIG, ce m€^ en langue Turquefque & Mogoliènne Iknifie des- let- 
tres de f&reté , de confédération & d'alliance , que les Mogols donnoient aux 
Princes leurs amis qui vivoient fous leur proteétion & dans leur dépendance. 

}ARD cm Jared Ben Mahaflail Jared le Patriarche , fils de Màlaleel , & 
père de Henocb. ^Les Mufulmans dumt , que ce fut de fon temps que com- 
^nença Pldolatrie , laquelle fe répandit fi 4miverlellement fur la terre qu'il ne fe 
trouva du tems de Noê que 86 perfonnes qui fuflent demeurées fidèles à Dieu; 
c'eft un pareil nombre de gens qu'ils prétendent avoir été fauvez du delu* 

, contre la foy de PËCriture fainte qui n'en marque que huit. 

Les mêmes Mufulmans font plufieurs montes fabuleux au fujet du Patriarche 
Tared. Ils difent qu'il gouvernoit le monde dont il étoitM#narque*abfolUipar 

TqiieIL Pp la 



^^ JA^^\f}AG.L^,rtr^ATlH' 



niains'aé Sàlomon, qui eut le mime pouvoir que Jared fur les hommes & fis 
lg« 46xien^ • ]v:edy felpn,eu:j:> après avoir- cpmbattu contre iS^t^j le Priqcfr 
4es Dém.Qn$> le fît fpn; prifomûer- & le vpet^ fiiçhaîné ,:• pac-touK; <À, il tlloit, 
4 ^ fuite. ■''■,,■;•. 

Cette fàble peut' avoir été Inventée âù fujet àfi ^Idglaljrie; n^fajfs^y jk». %^ 
Ifi, ce Patçan^a s^pçpû, dft ^:q^^^ fprççj^-; , . ,' .' V^ , . .,, 

' T ARPimGI';#^fIas.j, fils; ^.,t^p0.'ic;W^ë àcMlà" ^aa. \fùià' 
çle ^ General, des' a^mé(*s de'.SptWP ÇfehàdiT.j oc. ç'eft'dô lày^ que la lîtilMides 
M9§<?'i» .nomipé Pefla?,. îi.ttré; fg-ft ftrigige, ife,f9H,^pî, .U root Mm& Mr 
$e encore aujourdhjiy, en Turc.mpdejthé>. un Koqjme.qw viqnt âu/ecoitfs a'aa 

autre. A'oy^ /. Y/îr^ ./^ Q|».U|>^Jfli4h.V , ^ ./:;.::y j -5 = ■ -.r. ..f • 

JASMIN, Flewqiute noik amiellonis 'du triftpë* nbfei' êfl h^ç' bngpe. . Ç^elJ 
anHî le nom prôpifc âe - pli^e^nr pérfohhéç 

noirs, auxquels on- donne ati(5Tdtivent les npn!^ ae Cafôpr & de Neriiès , (çi 
font le Ca^mphre &,.\q NarciiTe,,^ cau^ de leur blancheuf pppoféè à k.DQircçQr 
cte ces efclaves. •' ' ..-.-. - ... ... » ,-^ -. « ... 

Eî>n Jafmin , Aimom d*Abpu Mohamn^ed* Abdallah Ebn Hegiàge , qiri eft 
PAuteUr;'d;uîi AKioiôat oiu PoSme fur Algebr û^Aftx^beliib j,c'eftU-'dfr^ 
IfAIgebre.: • « •- ' * . /. 

J4SSA & Jaflalç, I<.pjx d^s ^^goIs ptusi anciçimes que Gêng^izUi^i.qyQy- 
que plufieûrs Auteurs les appellent Tamif^t Gênghizkhanîat , la LcOy ou le Co- 
de de Genghîzkhan, Il eft vray, que ce Conquérant ajouta plùfieurs Ordon- 
nances civilos & mUitafr.es à ces ançj^nnes loiy,: q^e ro'n peut ^Fpellef un Oc- 
tjâlpgue, parce qu'elles ne çoippreDoiept q^ue hHit:pjçéCfiBtps,fjaitw:eJ5.&;mQra^* 
afTez femblables au DecalQgue ,. dpnt;^ on. stUfQJt Qté. le précepte d(i.SaI)ath & 
celui de la convoitife. ^oyez te titre^ de Taourat . Genghizkhanîat. 

JÇiitriP les ordonnances nBlîtairef ios Mijote., iSXkt de oe j^nai^ fftîr avant 
que dVpir combitttu^ quelque fûrprife qu'il leuc an&ye^ e^ de^ pflin iX^nfidéia- 
l|les. Foyez, le tittê, d'Ilmingé. 

JAÏHREB, nom propre de là ville qui a été depuis appellée MfedinatAl- 
nabi, là ville du. Prophète i à caufe du fepulcre de Mahomet qui s'y>voit^ Ce 
feux Prophète y avait fa réfidence pendant treize ou quatorze ans depuis iàfui^ 

de la M^qUe.. Nom l's^pelIoQ$^ s(^iQU(d*h^f Msdin«... 



« 

JATIM& JjRtitn) un. Orphelin.. Les Mufijlmans difent» que la peine fc 
epuk qui ont mangé le bien des orphelins , eft marquée exprefTément dans le 
oliapitre de r^cor^,n, intitulé A£(^» ou. des femmes, en ces. tqrnaes: CeiqpfÀ 
mangent le bien d(SSfC%phe^tH. injjsfiif^/mti mims^f^ 
ilitraillef. . ^ 

Abpu Debrat dit , avoir appris d/f I» bcw^ dç JS|iibo9«t. «êm^^qufftujour 
da jugqqiept Diçu^ fera, fof tir certaines: gens hors de leiir« ftpuloreft^ lefqueb 
jetteront du feiir^par te bou(^> & qu'ayant intenrogé qui étoient ces ç;ns;>là> 
U' répondis- JMe /çayez^^ymi (H « qm ^mMJe Cfm ^.di^mU&Uinjuft^f^ 



N 



- VKxMOcta Tafilî- Këbif) Ott^ fr«&a t>(Hiifiéft»irè ; (fie , qù^ êètf^ Tme-êe 
^«deviendra tellement pidne de^ ?eu i qtie la iki!imé'f& là famée leur foftba 
par la bouche ^ i^ le neZj par les oreilles & par lés yëux^ & que Foii con- 
Boftra, par oette imrque » qui {orA^cwx <)«ii oat pîUé les orphelins, & que 
«*di; en cette manière que (e doit entendre Texpreffion de manger le feu, qui 
eft couchée dans ce veifet. . ^ 



dafaif 
beaux 

dans 

AboQ Manfor Abdalmalêk Al Thailébi. H commence par les Poëtes de la Mai- 

" i* -•-- j- Hanwdan, entre léfqflMs Seifeddoujat a — '^"'^ 

^r icy que le mot d'Iatimot, qui figmfie 



;iiMAi Al oanar s menauen ai auar, JKecueii auez ample des plus 
t vers, & Abrégé der.lavie des prinbipauiRr Poètes Arabes qui ont fiéury 
riraque, dans la Syrie y dans la Pedè &'dans le'Khorailan, compofé par 



iirM.Mriti 



, nottuné Abôidfotoah Sfeilallah , de faire ude épigramme à là lôii^ge^ 
4de cet ouvnge', dontle ftn^ eft , que les tJùiclues & les Indomparàbies Au- 
teurs de ces vers, «voient laiifëaptéfs Idur mt>rt de très-beau)c ouvr^^, lef-^ 
quds cependant étoieiM; abandonnez comme autant de pauvres orphelins, n Thâa- 
lebi ne les eik reçus de accueillis chez lui; Se ù'eù ce qui a fkit donner à fon 
livre le nom d'Orphelins ou d'Incomparables; - 

Le même Thâalebi , duquel (m parlera encoret dans fon dtre particulier , a 
fait un fûpplément à fon oùvtâgé, qtfil ^ intitulé Tetefmnat Jttimau Le Jetî- 
mat fe trouve dans la fiibliodieque Royale au n^ 1664. ' 

JATIMIAH, Aboubecr Abdalhalim Bbn Jatimiah, qui t j)ortér aufli le ti- 
tre de Takieddin, étoit Hanbalite de feâe, & mourut Tan de FHegire ^58 ou 
74S fel9n ouelq^ies^uns. U eft l'Autefur du livre intitulé BMn id fmàn htin 
Aulia al SckdtanrU al Rabmatii découverte de la difFéreoce qui eft entre les 
Saints, ou les amis du Démon & ceux de Dieu, c'eil-Adiie, encre fesvn^ dé^ 
vots & les hypocrites* . . 

Le même Auteur a auffi répcmdu à un Evêque de Seidet &a Syrie , ^qy» avoit 

écrit contre le Mahometifme : cette réponfe a pour titre Beidn al paoydb, al fa- 

hih^ h Saine Réponfe. 
• < 

IBA & Ihiba, c'eH le nom d'un. célèbre Evêque de Roha ou EdeiTe en Me- 
fopMamie, aflez cimnu dans Thiftoire Ëcdéûaftiqbe fous le nom dlbas. U écri- 
vit wie lettre, laquelle jointe avec le livre de Théodore Al.Maififfi^ c'eft-à- 
•dire^ de Mopruefte , & cehiy de Theodoret^ Evôqiie de Cyr, font les trois 
chapitres qui ont fait tant de bruit dans TEglife . €hrieiidale , & fur Idqoels le 
cinquième Concile Général a été aflenlblé. 

.C^t Evêque fut dépofTedé & excommunié , pour avoir avancé avec une esr- 
trêmc imiHidence qu'il n'çnvioit point à Jsstxs- Christ fa divinité, puis qu'en 
toute autre chofe il lui étoit femblabJe; : Je n'ay point taxé Ibas aimpieté , 
maïs feidement d^im^dencé ;\car il itsaàûk qu'il ait voulu dire , que Jssût- 
CiiftjiST étffit un véritable homme, en tière m e n t Semblable aux autres hom- ^ 
mes^'^abtià la nature humaine, ce qui eft trô&Cadioliqtie. 

l'BEE. Coâibeddin IbéL ETclave cle Scbehabeddin , Sultan, de la dynaftie . 
des Gaurides oa Gouride$ , qui devint Roy de Deheli ou Ûelli aux Indes. Il 
. . Pp a , fiït 



$ci> • ï B E K,..^ I/B R A H IM. 

fut d'abord Goi^ernepr (Iç c^te pfOViDkçe ^ pendant ^ Jtas » poot fe jSiita r 
inais.ce Prince qç tut; pas. plutôt ;iii^> qulbe^ s'en ^çndit le. mdtFc abfolu & 
ajouta même à cet £tat piufieur; provinces de rind<)flam II regoa quatorze 
ans depuis .la moirt de 3cli!eh2^ddin 9 & mérit;» que les a^quôtes ^ q^'tl fit aui, 
IndesV fuflent décrites dans un volume particwlipr., qui porte.ie titre.de, Zijft 
al mather. Voyez le titre de Bakhtiâr. ...*.•.; ...: 

IBEK. Aezeddio Ibek ,ou>Ibçg,'pr€ittdèr Sultan destMàlnluÊs Tares ôti Tôt- 
comans qai ont régné en Egypte* U avdt été ^grind. TSSchaûcîhrL de . Malefc.Ai; 
Saieh , Sultan d'Egypte de la . race dej Jobites .ou de Sakditi. : 

Ce Sultan étant mort & fbn fils Turanfdbadi alTaffiné y, Scteigreddbr ià veave. 
époufa Ibek, & le fit élire Sultan par lés Mamlucs'en compagnie, de I^ek. 
Al Afchraf, enfant de ûr aris^quifut le. derowr des^Jobifies qui regneceôt en 
£^gyp^^ Ibek fe défit, bientôt, det cet.en&ot & reg^a ffsul av^c.KSoltaDe &> 
femme; mais. fon. règne fut fort cport;, cac la ttêake Stthwie qiii r&voit élevé 
furie tiirône, l!en nt précipiter ^ar unet: mort' viol^te,:, pour ^riegper/ plus a^ 
fblument, ayant- en oiain la regeoce de fon fils, Igé^ feulemratde quin^ las.. 
. Ibek fut tué Tan de THerire 655^ apr^, avoir régné Gx ans & 01^ mois,. 
^ eut pour fucçefTeur ion ms^ qi» fut fiimommé A].Mgdek Al MaoCbr ;.roo: 

père portoit le.fucnom de Malek Al Mpâzz.. * ,> . 

• *.' ' f-.'"'' 

IBEK: Khàlfl éen IBek'AI Saftdf ' Saiateddîn .> mort Fan .749 dé ITîçgire,, 
efir Auteur d'un livre inti(;u}é.^^.a)( Kfiteb , al, aiQf,^ des qualitez - que doit avoir 
un bon Secrétau-e., 

IBRAHIM^ft Èbrahim. Abraham;^ 

IBRAHIM Al Nàbî & Ibrahim Khàlfl ADah,; c'éft:à.dîïe, Abrahtaî léPrtv 
phete ou l'Ami «de Dieu, eft le mêrae qu'Abraham te Patriarche, qui eft recon- 
nu pour pèvc par les Arabes, aufli-bien que paroles Juifs; On a* parié ftiffifam' 
ment de luy dans le titre d'Abraham, & l'on ne parlera icy fous céluj dîb»- 
him, qùsr de ceux d^entre les Mufuim^uft ^uî ont |)orté <^ nom. . 

IBRAHIM Ben Vâlid Ibrahim fils de Vàlid, treizième KhaHfe d& la ra- 
ce des Ommiades , fucceda à fon frère lezid , troifième du nom , Tan de l'He- 
gire 126, de J. C* 743' • ^^^ fon «règne ne dura que deux mcMS & qiielqufis 
jours; car. Marvan, furnommé Hemir , qui s-étoit déjà foûlevé du* temp» <Ple- 
zid ion prédeceiFeur^ fous prétexte devaager la mort de VWd , vint de Me- 
fopotanùé , où ih commandoit avec une grofir armée > àJKennafiferiD) à deiKia 
d'afliéger Ibrafaim.dans Damas, vJUé^ capitale du IQnlifàt^ 

Ibrahim ne l'y attendit pas & vint au-tievant de lui avec ût vingt- mil bom- 
m^ de trofupes ramstfées :• mais elles furent fi •aifément* défaites par Marvan » 
que Valid fut obligé de fe renfermer d^ns .fa* capitale , laquelle cepmdant ne* 
laiflTa paa d'ouvrir £es portes au vainqueur^^ 

Marvàn . entra ainfi ; viâorieux d»s Damas , d^ofa; Vtflid dn KliaU&t & lë re- 
dttifit.à une vie privée, au coiomencement de l'an 127 de TH^gire &ion Khn- 
demir. Ben Schonah donne à xet Ibrahim le furnom d'AL MakUû , - qai fignifie* 
le dépofé. L'Auteur du Lebtarik ditj qu'il fut tué trois mois après (a .dépôt 
tiçRi & 1^ TSrikb Çjâfvi le fait vivre iufque? en i*ah 134 de THegire. 

IJBRAHJMi 



IBRAHIM. 56T 



IBRrAHÎM Imaàiî «et ftwhîm V ^î porte le titre '<fftiatt dtt de Chef de 
Ik Religioft^ aaffi-bien que do r£tat des MufulmiEins , n'eft pas <hi nombre dêé 
douze de la pofterité d'Ali. Il étoit fils de Mohammed , fils d'AU ,. fils d'Ab- 
éallah'9 fils'd'Abbâs, & frère afné des- deux premiers Khalifes' de la Maifon des 
Abbaffîdes; mais il ne fut jamais recomiu lui «même- ouvertement pour KKalifel • 

Ce n*eft:pas cpi'AbDu Mollem & Cafatabah ne fifTent tous leurs efforts pouf 
le faire proclamer tel dans toutes les Provinees Mutiilmanes; m^is il ne fut 
FetonxiO' verit^lement que dans la Province de KlibràfTan. • 

On ne donne donc à cet Ibvahim que le titre d'Imain y e^dl-à-dire , propre^ 
ment, de Chef de la Maifon du faux Prophète Mahomet, & par confequent.de 
^rand Pontife, & de Maître fouverain du Mufulmanifrae. 

Lorfque. Màrvîn- furnommé Himar, dernier Khalife de la^ raoe des Ommiadês^ 
entendit le bruit- que le nom de* cet Imàm fàifoit dbns les" Provinces de fort 
Einpirei il^iëlàifit de fa peffonne, & le fie mourir, dit Khondemir, eh lui hi^ 
fant mettre la tête dans un iao plein de <:faaux, Tan de THegire 130. Ibraliim 
déclara avant ùl mort que (on frère Seïah lui devoit fucceder dans la dignité 
dlmam. Cette déclaration eut fon nlein & entier effet , car ce frère , aidé des 
troupes d'AboUi Modem , devint iJpremier Khalife de la race des Abbaffîdes^ 
<|U2 conferva cette dignité ju(qu*en l^n 656 de THegira 

IBRAHIM Ben Maflbûd, Ibrahim «fils deMaObud, Huitième Sultan de h- 
dynaftie, ou de la race des Gazne vides, & fi Ton compte Mohammed l'Aveu^ 
gîe, le neuvième. B étoit petit-fils du Sultan Mahmoud, fils de Sebe^^ghin^ 
fondateur de cette dynaftie y &. fucceda à fon frère Ferokhzad, dit âuffi fien 
Mafloud,. - • , ' ! 

Ce Sultan continua la paix- que fon frère avoit faite avec les Selgiucides , àv 
condition qu'ils ne feroient . point de confies fur fes terres , & acquit k répu- 
tation d'un. Prince très-juflë, & tr^pieux, nonobftant les guerres fréquentes, 
qu^jl fit à les voifîns dans rindoftan. II y remporta de fi grands avantages, > 
qu'il mérita de porter les titres de Môdhaffer &.de Manfor, qyi li^iufient Vain- 
queur & Triomphant Son règne fut de 42 ans : car il mourut ran de FHe- 
gire 492, félon Khondemir. Cette année répond à la 1098* de J. G. 

Le Lebtarikh rapporte que ùl pieté &. fort zèle le portèrent à bâtir un grand> 
nombre dé Môfquées , d'Oratoires & d'Hofpitaux* Sa coutume: étoit de pafiêr 
toutes Jes nuits quMl n^employoit pas à la prière , à faire la ronde par la ville 
dé Gazna,.oû U-faifoit diftribuer de grandes aumônes aux veufves, aux orphe- 
lins, & aux autres perfonnes neceiliceufes, ouvrant d'ailleurs fon apothiquairerie. 
à tous les pauvres maladesv II jeûnoit trois mois de Tannée , à fçavoir les 
mois dé Regiéb, de Schâabân, &~de Ramazan , quoy qu*il n*y ait que le je<lne^ 
dé ce dernfer inois-de Ramazan qui foit d'obligation xhez. les Mahometans; 

Ce Sultan qi^i vêquit & r^na long-tems , eut trente -fix enfans mâles qui* 
acquirent tous de la. réputation, dans les armes, ou dans lesfciences^ &40 filles^ 
qpi furent toutes mariées à des gens de bien, & à des Doâeurs de la loy; car 
Ibrahim refùfa fàlliarice des autres Princes, lefquels cependant lui portoient un-^ 
il grand refpe6l, .qu'ils, le qualifioient.Seid al.Salathin) le Seigneur & Je Maître. 
de tous les Siiltans.. 

Il fit bâtir plufieurs- villes dans, fes Etat&y.&idansrjes Tridës qu'il nomma Khair* 
aBâd, Imam abad, c'efl-à^dire Habitation de la bonté, Demeure de la foy, ôff^ 
dâiutrea ièmElables noms. Comme il écrivoit fort bien , il copioit tous les ans 



^0» IfiRiAHIH 

OQ Aleonra ^ & »im, qa*il eovoyoit à la Mecqœ «o«e 4e ti^fiéhê»' préfet». 
Ce Prince lailBi pour fijccefleur Mmbiià^ txoifiôme du fioiii> Ion ^ 



ÏBRAâlM Abou Ishdk Ben Mahadl Ibrahim fils du Khalife Mafaadî , & 
. par confequenc frère de Haroti Rafchid » & oacle d'Amio & de Mamoa qui 
otit été tous troij^ Khalifes. Il étoit tr^içavant dans la mufiqne» chantoit fort 
bôqn, & joûoit parfaitement des initrumens; le temt de fi>n viûge eitoit fort 
brun , ce qu'il tenoit de fa mère Schakelah ^ Ëfckive noire thi Serrail, que Ma« 
hadi fon père avoit époufée; le ventre, qu'il avoit fqrt gras» lui fit donner le 
fobriquet de Tin , qui figniâe en Ârsbe une figue firugiotte t ce fruit étant 
noir, & fort ventru. 

Ce Ppnce d'ailleurs étoit fort faonntte & très-ISieral » & a pafië pour le plus 
(bloquent Orateur & pour le plus excellent Foëte de tous ceux de fa Malfim 
qui Tont précédé. Il fut falué & proclamé Khalife dans Bagdet, peu sqniès la 
mort d' Amin fon neveu 9 pendant que Mamon fon ûere , & ion légitime fiiç- 
.ceiTeur y étoit encore dans la Province de KhorafFan. 

La caufe de cette révolution dans Bagdet fut oue Mamon qui avoit été d^a 
reconnu pour Khalife, avoit xléclaré poqH>n lucceiTeur au Khalifat, AU &ê 
de Mouflfa , furnommé Al "BSxz , qui itoit nn des Imams & fiiccefleurs en droite 
ligne & mafculine d'Ali ,. gendre i& coufin germain de Mahomet Ce choix 
irrita extrêmement tous ceux de la Maifon, & du fang d'Abbas, dans laMaifon 
auquel la dignité du Khalifat étoit entrée par préférence à ceux du fang, & 
dé la pdlerité d'Ail 

Cependant Mamon étoit tellement perfuadé du' droit que cet Imam avoit an 
Khalifat , qu'il refolut d'en priver fes propres enfans , & tous ceux de fi 
femille, qui étoit t4-ès*nombreufe , pour le remettre après la mort dans ceUe 
d'Ali. Cette aftîon ayant autant déplu , qu'il eft aifé de juger , aux Abbaffides 
qui fe trouvoient dans Bagdet , ils s'affemblerent y iSc dépoferent d'un commua 
confentement le Khalife Mamon , après quoy ils prêtèrent fe ferment de fideUté 
à Jbrabim fon oncle , qui fe trouvoit pour lors parmi eux , l'an de THeghre 202 
& de J. C. 817. 

Mamon ayant appris ces nouvelles > partit inceifamment du Khoraflan , k 
s'approdha avec une piiiflante armée qu'il avoit toute prête 9 de la ville de 
Bagdet, Ibrahim dont le party n'étoit pas aflez, fort pour contenir la viUe dans 
fon obéïfl&nce, prit le party de defcendre du trône, de quitter les habits Royaux, 
.& de fe cacher déguifô chez quelqu'un de fès amis , n'ayant joiîy que deux ans 
moins quelques jours , dui Khehfat. 

Pendant qu'Ibrahim étoit caché , DaabUl Al Khozâi , Poète célèbre de ce fie- 
cle, rinfulta par des vers fort piquants, pour flatter Al Mamon. Le fèns de 
ces vers étoit > qu'après Ibrahim on auroit pour Khalife Mokharek , & après 
ci3luy<y, Zuteul, deux fameux Muliciens, & Joueurs d'inftrumens de ce temps-là , 
A qu'ainfi le Khalifat pafleroit par fucceifiôn de violons en violons* 

Après qu'Ibrahim eût été . caché quelque tems , Al Mamon fit faire tant de 
^igence, qu'il fut enfin découvert, & comme ce Khalife ne le faîfoit chercher 
que pour avoir la gloire & le plaifîr de lui pardonner, auffi- tôt qu'il le vit, fl 
lui dit en plaifantant: Vous êtes donc le Khalife des Nègres, à quoy Ibrahim 
luy ayant répondu : Je ne fuis que ce que vous m'avez fait par vôtre grâce. 
Al Mamoo roulant & divertir avec fon onde- qu'il fçavojbt avoir beaucoup 



âiîpatj çoni8liii& b. nsiferk^ iSs Tapp^Ua rE(blave déà etifâ!» dir Pà^ot Noirv 
fir^ qm^r il âut resitrquœ gu'^b^, Ëidtfve en Atabé, figédâe auflf mr Nëgre ,' 
& Bsdad ai âfaid, le pays des ^(Baves, n^ autre ^ue le pays^ des Nègres; 
<yaîUimfi8. le Pavor nocr qui> e^ commuii* ei> Egypte-, oà- l^H tire-de ft^tige 
répûfl» qui efl: auffi- ooir que ies fefiiltes ^ marque àflTez ceei& Province qoî* ett 
limitto^ de rEthiopie^. ^ ' 

Ibrahim piqué de ces paroles, repartit fur le champ au Khalife, par m qm- 
tfaîQt AnbJqufe àyK.lefen&efi;: V6u& me comparer pai« ioépৠ^\m pavots 
n^Ocy éoot voui coiilbnd82 '.cependant là. tigp 4& le^ fàtSileê : fi je pa^i^ e